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-:¦:- Information Non-Violence, Environnement TERRE -:¦:- "Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent" Lucie Aubrac

mercredi 30 avril 2008

Nicolas Sarkozy loue encore Ben Ali sur les droits de l'homme

Reuters - 30/04/08 - Emmanuel Jarry

TUNIS (Reuters) - Le président Nicolas Sarkozy a de nouveau décerné un brevet de bonne conduite au président tunisien Zine el Abidine Ben Ali, malgré les protestations des défenseurs des droits de l'homme.

Dans un discours devant les étudiants de l'Institut national des sciences appliquées et de technologie de Tunis, il a néanmoins invité les dirigeants tunisiens à considérer avec "lucidité" ce qui restait à accomplir dans leur pays, où "tout n'est pas parfait".

"Quel pays peut s'enorgueillir d'avoir autant avancé en un demi-siècle sur la voie du progrès, sur la voie de la tolérance et sur la voie de la raison ?" a-t-il déclaré.

"C'est le grand mérite du président Ben Ali d'avoir continué sur cette voie sans se laisser décourager par les obstacles de toute sortes (...), sans se laisser intimider par le fondamentalisme qui est notre ennemi commun, sans se laisser intimider par l'obscurantisme, par les fanatiques et le fanatisme qui rêvent d'un retour en arrière", a-t-il ajouté.

"Alors tout n'est pas parfait en Tunisie, certes, tout n'est pas parfait en France non plus, certes également", a poursuivi Nicolas Sarkozy. "Beaucoup de choses restent à accomplir, c'est certain, beaucoup de choses restent à améliorer, c'est certain, et ce n'est pas faire preuve de faiblesse que de le dire. Quand on est fort, on regarde la situation avec lucidité."

A Paris, le socialiste Pierre Moscovici a interpellé la droite sur la "complaisance" du président de la République à l'égard du régime tunisien lors de la séance de questions d'actualité à l'Assemblée.

"C'est une contrevérité absolue que de prétendre" que l'espace de liberté progresse en Tunisie, a déclaré le député du Doubs, citant la phrase prononcée lundi soir par Nicolas Sarkozy.

La visite "consternante" de Mouammar Kadhafi à Paris, les félicitations adressées par le chef de l'Etat à Vladimir Poutine et les "très molles protestations" face aux violations des droits de l'homme en Chine sont autant de preuve que Nicolas Sarkozy a renoncé à ses promesses de campagne présidentielle sur la politique étrangère, a-t-il estimé.

"LA TUNISIE N'EST PAS LA CORÉE DU NORD!"

"Il n'y plus de tâtonnements, il n'y a plus d'erreur de début de mandat. Il y a une démarche volontaire, délibérée, consentie en tout cas d'ignorer superbement la question des droits de l'homme", a accusé Pierre Moscovici.

"La Tunisie n'est pas la Corée du Nord", a répliqué le secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet.

"Nous n'avons jamais caché que la France souhaitait qu'une évolution politique accompagne maintenant les succès du développement économique et social" en Tunisie, a-t-il fait valoir.

"Cette ouverture, c'est aux Tunisiens eux-mêmes d'en fixer le rythme, le contenu, les modalités mais elle est aujourd'hui indispensable et possible", a-t-il poursuivi dénonçant ceux qui s'érigent "en donneurs de leçons".

Les organisations de défense des droits de l'homme accusent régulièrement le pouvoir tunisien d'atteintes aux libertés fondamentales sous le couvert de la lutte contre le terrorisme et contre l'extrémisme religieux.

Elles se sont dites déçues par les déclarations du président français pendant sa visite d'Etat, dont elles attendaient un discours plus offensif sur la question des droits de l'homme.

Les défenseurs tunisiens des droits de l'Homme accusent notamment Nicolas Sarkozy d'avoir donné la priorité aux relations économiques entre la France et la Tunisie.

"Je suis dans le camp des amis de la Tunisie parce ce qui se joue ici est plus important que la Tunisie, est plus important que la France. C'est l'ouverture d'esprit, la tolérance, la foi et la raison", leur a répondu mercredi le président français.

"Et je voudrais que chacun, à chaque fois qu'il regarde la Tunisie et qu'il la juge, car la Tunisie doit acceptée d'être jugée également, garde toujours présente à l'esprit l'importance de ce qui se joue ici."

Posté par werdna à 16:53 - Droits de l'Humain - Rétroliens [0] - Permalien [#]

La société de contrôle : bulletin d'alerte

Ouest-France - par Jacques Le Goff Professeur de droit à l'université de Brest - mercredi 30 avril 2008

« Notre société, au nom de l'impératif sécuritaire, s'habitue à l'usage des marqueurs biométriques et chacun accepte finalement d'être fiché, observé, repéré, tracé. » D'où l'alerte lancée, en avril 2007, par le Comité national d'éthique face à la multiplication des techniques de contrôle.

Dès les années 1970, le rapport Nora, sur l'informatisation de la société, avait provoqué une prise de conscience qui allait conduire à la création, en 1974, de la Commission nationale de l'informatique et des libertés. Nous sommes pourtant à un nouveau tournant de l'histoire de la surveillance. Deux traits le caractérisent : les informations recueillies touchent à la vie intime ; les contrôles sont de plus en plus sophistiqués (1).

L'intime ? L'identification ne porte plus seulement sur les caractéristiques extérieures des individus, mais sur des informations d'ordre biologique ou comportemental. On pense, bien sûr, au Fichier national des empreintes génétiques dont le domaine n'a cessé de s'étendre à des délits de plus en plus mineurs (tags, fauchage d'OGM...) et qui regroupe 600 000 signalements. On pense aussi au projet de carte d'identité biométrique qui comportera, outre empreintes digitales et photo, l'état civil complet de chacun et, à terme, des informations sur les caractéristiques biologiques.

On nous annonce aussi une carte Vitale 2 et, déjà, 3, qui inclurait, pour parer aux situations d'urgence, une bonne part du dossier médical. On imagine la convoitise qu'elle ne manquera pas de susciter du côté des compagnies d'assurances ou de certains employeurs.

Et que dire des précieuses informations glanées par la grande distribution, sous le couvert de carte de fidélité, sur la famille, les préférences de consommation, le montant du loyer et le type d'habitation... jusqu'au numéro de Sécurité sociale, sous prétexte de nouvelles assurances ? La liaison entre les fichiers publics accroît le problème.

S'y ajoutent les techniques autorisant le contrôle des déplacements. C'est évident pour le GPS permettant de suivre le parcours des salariés mobiles ou les caméras de vidéosurveillance captant et triant les images sans désemparer. En Grande-Bretagne où l'on en dénombre 25 millions, elles commencent à « parler » aux contrevenants en leur prescrivant un comportement conforme. C'est moins évident en ce qui concerne ces systèmes d'allure si commode, du type Pass Navigo, grâce auxquels on peut franchir les accès au métro ou à l'avion, sans avoir à présenter le moindre document. Une puce à radiofréquence insérée sur la carte que vous portez dans votre poche signale votre passage à distance et... l'enregistre. Un dispositif serait d'ailleurs à l'étude qui permettrait d'infliger automatiquement un PV pour excès de vitesse à la sortie de l'autoroute sur la base du temps mis pour parcourir la distance ! Et que sera-ce le jour où des puces d'identification seront glissées sous la peau ?

Le plus préoccupant est moins le perfectionnement des techniques que la facilité avec laquelle nos sociétés s'en accommodent. On les justifie au nom d'une sécurité accrue, ce qui n'est nullement avéré, d'une commodité améliorée et de l'idée que ceux qui s'inquiètent seraient ceux « qui ont quelque chose à se reprocher ». Pourtant, les mises en garde récentes d'Alex Turck, le président de la Cnil, ont valeur de bulletin d'alerte.

Car imaginons un recul de la démocratie et l'instauration d'un régime non libéral. Pas de doute : avec les moyens disponibles, la sombre prophétie d'Orwell, dans son roman 1984, évoquant un Big Brother totalitaire, ferait figure de conte noir... pour enfants.


(1) Voir les livres de Claude-Marie Vadrot, La grande surveillance (Seuil) et Armand Mattelart, La globalisation de la surveillance (La Découverte).

Posté par werdna à 14:05 - Sécurité - Police - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Une mère de famille refuse le prélèvement ADN

Ouest-France - mercredi 23 avril 2008 - Vincent COQUEREAU

Elle défend à tout prix l'intégrité de son corps, jusqu'à s'opposer à la justice. Un choix qui la conduit devant le tribunal, à Angers, lundi.

Patricia, 40 ans, est convoquée au tribunal correctionnel d'Angers, lundi. Mariée et mère de trois enfants, cette habitante de La Ménitré, une commune du Maine-et-Loire, va comparaître pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement ADN. Elle encourt un an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende. Mais peu importe la sanction, elle ne cédera pas. « J'en ai discuté avec ma famille, et elle me soutient. »

Soupçonnée d'avoir participé à une action de fauchage volontaire de maïs OGM à Charcé-Saint-Ellier-sur-Aubance, en septembre dernier, Patricia avait été interpellée par les gendarmes plusieurs jours après. C'est là que le parquet d'Angers lui a demandé un prélèvement d'ADN. Déjà affectée par sa garde à vue, Patricia s'y est opposée. Pas par provocation. Juste parce que « l'intégrité du corps, c'est très important », dit-elle.

Remettre son identité génétique entre les mains de l'institution judiciaire reviendrait à perdre une partie de son intimité. Sans doute plus encore pour elle que pour quiconque. Abusée sexuellement quand elle était plus jeune, elle explique : « Je n'ai aucune envie de me retrouver dans un fichier avec des violeurs, des assassins et des tortionnaires. » 

En outre, Patricia s'interroge sur la sécurité des informations collectées : « Les analyses sont réalisées par des laboratoires privés, mais parfois à l'hôpital. Qui contrôle ? » Elle rappelle aussi qu'elle n'est, jusqu'à présent, toujours pas poursuivie dans l'affaire du fauchage. « Comment justifier alors la différence de traitement qu'entraîne le fichage entre un innocent et un coupable, entre un condamné et un soupçonné ? »

« La loi permet le fichage des personnes condamnées et soupçonnées », confirme son avocat, Me Benoît Rousseau. « Mais au départ, le but du fichier ADN était d'identifier les auteurs de graves infractions ; on y trouvait les terroristes, les délinquants sexuels. Il se trouve que maintenant, il y a les faucheurs volontaires... »

Lundi, en soutien à Patricia, plusieurs collectifs appellent à un rassemblement dans le centre-ville d'Angers, « contre les violations des droits de la personne et de la présomption d'innocence ».

Posté par werdna à 14:04 - Droits de l'Humain - Rétroliens [0] - Permalien [#]

TUNISIE - LA VISITE DE NICOLAS SARKOZY

Nouvel Obs 30 avril 2008

"Ben Ali doit sa longévité à la France"


(le mardi 29 avril 2008

Comment réagissez-vous aux déclarations de Nicolas Sarkozy estimant que "l'espace des libertés progresse" en Tunisie ?

- Il doit certainement avoir un bon décimètre pour mesurer cela. Cet espace des libertés a bien été gagné, mais par Ben Ali, et non pas par les droits-de-l'hommistes ou par les citoyens tunisiens. Ben Ali a gagné des libertés contre les Tunisiens. Ben Ali et Sarkozy sont tout simplement en train de s'auto-congratuler.

Nicolas Sarkozy a refusé de se poser en "donneur de leçons" au nom de l'amitié franco-tunisienne. Des protestations françaises pourraient-elles cependant faire évoluer la situation en Tunisie ?

- C'est une question que l'on ne devrait même pas poser. Depuis Mendès-France, en passant par De Gaulle, Giscard, Mitterrand, Chirac… jusqu'à Sarkozy, la France n'a jamais vraiment envoyé de sermons à la Tunisie. Bourguiba ou Ben Ali n'ont jamais entendu dire par la France qu'ils devraient donner davantage de libertés à la Tunisie. La France en serait pourtant capable, car c'est l'ancien colonisateur et la Tunisie est encore aujourd'hui quasiment une colonie française. Ben Ali doit sa longévité à la France.
Quant à savoir si la France pourrait agir en faveur des droits de l'homme en Tunisie… Je ne crois pas. Elle pourrait nous aider en laissant faire les citoyens tunisiens, c'est-à-dire en s'écartant quelque peu. Aujourd'hui, Paris aide encore Ben Ali à asseoir son régime.

Comment peut être perçue une telle attitude du président de la République française par les Tunisiens ?

- Nous nous attendions à ça, d'autant plus que nous avons déjà été leurrés par les prédécesseurs de Nicolas Sarkozy. Mitterrand ou Chirac ont fait de même. Mais Sarkozy, c'est le chef d'œuvre puisqu'il va jusqu'à féliciter Ben Ali pour ses soi-disant réalisations. De qui se moque-t-il ? Les Tunisiens ont cru pendant un moment que la France, terre de la Boétie, pourrait aider à la liberté ici. Aujourd'hui, on assiste plutôt à "L'Avare" de Molière.

Interview de Taoufik Ben Brik par François Sionneau

Posté par Kozett à 13:00 - Droits de l'Humain - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Moment privilégié pour réfléchir sur la Terre

Aujourd'hui, c'est son anniversaire. La Terre a 4,3 milliards d'années. Mais ne vous en faites pas, malgré cet âge vénérable, elle n'est pas si vieille que ça. À l'échelle humaine, elle aurait une quarantaine d'années. Elle n'est donc rendue qu'à la moitié de sa vie.

Tout de même, elle en a vu de toutes les couleurs depuis sa naissance. Dès la tendre enfance, elle fut heurtée par un gigantesque corps céleste, ce qui provoqua une collision d'une telle ampleur qu'une partie de sa matière se détacha pour former la Lune. Avec le temps, la planète se refroidit, une atmosphère se forma avec la protection accordée par une couche d'ozone et des molécules chimiques complexes permirent l'évolution de bactéries. La chimie de la planète se diversifia avec les produits métaboliques des premières formes de vie et il s'établit un équilibre entre la vapeur d'eau, l'azote, le gaz carbonique et le méthane pour préparer la succession des formes de vie que la paléontologie nous fait maintenant découvrir.

Plus de deux milliards d'espèces animales et végétales se succédèrent sur la Terre, chacune y laissant une contribution particulière dans la composition organique actuelle de la planète. Puis, naquit une nouvelle espèce dotée de propriétés différentes de toutes les autres. Cette nouvelle espèce sur deux pattes n'était pas la première à émerger, mais elle avait tout de même un plus gros cerveau que ses consoeurs, ce qui lui permit de se répandre dans tous les habitats terrestres.

L'espèce est très jeune, quelques centaines de milliers d'années tout au plus, alors que les espèces peuvent persister plusieurs millions d'années quand tout va bien. Elle doit partager la planète avec 50 ou 100 autres millions d'espèces selon les estimations des scientifiques. C'est la tâche difficile qu'elle doit apprendre à faire. Mais quand on est jeune, on est souvent plein de bonne volonté, sans que celle-ci garantisse tous les succès escomptés. Les très grandes qualités de l'espèce, associées à sa vie de groupe pour assurer sa nourriture et sa reproduction, devront évoluer pour permettre sa continuité. Sa forte pression sur les ressources en tant que prédateur doit s'orienter vers un meilleur partage entre tous pour stopper les conflits. Sa tendance à se cloisonner sur des surfaces territoriales doit s'amoindrir pour permettre aux groupes qui perdent leur territoire de s'établir ailleurs dans des habitats leur permettant de survivre. Sa façon de produire de nouvelles générations de descendants doit également être revue et corrigée car les ressources limitées de la planète ne peuvent pas entretenir un nombre illimité d'individus.

Fêter le Jour de la Terre, c'est aussi fêter le succès de cette espèce, de l'Humanité tout entière. Au cours du XXIe siècle, les humains sont appelés à réaliser de grandes choses. Ils établiront probablement des cités sous-marines, des colonies sur la Lune et sur Mars et qui sait, dans l'espace même, près de notre Soleil ou ailleurs. Mais il ne faut jamais oublier le lieu de nos origines et l'impact que l'on peut avoir comme espèce sur la planète. Il n'est peut-être pas sage de continuer à se développer comme on le fait présentement et de se retrouver du jour au lendemain 10 ou 12 milliards à vouloir se partager les douceurs de la Terre. Cette journée anniversaire est un moment privilégié pour regarder les accomplissements du passé, prendre des décisions pour corriger ce qui ne va pas dans le présent afin de préparer le plus brillant des avenirs.

Surtout, il ne faut jamais oublier une chose : les Humains sont les hôtes de la Terre, pas l'inverse. Deux milliards d'espèces éteintes en témoignent.


jbergeron@ledroit.com

http://www.cyberpresse.ca:80/article/20080423/CPACTUALITES/804220340/5164/CPDROIT

Posté par werdna à 12:17 - Ecologie et Environnement - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le Medef voudrait passer l'âge du départ à la retraite à 62 ans !

REUTERS : mercredi 30 avril 2008 - Gérard Bon

PARIS (Reuters) - L'âge légal du départ à la retraite devrait être repoussé à 62 ans, parallèlement aux 41 ans de cotisations, pour rééquilibrer le système français, estime Laurence Parisot.

"On ne peut pas rester à un âge légal du départ à la retraite à 60 ans, nous sommes le dernier pays de l'Union européenne et du monde occidental", a déclaré la présidente du Medef sur France 2.

"D'après les derniers calculs que nous avons pu obtenir du Conseil d'orientation des retraites, on commencerait à rééquilibrer les retraites si on ajoutait aux 41 années de cotisation un âge légal de départ à la retraite de 62 ans", a-t-elle ajouté.

"Il faut comprendre que le débat, il n'est pas terminé sur cette question."

Les cinq principaux syndicats ont appelé à une journée nationale d'action et de manifestations le 22 mai contre la nouvelle phase de la réforme des retraites, qui prévoit l'allongement de la durée de cotisation à 41 ans.

Posté par werdna à 00:06 - Economie - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Les députés devaient voter, au cours de la nuit dernière, une loi qui revient sur le durcissement du secret, voulu par les sénat

Ouest-France – 30/04/08

Christine Albanel s'est voulue rassurante. Le compromis proposé par la commission des lois de l'Assemblée nationale « réalise un équilibre harmonieux entre les besoins des chercheurs, la protection de la vie privée des personnes et de la sûreté de l'État », a estimé la ministre de la Culture, hier, devant les députés.

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Finalement, après la tentative des sénateurs de rendre moins accessibles les archives publiques, l'Assemblée devait adopter, dans la nuit, un texte plus conforme à l'intention initiale du gouvernement : mieux protéger certaines archives, faciliter l'accès à d'autres.

Nouvelle catégorie d'archives et délais modifiés

Deux grandes modifications par rapport au texte de 1979, qui fait loi aujourd'hui. D'une part, les documents « dont la communication est susceptible de porter atteinte à la vie privée » seront tenus secrets pendant 50 ans au lieu de 60 ans actuellement. Les sénateurs voulaient porter ce délai à 75 ans, considérant que l'allongement de la durée de la vie justifie une extension du secret. Ce qui revenait à refermer des fonds d'archives aujourd'hui consultables et suscitait la colère des chercheurs et historiens.

Deuxième gros changement : la création d'une catégorie d'archives incommunicables. Le gouvernement entendait y inclure tout ce qui touche aux armes de destruction massive et à la sécurité des agents secrets. Le texte soumis aux députés limite cette incommunicabilité aux archives dont la divulgation pourrait permettre « de concevoir, fabriquer, utiliser ou localiser des armes de destruction massive, nucléaires, chimiques, biologiques ou bactériologiques ».

Dérogations au compte-gouttes

Les groupes UMP et Nouveau Centre se sont prononcés en faveur de cette réforme. À gauche, Marietta Karamanli (PS) a prévenu que son groupe voterait « contre » si la majorité n'acceptait pas la généralisation du délai de 50 ans, sauf quelques rares exceptions.

Depuis le vote du Sénat, le 8 janvier, historiens, chercheurs, enseignants, généalogistes et autres utilisateurs des archives s'étaient mobilisés. Dénonçant « une grave atteinte à la liberté d'écriture et à la recherche historique », une pétition lancée par l'Association des usagers du service public des Archives nationales (Auspan) a recueilli plus de 1 100 signatures, dont celles de Jean-Pierre Azema, Benjamin Stora, Annette Wieviorka ou Patrick Weil. Un autre collectif, baptisé « liberté d'informer », en a récolté près de 6 000.

Au-delà de cette inquiétude, que le texte final devrait adoucir, les historiens réclament une réforme d'ampleur des archives et, surtout, plus de facilités dans le régime des dérogations distribuées aujourd'hui au compte-gouttes.

Pour vivre heureux, vivons cachés...

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Droits de l'homme: des opposants tunisiens critiquent Sarkozy

REUTERS : mardi 29 avril 2008 - Lamine Ghanmi, version française Marc Delteil

Des militants tunisiens des droits de l'homme critiquent le brevet de respectabilité dans ce domaine décerné lundi au président Zine el Abidine ben Ali par son homologue français Nicolas Sarkozy à l'occasion de sa visite d'Etat en Tunisie.

"Je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais, dans un pays où je suis venu en ami et qui me reçoit en ami, de m'ériger en donneur de leçons", a déclaré le président français dans un toast prononcé lundi soir lors d'un dîner offert en son honneur par son hôte tunisien.

Le chef de l'Etat français a dit au contraire vouloir rendre hommage à la "lutte déterminée" de son homologue tunisien contre le terrorisme, "qui est le véritable ennemi de la démocratie".

Les organisations de défense des droits de l'homme accusent le pouvoir tunisien d'attenter aux libertés fondamentales sous couvert de lutte contre le terrorisme et l'extrémisme islamique, au nom de laquelle un millier de personnes auraient été arrêtées depuis 2003, selon des avocats.

Amnesty International et Human Rights Watch ont dénoncé les restrictions à la liberté de la presse et les emprisonnements d'opposants politiques, faisant état de mauvais traitements et de cas de torture - ce que Tunis nie.

Les défenseurs tunisiens des droits de l'homme souhaitaient que Sarkozy réclame la libération de ces prisonniers politiques, mais il a estimé que, "aujourd'hui, l'espace des libertés progresse" dans le plus petit Etat du Maghreb et il a crédité son président de "la volonté de vouloir continuer à (l')élargir.

DES QUESTIONS À RÉGLER ENTRE TUNISIENS ?

"Sarkozy a esquivé la question des droits de l'homme et de la démocratie en Tunisie pour privilégier les intérêts commerciaux", a réagi mardi Rachid Kechana, rédacteur en chef d'Al Mawqaf, hebdomadaire du Parti démocratique progressiste (PDP) d'opposition.

"Cela a choqué les militants des droits civiques ici car ils attendaient une prise de position différente de la France, la patrie des droits de l'homme et des libertés", a ajouté Kechana.

Ce dernier et Mongi Ellouze, directeur d'Al Mawqaf, en sont au quatrième jour d'une grève de la faim au siège de l'hebdomadaire pour protester contre ce qu'ils présentent comme les efforts du gouvernement pour asphyxier les finances et entraver la distribution de la publication.

"Sarkozy encourage ce gouvernement à poursuivre sa répression parce qu'il a dit aux dirigeants du pays qu'ils étaient sur la bonne voie", a déploré de son côté l'avocate Radia Nasraoui, autre militante des droits de l'homme.

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RTT, le temps du chantage

LUC PEILLON Libération - mercredi 30 avril 2008

Peugeot Motocycles renégocie l’accord sur les 35 heures, Goodyear-Dunlop licencie.

Peugeot s’y met. Dans la série «travaillez plus sans gagner plus», la direction des deux usines de scooters situées à Mandeure (Doubs) et Dannemarie (Haut-Rhin) a demandé à ses 1 000 salariés de renoncer à la moitié de leur RTT. Raison invoquée : des coûts de production trop importants comparés à ceux pratiqués en Asie, où l’entreprise menaçait de délocaliser son approvisionnement de deux-roues. La réponse du comité d’entreprise est tombée hier en fin d’après midi : par trois voix contre une, les syndicats ont accepté de renégocier l’accord RTT de 1999.

Productivité. Selon la direction, il s’agirait de faire remonter le temps de travail, aujourd’hui de 30 à 32 heures selon les services, à 35 heures effectives, par le non-paiement des temps de pause et la baisse du nombre de jours de RTT. «A l’époque des 35 heures, on avait accepté de produire en une heure ce que l’on faisait avant en une heure et cinq minutes. On a donc fait progresser la productivité, et maintenant, on nous demande de travailler plus longtemps. Il y a quelque chose qui ne va pas», dénonce Laurent Signori, élu CFDT au comité d’entreprise, tout en reconnaissant que la situation financière de l’entreprise Peugeot Motocycles n’est pas au beau fixe. Outre que la production d’un nouveau scooter, selon lui, ne permettra pas d’inverser la tendance, il s’étonne surtout d’une proposition «qui ne correspond pas à ce que l’on entend à la télé». Explication : «Non seulement on ne gagnera pas plus, mais on pourrait même y perdre. Durant l’hiver, on posait nos RTT quand les commandes baissaient. Aujourd’hui, on pourrait se retrouver au chômage partiel, soit 40 % de salaire en moins.»

Invité hier matin sur i-Télé, alors que le comité d’entreprise n’avait pas encore commencé, le secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez, n’a pas aidé les syndicats opposés à la mesure, pourtant déjà soumis à la pression de la direction. «Sur le principe, le fait de dire que l’on préfère garder les emplois plutôt que les RTT me semble plutôt quelque chose de bon sens», a-t-il indiqué. Avant d’ajouter : «Mais attention à ce que cela ne devienne pas un chantage.»

Douleur. Cela y ressemble terriblement. Un chantage à l’emploi d’ailleurs d’actualité, comme à Amiens, où la direction du groupe de pneumatiques Goodyear-Dunlop a justement confirmé hier après-midi la suppression de 402 postes dans l’une de ses deux usines. Une annonce qui fait suite au refus du passage aux 4x8 des syndicats de l’usine d’Amiens Nord (ex-Goodyear), dont la mise en place augmenterait de fait le temps de travail d’une partie des salariés.

Dans l’usine d’en face, Amiens Sud (ex-Dunlop), la CGT a fini par craquer, ratifiant dans la douleur, le 17 mars, le projet de la direction. Et ce alors même que l’ensemble des salariés des deux sites avaient refusé le projet lors d’un référendum organisé à l’automne.

Résultat : entre les deux usines du même groupe, séparées par une simple rue, l’une verra, en récompense, sa production augmenter tandis que l’autre devrait connaître un plan social. Autrement dit, certains salariés travailleront plus quand d’autres perdront leur emploi.

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L'emploi protège de moins en moins contre la pauvreté

LE MONDE | 29.04.08 | 15h13

Si le recul du chômage tend à se confirmer, l'emploi est de moins en moins protecteur contre la pauvreté. Tel est l'un des principaux constats mis en évidence par le cinquième rapport de l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale, qui devait être remis, mardi 29 avril, au Haut Commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsch, et à la ministre du logement et de la ville, Christine Boutin.

Ce rapport confirme que le processus de réduction de la pauvreté globalement observé sur les deux dernières décennies marque une pause : en 2005, dernière année connue, 3,7 millions de personnes (6,3 % de la population totale) vivaient en dessous du seuil de pauvreté (681 euros par mois pour une personne seule), soit un nombre identique à celui de 2003.

Et l'intensité de la pauvreté tend à s'aggraver. L'écart entre le niveau de vie médian des ménages pauvres et le seuil de pauvreté ne cessant de s'accroître depuis 2002 (16,3 % en 2002 à 18,2 % 2005), de plus en plus de personnes s'éloignent de ce seuil et "s'enfoncent" dans la précarité.

TEMPS PARTIEL - Même l'emploi protège de moins en moins contre la pauvreté. En 2003 et 2005, le phénomène des working poor (travailleurs pauvres) s'est ainsi accentué : il y a trois ans, 1,74 million de personnes, soit 7 % des travailleurs, occupaient un emploi mais étaient malgré tout dans un ménage ayant un revenu inférieur au seuil de pauvreté ; deux ans plus tôt, ils étaient 1,47 million.

La pauvreté touche d'abord des travailleurs qui connaissant de longues périodes de chômage, mais aussi ceux qui sont employés toute l'année à temps partiel (21 % des travailleurs pauvres) et les non-salariés (27 % sont indépendants).

Les difficultés des travailleurs pauvres sont aussi souvent liées à leur situation familiale. Un tiers d'entre eux a un conjoint chômeur ou inactif (contre 23 % de l'ensemble des travailleurs) et un autre tiers est sans conjoint (contre un quart de l'ensemble des travailleurs).

Plus de 40 % des travailleurs pauvres ont ainsi un revenu supérieur à un smic annuel mais qui, rapporté à la composition de leur ménage et en l'absence d'autres ressources, ne permet pas de dépasser le seuil de pauvreté.

Posté par Kozett à 00:05 - Economie - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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