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lundi 21 avril 2008

Nicolas Sarkozy, l'anti-Césaire

Orange actualités - Le vendredi 18 avril 2008

En ce qui concerne Aimé Césaire,"l'acharnement nécrologique" de Sarkozy en devient presque grotesque.

Rien n'est plus dissemblable que ces deux mondes de pensée. Sarkozy est de ceux qui veulent que soient reconnus"les aspects positifs de la colonisation", c'est-à-dire qu'en échange de quelques hôpitaux,de quelques aumônes,on doit accepter de vendre son identité, sa culture, son âme, tout ce qui fait qu'on est soi (ce qu'a magnifiquement dessiné Césaire) et de voir son être profond dissous, digéré, phagocyté, en un mot aliéné par une culture dominante agressive, tout cela au nom de profits et intérêts extérieurs et non pour le progrès et le bonheur de l'humanité. Césaire s'est toujours dressé contre cette forme d'oppression (On me lance à la tête des statistiques, des kilométrages de routes… Moi je parle de milliers d’hommes sacrifiés ! »

"Pas de repentance" a dit Sarkozy (1). Pour lui,il s'agit donc de faire comme si l'esclavage n'avait jamais existé. C'est laver sa conscience à bon compte. La meilleure façon, en pratique, d'honorer la mémoire du grand poète serait de respecter la Personne Humaine en chacun, en ces immigrés, en ces sans-papiers venus d'un ailleurs sans espoir," reconduits à la frontière"comme des bestiaux. Plus facile d'aller à des obsèques nationales que de repenser le problème de l'immigration et de la coexistence. 

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(1) référence au discours prononcé à Toulon le 7 février 2007 « Le rêve européen… qui fut le rêve de Bonaparte en Egypte, de Napoléon III en Algérie, de Lyautey au Maroc… ne fut pas tant un rêve de conquête qu’un rêve de civilisation. Cessons de noircir le passé de la France !…je veux le dire à tous les adeptes de la repentance… »

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"Je n’accepte pas de recevoir le ministre de l’Intérieur pour deux raisons. Première raison : des raisons personnelles. Deuxième raison : parce que, auteur du Discours sur le colonialisme, "je reste fidèle à ma doctrine et anticolonialiste résolu", déclarait Aimé Césaire pour expliquer son refus de recevoir Nicolas Sarkozy, ancien ministre de l’intérieur, lors d’un voyage prévu par ce dernier, puis annulé, aux Antilles en 2005, en signe de protestation contre la loi de février 2005 dont un article reconnaissait "le rôle positif de la colonisation".

Le père de la NEGRITUDE avait finalement reçu en mars 2006 celui qui était alors ministre de l’Intérieur, lui offrant son "Discours sur le colonialisme", tout en soutenant activement Ségolène Royal, candidate socialiste à la présidentielle, y compris en l’accompagnant lors d’un meeting malgré son grand âge.

Posté par werdna à 11:38 - Culture - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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