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vendredi 18 avril 2008

OGM : Les vrais dangers pour la santé

OGM : Les vrais dangers pour la santé

Du magazine Nouvelles Clés – avril 2008 - 

Entretien avec le professeur Gilles-Eric Séralini - Propos recueillis par Sylvain Michelet

Consciemment ou pas, les partisans de l’extension des OGM hors des labos se comportent comme des irresponsables, voire des criminels. Il est temps que la biologie mûrisse et affirme sa déontologie !

Gilles-Eric Séralini est LE grand expert français des OGM et de leurs risques sanitaires. Chercheur et enseignant en biologie moléculaire à l’université de Caen, il a été nommé par le gouvernement, en 1998, dans les commissions chargées d’évaluer les OGM avant et après leur commercialisation, et en 2003, expert auprès de la Commission européenne. Il est également membre fondateur et président du comité scientifique du CRII-Gen (Centre de Recherche et d’Information Indépendante sur le Génie Génétique) et auteur de plusieurs livres, dont Ces OGM qui changent le monde (Champs, Flammarion).

Nouvelles Clés : Le moratoire européen sur les importations de semences transgéniques repose, au nom du principe de précaution, sur d’éventuels risques sanitaires. Est-ce justifié ?

Gilles-Eric Séralini : Précisons que nous ne parlons pas des OGM produits en laboratoire et destinés à y rester, mais de ceux qui sont disséminés dans l’environnement. Deux hypothèses s’opposent à leur sujet, scientifiquement soutenables à notre degré de connaissance actuel, et relevant finalement de la croyance et de la philosophie : pour l’Europe, un OGM est a priori différent ; pour les Etats-Unis, c’est un organisme comme les autres. Au mieux, on devrait dire qu’on ne sait pas. Mais ces disputes font oublier l’essentiel : 99% des OGM réels dans le monde sont des plantes qui ont été "génétiquement modifiées" dans un seul but : produire ou absorber des pesticides. Et sur ce plan, ils sont très peu étudiés. Or, les principes actifs des pesticides sont faits pour tuer. Leurs effets secondaires - voyez les médicaments - peuvent donc être dévastateurs, surtout quand on sait qu’ils atteignent l’intimité des cellules. Un exemple : le principal OGM est le soja au roundup (62% des OGM sont des sojas, à 90% au roundup), qui peut absorber ce pesticide sans mourir. Le roundup a des effets secondaires connus sur le système reproducteur, mutagènes sur les cellules, toxiques sur les cellules embryonnaires humaines à des doses inférieures aux doses agricoles, avec perturbation du système hormonal...

N.C. : Ces capacités de nuisance sont-elles transmises à l’OGM ?

G.-E. S. : Il semble bien, en effet. Avec le CRII-GEN, nous avons obtenu communication des commentaires des experts sur quelques tests effectués par les industriels (pour les OGM en demande de commercialisation en Europe ou qui le sont aux Etats-Unis) à la suite de mes demandes officielles, depuis de nombreuses années, pour des tests de 3 mois sur des rats. Dans leurs conclusions, les industriels admettaient des effets significatifs sur la santé des rats pour certains OGM : sur le taux de sucre, le taux de globules rouges et de globules blancs, avec des différences selon le sexe, tout cela pour un maïs transgénique tout à fait banal. Mais ils en niaient l’importance physiologique.

N.C. : Que voyez-vous comme risque majeur ?

G.-E. S. : Tout dépend du pesticide et de l’organisme qui les reçoit. Le pesticide présent dans la plupart des maïs transgéniques est une molécule qui, activée dans l’estomac d’un insecte, lui perfore l’intestin en créant des septicémies. Mis en contact, en labo, avec des globules rouges humains, il les éclate progressivement. Alors, regarder s’il y a des anémies sur les vaches nourries aux OGM, ou des malformations intestinales, comme l’a montré le chercheur britannique Arpad Pusztaï sur des rats, ne me paraîtrait pas anormal. Mais en fait, les risques sont bien plus larges, car les pesticides sont des "empoisonneurs à bas-bruit" des grandes fonctions de l’organisme - au premier chef la communication entre les cellules, c’est-à-dire le système hormonal. Alors qu’avec une bactérie pathogène, qui se multiplie vite dans un tissu particulier, on a généralement une "spécificité d’organe" ; un pesticide va s’infiltrer un peu partout et, disons comme dans une vieille chaussette, trouer là où l’organisme est déjà atteint ou malade. Il peut donc affecter n’importe quel organe.

N.C. : Donc de multiples pathologies possibles ?

G.-E. S. : Les désherbants mutagènes utilisés avec les OGM pourraient favoriser certains cancers ou des dérèglements du métabolisme, ou encore une baisse de l’immunité, ou même pour l’insecticide produit par nos maïs OGM, des microperforations intestinales si les effets sont comparables à ceux observés chez les insectes. Une autre considération justifie à mes yeux de prendre les OGM pour des organismes nouveaux : notre manque de recul. Par tradition - 11 000 ans d’agriculture ! - Aujourd’hui on peut mettre un gène de chien ou d’humain dans du maïs - on l’a fait en France. Cette nouveauté mérite d’être prise en compte, et soigneusement étudiée s’il s’agit d’en nourrir la planète.

N.C. : Hors pesticides, existe-t-il des dangers spécifiques à la manipulation génétique ?

G.-E. S. : Il est certain que l’on passe la barrière des règnes et des espèces avec une méthode nouvelle. Notre ignorance devrait nous inciter à la modestie. Certains vantent notre précision chirurgicale ou notre bonne connaissance du gène introduit, mais il y a une grande imprécision dans la manière dont on introduit le gène, comme dans le patrimoine génétique finalement greffé, que l’on ne connaît même pas - on n’a pas fini de séquencer le génome du maïs, du coton, du soja ou du riz, et ce n’est que l’une des inconnues ! On sait d’après la littérature scientifique que l’introduction de gènes artificiels dans un réseau de gènes vivants - un tissu vivant, en permanente reconstruction et remaniement -, peut créer des effets tout à fait inattendus, selon l’endroit où le gène artificiel va arriver. On appelle ce phénomène la "mutagenèse insertionnelle". Ces mutations peuvent interrompre des gènes actifs et créer de nouveaux métabolismes toxiques, des cancers, des vieillissements prématurés, etc. Quand on crée des OGM en labo, 99% ne marchent pas ou marchent mal.

N.C. : Par exemple ?

G.-E. S. : La plante présente des anomalies de croissance, des malformations des feuilles, toutes sortes de défauts semblables aux malformations congénitales des maladies génétiques. En fait, on ne peut pas très bien faire la part entre l’OGM lui-même et la technique agressive qui consiste à introduire du matériel génétique de manière forcée, violente, dans la cellule. Car on ne "fabrique" pas vraiment des OGM. Ce que l’on fait, c’est en somme violer la cellule avec beaucoup d’ADN, en espérant qu’un petit fragment de cet ADN va s’introduire dans le patrimoine génétique et y rester. La cellule agressée, faisant feu de tout bois pour essayer de recoller les bouts de son ADN, va prendre un peu d’ADN étranger et s’en accommoder... ou pas (99% des cas). Je comprends qu’on fasse cela pour la recherche et sans connaître tous les résultats d’une expérience. Mais il me semble malhonnête, pour des prétextes économiques, d’en donner à manger sans avoir pris des précautions d’usage, comme celle qui consiste à les essayer sur des rats avant d’en nourrir les bébés. Malhonnête également de dire que les OGM ne présentent aucun risque alors qu’aux Etats-Unis par exemple, on n’a fait aucune étude pour savoir qui mange quels OGM et depuis combien de temps. Mais il y a un énorme intérêt économique derrière : mettre un gène artificiel dans une plante permet d’obtenir des brevets sur la plante et donc, de la posséder.

N.C. : N’est-ce pas un autre problème ?

G.-E. S. : C’est à cause de cet intérêt économique que l’on renonce à prendre la précaution de faire des tests alimentaires. Comme pour un nouveau médicament, cela obligerait à des études animales et humaines, diminuant considérablement la rentabilité. De fait, les effets pesticides des OGM ne sont pas vraiment étudiés.

N.C. : Arrivez-vous à comprendre les arguments adverses ?

G.-E. S. : Ces arguments ne sont justifiés que pour ceux qui visent à une mainmise sur les ressources alimentaires mondiales. Argument majeur : les OGM aident à la productivité agricole en facilitant l’usage de certains pesticides. Pour les vendeurs de pesticides, c’est merveilleux, mais pour le consommateur ? Autre argument : les bienfaits potentiels. Certes, produire de l’insuline par le génie génétique en milieu confiné offre un avantage si l’on n’a pas facilement d’insuline sûre par ailleurs. Mais l’utilisation d’OGM agricoles ou alimentaires ne vise pas cela, et ne prend pas en compte ses propres effets sur l’environnement et la santé. Des plantes high-tech, bourrées de vitamines ? Pas rentables : beaucoup de ces vitamines seraient perdues avant même la préparation de l’aliment, il vaut mieux les incorporer à la fin. Depuis 20 ans que l’on fait des OGM, aucun n’a apporté de propriétés réellement nouvelles aux aliments. Dernier argument : produire des plantes résistant à la sécheresse, au gel, à l’eau salée, etc. Les études montrent qu’il existe déjà des variétés plus adaptées que d’autres à ces différentes conditions, et que des centaines de gènes sont recrutés pour permettre à ces caractères de s’exprimer. Or le génie génétique ne sait pas maîtriser, aujourd’hui, plus d’un ou deux gènes à la fois. On est donc plus dans la publicité et le rêve que dans la physiologie. On parle de ce qui se fait en serre, en labo ou même seulement sur le papier, et qui n’a aucune réalité agronomique, alors qu’on ne parle pas des plantes à pesticides... Voilà pourquoi j’accepte de parler en public, j’écris des livres : mon engagement est celui d’un enseignant. Je souhaite que la population soit informée.

N.C. : En parlant de modestie, c’est également aux chercheurs que vous vous adressez ?

G.-E. S. : Il est temps que la biologie s’ouvre à la complexité et accède à la maturité. Elle doit devenir une "éco-biologie". Car nous découvrons un véritable écosystème, une "écogénétique" où les gènes se remanient les uns les autres, où de nouvelles espèces peuvent apparaître quand certains fragments génétiques se déplacent très vite dans le génome. Nous n’en sommes qu’au premier degré dans la connaissance d’un monde superbe de réseaux, de gènes actifs tirés ensemble, de gènes recroquevillés sous des carapaces et ne fonctionnant pas, de gènes sauteurs, d’interactions et de corrélations entre les gènes, d’ADN "poubelle" qui ne l’est pas du tout. Il faut au moins une centaine de gènes pour en ouvrir un nouveau ! On découvre un monde vivant, en permanente reconstitution. L’éco-biologie, c’est l’étude de ce monde, et notamment de l’effet de l’environnement sur les gènes et sur leur fonctionnement en réseaux ; pour mieux comprendre l’effet des polluants, en particulier des pesticides. C’est aussi étudier l’effet des gènes artificiels sur l’environnement et sur la santé. En bref, c’est mieux prendre conscience des problèmes posés par le génie génétique.

N.C. : Comme la physique en son temps, la biologie doit s’ouvrir à la pensée de la complexité ?

G.-E. S. : Oui. Une petite cause peut avoir de grandes conséquences : on peut, en intervertissant deux petits gènes, avoir l’abdomen à la place du thorax et vice versa chez une mouche. Ou encore, un train peut en cacher un autre : un gène aura différents effets selon son niveau d’expression - car les gènes "s’expriment", un peu comme des chanteuses, en participant plus ou moins activement à la synthèse des protéines. Ainsi, un même gène peut produire différemment selon les circonstances, l’environnement, le réseau de gènes au sein duquel il fonctionne. Il peut même avoir des rôles opposés. Je travaille sur un gène qui synthétise les hormones sexuelles : s’il "s’exprime" un peu, ça provoque l’ovulation, beaucoup, ça la bloque, créant l’effet pilule. Ou cela favorise le cancer du sein. On descend au cœur du vivant et on rejoint l’universel, l’infiniment petit rejoint l’infiniment grand, c’est une toute jeune science. Et l’on croit la maîtriser ? En caricaturant la réalité avec "un gène, une fonction" ? Au moment où la génétique essaye d’influer sur le devenir de l’homme et de tous les êtres vivants, nous découvrons l’aspect réducteur de certains de ses raisonnements actuels et ses travers, alors qu’elle a de merveilleux potentiels.

L’écobiologie à laquelle j’aspire doit cultiver l’éthique. Avec l’Institut européen d’Ecologie et le CRII-GEN, nous proposons un "serment d’éthique" - comparable à celui d’Hippocrate prêté par les médecins - pour tout jeune chercheur en sciences de la vie, qui l’engage à se questionner sur le sens et les objectifs de ses recherches, et à respecter la biodiversité. Peut-être faudrait-il aussi un conseil de l’ordre pour les scientifiques ?

A lire :

  Gilles-Eric Séralini, Génétiquement Incorrect, éd. Flammarion.
  Ces OGM qui changent le monde, éd. Flammarion, coll. Champs

Contact :

CRII-GEN, 40 rue de Monceau, 75008 Paris, www.crii-gen.org

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Soleil levant par Bernard Langlois

Politis jeudi 17 avril 2008 par Bernard Langlois

On s’en doutait un peu, notez : les voyages de nos Excellences dans les contrées lointaines relèvent du domaine des loisirs organisés, aux frais de la Princesse (laquelle est plus que jamais, nonobstant ses jambes de reine, en sabots et jupon mité...). Si tel n’était pas le cas, Mme Kosciusko-Morizet serait présentement au Japon (du moins sur le retour), en compagnie du Premier ministre et de quelques autres collègues.

On nous a en effet dûment fait savoir que la secrétaire d’État à l’Écologie était punie. Privée de visite au pays du Soleil levant pour cause de propos un peu raides. Il faut dire que la belle incandescente, dans une déclaration au Monde, flinguait d’une même rafale son ministre de tutelle et le président du groupe parlementaire de l’UMP, accusés de se livrer à « un concours de lâcheté et d’inélégance », excusez du peu.

« On en a marre, ont chougné en substance dans les girons supérieurs les députés majoritaires, déjà qu’Attali nous traite d’imbéciles, voilà une sous-ministre, vice-présidente du parti qui plus est, qui nous traîne dans la boue. Ça suffat comme ci ! » (C’est vrai, quoi, toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire.) L’impudente a donc dû présenter ses plus plates excuses ; mais l’adjudant de quartier n’a rien voulu entendre : « Z’irez en permission sur mes bottes ; et estimez-vous heureuse que je ne vous vire pas de mon gouvernement, rompez ! »

Après quoi, avec Pénélope mais sans Nathalie, François Fillon s’en fut au pays des sumos, histoire de vérifier s’ils sont aussi adipeux et graisseux que le prétend son « collaborateur ». Le p’tit gars de l’Élysée.

Lequel p’tit gars, comme chacun a pu le constater, s’est acheté une conduite. On dit qu’il doit son comportement nouveau, plus conforme à la fonction, à l’influence d’une épouse bien élevée. Ça durera ce que ça durera.

Cette retenue toute nouvelle et si peu conforme à son caractère de m’as-tu-vu (il n’est même pas venu faire la roue à la télé après la conclusion heureuse de l’affaire du piratage du Ponant, c’est dire ... !) lui a permis de reprendre un point ou deux dans les sondages ­ qui restent toutefois nettement négatifs ; mais il est peut-être déjà trop tard pour redonner du lustre à un règne qui s’effiloche, moins d’un an après avoir commencé.

Est-ce l’incohérence de la politique suivie (c’est flagrant sur cette affaire d’OGM, avec des élus de la majorité sous influence des semenciers et en parfaite contradiction avec le Grenelle de l’environnement), l’absence dramatique de résultats sur l’engagement majeur du candidat Sarkozy (la hausse du pouvoir d’achat), la montée d’une contestation qui jette lycéens et profs dans la rue, mais aussi bien d’autres (jusqu’aux handicapés !), vent debout contre une rigueur qui se refuse à dire son nom (ou plutôt : qu’on refuse de nommer) ?

Le tout dans un climat de crise financière, économique et maintenant alimentaire aux dimensions planétaires ­ et dont il est clair que ce n’est pas ce pouvoir à la fois débile, autoritaire et foncièrement antisocial qui pourra en épargner les dégâts au pays : toujours est-il que la plus grande confusion, les embrouilles, les querelles, les malentendus se sont installés au coeur de l’équipe gouvernante (supposée telle), et d’abord entre un Président et un Premier ministre dont on dit qu’ils ne peuvent plus se voir en peinture. D’ici quelques jours, le président plouf-plouf va tenter de reprendre la main dans un grand show télévisé, qui veut faire oublier la lamentable conférence de presse du début janvier.On doute qu’il y parvienne, tant il a déjà des allures de roi Pétaud.

MAUVAISE MINE - Et en cette pétaudière qu’est la Cour devenue, ce sont amis que vent emporte. L’amour est morte, pauvre Rutebeuf ! Reste la haine vigilante, la concurrence exacerbée. Et chapeaux que l’on mange en couronne, un coup Rama, un autre Kouchner !

Beaux ministres d’ouverture, comme vous avez mauvaise mine, si vite, si tôt ! Vous, le maire de Mulhouse, qui, fort des assurances présidentielles, partîtes en guerre contre ces rois nègres qui prospèrent en Françafrique : comme ils ont vite eu raison de vous, ami Bockel. On ne vous reproche pas tant d’avoir cédé (le moyen de faire autrement, quand le chef vous lâche ? Et avant vous, sous François le roué, Jean-Pierre Cot avait tenu à peine plus de temps, qui s’en souvient ?), mais d’avoir, sans gloire, accepté cet autre portefeuille qui gère breloques et pensions de guerre, et de vous en déclarer ravi en plus, hypocrite !

Et vous, Fadela, déjà disparue dans le triangle des Bermudes d’une impossible politique des quartiers ! J’oublie le traître emblématique, le fringant Besson, on ne sait même pas à quoi il sert. Et que dire de Kouchner, ci-devant héraut des droits de l’homme et promoteur de l’ingérence, qui déguste chaque matin, avec des baguettes, son bol de couleuvres ? Encore a-t-il, lui, la satisfaction d’accompagner une dérive atlantique qui lui va bien au teint.

Quant à ce bon M. Hirsch, qui voit raboter son RSA chaque jour un peu plus, et dont on rappelle qu’il estimait le coût de sa réforme à 3 milliards, menaçant de démissionner si on les lui mégotait... Laissons-lui encore un peu de temps, puisque les choses ne sont pas tranchées, mais ne trouvez-vous pas qu’il a de plus en plus une tête d’alibi ?

En fin de semaine, fut atteint le comble de la confusion et battu le record du rétropédalage lorsqu’il fut question de supprimer les cartes de réduction familles nombreuses : devant la mobilisation des associations familiales et la stupéfaction furieuse des procréateurs, tous électorats confondus, on oublia vite cette brillante idée ; mieux : on ouvrit même l’accès à la ristourne dès le deuxième enfant ! Merci qui ? Merci, ô grand Président, lucide et cohérent. Va falloir maintenant revoir l’histoire des lunettes..

LE MIRACLE DU SILENCE

Pour finir sur une note optimiste, histoire de ne pas désespérer de l’espèce humaine, je vous recommande une histoire vraie. Une histoire de gens bien, pour changer.

Je connaissais le rôle exemplaire de la communauté protestante du Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire) dans la protection des enfants juifs sous l’Occupation. J’ignorais l’action tout aussi digne d’admiration des habitants de Dieulefit, gros bourg de la Drôme, qui vit en quatre ans sa population doubler (de 2 500 à 5 000 habitants) à la barbe des nazis, « les équarrisseurs », comme les nomme Anne Vallaeys, qui raconte cette belle histoire [1] avec minutie et talent.

Là aussi, une forte communauté protestante, comme si la répression féroce dont souffrirent les parpaillots après la révocation de l’Édit avait inscrit l’esprit de résistance dans les gênes de leurs descendants). Quelques personnalités hors du commun, autour d’une maîtresse femme, Marguerite Soubeyran, qui fut l’âme de cette désobéissance salvatrice aux ordres de Vichy et de ses maîtres.

Beaucoup de jeunes juifs sauvés, mais pas que des juifs : Dieulefit fut aussi l’Arche de Noé de dizaines d’intellectuels, de réfractaires, insoumis, fuyards en tous genres. Parmi eux, Henri-Pierre Rocher, l’auteur (et surtout le protagoniste, avec Franz Hessel, le père de Stéphane) de Jules et Jim ;

Pierre Emmanuel, poète et futur académicien, entraîné là par son ami Pierre-Jean Jouve ; l’homme d’Esprit, Emmanuel Mounier ; ou encore le tout jeune écrivain, cher à l’ami Garcin, Jean Prévost (qui sera fauché au Vercors) réfugié avec sa compagne Marcelle Auclair (la fondatrice de Marie-Claire), et plein d’autres, adultes déjà célèbres (Aragon et Elsa firent de brefs séjours) ou gamins qui le deviendront (comme Pierre Vidal-Naquet ou Pierre Anselme), parce que des gens courageux, des Justes, ont su, au péril de leur vie, leur ménager un avenir.

Tel fut ce « miracle du silence » de toute une petite ville, qui n’ignorait rien et ne soufflait mot de ce qui se tramait en ses murs, chez les « demoiselles » de la colline ; et où Jeanne, l’humble secrétaire de mairie, se coltinait les faux papiers en série pendant que le maire ­ un colonel, pourtant nommé par Vichy ­ regardait ailleurs !

Oui, une belle histoire vraiment, et qui nous est, merci Anne, fort bien contée.

Notes [1] Dieulefit ou le miracle du silence, Anne Vallaeys, Fayard, 248p., 19 euros.

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Italie : le retour d'un autre bling-bling

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FISCALITé - Eric Woerth veut accentuer la lutte contre la fraude fiscale et sociale

LE MONDE | 16.04.08 | Claire Guélaud

Le ministre des comptes publics, Eric Woerth, devait présenter, mercredi 16 avril, en conseil des ministres, un projet de décret relatif à la coordination de la lutte contre la fraude fiscale et sociale, qui représente, selon le Conseil des prélèvements obligatoires, entre 29 et 40 milliards d'euros par an. Ce décret crée une délégation nationale de lutte contre la fraude (DNLF) et prévoit l'expérimentation de cellules de lutte contre les fraudes fiscales et sociales conjointes au niveau départemental et régional.

La DNLF est une structure légère de quinze personnes, à la tête de laquelle devrait être nommé, mercredi 23 avril, Benoît Parlos. Elle aura notamment pour mission de coordonner les actions des services de l'Etat et des organismes intervenant dans le champ de la protection sociale (Caisse nationale d'assurance-maladie, Caisse nationale d'allocations familiales, Unedic, etc.).

CROISEMENT DES FICHIERS - La nouvelle délégation a vocation à apporter plus de transversalité dans la lutte contre la fraude en l'abordant sous tous ses aspects : juridiques, techniques, financiers, etc. L'Etat et les principales caisses nationales de Sécurité sociale ont d'ailleurs signé, le 3 avril, une convention qui vise à mettre en commun les informations disponibles et à faciliter les échanges de données.

La clé de voûte de cette politique est le croisement des fichiers informatiques et leur exploitation en aval entre les services ou organismes fiscaux ou sociaux.

La DNLF doit aussi mettre à profit la présidence française de l'Union européenne pour renforcer la coopération, notamment contre la fraude aux cotisations sociales et à la TVA intracommunautaire.

Dans un rapport sur l'état de la lutte contre la fraude fiscale, le Syndicat national unifié des impôts (SNUI), membre de Solidaires, a souligné, mardi, "le niveau alarmant" de la fraude à la TVA intracommunautaire, son coût budgétaire et social élevé.

Il a réitéré sa proposition d'instauration d'un "serpent fiscal européen" qui harmoniserait progressivement les fiscalités et les procédures, et préconisé un renforcement des moyens humains du contrôle. En 2007, il y a eu 52 292 contrôles sur place portant sur un montant d'"impôt éludé" de 7,03 milliards d'euros.

PRÉLÈVEMENTS OBLIGATOIRES Le Monde du 17 avril 2008

Le rapport complet (et croustillant) http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/074000186/0000.pdf

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Les indégivrables et Papier de verre - Humour noir

Le Monde Check-list 17/04/08

     papier de verre

Hervé Le Tellier
Crise alimentaire mondiale : des solutions existent, explique Chirac. Pour commencer, les pauvres n'ont qu'à mieux se faire rembourser leurs frais de bouche. 

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Une pile à hydrogène nippone

La firme japonaise Panasonic a annoncé qu'elle commercialiserait l'année prochaine une pile à hydrogène capable de fournir 60 % de l'énergie utilisée dans une maison.

Le journal japonais Nikkei à fièrement annoncé que Panasonic avait développé la pile à combustible la plus efficace du marché grâce à un système unique permettant une réaction chimique plus complète la rendant capable de convertir plus de 39 % de son hydrogène en énergie électrique et délivrant ainsi une puissance de 750 watts tout en réduisant de 37 % les émissions contaminantes pour l'environnement par rapport aux générateurs traditionnels.

Le système proposé par Panasonic utiliserait des électrodes polymérisées beaucoup plus efficaces que les électrodes habituelles. Pour fonctionner, la pile à combustible ne nécessite que de l'hydrogène et de l'oxygène.

Une centaine de ces piles seront mises à l'essai durant une année et si les tests s'avèrent concluants, Panasonic projette de vendre 10 000 unités de son générateur à pile à combustible pour 2010 et 100 000 unités pour l'année 2015 jusqu'à fournir 30 % des foyers nippons.

L'hydrogène sera-t-il en fin de compte l'énergie du futur ? Il ne pose aucun problème d'approvisionnement puisqu'il est l'élément le plus abondant de l'univers et il est non polluant dans le sens où sa combustion ne génère que de la vapeur d'eau, mais il faut prendre en compte la pollution générée lors de sa fabrication.

Hélas, dans l'état actuel des techniques, sa production, son stockage et son transport posent encore de réels problèmes.

http://www.come4news.com:80/une-pile-a-hydrogene-pour-alimenter-sa-maison-112357.html

http://terresacree.org SOS-Planete

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Des otages et des sondages..

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Livre : La nature nous sauvera

Patrice van Eersel- Magazine nouvelles Clés - éditions Clés / Albin Michel


Ce livre est un entretien avec François Couplan, le meilleur spécialiste mondial des plantes sauvages comestibles.

Depuis plus de trente ans, cet homme a montré que l’on pouvait survivre à peu près n’importe où - sur tous les continents, dans les endroits les plus reculés, et même dans le jardin de Central Park - en se nourrissant uniquement de plantes sauvages. Il a publié plus de quarante ouvrages sur le sujet, dont le plus prestigieux est sans doute sa Flore sauvage comestible américaine qui, dans sa version en langue anglaise, constitue la référence n°1 sur ce sujet aux États-Unis.

À longueur d’année, il parcourt le monde, sur la piste des connaisseurs de plantes. Cette démarche l’a mis en contact avec les plus anciennes cultures, qui se nourrissent encore partiellement comme dans la préhistoire. Devenu un expert internationalement reconnu, il propose une approche révolutionnaire de la vie. Un retour à nos origines, dont il dit qu’elles ne furent ni affamées, ni austères, mais pleine de santé. Selon lui, les véritables causes de la crise écologique remontent bien avant l’industrialisation : à la révolution néolithique, c’est-à-dire à l’invention de l’agriculture, mère de la civilisation, mais aussi de la guerre et des grandes famines. C’est un point de vue extrême, qui lui fait jeter un regard des plus originaux - un point de vue préhistorique ! - sur la situation actuelle.

Par ailleurs, depuis une dizaine d’années, François Couplan est devenu la « référence nature » d’un certain nombre de grands cuisiniers, dont le plus connu est Marc Veyrat, qui a cosigné avec lui plusieurs ouvrages de cuisine utilisant les plantes sauvages comme ingrédients essentiels. Ce compagnonnage smart est l’une des explications de la présence assez fréquente de Couplan dans les médias.

L’explication du succès de cet auteur est l’intérêt grandissant que le public porte aux produits naturels. S’ils sont sauvages, c’est encore mieux. Les recherches montrent qu’une plante sauvage contient dix fois plus d’éléments bénéfiques à la santé qu’une plante cultivée. D’autre part, à une époque ou toutes sortes d’incertitudes inquiétantes planent sur notre avenir, beaucoup de gens aiment l’idée qu’ils pourraient survivre n’importe où, comme François Couplan le démontre en organisant régulièrement des stages de survie (parallèlement à ses stages de gastronomie).

Nous nous sommes entretenus avec lui sur son parcours très singulier et sur le regard que pose sur le monde d’aujourd’hui un homme qui s’entraîne à longueur d’année à se nourrir comme nos ancêtres préhistoriques.

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Daniel Cohn-Bendit reçu à l'Elysée

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Après le conseil des ministres, Daniel Cohn-Bendit a été reçu dans le cadre des rendez-vous du chef de l'Etat avec les chefs de file des différents partis du Parlement européen en vue de la présidence française de l'Union européenne qui débutera le 1er juillet.

Vous a-t-il répété qu'il voulait "liquider mai 68", a demandé une journaliste, allusion à une phrase du candidat Sarkozy lors de son dernier meeting en avril 2007. "Non", a répondu Daniel Cohn-Bendit. "Mais il va lire mon bouquin. Il va m'appeler et dire "je me suis trompé. Pardon... Je vais pas liquider 68. Au contraire. C'est très bien. Ca me permet d'être président", a-t-il plaisanté.

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CHINE - Le couple qui tient tête à Pékin

LE MONDE | 16.04.08 |  PÉKIN CORRESPONDANT

Avant de publier des essais et des poèmes égratignant la politique du régime chinois au Tibet, elle fut, à Lhassa, rédactrice en chef d'une revue de littérature très officielle. Elle était athée, fille de militaire prochinois ; elle révère aujourd'hui le dalaï-lama dont les portraits sourient sur le petit autel bouddhique de son appartement, dans la banlieue de Pékin.

Avant d'acquérir la stature d'un célèbre écrivain chinois très critique de la politique de son pays - il est l'auteur, entre autres, d'un livre où il promeut l'idée d'un "système électoral par étapes" en Chine -, il fut dessinateur industriel dans l'automobile. Mais son goût de l'aventure le poussa un jour à se laisser glisser sur un radeau voguant au milieu des eaux du fleuve Jaune, au Tibet.

Elle, c'est Tsering Woeser, 43 ans. Lui, son mari, c'est Wang Lixiong, 55 ans. Ce couple d'originaux s'est rencontré à Lhassa au début du siècle : Tsering, fascinée par cet intellectuel marginal, prit contact avec lui alors que son futur époux venait de passer deux ans au Tibet et avait écrit un livre assez critique de la politique chinoise sur le Toit du monde.

Un tel parcours vaut naturellement à nos deux "jeunes" mariés l'ire du régime pékinois, qui ne s'accommode pas de leurs voix dissidentes et amères. Plusieurs fois par an, ils sont contraints de vivre sous un régime de résidence surveillée : la police vérifie et restreint leurs déplacements. Parfois elle va jusqu'à leur interdire toute véritable sortie.

C'est ce qui vient d'arriver à Tsering, jusque-là épargnée en dépit de son blog irrévérencieux, mais cependant impossible à télécharger en Chine, en raison de la censure de l'Internet : elle n'a pas été autorisée à se rendre à Oslo pour recevoir, le 8 mars dernier, le Prix de la liberté d'expression 2007 que lui a décerné l'Union des écrivains norvégiens. C'est son mari, jusque-là le plus harcelé des deux, qui a reçu la permission de faire le voyage en Norvège afin de recevoir le prix à la place de son épouse. Les autorités ont-elles senti, avant même le début des manifestations de Lhassa, que le Tibet incarnait une cause trop délicate en cette année olympique ?

Tsering revient de loin : élevée dans la province du Kham au sein d'une famille de militaires procommunistes, elle admet avoir perdu tout contact, durant son enfance, avec la culture et la langue tibétaines. En outre, Tsering n'est qu'aux trois quarts tibétaine, son grand-père paternel était chinois han et a poussé la famille à se siniser. Aujourd'hui, elle regrette de ne pas bien écrire en tibétain et rédige tous ses ouvrages en mandarin.

Il lui faudra attendre ses années d'université, à Chengdu, chef-lieu du Sichuan, pour que s'éveille en elle l'esprit critique, grâce à la lecture de livres occidentaux. "Cette prise de conscience a eu lieu quand j'étudiais à l'université des minorités. Mais c'est drôle, quand on y pense : le régime a créé ce genre d'institution afin que les enfants de l'élite des minorités servent plus tard son système mais, en fait, beaucoup d'adversaires du pouvoir central sont sortis de ces universités."

Un jour, elle trouve un livre publié en Occident qui raconte la fuite du dalaï-lama du Tibet, au cours du soulèvement manqué de Lhassa, en 1959. Grâce à cette lecture, la jeune fille se dépouille pour de bon du corset de la propagande et va opérer une mutation qui fera d'elle ce qu'elle affirme être aujourd'hui : un écrivain tibétain bouddhiste. "J'ai demandé à mon père si ce que l'on disait dans ce livre, (à propos des raisons de la fuite du dalaï-lama qui ne cadraient pas avec la version chinoise) était vrai.

Lui qui avait toujours été si proche du régime mais parlait peu, a juste lâché : "à 70 %, c'est vrai". Pour que lui admette cela, je me suis dit qu'il fallait que ça soit presque la vérité tout entière."

A 24 ans, soit vingt ans après avoir quitté Lhassa, son père ayant à l'époque été nommé dans la préfecture de Ganze, elle envoie son premier roman à un éditeur. L'ouvrage plaît et on lui propose un poste de rédactrice en chef de la revue Littérature tibétaine.

Elle accepte et va y rester quatorze ans. Car en 2004, après avoir publié à Canton un livre dans lequel elle avait pris le risque de raconter l'histoire d'un Tibétain parti en Inde pour rencontrer le dalaï-lama, elle perd son travail à la revue. "On" lui offre un marché : elle peut "se racheter" en rédigeant des articles de propagande pour vanter les mérites du nouveau train qui va bientôt relier Lhassa au reste des villes de l'empire. Elle refuse.

Mais son existence devient invivable, on la convoque, on la menace. Elle décide de partir à Pékin pour rejoindre celui qu'elle a rencontré en 2000 : Wang Lixiong.

Quand elle fait la connaissance de cet homme qui s'est attiré les foudres du pouvoir pour avoir écrit un livre sur le Tibet, Lixiong est déjà une vedette. Ses livres sont soumis à la censure et donc publiés au Canada, à Taïwan ou Hongkong, mais des éditions pirates circulent en Chine et ses prises de positions iconoclastes lui valent le respect d'un certain public.

Son premier ouvrage, Péril jaune, raconte une histoire de science-fiction dépeignant une Chine en crise dans un futur non précisé marqué par la décomposition du Parti communiste, où ne subsiste plus qu'un petit groupe organisant la... fuite des Chinois !

Puis il écrit Tibet, les funérailles célestes, un livre où il conseille au gouvernement chinois de faire des concessions pour rétablir un véritable dialogue avec le dalaï-lama.

Obsédé par la question des minorités, il va ensuite se rendre au Xinjiang, la région des Ouïgour musulmans turcophones. "On a sans doute voulu me faire payer mon livre sur le Tibet", pense-t-il aujourd'hui en revenant sur un douloureux épisode : alors qu'il enquête sur les colonies de peuplement militaires chinois au Xinjiang, on l'accuse d'avoir photocopié un document secret.

Il est arrêté. Il va passer 42 jours en prison, une expérience traumatisante qui le poussera au suicide : il tente de se trancher la gorge. Mais son incarcération va lui permettre de mieux comprendre, en parlant avec les prisonniers ouïgour de sa cellule, la situation politique dans cette région qui a vu l'émergence de mouvements séparatistes et islamistes.

Dans leur minuscule appartement immaculé, situé au 20e étage d'un immeuble à la périphérie de Pékin, face aux lumières de la ville qui clignotent dans le lointain, Tsering Woeser et Wang Xijiong semblent attendre avec patience des jours meilleurs, repliés sur leur amour en plein ciel. Décidés de poursuivre leur combat pour la liberté d'expression. Sans illusions excessives sur l'issue du combat.

Un blog, une lettre ouverte

LE MONDE | 16.04.08 | 16h04  •  PÉKIN CORRESPONDANT 

Tsering Woeser et Wang Lixiong se sont chacun à leur manière engagés après le début des troubles au Tibet.

Lixiong a adressé le 22 mars, en compagnie d'une trentaine de professeurs, d'universitaires et de journalistes chinois, une lettre ouverte au gouvernement chinois, l'exhortant à cesser sa "propagande de parti pris" au Tibet et de dialoguer avec le dalaï-lama.

Cette lettre comprend douze points, notamment l'appel à la libre circulation des médias au Tibet et la constitution d'une commission d'enquête internationale sur les causes des émeutes de Lhassa. Les pétitionnaires demandent aux Chinois d'outre-mer de faire preuve de modération au moment où les événements sur le Toit du monde provoquent un sursaut nationaliste chez les Han.

Cet homme qui a écrit un jour avoir "balayé définitivement les vestiges du nationalisme qui demeuraient en (lui)", est frappé par l'"ignorance de leur propre histoire démontrée par certains jeunes chinois". "Il faudrait peut-être, ajoute-t-il, faire une sorte de psychanalyse collective de la Chine..."

Dans un article publié le 28 mars, Wang Lixiong accuse Pékin d'avoir, durant les dernières décennies, combiné sur le Toit du monde "le développement économique, d'un côté, et la menace de la force, de l'autre. L'expérience prouve que cette approche ne marche pas".

Tsering, elle, se sert de son blog pour laisser les lecteurs réagir aux troubles. Ils ne s'en privent pas et les commentaires, de Chinois ou d'étrangers, abondent. Sur la suite des événements, elle n'est pas très optimiste : "Je pense que la pression internationale est indispensable pour empêcher les abus (du régime), mais je suis aussi persuadée que le gouvernement ne changera que s'il y a une crise majeure."

Quant aux Tibétains partisans du régime, elle les connaît bien puisqu'elle est issue de ce milieu. Elle juge que les soutiens locaux de Pékin "vivent une vie de schizophrènes : en public, ils défendent le régime, le parti et, revenus à la maison, c'est le contraire ! C'est sans doute ce qu'il y a de plus dur pour eux.

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Posté par Kozett à 00:02 - >>> Résistances <<< - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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