samedi 26 avril 2008
22 ANS DE TCHERNOBYL
NOUVELOBS| 26.04.2008 | 16:47
Des rassemblements dans toute la France contre le nucléaire
A l'occasion du 22eme anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, 130 actions ont eu lieu à travers la France pour dénoncer le recours au nucléaire et en mémoire aux victimes.
Avec des masques blancs, des mimes ou des fleurs, des centaines de militants antinucléaires ont manifesté par petits groupes, un peu partout en France samedi 26 avril, à l'occasion de la Journée internationale de mobilisation contre le nucléaire, marquant le 22e anniversaire de Tchernobyl.
Les rassemblements comptaient souvent moins d'une centaine de participants, mais au total, environ 130 actions, tragiques ou drôles, ont été organisées devant des mairies, des monuments aux morts ou des centrales nucléaires à l'appel du réseau "Sortir du nucléaire" (plus de 800 associations fédérées).
Partout en France - Ainsi, à Laval, des militants ont fait don à EDF de ferraille à béton, puisque "EDF, AREVA, Bouygues et consorts n'ont pas les moyens de ferrailler correctement les fondations de l'EPR de Flamanville"
A la grande braderie de Chambéry, Sortir du nucléaire se vantait de casser les prix sur les réacteurs nucléaires, et à Lyon, des militants distribuaient des "noix de Tchernobyl" et des pastilles d'iode en souhaitant ironiquement "un deuxième Tchernobyl" aux passants. Sur leurs pancartes, on pouvait lire "Tchernobyl le nuage s'est arrêté à la frontière Ouf !", pour dénoncer la désinformation permanente sur la catastrophe.
Une petite centaine de personnes vêtues de noir et de masques blancs portant le logo nucléaire ont manifesté aussi devant le centre du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) à Cadarache (Bouches-du-Rhône).
Des croix en bois ont été plantées sur un rond-point, simulant un cimetière. Puis le groupe a déployé une banderole "Tchernobyl, 26 avril 1986; Cadarache, quand?".
Appel au désengagement nucléaire - A Toulon, une cinquantaine de personnes masquées ont distribué des tracts avant de se rendre à la préfecture maritime où Louis Scappini, porte-parole local des Verts, a dénoncé une mauvaise information de la population sur les risques nucléaires et appelé à un désengagement nucléaire progressif.
A Strasbourg comme dans plusieurs villes, les sympathisants étaient appelés à apporter une fleur ou un bouquet pour exprimer leur deuil.
A Brignoles (Var), une dizaine de manifestants s'est réunie derrière un cercueil et une couronne mortuaire à la mémoire des victimes de Tchernobyl, déposés ensuite devant la sous-préfecture.
A Fessenheim (Haut-Rhin), une centaine de militants, dont 40 avec un masque blanc muni du logo nucléaire, se sont rassemblés devant la plus vieille centrale nucléaire du parc EDF.
"Ceux qui continuent à mourir" - Le sénateur-maire haut-rhinois Jacques Muller (Verts) a souhaité que l'Alsace devienne la première région de France qui démantèle sa centrale et devienne un modèle pour l'Europe, puisque, "aujourd'hui on ne sait toujours pas comment faire pour démanteler une centrale nucléaire", a-t-il dit.
A Bordeaux, sous l'égide du président de Sortir du nucléaire, Stéphane Lhomme, une quarantaine de militants s'étaient rassemblés dès vendredi, portant des masques blancs et des banderoles avec "Avant un nouveau Tchernobyl, sortons du nucléaire".
A Paris, une soixantaine d'opposants au nucléaire portant des maques blancs se sont rassemblés samedi matin Place de l'Opéra, en hommage à "ceux qui sont morts et ceux qui continuent à mourir", après Tchernobyl.
A Tourcoing, près de Lille, une cinquantaine de militants Verts et de sympathisants ont participé à un "die-in" devant un local EDF, en s'allongeant par terre et en dessinant la forme de leur corps à la craie sur le trottoir.
Affaires - Marchiani , l’homme de l’ombre qui embarrasse Sarkozy
Libération Samedi 26 Avril 2008
Affaires. L’ex-eurodéputé proche de Pasqua n’a plus qu’un espoir: une grâce présidentielle.
Que faire pour sauver le soldat Marchiani ? Homme à tout faire de la galaxie Pasqua, praticien assidu de la diplomatie parallèle, son cas est sur le bureau de Nicolas Sarkozy. Jeudi à la télévision, le Président a été interrogé sur une demande de grâce présidentielle déposée par son avocat. Sarkozy a botté en touche : «Il m’a été soumis un dossier, je suis en train de l’étudier, d’y réfléchir, de peser le pour et le contre, et je ferai connaître la décision.» Difficile d’être plus embarrassé.
Jean-Charles Marchiani, 64 ans, natif d’un petit village corse voisin de celui de Charles Pasqua, a été un authentique agent secret. Du moins jusqu’en 1970, où il sera évincé du SDECE (ancêtre de la DGSE, Direction générale de la sécurité extérieure) en marge de l’affaire Markovic. Depuis, il cultive ses réseaux parallèles, un pied dans le public, l’autre dans le privé, la tête Dieu sait où mais toujours dans l’orbite de Pasqua. Ses comptes offshores ? Destinés selon lui à «défendre les intérêts et la sécurité de la France», en Afrique et dans les pays arabes, au nom d’une conception parfois toute particulière de la nation.
Ce petit jeu a pris fin en décembre 2005. Le tribunal correctionnel condamne alors l’électron libre à trois ans de prison, pour avoir perçu des commissions en marge de la vente de chars militaires au Moyen-Orient, et prononce son oraison funèbre : «Son appât du gain entretient sciemment, et en permanence, la confusion entre l’intérêt général et son intérêt privé.» Quelques semaines plus, il est encore condamné à un an de prison dans une autre affaire de commission occulte, perçue en marge d’un marché portant sur la sécurisation des bagages à Roissy.
Depuis, Marchiani a joué la montre, mis en avant son immunité de parlementaire européen sous l’étiquette RPF, sa stature d’ancien préfet, fait appel, s’est pourvu en cassation. Le 19 mars, la Cour de cassation a rejeté ses ultimes recours. Marchiani doit purger sa peine de prison. Le parquet, chargé de l’exécution des peines, fait savoir que son incarcération interviendra… «relativement rapidement». Car tout est évidemment relatif, suspendu au fait du prince.
Guerre civile. Marchiani redoute par-dessus tout de devoir comparaître détenu lors du procès-fleuve de l’Angolagate, qui s’ouvrira en octobre pour une durée de six mois, susceptible de lui asséner le coup de pied de l’âne. Il est soupçonné d’avoir perçu des fonds à l’occasion de ventes d’armes en Angola au milieu des années 1990, en pleine guerre civile. La diplomatie française était alors officiellement neutre, mais Pasqua, ministre de l’Intérieur débordant du cadre de ses fonctions, avait une petite idée sur la question. Selon l’accusation, Marchiani aurait perçu des fonds en vue de faciliter la vente de matériel militaire post-soviétique.
Une note saisie dans les bureaux de l’intermédiaire fait état de virements à un surnommé «Robert» : «Nous avons avancé 450 000 dollars, ils en attendent encore un million. Nous croyons savoir que cet argent devrait être utilisé pour la campagne au parlement européen» de 1999, celle du RPF. Marchiani dément être le «Robert» en question, en contradiction avec plusieurs protagonistes. Un général angolais lui écrira ainsi cette lettre à la veille de la présidentielle de 1995 : «J’aimerais vous apporter encore une fois mon soutien dans ces élections et nous continuerons à faire de notre mieux pour que les bonnes personnes soient aux bonnes places.»
Interrogé en tant qu’ancien ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé a affirmé sur PV : «Je découvre en consultant ce dossier une sorte de diplomatie parallèle.» Et de dénoncer ces «initiatives personnelles qui n’engagent pas l’Etat et le pays». Egalement poursuivi, Charles Pasqua s’est souvent contenté d’un : «Je ne souhaite pas répondre.» Dans une précédente affaire valant condamnation de Marchiani, Pasqua avait fini par concéder : «Ces agissements sont anormaux et inadmissibles.»
Marchiani serait-il désormais seul au monde, lâché même par les siens ? L’hésitation présidentielle semble montrer que son cas n’est pas si simple : Sarkozy peut-il se permettre de liquider l’héritage Pasqua alors qu’il en est partiellement l’usufruitier ? Dans sa relative solitude, Marchiani peut au moins compter sur le fidèle soutien de Jean-Paul Kaufmann, ancien otage au Liban qui n’a pas oublié le rôle qu’il avait joué dans sa libération, en 1988, fut-il un peu gonflé.
Agent secret.
JAPON - Passage chaotique de la flamme olympique
TV5MONDE NAGANO (AFP) - 26/04/2008 05h37
Des manifestants antichinois ont lancé des ordures et ont échangé des coups avec des supporters chinois sur le parcours de la flamme olympique, samedi à Nagano (centre), faisant au moins quatre blessés.
Des milliers de Chinois avaient fait le déplacement vers la ville montagneuse qui a accueilli les Jeux Olympiques d'hiver de 1998, afin d'apporter leur soutien à la Chine, après plusieurs étapes agitées de la flamme olympique, notamment à Londres, Paris et San Francisco
Une marée de drapeaux rouges chinois, parsemée ici et là de drapeaux tibétains et japonais, bordait les 18,7 km du parcours le long duquel environ 80 athlètes et personnalités se sont relayés pendant quatre heures pour porter la torche, sous l'étroite surveillance de quelque 3.000 policiers.
Plusieurs centaines de nationalistes japonais d'extrême-droite étaient également venus manifester leur hostilité à la Chine et leur soutien au Tibet, brandissant des banderoles proclamant "Honte à la Chine" et agitant l'ancien drapeau impérial du Japon aux cris de "Chinois, dehors".
Au moins quatre Chinois ont été blessés, sans gravité, au cours d'affrontements avec des manifestants, ont indiqué des responsables de la sécurité. Un opposant antichinois, dont on ignore la nationalité, a donné des coups de pieds dans une foule de supporters chinois qui ont riposté à l'aide de porte-drapeaux, jusqu'à ce que la police sépare les assaillants.
La télévision a montré un jeune homme, qui semblait être chinois, assis sur le sol, avec des blessures à la tête et du sang sur le visage, entourés de supporters qui l'avaient enveloppé dans un drapeau rouge chinois. Deux manifestants ont été interpellés pour avoir tenté d'interrompre le parcours de la flamme. Selon la police, l'un est japonais et l'autre originaire d'un autre pays asiatique.
Un des manifestants a réussi à franchir la barrière de sécurité et s'est précipité vers le porteur de la flamme en criant en anglais "Free Tibet!" (Libérez le Tibet!), avant que plusieurs policiers l'évacuent. Des manifestants ont également lancé des ordures, des oeufs et des torches à plusieurs endroits du relais, qui a été brièvement interrompu.
Seuls deux policiers de l'armée chinoise, vêtus de survêtement bleu et blanc, étaient présents au côté de la flamme, conformément au souhait des autorités japonaises. L'omniprésence de ces policiers chinois à Londres, Paris et San Francisco notamment avait suscité une vive controverse et attisé la colère des manifestants antichinois.
"Au début, je ne pensais pas venir car je n'avais pas le temps, ni l'argent", a confié Xin Xin, étudiant chinois de 24 ans, muni d'un drapeau chinois. "Mais beaucoup de choses se sont passées au cours des dernières semaines. Nous devions venir ici pour soutenir les jeux Olympiques de Pékin", a-t-il dit.
La Chine, dont les relations avec le Japon sont souvent tendues, est la cible privilégiée des organisations d'extrême-droite japonaises. "Je soutiens les Tibétains, les Ouigours, les Mongols et les Taïwanais contre la Chine. Nous soutenons tous les groupes qui sont opposés à la Chine communiste", a déclaré Yasuhiro Yagi, un militant nationaliste.
"La Chine tue les Tibétains, qui sont un peuple pacifique. Donc je hais le gouvernement chinois. Je veux que le Tibet soit indépendant", a renchéri Hisakazu Hattori, un étudiant japonais de 21 ans.
Le relais, qui s'est achevé dans le parc Wakasato, avait été précédé par une prière au temple Zenkoji pour honorer la mémoire des Chinois et des Tibétains morts dans les émeutes et la répression de la mi-mars au Tibet. Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans Frontières (RSF), était également présent pour réclamer le respect des droits de l'homme en Chine et a déployé une bannière ornée des cinq anneaux olympiques remplacés par des menottes.
La flamme olympique devait s'envoler dans la journée vers Séoul.

Peut-on détecter un délinquant avant 3 ans ?
26/04/08 - Un débat/enquête proposé aux lecteurs du journal Ouest- France

Devra-t-on se méfier une fois franchi le seuil de la crèche ?
Voir dans chaque nourrisson colérique un délinquant en devenir ?
Détecter derrière les bousculeurs de cours de récré les futurs casseurs multirécidivistes ?
En mars 2006, une expertise de l’INSERM préconisant la détection des futurs délinquants dès la crèche avait alerté de nombreux professionnels de la santé.
Fondation Abbé-Pierre – Ces villes qui nous font honte
Revue « Et les Autres ? » - Avril 2008 - Raymond Etienne - Président de la Fondation Abbé-Pierre
En France, plus de 3 millions de personnes sont très mal logées ou sans logement. Environ 6 millions de personnes se trouvent en situation de réelle fragilité à court ou moyen terme.
Ce phénomène se retrouve dans un grand nombre de régions à un moment où la hausse considérable de la part du budget des ménages consacrée au logement grève le pouvoir d'achat des Français. De fait, la précarité voire la pauvreté augmente.
En région Languedoc-Roussillon, alors qu’on observe un effort en matière de construction sur un territoire attractif, le logement reste malgré tout une préoccupation permanente en particulier pour les personnes les plus fragilisées.
Avec 71600 demandes de logements sociaux, plus de 370 000 personnes vivant avec des ressources proches du seuil de pauvreté, un taux de chômage qui reste élevé, l’offre demeure inadaptée ou insuffisante au moment de l'entrée en vigueur de la loi Droit au logement opposable (DALO). Cette situation pose de nombreuses questions telle que les plus modestes peuvent-ils encore se loger ?
La Fondation Abbé Pierre dénonce dans son 13ème rapport sur l'état du mal-logement comment Français sont confrontés à une crise de plus en plus grave en la matière.
Elle se révèle entre autres exemples par :
• l'absence de logement ou les difficultés d’accès au logement des ménages modestes,
• le manque de confort ou l'insalubrité,
• les difficultés de maintien, la mobilité difficile et l'assignation à résidence.
Raymond Etienne
Le logement devient hors de portée de milliers de familles...
Scandaleux. C’est le sentiment ressenti par des milliers de ménages français en attente d’un logement décent, alors qu’il existe une loi votée en 2000 ; une loi censée assurer une meilleure répartition des logements sociaux sur tout le territoire et une plus grande solidarité en matière d’habitat. Intitulée “Solidarité et renouvellement urbains” (SRU), elle oblige les communes de plus de 3 500 habitants (1 500 en Ile-de-France) à disposer d’au moins 20 % de logements sociaux sur leur territoire d’ici à 2020.
Or depuis son application en 2002, cette Loi est bafouée par une grande partie des villes concernées.
En 2008, le constat est accablant. Sur les 720 communes de notre étude relevant de la Loi, 435
n’ont pas respecté leur engagement et n’ont pas atteint leur objectif de construction. Pire encore,
67 d’entre elles n’ont rien fait. « Si je suis venu ici c’est que se trouve mis en question l’honneur de la France », s’exclamait l’abbé Pierre à l’Assemblée nationale le 24 janvier 2006, alors que plusieurs députés souhaitaient réduire la portée de cette fameuse Loi. Ce cri d’alarme reste d’actualité. Et c’est pourquoi la Fondation a fait paraître ce palmarès qui lève le voile sur les communes qui respectent et celles qui sont hors la loi. Car on ne peut pas se taire. On ne doit pas se taire.
« ON CHOISIT DÉLIBÉRÉMENT DE REJETER LES PAUVRES »
Françoise est née en 1954 à Saint-Maur-des-Fossés, commune du Val-de-Marne, à 14 km de Paris.
Aujourd’hui peuplée de quelque 73 000 habitants, elle offre un cadre de vie calme et agréable grâce aux bords de Marne où sont lovés de cossus pavillons. « Mon père était ouvrier, nous étions 6 enfants et nous habitions dans un immeuble à loyer modéré (ILM). Il y avait de tout dans notre rue ! Des Bretons, des Portugais, des Marocains, des Tunisiens... Il n’y avait aucun a priori racial ou religieux. Aujourd’hui, plus rien de tout cela n’existe. Les pauvres ? Ils ont été repoussés à Créteil, Bonneuil et Champigny. Ici, c’est quasiment impossible de trouver un logement à loyer abordable... Même les personnes âgées sont rejetées. »
Françoise est amère et ne reconnaît plus sa ville. La mixité sociale qui avait fait la richesse de son
enfance a complètement disparu. Les ouvriers, les immigrés se retrouvent de l’autre côté des ponts, dans les communes limitrophes devenues populaires, où commencent à se développer des ghettos...
« C’est vrai que le cadre de vie est agréable ici, mais à quel prix ? C’est une ville qui produit de l’exclusion depuis 15 ans. » Pour les familles nombreuses, pour les ménages modestes, Saint-Maur-des-Fossés est intouchable. Seulement 30 logements à loyer modéré ont été financés entre 2002 et 2006, alors que la loi en prévoyait 1236.
« Un petit salaire ne trouvera rien. Les HLM sont peu nombreux et réservés en priorité au personnel
communal. » Quant au parc locatif privé, il n’a rien à envier à Paris. « Ici, pour un petit 2 pièces, comptez 850 euros/mois sans les charges... et l’appartement n’est pas flambant neuf ! » Françoise
finit par évoquer sa fille, pharmacienne, qui s’est installée sur la commune grâce à la caution de ses parents. « Sinon, elle n’aurait pu signer aucun bail. » Il aurait alors fallu se loger bien plus loin et ajouter des heures de transport en plus pour aller travailler.
Repousser les plus modestes hors la ville, c’est créer des conditions de vie inacceptables pour des familles entières et c’est faire disparaître la mixité dans la cité. C’est la porte ouverte aux villes réservées aux riches et aux villes destinées aux pauvres. « Quand les plus faibles sont agressés
avec des dégâts comme ceux que la crise du logement leur fait subir, on n’attend pas indéfiniment
de prendre les moyens de mobilisation nécessaire... La France, sur la question du logement, doit se
mettre en état de guerre... » Cet appel de l’abbé Pierre date du 1er février 2006. A l’époque, Saint-
Maur-des-Fossés était déjà parmi les communes qui n’appliquaient pas la Loi.
Les pauvres, dehors ? L’argument électoral est d’autant plus que choquant qu’il s’agit de loger l’institutrice, le policier, l’infirmière ou le postier. Derrière le chiffre de 420 900 logements construits
en 2006 se cache une dure réalité : 25 % de la production concerne les ménages modestes, seuls 8 % sont réellement des logements sociaux. Oui, c’est vraiment la guerre.
SEULEMENT DES INTENTIONS…
Trop peu de terrains disponibles, pas assez de moyens, des contraintes administratives... Certaines
communes mauvaises élèves plaident coupables mais non responsables. Or, à y regarder de plus près, on découvre que la volonté politique n’est pas toujours au rendez-vous. Allauch, petite commune aux portes de Marseille, compte 18 907 habitants et 2,6 % de logements sociaux. Déjà épinglée en 2005, elle est à nouveau qualifiée de “cancre” du logement social. 319 logements à loyer modéré devaient être construits, pas un n’est sorti de terre. « Nous avons une commune de 5000 hectares, dont 4000 de bois et de collines. Construire est difficile.... Mais nous avons des projets et 300 logements sociaux devraient être livrés avant fin 2009 », précise la directrice de cabinet du Maire. Mais les documents
d’urbanisme montrent une toute autre réalité : il s’agit en fait de logements à loyer intermédiaire , inaccessibles aux revenus modestes.
Nicolas Sarkozy a affiché pendant 100 minutes une humilité et une modestie inhabituelles depuis son élection.
Placide - http://www.leplacide.com/

Au théâtre ce soir en direct de l'Elysée
LE MONDE | 25.04.08
Une création française assez décevante, par Dominique Dhombres
Comment avez-vous trouvé "Au théâtre ce soir en direct de l'Elysée" ? Vous n'avez pas pu y échapper.
Cette pièce était diffusée, jeudi 24 avril, sur TF1, France 2, LCI, BFM, i-Télé, France 24, et j'en passe, sans compter les radios.
Il fallait vraiment être très habile pour déjouer le plan de communication, établi par la présidence, payé par les chaînes, qui était destiné à nous persuader que l'acteur principal travaille comme un forçat à notre bonheur.
Si vous avez été convaincu, vous devez immédiatement, et toutes affaires cessantes, féliciter le réalisateur du programme, Renaud Le Van Kim, ainsi que le décorateur, Philippe Désert.
Le premier faisait bouger les caméras. Le second avait imaginé l'estrade de verre, les tables gigognes et les fauteuils modernes pour le coût modeste de 280 000 euros.
Le fond de décor, lourds rideaux rouges de brocart cramoisi, colonnes cannelées dorées, avec vue imprenable sur les jardins, était fourni par la maison. La salle des fêtes de l'Elysée ressemble à un théâtre à l'italienne qu'on aurait aplati au niveau du sol. Voilà pour le cadre.
Et le spectacle ? L'acteur principal était excellent ou cabotin, au choix, comme d'habitude. Il avait mis un costume rayé fuligineux de fine laine, une chemise blanche et une cravate noire. Cinq journalistes lui donnaient la réplique. Le premier montrait pour la première fois sa nuque dégarnie au public. Vous avez reconnu sans peine PPDA. La production avait préféré, à tort, David Pujadas à Arlette Chabot. Il y avait trois nouveaux, Véronique Auger, Yves Calvi et Vincent Hervouët.
Les questions les plus pratiques étaient donc posées par la seule femme présente sur le plateau, spécialiste des questions économiques et sociales à France 3, une des rares chaînes à ne pas diffuser cette création qu'il faut bien désormais qualifier d'unique.
Elle voulait savoir comment l'acteur principal allait se débrouiller pour alléger les factures de gaz du citoyen-téléspectateur. "On ne peut pas subventionner tout le monde", lui répondait-il laborieusement.
Il ramait également beaucoup pour justifier, une fois de plus, son paquet fiscal. Il admettait que celui-ci avait été une erreur totale de communication, un des rares instants de théâtre-vérité dans ce spectacle pour le moins convenu.
"On ne devient pas français parce qu'on travaille dans la cuisine d'un restaurant, aussi sympathique soit-il", disait-il à Yves Calvi - autre grand moment de l'émission.
Vincent Hervouët, après avoir défendu le Tibet, et obtenu satisfaction partielle, réclamait bizarrement la grâce d'un condamné, Jean-Charles Marchiani. L'acteur principal, hélas, hélas, hélas, est encore à l'affiche pour quatre ans.
Quand Sarkozy confond "naturalisation" et "régularisation"
NOUVELOBS.COM | 25.04.2008 |
"On ne devient pas Français parce qu'on travaille dans la cuisine d'un restaurant, aussi sympathique soit-il", a déclaré jeudi soir le chef de l'Etat à propos des travailleurs sans-papiers qui demandent leur régularisation, et non pas leur nationalisation.
Interrogé sur le mouvement des travailleurs sans-papiers lors de son intervention télévisée jeudi 24 avril, Nicolas Sarkozy a confondu les termes de "naturalisation" et de "régularisation". "Au bal de l'hypocrisie il y a du monde", a lancé le chef de l'Etat. "Il y a 22% de chômeurs chez les travailleurs immigrés". "Il n'est pas question que nous fassions une régularisation globale parce qu'une régularisation globale mène à la catastrophe". Avant de conclure : "Il y a des lois et je demande aux préfets d'appliquer la loi".
"Si c'est volontaire, (…) c'est responsable"
"Naturalisation" et "régularisation" sont pourtant deux procédures différentes. En effet, si la première consiste à attribuer la nationalité française, la seconde permet d'obtenir une carte de séjour. Selon Nicolas Sarkozy, "la fiche de paye ne vaut pas titre de séjour. Ou alors, il faut que le Parlement vote une loi consistant à dire que toute personne qui a un contrat de travail en France a vocation à être Français". Et de noter : "On ne devient pas Français parce qu'on travaille dans la cuisine d'un restaurant, aussi sympathique soit-il". Le président Sarkozy, comme l'avait fait quelques heures avant lui Brice Hortefeux, a martelé jeudi soir qu'il n'était pas question d'une régularisation globale des sans-papiers. Ségolène Royal l'a épinglé vendredi matin en remarquant: si "c'est volontaire, il a fait un amalgame pour capter son électorat traditionnel et c'est irresponsable".
Exercice de style
Edito du Monde 25.04.08
Il y a un an, Nicolas Sarkozy était élu avec 53 % des suffrages des Français; ils ne sont plus qu'un sur trois à lui faire confiance. Son énergie, son talent, son projet l'avaient emporté; depuis quelques mois, il déroute les uns et inquiète les autres quand il ne les exaspère pas. Tout l'enjeu de son intervention télévisée du 24 avril était là : convaincre à nouveau.
La ténacité, ensuite. Sur tous les sujets – travail et pouvoir d'achat, immigration et éducation, retraites et droits de l'homme – Nicolas Sarkozy a martelé que le cap tracé pendant sa campagne reste le bon, car "il n'y a pas d'alternative". L'envolée de l'euro, des prix du pétrole et du coût de la vie, la crise financière et économique ont, certes, déjoué ses espoirs et cruellement déçu les attentes des Français. Il l'entend, il le comprend, il n'est ni sourd ni aveugle.
Mais ce bouleversement du paysage n'y changera rien : toutes les réformes engagées ou annoncées seront poursuivies, et même "accélérées". Y renoncer reviendrait, à ses yeux, à replonger le pays dans l'atonie dont il souffre depuis vingt-cinq ans. En ralentir le rythme et les échelonner conduirait à la paralysie et à l'inaction. Non seulement le président préside, mais il tient fermement la barre dans la tourmente. Tel était le message.
Rien ne garantit, pourtant, que les Français auront été un tant soit peu convaincus par cet exercice de style. La modestie affichée risque fort d'apparaître pour de l'habileté. Et la ténacité pour de l'entêtement. Si c'est le cas, les mois à venir seront plus difficiles encore pour Nicolas Sarkozy. Et délétères pour le pays.
Pour y parvenir, il a joué sur deux registres : la modestie et la ténacité. Jamais en effet on n'avait entendu un président de la République reconnaître autant d'erreurs et en assumer la responsabilité. Le paquet fiscal de l'été 2007 ? "Erreur de communication totale." La confusion sur la carte Famille nombreuse ? "Erreur" encore. Les cafouillages répétés de ses ministres ? "Erreur" toujours, comme l'exposition de sa vie privée. Bref, le chef de l'Etat a fait ostensiblement amende honorable pour mieux assurer les Français que, de tout cela, il a tiré la leçon et que tout, désormais, est "en ordre". En somme, le président préside.
GRèVE - Après les syndicats de l'éducation, les fonctionnaires appellent à la grève le 15 mai
LEMONDE. avec AFP | 25.04.08
Cinq organisations syndicales (CGT, FSU, Solidaires, UNSA, CFTC) ont annoncé, vendredi 25 avril, une journée de grève ou de manifestations dans toute la fonction publique le 15 mai. Le communiqué invite les fonctionnaires "à se mobiliser entre le 13 et le 17 mai", avec en point d'orgue, la journée du jeudi 15 mai, "étape massive et rassemblée de la mobilisation, notamment par la grève et/ou des manifestations".
Les trois fonctions publiques d'Etat, territoriale et hospitalière se joignent ainsi à l'appel à la grève déjà lancé par dix-huit organisations d'enseignants, lycéens et parents d'élèves et les cinq fédérations de l'éducation pour la même date.
La CFDT appelle pour sa part, uniquement la fonction publique d'Etat à manifester, tandis que FO propose une "mobilisation interprofessionnelle la plus large possible".
Ce mouvement intersyndical entend protester contre le projet de loi sur la mobilité dans la fonction publique et "les suppressions massives de postes" dans le cadre de la révision générale des politiques publiques.
Dix-huit organisations d'enseignants, lycéens et parents d'élèves ont déjà appelé à une journée d'action nationale dans l'éducation ce jour-là contre la politique budgétaire et éducative du gouvernement, et les cinq fédérations de l'éducation (FSU, UNSA-Education, SGEN-CFDT, FERC-CGT et SUD-Education) ont plus précisément appelé à la grève jeudi.

