mercredi 16 avril 2008
Imbroglio autour du badge des athlètes français
Ouest-France – 16/04/08 - Didier EUGÈNE
La polémique est repartie de plus belle après les propos contradictoires tenus hier par le président du comité olympique français.
C'est reparti pour un tour de piste. La polémique sur la meilleure façon de faire avancer les droits de l'homme en Chine a repris, huit jours après le fiasco du passage de la flamme olympique à Paris.
Il n'en fallait pas plus pour que Robert Ménard, le secrétaire général de Reporters sans frontières, partisan d'arborer partout les tee-shirts représentant les anneaux olympiques enchaînés, se dresse dès potron-minet : « C'est décevant et affligeant. Va-t-on capituler en rase campagne ? » Et de lancer un appel aux athlètes français : « Si le CIO n'est pas capable du moindre courage face aux autorités chinoises, il faut que les athlètes français en fassent preuve et portent le badge. »
On verra si l'art de botter en touche est devenue une spécialité olympique ou si le monde des athlètes et surtout celui des dirigeants olympiques, peut s'entendre - « Tous ensemble » - et risquer de fâcher les organisateurs chinois des Jeux.
L’abondance des commissions nuit … à la santé de l’état
Tribune du 16/04/08 - MONIQUE PELLETIER - ancienne ministre, avocate au barreau de Paris.
Si Jacques Prévert était encore de ce monde, il livrerait, sans aucun doute, un nouvel inventaire des «économies» à réaliser par les pouvoirs publics. On y trouverait, au-delà des quelque 100 et 162 mesures prises par le gouvernement et des observations toujours pertinentes de la Cour des comptes, quelques suggestions de bon sens, en vrac.
Il existe actuellement 800 commissions (dont seulement 200 créées par la loi) qui se penchent sur des problèmes variés. Sont-elles toutes nécessaires et utiles ? Ne durent-elles pas trop souvent au-delà des rapports ?
Les hauts conseils, hautes autorités, observatoires et comités Théodule, fort nombreux également, sont-ils évalués de temps en temps ? Leur coût en locaux, secrétariat, voitures et services divers est-il connu ? Chacun d’eux n’entraîne sans doute pas une dépense importante. Ensemble, leur coût doit être élevé ?
Bien des éléments du patrimoine immobilier de I’Etat, dont on ignore probablement l’étendue, ne pourraient-ils, lorsqu’il s’agit d’immeubles à forte valeur du fait de leur situation, être cédés au prix du marché et donc avantageusement ? Il semble que ce sujet entraîne quelques réticences et ne soit pas traité comme il le faudrait.
L’énorme coût des «ratés» d’une administration, parfois aveugle, ne pourrait-il être évité ? J’ai connu les avions renifleurs, le désastre de l’informatisation des services judiciaires, laquelle a dû être entièrement reprise, pour un montant fort onéreux, par des spécialistes. Plusieurs cités judiciaires construites il y a quelques années ne répondent réellement ni aux besoins des professionnels, ni à celui des justiciables. Citons pour mémoire la catastrophe des passeports électroniques, celle de la vente de l’Hôtel des monnaies et médailles…
Pourquoi ne pas réfléchir à ces projets, ces interventions, ces travaux, par une vaste concertation avec des professionnels qualifiés, afin d’éviter les erreurs les plus graves. Ce ne sont là que quelques observations, quelques rappels. Ils sont loin d’être exhaustifs, faute d’informations suffisantes.
Si nos élites étaient convaincues de faire preuve de plus de raison, plus de bon sens et de moins d’indifférence à la dépense, le pari de la gestion rigoureuse pourrait être gagné. Et c’est la France qui serait gagnante.
OGM : lettre ouverte à François Fillon pour le maintien de l’amendement Chassaigne
NOUVELOBS.COM | 16.04.2008 |
Quarante personnalités de tous bords signent une lettre ouverte au Premier Ministre pour défendre l'amendement du projet de loi sur les OGM, "le seul qui garantit de protéger les structures agricoles, les écosystèmes locaux". Le texte doit être soumis ce mercredi au Sénat.
Contre les "logiques politiciennes"
Le projet de loi que doit examiner à partir de mercredi le Sénat en deuxième lecture "légalise un risque de contamination par les OGM de l'ensemble de l'agriculture française et ne protège par la grande majorité des agriculteurs qui veulent continuer à produire sans OGM", soulignent-ils dans cette lettre adressée au Premier ministre François Fillon ainsi qu'aux sénateurs.
"Nous n'acceptons pas que des logiques politiciennes viennent polluer l'intérêt général, la protection de l'environnement et la sérénité des consommateurs", affirment les signataires parmi lesquels figurent également Nicolas Hulot, l'écologue Robert Barbault, la journaliste Marie-Monique Robin, auteur du livre "Le Monde sans Monsanto" et le philosophe Pierre-André Taguieff.
Le groupe UMP au Sénat a décidé mardi d'émettre un "vote conforme" à celui de l'Assemblée "sur l'ensemble des articles du projet de loi sur les OGM, sauf l'article 1er" qui comporte l'amendement Chassaigne (PCF), a fait savoir son président, Henri de Raincourt.
L'adoption de cet amendement avait provoqué la colère des députés UMP à l'Assemblée nationale et constitué une victoire pour les anti-OGM.
Il vise à restreindre fortement l'utilisation des OGM en les interdisant dans les zones AOC.
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Monsieur le Premier ministre,
Le 24 octobre 2007, ouvrant le Grenelle de l’environnement, vous déclariez : «Solennellement devant vous, je m’engage à ce que toutes les conclusions précises, concrètes et consensuelles soient mises en œuvre.»
Le 25 octobre, l’ensemble des négociateurs, y compris les représentants de la profession agricole et du gouvernement, concluaient à l’unanimité sur l’«adoption d’une loi sur les biotechnologies et les OGM avant la fin du printemps 2008», reposant notamment «sur les principes suivants : responsabilité ; principe de précaution ; transparence et participation ; libre choix de produire (règles de coexistence) et de consommer sans OGM». Ce même jour enfin, dans son discours de clôture, le président de la République affirmait : «La vérité est que nous avons des doutes sur l’intérêt actuel des OGM pesticides ; la vérité est que nous avons des doutes sur le contrôle de la dissémination des OGM ; la vérité est que nous avons des doutes sur les bénéfices sanitaires et environnementaux des OGM.»
Monsieur le Premier ministre, ces doutes ne sont pas nouveaux, y compris dans la majorité présidentielle. Le contrat de législature 2007-2012 de l’UMP en faisait déjà état en recommandant de «ne pas accepter l’utilisation des OGM en l’état des connaissances scientifiques, mais poursuivre la recherche et associer tous les partenaires (chercheurs, représentants des agriculteurs, associations de défense de l’environnement…) à son contrôle et à son évaluation». Pourtant, le projet de loi que votre gouvernement va présenter, aujourd’hui au Sénat en deuxième lecture, n’est conforme ni avec les décisions du Grenelle, ni avec les doutes du président de la République et les réserves de votre parti, ni avec votre engagement solennel. Il légalise un risque de contamination par les OGM de l’ensemble de l’agriculture française et ne protège pas la grande majorité des agriculteurs qui veulent continuer à produire sans OGM. En prétendant organiser la coexistence entre les filières avec et sans OGM, il condamne ainsi l’avenir de ces dernières, en particulier les filières de qualité qui ont fait la renommée de notre agriculture.
De plus, vous avez promis d’affaiblir encore davantage ce texte en faisant supprimer par le sénat l’amendement 252, le seul amendement adopté par l’Assemblée nationale qui garantit de protéger «les structures agricoles, les écosystèmes locaux et les filières de production et commerciales qualifiées sans OGM». De bon sens évident, cet amendement répond à la demande d’une écrasante majorité de Français. Vous semblez de votre côté vouloir le rejeter parce que son auteur, André Chassaigne, est assis sur les bancs de l’opposition, alors qu’il aurait tout aussi bien pu être adopté à l’initiative de Louis Giscard d’Estaing, député UMP, qui avait proposé un amendement similaire avant de le retirer à la demande de la commission des Affaires économiques.
La politique a parfois ses raisons que la raison ignore, et qu’en tout cas nous ignorons. Cependant, nous n’acceptons pas que des logiques politiciennes viennent polluer l’intérêt général, la protection de l’environnement et la sérénité des consommateurs. Nous, signataires de cette lettre, défendons une agriculture de qualité, biologique et d’appellation d’origine contrôlée, la compétitivité de ce secteur d’exportation, une alimentation saine et de plaisir, une gastronomie mondialement réputée, une biodiversité riche et préservée, une science active et indépendante. Bref, face à des risques inconnus et potentiellement graves, nous défendons la liberté de produire et de consommer sans OGM.
Nous vous demandons, monsieur le Premier ministre, non seulement de défendre au nom du gouvernement l’article 252, tout autant que l’amendement 112 du député UMP Grosdidier, adopté à l’unanimité, mais aussi d’en décliner les principes au cœur même des dispositions de la loi, qu’il s’agisse du seuil de contamination, qui ne doit pas dépasser le seuil de détectabilité (0,1 %), ou du régime de responsabilité, qui doit effectivement et pleinement protéger les victimes. Mesdames et messieurs les sénateurs, nous vous demandons la sagesse. La sagesse de ne pas engager un processus de contamination irréversible de notre environnement et de la chaîne alimentaire. La sagesse de vous en remettre au principe de précaution inscrit dans notre Constitution. Votre responsabilité est immense. Nous serons vigilants.
Premiers signataires : Alain Allinant, Yann Arthus-Bertrand, Christophe Aubel, Isabelle Autissier, Robert Barbault, Juliette Binoche, Claude Bascompte, Allain Bougrain-Dubourg, Oscar Castro, Jean-Pierre Coffe, Marion Cotillard, Marc Dufumier, Claude Dumont, Jean-Louis Etienne, Séverine Ferrer, Thierry Frémont, Gilles Gaston-Dreyfus, Sébastien Genest, François Gèze, Françoise Hardy, Izia Higelin, Jacques Higelin, Nicolas Hulot, Pascal Husting, Claire Keim, Corinne Lepage, Jonathan Littell, Florent Pagny, Vincent Perrot, Emmanuel Petit, Jean-Pierre Raffin, Marie-Monique Robin, Daniel Richard, Olivier Rollinger, Rufus, Bernard Saincy, Pierre-André Taguieff, Jean Terlon, Tignous, Nicolas Vanier, Lambert Wilson....
Lire aussi sur Inventerre l'autre article de ce jour : "Le gouvernement torpille l’amendement anti-OGM voté la semaine dernière contre l’avis de la majorité UMP"
Le prix des carburants au top
Ouest-France – 16/04/08
Dans le budget, le poste « énergie » pèse de plus en plus lourd ». Et le pétrole augmente encore.
Plus de 114 dollars le baril à New York, plus de 112 à Londres, l'or noir n'en finit pas de battre ses records. À la cuve comme à la pompe, les prix flambent en conséquence. Le fioul domestique ? 0,84 € le litre. Le litre de gazole ? 1,36 €. Celui de super sans-plomb 95 ? 1,52 €. « Il s'agit des prix les plus élevés qu'on ait relevés jusqu'à présent », commente Jean-Louis Schimansky (Union française des industries du pétrole).
Dans la foulée, le prix du gaz pour les ménages - indexé sur ceux du pétrole - va prochainement augmenter d'au moins 5 %. De quoi faire gonfler encore des prix à la consommation qui ont déjà explosé en mars (+ 3,2 %) : pour le seul mois de mars, les prix des combustibles liquides (dont le fioul domestique) ont augmenté de... 38 % !

Philippe Tastet - http://www.philippetastet.com/
Alors, au moment de remplir leur cuve, les Français y regardent à deux fois. Et paient à tempérament. « Les chèques « frigo » s'accumulent, constate un fiouliste auvergnat. Nous avons 3 000 chèques différés, en attente d'encaissement à la demande des clients. »
Une solution est de plus en plus souvent proposée à ceux qui comparent désormais les prix entre distributeurs ou négocient pour grappiller quelques centimes. Selon les professionnels, un tiers de ceux qui disposent d'une cuve de 3 000 litres la rempliraient 500 l par 500 l.
Malheureusement, il n'y a aucune raison pour que les prix baissent. La spéculation s'en donne à coeur joie, les capacités de raffinage restent insuffisantes, la demande mondiale continue à augmenter. Et comme (presque) tout le monde à besoin de rouler ou de se chauffer, les pétroliers ont encore de beaux jours devant eux.
Le teck birman, essence du mal
16/04/08 - Par la rédaction de Terra Economica:
Design, prix, résistance aux intempéries : les salons de jardin fabriqués en teck - de la table au transat en passant par le coffre à parasol - ont tout pour eux. Hormis leur impact écologique.
Direction la Birmanie, pays d’Asie verrouillé par une junte militaire depuis 1962 et refuge des dernières forêts primaires de la planète. Ce pays détient plus de 80 % des réserves de teck au monde qui sont entièrement contrôlées par le régime en place. Or, depuis la fin des années 90, l’exportation de meubles en teck, vers la France et les Pays-Bas notamment, a explosé. Une très bonne nouvelle pour la NTE, entreprise publique Birmane qui gère en direct l’exportation du teck.
Problème : les recettes dégagées en devise étrangère sont en grande partie dédiées à l’achat d’armement. Et selon l’ONG les Amis de la Terre, «cette course à l’exportation dans des conditions sociales catastrophiques est en passe de détruire les forêts primaires». Plusieurs collectifs ont donc appelé au boycott du teck birman dont l’exportation en France est légale. Mais les producteurs locaux ont trouvé la parade en prenant la tangente. Un rapport de l’ONG Global Witness estime qu’un camion chargé de 15 m3 de bois coupé illégalement passe la frontière sino-birmane toutes les sept minutes, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Le teck «oublie» ainsi ses origines birmanes pour prendre la nationalité chinoise ou thaïlandaise.
Sous pression, la grande distribution française a réagi et semble aujourd’hui privilégier d’autres sources d’approvisionnement comme l’Indonésie. Des enseignes comme Leroy Merlin ou Point P ont ainsi stoppé toute importation de teck d’origine birmane. Déforestation sauvage, exploitation sociale de la main-d’œuvre, transport du bois de l’Asie vers l’Europe, le bilan écologique et humain est très lourd. Que faire ? Privilégier des essences «occidentales» d’abord ou, pour les récalcitrants, choisir des meubles flanqués du label éthique Forest Stewardship Council (FSC).
Opération ciel bleu à Pékin pour les Jeux Olympiques
le 16/4/2008 - Aujourd'hui la Chine
Il n'y a pas que les droits de l'homme qui préoccupent les athlètes. La pollution vient souvent en tête des inquiétudes. Les comités olympiques nationaux en ont encore longuement débattu la semaine dernière à Pékin en imaginant des procédures d'alertes en cas de pic. Mais la Chine tient à rassurer les sportifs : l'opération ciel bleu a commencé

Le stade olympique de Pékin immergé dans la pollution
La pollution à Pékin est pour l'essentiel une concentration de particules, monoxyde de carbone, dioxyde de soufre et dioxyde d'azote atteignant cinq fois le niveau recommandé par l'organisation de la santé. Des indices qui font craindre le report de certaines épreuves pendant les JO.
Les mesures concerneraient, en premier lieu, les trois millions d'utilisateurs de véhicules motorisés de la ville considérés comme les pollueurs les plus à craindre. Ils seront soumis à la circulation alternée du 20 juillet au 20 septembre. Mais les modalités et les détails de l'organisation seront divulgués plus tardivement a annoncé Du Shaozhong.
En second lieu, les mesures touchent les chantiers de constructions et les usines.
19 industries lourdes de la région de Pékin sont obligées à restreindre ou à stopper net leur production. Certains grands chantiers de la capitale doivent également s'arrêter. Les entreprises concernées seront exemptées de la taxe environnementale 2008.
"Les centrales thermiques au charbon doivent réduire leurs émissions de 30% pour rejoindre les normes nationales. Si elles ne peuvent pas les atteindre, elles seront contraintes de cesser leur production" a déclaré Mr Du, selon le South China Morning Post.
C'est sans compter sur la pollution en provenance des régions avoisinantes qui pourraient bien balayer d'un revers de main ces mesures sans précédent.
Mais Mr Du a annoncé, qu'en cas de catastrophe, il possédait un plan B, qui consisterait à stopper la production des industries dans les cinq provinces et municipalités avoisinantes de Pékin, autrement dit, à Tianjin, dans le Hebei, le Shanxi, le Shandong et en Mongolie Intérieure.Le grand nettoyage du ciel de Pékin a commencé. Le directeur-adjoint du Bureau de protection de l'environnement de la ville, Du Shaozhong a annoncé les grandes mesures concernant la pollution de l'air qui prendront effet le 20 juillet et finiront le 20 septembre, incluant la période des JO et des paralympiques.
Darcos est-il mal encadré ?
On savait, depuis une certaine émission sur Canal+, que Xavier Darcos, ministre de l’éducation, avait des lacunes en grammaire. Il ne les a pas encore comblées, semble-t-il, car il a déclaré récemment, toujours sur la même chaîne, en commentant les manifs lycéennes : “Les performances des lycées français, avec un des encadrements qui est un des meilleurs du monde, sont médiocres” (propos reproduits par l’agence Reuters jeudi 11). N’y aurait-il pas au moins un “des” de trop dans cette phrase ?* L’amélioration des performances est mal partie si le ministre lui-même donne le mauvais exemple. La phrase qui suit ne restera pas non plus dans les annales (du bac) : “Il faut que nous acceptions un peu une fois de nous dire que ce n’est pas que du quantitatif, il faut que nous repensions la manière dont nous préparons nos élèves.” En effet. Mais si l’expression orale est chancelante, on se rassure sur la pénétration intellectuelle darquesque : il a déclaré par ailleurs à Directmatin, quotidien gratuit distribué vendredi : “Derrière la question des postes se cache une vraie inquiétude”. Il fallait au moins avoir fait l’ENA pour s’en rendre compte.
© http://correcteurs.blog.lemonde.fr/

Placide - http://www.leplacide.com/
Les vertus de l’ennui
Essentiel santé magazine- avril 2008
Pas facile de rester inoccupé dans un monde qui nous incite à en faire toujours davantage !
« L’ennui est double, à la fois souffrance et possibilité de réfléchir sur soi. Pascal disait : « Le comble de l’ennui, c’est le divertissement… » Aujourd’hui les gens se masquent leur angoisse en passant d’une jouissance à une autre, en n’investissant plus rien de soi. Avec l’ennui, au contraire, on prend conscience de nos ressources dans la solitude, la simplicité, on découvre que l’on peut faire autre chose de sa vie. Et surtout que de petites choses peuvent apporter beaucoup de plaisir et de bien-être. » Bertrand Vergely – agrégé de philosophie –
De la « tristesse profonde » à la « mélancolie vague », les définitions de l’ennui dans le Petit Robert n’évoquent rien de positif… Et pourtant… l’ennui est un élément important dans la construction de notre bien-être : il apporte une parenthèse indispensable au cours de laquelle, on peut « rêvasser ». Même si l’ennui est aussi à consommer avec modération ! Il constitue en fait, entre l’action et l’inaction, une alternance nécessaire.
Apprendre à ne rien faire
« L’ennui est culturel, souligne le docteur Patrick Lemoine, psychiatre. D’un côté, nous avons les Latins qui savent encore faire l’éloge de la paresse, et de l’autre les Anglo-Saxons qui ont le culte de la productivité. Le problème est que ces derniers sont en train de tous nous influencer. » Alors comment résister à une telle injonction de rentabilité ? Il faut accepter, sinon de ne rien faire, au moins de ne pas toujours faire quelque chose. Se laisser porter par le temps qui passe, dans une voiture, dans un train, dans une salle d’attente, sans écouter ni radio, ni musique, sans la tentation permanente de s’occuper les mains ou la tête ; passer des moments de vacances dans sa chaise longue à regarder les nuages passer ou le vent souffler dans les branches ; résister aux loisirs à thème, et parfois se laisser tenter par un temps désoeuvré. Non seulement ne pas craindre l’ennui, mais apprendre à l’aimer comme une chose très rare, donc précieuse, au cœur de nos vies bien remplies.
La frénésie des mercredis
N’oublions pas, enfin, qu’un tel temps est particulièrement nécessaire aux enfants pour les aider à se construire et apprendre à définir leurs désirs. « Qui n’a pas connu d’interminables dimanches après-midi dont on se souvient pourtant une fois adulte , avec nostalgie ? » interroge Patrick Lemoine. Ce sont bien dans de tels instants que l’on a tous rêvé notre vie.
Martine Teillac, psychothérapeute et psychanalyste, précise « L’ennui est à la fois angoissant et stimulant, car il fait prendre conscience du temps qui passe sans nous, tout en nous permettant de faire preuve de créativité pour l’apprivoiser. L’enfant a aussi besoin de ce moment pour se connecter avec ce qu’il porte de plus profond en lui. Eviter l’ennui chez l’enfant, c’est le couper de son imaginaire. Par contre, sil se trouve en permanence tourné vers l’extérieur, il est privé de sa capacité à analyser les émotions. »
Aux parents, donc, de ne pas projeter avec excès leur soif de réussite et de connaissance sur leurs enfants, de ne pas non aller systématiquement au-devant de leurs désirs, et de leur laisser le temps de rêver, sans s’angoisser pour eux.
Pour en savoir plus :
S’ennuyer quel bonheur ! par le docteur Patrick Lemoine ed. Armand Colin, 2007 – 17,50 euros
Place au jeu ! par Patrice Huerre ed. Nathan, 2007 – 14,50 euros
Petite philosophie du bonheur, par Bertrand Vergely ed. Milan, 2002. 5,50 euros.
Le gouvernement torpille l’amendement anti-OGM voté la semaine dernière contre l’avis de la majorité UMP
La Tribune - 15/04/08
Un accord entre la majorité UMP et le gouvernement vide de sa substance un amendement communiste qui venait d’être adopté à l’assemblée et limitait l'usage des OGM !
Au coeur de la polémique figurait l'adoption -avec l'aval apparent du gouvernement - de l'amendement Chassaigne, issu du parti communiste qui limitait le recours aux OGM en empêchant leur culture près de zone AOC, appellation d'origine contrôlée.
Pour vider de sa substance ce texte, la majorité a décidé que les sénateurs UMP vont présenter un sous-amendement qui utilisera la référence à la définition de l'Union européenne des OGM dont le taux (0,9%) ne concerne que l'étiquetage et non la production. cette dernière fera l'objet d'une texte par voie réglementaire "sur avis du Haut conseil des biotechnologies" a indiqué Jean-François Copé.
Les tensions au sein de la majorité continuent sur le dossier brûlant des OGM, les organismes génétiquement modifiés. Ce sujet a déjà valu une mini crise gouvernementale, la secrétaire d'Etat chargée de l'écologie ayant fortement critiqué Nathalie Kosciusko-Morizet ayant fortement critiqué son ministre de tutelle Jean-Louis Borloo et le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, avant de devoir leur faire des excuses publiques.
Un mauvais vote sanctionné par un sous- amendement ? Et gare au sous-sous-amendement si cela passe encore ...
AUTOROUTE 65. --Les opposants landais au projet ont replanté des arbres sur le tracé déjà déboisé
SUD-OUEST 15/04/08
Ils ont planté des pieds d'espoir
Comme à Escaudes, en Gironde, il y a deux semaines, les Planteurs volontaires étaient avant-hier à Bougue, dans les Landes. Et le mouvement devrait se poursuivre puisque des actions similaires sont programmées deux fois par mois. L'objectif est et sera toujours le même : protester contre le projet d'autoroute A 65 à travers un mot d'ordre non dénué d'humour, « Nos élus se plantent, replantons ! ».
C'est Julien Milanesi, de l'Alternative régionale Langon-Pau (ARLP) qui a eu cette bucolique idée qui n'est pas sans rappeler les Faucheurs volontaires chers à José Bové.
Une centaine d'âmes. Hier midi, sous un soleil retrouvé, ils étaient une centaine à se retrouver sur la large trouée parcourant la forêt de Bougue. Une pelle dans une main, un pied dans l'autre, les opposants ont donc replanté.
« On est venus soutenir nos amis landais », lance une délégation sud-girondine venue d'Escaudes. Il y a là Françoise, Josiane, Jacqueline, André et un tout jeune merisier. Évidemment, ils sont contre l'autoroute qui « va saccager notre pays ». En Sud-Gironde, il faut dire qu'ils les accumulent. Outre l'autoroute, ils ont ou auront droit au pipeline de gaz et à la ligne ferroviaire à grande vitesse. « Avec tout ça, on va être rayés de la carte. »
Yvonne, un pied de pin maritime sous le bras, est venue de Puyôo. Elle est « désolée que la forêt soit dévastée pour un projet pas utile. » Et la dame d'entrer dans une querelle de chiffre. Le trafic actuel et à venir ne justifie pas, selon elle, une telle infrastructure. Passer la route actuelle à deux fois deux voies aurait suffi estime Jean-Pierre de Bougue. « Ils disent que pour que ce soit rentable, il faudra entre 18 000 et 20 000 véhicules par jour. Or si on effectue un comptage aujourd'hui, on n'arrive même pas à 7 000. »
« C'est inadmissible de faire des autoroutes aujourd'hui », peste Bernadette, une Montoise, « surtout quand on voit le cours du pétrole qui flambe ». « On ferait mieux d'améliorer le réseau des trains régionaux. » Et si les pouvoirs publics ne partagent pas la même analyse, « c'est à cause du poids des lobbies ».
« Un acte citoyen positif ». « Cela fait plusieurs années que la population des Landes croît et il n'y a pas eu besoin d'autoroute pour ça », éclaire Roland, Montois également. « L'argument de désenclavement ne tient pas. Cette autoroute, elle n'est pas faite à l'attention des gens de la région. »
Moins pointu sur le dossier mais tout aussi résolu, Pascal est venu de Bostens avec ses trois enfants. Il était déjà à Escaudes il y a quinze jours. En famille, il a planté châtaigniers et cerisiers. « C'est quand même mieux de planter des arbres que de bloquer une route ou d'aller faire brûler des trucs devant la préfecture. » « Et puis, poursuit-il avec un regard pour ses enfants, les petits apprennent à respecter la nature. »
« C'est une très bonne idée, ce mouvement de planteurs volontaires », analyse Marie-Thérèse, Toulousaine en visite chez sa fille. « C'est un acte citoyen positif. » Et décisif pour l'avenir ?
