mardi 15 avril 2008
Justice sous pression - Dati annonce une remise à plat de l'ordonnance de 1945
NOUVELOBS | 14.04.2008 | 16:03
La garde des Sceaux, qui va installer mardi un groupe de travail, entend rendre le texte "plus adapté, opérationnel, lisible et cohérent".
Rachida Dati , ministre de la Justice, a indiqué lundi 14 avril que le texte de l'ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs serait "totalement remis à plat". La garde des Sceaux entend le rendre "plus adapté, opérationnel, lisible et cohérent" avec l'évolution de la délinquance des mineurs.
Rachida Dati doit installer mardi à la Chancellerie un groupe de travail composé d'une trentaine de membres chargé de réfléchir à cette réforme et présidé par le juriste André Varinard.
Rachida Dati visitait aujourd'hui la "Maison des adolescents d'Avicenne", à Bobigny, une structure de soins pluridisciplinaires pour adolescents de 12 à 21 ans en souffrance psychique, où elle a assisté à la signature d'une convention de partenariat entre l'hôpital et la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ).
"Nous allons réécrire" et "codifier" ce texte, avec des renvois directs au code pénal, a-t-elle expliqué, ajoutant: "ce texte (qui pose le principe de la primauté des mesures éducatives) ne sera plus en dehors des codes qui existent".
"Nouvelles formes de délinquance" - Le groupe de travail pourrait notamment modifier les seuils de responsabilité pénale et de la majorité pénale. "Tout sera examiné avec discernement", a indiqué Rachida Dati en s'interrogeant sur le sens de la catégorie "jeune majeur" (18-21 ans), pour laquelle les mesures "marchent mal", sont "éparpillées" et "coûtent beaucoup d'argent".
La ministre a évoqué "les infractions à caractère sexuel", en "forte augmentation" parmi les "nouvelles formes de délinquance".
"C'est une réforme à contre-temps, il n'y a pas d'urgence à réformer l'ordonnance de 1945, où est l'aggravation ? La délinquance juvénile est en baisse depuis neuf mois", a dit de son côté Jean-Pierre Rosenzweig, le président du tribunal pour enfants de Bobigny, selon qui le problème est "l'organisation des moyens" et "la mise en oeuvre des mesures" décidées par les juges des enfants.
Le professeur Marie Rose Moro, responsable de la Maison des adolescents d'Avicenne, a quant à lui insisté sur la nécessité "de ne pas condamner trop tôt les adolescents" car "à l'adolescence, tout est encore possible, on peut transformer des parcours", a-t-elle estimé.
CHôMAGE - Le gouvernement étudie des sanctions renforcées contre les chômeurs
LEMONDE avec AFP | 14.04.08
Le gouvernement entamera jeudi 17 avril ses consultations avec les syndicats pour préparer le projet de réforme de l'assurance-chômage. Celui-ci prévoirait "des sanctions renforcées au bout de six mois" pour les chômeurs s'installant "trop durablement" dans le chômage, affirment Les Echos, lundi 14 avril.
", écrit le quotidien. "Mais la donne changerait radicalement au bout de six mois, ajoute-t-il. Ce délai écoulé, le chômeur devrait accepter tout emploi requérant moins de deux heures de transport par jour et rémunéré, par exemple, au moins 70 % de son salaire antérieur."
"CE QUI EXISTE AILLEURS EN EUROPE" - Le ministère de l'emploi et les partenaires sociaux discuteront du texte "jusqu'à sa présentation officielle" prévue le 6 mai lors d'une "rencontre tripartite" avec le gouvernement, le patronat et les syndicats sur l'évolution du régime d'indemnisation chômage. "Le dispositif s'inspire beaucoup de ce qui existe ailleurs en Europe, notamment en Allemagne", écrit le quotidien.
Comme annoncé par Nicolas Sarkozy, le projet prévoit que les chômeurs voient leurs allocations suspendues (quinze jours ou plus) ou réduites (de 20 % et au-delà) dès lors qu'ils refusent au moins deux offres "valables" d'emploi (OVE). Aujourd'hui, des sanctions peuvent être légalement prononcées dès le premier refus. Mais cela n'est jamais le cas, les agents étant réticents à supprimer les allocations à des bénéficiaires déjà en difficulté.
"Pendant les six premiers mois, le chômeur serait tenu d'accepter tout emploi en conformité avec sa formation, ses qualifications, son salaire, sa vie familial
Le dalaï-lama prêt à démissionner si la violence échappe à tout contrôle
LEMONDE avec AFP et AP | 14.04.08
Le dalaï-lama, qui poursuit sa visite aux Etats-Unis, s'est dit préoccupé, dimanche 13 avril, de la possible arrivée de renforts de troupes chinoises au Tibet et d'une répression accrue si la situation actuelle se poursuit dans la région.''Le monde entier sait que le dalaï-lama ne cherche pas l'indépendance, ni la séparation'', a déclaré le Prix Nobel de la paix 1989 aux journalistes. ''Nous sommes en lutte contre quelques uns des dirigeants de la République populaire de Chine, et non contre le peuple chinois'', a ajouté le chef tibétain dans un communiqué publié après la conférence de presse.
Il a une nouvelle fois menacé de quitter ses fonctions si les violences au Tibet échappaient à tout contrôle, tout en démentant vouloir la séparation de la région himalayenne d'avec la Chine."Si la violence échappe à tout contrôle, alors je n'aurai pas d'autre choix que de démissionner", a-t-il dit, avant de répéter : "Si la majorité des gens s'engage dans la violence, je démissionne."
Le dalaï-lama, âgé de 72 ans, qui vit en exil à Dharamsala, dans le nord de l'Inde, a demandé une enquête internationale indépendante sur les manifestations et la répression des autorités chinoises. Il a aussi répété son soutien pour les Jeux olympiques et pour le droit des manifestants à "exprimer leur sentiment profond"."Chacun sait que je soutiens les Jeux olympiques", a-t-il dit, se refusant à dire si les dirigeants internationaux devaient ou non assister à la cérémonie d'ouverture.
Le président chinois Hu Jintao s'est exprimé samedi pour la première fois sur la crise, affirmant que le problème du Tibet ne relevait pas du champ des droits de l'homme mais de la souveraineté nationale.
"Si le dalaï-lama souhaite vraiment un accord, il doit le montrer par ses actions. S'il abandonne ses activités séparatistes, ses complots incitant à la violence, ses projets de sabotage des Jeux olympiques de Pékin, nous sommes prêts à tout moment à poursuivre le contact et le dialogue", a déclaré le dirigeant, cité par la télévision centrale et l'agence officielle Chine nouvelle.
"JE SOUTIENS LES JEUX OLYMPIQUES" -CHINE : Dans l'Ouest, la fièvre immobilière provoque la lutte pour la terre
TV5MONDE CHENGDU (AFP) - 14/04/2008 09h17
Après les zones les plus riches, la Chine la moins développée, celle de l'Ouest, est touchée par la fièvre immobilière et sa lutte pour la terre, source de profits pour les finances locales et les promoteurs, mais aussi de conflits et d'injustice.
En mars 2007, le Parlement avait adopté une loi historique sur la propriété, gravant pour la première fois la défense de la propriété privée dans le marbre. A la même époque, un couple de Chongqing, dans le sud-ouest, avait fait sensation en tenant tête à un promoteur, devenant le symbole des expropriés du pays.
Un an après, à plus de 200 km de là, à Chengdu, métropole de 11 millions d'habitants en plein boom, d'autres "clous tenaces" ("dingzihu" en chinois, expression pour désigner ceux qui résistent aux expulsions), refusent de quitter leur ancienne usine et leurs appartements-dortoirs, héritage d'une époque collectiviste révolue. Le tout a été vendu à une compagnie immobilière.
Dans le district de Wenjiang, à la périphérie, une cinquantaine de familles d'ouvriers refusent d'évacuer l'usine de plastique ouverte en 1972 et fermée en 2006, où ils vivent dans des appartement vétustes aux murs infiltrés par l'eau de pluie.
L'usine à l'arrêt a été transformée en quartier général de leur lutte, où ils diffusent l'"internationale" dans un haut-parleur de fortune pour accueillir les visiteurs de passage. Partout, des banderoles et des slogans réclament "transparence, justice et impartialité". Côté rue, une pancarte présente le projet de résidences, avec au rez-de-chaussée des commerces, dont une surprenante "caviarteria"...
Le représentant des ouvriers tend une lettre manuscrite sur deux pages où il expose ses doléances. Dans l'autre main, il tient son livret bancaire, avec le décompte du versement de son salaire, 250 yuans (23 euros) en moyenne, qui a été suspendu récemment.
"J'ai consacré des dizaines d'années à mon travail et maintenant je demande un simple endroit pour me loger, j'ai travaillé toute ma vie mais je ne sais plus où me loger. Pour m'acheter un appartement tout simple, il me faut une somme colossale", a écrit cet homme d'une cinquantaine d'années.
On leur a proposé 8.000 yuans, disent-ils. "Mais avec cela, on peut juste acheter une portion de l'espace occupé actuellement par notre lit", s'exclame une femme, affirmant que le mètre carré de la nouvelle résidence se vendra à 3.000 yuans.
Les anciens ouvriers rebelles dénoncent aussi collusion et corruption. Une accusation que la municipalité réfute, affirmant avoir tout fait pour pousser le promoteur immobilier à offrir les meilleures conditions possibles.
"Nous avons essayé de jouer les médiateurs, la société de développement n'a aucun rapport avec le gouvernement local, il n'y aucune corruption. Au contraire, nous avons offert des politiques préférentielles pour que l'entreprise puisse offrir de bonnes compensations", explique Wang Qingmei du Bureau de l'économie de Wenjiang.
"Si on regarde la situation, on a beaucoup donné", dit-elle, affirmant que l'immense majorité des 126 ouvriers ont accepté l'offre.
A Chengdu, ville qui profite à plein de la politique gouvernementale de soutien à l'Ouest chinois, des dizaines et des dizaines de projets immobiliers poussent à l'intérieur de la ville ou à la périphérie.
Les promoteurs ont l'imagination fertile et la folie des grandeurs, comme le prouvent les noms de leurs investissements: "My South, Seven Miles", "Toronto Castle", "California Villa", "Future Town", "Parfum levée" (sic)...
"Il y a encore quelques années, ici il n'y avait que des terrains agricoles, que des bonnes terres", témoigne Wang Dongruo, 64 ans, qui est né à Wenjiang.
"Ici, une maison coûte 3,6 millions de yuans!" (plus de 300.000 euros, plus de 500 millions de dollars), dit-il perplexe et hilare, montrant un lotissement de luxe, gardé par des gardes privés en uniforme.
Un bidonville au pied d'appartements récents à Chengdu, dans la province chinoise du Sichuan, le 28 décembre 2007

