mardi 22 avril 2008
Emploi des seniors: «On se moque de nous depuis longtemps»
LIBERATION - lundi 21 avril 2008 – Raphaëlle Remande
A 49 ans, Gérard Plumier a été licencié. Il fait aujourd'hui partie des nombreux seniors (un quart des chômeurs) qui cherchent un emploi. En 2005, il a écrit un ouvrage sur le sujet: Chômage senior: abécédaire de l'indifférence. Il a également créé une association «Collectif senior action».
Que pensez-vous de la politique des bonus-malus et des quotas qui pourrait être mise en place?
Le problème des quotas, c'est qu'on ne fait que déplacer les listes d'attente. Je me suis toujours battu pour que le combat pour l'emploi des seniors ne devienne pas un combat intergénérationnel. Or si on met des quotas sur les seniors, on met des contre quotas pour les jeunes. Et puis parler de quotas présuppose qu'il existe des emplois. Je n'en suis pas sûr. De toute manière, ce serait pathétique d'en arriver là. C'est un vrai constat d'échec.
Vous ne pensez pas que cette réforme pourrait faire changer les choses?
Je suis très pessimiste car on se moque de nous depuis longtemps. Lors du plan national pour l'emploi des seniors (juin 2006), on nous avait dit que tout allait être réglé. La mesure phare était le CDD senior. Force est de constater que rien n'a changé trois ans après. C'est parce qu'on effleure le sujet. L'Etat s'est toujours défaussé en tant qu'employeur: il ne montre pas l'exemple. Et puis lors des plans sociaux, les seniors sont toujours les premiers éjectés. Des quotas ne changeraient rien.
Que pensez-vous de l'objectif du gouvernement de faire travailler les retraités?
Je m'interroge: on serait inadapté au monde de l'entreprise à 50 ans mais plus à 60 ans... Mais évidemment c'est moins indécent de proposer un Smic à un retraité puisque c'est un complément. Et puis l'objectif est de voler au secours des caisses de retraites. Je voudrais d'ailleurs souligner que c'est très gros de voir qu'on se préoccupe des seniors au moment des questions sur la réforme des retraites. Le but est de permettre aux seniors de cotiser. Ce n'est pas parce qu'ils ont du talent qu'on veut les faire travailler! On n'est qu'en apparence au coeur du débat.
Quelles sont les autres obstacles à l'emploi des seniors aujourd'hui?
Ca coûte moins cher à court terme de recruter un jeune. Du coup, seulement 38% des salariés sont encore en activité lorsqu'ils prennent leur retraites. Avec autant de carrières professionnelles amputées, il va y avoir beaucoup de minimum vieillesse! Cela ne va pas coûter très cher. Depuis des années, c'est des politiques de bouts de ficelle avec les seniors. Ce qu'il faudrait aujourd'hui, c'est une table ronde nationale avec des seniors, des entreprises, l'Etat et les partenaires sociaux. Ca n'a jamais été fait...
"Le baril à 117 dollars, à qui la faute ?"
Challenges | 21.04.2008 | Paul Loubière
Ca pourrait presque faire un refrain de chanson populaire: "quand l’baril monte, j’ai honte, j’ai honte..." Toutes les semaines, en effet, le baril connaît un nouveau record. 117 dollars, le week end dernier. Mais le prix du baril a aussi une dimension cour de récré: si ça monte, c’est la faute des autres.
Côté Opep, le ministre du Qatar, estime que la hausse est essentiellement due à la spéculation. Même son de cloche chez Pierre Terzian, directeur de Petrostratégies, pour qui il n’y a aucun problème d’approvisionnement. Donc, du côté des producteurs, pas question d’augmenter la production. L’Opep l’a clairement fait savoir ce week-end.
Chez les compagnies pétrolières internationales, le discours est autre: si ça monte, c’est parce que l’Opep ne veut pas ouvrir davantage les robinets. Christophe de Margerie, patron de Total, affirme par exemple que "le prix monte parce que la demande augmente". Inutile de chercher bien loin: ce sont essentiellement la Chine et l’Inde qui connaissent une envolée de leur consommation pétrolière. Bref, ça monte à cause de la croissance asiatique.
Troisième responsable pointé du doigt: la Russie. Premier producteur mondial avec 491 millions de barils en 2007 (424 en Arabie Saoudite) la Russie voit sa production baisser depuis le début de l’année. Motif ? Officiellement, à cause d’un manque d’investissements pour trouver de nouveaux gisements. En réalité, selon un fin connaisseur du dossier, la production russe baisse parce que les gisements ont été exploités n’importe comment. "Quand on perce beaucoup de puits sur un seul gisement, la production de pétrole augmente dans un premier temps. Mais ensuite, elle dégringole très vite: il n’y a plus assez de pression. On ne peut extraire que 15 à 20% du gisement contre 30 à 40% quand le gisement est correctement exploité."
Dernier coupable: les Etats occidentaux. L’Opep s’est amusée à calculer le montant des taxes pétrolières touchées par les pays du G7 pour la période 2002-2006: 2. 130 milliards de dollars, davantage que le montant des exportations de l’Opep (2 .045 milliards de dollars)!
Dans ce remake éternel du "c’est pas moi, c’est l’autre", qui faut-il croire? D’abord, l’affaire des taxes. Oui, les pays occidentaux touchent des revenus sur la consommation de pétrole. Mais, hormis la TVA, les taxes ne sont pas indexées sur le prix du baril. Donc, non, ce n’est pas la faute du fisc si le brut augmente! L’affaire des gisements russes est indéniable. Mais, si la Russie a voulu augmenter sa production, c’est bien parce qu’il y avait une augmentation de la demande.
Reste donc deux réalités: la demande augmente et la spéculation aussi. Ce n’est pas la spéculation, à elle seule, qui alimente l’augmentation des prix. Elle ne fait que surfer sur une tendance. Mais elle existe bel et bien. Il est difficile de la chiffrer. Les plus optimistes la limitent à 5% du prix. D’autres vont jusqu’à 35%. A en croire les producteurs de pétrole, le juste prix, pour tenir compte des investissements à faire pour mettre en exploitation les nouveaux gisements découverts ces dernières années, se situe autour de 70-80 dollars. La différence avec le prix actuel donne une idée du montant de la spéculation.
La première maison bioclimatique de Marseille
20 avril 2008 - Luc Leroux - La Provence - ( lleroux@laprovence-presse.fr )

Annick et Philippe ont construit une villa en bois, chauffée au soleil et écologique en diable
Ouverte plein sud, la serre fait fonction d'accumulateur. Equipé du double vitrage extérieur, ce sas se transforme en serre chaude pour y faire pousser des bananiers et autres plantes tropicales.
Le voisin a pris le pli écolo. À Annick qui passe la tondeuse électrique, il lance : "Faut prendre la faux !" Mais Annick et Philippe qui achèvent la construction de la première maison bioclimatique de Marseille ne sont pas des intégristes verts. Tout bonnement souscrivent-ils à ce qu'ils ont affiché sur la porte de leurs toilettes sèches : "Un petit coin pour soulager la planète".
L'idée d'une maison solaire passive, "la plus écologique possible", s'est forgée à partir d'un rêve. Cette enseignante-documentaliste et cet architecte se seraient bien vus habiter dans une maison-coupole qui, en tournant, peut suivre la course du soleil. Ce sera finalement une maison tout en bois proscrivant les matériaux à forte énergie grise, c'est-à-dire dont la fabrication consomme beaucoup d'énergie.
La barrière thermique des fondations est en liège. Les murs sont comme un millefeuille en bois avec du pin Douglas pour l'ossature, une sorte d'isorel en fibre de bois, un pare-pluie côté extérieur et un pare-vapeur à l'intérieur - ils auraient tant aimé du kraft - et, pour le bardage extérieur, du cèdre rouge du Canada.
Philippe confesse ce petit péché écologique : la quantité de CO2 qu'il a fallu pour traverser l'Atlantique. "Mais j'aime sa couleur orangé. Je vais le laisser vieillir tranquillement". Largement ouverte plein sud, une serre joue le rôle d'accumulateur. La chaleur est restituée dans la maison par six sabords percés en haut de la façade. Un ventilateur renvoie les strates froides de l'air au sol qui quitte la pièce centrale par deux ouies.
En été, le ventilo tourne dans l'autre sens pour aspirer l'air frais du sol. Un mur central, en sable et chaux, joue le rôle de masse thermique. Un poële à pellets - des billes de sciure agglomérée - fait office de chauffage d'appoint. Et l'été, direz-vous ? Un jeu de pare-soleil en "casquette" sur la serre atténue l'ensoleillement ainsi que les deux mûriers-platanes -sans feuilles l'hiver.
Annick et Philippe ne redoutent pas leur exposition plein sud grâce à leur système de climatisation 100% naturelle. Trente-six mètres de tuyau ont été enfouis à deux mètres de profondeur. Là, la température de la terre ne varie pas de 13 degrés. Au fond du jardin, le "puits provençal" capte l'air, bientôt entouré de lauriers roses pour faire perdre deux degrés à l'air entrant. Dans la maison, un ventilateur refoule l'air frais. Trois petites fenêtres sur la façade nord permettront, l'été, une ventilation nocturne.
Chaude l'hiver, fraîche l'été, c'était le but du jeu. Sur le toit, un capteur solaire chauffe l'eau sanitaire à 70 degrés. Depuis novembre, l'appoint électrique du cumulus n'a tourné que 139 heures. Quasiment rien... Dans de tels murs, Annick et Philippe ont fait le choix de "vivre le plus écolo possible". Les eaux usées des douches et éviers sont filtrées à travers une petite station d'épuration naturelle.
Les eaux percolent dans différents bacs remplis de galets et de pouzzolane, plantés l'un de joncs, l'autre d'iris d'eau. Ça, c'est la partie d'Annick qui s'est formée à l'épuration de l'eau : "Les bactéries vivant en symbiose des racines transforment les cochonneries en éléments nutritifs absorbables par les plantes". L'eau qui termine dans sa course servira à l'arrosage du gazon "sec", une variété de chiendent spécialement choisie pour ne pas nécessiter trop d'eau.
Récupérée dans une citerne connectée à un double réseau de plomberie, la pluie remplira les chasses d'eau. Philippe a chiffré le surcoût de ce rêve écolo : 28% de plus qu'une construction traditionnelle -vite amorti. Mais ce qui n'a pas de prix, c'est le sentiment de préserver un joyau : la Terre.


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- Ecolos et... missionnaires, Annick et Philippe ouvrent grand leurs portes aux architectes, artisans et à tous ceux qui ont un projet de maison écologique. On peut retrouver les étapes de la construction sur leur site www.labedouide.net.
- Les aides publiques varient selon les lieux de construction. Pour l'installation de leur chauffe-eau solaire, ils ont reçu une aide du Conseil général de 700€ moins importante que celle versée dans les Alpes-Maritimes.
- Pour construire sa mini station d'épuration, Annik a suivi un stage auprès de l'association Eau vivante www.eauvivante.net
Le chômage et ses catégories
le 8 avril 2008 - Observatoire des inégalités
Selon la mesure la plus utilisée, on comptait moins de deux millions de chômeurs en janvier 2008. En réalité, plus de trois millions de demandeurs d’emploi sont enregistrés.
D’après la mesure la plus utilisée, on comptait en janvier 2008 1,9 million de chômeurs selon le ministère de l’emploi. Mais il s’agit de la définition la plus restrictive : les personnes qui n’ont pas travaillé plus de 78 d’heures le mois précédent l’enquête et qui ne recherchent ni un emploi à temps partiel, ni un contrat à durée déterminée. Le nombre total de demandeurs d’emploi est en réalité de 3,1 millions et encore, sans comptabiliser les chômeurs des DOM (environ 200 000) et les personnes dispensées de recherche d’emploi car âgées.
Ce chiffre de 3,1 millions de chômeurs comprend tout d’abord les demandeurs d’emploi qui n’ont pas travaillé plus de 78 heures, mais qui cherchent soit un temps partiel, soit un CDD, environ 560 000 personnes. Bizarrement, les temps partiels et les CDD sont bien considérés comme des emplois par ailleurs, notamment quand l’Insee mesure la population active ou le taux de chômage.
Il comprend aussi tous ceux qui ont travaillé plus de 78 heures le mois précédent l’enquête, quel que soit l’emploi qu’ils recherchent, soit plus de 600 000 personnes. S’agit-il de "vrais" chômeurs, puisqu’ils ont partiellement travaillé ? Dans tous les cas, il ne s’agit pas forcément de personnes qui travaillent toute l’année plus de 78 heures par mois, mais qui peuvent avoir travaillé un mois donné : on ne les retrouve pas nécessairement le mois suivant.
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Soins dentaires et lunettes : Bientôt un luxe ?
Le bien public – 21/04/08
Le déremboursement des soins dentaires et des lunettes ne serait finalement pas à l'ordre du jour, mais pour combien de temps…
ETAIT-CE un vrai cafouillage de la part du ministre de la Santé ou un ballon d'essai visant à voir comment cette mesure d'économie serait ressentie par la population… On ne le saura jamais.
Quoi qu'il en soit, les réactions ont été marquées et vives, tant de la part de la population que des assurances complémentaires qui auraient eu à en assurer la charge alors qu'elles n'y étaient pas prêtes.
Après le déremboursement des médicaments destinés à soulager des pathologies comme les maladies veineuses, les franchises médicales à la charge des patients, la suppression du tiers payant pour les médicaments de marque généricables, c'est une étape majeure qui aurait été franchie avec le déremboursement des lunettes et des soins dentaires car là, je doute qu'aucune personne douée de raison aurait pu soutenir qu'il ne s'agissait alors que de confort ne relevant pas de la santé. Par soucis d'éthique journalistique, je n'ai même pas envisagé de faire un sondage auprès de vous sur le thème « pour ou contre le déremboursement des lunettes et des soins dentaires » tant la réponse aurait été évidente.
Temporairement ?
Par contre, si ce projet n'avait pas avorté - temporairement ? - le désengagement de la Sécurité sociale d'un secteur de soins aussi important au profit des mutuelles complémentaires aurait pu être perçu comme une étape décisive sur le chemin de la privatisation de l'assurance-maladie. Un système sur le modèle américain, dont on connaît les conséquences en terme de santé publique.
Une des conséquences nouvelles de ce transfert vers les complémentaires serait qu'il ne toucherait pas tant les plus démunis mais frapperait de plein fouet le bas de classe moyenne, ceux qui travaillent ou ont travaillé mais dont le salaire ou la retraite ne permet que difficilement de boucler la fin du mois, surtout en cette période de baisse du pouvoir d'achat. Ils ont déjà des difficultés à payer une mutuelle pour leur famille et eux-mêmes. Lorsqu'ils le peuvent, ils ne pourront sans doute pas faire face à l'augmentation requise de leur mutuelle pour pouvoir financer ce qui apparaîtra bientôt comme un luxe : « voir et manger sans douleurs dentaires ».
Et je ne parle même pas de pouvoir sourire sans éprouver la gêne de montrer des dents en mauvais état, car je doute que ces personnes aient encore envie de sourire.
Bien sûr, je pressens que certains esprits « pragmatiques » auront envie de m'écrire qu'après tout, les lunettes et les soins dentaires étaient déjà si mal remboursés que cela ne changera pas « grand-chose ». A ceux-là je répondrai par avance que si cela ne change pas grand-chose, pourquoi vouloir faire une économie de « pas grand-chose », que beaucoup tiennent à ce « pas grand-chose » quand ils n'ont que « presque rien », et que ce n'est pas parce que l'assurance-maladie souffre régulièrement d'hémorragies financières, qu'il faut l'euthanasier !
Crise alimentaire: la Croix-Rouge risque de diminuer le nombre de repas
Europe 1 - lundi 21 avril 2008
La Croix-Rouge française a exprimé lundi sa crainte que la hausse mondiale des prix des denrées alimentaires ne conduise à une réduction importante du nombre de repas qu'elle distribue, alors que dans le même temps la précarité augmente en France.
La Croix-Rouge française subit "directement l'effet de la crise alimentaire mondiale", selon une porte-parole, qui ajoute qu'en 2008, en raison de l'augmentation du prix des denrées de base, "ce sont 5 à 6 millions de repas qu'elle ne pourra pas offrir, sur les 30 millions qu'elle distribue chaque année".
L'association s'inquiète également de l'émergence de nouvelles formes de précarité. "De nouvelles populations telles que les jeunes, les personnes âgées ou les travailleurs pauvres" font appel à la Croix-Rouge, qui devrait leur offrir entre 2 et 3 millions de repas supplémentaires en 2008.
"Avec une enveloppe budgétaire des aides européennes et françaises sensiblement identique à 2007 et une hausse des prix de 10%, la Croix-Rouge française se trouvera mécaniquement confrontée à une baisse du volume des produits fournis cette année", a-t-on ajouté de même source.
La quête nationale annuelle, qui aura lieu les 17 et 18 mai, prend dans ce contexte une importance particulière. Elle doit permettre d'aider à combler les 7 millions d'euros dont l'association a besoin. Il suffit d'un euro et demi pour assurer un repas.
Médicaments déremboursés : les ventes s'effondrent
18/04/08 ] VINCENT COLLEN – Les Echos
Les ventes des médicaments qui ne sont plus remboursés par la Sécurité sociale depuis le 1er janvier sont en train de s'effondrer.
Les volumes écoulés par les pharmacies ont chuté de 53 % au cours des deux premiers mois de l'année. Il s'agit surtout des veinotoniques contre les jambes lourdes et de certains sirops contre la toux. Le gouvernement a décidé de ne plus les prendre en charge en raison d'une efficacité jugée insuffisante. Ils représentent environ 3 % du volume total des ventes de médicaments.
« La chute ne va pas s'arrêter là, assure Gilles Bonnefond, secrétaire général de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine. Si l'on se fie aux précédentes vagues de déremboursement, on peut s'attendre à une chute de 70 %, puis à une stabilisation à ce niveau. » « C'est l'effet immédiat du déremboursement, analyse Frédéric Champavère, président du laboratoire Negma-Lerads, qui commercialise le Veinamitol. Le patient français est habitué à ne rien payer. »
Cette dégringolade des volumes se conjugue à des variations importantes des prix, désormais libres. Le prix public moyen de la boîte de veinotoniques est ainsi passé de 5,33 euros le 31 décembre, juste avant le déremboursement, à 6,09 euros mi-février, selon le pointage de Philippe Besset de la FSPF, un autre syndicat de pharmaciens. Soit une hausse de 14 % en six semaines. « Mais les prix sont maintenant en train de redescendre, observe-t-il. On est repassé sous la barre des 6 euros. Le prix moyen devrait retomber au niveau où il était avant le déremboursement, voire en dessous, d'ici à juin. » Ces variations moyennes « cachent de très grands écarts entre les produits », prévient Gilles Bonnefond. Le coût d'un traitement mensuel des jambes lourdes peut varier de 8 euros à 15 euros. Presque du simple au double ! Servier, qui commercialise le Daflon, leader des veinotoniques, a ainsi augmenté ses prix pour compenser la chute des volumes. Le patient a souvent du mal à s'y retrouver, car à cela s'ajoutent les remises accordées aux officines. « Elles peuvent atteindre jusqu'à 70 %, déplore Philippe Besset. Résultat, dans une pharmacie donnée, un médicament A est vendu deux fois moins cher qu'un médicament B ; dans celle d'à côté, ce sera le contraire. »
Cette nouvelle liberté des prix va redistribuer les cartes entre laboratoires. Certains, comme Pierre Fabre, ont lancé des campagnes de publicité dans la presse féminine pour maintenir leur part de marché. Le Daflon de Servier « a déjà perdu deux points de part de marché à cause de son prix », selon Gilles Bonnefond. « Nos ventes reculent mais nous gagnons des part de marché grâce à notre offre peu onéreuse », se félicite le président de Negma-Lerads. Le pharmacien peut désormais conseiller à un patient de choisir un produit moins cher, car « les effets des différents médicaments sont les mêmes », estime-t-il.
Le bouclier fiscal contesté à l'UMP, le PS adore !
Marianne 21 Avril 2008
Député UMP de Seine-et-Marne, et récemment nommée porte-parole de l'UMP, Chantal Brunel a lourdement pointé les dérives du bouclier fiscal lors d'une intervention à l'assemblée... suscitant une standing ovation de l'opposition de gauche.
A chaque jour suffit son couac. Celui-ci s'est déroulé à l'Assemblée nationale le 16 avril dernier. La députée UMP de Seine-et-Marne Chantal Brunel s'empare du micro pour poser une question sur «les niches fiscales».
Profitant de son temps de parole, elle se livre à une descente en règle du bouclier fiscal, rythmant son propos de «oui c'est vrai» tout en souriant de façon complice sous les applaudissements de plus en plus prononcés des députés de gauche.
Plutôt discrète jusqu'ici, la nouvelle porte-parole de l'UMP aura réussi un joli coup, pointant du doigt les multiples dérives du système imaginé par le gouvernement. Interpellée, Christine Lagarde a promis un rapport sous 15 jours.
A en perdre son latin: jamais la gauche n'avait paru si virulente au point que Chantal Brunel finira sa question sous une standing ovation du PS. De leur côté, les députés de droite ne mouftent pas.
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Pouvoir d'achat : le nouvel indicateur de l'Insee sur le gril
21/04/ 08 V. L. - Les Echos
Pour éclairer le débat sur l'évolution du pouvoir d'achat, l'Insee va publier un indicateur mesurant le poids des dépenses contraintes des ménages. Les experts, économistes ou sociologues, se montrent réservés.
La statistique publique est à nouveau sur le gril. Après le rapport Quinet sur la mesure du pouvoir d'achat en février et en attendant celui de la commission Stiglitz-Sen sur la croissance et le progrès économique, la commission parlementaire Mariton-Muet a rendu mercredi dernier ses conclusions sur la mesure des grandes données économiques et sociales. Cet afflux de commissions, partiellement redondantes, a le mérite de s'intéresser au divorce croissant entre la statistique et l'opinion publique, notamment en matière d'inflation et de pouvoir d'achat. Les chiffres de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) ont beau montrer une hausse constante du pouvoir d'achat ces dernières années, les ménages clament à longueur de sondages que leur train de vie recule.
Si les récentes commissions ne remettent pas en question la fiabilité des indicateurs de l'Insee, elles jugent aujourd'hui nécessaire de proposer de nouvelles mesures pour éclairer le débat. « Il ne faut pas remplacer mais compléter les indicateurs existants », affirmait ainsi la semaine dernière le député Pierre-Alain Muet (PS). Pour autant, toutes ne sont pas d'accord entre elles.
Un nouvel indice proposé par le rapport Quinet suscite ainsi la controverse : l'indicateur de dépenses pré-engagées, qui calcule la part des revenus consacrée aux dépenses contractualisées, régulières et contraintes (abonnement télécoms, loyer, assurances, frais de cantine, etc.), et donc le solde du revenu « arbitrable » (« Les Echos » du 26 mars).
« Nous partageons l'essentiel des conclusions du rapport Quinet, sauf en ce qui concerne les dépenses pré-engagées, explique Hervé Mariton, rapporteur de la mission d'information. Je ne vois pas en quoi un abonnement à une chaîne de télévision est une dépense contrainte. »
Nombre d'experts, à l'instar de Guillaume Gaulier, économiste au Centre d'études prospectives et d'informations internationales (Cepii) et du sociologue Gérard Mermet (lire ci-dessous), contestent la base scientifique de cet indicateur et estiment qu'il va contribuer à brouiller un peu plus le débat. Débat qui ne devrait pas s'arrêter là, puisque le Conseil national de l'information statistique (CNIS), qui compte dans ses rangs des représentants de l'administration, de l'Insee, des partenaires sociaux et des associations de consommateurs, vient justement de décider la publication par l'Insee de cet indicateur à compter de sa prochaine livraison des comptes nationaux, en juin.
Les autres indicateurs retenus par l'institut font en revanche l'unanimité. Parmi eux, l'évolution de pouvoir d'achat en « unité de consommation », un chiffre individualisé, qui prend en compte la hausse de la population et l'augmentation du nombre de ménages dans le calcul, contrairement à l'indice actuel. Un satisfecit est également accordé pour l'évolution du pouvoir d'achat par tranche de revenus, qui met notamment le doigt sur les écarts importants selon les structures de consommation.
A65 Langon-Pau: les élus s'impatientent, les opposants font feu de tout bois
TVMONDE BORDEAUX (AFP) - 20/04/2008
"Nécessité" pour les uns, "aberration" pour les autres, le projet d'autoroute de 150 km entre Langon (Gironde) et Pau, qui mettrait en 2010 la capitale béarnaise à deux heures de Bordeaux, n'en finit pas de diviser élus et associations, alors que le déboisement a déjà commencé.
Dernière péripétie, le 14 avril, le commissaire du gouvernement, magistrat chargé de dire le droit au Conseil d'Etat, a demandé le rejet des recours déposés par des associations de défense de l'environnement contre la future A 65. La plus haute juridiction administrative rendra sa décision dans plusieurs semaines.
Le 19 mars, c'était le Conseil national de protection de la nature (CNPN) qui rendait au ministre de l'Environnement un avis défavorable à la demande "de destruction d'espèces protégées" formulée par le concessionnaire, A'Lienor.
"Nous sommes dans l'attente de l'avis motivé du CNPN et de décisions ministérielles" afin d'"améliorer si nécessaire" le volet environnemental du dossier, explique-t-on chez A'Lienor, consortium constitué du groupe de travaux publics Eiffage et de l'opérateur autoroutier Sanef.
Si, à la demande de la Sepanso (une association de protection de la nature), le ministère de l'Environnement a fait stopper les opérations de déboisement, A'Lienor entend toutefois "démarrer les travaux dans les jours qui viennent" sur les parties qui "ne sont pas concernées par les avis du CNPN".
En 2006, la concession de ce tronçon de 150 km (environ 2.000 ha), a été accordée au consortium A'Lienor pour 55 ans. La mise en chantier est prévue en 2008, pour une livraison en 2010. L'investissement, de 1,2 milliard d'euros, repose à 80% sur l'endettement.
D'un point de vue environnemental, Philippe Barbedienne, directeur de la Sepanso, dénonce une "complète contradiction avec le Grenelle de l'Environnement" --même si le décret d'utilité publique a été signé en 2006-- et assure craindre pour plusieurs espèces protégées, comme le vison d'Europe ou la cistude (une tortue aquatique), le tracé touchant huit zones Natura 2000.
Du côté des promoteurs, les élus - exceptés les Verts et les communistes - invoquent un "chantier indispensable à l'existence même de la région" (Alain Rousset, président PS du conseil régional), "une nécessité à la cohérence" du territoire (Alain Juppé, maire UMP de Bordeaux), "un choix assumé nécessaire au désenclavement de la zone" (conseil général PS des Landes).
Toutefois, l'opposition se cristallise également sur la justification du projet --les associations prônent un aménagement de l'axe existant-- et sur son financement.
En 2005, la Direction régionale de l'Equipement estimait que le trafic sur ce tronçon atteindrait 10.000 véhicules par jour en 2020 alors que le concessionnaire prévoyait, lui, 14.500 véhicules, avec un péage à 14 euros hors taxes.
"Cette autoroute ne sera jamais rentable", pronostique Julien Milanesi, économiste, membre de l'association Alternative régionale Langon Pau (Arlp). Et il alerte sur la "clause de déchéance" qui lie Etat et collectivités au concessionnaire: si A'Lienor venait à faillir à ses obligations, elle perdrait sa concession mais pourrait se voir verser plus 800 millions d'euros en dédommagement des investissements déjà réalisés. "Mais on redécouvre l'eau tiède! C'est une clause classique dans tous les contrats de délégation de services publics", réplique Alain Rousset.
Sur le terrain, pour la troisième fois, un groupe de "planteurs volontaires" appelle à venir replanter des arbres sur le tracé, le 27 avril à Bougue (Landes).

