lundi 28 avril 2008
Fichier des délinquants sexuels : Michèle Alliot-Marie évoque "des dysfonctionnements"
Selon la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, Il y a "sans doute des dysfonctionnements" dans le fichage génétique des délinquants sexuels. Ce qui explique qu'il n' y avait pas d'empreinte génétique de Bruno Cholet, 51 ans, qui a été mis en examen après le meurtre d'une jeune femme de 19 ans. L'homme qui est soupçonné du meurtre de la jeune Suédoise retrouvée morte, le 19 avril, en forêt de Chantilly (Oise) a été interpellé à la suivre d'une véritable "course contre la montre".
"Le fichier est aujourd'hui encombré car nous enregistrons de plus en plus d'empreintes. Il est nécessaire d'avoir de nouveaux moyens pour le faire et c'est inscrit dans la future loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure que j'ai déposée il y a quelques semaines", a ajouté Michèle Alliot-Marie.
On va augmenter encore une fois le budget de la police pour continuer de ficher opposants et manifestants de tout poil alors que ce fichier est destiné à confondre les asassins récidivistes...
Tunisie - Droits de l'Homme : Tunis réfute les critiques
NOUVELOBS. | 27.04.2008 | 19:22
Les autorités tunisiennes réfutent les critiques exprimées par des ONG et défenseurs des droits de l'Homme en France. Déçus par le premier voyage de Nicolas Sarkozy en juillet à Tunis, ces organisations indiquent attendre "un geste fort" durant sa visite d'Etat prévue ce lundi.
A la veille de la visite d'Etat du président Nicolas Sarkozy lundi en Tunisie, les autorités tunisiennes ont réfuté, dimanche 27 avril, les critiques exprimées par des ONG et défenseurs des droits de l'Homme en France.
"La Tunisie garantit l'indépendance de la justice (...), la constitution et les lois tunisiennes protègent et promeuvent les droits de l'homme (et) la torture et autres traitements inhumains sont fermement interdits", a affirmé à l'AFP une source officielle à Tunis.
La législation "sanctionne sévèrement tout mauvais traitement envers les détenus (et) la loi garantit la réparation à toute personne condamnée à tort dont l'innocence vient par la suite à être prouvée", a indiqué cette source, qui explique la position du gouvernement.
ONG systématiquement hostiles - La même source a rejeté des accusations de corruption, affirmant que la Tunisie "se distingue par sa bonne gouvernance", et poursuit en dénonçant des "allégations purement partiales et trompeuses" et "des partis pris de certaines ONG systématiquement hostiles".
Elle cite notamment le Forum économique mondial de Davos" pour noter que son dernier rapport classe la Tunisie "au premier rang africain et arabe pour ce qui est de l'environnement des affaires et au 14è rang mondial quant à la confiance des citoyens dans leurs gouvernants".
Tunis souligne en outre avoir fait "le choix volontaire de la démocratie et des droits de l'homme" et affirme "poursuivre résolument le processus de reformes, en toute souveraineté dans la voie empruntée depuis le Changement du 7 novembre 1987", a-t-on ajouté en référence à la date d'arrivée au pouvoir du président Zine El Abidine Ben Ali.
Déçus par le 1er voyage - Des ONG et défenseurs des droits de l'Homme, dont Mokhtar Trifi, président de la Ligue tunisienne de défense des droits de l'Homme ont affirmé avoir été déçus par le premier voyage de Nicolas Sarkozy en juillet à Tunis et indiqué attendre "un geste fort" durant sa visite d'Etat.
Khadija Cherif, la présidente de l'Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), a déclaré que la "justice est aux ordres, la corruption se généralise, la torture est fréquente" en Tunisie.
Eric Goldstein, de l'ONG américaine Human Rights Watch (HRW), considère que "Nicolas Sarkozy ne doit pas tomber dans le piège de marchander la libération d'un seul prisonnier, comme en juillet".
J.O. Desmond Tutu appelle à boycotter la cérémonie d'ouverture
NOUVELOBS. | 28.04.2008 | 11:22
L'archevêque sud-africain a par ailleurs embrasé une "torche olympique tibétaine" qui doit traverser des villes sur les cinq continents avant d'arriver en mai à Dharamsala, siège du gouvernement tibétain en exil.
L'archevêque sud-africain Desmond Tutu a appelé dimanche 27 avril les dirigeants mondiaux à ne pas assister à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin, le 8 août, si la Chine ne relâchait pas sa pression sur le Tibet.
"Dirigeants du monde libre, pour l'amour de Dieu, n'assistez pas à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques tant qu'il ne sera pas clair que (les Chinois) sont vraiment prêts à mettre fin aux violences contre les Tibétains", a demandé le lauréat du prix Nobel de la paix lors d'une manifestation en faveur du Tibet au Cap.
"Torche olympique tibétaine" - Desmond Tutu a embrasé une "torche olympique tibétaine" initialement partie le 30 janvier de Delhi. Cette torche alternative doit traverser des villes des cinq continents avant d'arriver en mai à Dharamsala, en Inde, siège du gouvernement tibétain en exil.

J.O. Le relais de la torche olympique a débuté à Séoul
NOUVELOBS| 28.04.2008 | 11:02
Une coalition réunissant 63 groupes religieux, politiques ou de défense des droits de l'Homme a annoncé que des milliers de manifestants allaient protester contre la répression chinoise au Tibet et la politique de Pékin de rapatriement des réfugiés de Corée du Nord.
Le relais de la torche olympique a débuté dimanche 27 avril à Séoul, la capitale sud-coréenne, où plus de 8.000 policiers étaient mobilisés, selon des témoins.
Le relais a débuté à 14h20 locale (05h20 GMT) dans le parc olympique, où étaient rassemblés de nombreux supporters des jeux Olympiques de Pékin.
La flamme était arrivée dans la nuit en provenance du Japon, où des manifestants antichinois ont échangé des coups avec des supporters chinois sur son parcours, samedi à Nagano (centre), faisant au moins quatre blessés.
Une coalition réunissant 63 groupes religieux, politiques ou de défense des droits de l'Homme a annoncé que des milliers de manifestants étaient attendus dimanche à Séoul pour protester contre la répression chinoise au Tibet et la politique de Pékin de rapatriement dans leur pays des réfugiés de Corée du Nord.
Pas moins de 8.300 policiers sont déployés dimanche tout au long des 24 km du relais de la torche jusqu'à son arrivée à la mairie de Séoul, prévue vers 19h00 (10h00 GMT).
La flamme pour la 1ère fois en Corée du Nord
NOUVELOBS| 28.04.2008 | 11:01
Une foule attentive et pacifique de plusieurs milliers de personnes, dont certaines agitaient des drapeaux chinois, a assisté au départ du relais.
La flamme olympique a entamé lundi l'étape nord-coréenne de son relais autour du globe. C'est la première fois que la flamme olympique foule le sol de la Corée du Nord, l'un des pays les plus reclus du monde dirigé par un régime communiste particulièrement autoritaire.
Une foule attentive et pacifique de plusieurs milliers de personnes, dont certaines agitaient des drapeaux chinois, a assisté au départ du relais. L'événement était présidé par le président du Parlement, qui s'apparente davantage à une chambre d'enregistrement, Kim Yong Nam.
La flamme doit parcourir dans le calme un trajet de 20 kilomètres à travers la capitale Pyongyang, dont les rues étaient emplies de milliers de gens agitant des fleurs en papier.
Corée du Sud - Le relai avait connu dimanche une nouvelle étape agitée à Séoul, où des accrochages ont éclaté entre étudiants chinois et manifestants dénonçant la politique de Pékin.
Quelque 8.000 policiers, certains suivant le relais en courant, à cheval ou à vélo, avaient été déployés pour protéger la flamme le long des 24km du parcours entre le Parc olympique, construit pour les Jeux de en 1988, et l'Hôtel de Ville de Séoul.
Sur d'autres étapes, ce sont des manifestants dénonçant la répression chinoise au Tibet qui ont tenté de perturber le passage du relais.
Les manifestants dénonçant le traitement par la Chine des réfugiés nord-coréens n'ont pas réussi à stopper le relais, même si un transfuge nord-coréen a tenté de s'immoler par le feu.
Arrestations - Selon la police, cinq personnes dont un étudiant chinois ont été arrêtées. Des accrochages ont éclaté près du point de départ du relais entre un groupe de 500 jeunes étudiants chinois et une cinquantaine de manifestants dénonçant la politique de Pékin, qui portaient une banderole proclamant "libérer les réfugiés nord-coréens en Chine". Les étudiants ont jeté des pierres et des bouteilles d'eau alors que quelque 2.500 policiers tentaient de séparer les deux camps.L'homme qui a tenté de s'immoler, Son Jong Hoon, 45 ans, a mené en vain une campagne publique pour empêcher l'exécution de son frère en Corée du Nord, où il était accusé d'espionnage après une rencontre des deux hommes en Chine. Environ une heure après le départ du relais, il s'est aspergé d'essence en plein milieu d'une rue mais les forces de l'ordre l'ont rapidement encerclé et l'ont évacué avant qu'il puisse allumer le feu. Deux autres manifestants ont tenté d'attaquer la flamme mais n'ont pu entraver le relais.
Avant le coup d'envoi du relais, quelque 1.500 manifestants chinois s'étaient rassemblés dans le parc olympique, nombre agitant le drapeau chinois et des pancartes reprenant le slogan des JO de Pékin, "Un monde, un rêve". Un petit groupe d'une dizaine de protestataires hostiles à la tenue des Jeux de Pékin était également présent sur les lieux. Après Séoul, la flamme est arrivée tôt lundi matin à Pyongyang, pour la première étape de son histoire en Corée du Nord. Des responsables du Comité olympique nord-coréen, le maire adjoint de la capitale et l'ambassadeur chinois en Corée du Nord étaient présents à l'aéroport pour l'accueillir, avant le relais qui doit avoir lieu dans les rues de la ville. (AP)
Opposition entre un militant des droits de l'hommes et un manifestant pro-chinois, à Séoul (Reuters)
La flamme olympique traverse Pyongyang dans le calme
LEMONDE.avec Reuters | 28.04.08 | 09h04
Contrairement au relais en Corée du Sud, celui de Pyongyang, en Corée du Nord, s'est déroulé, lundi 28 avril, sans incident. Brandissant des drapeaux chinois et nord-coréens, des dizaines de milliers de spectateurs, rassemblés le long de l'itinéraire, ont acclamé la torche. Il s'agissait de son premier passage dans le pays communiste.
Manifestations hostiles au régime ou à sa politique sont interdites en Corée du Nord. Selon des associations de défense des droits de l'homme, ceux qui bravent cet interdit s'exposent à de lourdes peines de prison, voire à une condamnation à mort. Pyongyang, qui organise rarement des événements internationaux, a fait part à la Chine de sa fierté d'accueillir le relais de la flamme olympique. La flamme doit ensuite gagner le Vietnam avant de revenir en Chine, où son relais commencera à Hongkong
Votre député est-il bosseur ou glandeur ?
Vendredi 25 Avril 2008 – Marianne - Sylvain Lapoix
Il ne suffit pas de crier «Réformes ! Réformes ! Réfomes !» en sautant sur sa chaise : Gouvernement Off prouve qu'il est parfois bon de s'asseoir et de regarder le détail. L'idée est ambitieuse mais louable : suivre avec un œil qui se veut objectif le débat autour des réformes en se basant sur les projets de loi, les discussions à l'Assemblée et les amendements.
Le topo qu'il faut
Même si cet «œil objectif» louche sensiblement à gauche, le boulot est là avec, pour chaque mesure en débat, un état des lieux et un résumé des enjeux ainsi que les conséquences des réformes. Un petit doute sur les régimes spéciaux ? Gouvernement off déballe les statistiques des salariés concernés (source Insee) et la réglementation actuelle des principaux statuts (source Sécu) avec, en marge, l'exposé de la réforme et une évaluation de l'économie pour le budget de l'Etat. Simple, clair et efficace.
Le site Gouvernement off scrute à la loupe les débats et l'activité des députés. Né d'un projet d'observatoire associatif des réformes sarkozystes, c'est plus un outil militant efficace qu'un Note2Be législatif.
Polémique : Gouvernement off classe les députés par nombre d'amendements débattus.
Députés : les hits de la semaine
Le projet est né au lendemain de l'élection de Nicolas Sarkozy, quand des associations se sont inquiétées du caractère idéologique et parfois totalement inutile des réformes. Un an après, le site voit enfin le jour avec le seul concours d'une poignée de militants d'associations écolos, sociales, humanitaires - essentiellement de gauche.
«Beaucoup de blogs font déjà la même chose, explique Julien, un des créateurs du site, qui évoque notamment le très efficace Bétapolitique. Mais les contenus passent : avec Gouvernement off, on créé une base de donnée, un sommaire des réformes.» Niveau documentaire, on trouve également une présentation de chaque député assorti d'un rappel de ses éventuels votes contre la consigne de son groupe et des amendements proposés.
Pour chaque session de vote, le site établit le taux de présence pour chacun des groupes parlementaires.
Plus polémique, le «Top 10» des députés les plus actifs et les statistiques de présence de chaque groupe en séance. «C'est important de savoir ce que vote son député et le site de l'Assemblée nationale n'est vraiment pas assez ergonomique pour le vérifier soi-même», se défend Julien. N'empêche que ce petit côté Note2Be de la vie parlementaire donne des airs de provoc gratuite à un travail efficace, auquel il ne manque qu'une chose : les animateurs du site se contentent de critiquer les mesures et ne proposent rien à la place. Dommage.
« Je ne veux plus que mes enfants dorment avec les clochards »
A.Gd. – Libélyon – 28/04/08
Ils ne rendront pas leurs clés aujourd’hui, comme cela leur a été demandé. Le foyer des Acacias, à Vénissieux, accueillait cet hiver une dizaine de familles sans logement. Mais l’hiver est terminé, et le foyer doit fermer ses portes ce lundi. Les sept familles restantes, soutenues par le réseau d’associations « Personne Dehors ! », ont décidé de rester. L’endroit n’a rien d’un paradis. Mais, pour ces familles, dont la plupart ont de jeunes enfants, c’est « une chance ». Tous n’ont qu’une peur, « retourner au 115 », c’est à la dire à la rue, téléphonant tous les trois jours en espérant qu’une place de quelques jours se libère dans un foyer d’hébergement d’urgence…
Victorine a vécu des mois avec le 115. Elle ne veut plus. « Ici, mes enfants sont bien. Il n’y a que des familles, pas de clochards violents. Je peux faire à manger. Les enfants rentrent tous les soirs au même endroit. Ils peuvent faire leurs devoirs ». Peu importe que ses deux enfants traversent chaque matin et chaque soir l’agglomération lyonnaise pour se rendre au collège de la Duchère (Lyon 9è) où ils sont scolarisés. « Ici, ils dorment tous les soirs au même endroit. Ils n’ont pas peur. C’est comme une maison. Je ne veux plus que mes enfants dorment avec les clochards », explique Victorine. Cette mère célibataire s’est retrouvée à la rue au mois d’août dernier, après une séparation. Sans-papiers depuis 2004, cette gabonaise n’a droit à aucune aide et ne peut pas solliciter de demande de logement. La semaine dernière, un responsable du foyer lui a dit qu’il était dangereux pour elle de rester là car la police aux frontières risquait de débarquer pour l’emmener au centre de rétention et l’expulser. « On nous fait peur. Comme on fait peur aux animaux pour qu'ils s'en aillent. Nous sommes des riens », dit-elle.
Ces familles passent entre les mailles du filet de la loi sur le logement opposable entrée en vigueur cet hiver (dite Loi DALO) car la plupart sont sans-papiers. Le droit au logement opposable ne concerne en effet que les personnes en situation régulière. Cependant, cette loi prévoit aussi dans son article 4 que toute personne accueillie dans un hébergement d’urgence (le foyer des Acacias relèvent de ce statut) ne peut en être délogée tant qu’elle ne dispose d’une solution de logement pérenne, sans-papiers ou pas. Sauf que problème : pour bénéficier d’un logement pérenne, il faut être en situation régulière. C’est dans cette situation inextricable que se retrouvent aujourd’hui les familles sur le point d’être expulsées du foyer des Acacias. Certains sont en situations régulières car ressortissants de l’union européenne. C’est le cas de deux familles Roms. « Ils ont des papiers mais les Ddass et les préfectures les traitent souvent comme des cas à part et refusent généralement de leur proposer autre chose que de l’urgence », explique une travailleuse sociale.
Le foyer des Acacias aurait dû fermer il y a déjà quinze jours. La Ddass avait accordé un délai supplémentaire. Qui prend fin ce lundi. Aujourd’hui, des militants associatifs resteront au foyer pour s’opposer à l’expulsion des familles.
Couvrir la France d’hypermarchés ?
Laureen Ortiz – Libération - lundi 28 avril 2008
Le gouvernement espère faire baisser les prix en libéralisant le secteur.
Faut-il y voir un aveu d’impuissance ? Le gouvernement a en tout cas choisi de donner les pleins pouvoirs à la grande distribution pour tenter de sauver le pouvoir d’achat des Français. Liberté accrue de s’implanter et liberté de négocier les tarifs avec les fournisseurs sont au menu de la loi de modernisation de l’économie, présentée aujourd’hui au Conseil des ministres par Christine Lagarde, ministre de l’Economie. Objectif affiché : la baisse des prix, notamment dans l'alimentaire.
Ecueils. Attaquée au nom du droit communautaire, la première proposition - une plus grande liberté d’établissement - vise à refondre la loi Raffarin de 1996, qui cristallise de nombreuses critiques à l’heure des hausses de prix tous azimuts. Cette loi, qui restreint l’implantation des surfaces de plus de 300 m2 en exigeant une autorisation spéciale, prétendait protéger les petits commerçants. Au lieu de ça, elle a surtout empêché le développement du hard discount en France. En 2006, celui-ci ne détient que 13% du marché hexagonal, contre 35% en Belgique, 40% en Allemagne et 50% en Norvège, soulignent les économistes Philippe Askenazy et Katia Weidenfeld (1). Deuxième écueil : elle a favorisé la toute puissance locale des enseignes. Une enquête de l’UFC-Que choisir a révélé récemment que seuls 27% des zones de chalandise étaient en vraie situation de concurrence. Résultat : au sein d’un même groupe, les écarts de prix vont de 5 à 20% d’un magasin à l’autre. Et les prix en France ont navigué au-dessus de la moyenne européenne jusqu’en 2006. Bien plus décriée est la possibilité donnée aux hypers de négocier librement les tarifs avec leurs fournisseurs, réclamée avec fracas par les publicités de Michel-Edouard Leclerc. «Négocier oui, mais jamais sans contreparties», rétorquent des industriels. C’est là que le bât blesse. Lors des négociations en vue de la loi, les industriels, notamment ceux de l’agroalimentaire, avaient «évolué sur [leurs] positions», soulignait alors Nathalie Roos, pdg de Mars France, en acceptant le principe de négociabilité des tarifs, car avaient été promises des contreparties vérifiables (par exemple s’engager sur un volume d’achat, sur une diffusion plus large de produits…).
Ristournes. Et puis pouf, tour de magie, ou plutôt, rôle très influent du patron de Leclerc, selon des sources proches du dossier, la ligne concernant ces fameuses contreparties disparaît du projet de loi. «Les déclarations de Sarkozy jeudi soir [qui a dit vouloir «mettre la pression» aux fournisseurs, ndlr] confirment que c’est bien lui qui est à l’origine de cette modification de dernière minute», estime Olivier Desforges, le réprésentant des industriels. Bruno Luisetti, à la tête de Kraftfood France, renchérit : «On s’était mis d’accord sur une négociation équilibrée. Maintenant, on devrait donner de l’argent contre rien ? La distribution pourra fixer son prix d’achat, son prix de vente, et au final les marges de tout le monde.»
L’ensemble des fournisseurs - industriels de l’Ania et de l’Ilec, mais aussi CGPME, agriculteurs de la FNSEA… - ont exprimé leur inquiétude en lançant vendredi une pétition. Ils craignent la «suppression de milliers d’emplois». Et affirment que l’application de la loi Chatel, votée en décembre, qui permet de rétrocéder aux consommateurs les ristournes obtenues par les enseignes (les marges arrières), devrait dores et déjà permettre aux distributeurs de baisser leurs prix.
En tous cas, la bataille parlementaire s’annonce rude. Et c’est encore une fois la droite, écartelée entre sa défense du petit commerce et son obsession de répondre à l’angoisse des Français, qui risque de se déchirer. Le gouvernement a pris les devants en prévoyant, dans sa loi, quelques mesures de soutien au commerce de centre ville. Pas sûr que cela soit suffisant pour éviter un nouveau ... couac.
1) 27questions d’économie contemporaine de Daniel Cohen et Philippe Askenazy, Albin Michel.
INSTITUTIONS - Les parlementaires MoDem ne voteront pas la réforme
NOUVELOBS | 26.04.2008 |
Selon François Bayrou, les parlementaires du Mouvement démocrate ne voteront pas la réforme institutionnelle si elle n'est pas accompagnée de l'introduction de la proportionnelle à l'Assemblée nationale. Le président du MoDem a également présenté son parti comme le seul "défenseur du pluralisme".
François Bayrou, président du Mouvement démocrate, a annoncé samedi 26 avril que les parlementaires de son parti ne voteraient pas la réforme institutionnelle si elle n'était pas accompagnée de l'introduction de la proportionnelle à l'Assemblée nationale.
Dans cette réforme, la "question principale" étant "l'autonomie du législatif par rapport à l'exécutif", il faut une "loi électorale qui permette que toutes les sensibilités importantes du pays soient représentées à l'Assemblée nationale", a déclaré François Bayrou, en clôturant une réunion d'élus MoDem à Paris.
"Il n'est pas question pour nous, parlementaires du Modem, de voter une réforme institutionnelle si elle ne reconnaît pas (...) un principe de respect du pluralisme dans la composition des assemblées", a ajouté le député des Pyrénées-Atlantiques.
"Naturellement, nous nous concerterons, nous joindrons nos efforts avec tous ceux qui veulent aller dans le même sens", a-t-il ajouté.
François Bayrou a aussi annoncé qu'il déposerait "un certain nombre d'amendements pour que soit pris en compte le principe d'indépendance des médias par rapport au pouvoir", qui doit "être inscrit selon (lui) dans la Constitution de la République", idée qu'il avait défendue pendant la campagne présidentielle.
Le MoDem compte trois députés, dont François Bayrou. Parmi les 30 sénateurs centristes, onze sont membres du bureau exécutif du MoDem, les autres étant Nouveau Centre ou ne s'étant pas clairement déterminés.
"Défenseur du pluralisme" - Lors de l'ouverture d'une réunion à Paris, des élus et ex-candidats aux municipales du Mouvement démocrate, François Bayrou a présenté son parti comme le seul "défenseur du pluralisme" en France, samedi 26 avril au matin.
Plusieurs centaines de personnes avaient rempli dès l'ouverture des travaux la salle de la Maison de la Chimie, et ont acclamé François Bayrou.
"Il n'y a plus désormais qu'un mouvement politique qui soit le défenseur du pluralisme en France, et c'est ici qu'il se trouve", a déclaré le député béarnais.
Rappelant la moyenne de 15,9% réalisée par les 350 listes autonomes du Modem au premier tour des municipales dans les villes de plus de 10.000 habitants, "véritable exploit", le leader centriste, battu à Pau, a reconnu que le mouvement avait rencontré "des difficultés prévisibles".
"Nous avons eu du mal entre les deux tours, et sans doute ai-je une part de responsabilité, à faire entendre la voix de la raison, là où ne s'exprimait que la voix de la passion et de l'affrontement", a-t-il dit.
Une place pour le MoDem - Selon lui les deux prochaines élections, européennes et régionales, "offrent une place" au MoDem, "en tout cas si l'on ne change pas le mode de scrutin, car on nous annonce des manœuvres supplémentaires pour rendre notre tâche politique encore plus difficile".
François Bayrou faisait allusion à la volonté exprimée par le Premier ministre, François Fillon, de modifier le mode de scrutin régional.
Il n'est "pas possible qu'un pays comme le nôtre ne soit placé que devant deux projets", ceux de l'UMP et du PS, s'est-il exclamé. "C'est comme si on voulait perpétuellement écrire l'avenir en noir et blanc". Il faut "au moins un troisième projet, plus équilibré, plus créatif, plus novateur".
En défendant le pluralisme, "je ne pense pas seulement à nous" mais aussi "aux Verts, aujourd'hui satellisés autour du PS, aux gaullistes dont la voix "nécessaire" est "mise en sourdine", a-t-il affirmé.
"Nous avons passé le Cap Horn", a assuré le sénateur-maire d'Arras, Jean-Marie Vanlerengerghe. "Nous avons devant nous une mer beaucoup plus calme, on voit pointer le cap de Bonne-Espérance".
Il ajouté "pour la mer calme, on verra"
Kerviel embauché, Bouton promu, vive l'éthique du libéralisme!
Marianne - Dimanche 27 Avril 2008 - Philippe Cohen
Le PDG de la banque est devenu... Président de son Conseil d'administration, tandis que Jérome Kerviel a retrouvé du boulot. Admirable flexibilité du système néolibéral...
Les ennuis de Jérome Kerviel et de Daniel Bouton n'auront pas duré longtemps. On a d'abord appris le 24 avril par le site lepoint.fr que le jeune trader de 31 ans avait été embauché par LCA, une société spécialisée dans le conseil et l'expertise en informatique. Son patron, Jean-Raymond Lemaire n'a pas souhaité révéler les nouvelles fonctions de Kerviel ni le montant de sa rémunération. Sans doute pour ne pas influencer les juges qui n'ont pas encore statué sur son cas.
Avant même cette bonne nouvelle, on savait depuis quelques jours, par une dépêche laconique du groupe Société Générale, que le PDG de la banque abandonnait ses fonctions opérationnelles pour le poste de …Président du Conseil d'administration de la banque. Belle promotion qui lui permettra de gagner autant tout en travaillant moins. D'après les calculs d'Emmanuel Lévy, publiés dans le dernier numéro de Marianne, cette opération permettra surtout au super-manager de la banque, célébré depuis quinze ans par tout l'establishment, de partir en retraite dans trois ans avec un taux plein de 70% de sa rémunération et de pouvoir attendre le meilleur moment pour réaliser ses stock options. La Soc gen n'allait tout de même pas obtempérer aux objurgations du Président de la république qui avait appelé à des sanctions contre son PDG... Et dire que ce même Bouton présidait aux destinées d'un Comité d'éthique sur la bonne gouvernance des entreprises !
Ce double épisode confirme d'abord que ce système est toujours prêt à récompenser l'incompétence de ses serviteurs, pourvu qu'ils fassent partie de la caste des intouchables qui gouvernent les grandes entreprises. Il donne également raison à la thèse du juge Jean de Maillard selon laquelle le capitalisme actuel ne peut fonctionner qu'avec une arrière-cour grise, illégale. Il a publié en 2004 un rapport sur la dérive illicite des échanges internationaux profits des grands groupes ne seraient pas aussi importants s'ils ne pouvaient domicilier leurs sièges dans des états à la fiscalité accommodante, installer certaines filiales dans des îles encore moins regardantes, et même produire dans des pays, comme la Chine, dans lesquels le droit du travail est inexistant.
L'irresponsabilité accordée aux dirigeants de groupes n'est donc pas seulement un privilège de caste : elle constitue la preuve du cynisme absolu du système néolibéral. A méditer par les millions de clients et de petits actionnaires de la Générale…
Raffarin, courtisan sans frontières


