jeudi 24 avril 2008
Raffarin: «Le geste de Delanoë est une très grave erreur politique»
LIBERATION.FR : jeudi 24 avril 2008
L'ancien Premier ministre, qui est arrivé en Chine ce jeudi, multiplie les courbettes pour pacifier les relations avec Pékin.
Raffarin fustige l'attitude de Delanoë
Depuis deux jours, Raffarin tente de colmater les brèches. Pour commencer, il a fustigé, mercredi dans Le Parisien, l’attitude de Bertrand Delanoë, le maire de Paris, qui a fait du dalaï-lama un citoyen d’honneur de sa ville. Pour l’ex Premier ministre, cette décision est «inopportune, dans la mesure où elle prend la forme d’une pression médiatique.» Avant de tenter d’en minimiser l’importance: «Nous ferons en sorte que le cadre de cette décision soit bien perçu par le peuple chinois: il s’agit d’une décision à caractère local.»
Et d’en rajouter une couche dans le quotidien chinois China Youth Daily, à l'occasion d'une interview accordée mardi: «Le geste de Delanoë est une très grave erreur politique [...] J’ai vraiment honte que le conseil de Paris soit allé à l’encontre des efforts du président Sarkozy pour améliorer les relations sino-françaises.» Avant d’ajouter: «Si le conseil de Paris veut honorer quelqu’un qu’il considère comme un héros, il doit d’abord analyser le candidat de manière objective et globale, et pas sur une impulsion».
La Chine est «disposée» à reprendre le dialogue avec le dalaï-lama
Par ailleurs, Jean-Pierre Raffarin a assisté à la rencontre entre le président Hu Jintao et le président du Sénat français, Christian Poncelet. A l’issue de l’entretien, ce dernier a déclaré que la Chine était «disposée» à reprendre le dialogue avec le dalaï-lama, en rappelant que la France «dans le cadre du partenariat stratégique» était prête à apporter sa contribution. Le numéro un chinois a toutefois maintenu les conditions que la Chine pose à la réouverture de discussions avec le prix Nobel de la paix: «La condition qu’il a laissée apparaître, c’est que les exigences présentées par le dalaï-lama soient modifiées», a affirmé Poncelet, sans expliciter.
Dès son arrivée, il a été reçu par Wen Jiabao, le chef du gouvernement chinois, qui apprécie la démarche française. Et plus précisément les propos de Raffarin, qui ne cesse ces derniers jours de passer de la pommade aux autorités chinoises. «Vous soutenez l’organisation par la Chine des jeux Olympiques, vous vous opposez à lier la politique et les JO, exprimant par là l’amitié à l’égard du peuple chinois», a déclaré le Premier ministre chinois à l’égard de Raffarin. «Vous avez souligné à plusieurs reprises qu’entre Etats, il faut respecter la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale», a-t-il ajouté.
La France en faillite ?
Les dossiers du Monde – avril 2008- Frédéric Lemaître
C’est ce que déclarait le 21 septembre, François Fillon. Qu’en est-il six mois plus tard ?
Devinette : imaginons que vous ayez été élu en 2007 chef d’un Etat dont la croissance annuelle est de 2%. Sachant que votre objectif – louable au demeurant – est d’atteindre une croissance de 3% l’an, et que pour ce faire, vous misiez essentiellement sur « la rupture ». Constatant au bout d’un an que la croissance attendue n’est pas de % mais au contraire, inférieure à 2, que faites-vous ?
Première possibilité, vous renoncez à vos réformes les plus coûteuses. Deuxième hypothèse, vous laissez filer les déficits public… Troisième piste, vous augmentez les impôts pour vous donner des marges de manœuvre budgétaires. Il faudra bien choisir …
La situation économique de la France n’est pas bonne. Une croissance en dessous de 1,7%, des déficits publics élevés, un chômage, dont la baisse réelle, repose en partie sur le développement d’emplois à temps partiel et un déficit commercial de 40 milliards d’euros qui symbolise, à lui seul, le manque de compétitivité des entreprises et des produits français.
Evidemment, Nicolas Sarkozy n’est ni le seul ni le principal responsable de cette situation. Le ralentissement de la conjoncture est lié en grande partie à la crise financière américaine et nul n’imagine pouvoir en un an réorienter l’industrie française vers des produits haut-de-gamme susceptibles de résister, comme leurs concurrents allemands, à la progression de l’euro.
Mais le moins que l’on puisse dire est que le chef de l’Etat n’a pas mis tous les atouts de son côté. Il y a eu d’abord ce choix étrange de nommer Christine Lagarde au ministère de l’Economie et de Finances. Brillante, elle n’en est pas moins avocate. Comme Nicolas Sarkozy… Résulta : ni ‘Elysée, ni Matignon, ni Bercy ne sont dirigés par un économiste, rompu à l’art de piloter finement par gros temps. Le Choix de Mme Lagarde est d’autant plus surprenant qu’elle ne dispose pas d’appui politique.
Le résultat ne s’est as fait attendre. En juillet 2007, nul n’a été capable de dire à Nicolas Sarkozy que les principales mesures de sa première loi en matière économique – la loi Tepa et le fameux « bouclier fiscal » aurait un coût de plus de 12 milliards d’euro par an, avec très peu d’effet sur notre croissance.
En matière économique, Sarkozy n’a jamais voulu trancher entre une politique favorisant l’offre (et la compétitivité des entreprises) ou une politique misant sur la demande. Selon lui, mener les deux de pair était possible. La démonstration est en train d’être faite qu’il n’en est rien. Pire : les difficultés que le gouvernement éprouve à ajouter 1 milliard d’euros de dépense supplémentaires afin de pouvoir financer la suppression de la publicité dans l’audiovisuel public montre bien qu’il ne dispose plus de marge de manœuvre.
Résultat : alors qu’il disait être le « président du pouvoir d’achat », Nicolas Sarkozy va vraisemblablement renoncer à « rendre aux français » 68 milliards d’euros de prélèvements, comme il l’avait précédemment annoncé. Et deux de ses principaux engagements – la généralisation de revenu de solidarité active chère à Martin Hirsh et la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement – semblent remis en question ou, pour le moins, prendre un sérieux retard. Idem pour les propositions de la commission Attali qui vont être passés au peigne fin par l’UMP.
Voulant mener une politique économique à la fois libérale, sociale et écologique, le gouvernement semble en fait naviguer à vue.
La cargaison d’armes qui dérange l’Afrique
France Info – 23/04/08
Le "An Yue Jiang" arrivera-t-il à décharger sa cargaison ? Ce cargo chinois, transportant 77 tonnes d’armes envoyées par Pékin au ministère de la défense zimbabwéen, encombre les eaux territoriales africaines. Après avoir été refoulé du port de Durban, en Afrique du Sud, c’est Luanda, en Angola, qui refuse l’accostage du navire.
A Durban, les dockers ont refusé ce week-end de décharger la "cargaison de mort" du cargo. A bord se trouvent en effet trois millions de cartouches pour des AK-47, 1.500 lanceurs de grenades RPG et plus de 3.000 obus de mortiers. Le syndicat de dockers SATAWU a justifié sa décision par le risque de voir le gouvernement d’Harare utiliser ces armes contre son opposition, qui réclame en vain la publication des résultats des élections. En filigrane, les dockers critiquent surtout l’attitude conciliante du président sud-africain Thabo Mbeki envers son homologue zimbabwéen Robert Mugabe, dans la crise qui secoue le pays voisin depuis les élections du 29 mars. A la pression des dockers s’ajoute une décision judiciaire interdisant le transport des armes par voie terrestre.
Exit donc l’Afrique-du-Sud, le "An Yue Jiang" tente sa chance en Angola. Mais hier, les autorités de Luanda annoncent que le navire n’a ni demandé ni reçu l’autorisation d’accoster dans un port angolais. Ce refus intervient alors que les Etats-Unis multiplient les pressions sur les pays de la région pour qu’ils refusent le déchargement. Washington a été très clair avec le Mozambique, la Namibie et l’Angola : autoriser le passage des armes compromettrait leurs relations avec les Etats-Unis.
A Harare, la capitale zimbabwéenne, le porte-parole du parti au pouvoir a défendu, le "droit souverain" du pays d’"acheter des armes de toute provenance légale" pour "se défendre". "Nous n’avons besoin de l’autorisation de personne", a-t-il insisté. A Pékin, le ministère chinois des Affaires étrangères souligne "que la Chine a toujours eu une attitude prudente et responsable pour ce qui est des ventes d’armes, et que l’un des ses principes de base est de ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures des autres pays ! ".
La Chine tout feu, tout flamme….
Nicolas Sarkozy, le plus mauvais président de la Vème République
NOUVELOBS. | 24.04.2008 | 11:50
Selon un sondage CSA, c'est le général de Gaulle qui a le mieux représenté la France, suivi de François Mitterrand puis Georges Pompidou. Nicolas Sarkozy arrive en dernière position.
Charles de Gaulle est le président de la République qui a le mieux représenté la France de son époque, selon un sondage CSA, publié jeudi 24 avril, dans Le Parisien et Aujourd'hui en France, qui classe Nicolas Sarkozy en dernière position de ce classement des chefs d'Etat.
Ainsi, pour 88% des Français, Charles de Gaulle a plutôt bien représenté la France de son époque. Il devance François Mitterrand (74%), Georges Pompidou (69%), Jacques Chirac (66%), Valéry Giscard d'Estaing (56%) et Nicolas Sarkozy (40%).
Sondage réalisé par téléphone les 16 et 17 avril auprès d'un échantillon national représentatif de 1.006 personnes, âgées de 18 ans et plus, constitué d'après la méthode des quotas. (AP)
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Un de Sarkozy vu par les gracques
Les trois péchés de Sarkozy
Nouvelobs 240408
A propos des Gracques NOUVELOBS| 24.04.2008 | 11:52
Ils veulent contribuer, comme "groupe de réflexion et de pression", à la modernisation de la gauche et du centre gauche en France et se présentent comme fabricants et grossistes d’idées à destination des médias et des partis politiques.
Après avoir organisé une première université d’été l’an dernier ouverte par Anthony Giddens et conclue par François Chérèque, ils entendent travailler et intervenir hors des contraintes partisanes. Leur deuxième université d’été se tiendra les 6/7 septembre 2008. Thème : "Mondialisation et progrès ; les réponses de la gauche aux déséquilibres du monde".
Les Gracques sont une association lancée par d’ancien conseillers des Présidents de la République, Premiers Ministres ou Ministres des Finances F.Mitterrand, L.Fabius, P.Bérégovoy, M.Rocard, L.Jospin, J. Delors, M.Sapin et D.Strauss-Kahn, rejoints par des membres de la société civile.
Il ne faudra pas se noyer hors saison
Sophie d'Ambra - 20 Minutes du 24/04/2008
C'est avec un sentiment mitigé que la nouvelle a été accueillie. Les CRS-maîtres-nageurs sauveteurs (MNS) seront bien présents cet été, du 1er juillet au 31 août, sur la côte atlantique. C'est ce qu'affirme la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, dans un courrier adressé aux maires de 102 villes touristiques. Quelque 230 CRS-MNS (quinze de moins qu'en 2007) seront déployés de La Rochelle à Hendaye. En revanche, les fonctionnaires ne surveilleront les plages ni en juin, ni en septembre, contrairement aux années précédentes.
Les plages resteront ouvertes
«Nous demeurons soucieux pour l'avant et l'après-saison», réagit Michel Sammarcelli, maire de Lège-Cap-Ferret et président du Syndicat intercommunal à vocation unique, chargé notamment d'organiser la sécurité sur les plages girondines. «Nous essayons de voir s'il est possible d'avoir à ce moment-là une surveillance uniquement les week-ends.»
Il n'est en effet pas question pour les élus de fermer l'accès aux plages à cette époque de l'année. Il est par ailleurs matériellement impossible de remplacer les CRS par des civils. «Il faut au moins trois ans d'ancienneté pour pouvoir être chef de postes, et en général les civils, qui sont pour l'essentiel des étudiants, sont moins expérimentés», souligne le maire de Lège-Cap-Ferret. A défaut de solution, l'élu n'hésite pas à prédire des morts par noyade en cas de forte affluence.
Nouvel Observateur – 24/04/04
Une vaste opération de police a été menée, mercredi 23 avril au soir, dans le quartier des Beaudottes à Sevran (Seine-Saint-Denis). Trois cent cinquante policiers avaient été déployés pour boucler ce quartier considéré, selon une note des Renseignements généraux, comme une plaque tournante du trafic de cannabis.
Le procureur de la République de Bobigny, François Molins, a précisé sur France Info que des perquisitions avaient été menées "dans 12 appartements qui étaient squattés depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, et qui étaient ciblés comme pouvant servir de lieu de stockage de produits stupéfiants".
"Le bilan, c'est quatre personnes interpellées pour des infractions relatives aux stupéfiants", a-t-il précisé, en observant qu'aucun incident n'avait été "à déplorer" pendant l'intervention. (avec AP)
La sécurité des personnes : un choix très discutable….
Interview de Sarkozy: Fillon attend que le président "redonne le cap"

Télé : Le sarko magic circus repart en campagne
Marianne - Jeudi 24 Avril 2008 - Régis Soubrouillard
Au plus bas dans les sondages, le président joue gros ce soir. Et pour faire événement, il a ressorti les recettes qui ont fait le succès de sa campagne électorale. Le show avant tout !
Un sol en verre rétro-éclairé, une table au design moderne. Une quarantaine de collaborateurs pour faire office de «public». Attendez-vous à du lourd ! Sarkozy remonte sur scène ce soir.
Sarko Prod
A la demande des Robert Namias pour TF1 et d'Arlette Chabot pour France 2, le président a fait appel à un professionnel du spectacle et de la mise en image, «son» producteur attitré: Renaud Le Van Kim, réalisateur à Canal Plus et PDG de KM Prod, une société de production audiovisuelle et événementielle.
PPDA plus moderne que jamais
«A l'occasion de cette interview, tout a été repensé et modernisé, à commencer par les journalistes» nous promet-on. Bon. PPDA et Pujadas, c'est tout de même une modernisation très relative, Arlette Chabot étant au piquet pour mollesse. Oui mais… il y a un beau décor. Le chef de l'Etat a en effet fait appel à un décorateur reconnu dans le monde de la production audiovisuelle pour relooker la salle des fêtes de l'Elysée : Philippe Désert, notamment à l'origine du nouveau décor du 20 heures de TF1.
«Le Grand Journal» de Sarkozy
En réalité, les interventions télévisées du président ne seront véritablement modernes - et même politiques, qui sait - que le jour où il ne choisira plus les journalistes susceptibles de l'interroger - -, le jour aussi où ces derniers s'autoriseront des petits écarts comme l'interroger sur son inscription tardive sur les listes électorales, la loi sur les OGM, son soutien assuré aux ouvriers de Gandrange etc. Lorsque le chef de l'Etat ne déterminera plus selon son seul bon vouloir son calendrier d'interventions médiatiques, et se déplacera sur les plateaux de télévision pour rencontrer ses «contradicteurs» plutôt que de fabriquer en son palais un plateau télé à sa main afin d'y produire son talk-show. Mais ça, c'est plus que de la modernité : de la science fiction !

Sarkozy a tué le verbe
Marianne - Mercredi 23 Avril 2008 - Philippe Cohen
D'abord, l'entretien télévisuel est un non-sens. Quel est le principal reproche que les Français font au Président ? De parler dans le vide ! De proférer des discours en contradiction totale avec ses actes. De ne pas faire ce qu'il s'était engagé à faire :
La rupture ? Nul de la voit.
Le président du pouvoir d'achat ? Il vaut mieux oublier.
Le champion de l'immigration contrôlée ? Le voilà contraint d'envisager sérieusement la régularisation de centaines de milliers de sans papiers sous la pression des chefs d'entreprise.
L'inventeur de l'Union méditerranéenne ? Le voici contraint de devenir le caniche de Merkel pour éviter le clash à quelques mois de la Présidence de l'Union.
Le libérateur de la croissance ? Parlez-en à Jacques Attali.
Le promoteur de la télé publique sans pub ? Il faudra attendre deux ou trois ans. Etc, etc.
Sarkozy ? Ses discours ? Les gens saturent. Plus personne n'y croit, même dans son camp. Et il suffirait de quelques réparties télévisuelles pour les ramener à lui ? Très improbable.
Pour séduire à nouveau les Français, il faudra des actes et non des paroles. En attendant, mieux vaut se taire.
Ensuite, la parole du Président ne sera portée que par quelques ectoplasmes dans le genre Nadine Morano. Les parlementaires de la majorité, furieux de voir fermer les garnisons et les hôpitaux en plein retour de croissance, se sentent méprisés, ignorés, niés. Le parti du président en est à organiser des tendances, tandis que le cabinet de lElysée, hier joyeusement pluriel, Guaino affrontant Mignon, se retrouve sérieusement muselé et que le premier ministre n'arrive même pas à siffler la fin de la récréation entre des ministres persuadés que la gueulante médiatique constitue leur meilleure protection politique, n'est-ce pas Madame KCM ?
Pour cette raison, on ne voit pas très bien où le Président peut marquer des points. Assurément pas à gauche au moment où l'aile orthodoxe de la majorité le pousse à faire des économies à tout prix. Mais Sarkozy peinera tout autant à droite. Les gaffes contre les allocations familiales ou la carte familles nombreuses coïncident fâcheusement avec l'exposition ostentatoire de son «droit au bonheur» et son hédonisme fièrement revendiqué - à peine abandonné - qui dément sa profession de foi électorale contre 68.
Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais ! Quand on en est à cet étiage, il ne sert plus à rien de dire ce qu'on ne fait pas, il faut, au contraire, faire. Et laisser la télévision aux professionnels du divertissement…
La France commence enfin à voir l'avantage du quinquennat, ça dure moins longtemps !
Pour les écologistes, c’est maintenant le Grenelle de la résignation…
Le Canard Enchaîné du mercredi 23/04/08 – Jean-Luc Porquet
Victoire pour les semenciers ! En votant la loi sur les OGM, le Sénat vient de leur donner un feu vert franc et massif. Tous les points litigieux sont réglés. L’amendement Chassaigne est vidé de son contenu, désormais les OGM vont pouvoir être cultivés partout, même dans les régions sensibles à AOC ou label, il sera considéré comme légitime qu’ils contaminent d’autres cultures , même les cultures bio, à hauteur de 0,9% : l’agriculture de haute technologie triomphe, les plantes génétiquement modifiées (pour produire des pesticides ou en absorber sans dommage…) vont enfin arriver en masse dans nos assiettes. Vive le progrès !
Dans son maître livre, «Le système technicien », Jacques Ellul, le seul penseur français qui ait réfléchi en profondeur au « progrès » technique, à sa façon de s’auto accroître en suivant sa propre logique, d’épuiser les ressources naturelles, de renforcer l’Etat qui le renforce à son tour, de transformer en une religion qui ne supporte pas la critique (son dogme : toujours plus de croissance !), de créer de nouveaux problèmes qu’il promet de résoudre grâce à de nouvelles techniques. Ellul, donc, se demande jusqu’à quand durera cette expansion que rien ne semble devoir entraver. Va-t-elle décélérer, ou se stabiliser ? Un jour certainement, le système s’offrira une « stase », un instant de répit, ne serait-ce que parce qu’il se heurte à certaines limites (ressources naturelles en voie d’épuisement, multiplication de pollutions et nuisances, démographie). Mais, qu’en fera-t-il de cette stase ? Va-t-il réellement s’auto corriger ?
Souvenez-vous, pendant le Grenelle, on a entendu le lobby agro-industriel dénoncer une machination infâme : le gouvernement aurait secrètement conclu un accord avec les écolos, selon lequel il sacrifiait les OGM en échange de leur silence complice sur le nucléaire. Faux, évidemment ! Car, non seulement, le grenelle n’a pas une seconde touché au nucléaire (que d’ailleurs le président cherche à vendre à tous les pays visités), mais il débouche sur une victoire totale des pro transgéniques : sur ces deux dossiers emblématiques, les écolos ont perdu. Grâce au Grenelle, nous aurons plus de nucléaire et des OGM partout. Et dans tous les autres domaines, c’est à l’avenant : on allait arrêter de construire des autoroutes ? Celle qui joint Pau et Langon est actuellement en voie de construction ! On allait cesser de construire des aéroports ? Le conseil d’Etat vient de donner son feu vert pour celui de Nantes, à Notre-Dame des Landes ! On allait éliminer les projets non durables, polluants et nuisibles ? Un circuit de course automobile (Bagatelle) vient d’être déclaré d’utilité publique en plein parc naturel, en Dordogne ; une centrale à charbon est à l’étude au Havre ; mille autres projets du même tonneau s’apprêtent à voir le jour.
Gare aux faucheurs. Pour faire bonne mesure et mettre hors la loi les contestataires, les députés ont récemment entériné le "délit de fauchage" de cultures OGM et validé la peine correspondante de deux ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende. Le fichage ADN, d’abord limité aux auteurs de crimes sexuels et de violences est étendu aux suspects de tous poils dont, entre autres, les faucheurs volontaires, syndicalistes, etc ...
Le système ne s’auto corrige pas, il faut semblant. Il n’installe pas ses propres garde-fous, il fait seulement semblant d’en installer. Il ne décrète pas une stase mais un simulacre de stase. Nous allons continuer à consommer plus de biens de toutes sortes, plus d’énergies et de matières premières , mais en affirmant que nous nous comportons de manière très verte et très durable. Après tout, l’important, c’est d’avoir la conscience tranquille.

François Fillon souhaite que le président de la République "redonne le cap"

Placide - http://www.leplacide.com/
La popularité de Nicolas Sarkozy est toujours au plus bas. La cote du président de la République perd deux points en avril, alors que celle de son Premier ministre François Fillon en perd trois, selon le baromètre mensuel CSA pour "Valeurs actuelles" rendu public mercredi.
François Fillon souhaite que le président de la République "redonne le cap sur les réformes qui doivent être conduites" à l'occasion de son interview télévisée.
"J'attends une feuille de route pour les prochaines semaines et les prochains mois, qui nous redonne le cap sur les réformes qui doivent être conduites", a dit François Fillon en marge d'une visite de la Maison des adolescents à Paris.
Il a dit également attendre "un travail d'explication sur les réformes qui sont en cours et qui ont besoin d'être expliquées par le président de la République, et ensuite par l'ensemble des membres du gouvernement".
Sarkozy tend la main au président chinois
De l’envoyée spéciale du Figaro à Pékin Judith Waintraub - 23/04/2008.
Jean-Pierre Raffarin et Christian Poncelet remettent à Hu Jintao un message du président de la République, assurant que la politique de la France envers la Chine n'a pas changé.
La politique de la France vis-à-vis de la Chine «ne change pas» : tel est, en substance, le message que Nicolas Sarkozy a demandé au président du Sénat, Christian Poncelet, et à l'ancien premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, de porter au président chinois Hu Jintao. La rencontre doit avoir lieu jeudi , à Pékin.

L'ex-premier ministre a aussi été chargé d'offrir au numéro un chinois une biographie du général de Gaulle par Yves Guéna, pour bien prouver la «continuité» entre cette politique et «les grands principes qu'avait énoncés dès 1964» le général, premier dirigeant occidental à reconnaître la Chine de Mao.
Le déplacement de Jean-Pierre Raffarin était prévu de longue date. La fondation Prospective et Innovation, qu'il préside, a co-organisé un forum sur les relations sino-européennes avec l'Institut des affaires étrangères du peuple chinois. Il a emmené avec lui une délégation d'une trentaine de sénateurs, dirigeants d'entreprise et spécialistes des relations internationales, parmi lesquels Hubert Védrine, l'ancien ministre des Affaires étrangères de Lionel Jospin.
