Résistance Inventerre

-:¦:- Information Non-Violence, Environnement TERRE -:¦:- "Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent" Lucie Aubrac

mardi 29 avril 2008

Amnesty International - La flamme des Libertés

Check-list du Monde lundi  27 avril 2008 

La flamme des libertés

bougie.amnesty.fr:80/site.php

bougie_pb

Bougie.amnesty.fr, une pétition contre la censure sur Internet exercée en Chine.

Posté par Kozett à 00:09 - >>> Résistances <<< - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Ruminons ! Ruminons ! - Contentez-vous d'une pomme

LE MONDE | 28.04.08 | 14h56

A l'heure où des émeutes de la faim éclatent un peu partout dans le monde, les Français chipotent dans leur assiette. Nous faisons semblant de nous interroger gravement sur le menu de notre repas et finalement, nous choisissons un grain de raisin... Tel Cyrano, nous dînons light. Mangeons léger pour vivre longtemps, plus longtemps encore. Et lentement s'il vous plaît, car tout est dans tout et il faut ardemment mastiquer pour survivre au royaume des bien-portants. Plus que jamais, l'art de ruminer peut devenir salvateur et nous voyons bien tout l'intérêt qu'il y a à ne pas se moquer des vaches, ces ruminants de la première heure.

Ruminons, mes frères, et révisons sans peur nos classiques. Vous avez cru durant des années qu'il fallait ingurgiter chaque jour cinq fruits et légumes pour protéger votre santé ; vous aviez même compris, par esprit de système et par dévotion, cinq fruits ET cinq légumes : une tranche d'orange pour maman, une bouchée de banane pour papa, un quartier de pomme pour mamie, une cuillère de purée, un morceau de carotte... Vous avez pratiqué avec discipline cette ascèse : la quête des fruits et légumes, l'épluchage, la cuisson. Grave erreur et, rétrospectivement, immense contrainte, énorme perte de temps, gâchis incommensurable.

Les scientifiques et les diététiciens vous le disent aujourd'hui : modérez votre consommation ! Contentez-vous d'une pomme, ou d'un petit pruneau dont Molière disait déjà avec justesse qu'il suffisait à relaxer. Trop de fruits nuisent à votre équilibre car, y avez-vous songé, dans les fruits il y a du sucre et dans le sucre risque de glucose. Et donc de prise de poids, de diabète et tutti quanti... Conclusion, vous avez eu tort de suivre à la lettre les recommandations du Programme national nutrition et santé depuis 2001 !

Protégez-vous en mangeant moins de tout. Sachez vous contenir, apprenez à vous restreindre. Prenons le lait, les produits laitiers en général et le yaourt en particulier. Oui, le bon yaourt bulgare de chez nous. Faut-il succomber à la tentation ? Faut-il refuser sa puissance d'attraction, résister à sa belle robe blanche, à son nappé onctueux ? Ces dernières années, l'évidence s'est imposée : les produits laitiers bonifient notre capital osseux. Le Programme national nutrition et santé, encore lui, recommande l'ingestion quotidienne de trois ou quatre laitages.

Vaste débat. Trois yaourts quotidiens ? Ou quatre ? Tranchons pour deux car en toute chose il faut prudence garder et pondérer vertus et inconvénients. Trop peu de yaourts fragiliserait notre précieux squelette. Le bon dosage protégerait notre côlon. L'excès nous conduirait à un risque non négligeable de surpoids, voire pour les hommes à un danger prostatique.

L'affaire est donc grave, et exige mesure et sens des responsabilités. Au moment de déguster votre yaourt quotidien, réfléchissez, appréciez et digérez bien... Rappelez-vous qu'un ou deux yaourts, ça va, que trois ou quatre, bonjour les dégâts.

Enfin, évitez de boire avec excès, repoussez la bouteille que les publicitaires ne cessent de vous vanter. Là aussi, il faut définitivement prendre conscience qu'avaler verre après verre ne constitue pas forcément le meilleur des régimes. Une rasade par-ci, une gorgée par-là peuvent facilement vous conduire à absorber par accumulation jusqu'à 1,5 ou 2 litres par jour. Vous nous direz à juste titre : ce n'est que de l'eau ! Oui, mais dont vous n'avez pas besoin. De la belle et bonne eau que vous gaspillez pour la rejeter aussitôt. Buvez malin : buvez moins.


Courriel : greilsamer@lemonde.fr

Posté par Kozett à 00:09 - Réflexions - Citations - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Nicolas Sarkozy, président de la décroissance

Marianne – 28/04/08

L'économiste Christian Jacquiau décrypte la mystification du projet de loi LME qui, sous couvert de défendre le pouvoir d'achat, fait le lit de l'oligopole de la grande distribution (extraits)

Un Président fâché avec l'économie
Le président Sarkozy est un homme qui va vite.
Dans la confusion qui règne à l'Élysée, il travaille désormais à la mise en oeuvre de décisions soufflées par des conseillers de passage (le lobby de la grande distribution, Jacques Attali, Michel-Edouard Leclerc et quelques autres...) aux effets pour le moins contre-productifs, inflationnistes, destructeurs d'emplois et donc… réducteurs de pouvoir d'achat. De quoi alimenter ses futures confessions télévisuelles.
À la question de la journaliste Véronique Auger (France 3) : «Vous aviez dit que vous seriez le président du pouvoir d'achat», Nicolas Sarkozy rabâche : «Le problème de la France c'est qu'on ne travaille pas assez, que par conséquent on n'a pas assez de croissance et pas assez de pouvoir d'achat».
Et si c'était rigoureusement le contraire ?
Et s'il était, par ses décisions à l'emporte-pièce, un facteur aggravant de la situation ?


Qui peut croire sérieusement que la compression du pouvoir d'achat (maintien des salaires au plus bas, réduction des prestations sociales, application de la franchise médicale, etc.) accentuée encore par la volonté annoncée de baisser les prix à la production (ce qui ne peut qu'avoir un effet négatif sur les revenus des producteurs, des entreprises et de leurs salariés) pourrait déboucher sur une progression de la consommation susceptible de faire tourner nos usines à plein régime, au point qu'elles en arriveraient à embaucher massivement ?
Qui, à part peut-être Jacques Attali, ceux qui l'écoutent, et tous ceux qui ont intérêt à nous faire avaler cette incroyable couleuvre ?
«J'ai maintenant la possibilité de deux leviers supplémentaires», précise ce président décidément fâché avec la chose économique.
Quels sont donc ces deux miraculeuses manettes qu'il sort soudain de sa botte ?
« D'abord sur les prix. J'ai regardé les comparaisons de prix dans les grandes surfaces, ça va pas faire plaisir à tout le monde ce que je dis, mais c'est la vérité. Ce sont des chiffres qui ont été publiés par la commission européenne. Les prix ont davantage augmenté en France que dans la quasi totalité des i[autres pays d'Europe».
«C'est pas normal !», s'exclame le président, traînant sur les mots comme pour mieux exprimer son indignation du moment. Le constat n'est pourtant pas nouveau. Cela fait longtemps que la France est en tête des pays européens les plus chers.

Un cadeau à l'oligopole de la grande distribution
Comment expliquer cette incroyable différence de prix alors que le territoire français est le plus maillé au monde en terme de mètres carrés de grandes surfaces par habitants ?
La France compte en effet un hypermarché pour 46 000 habitants lorsqu'il y en a un pour 51 000 habitants en Allemagne et un pour 130 000 habitants en Italie !
De cela, Nicolas Sarkozy ne dira mot. Et pour cause puisqu'il entend bien renforcer la puissance de ces oligopoles en donnant davantage de pouvoir encore aux centrales d'achat de ses amis de la grande distribution !
À un Patrick Poivre d'Arvor l'interrogeant sur les multiples «tables rondes» réunies sur le sujet et n'ayant débouché sur rien, Nicolas Sarkozy répond sans vergogne : «nous avons progressé en supprimant une partie des marges arrière. Je ne vais pas entrer dans le détail de tout cela. Luc Chatel et Christine Lagarde présenteront un texte au mois de juin qui va permettre la négociabilité entre les fournisseurs et les grandes surfaces...», déclenchant manifestement interrogations et scepticisme chez les cinq journalistes venus l'interroger.
«Les fournisseurs de l'industrie agroalimentaire et les agriculteurs ne sont pas contents par rapport à cette loi. Ils estiment que cela va faire pression sur leurs marges à eux...», l'interrompt alors la journaliste Véronique Auger.

Le pouvoir accru, accordé sans contrepartie, sans garde-fou, aux centrales d'achat de la grande distribution ne peut, en effet, qu'avoir un impact dévastateur sur l'amont (les agriculteurs, les PME/PMI, l'industrie agroalimentaire et leurs sous-traitants) et en cascade : sur les salariés des filières, leurs emplois et leur pouvoir d'achat.
Le gouvernement Fillon, inspiré par le fameux rapport Attali, avait déjà réussi l'exploit de mettre les avocats et les coiffeurs dans la rue. Nicolas Sarkozy s'apprête à faire beaucoup mieux encore en faisant voter ces lois Chatel / Lagarde, réclamées depuis tant d'années par le lobby de la grande distribution.
Fait sans précédent, l'Ania (Association Nationale des Industries Alimentaires), la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles), le réseau COOP de France (coopératives agricoles), la CGGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises), la FEEF (Fédération des entreprises et entrepreneurs de France), la CGI (Confédération française du commerce interentreprises) et l'ILEC (Institut de liaison et d'études des industries de consommation), organisations en général plutôt légitimistes pour ne pas dire conservatrices, se sont déclarées prêtes à manifester devant l'Assemblée Nationale si le gouvernement ne revoit pas d'urgence sa copie. Du jamais vu !

Le gouvernement choisit la distribution contre l'agro-alimentaire
Nicolas Sarkozy est-il aussi naïf qu'on pourrait le penser ou bien, sous des airs de faux candide qui ne trompent plus que 28 % de l'opinion, s'inscrit-il résolument dans une fuite en avant tendant à imposer au pays un ultralibéralisme sauvage qui ne sert que les intérêts de ces puissances financières au sein desquelles il compte de nombreux amis ?
Des cris d'alarme du monde paysan ou de celui plus inattendu des groupes de l'agroalimentaire, le président semble n'avoir cure, bien décidé d'appliquer les préconisations d'un rapport Attali inspiré du rapport Canivet, lui-même plus qu'inspiré par un certain Michel Édouard Leclerc, ami du président.

Nicolas Sarkozy s'apprête à donner carte blanche au lobby de la grande distribution afin qu'ils puissent exiger davantage encore de leurs fournisseurs !
N'ayant manifestement rien compris au système de la grande distribution - ou feignant de ne pas le comprendre -, Nicolas Sarkozy qui, candidat, avait promis d'aller chercher la croissance « avec les dents » en arrive, à présent, à menacer ceux qui en sont victimes.
« Je vais aller beaucoup plus loin », annonce-t-il. « Et même si je dois convaincre ma propre majorité parlementaire, il faut changer la loi dite Raffarin sur l'urbanisme commercial pour mettre davantage de concurrence.

Supprimer les modestes contraintes que constituait la loi Raffarin (soumettant à autorisation mais autorisant les nouvelles implantations) puis instaurer et légaliser une impensable concurrence déloyale entre le commerce de proximité et les grands réseaux de distribution fait désormais partie de la panoplie de ce président fâché avec les principes les plus élémentaires de l'économie.
En renforçant l'oligopole constitué par les six centrales d'achat de la grande distribution, le gouvernement s'apprête à accroître leur pouvoir de négociation sur l'amont (agriculteurs et industriels) ce qui ne peut se traduire que par une pression accrue sur les coûts de production, de nouveaux plans sociaux, de nouvelles délocalisations et au final : moins de pouvoir d'achat distribué, moins d'emplois et moins de croissance !
Qui donc peut vouloir tant de mal à Nicolas Sarkozy pour le conseiller de s'engager dans une telle voie sans issue ?
À moins que décidé de donner tort à ceux de ses détracteurs qui pensent qu'il a définitivement tourné le dos au Grenelle de l'environnement, le président n'engage la France avec volontarisme, personne n'oserait croire que c'est à l'insu de son plein gré, dans une véritable politique de… décroissance ?
Il voudrait le faire qu'ils ne s'y prendrait pas autrement.

Posté par werdna à 00:07 - Economie - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Europe - Déficit : Bruxelles envisage une mise en garde de la France, dernière de la zone euro

LEMONDE. avec AFP et Reuters | 28.04.08 | 14h09

Paris s'apprête à prendre la présidence de l'Union européenne en position de cancre de la zone euro pour les déficits publics. Dans ses prévisions de printemps, publiées lundi 28 avril, la Commission européenne s'attend en 2008 à une augmentation du déficit français à 2,9 % du PIB, passant en 2009 à 3 %, soit exactement la limite maximale tolérée dans l'Union européenne. Paris table, pour l'heure, sur un déficit ramené cette année à 2,5 % et à 2 % l'an prochain.

La situation est jugée suffisamment préoccupante à Bruxelles pour que la Commission envisage de lancer une mise en garde précoce à Paris. C'est ce qu'a indiqué lundi le commissaire à l'économie Joaquin Almunia,  affirmant que "la situation de la France est la plus préoccupante dans la zone euro". 

BERCY MAINTIENT SES PRÉVISIONS - Malgré les prévisions pessimistes de l'organe européen, le gouvernement français a maintenu, lundi, ses prévisions de croissance et de déficits publics pour 2008 et 2009. "Nous maintenons nos prévisions d'autant plus qu'on voit les premiers fruits" de la politique économique du gouvernement, indique Bercy, invoquant notamment comme facteur de croissance la loi Travail, emploi, pouvoir d'achat (TEPA).

La Commission dit prévoir pour la France une croissance de 1,6 % cette année et 1,4 % l'an prochain. Le gouvernement table ainsi pour 2008 sur une croissance de 1,7 à 2 % avec un déficit de 2,5 %, et l'an prochain sur 1,75 à 2,25 % avec un déficit réduit à 2 %.

La question se pose désormais de savoir si le gouvernement est toujours en mesure de tenir son pari, réitéré la semaine dernière par Nicolas Sarkozy, d'un retour à l'équilibre de ses comptes à l'horizon 2012, après avoir déjà obtenu de facto un report de cet objectif qui, à l'origine, avait été fixé à 2010 pour tous les pays de la zone euro. Au-delà de 3 %, un Etat membre de l'UE s'expose à une procédure de la Commission pour déficit excessif, avec une série de recommandations à la clé, puis à se voir infliger une amende par ses pairs européens.

Selon la Commission, la France sera le plus mauvais élève de la zone euro en matière de déficits, tant cette année que la suivante.

L'Allemagne ne devrait enregistrer qu'un trou limité à 0,5 % cette année, ramené à 0,2 % la suivante. Même l'Italie, confrontée à un trou d'air du côté de la croissance, devrait mieux s'en tirer de l'avis de la Commission, avec un déficit de 2,3 % cette année, puis de 2,4 % l'an prochain.

Ces pronostics constituent un camouflet pour la France au moment où elle se prépare à prendre la présidence semestrielle tournante de l'UE, le 1er juillet. La tendance devrait être d'autant plus difficile à inverser que les prévisions de Bruxelles concernant la croissance et l'inflation sont peu réjouissantes. Selon la Commission, la tempête sur les marchés financiers, le ralentissement de l'économie américaine et l'envolée des prix des matières premières vont peser davantage que prévu initialement sur la croissance de la zone euro cette année.

Au niveau de la zone euro, la croissance devrait ralentir pour atteindre 1,7 % seulement cette année, contre 2,6 % en 2007, et un nouveau ralentissement à 1,5 % en 2009.  Malgré ce ralentissement de croissance, l'inflation devrait rester au-dessus de l'objectif de la Banque centrale européenne (BCE), à 3,2 % sur l'ensemble de l'année 2008 après 2,1 % en 2007, avant de revenir à 2,2 % en 2009.

Posté par Kozett à 00:07 - Europe - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le jour où la police a tiré à balles réelles sur les émeutiers

LE MONDE | 25.04.08

Le 8 mai 2007, contre toutes les règles d'engagement des forces de l'ordre en banlieue, les policiers ont utilisé leur 357 Magnum contre des émeutiers à la Grande Borne, un quartier de Grigny (Essonne). Au moins 7 coups de feu, peut-être 9, ont été tirés en direction de jeunes qui lançaient des pierres et des cocktails Molotov. Un incident que les autorités judiciaires locales ont cherché à minimiser en limitant les investigations.

Vers 22 h 20, ce soir-là, 30 à 40 jeunes attaquent avec des pierres et des cocktails Molotov des policiers venus surveiller le tournage d'un clip vidéo. L'affrontement est qualifié de "particulièrement dur" par les forces de l'ordre, rapidement débordées. Celles-ci tirent avec leurs flash-ball et utilisent des grenades lacrymogènes. Sans effet. "Nos munitions n'avaient aucune conséquence sur la détermination de nos assaillants", raconte le chef de la brigade anticriminalité (BAC) devant les enquêteurs de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).

La vingtaine de policiers est obligée de se replier dans une station service un peu plus loin. Les violences se poursuivent. Sur les images de la vidéosurveillance, on voit notamment un individu en train de saisir le pistolet d'une pompe à essence puis tenter de l'allumer avec un briquet - sans y parvenir.

Dans la panique, selon le récit donné par les forces de l'ordre, un des policiers tombe. Un émeutier, qui se trouve à une dizaine de mètres, le voit et se prépare à lancer un cocktail Molotov.

Le brigadier-chef P., fait alors feu avec son arme de service pour protéger son collègue. A trois reprises, assure-t-il. Le jeune homme, âgé de 17 ans, est touché au bras mais il parvient à s'enfuir. Interpellé à l'hôpital peu après, il reconnaît, après seize heures de garde à vue, avoir lancé un cocktail Molotov éteint sur les policiers alors qu'il se trouvait à une cinquantaine de mètres. La justice décide de l'écrouer et ouvre une information judiciaire pour tentative de meurtre.

Voilà pour la version officielle. Car l'enquête conduite par l'IGPN, pour vérifier les conditions d'usage de l'arme, va mettre à jour un scénario très différent. D'abord parce que les enquêteurs ne découvrent pas 3 impacts mais 8, auxquels s'ajoute la balle reçue par le jeune homme. Prudemment, puisqu'une partie des impacts ont pu être causés par des éclats, l'IGPN estime qu'il y a eu "entre 7 et 9 tirs effectués".

Confronté aux découvertes sur le nombre de tirs, le brigadier-chef de la BAC revient sur ses déclarations le 10 mai. Devant l'IGPN, il reconnaît avoir utilisé dans la "panique" les 6 cartouches de son revolver Manhurin. Il avoue aussi s'être débarrassé de 3 douilles "dans une bouche d'égout ou dans un terrain vague" pour tenter de dissimuler ses tirs. "J'ai craint que l'administration trouve mon comportement excessif et que d'avoir tiré 6 cartouches était trop par rapport à la situation vécue", indique le policier, bien noté par sa hiérarchie.

Ces nouvelles déclarations expliquant seulement 6 des 7 ou 9 tirs, l'IGPN propose d'effectuer de nouvelles investigations. Notamment pour déterminer si un ou plusieurs autres policiers ont fait usage de leurs armes. Mais le parquet d'Evry refuse en arguant que la mesure ne paraît pas justifiée. Fait étonnant, qui traduit le trouble provoqué par cette décision, le commandant de l'IGPN dresse un procès-verbal rendant compte de sa conversation téléphonique avec le procureur et du choix de ce dernier de limiter le champs de l'enquête.

Au cours de ses recherches, l'IGPN met en évidence d'autres zones d'ombre. Sur les images de la vidéosurveillance, la scène décrite par l'auteur des tirs n'apparaît pas. Le doute s'accentue avec l'expertise balistique qui met en évidence une "incompatibilité" entre les déclarations du policier et les constatations établies sur place.

Malgré ces contradictions, le rapport conclut néanmoins à la "légitime défense", relevant que le jeune homme blessé a partiellement reconnu les faits.

Après avoir reçu le rapport, le 16 juillet 2007, le parquet classe immédiatement la procédure sur l'usage de l'arme à feu. "A ce moment, les déclarations des policiers et du jeune concordaient. Et comme l'enquête de l'IGPN concluait à la légitime défense, il était logique de classer l'affaire", justifie aujourd'hui Jean-François Pascal, le procureur de la République d'Evry. Le 24 avril, il a annoncé sa décision de demander une nouvelle enquête de l'IGPN.

Dans un premier temps, le parquet ne transmet pas le document au juge chargé d'enquêter sur la tentative de meurtre. Dans l'ignorance des résultats de l'enquête IGPN, celui-ci maintient la victime du tir policier en détention provisoire. Y compris lorsque le jeune homme revient sur son aveu partiel, en octobre, en évoquant "la pression des policiers" au cours de la garde à vue.

La situation change en février 2008 lorsque le magistrat instructeur apprend, incidemment, l'existence du rapport de l'IGPN. Découvrant son contenu, il décide la remise en liberté du jeune homme, alors en détention provisoire depuis neuf mois. Le parquet d'Evry fait appel. Mais ne convainc pas la chambre d'instruction de la cour d'appel de Paris, qui confirme la remise en liberté en fustigeant l'attitude du parquet d'Evry.

La famille du jeune homme, défendue par Me Damien Brossier, espère désormais un non-lieu et une indemnisation pour la blessure et la période de détention.

Posté par Kozett à 00:06 - Sécurité - Police - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le billet d'humour de Robert Solé : Charité bien ordonnée

LE MONDE | 28.04.08 | 15h05

Pour "préserver le caractère sacré d'Assise", le maire de cette ville italienne, Claudio Ricci, a décidé d'interdire la mendicité à moins de 500 mètres des églises, lieux de culte, places et bâtiments publics.

Une pieuse mesure qui suscite tout de même quelques interrogations : saint François d'Assise n'avait-il pas fondé, en 1209, le plus célèbre des ordres mendiants ?

Certes, la pauvreté absolue que prônait le religieux aux pieds nus n'était pas une glorification de la mendicité. Le fondateur des franciscains encourageait ses frères à exercer un travail manuel, ne les incitant à faire la manche qu'en cas de nécessité.

Mais, enfin, Assise était la dernière ville où l'on se serait attendu à une telle interdiction.

C'est comme si on empêchait de manger du jambon à Parme, de fumer la pipe à Saint-Claude, de faire du théâtre à Avignon, d'ouvrir un parapluie à Cherbourg ou - pour ne pas sortir du sujet - de croire aux miracles à Lourdes...

Il serait dommage que le maire d'Assise, membre du parti de droite Forza Italia, n'ait cherché qu'à mendier des voix aux prochaines élections. 

Posté par Kozett à 00:05 - Humour - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Les Indégivrables : de bonne foi

Bonne_foi_270408

Posté par Kozett à 00:04 - Humour - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Dessin de Plantu - Annonce : Oussama Ben Kabbach ...

Plantu_oussama_Ben_Kabbach

Posté par Kozett à 00:03 - Humour - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Xavier Bertrand : la retraite en souriant

Edito Marianne 27 Avril 2008

Avec i>Télé, la chronique de Nicolas Domenach, directeur-adjoint de la rédaction de Marianne.

Et revoilà « Frère Sourire », Xavier Bertrand, l'homme qui rit même dans les négociations syndicales qui n'en finissent plus de finir, ainsi que lors de ces marathons télévisés où il saute d'un haut plateau à un petit platounet comme si ça rigolait, sans reprendre son souffle. C'est la « joviale-attitude » qui contraste tant, et heureusement, avec la sinistrose fillonesque.

Quelques soient la violence des contradicteurs, les coups tordus de ses petits camarades jaloux, ce ministre dur sur le fond reste doux et rond dans les formes. Il demeure avenant, le sourire immarcescible, la rondeur et le front bas aussi du provincial qui a gardé les pieds sur terre et la tête pas très loin. Surtout ne jamais paraître en savoir trop ni faire l'intelligent, le « parisien tête de chien », le supérieur. C'est une des grandes lois qu'il a apprises de Chirac : il ne faut jamais avoir l'air supérieur à son électeur, prendre le temps de l'écouter et s'il vous croit un benêt, c'est gagné !

« Regardez Balladur », aimait à raconter Chirac. « Et Giscard !, ils ont tous cru ces beaux messieurs que je n'étais qu'un idiot, eh bien, c'est moi l'imbécile qui ait réussi à faire deux mandats quand l'un n'est pas parvenu à être élu et l'autre à être réélu ». Xavier Bertrand a commencé chiraquien et juppéiste, puis villepiniste puis sarkozyste, gravissant à chaque fois une marche du pouvoir. Ce gros garçon apprend vite et ses rivaux, les énarques comme Copé, continuent à le traiter de haut, lui, le petit assureur de province. Le bougre est pourtant habile et bosseur comme un fou, à la Sarkozy. Mais il est tellement moins ramenard…

Pour les réformes sociales initiées - des régimes spéciaux de retraite ou la représentativité syndicale par exemple ou encore l'allongement de la durée de la retraite - il s'est assuré de l'appui total du président et du conseiller élyséen aux affaires sociales, Raymond Soubie. « Il faut préparer la piste d'atterrissage avec ceux qui ont les manettes, dit-il, et associer ensuite le Premier ministre. »

Celui-ci a fait des efforts récemment mais il n'aime pas Bertrand qui lui a succédé aux Affaires sociales et menace de prendre sa place à Matignon. Pourtant dans cette affaire de retraite, c'est la poursuite de la loi Fillon dont il s'agit, puisque le texte de 2003 prévoyait cet allongement à 41 ans en 2012, « sauf élément nouveau ».

Les syndicats et notamment la CFDT pourtant signataire avancent des « événements nouveaux » comme la dégradation de l'emploi des seniors ou le faible coût du maintien à 40 ans. Ils savent aussi pouvoir s'appuyer sur une opinion rétive désormais à toute réforme sociale, tant l'action du gouvernement est ressentie comme inéquitable. Ainsi, selon une enquête CSA publiée par Le Parisien, 48 % des Français sont opposés à cet allongement contre 46 % qui s'y déclarent favorables, même les salariés du privé y sont majoritairement hostiles mais, et ce mais est important, les électeurs de l'UMP sont massivement pour une retraite à 41 ans.

Mine de rien, Monsieur Bertrand est très joueur  - Il faudra cependant à Xavier Bertrand plus que jamais travailler la patte médiatique. Convaincre d'abord de l'efficacité des mesures qu'il va annoncer aujourd'hui pour favoriser l'emploi des seniors, mais au-delà, le ministre du Travail doit convaincre qu'il défend un pacte social dont les Français sont désormais persuadés que le Président veut le défaire, le détricoter maille après maille. Pour n'avoir jamais dit clairement ce qu'il veut sauver de notre système de solidarité, pour avoir semblé privilégier les privilégiés justement, Nicolas Sarkozy a rendu chaque réforme difficile sinon impossible. Chacun se demande quel avantage acquit le gouvernement va pouvoir lui supprimer et non quel bénéfice il pourrait tirer d'un éventuel changement.

Heureusement pour lui, Xavier Bertrand croit en sa force de conviction ; cet ex-gaulliste s'imagine aussi faire œuvre juste, ça aide pour avancer dans le brouillard. Il s'imagine pouvoir compter sur les divisions de la gauche partagée entre réformistes et radicaux et enfin pouvoir s'appuyer sur un Président solide en dépit de sa défaveur populaire. Nicolas Sarkozy songerait davantage à réformer qu'à se faire aimer, ça c'est un vrai pari qu'il fait en souriant.

Monsieur Bertrand est joueur…

Retraite_270408

Dessin de AUREL

Posté par Kozett à 00:03 - Economie - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Les inégalités entre communes de moins en moins corrigées

LE MONDE | 26.04.08

Une étude commandée par le ministère de l'intérieur, dont les résultats n'ont pas été rendus publics depuis leur remise, en juillet 2007, pourrait relancer un débat explosif sur la solidarité entre communes. Cette dernière montre en effet que les inégalités de richesse entre les communes sont de moins en moins bien corrigées par les mécanismes de redistribution instaurés par l'Etat. Ce constat est problématique car l'article 72-2 de la Constitution impose au législateur de "favoriser l'égalité entre les collectivités territoriales" par la péréquation.

Les auteurs, Guy Gilbert, professeur à l'Ecole normale supérieure de Cachan, et Alain Guengant, directeur de recherche au CNRS, démontrent que "le taux de correction des inégalités" de pouvoir d'achat entre communes imputable aux dotations et fonds de l'Etat "atteint - 36,9 % en 2006, contre - 39,2 % en 2001, soit un repli de 2,3 points". Ce recul est un fait nouveau : entre 1994 et 2001, l'action redistributrice de l'Etat avait eu un pouvoir correcteur croissant des inégalités.

En France, les inégalités de ressources entre communes sont d'une ampleur sans équivalent en Europe : en 2006, le pouvoir d'achat par habitant des 1 % des communes les plus riches était 45 fois plus élevé que celui des 1 % les plus pauvres.

Pourquoi la péréquation a-t-elle été moins performante, ces dernières années ?

Afin d'assumer leurs compétences, les collectivités locales bénéficient de dotations de l'Etat : en tout, 73 milliards d'euros par an. "Or un quart seulement de cette manne (22 %) contribue à la péréquation de façon intensive, les autres trois quarts (78 %) beaucoup moins", explique M. Gilbert.

Depuis 2001, deux réformes des dotations de compensation ont entraîné des dégâts collatéraux désastreux, estime l'étude. La première date de 1999. Dominique Strauss-Kahn, alors ministre de l'économie, avait décidé de supprimer la part salaires dans le calcul de la taxe professionnelle versée par les entreprises aux collectivités locales. L'Etat a compensé cette amputation de recettes.

L'effet contre-péréquateur - c'est-à-dire amplifiant les inégalités préexistantes - fut massif : ce sont les communes qui avaient les masses salariales les plus élevées (souvent les plus riches) qui ont reçu les compensations les plus élevées.

La deuxième réforme date de 2005, avec la création de la "dotation de base" qui prend en compte la superficie et la population des communes. Or nombre de grandes villes figurent parmi les plus riches. Là encore, des inégalités ont été figées.

En creux, l'étude met en lumière la voie étroite du système de péréquation à la française. Jusqu'ici, la solution radicale - prendre aux plus riches pour donner aux plus pauvres - a toujours été écartée. " La fin de l'histoire est en vue, avec la disparition graduelle de la fiscalité locale, analyse M. Gilbert.

En effet, sans amputation supplémentaire de l'autonomie fiscale locale, plus de carburant pour davantage de péréquation."

Conclusion provocante : en France, la péréquation se nourrit du recul de l'autonomie fiscale des collectivités locales... qui est aussi une obligation constitutionnelle. 

Posté par Kozett à 00:03 - Fiscalité - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Page précédente  1  2  3   Page suivante »