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mercredi 30 avril 2008

Une mère de famille refuse le prélèvement ADN

Ouest-France - mercredi 23 avril 2008 - Vincent COQUEREAU

Elle défend à tout prix l'intégrité de son corps, jusqu'à s'opposer à la justice. Un choix qui la conduit devant le tribunal, à Angers, lundi.

Patricia, 40 ans, est convoquée au tribunal correctionnel d'Angers, lundi. Mariée et mère de trois enfants, cette habitante de La Ménitré, une commune du Maine-et-Loire, va comparaître pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement ADN. Elle encourt un an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende. Mais peu importe la sanction, elle ne cédera pas. « J'en ai discuté avec ma famille, et elle me soutient. »

Soupçonnée d'avoir participé à une action de fauchage volontaire de maïs OGM à Charcé-Saint-Ellier-sur-Aubance, en septembre dernier, Patricia avait été interpellée par les gendarmes plusieurs jours après. C'est là que le parquet d'Angers lui a demandé un prélèvement d'ADN. Déjà affectée par sa garde à vue, Patricia s'y est opposée. Pas par provocation. Juste parce que « l'intégrité du corps, c'est très important », dit-elle.

Remettre son identité génétique entre les mains de l'institution judiciaire reviendrait à perdre une partie de son intimité. Sans doute plus encore pour elle que pour quiconque. Abusée sexuellement quand elle était plus jeune, elle explique : « Je n'ai aucune envie de me retrouver dans un fichier avec des violeurs, des assassins et des tortionnaires. » 

En outre, Patricia s'interroge sur la sécurité des informations collectées : « Les analyses sont réalisées par des laboratoires privés, mais parfois à l'hôpital. Qui contrôle ? » Elle rappelle aussi qu'elle n'est, jusqu'à présent, toujours pas poursuivie dans l'affaire du fauchage. « Comment justifier alors la différence de traitement qu'entraîne le fichage entre un innocent et un coupable, entre un condamné et un soupçonné ? »

« La loi permet le fichage des personnes condamnées et soupçonnées », confirme son avocat, Me Benoît Rousseau. « Mais au départ, le but du fichier ADN était d'identifier les auteurs de graves infractions ; on y trouvait les terroristes, les délinquants sexuels. Il se trouve que maintenant, il y a les faucheurs volontaires... »

Lundi, en soutien à Patricia, plusieurs collectifs appellent à un rassemblement dans le centre-ville d'Angers, « contre les violations des droits de la personne et de la présomption d'innocence ».

Posté par werdna à 14:04 - Droits de l'Humain - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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