jeudi 24 avril 2008
Nouveau plan d’attaque US contre l’Iran
Le Canard Enchaîné du mercredi 23/04/08 – Claude Angeli
Le bombardement des centres nucléaires iraniens n’est pas le seul acte de guerre envisagé par les faucons américains. Et Sarkozy vient de l’apprendre…
A Paris, l’Etat-major des armées et , notamment, les officiers du Centre de planification et de conduite des opérations, dont les moyens de transmission et de commandement sont installés dans les sous-sols du ministère de la Défense, ont récemment découvert la dernière intention belliqueuse des Etats-Unis à l’encontre de l’Iran.
A leur actif, des informations communiquées à l’Elysée et que l’on peut résumer ainsi. Dick Cheney , le vice-président américain, a demandé au Premier ministre turc Recep Erdogan d’accorder aux bombardiers US la possibilité de survoler son pays en cas de besoin. Refus immédiat. Cet échange plutôt rugueux s’est déroulé le 24 mars dernier à Ankara, à l’issue d’une tournée qu’effectuait Cheney au Proche-Orient. Et alors qu’il évoquait avec son interlocuteur la situation en Irak, en Afghanistan et en Iran.
Américains pas tranquilles
Quelques jours plus tard, avec une maladresse insigne, l’Etat-major américain a voulu se passer de l’accord du Premier ministre Erdogan. Et il a transmis la même « revendication » directement aux généraux turcs, des « frères d’armes » au sein de l’OTAN. Sans obtenir la moindre réponse : l’espace aérien du pays reste donc interdit aux bombardiers de Bush.
En revanche, la base aérienne turque d’Inçirlikk, dévolue à l’OTAN et située non loin de l’Irak et de l’Iran, peut toujours être utilisée par les Etats-Unis. Depuis plusieurs années, elle sert de plaque tournante pour le transit aérien à destination des forces US déployées autour de Bagdad (ravitaillement, carburant, transport d’armements, transfert des blessés vers l’Allemagne, etc..). C’est déjà beaucoup, mais Bush et Cheney exigeaient davantage.
Raids en punition
Et voici comment l’Etat-major et les services français expliquent l’insolite demande présentée aux turcs par le vice-président américain. Depuis plusieurs mois, les faucons US ne se contentent plus de dire qu’il faut empêcher Téhéran de se doter d’un armement nucléaire. Bush, le Pentagone et le général David Pétraeus, patron des forces engagées en Irak, ne cessent d’en rajouter. Ils accusent aujourd’hui l’Iran d’armer les insurgés, d’assurer leur formation sur son territoire, quand ce n’est pas leur transit. Sans compter l’aide apportée aux ennemis de la grande Amérique au Liban (Le Hezbollah), en Palestine ou en Afghanistan (les talibans).
Or, comme on s’en doute, une succession de raids sur les installations nucléaires iraniennes risquerait de provoquer une grave crise mondiale, à quelque mois de l’élection présidentielle américaine. Alors que, à en croire les présumés cerveaux du Pentagone, une attaque limitée de l’Iran, ne provoquerait pas, elle, de réactions internationales – et arabes – trop violentes. Leur plan consisterait à « punir » Téhéran en bombardant plusieurs bases des pasdarans, ces gardiens de la Révolution censés être les plus actifs dans l’aide apportée aux insurgés irakiens, voire aux commandos d’Al-Qaïda.
Pour que la leçon porte, les stratèges US voudraient confier cette mission à des bombardiers lourds, du type B52, à long rayon d’action. Mais si Bush décide bientôt de passer à l’acte, ces gros avions devront emprunter un autre chemin que le ciel turc.
‘histoire ne dit pas ce que pense Sarkozy de ce nouveau délire guerrier. Alors que la France devrait, elle aussi faire face aux répercussions de la crise provoquée par te tels raids.
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