lundi 21 avril 2008
Milliardaire grâce à la crise des subprimes
NICOLAS CORI – libération - lundi 21 avril 2008
La crise des subprimes n’a jamais autant illustré le dicton sur le malheur des uns qui fait le bonheur des autres. Ou inversement.
La semaine dernière, les banques ont annoncé, en publiant de nouvelles pertes, des plans massifs de réduction d’emplois. Il y a quelques jours, le classement des meilleurs gérants de la planète faisait apparaître de nouveaux milliardaires : les détenteurs de hedge funds (fonds spéculatifs) qui avaient parié sur la crise. Le nombre de licenciements annoncé la semaine dernière est ainsi de 12 400. Pour trois banques seulement : Citigroup, Merrill Lynch et Wachovia. Au total, 45 000 emplois auraient été supprimés dans le secteur des services financiers américains depuis le début de l’année, selon le cabinet Challenger, Gray & Christmas. Et ce n’est pas fini. Wall Street parie déjà sur le nombre de départs chez Bear Stearns, la banque en quasi-faillite rachetée par JP Morgan (14 000 employés).
Célébrité. D’un autre côté, une nouvelle célébrité apparaît à Wall Street : John Paulson, dirigeant du hedge fund Paulson & Co, qui vient de remporter la somme de 3 milliards de dollars (1,9 milliard d’euros), en profitant de la déconfiture du marché de l’immobilier.
Paulson avait, début 2007, ouvert à la souscription plusieurs fonds censés se protéger contre le risque subprimes. Il s’agissait au départ d’un mécanisme de couverture classique. Mais plus les subprimes perdaient de leur valeur, plus ses produits voyaient la leur augmenter. En 2007, la performance de ses fonds a été de l’ordre de 400 à 600 %. Le milliard confié par des investisseurs avisés a été multiplié par douze. Et Paulson a pris une petite commission de 3 milliards… Loué par le magazine Trader Monthly, qui juge qu’il s’agit du «plus gros coup de tous les temps», Paulson ne s’est pas arrêté là.
En janvier, il embauche Alan Greenspan, l’ex-président de la Réserve fédérale (Fed), la banque centrale américaine. Un clin d’œil de l’Histoire : Greenspan et sa politique monétaire pas assez ferme sont jugés par beaucoup d’économistes comme responsables de la crise financière actuelle.
Ennuis. Surtout, Paulson spécule sur la chute du cours de Bear Stearns, une banque qu’il connaît bien : il en a été un des dirigeants dans les années 90. Pari gagnant. En mars, la banque fait face à un climat de panique et doit se faire aider par la Fed pour éviter la faillite. Son cours s’effondre de plus de 90 %. Paulson touche de grosses plus-values, pour un montant encore inconnu. Mais cette affaire pourrait lui valoir des ennuis. La Securities and Exchange Commission (SEC) a ouvert une enquête sur Bear Stearns. Le gendarme des marchés soupçonne des délits d’initiés dans cette affaire.
Les banquiers ont transformé la finance mondiale en casino et ils jouent gagnant en affamant des millions de gens honnêtes mais impuissants à se défendre dans un système à sens unique… cynique et immoral, mais légal… jusqu'à quand ?
Collectif parlementaire - La guerre des plaques est déclarée
Le Journal du Dimanche Lundi 21 Avril 2008 Par Anne-Laure BARRET
La réforme des plaques d'immatriculation sera mise en place à partir du 1er janvier prochain. Le numéro du département disparaîtra sur les automobiles, à la faveur d'une plaque plus anonyme que les véhicules pourront conserver durant toute leur existence. Un collectif parlementaire est parti en croisade contre cette mesure, au nom de l'identité des départements.
Monsieur le député a une dent contre le jargon administratif. "Au train où vont les choses, râle Richard Mallié, bientôt on nous appellera tous par nos numéros de Sécu et on oubliera nos prénoms!" Comme une poignée de présidents de conseils généraux entrés en rébellion au début de l'hiver, cet élu UMP des Bouches-du-Rhône vient de créer un collectif parlementaire pour lutter contre la suppression annoncée des numéros des départements sur les plaques d'immatriculation.
Dès l'an prochain, les petits rectangles d'acier apposés sur les voitures neuves seront ornés d'une suite de lettres et de chiffres anonymes (sur le modèle AA-123-AA), sans identification locale. Les véhicules anciens ou achetés d'occasion seront progressivement concernés, à la faveur des ventes et des modifications de carte grise.
"C'est une mesure technocratique. En s'attaquant au numéro, on touche au département lui-même et donc à l'identité des gens. Il y a un côté affectif là-dedans..." En clair, l'infatigable Richard Mallié, couronné "député le plus actif de France" par le magazine L'Express en 2006, défendra bec et ongles ses souvenirs d'enfance, par fidélité au minot de la Côte d'Azur qui jouait avec sa soeur à pister les bagnoles des Parisiens: "C'est ça, la France. Une seule République mais des gens différents." En quelques jours, l'appel a reçu le soutien de plus de 10% des députés. "Il y a des collègues de droite mais aussi de gauche. C'est une histoire de coeur, qui transcende les partis."
Un numéro facultatif - Au ministère de l'Intérieur, où la réforme a été mitonnée, la raison prime le coeur. On martèle que la réforme du système d'immatriculation des véhicules (SIV), qui sera mise en place à partir du 1er janvier 2009, s'imposait: "Cela se fait dans toute l'Europe, en Allemagne, en Italie, en Espagne." Et l'on vante les mérites du nouveau dispositif. Plus rationnel - une voiture gardera la même immatriculation tout au long de sa vie même en cas de changement de propriétaire - et plus simple: un véhicule neuf sera immatriculé par informatique via le concessionnaire, et l'acheteur sera dispensé de faire la queue au service des cartes grises. "Notre système était à bout de souffle, argue-t-on place Beauvau. A Paris, par exemple, il y a tellement de voitures que, dans quelques années, les immatriculations seraient devenues illisibles." Oui, mais le coeur dans tout ça ? Le ministère de l'Intérieur a imaginé une parade pour les nostalgiques des deux chiffres: un numéro de département - facultatif - pourra figurer à droite de la nouvelle immatriculation...
Seraient-ils donc à côté de la plaque, voire franchement rétrogrades, les élus frondeurs? "Le problème peut paraître dérisoire mais il faut le replacer dans un contexte de procès global fait au département, dont on dénonce la désuétude et l'inutilité. La commission Attali a récemment proposé sa suppression au profit des régions. Je ne serais pas étonné que cette réforme soit un ballon d'essai pour tester les réactions des Français à ce sujet", estime Pierre Allorant, maître de conférences en histoire du droit à l'université d'Orléans.
Une offensive contre les départements - A en croire les membres du collectif parlementaire, qui assurent relayer un mécontentement né sur le terrain, les Français sont très attachés au système actuel. "Ça permet aux gens d'engager la conversation sur les parkings d'autoroute, ça occupe les enfants qui jouent à reconnaître les plaques durant les longs trajets", rappelle Alain Vidalies, député PS des Landes (40).
Selon un sondage publié à l'automne par le quotidien Ouest-France, 64% des personnes interrogées regrettent la disparition du code départemental. "Les Français tiennent aux départements créés pendant la Révolution. La IIIe République a renforcé cet attachement, notamment en faisant apprendre aux écoliers les numéros des départements. Le rapport Mauroy sur l'avenir de la décentralisation avait bien montré en 2000 ce lien très supérieur à celui pour la région, perçue comme éloignée et technocratique", confirme l'universitaire Pierre Allorant. Pour lui, supprimer la plaque départementale revient à "brouiller un repère de l'identité au moment où la mondialisation est particulièrement anxiogène".
Le député Michel Lefait a été l'un des premiers à lancer la fronde contre la suppression des numéros sur les plaques minéralogiques au conseil général du Pas-de-Calais (62), dont il est le vice-président. Pour lui aussi, la guerre des plaques masque une offensive dangereuse contre les départements: "Il faut défendre ces structures providentielles de proximité. Les gens les apprécient car elles versent de nombreuses prestations sociales. Et la proximité, c'est primordial, comme le démontre le succès incroyable du film de Dany Boon." Michel Lefait a déjà suggéré de faire fabriquer pour cet été des tee-shirts qui seront vendus sur les plages du département: "Ch'ti 62, c'est nous."
Pétitions - Des spécialistes dénoncent la loi du 25 février 2008 sur la rétention de sûreté
LE MONDE | 19.04.08
www.contrelaretentiondesurete.fr
Des "pas-encore-criminels" arrêtés avant même qu'ils ne commettent un crime ; des citoyens enfermés à vie par "précaution", parce que potentiellement dangereux : c'est par des images censées être tournées en 2054, celles de Minority Report (2002), de Steven Spielberg, que Thomas Lacoste ouvre son documentaire Rétention de sûreté, une peine infinie (68 minutes), mis en ligne début avril sur le site militant L'autre campagne.
Cette référence à une société ultra-sécuritaire donne la couleur du projet de Thomas Lacoste, qui entend mettre en garde contre "le monde que nous prépare Sarkozy" en s'attaquant "aux piliers de sa politique". En l'occurrence, la loi du 25 février 2008 sur la rétention de sûreté, après un premier film sur la réforme des universités.
Le film revient sur "six années de recul des libertés" en France et anticipe les mutations qu'opère la loi sur la rétention de sûreté, qui permettra, en prédisant la "dangerosité" - virtuelle - d'un criminel à la fin de sa longue peine, de continuer à le "retenir" enfermé pour un an renouvelable à l'infini. "C'est la perpétuité sans crime", commente l'avocat et bâtonnier de Paris Christian Charrière-Bournazel.
Co-produit par La Bande Passante et le Syndicat de la magistrature, le film de Thomas Lacoste donne la parole à des juges et des avocats, des chercheurs et des psychiatres, des praticiens et des militants qui, chacun dans son domaine, décryptent les présupposés de cette loi et anticipent sa... "dangerosité" pour la société française.
"On bascule totalement dans un autre système de droit", y indique Emmanuelle Perreux, présidente du Syndicat de la magistrature. Pourquoi ? Parce qu'en instituant la possibilité de "retenir" quelqu'un indéfiniment sans qu'un acte criminel le justifie, insistent les intervenants, cette loi bafoue la présomption d'innocence, principe fondamental du droit. Et parce qu'au lieu de se fonder sur des actes et des textes de loi pour punir, cette loi s'appuie sur des notions aussi floues que la précaution, la prédictivité et la prévention.
"Comme l'a dit Robert Badinter, avec la rétention de sûreté, on n'est plus responsable de ses actes mais de ce que l'on est. Responsable d'une éventuelle dangerosité, que personne n'est capable de définir, pas même les psychiatres !", précise Jean-Pierre Boucher, ancien président du syndicat de la magistrature. Ce qui constitue "un abus institutionnel, qui plus est validé par le Conseil constitutionnel", note le philosophe Claude-Olivier Doron.
Donnant encore un peu plus de poids aux craintes qu'expriment des experts du droit pénal face à cette loi, des extraits de textes de loi et de discours du président de la République, Nicolas Sarkozy sont distillés au cours du film, afin de dévoiler "le populisme pénal" ambiant et d'apporter un contre-argumentaire aux Français qui, selon un sondage, sont très majoritairement favorables à cette loi sur la rétention de sûreté, explique le réalisateur.
Ses films, libres d'accès, sont aussi vendus en DVD sur le site, pour donner ensuite lieu à des projections-débats un peu partout en France. Parallèlement, une pétition demandant l'abolition de la loi sur la rétention de sûreté a été lancée par le syndicat de la magistrature et une myriade d'organisations professionnelles.
www.contrelaretentiondesurete.fr
Sarkozy privé de parole en Martinique, à la demande de la famille d’Aimé Césaire
France Info – 21/04/08
Le président de la République n’est pas resté plus de deux heures en Martinique : s’il a assisté aux obsèques nationales prévues pour Aimé Césaire, il n’y a prononcé aucun discours, à la demande de la famille du défunt.
Nicolas Sarkozy n’a eu droit qu’à une brève allocution, à sa descente de l’avion et face à la presse. Pendant la cérémonie, il a été prié de ne pas s’exprimer. Il était juste là en représentation, à la tête d’une délégation composée de plusieurs ministres. La famille d’Aimé Césaire avait en effet souhaité que l’hommage soit simple et apolitique. En filigrane, la communauté antillaise craignait surtout une forme de récupération politique.
En Martinique, on se souvient en effet avec aigreur du discours prononcé par le chef de l’Etat en juillet dernier à Dakar. "Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire" déclarait alors Nicolas Sarkozy. Des propos qui avaient heurté la population. Le porte-parole du CRAN (Conseil représentatif des associations noires) mettait en garde il y a quelques jours : "Que Nicolas Sarkozy aille aux obsèques, très bien, mais il faut alors qu’il y ait rupture avec les discours de Dakar et de Toulon (sur "l’immigration maîtrisée", NDLR) sinon ce ne sera qu’une pure mascarade", estimait Louis-George Tin.
Au delà du ressenti de la population, il y a surtout le respect dû au défunt : Aimé Césaire et le président ont toujours entretenu des relations assez chaotiques. Le poète n’appréciait guère les positions de l’ancien ministre de l’Intérieur sur la présence française outre-mer. En 2005, Césaire, qui recevait régulièrement les personnalités en visite en Martinique, avait même refusé de le rencontrer. Objet du litige : la loi de février 2005, dont un article mentionnait "le rôle positif de la présence française outre-mer". Une formule que le père de la "négritude", de tous les combats contre le colonialisme, ne pouvait accepter. En mars 2006, il avait finalement reçu Nicolas Sarkozy, lui offrant son célèbre pamphlet "Discours sur le Colonialisme" de 1950.
Gagner du temps en pure perte, par Jean-Michel Dumay
LE MONDE | 19.04.08 | 13h38
D'un côté, bien sûr, il y a cette fascination pour la liberté que paraissent procurer les technologies de l'information et de la communication (TIC). Cette sensation de maîtriser le temps, de se l'approprier et de le tordre à sa façon. Cette toute puissance apparente à s'affranchir de ses contingences, comme de celles de l'espace, qui lui sont liées. Mobiles, mobiles... joignables (ou joignant) à toute heure. Maîtres de l'ubiquité existentielle. Qui donne
De l'autre, il y a la tyrannie qui en découle, comme de tous les excès : c'est-à-dire l'urgence, cette violence faite au temps. Il n'y a plus de liberté, mais un impératif, cette fois, de maîtriser le temps. Et urgemment. Le temps, depuis l'aube du capitalisme, c'est de l'argent. Qui pousse donc au temps réel : dictature pour les uns, ou assise, pour d'autres, d'une économie contemporaine bien ordonnée.
Certains, cependant, en reviennent. Du haut de l'Observatoire sur la responsabilité sociétale des entreprises (ORSE), François Fatoux, son délégué général, fait par exemple le constat (in la Revue civique, printemps 2008) que "les e-mails pourraient générer des impacts négatifs sur les processus de décisions à cause de la rapidité de la prise de décision qu'elle engendre par son immédiateté".
Et d'expliquer, pour cause : que lorsqu'on répond instantanément, on réfléchit moins. Le bon sens l'avait déjà traduit : mieux vaut tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler. Ou tremper sa plume sept fois dans l'encrier. "On commence à constater, explique M. Fatoux, que les professionnels passent davantage de temps à réparer les erreurs d'un e-mail écrit précipitamment." Ce qui, évidemment, a un coût.
C'est que, dans la communication par courriels, les effets indirects s'avèrent assez contre-productifs. La montée en puissance des messageries électroniques a provoqué une surcharge d'informations qui, faute d'organisation pour les trier, occasionne des pertes de temps. La possibilité de remettre instantanément un message à son destinataire a augmenté les interruptions inopinées, qui hachent le travail et la réflexion.
Des chercheurs britanniques, auscultant en 2003 un groupe de fournitures en bureautique, ont même calculé qu'un salarié interrompu dans sa tâche par l'arrivée d'un nouveau message avait besoin de 64 secondes, en moyenne, pour retrouver son niveau de concentration sur le travail délaissé. Et qu'il répondait à 85 % des messages dans les deux minutes suivant leur arrivée.
Sur cette veine des réponses du tac au tac, on pourrait greffer d'autres effets négatifs plus "qualitatifs", comme... l'escalade des conflits.
Gare aux réponses spontanées à des messages perçus comme conflictuels (mais qui ne le sont pas) et qui finissent par enflammer toute une liste de distribution grâce à la "copie conforme" et au "répondre à tous" ! Les conflits naissent souvent de mauvaises interprétations de messages trop vite rédigés ou trop vite lus, de consignes mal appréhendées, dont le sens aurait été plus sûrement validé par un échange au téléphone.
Pour beaucoup, la messagerie électronique, de symbole de rapidité, est devenue synonyme de stress. De quoi nourrir le baromètre stress de la Confédération française de l'encadrement, la CGC, aujourd'hui à son plus haut niveau depuis 2004.
44 % des cadres interrogés se plaignent d'être "souvent" interrompus dans leur travail. Et deux tiers d'entre eux jugent insuffisant le temps disponible pour accomplir leurs missions. Ah ! Vouloir donner du temps au temps...
Gouvernement - Les députés UMP entrent en dissidence
Marianne Lundi 21 Avril 2008 - 00:53
Non seulement ils sont obligés d'assumer des mesures impopulaires sur le terrain, mais en plus on considère leur Assemblée comme une vulgaire chambre d'enregistrement. La révolte gronde !
«Peu de voix se sont élevées sur l'Afghanistan parce que la plupart des députés UMP n'ont pas de "c....... " au cul !» Le diagnostic est signé Jacques Myard, député UMP des Yvelines et un des grognards en chef de l'Assemblée nationale.
Depuis quelques semaines, les 312 soldats du bataillon présidentiel commencent à trouver la campagne des réformes trop boueuse, trop brutale, voire carrément contre-productive dans la reconquête de l'opinion. Le rythme des réformes, Blitzkrieg engagée par le nouvel exécutif contre «l'inertie» politique que Sarkozy a dénoncée pendant toute sa campagne, met aujourd'hui les députés en porte-à-faux vis-à-vis de leur électorat.
Assumer au niveau local la précipitation présidentielle - «La réforme des hôpitaux est nécessaire et je milite pour sa mise en place depuis des années, insiste Jacques Domergue, député de l'Hérault. Mais si on ne fait pas un effort de pédagogie, on risque de provoquer une réaction négative de tous les acteurs.» De Pierre Méhaignerie à Jean-Pierre Raffarin en passant par Jean-François Copé, la pédagogie a fait florès.
Hôpitaux, casernes, allocations familiales, réduction SNCF... Les dernières réformes touchant directement les Français, les parlementaires se retrouvent coincés entre un calendrier parlementaire accéléré et des électeurs qui se sentent floués.
De l'ouverture dans la contestation - Si le noyau dur des villepinistes continue de mener la critique la plus frontale de la politique de réforme, toutes les sensibilités du parti présidentiel prennent désormais part à la critique, par petites touches ou au mortier. Hervé de Charette, président du club centriste Convention démocrate, a ainsi écrit à Nadine Morano pour la mettre en garde contre la «colère légitime» que pourrait soulever son projet de supprimer une des majorations des allocations familiales.
Sur le même sujet, Jacques Myard, gaulliste conservateur, convoque sa verve critique : «Les allocations familiales sont un vrai élément de la politique industrielle du pays et il n'y a que ces imbéciles de technocrates pour dire que cela ne sert à rien.» Nouvelle performance de Sarkozy : de la droite au centre en passant par les libéraux, il a amené de l'ouverture dans la contestation.
Tétanie institutionnelle - Pour le gaulliste indépendant Nicolas Dupont-Aignan, rien d'étonnant à cette grogne : «Quand on traite mal les députés, qu'on les humilie, qu'on les méprise, il ne faut pas s'attendre à autre chose.» Car les élus, qui ont trimé pour soutenir le candidat, espéraient en retour un peu de considération. Au lieu de cela, la majorité présidentielle est réduite au rôle de chambre d'enregistrement.
Et le renforcement de l'Assemblée nationale promis par le candidat Sarkozy ? Pas le temps : entre le dernier retour de vacances et le 14 juillet, les députés auront à débattre, amender et voter une dizaine de «réformes majeures» (statut des fonctionnaires, ports autonomes, prisons…) rappelait Roger Karoutchi le 24 mars dernier. Un délai «très court» reconnaissait le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement.
Les députés de la majorité ont l'impression qu'on les a oubliés. D'un mois sur l'autre, Copé est le défenseur de leur cause ou le grand absent. Quant à Karoutchi, «sa priorité a toujours été à ses magouilles personnelles», peste un élu qui remarque que le secrétaire d'Etat se préoccupe plus du Grand Paris que du grand parti.
Un temps à dissoudre la Chambre ? Du côté de l'opposition, on minimise l'ampleur de cette grogne : «Il y a bien quelques contestataires comme Myard pour défendre les avancées de de Gaulle, concède Jean-Claude Sandrier, président du groupe Gauche démocrate et républicaine, mais ils sont surtout d'accord pour hurler sur ceux qui, comme Nathalie Kosciusko-Morizet, soutiennent des mesures de gauche.»
Au sein de l'UMP, Dominique Paillé, conseiller de l'Elysée et ancien député lui-même est encore plus sévère : «J'ai été 20 ans parlementaire et durant tout ce temps j'ai entendu des élus avoir des états d'âme : les députés disposent de tous les outils pour s'exprimer et infléchir les textes mais ils ne les utilisent pas !»
En fait, beaucoup se sentent abandonnés au milieu du gué : plus de chef, plus de ligne, plus vraiment de parti. «Certains députés conservateurs ne savent plus où ils habitent, raconte Nicolas Dupont-Aignan. Ils ont fait campagne pour la Ligue du Nord et on leur sort un seau de gauche caviar!»
Les mesures d'économies brisent ainsi certains fondement d'égalité sociale partagés par tout le spectre de l'UMP : politique nataliste, protection sociale, etc. «S'il faut trouver des économies, moi je vais vous en trouver des économies, dans les structures de l'Etat par exemple : mais ne coupez pas l'aide aux familles !», supplie un député. Preuve de cette désorientation, le silence des députés de la majorité lorsque l'exécutif les a tout bonnement zappés en décidant seul d'envoyer des troupes supplémentaires en Afghanistan.
«Si on continue, Sarkozy n'aura plus d'autre choix que dissoudre l'Assemblée», tonnait le villepiniste Jean-Pierre Grand. De fait, pour beaucoup, la situation rappelle les début du premier mandat de Jacques Chirac quand, en 1997, Juppé n'écoutait plus les parlementaires pour appliquer le programme. Une situation qui avait justement mené le président de la République à une solution radicale. Sarkozy suivra-t-il l'exemple de Chirac face à la révolte de ses troupes ?
Gouvernement - Deux livres-scuds de droite contre le Président
Marianne Lundi 21 Avril 2008 - 00:11 Jérôme Sage
La collection des livres critiques à l'égard du président s'enrichit désormais de deux brûlots... de droite. En tir croisé sur Sarkozy, François Léotard et Thierry Desjardins dégomment son style, ses options de gouvernement et son appétit pour les médias et l'argent.
Ces deux là ne sont probablement pas amis. En réalité, même, tout les sépare, ou presque.
Le premier, Thierry Desjardins, ancien directeur adjoint du Figaro, passé avec le temps du métier de journaliste à celui de pamphlétaire contre les impôts, le gaspillage d'Etat, le poids de la législation du travail, mai 68, Mitterrand etc, signe Galipettes et Cabrioles à l'Elysée (Fayard, 2008).
Le second, François Léotard, ancien ministre et président de l'UDF, centriste éternel, a publié pour sa part Ca va mal finir (Grasset, 2008), ouvrage qui l'a propulsé en tête des ventes d'essai durant plusieurs semaines. Tous deux ont voté pour Nicolas Sarkozy, et clament dans leurs livres leurs regrets d'avoir aidé à élire un tel président.
Leur style est, naturellement, différent, mais les deux propos convergent : ce président n'a pas vraiment la classe. Desjardins, de sa plume offusquée de petit bourgeois effrayé de voir son convive poser les coudes sur la table, décrit Sarkozy en «président yuppie», affichant «ostensiblement ses goûts de luxe comme un patron de bistrot qui vient de gagner au loto», attiré par «l'argent frais» qui, «contrairement au poisson, sent souvent le moins bon»
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Léotard lui, en héritier d'une droite plus humaniste et plus centriste, secoue la tête, navré de l'épisode de Disneyland et de la triste mise en scène de l'amourette présidentielle : «Tout sauf Disneyland dont Ariane Mnouchkine disait, lors de sa création, que c'était un « Tchernobyl culturel »… On ne va pas s'irradier là-bas, dans des châteaux en carton-pâte, quand on porte le flambeau des amours françaises !»
Un président plus médiatique que politique - En somme, les deux auteurs situés aux deux bouts de l'éventail droitier, regrettent la perte de standing de la présidence, et avec elle de l'«esprit» français que porte le président, pleurant ainsi l'âge d'or de De Gaulle et René Coty pour Desjardins, Pompidou et son amour de la poésie, Giscard et son accordéon, Mitterrand et ses bistrots du Morvan du côté de Léotard.
Car la France, c'est son président, et vice versa. Et du coup, la France du moment ne serait pas belle à voir, toute d'esbroufe, de mots sans réalité, de revirements, de soif d'argent facile, d'inculture crasse.
Une fois leur plume chauffée, le mouvement est lancé, et tout y passe. La politique du sens-du-poil face à Khadafi, le ministère de l'Identité nationale, l'action politique par slogans vérifiant nombre des leçons de Guy Debord («chaque nouveau mensonge de la publicité est ainsi l'aveu de son mensonge précédent») pour Léotard.
La politique d'ouverture, «trahison envers les électeurs», l'obsession des sondages, la «placardisation» d'un Fillon sérieux et ambitieux, la politique plus soucieuse de son effet à l'ouverture du 20 heures que de politique pour Desjardins.
Ces deux livres ne sont, bien entendu, que deux ouvrages critiques parmi d'autres de la première année du règne de Sarkozy. Mais ils symbolisent bien le trouble des électeurs de droite et la façon dont le régime semble pris dans une véritable tenaille sociologique : à Desjardin la droite des bistrots et à Léotard celle des dîners en ville, une bourgeoisie éclairée apeurée d'avoir misé sur un homme qui a trahi leurs aspirations une fois installé à l'Elysée.
Ainsi Nicolas Sarkozy donne-t-il l'impression de chuter à droite. C'est nouveau pour le Président mais terriblement classique dans l'histoire politique contemporaine : De Gaulle, Giscard et Chirac l'ont déjà expérimenté.
Des salariés sans-papiers attendent d'être payés depuis 4 mois
20/04/2008- France-infos – AFP
PARIS, 20 avr 2008 (AFP) - Dix agents de sécurité, dont sept sans-papiers, salariés par un sous-traitant du magasin de vêtements Fabio Lucci dans le 19e arrondissement de Paris, sont en grève pour réclamer le paiement de leurs quatre derniers mois de salaires, a indiqué dimanche la CGT à l’AFP.
Le mouvement a débuté le 27 mars et s’est renforcé jeudi par un "blocage complet du magasin", a expliqué Serge Fargeot de la CGT-Paris alors qu’une grève des salariés sans-papiers avec occupation de sites, commencée mardi en Ile-de-France, n’a cessé de samplifier, réunissant dimanche "plus de 530 personnes", selon la CGT. Le syndicat réclame que "l’employeur prenne ses responsablités, ne se cache pas derrière les sous-traitants et entame une démarche pour la régularisation des sans-papiers". "Certains ont reçu des chèques du mois de décembre et janvier qui étaient des chèques insolvables et depuis le 1er février, ni contrats de travail, ni feuilles de paye ni salaires n’ont été donnés au personnel", a affirmé M. Fargeot. La direction n’a pu être jointe par l’AFP dimanche.
Salariés sans papiers: Bertrand pour des examens au "cas par cas" par les préfets
PARIS, 20 avr 2008 (AFP) - Le ministre du Travail et des Solidarités Xavier Bertrand a renvoyé aux préfets l’examen "au cas par cas" de la situation des travailleurs salariés sans papiers, saluant la politique "d’immigration maîtrisée" du gouvernement, dimanche sur Canal +.
SANTé - Douleur - Quand le travail fait mal
NOUVELOBS.| 18.04.2008 |
Les Troubles Musculo-squelettiques (TMS) sont récemment sortis de l’ombre suite à une campagne de prévention orchestré par les pouvoirs publics. En France, ils représentent 70% des maladies professionnelles reconnues. Le Rochester Institute of Technology va plus loin. D’après une nouvelle étude, les principaux professionnels touchés sont les interprètes pour personnes sourdes et malentendantes devant les ouvriers et autres travailleurs de force.
Qu’est ce qu’un Trouble Musculo-squelettiques ? C’est une maladie touchant principalement les tissus mous comme les muscles, les tendons et les nerfs. Vous savez cette petite douleur qui vous prend en fin de journée en bas du dos à force d’être assis(e) ou aux articulations après avoir répété plusieurs fois le même geste ou avoir porté de lourdes charges.
D’après le site de l’assurance maladie, les principaux domaines touchés sont l'agroalimentaire, la métallurgie, le bâtiment et les travaux publics. Une cadence élevée, une posture prolongée, des charges excessives, des mouvements répétitifs sont autant de causes de ces TMS auxquelles viennent s’ajouter un trop faible temps de récupération, le stress et certains facteurs personnels.
Une campagne de prévention a été lancée la semaine dernière afin de sensibiliser les employeurs et d’améliorer la connaissance de ces troubles. Les dépenses liées à ces maladies, une fois déclarées et reconnues sont très importantes. La somme de 710 millions d’euros de frais couverts par les cotisations des entreprises est avancée par le ministère du travail. De plus, au sein des entreprises, cela représente de nombreuses absences (7 millions de journées de travail perdues), une perte de production, des employés à reclasser… La prévention peut se faire par une amélioration du poste de travail, un aménagement des horaires et une plus grande diversité dans les taches.
Une étude publiée hier sur le site du Rochester Institute of Technology (NY) met en lumière une autre profession particulièrement touchée par ces troubles : les interprètes du langage des signes. Ces professionnels sont largement concernés par les TMS type inflammation du canal carpien ou tendinite à cause de la répétitivité de leurs mouvements et du stress dû à la très grande concentration que nécessite leur fonction.
Les experts ont mesuré leur vitesse de signature afin d’évaluer la fatigue du poignet et l’ont comparé avec différents groupes de travailleurs. Il en ressort que l’activité des interprètes présente plus de risques physiques que celle des ouvriers. Or, peu nombreux, ces spécialistes sont indispensables aux personnes atteintes de surdité ou malentendantes. Il est donc primordial de plancher sur de nouvelles techniques permettant d’améliorer leurs conditions de travail.
Mélanie BOURDON Sciences et Avenir
Le billet d'humour de Robert SOLé - On m'a volé ma voiture
LE MONDE | 15.04.08
Le ministère de l'intérieur expérimente, paraît-il, un nouveau logiciel : appelé Ardoise, il permettrait, selon le Collectif contre l'homophobie, de collecter des renseignements personnels sur toute personne entendue comme victime, témoin ou auteur présumé d'un délit.
La police pourrait ainsi inscrire sur ses fichiers que vous êtes handicapé ou homosexuel ou permanent syndical... C'est difficile à croire, compte tenu de la loi "Informatique et libertés". Je suis quand même allé hier déclarer au commissariat le vol de ma voiture.
De quel véhicule s'agit-il ?, m'a demandé le policier.
- Une Mégane gris métallisé.
- Quelle est votre couleur préférée ?
J'ai répondu : "Bleu turquoise", ce qui est la stricte vérité, et il l'a inscrit sur son ardoise.
Il m'a demandé alors si je faisais de la natation en salle, si j'aimais le ris de veau, si je comptais prendre une retraite anticipée, si j'aurais pu être orthophoniste, si j'étais fidèle en amour et s'il m'arrivait d'être inquiet.
Là, j'ai protesté : inquiet, moi ? Jamais !

