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mardi 29 avril 2008

Sarkozy et les dictatures

Nouvel observateur 29/04/08 - Vincent Jauvert

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Comment ne pas voir l'évidence - presqu'obscène ?

Il y a moins d'une semaine, Nicolas Sarkozy se disait "choqué" par la répression au Tibet. Et voilà qu'aujourd'hui, à Tunis, il ne voit rien à redire au régime féroce de Ben Ali.  Nicolas Sarkozy ne défend donc les droits de l'homme que lorsqu'il est en campagne électorale ou lorsque la rue française l'y contraint. 

La preuve ? Souvenez-vous du silence pesant de l'Elysée pendant les émeutes à Lhassa. Il a fallu attendre les premières grandes manifestations, les "coups" de Robert Ménard et les sondages pour que Nicolas Sarkozy sorte progressivement de cette troublante réserve et définisse, après moultes couacs, une nouvelle ligne qui laisse (un peu) de place à la promotion des droits de l'homme.

Mais, faute de pression, il ne dit rien sur la situation en Tunisie. Ou plutôt si : "Je ne vois pas au nom de quoi je m'érigerais en donneur de leçons",a-t-il déclaré hier au premier jour de sa visite d'Etat.

Terrible phrase. Quelqu'un aurait dû lui rétorquer : Mais au nom, Monsieur le président, de ce que vous avez déclaré pendant votre campagne, il y a moins d'un an" Ou "Au nom cette Charte universelle des Droits de l'Homme, écrite, vous en souvenez-vous ? par le Français René Cassin." Mais personne, aucun militant tunisien des droits de l'homme, n'a pas lui dire quoi que ce soit. Puisque, comme la mobilisation de l'opinion française est quasi-nulle sur le sujet, Nicolas Sarkozy n'a pas cherché à les entendre. Pire, il a encouragé Ben Ali à poursuivre dans la voie autoritaire.

Il a affirmé : "Qui peut croire que si, demain, après demain, un régime du type taliban s'installait dans un de vos pays, au nord de l'Afrique, l'Europe et la France pourraient considérer qu'elles sont en sécurité?" Autrement dit, nous autres Européens devons fermer les yeux sur les exactions du régime Ben Ali au nom de la sacro-sainte lutte contre le terrorisme. Fermer les yeux sur les arrestations arbitraires, sur la torture, qui frappent aussi bien sur les islamistes que les démocrates.

Sarkozy avait tenu à peu près le même raisonnement à propos de Moubarak qu'il préférait, disait-il, aux Frères Musulmans. Ces déclarations sont évidemment moralement discutables. Elles sous-entendent que, lorsqu'il s'agit de défendre les droits de l'homme, nous devrions faire deux poids deux mesures, selon que nous serions ou non menacés par les éventuelles conséquences d'une libéralisation des régimes en place. Et ces déclarations sont politiquement de courte vue. Car on sait bien que l'autoritarisme et la corruption des régimes arabes sont justement les ferments principaux de l'islamisme radical.

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Indignation - Lettre de J-Pierre ELKABBACH : dessin de Plantu : Oussama Ben Kabbach

Réaction  de Jean-Pierre Elkabbach

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Inventerre Dessin de Plantu  voir

Mardi 29 avril 2008 - 14h40
EUROPE 1 Jean-Pierre Elkabbach, le président de la radio, est convoqué par le CSA, qui demande des explications après l'annonce erronée de la mort de l'animateur Pascal Sevran > l

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Nicolas Sarkozy en visite dans une Tunisie verrouillée

Libération - mardi 29 avril 2008 - Envoyé spécial à Tunis - CHRISTOPHE AYAD

Le Président français rend visite pour deux jours au président Ben Ali, dont le régime est vivement critiqué pour ses atteintes aux droits de l’homme.

«Aujourd’hui, l’espace des libertés progresse. Ce sont des signaux encourageants que je veux saluer», a déclaré Nicolas Sarkozy rendant hommage aux efforts du régime de Ben Ali. Au même moment et c’est devenu un rituel à chaque visite d’un chef d’Etat français, des opposants tunisiens déclenchaient une grève de la faim.

Harcèlement. Rachid Khechana et Mongi Ellouze, respectivement rédacteur en chef et directeur de la publication d’Al-Mawqif, l’hebdomadaire du Parti démocratique progressiste (PDP) sont en grève de la faim depuis samedi pour protester contre le «blocus» visant leur titre. Au deuxième étage d’un modeste immeuble du centre de Tunis, Rachid Khechana détaille le harcèlement dont son titre fait l’objet : «Depuis le début de l’année, cinq de nos numéros ont été saisis. Notre diffuseur, dont les NMPP françaises sont actionnaires, subit des pressions pour cesser de nous distribuer. Nos comptes sont bloqués sous des prétextes fallacieux. Le pouvoir pousse des sociétés à nous intenter des procès en dommages et intérêts. Enfin, nous n’avons pas accès à la publicité, privée comme publique, ni à aucune aide à la presse.»

D’autres exemples ? A l’heure où Nicolas Sarkozy débarquait à l’aéroport de Tunis, Radhia Nasraoui et Mohamed Ennouri étaient convoqués au ministère de l’Intérieur pour «diffusion de fausses nouvelles». La Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) est empêchée de fonctionner depuis 2005. L’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) est constamment harcelée dans un pays dont le régime met en avant le statut de la femme, adopté sous Bourguiba. Les opposants et les esprits libres de ce pays passent leur temps à réparer leurs voitures saccagées par les sbires du régime, à essayer d’obtenir un passeport, rétablir une connexion Internet, trouver un emploi, une école pour leurs enfants… Leur vie quotidienne est devenue un enfer et leurs proches les adjurent de laisser tomber pour s’éviter les ennuis.

Prisonniers. Mais leur sort n’est que la partie émergée des droits de l’homme en Tunisie. Aujourd’hui quelque 1 500 jeunes hommes croupissent en prison, arrêtés ou condamnés en vertu de la loi antiterroriste entrée en vigueur en 2004. Un chiffre qui fait de la Tunisie l’un des pays arabes comptant le plus de prisonniers politiques par rapport à sa population totale. La plupart d’entre eux sont des lycéens ou étudiants qui ont eu le malheur de fréquenter la mauvaise mosquée ou le mauvais site Internet. «Ces jeunes n’avaient pas d’idéologie précise en entrant en prison, ils en sortiront aguerris et farouchement djihadistes», s’inquiète un universitaire. Et le régime pourra donner un nouveau tour de vis. CQFD.

A la descente de l’avion, des contrats Nicolas Sarkozy, accompagné de sept ministres, d’une délégation du Medef et d’invités (Serge Moati, Daniela Lumbroso, Frédéric Mitterrand, le grand rabbin Sitruk…), a paraphé plusieurs contrats pour un montant de 1,36 milliard d’euros, dont la vente de treize Airbus (plus trois en option) et d’une centrale électrique thermique au profit d’Alstom. Il a aussi présidé à la signature d’un accord bilatéral sur la «gestion concertée» de l’immigration octroyant des visas et une aide au développement en échange d’une lutte accrue contre l’émigration clandestine. Un accord-cadre dans le nucléaire civil a été conclu.

L’équilibrisme des politiques françaisDialoguer sans braquer, ménager mais ne pas transiger. Pour poser le dossier des droits de l’homme sur la table du président Ben Ali sans faire trembler les relations franco-tunisiennes, les politiques français prennent moult pincettes. Mais selon plusieurs parlementaires du groupe d’amitié avec la Tunisie à l’Assemblée nationale, Nicolas Sarkozy, attendu au tournant par les ONG qui lui ont réclamé «un geste fort», ne doit pas éluder le sujet.

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Les invités «tunisiens» que Nicolas Sarkozy va emmener à Tunis

Capital.fr – 29/04/08

Pour sa visite d’Etat de quarante-huit heures en Tunisie qu’il entame ce lundi 28 avril, Nicolas Sarkozy, sera accompagné de son épouse, de sept ministres (Rachida Dati, l’accompagnatrice fétiche du président, Rama Yade, etc...) d'un ancien Premier ministre, Jean-pierre Raffarin, tout juste rentré de Chine  et d’une centaine de chefs d’entreprises, de journalistes accrédités. Il a invité aussi, à titre personnel, plusieurs personnalités françaises.


Deux parlementaires nés à Tunis, Claude Bartolone, ancien ministre socialiste de la Ville de Lionel Jospin, aujourd’hui député et président du conseil général de la Seine-Saint-Denis, ainsi que Pierre Lellouche, député UMP de Paris. Le Grand Rabbin de France Joseph Sitruk, né à Tunis, et le réalisateur de télévision, longtemps proche de François Mitterrand, Serge Moati, et enfin, le neveu de l’ancien président, l’animateur de télévision, scénariste et écrivain Frédéric Mitterrand.

A noter la présence de Philippe Séguin, Président de la Cour des Comptes et grand observateur des dépenses de l’Etat. A noter aussi que Bernard Kouchner, notre ministre des Affaires Etrangères est de l'autre côté de la planète, en Colombie.

Bon séjour et couscous pour tous à volonté…

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Livret A: le cadeau fait aux banques

Le Contre-Journal – 29/04/08 - par CAMILLE STROMBONI

dénonce Jean-Baptiste Eyrault, de Droit au logement (DAL).

Le projet de loi relatif à la fin du monopole du livret A a été présenté, lundi matin, au Conseil des ministres parmi les autres dispositions de la loi sur la modernisation de l'économie (LME). Les animateurs du collectif Pas touche au livret A qui avaient investi, mercredi, le siège de la fédération bancaire expliquent leur action.

Jean-Baptiste Eyrault (Droit au logement). «Le livret A et l’épargne populaire doivent conserver leur vocation d’origine : produire des biens d’intérêt général. Les fonds déposés par l’ensemble des citoyens sur leurs livrets sont actuellement centralisés à la Caisse des dépôts et consignations (CDC), qui les prête ensuite aux organismes chargés du logement social, à charge pour eux de construire, d’acheter, de promouvoir. Avec son projet de réforme qui met fin au monopole de la Poste et la Caisse d’épargne, l’Etat s’apprête à livrer aux banques privées jusqu’à 40 % de l’épargne collectée. La Poste et la Caisse d’épargne reversent aujourd’hui l’intégralité des dépôts du livret A à la CDC. Même si le gouvernement refuse de l’avouer, c’est une opération de soutien aux banques, dans un contexte de crise financière. Seules les banques ont d’ailleurs été réellement consultées. C’est une véritable spoliation.

La CDC fait aujourd’hui crédit à l’ensemble des bailleurs sociaux, avec le même taux d’intérêt pour tous. Lorsque ces derniers ne recevront plus l’argent de la CDC, ils vont devoir s’autofinancer. Les petits bailleurs ne pourront plus emprunter car les taux d’intérêt seront bien plus élevés. On se dirige vers des hausses de loyers mais aussi vers une multiplication des ventes des logements sociaux.

Notons bien qu’un logement social vendu, c’est toujours un logement social de moins. Une partie du parc HLM va sortir de sa mission sociale, ou même disparaître du marché. En bout de course, les banques ramassent le pactole, sans aucune contrepartie, sur le dos des épargnants, des ménages pauvres, des mal-logés, des usagers en zone rurale… Noyée dans le projet de loi de "modernisation de l’économie", cette mesure est très peu connue par la population, tout comme la fonction sociale du livret A.

Le débat est étouffé. Pour les banques, le silence est d’or.»

Nicolas Galepides (Sud PTT - la Poste). «Le livret A, c’est 46 millions de détenteurs (un total de 143 milliards d’euros), dont 60 % disposent de moins de 200 euros. Ses avantages sont uniques. Avec une simple adresse et des papiers d’identité, français ou non, la Poste est obligée d’ouvrir un livret à toute personne qui en fait la demande. Il constitue le seul moyen d’accéder à un compte pour les étrangers en situation régulière ou irrégulière, les personnes sous le coup d’interdits bancaires ou les sans-logis qui ont gardé une ancienne adresse par exemple. Outre les mandats, les chèques de banque sont gratuits, alors qu’ils coûtent en moyenne 8 € dans le privé. Enfin, l’argent est garanti par l’Etat. Avec la mise en cause du monopole de la Poste et de la Caisse d’épargne, ces avantages risquent de disparaître pour le petit épargnant. La garantie de l’Etat ne portera plus que sur 60 % des sommes déposées, contrairement aux 100 % actuels. En effet, lorsqu’une banque ouvrira un livret A, seulement 60 % de la somme seront centralisés à la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Les 40 % restants pourront être investis par la banque dans des actions plus juteuses, et plus risquées sur le marché des capitaux.

Les banques vont essayer de capter les livrets à tout prix. Elles vont inciter ces petits ou grands épargnants - 3 millions de détenteurs de livret A ont plus de 7 000 € dessus - à ouvrir leur livret chez elles. Une fois le livret A rapatrié, le client sera invité à vider son livret sur des placements ou des comptes qui rapportent plus. Ce matraquage existe déjà, mais la démarche sera plus facile lorsque le livret A et le compte courant seront dans la même banque. Un simple "oui" suffit pour faire passer l’argent d’un compte à l’autre.»

Philippe Larasse (CGT - Caisse des dépôts). «La Commission européenne s’est prononcée pour l’ouverture à la concurrence après la plainte déposée par quatre banques concernant le monopole du livret A en France. Le gouvernement possède cependant un moyen de s’opposer à cette libéralisation : ce monopole est justifié par la nécessité de financer le logement social, qui est un Service d’intérêt économique général (Sieg), et de maintenir l’outil de bancarisation des démunis qu’est le livret A. L’Etat a en effet déposé un recours en ce sens, mais il ne le défend absolument pas puisqu’il a confié une étude à Michel Camdessus pour organiser la banalisation du livret A, qui aboutit à ce projet de réforme. L’Europe n’est qu’un prétexte pour satisfaire les banques.»

«En bout de course, les banques ramassent le pactole, sans aucune contrepartie, sur le dos des épargnants, des ménages pauvres, des mal-logés, des usagers en zone rurale…»

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Les paysans manifestent pour leur retraite

Ouest-France – 29/04/08

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1 500 manifestants ont défilé dans les rues de Dijon. : AFP

Plusieurs centaines d'agriculteurs ont défilé, hier, à Dijon et à Clermont-Ferrand pour rappeler au président de la République ses engagements.

Venus d'une quinzaine de départements du grand est de la France, notamment de Bourgogne, Franche-Comté, Rhône-Alpes, mais également de Lorraine et d'Alsace, quelque 1 500 manifestants, selon la FDSEA et la police, ont défilé, hier, dans les rues de Dijon.

La principale revendication est la « revalorisation de la retraite complémentaire » que la FNSEA souhaite voir passer de « 67 % à 75 % du Smic annuel net » et qui concerne « 450 000 des 1 800 000 retraités ».

La FNSEA demande également que « la retraite des conjointes et des veuves soit d'un montant au moins égal au minimum vieillesse  (628 €) et que le taux de réversion passe de 54 % à 60 % ».

À Clermont-Ferrand, la manifestation a rassemblé quelque 350 agriculteurs retraités d'Auvergne et du Limousin. Pour Claude Berger, président de la section nationale des anciens exploitants de la FNSEA, « plus de la moitié des agriculteurs touchent des retraites inférieures à 500 € par mois ».

Le 2 avril, Nicolas Sarkozy a promis une revalorisation des petites retraites agricoles avant la fin juin, à l'ouverture du 62e Congrès de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), à Nantes.

À Saint-Lô, demain. La FDSEA de la Manche rencontre, mercredi, la secrétaire générale de la préfecture sur la question des retraites. Un rassemblement est prévu, à 12 h  30, devant l'entrée de la Préfecture.

Annie et Georges, 1 500 € de retraite à deux

Ouest-France – 29/04/08 - François LEMARCHAND

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Annie et Georges Pasquier, devant leur maison, près de Saint-Sauveur-Lendelin, dans la Manche.

Annie et Georges Pasquier ont six mois de différence. Annie est née en septembre 1947, Georges en avril 1948, dans le bocage du centre de la Manche. De 14 à 18 ans, ils ont suivi leurs études agricoles, en Maison familiale puis à l'Institut rural. Ensuite ils ont été aides-familiaux pendant neuf ans, sur l'exploitation parentale, jusqu'à leur installation, en octobre 1974.

Dans le cadre du Gaec, créé avec les parents d'Annie, Georges a pris le statut de chef d'exploitation, Annie celui de conjointe d'exploitant : « On a fait comme c'était l'usage, sans se poser de questions ». Puis à la retraite de leurs parents, en 1980, ils ont travaillé tous les deux sur l'exploitation laitière de 34 ha en location, pour un quota de 193 000 litres. « En 2000, explique Annie, nous avons créé une EARL, ce qui m'a permis d'obtenir le statut d'exploitante.»

Les années passant, et aucun de leurs trois enfants ne désirant reprendre la suite de l'exploitation, ils ont pour but de transmettre leur ferme à un jeune : « Le coût de la reprise, avec le matériel limité au minimum et le cheptel, est faible au regard du quota laitier disponible ».

Rachat des années de formation

En 2005, Georges, qui ne se fatigue pas de traire matin et soir, voit avec agacement s'alourdir les charges et les contradictions administratives liées aux successives réformes de la Politique agricole. En 2005, ils prennent en main leur succession... et leur dossier de retraite.

Ils remplissent leur déclaration de cessation d'activité et s'aperçoivent qu'il leur faut racheter les trimestres de formation par alternance, qui leur donnera en tout 41 années de cotisations. « Nous avons dû débourser 6 100 € chacun. C'est beaucoup moins que le rachat de trimestres pour les salariés », convient Annie. Finalement, Annie et Georges cessent leur activité le 25 mars 2006. Le jeune qui les remplace, poursuit leur oeuvre avec compétence. La retraite annuelle de Georges, est de 9 912 €. Celle d'Annie se décompose de la façon suivante : 6 500 € de pension de la MSA pour son activité agricole et 1 535 € par an de la Cram, pour ses trois enfants.

« C'est le montant de nos retraites, au vu de nos revenus réels, puisque nous sommes sous ce régime depuis plus de vingt ans.» Propriétaires de leur maison, Annie et Georges, ne se considèrent pas comme « les plus petites retraites agricoles ».

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Retraites : les 41 ans de cotisations contestés

Ouest-France – 29/04/08

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Le gouvernement a présenté son texte, hier, aux partenaires sociaux. Le document fait déjà grincer des dents.

LES POINTS FORTS

Allongement de la durée de cotisation. « Comme prévu par la loi de 2003 », la durée nécessaire pour bénéficier d'une pension de retraite à taux plein sera majorée d'un trimestre par an pour atteindre 41 annuités au 1er janvier 2012.

Commentaire. Pour la CGT et FO, cela revient à « travailler plus pour gagner la même chose, voire moins ». La CGC fait remarquer « qu'on ne cible les efforts que sur les seuls salariés ».

Pensions de réversion. Le taux de la pension de réversion touchée par les conjoints survivants (actuellement 54 %) augmentera progressivement pour passer à 56 % au 1er janvier 2009, à 58 % au 1er janvier 2010 et à 60 % au 1er janvier 2011.

En lien avec les dispositions applicables dans les régimes complémentaires, le texte gouvernemental prévoit le rétablissement d'un âge minimal pour l'ouverture du droit à une pension de réversion (52 ans en 2007). Les « lois Fillon » de 2003 avaient prévu de faire disparaître toute limite d'âge en 2012.

Départ anticipé pour carrière longue. Le gouvernement souhaite que le dispositif permettant de partir plus tôt en retraite lorsqu'on a commencé à travailler très jeune soit maintenu.

La mesure, bien reconduite, coûtera 3 milliards d'euros en 2009.

Relèvement des pensions. Elles seront à nouveau augmentées, à compter du 1er septembre, d'un montant non précisé. Sont concernées les retraites du régime général, les régimes alignés et ceux de la fonction publique.

Les pensions avaient déjà été relevées de 1,1 % en janvier. Le dérapage de l'inflation, en un an, contraint le gouvernement à une nouvelle hausse. À noter une petite astuce comptable au passage : les revalorisations annuelles de pensions interviendront désormais le 1er avril et non plus le 1er janvier. Trois mois de trésorerie de gagné pour l'État !

EMPLOI DES SENIORS

Cumul emploi-retraite. Il sera « libéralisé », ses règles étant « simplifiées et harmonisées ». La reprise d'activité pourrait être autorisée dès lors que l'assuré a cotisé la durée nécessaire pour bénéficier d'une retraite à taux plein ou atteint 65 ans.

Dans le texte, contrairement à la situation actuelle, aucun plafond n'est prévu pour ce cumul. Et le délai de latence de six mois saute.

Obligation de négocier. Branches et entreprises seront obligées d'ouvrir des négociations sur l'emploi des seniors et de faire des propositions « de progression sensible de la part des 55-64 ans dans les effectifs » avant fin 2009.

En l'absence de « résultats suffisants », des sanctions seront prises dès 2010, sous forme de cotisations retraite additionnelle. On ne parle plus de quotas. Ni de bonus-malus.

Obligation de rechercher un emploi. La dispense de recherche d'emploi pour les chômeurs âgés sera « progressivement » supprimée.

Actuellement, cette dispense s'applique à 57 ans et demi. Elle concerne 400 000 personnes, non comptabilisées dans les statistiques du chômage.

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Malaise dans la mondialisation, par Max Dorra

LE MONDE | 25.04.08

Crise financière, échanges virtualisés, violence des inégalités dessinent la pathologique d'un système

par Max dorra Ecrivain et professeur de médecine à la faculté Paris-Ouest

Folie", c'est le mot qui revient le plus souvent quand on évoque le comportement des marchés, l'humeur d'un trader, les sommes astronomiques gagnées ou perdues en quelques instants par une banque. Faut-il appeler en consultation un polytechnicien, un économiste, un psychiatre ? Le découpage universitaire traditionnel s'affole tant il s'avère incapable de rendre intelligible un krach. C'est que la spéculation financière porte sur le crédit. C'est-à-dire les anticipations. Donc le désir des individus.

L'inflation monétaire d'ailleurs n'est qu'un cas particulier de l'inflation symbolique en général : les humains, leurs mots, l'image qu'ils se font d'eux-mêmes sont, lors des échanges, une sorte de monnaie non gagée. D'où un désir de plus-value et des stratégies de bluff pour ne pas prendre de retard sur une dévaluation que l'on pressent inexorable. On entend, à propos du marché, les termes de "cycles", de "dépression"... Pathologie des individus ou maladie d'un système ?

Le monde dont il s'agit quand on parle de "mondialisation" est celui de la valeur d'échange, que l'on nous enjoint de substituer définitivement ("fin de l'Histoire") à la dimension de l'imaginaire, de l'utopie et du rêve : l'univers du sens. Le danger, on l'a compris, se situe au-delà du politique.

Il touche à l'essentiel. "L'eau glaciale du calcul égoïste" est en passe de tout emporter, consacrant la victoire de la moitié "dominante" du cerveau des individus, celle vouée aux nombres et au langage informatif. C'est d'une humanité hémiplégique que l'on nous fait la promotion. "Faut vous dire, monsieur, que chez ces gens-là, on ne cause pas monsieur, on ne cause pas, on compte", chantait Brel.

Le terme de "néolibéralisme" est un dispositif truqué intéressant à considérer. Il rapproche deux notions susceptibles de fasciner : la "modernité" (néo) et la "liberté", que l'on a fait glisser, mine de rien, du politique à l'économique.

"Libre concurrence", "marché", sous ces mots neutres, aseptisés, se dissimule en fait la rentabilité supérieure à 15 % imposée aux multinationales par les actionnaires des fonds d'investissement. Ce qui signifie l'exploitation maximale de la sous-traitance, un esclavage que l'on croyait depuis longtemps aboli. La guerre elle-même est en voie de privatisation, comme en Irak où les mercenaires étaient plus nombreux que les militaires britanniques.

Le capitalisme, à la fois efficace et cruel, était encore un peu humain. L'avènement de l'informatique, la numérisation des données, cette formidable accélération de la production et des échanges a du même coup rappelé par contraste l'insolente persistance des inégalités, une violence symbolique à l'état pur. Minérale. S'y est associé, comme allant de soi, un fétichisme de l'évaluation qui conduit à des absurdités.

Un exemple : le classement académique des universités mondiales, proposé par l'université de Shanghaï, selon le nombre de publications dans certaines revues scientifiques (souvent anglophones) et le nombre de prix Nobel attribués aux élèves et aux équipes pédagogiques. Ce classement auquel il est souvent fait référence n'a, curieusement, guère suscité de critiques en ce qui concerne l'étrange finalité qu'il suppose à l'enseignement universitaire.

Ainsi sommes-nous entrés, sans en avoir toujours conscience, dans une sorte d'univers virtuel. L'outil mathématique et ses modèles ont tout envahi. "Trop de mots, pas assez d'équations", dit-on aux étudiants en économie. Cette économie dont le prix Nobel est le plus souvent attribué à des travaux mathématiques.

Formés dans cet esprit, des experts brillants mais parfois coupés du réel participent aux décisions de la Banque mondiale, du FMI, de l'OMC, qui peuvent être meurtrières.

Face à une telle dérive, rares sont les poches de résistance. D'autant que l'inquiétant "retour du religieux" - de même que la consommation d'anxiolytiques et d'antidépresseurs, voire d'alcool et de cannabis - est maintenant un recours contre l'angoisse, le sentiment d'asphyxie qu'engendre le monde de la valeur ; sans oublier les suicides qu'il provoque à l'intérieur même d'entreprises travaillant "à flux tendu".

C'est de ce monde-là que parle Edouard Glissant : "Ce que l'on appelle mondialisation, qui est l'uniformisation par le bas, le règne des multinationales, la standardisation, l'ultralibéralisme sauvage sur les marchés mondiaux, pour moi c'est le revers négatif d'une réalité prodigieuse, que j'appelle la mondialité. La mondialité, c'est l'aventure sans précédent qu'il nous est donné à tous aujourd'hui de vivre, dans un monde qui pour la première fois, réellement et de manière immédiate, foudroyante, se conçoit à la fois multiple et unique, et inextricable."

Ces quelques lignes impliquent le projet d'une philosophie nouvelle. Celle où l'on ne séparerait plus le nombre et le drame. Où l'on parviendrait ainsi à comprendre, enfin, que la violence est la face cachée de l'angoisse.

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500 m2 pour la famille du président congolais et une grosse ardoise

RENAUD LECADRE - Libération mardi 29 avril 2008

Affaires. Au Vésinet, une PME a été lésée par les Nguesso. Les autorités restent passives.

Pas touche au clan Nguesso. Une petite entreprise française de bâtiment, Interdéveloppement Activités, peine depuis six ans à se faire payer la rénovation d’une villa au Vésinet (Yvelines). Sur les 3 millions d’euros de travaux effectués, 276 000 sont toujours impayés. Les propriétaires ne sont pourtant pas dans le besoin (lire ci-contre), puisqu’il s’agit de la famille du président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso.

La villa Suzette, 500 m 2 , a longtemps appartenu en nom propre à son frère aîné, Valentin Ambendet. En 2002, ce facétieux transfère la propriété à un holding luxembourgeois, Matsip Consulting. En novembre 2004, trois semaines avant son décès, Matsip est racheté par une autre coquille grand-ducale, Edenor. Le nouvel ayant droit pourrait être Wilfrid Nguesso, neveu du président congolais, puisque c’est via ce holding qu’il s’est ensuite acheté, pour 172 000 euros, une Aston Martin.

Pot de terre. Jusqu’à très récemment, la justice considérait que la villa Suzette était toujours au nom de feu Valentin Ambendet, puisque son exfiltration au Luxembourg s’était faite en catimini, sans payer les droits d’enregistrements et sans mention au cadastre. Le tribunal de Versailles, saisi du litige par la PME, avait même désigné, en juillet 2007 la Direction nationale d’interventions domaniales (DNID), pour administrer la succession.

En janvier, la DNID découvre à retardement la manip offshore et réclame d’être déchargée de l’affaire. Si possible sans trop de bruit : «Compte tenu de la notoriété des personnalités en cause, le président du tribunal a bien voulu que l’audience se tienne à son cabinet à 8 h 45 précises», en dehors des heures ouvrables. Hier, le tribunal de Versailles a confirmé que la DNID n’était plus chargée de la succession.

Me Jacques Boedels, l’avocat du pot de terre, s’indigne que Bercy accepte de couvrir une «opération frauduleuse» : «L’administration s’ingénie à trouver les moyens de contourner sa mission, au mépris des droits légitimes du créancier.»

«Inhabitable». La justice versaillaise a déjà fait savoir que «la cession d’un immeuble n’a pas besoin d’être passée par acte authentique ni d’être publiée pour être valable.» Ca sent la fin de non-recevoir, d’autant que le tribunal vient d’évaluer chichement la villa à 230 000 euros, moins que le reliquat de travaux à payer... Jugée «inhabitable», elle semble fort bien habitée. Par Denis Sassou-Nguesso, aux bons soins de Wilfrid, selon son gardien interrogé par France Inter, . Lequel organisait, en juillet 2007, la visite de son oncle à Sarkozy.

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La France bientôt punie par Bruxelles ?

LCI-infos 29/04/08

Bruxelles et Paris ne sont pas d'accord sur les chiffres de croissance et donc sur les actions à mener. La Commission européenne envisage en effet de lancer une mise en garde à la France en raison du dérapage de son déficit public qui se rapproche dangereusement de la limite autorisée dans l'UE. La situation dans laquelle se trouve la France "est un cas clair pour utiliser les instruments qui sont entre nos mains dans des cas pareils", à savoir l'envoi d'une mise en garde précoce de Bruxelles sur le creusement des déficits, a affirmé le commissaire à l'Economie Joaquin Almunia.

"Dans l'hypothèse qui est la nôtre, à savoir de maintien en l'état des politiques actuelles, le déficit sera de 3% (du PIB) l'année prochaine, c'est à dire que la France se rapproche à nouveau dangereusement de la valeur de référence", à savoir la limite maximale tolérée pour les déficits qui est de 3% du Produit intérieur brut, a-t-il indiqué "N'importe quelle déviation, même minimale, aura comme conséquence un nouveau déficit excessif", a-t-il ajouté. La Commission prévoit que le déficit public français se creuse à 2,9% du Produit intérieur brut cette année (après 2,7% en 2007) puis à 3% en 2009.

"Je ne révise rien du tout"
La réponse de Bercy ne s'est pas faite attendre. En déplacement avec François Fillon en Côte d'Or, Christine Lagarde a lâché à la presse : "Je ne révise rien du tout". "J'accueille ces prévisions avec intérêt et avec un certain scepticisme", a-t-elle dit au sujet des nouvelles projections de la CE. "Je crois qu'ils sont très très pessimistes concernant les perspectives de croissance, en particulier sur 2009 - avec 1,4% ils sont très en dessous du consensus de place". Pour Christine Lagarde, les prévisions actualisées de l'exécutif européen ne tiennent "pas compte du tout" des effets de la loi de modernisation de l'économie, présentée lundi en conseil des ministres, et "très modérément" des efforts de réduction des dépenses publiques dans le cadre de la revue générale des politiques publiques (RGPP).

Paris vise un déficit ramené à 2,5% du PIB en 2008, après 2,7% en 2007, et table sur une nouvelle amélioration à 2,0% en 2009. Pour la croissance, le gouvernement a retenu une prévision de 1,75-2,25% en 2009, soit 2% en milieu de fourchette.

Posté par werdna à 00:09 - Economie - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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