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vendredi 25 avril 2008

La France n’a pas d’énergie à revendre

Terra Economica avril 2008 – Simon Barthelémy

En France, on n’a pas de pétrole, mais on a une idée fixe : dépasser la barre symbolique de 50% d’indépendance énergétique. C'est-à-dire couvrir plus de la moitié de nos besoins en énergie Lors de la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy assurait que le futur réacteur EPR de troisième génération, serait « la garantie de l’indépendance énergétique de notre pays ». De la Libye à la Chine, le président est devenu désormais le VRP de son fabricant Areva, dont l’Etat est actionnaire majoritaire. Cocorico ? bof. Voici trois raisons de ne pas se réjouir trop tôt :

1 – Un résultat qui fait débat

Ce fameux « taux d’indépendance énergétique » créée en 1973 se fonde sur une mystification, voire « un coup de bluff », selon les sceptiques. En fait le résultat de 50% annoncé prend en compte la production d’énergie et non la consommation finale, la seule qui pourtant est réellement un sens en terme d’usage. Selon Yannick Jadot de Greenpeace, un tel calcul ferait passer l’indépendance énergétique de la France à 29% de ses besoins et non à 50% ! Les deux tiers de la chaleur dégagée par les réacteurs se perd lors de la conversion en énergie électrique, ce que reconnaît l’Observatoire de l’énergie (Service des statistiques du ministère de l’Energie). Egalement , le coût du renouvellement d’une partie des centrales en fin de vie et le recyclage des déchets ultimes restent toujours problématiques.

2 – L’uranium plombe les comptes

Mais il existe des calculs encore plus sévères. Les rabat-joie soulignent que, depuis la fermeture de sa dernière mine d’uranium en 2001, la France importe la totalité de ce minerai indispensable à la production des réacteurs nucléaires. Nous n’importons que 8 000 tonnes d’uranium contre 140 millions de tonnes d’équivalent en en pétrole gaz et charbon. Cependant il faut bien s’assurer que nous ne dépendons pas d’un seul fournisseur. Ainsi, Areva fait ses emplettes en Australie, au Canada ou bien au Niger. Dans ce dernier pays, le géant français a du accroître son prix d’achat de moitié pour damer le pion à ses concurrents chinois. Comme le nombre de réacteurs construits sur la planète monte en flèche (grâce en autres à Sarkozy/Areva), le prix de l’uranium a été multiplié par dix en quatre ans.

3 – Les transports détonnent

La très forte demande liée aux transport a accéléré notre pétrodépendance. 92 millions de tonnes de pétrole exportées en 2006. Avec la flambée des cours, qui continue de plus belle, la France a dépensé 45,2 milliards d’euros en 2007 pour importer des ressources énergétiques, y compris du gaz. Sans ces achats, le bilan du commerce extérieur du pays ne serait pas dans le rouge ! Et notre consommation d’énergie par habitant est supérieur à la moyenne européenne.

Bruxelles veut inverser la tendance, alarmée par la dépendance énergétique de l’Euripe qui pourrait atteindre 80%, et par sa position de faiblesse envers des pays fournisseurs comme la Russie. L’Union mise notamment sur les énergies renouvelables.

Pas besoin, en effet, d’importer du soleil ou du vent qui, c’est bien connu, ne s’arrêtent pas aux frontières.

Posté par werdna à 00:04 - Energies - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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