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mardi 15 avril 2008

Le SMIC à la trappe ?

Gauche alternative - Laurent Mauduit Créé 08/04/2008 –

Un rapport officiel veut casser le salaire minimum

Dans un rapport que le Conseil d’analyse économique n’a pas encore publié, mais que l’on peut télécharger sur le site de Mediapart, trois économistes, Pierre Cahuc, Gilbert Cette et André Zylberberg, recommandent au gouvernement de remettre en cause les règles d’indexation du salaire minimum.

C’est la charge la plus violente qui ait jamais été menée contre le Smic. Dans un rapport, encore confidentiel, dont Mediapart a obtenu une copie dans une version préliminaire en date du 18 mars (document PDF de 1 Mo que l’on peut télécharger), trois économistes siégeant au Conseil d’analyse économique (CAE), Pierre Cahuc (chargé de mission au Crest-Insee et professeur à l’Ecole Polytechnique), Gilbert Cette (économiste à la Banque de France) et André Zylberberg (directeur de recherche au CNRS) proposent de modifier radicalement les règles actuelles d’indexation du salaire minimum.

Intitulée « Smic, revenu minimum et coût du travail : quelle articulation pour combiner justice sociale, incitation au travail et compétitivité ? », cette étude risque d’attiser une vive controverse, qui couve déjà depuis que le gouvernement a lui-même fait savoir, en décembre 2007, qu’il réfléchissait à modifier les règles actuelles du jeu et qu’il était demandeur de suggestions.

En se saisissant de ce dossier, les membres du CAE (une assemblée d’une trentaine d’économistes de différentes sensibilités, chargée d’éclairer le Premier ministre sur les grandes questions économiques) savaient, certes, qu’ils avançaient en terrain politiquement sensible.

Des débats qui ont eu lieu, le 18 mars, dans cette enceinte autour du rapport des trois économistes, rien n’a filtré dans la presse. Et des consignes très strictes ont été données à tous les membres du CAE pour qu’ils ne diffusent pas le fameux document. Une fois qu’on l’a lu, on comprend mieux pourquoi : sur le fond, ce rapport se distingue par sa radicalité.

Tout au long de leur étude (85 pages), les auteurs multiplient les critiques contre le salaire minimum. Estimant qu’il « couvre en France une proportion de salariés plus importante que dans les autres pays de l’OCDE » et déplorant qu’il soit « fixé par voie légale, de manière uniforme », ils font ce constat central : « Le salaire minimum n’est pas un instrument efficace de lutte contre les inégalités. »

« L’idée selon laquelle le salaire minimum réduit les inégalités à un coût moindre pour la société que des politiques fiscales distributives (qui prélèvent des impôts et versent des prestations sociales) est erronée. En réalité, la politique du salaire minimum légal uniforme et élevé comprime la distribution des salaires et contribue à réduire le dialogue social, sans grande efficacité pour lutter contre la pauvreté », écrivent-ils.

De ce constat, qui ne manquera sans doute pas d’être discuté et récusé par d’autres chercheurs, les trois économistes tirent des propositions, elles aussi, radicales. D’abord, ils reprennent à leur compte une proposition déjà formulée le 6 février 2008 par le Conseil d’orientation pour l’emploi (un autre organisme consultatif regroupant des experts, mais aussi les partenaires sociaux) visant à la création d’une commission d’experts indépendants chargée de suivre les évolutions du salaire minimum et de faire des recommandations à la puissance publique.

Mais les trois économistes vont beaucoup plus loin. Ils suggèrent de modifier les règles d’indexation. Actuellement, l’obligation légale est que le salaire minimum soit revalorisé au 1er juillet de chaque année du montant de l’inflation, plus de la moitié des gains de pouvoir d’achat du salaire horaire de base ouvrier (SHBO). Le gouvernement a par ailleurs la faculté d’accroître un peu cette revalorisation (par exemple en prenant en compte non pas 50% mais 100% du SHBO) : c’est ce que l’on appelle communément un « coup de pouce ».

Clin d’œil de l’histoire : si ce rapport sur le SMIC peut être très favorablement accueilli par le patronat et les milieux de droite les plus libéraux, il n’en a pas moins été co-rédigé par un économiste de la Banque de France, Gilbert Cette, réputé de gauche, qui a aussi été l’un des experts consultés par Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle.

Reste une inconnue – et elle est de taille : quelle suite le gouvernement voudra-t-il donner à ces recommandations ?

Officiellement, donc rien est tranché. Et puisque la loi veut que le Smic soit revalorisé sans attendre le rendez-vous habituel du 1er juillet dès que l’inflation atteint 2% depuis la précédente revalorisation. Mais peut-être s’agira-t-il de la dernière revalorisation du Smic suivant les règles anciennes d’indexation !

Posté par werdna à 15:21 - Economie - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le gouvernement souhaite que la revalorisation du Smic ne soit plus obligatoire !

Une augmentation minimale du salaire minimal pour les deux millions de salariés concernés.

Le tarif horaire du SMIC passera de 8,27 euros bruts à 8,44 euros, soit mensuellement un peu plus de 1.000 euros, selon les chiffres du gouvernement. Cette revalorisation correspond à la hausse annuelle automatique calculée, sans "coup de pouce". Ce salaire sert également de référence pour calculer les minima sociaux, les revenus qui permettent la survie des travailleurs privés d’emploi et exclus du droit à l’allocation chômage. Pour ces derniers, la hausse de revenu sera donc au mieux de 2,1% cette année.

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Quand les prix augmentent trop, le Smic suit. Le gouvernement voudrait qu'il n'en soit plus ainsi.

La publication, aujourd'hui, du chiffre (officiel) de l'inflation en mars pourrait entraîner une augmentation du Smic dès le 1er mai, sans attendre l'habituelle revalorisation de juillet. Si la hausse des prix atteint 2 % depuis mai 2007, le Smic augmentera, sans attendre, dans les mêmes proportions. La mesure concerne deux millions de salariés, actuellement payés 1 000 € net par mois... à condition d'être à temps plein.


Le côté « automatique » de cette augmentation incite le gouvernement à revoir les mécanismes de fixation du salaire minimum. Actuellement, son calcul, établi au 1er juillet, prend en compte la hausse des prix de mai à mai et la moitié des gains de pouvoir d'achat du salaire ouvrier.

Or, un groupe d'économistes vient opportunément apporter de l'eau au moulin de Bercy. « Inefficace pour réduire les inégalités », un Smic « trop élevé » conduirait à un « tassement global des salaires » et « réduirait le dialogue social ». Et, en plus, coûterait cher en allégements de charges accordées aux entreprises (20 millions d'euros par an).


Le rapport propose donc benoîtement de ne plus retenir le pouvoir d'achat du salaire ouvrier dans le mode de calcul. Avec ces critères là, au 1er juillet 2007, l'augmentation du Smic n'aurait été que de 1,2 % au lieu de 2,1 %.


Source : Ouest-France

21 euros de plus par mois, pas de quoi s’acheter du bio ! … mais le gouvernement et le patronat trouvent que cela est encore trop !!!  ça va mal finir…

Posté par werdna à 14:47 - Economie - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le droit européen contre l’Europe sociale

UNION SYNDICALE SOLIDAIRES - Le 4 avril 2008

Coup sur coup, en quelques semaines, la Cour européenne de justice vient de rendre trois arrêts redéfinissant les rapports entre le droit européen et le droit du travail existant au niveau national.


Après l’arrêt Viking concernant la Finlande et l’arrêt Vaxholm-Laval pour la Suède, c’est maintenant au tour de l’Allemagne d’être touchée avec l’arrêt Rüffert. Les arrêts Viking et Laval-Vaxholm condamnaient l’action collective des travailleurs pour empêcher une délocalisation dans le premier cas, un dumping salarial dans le second. L’arrêt Rüffert condamne le Land de Basse-Saxe pour avoir voulu appliquer à une entreprise polonaise une loi obligeant les entreprises de travaux publics à appliquer la convention collective du secteur dans le cas de passage de marchés publics. L’entreprise polonaise avait refusé de le faire en ne payant à ces ouvriers que 50 % du salaire minimum prévu par la convention collective.


Dans les trois cas, l’argumentation de la Cour est la même. Elle considère que l’égalité de traitement entre les salariés constitue une restriction de la « libre prestation de service » garantie par l’article 49 du traité instituant la Communauté européenne, article repris intégralement dans le traité de Lisbonne. Le dumping social est explicitement justifié : « imposer aux prestataires de services établis dans un autre État membre, où les taux de salaire minimal sont inférieurs, une charge économique supplémentaire qui est susceptible de prohiber, de gêner ou de rendre moins attrayante l’exécution de leurs prestations dans l’État membre d’accueil (...) est susceptible de constituer une restriction au sens de l’article 49 CE » (point 37, arrêt Rüppert).

La libre prestation de services l’emporte sur les droits des salariés et les normes sociales nationales. La Cour peut, au nom de la liberté du commerce, limiter l’action syndicale et les droits des salariés.


C’est le détricotage des droits sociaux qui est ainsi programmé.

Dans cette situation, il est de la responsabilité du mouvement syndical en Europe, et, plus largement, celle des mouvements sociaux et citoyens, de construire les rapports de forces nécessaires pour bloquer les processus en cours et imposer une législation européenne qui permette l’harmonisation par le haut des droits sociaux. L’Union syndicale Solidaires sera porteuse de cette perspective lors des prochaines rencontres des mouvements sociaux en Europe et en particulier lors du Forum social européen qui se tiendra en septembre à Malmö.

Lire aussi l’article de PIERRE KHALFA secrétaire national de l’Union syndicale Solidaires, membre du conseil scientifique d’Attac dans la rubrique « rebonds » de Libération du mardi 15 avril 2008

Posté par werdna à 13:19 - Europe - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Cinq fois plus de voitures à l'horizon 2050

14/04/2008 | Le Figaro - La chronique de Jean-Pierre Robin

Le marché automobile a un bel avenir devant lui. Loin des interrogations sur les risques de voir la récession américaine contaminer les continents, les experts du Fonds monétaire international (FMI) annoncent que le parc mondial de voitures particulières va quintupler à l'horizon 2050.

Il s'élève aujourd'hui à 600 millions de véhicules, se concentrant pour la plus grande part dans les pays «avancés», ce qu'on appelait autrefois les nations industrialisées. Aux États-Unis, pour mille personnes on compte un peu plus de 460 voitures et ce taux se situe autour de 400 dans les pays européens. Au milieu de ce siècle, pas moins de 2,9 milliards de véhicules seront en circulation, prévoit le FMI.

Cet accroissement de 2,3 milliards d'unités se réalisera principalement dans les pays émergents et en développement, dont la flotte auto augmentera de 1,9 milliard. La Chine et l'Inde seront les deux marchés les plus porteurs, avec des progressions de 500 et 330 millions respectivement. Si le FMI s'est lancé dans une telle étude de marketing, ce n'est pas pour aider les constructeurs à faire des plans sur la comète. Marcos Chamon et Paolo Mauro, les deux auteurs, ont une visée essentiellement environnementale. Leur travail («Rising Car Ownership in Emerging Economies : Implication for Climat Change») cherche à évaluer les implications sur le changement climatique de cette course à la motorisation.

Leur prévision repose sur un principe simple : «l'histoire économique suggère qu'au fur et à mesure que les gens s'enrichissent, ils recourent de plus en plus à des transports privés». On le constate depuis quelques années dans les pays émergents à forte croissance. Se fondant sur de multiples observations nationales, les économistes ont trouvé que les ménages envisagent d'acquérir un véhicule à partir du moment où leur revenu annuel dépasse le seuil de 5 000 dollars américains. À titre de comparaison, les Français disposent actuellement d'un revenu moyen de l'ordre de six à sept fois une telle somme. Outre cette corrélation entre croissance et motorisation, les experts s'appuient sur des enquêtes de terrain menées auprès de plusieurs dizaines de foyers en Chine et en Inde. Ces sondages corroborent la prévision macroéconomique, soulignent-ils en chiffrant ainsi à 2,9 milliards la flotte mondiale des quatre roues en 2050.

On se souviendra qu'un siècle plus tôt, en 1950, ce même parc n'était que de 53 millions, mais qu'en deux décennies il avait atteint 193 millions. La vague de motorisation accélérée des années 1960 avait d'ailleurs suscité un certain effroi en Europe. En 1963, Federico Fellini ouvrait son film emblématique, 8 ½, sur un plan montrant Marcello Mastroiani en train de suffoquer dans un embouteillage. Et en 1967, Jean-Luc Godard stigmatisait la société de consommation, avec ces files sans fin qui bloquent les autoroutes et gâchent le Week-End (titre de son long-métrage).

Ce n'est pas du cinéma d'avant-garde que nous prodiguent les experts du FMI, mais des chiffres sans fioritures portant sur le réchauffement climatique. Une peur dont personne n'avait même l'idée au milieu des années 1960 ! Se référant aux travaux du rapport Stern, qui évalue à 2,6 gigatonnes (2,6 milliards de tonnes) les émissions de dioxyde liées à la circulation automobile en 2000, ils estiment qu'elles s'établiront à 6,8 gigatonnes en 2050. Alors que la voiture était responsable de 6,1 % du total du CO2 polluant l'atmosphère au début de ce siècle, leur part représenterait 8,1 % en 2050. Or, entre-temps, l'ensemble des émissions, toutes origines confondues, aura doublé (de 42 à 84 gigatonnes). C'est dire la gravité du phénomène.

Certes, des progrès techniques ont d'ores et déjà permis de réduire sensiblement les émissions de gaz à effet de serre pour chaque litre de carburant consommé au cours des vingt-cinq dernières années. En clair, depuis les chocs de la décennie 1970, qui ont renchéri fortement les cours du pétrole et incité les constructeurs à améliorer leurs moteurs. Mais comme le poids moyen des véhicules a augmenté en parallèle, «le nombre moyen de kilomètres parcourus par litre de carburant» n'a pas changé, souligne le FMI. Il ne faut donc pas trop compter sur la technologie pour améliorer les bilans énergétiques et lutter contre le réchauffement climatique. Il sera indispensable de modifier les comportements et inciter les automobilistes à se montrer plus économes.

L'étude préconise ni plus ni moins un relèvement de la fiscalité dans les pays où elle reste très faible. Les taxes sur les carburants s'échelonnent actuellement de 0,4 dollar le gallon (de 3,785 litres) aux États-Unis à 3 dollars au Royaume-Uni. Voilà qui laisse de la marge. Par ailleurs, il serait faux de croire que les pays émergents ne sont pas conscients du problème. «Aujourd'hui, le parc de la Chine a en moyenne des normes techniques plus strictes que celles prévalant en Australie, au Canada et aux États-Unis, tout en étant moins rigoureuses qu'en Europe et au Japon», est-il rappelé. Mais ce ne sera pas suffisant. Il faudra trouver de nouvelles technologies, «tels le moteur hybride ou d'autres innovations que nous sommes incapables d'imaginer», prévient le FMI. L'abondance sera-t-elle un cauchemar ?

Posté par werdna à 13:08 - Ecologie et Environnement - Rétroliens [0] - Permalien [#]

JO de Pékin : les athlètes français privés de badge

NOUVELOBS | 15.04.2008 | 12:21

Le président du CNOSF, Henri Sérandour, interdit aux athlètes le port du badge "Pour un monde meilleur"; au nom du respect de la charte olympique. Bernard Laporte juge cette décision "regrettable".

Les athlètes français ne seront pas autorisés à porter le badge "Pour un monde meilleur" destiné à montrer leur attachement aux droits de l'Homme lors des JO de Pékin (8-24 août), a annoncé lundi 14 avril, le président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), Henri Sérandour.
"On ne peut pas mettre un badge pour la cause d'untel, un badge pour une autre cause", a déclaré le président du CNOSF, invité sur L'Equipe TV. (>
Voir la vidéo)
"On va respecter la charte qui est : aucune manifestation tangible de quoi que ce soit pendant les manifestations sportives et pendant le défilé des cérémonies d'ouverture et de clôture", a-t-il ajouté.

Posté par Kozett à 12:33 - Droits de l'Humain - Rétroliens [0] - Permalien [#]

les éditorialistes de presse à vie ne sont plus crédibles !

Marianne - Lundi 14 Avril 2008 - Par Jean-François Kahn.

La défiance des gens envers les médias doit conduire à repenser l'organisation et les méthodes de la presse !

« Le Président a changé ». Tout prouve le contraire, mais pratiquement tous les commentateurs du médialand l'ont seriné d'une seule voix… Libération a pratiquement été le seul média à ne pas expliquer, au lendemain du premier tour des élections municipales, que Sarkozy avait échappé au vote sanction annoncé et à noter que le Modem, malgré ses surréalistes cahotements, avait obtenu en moyenne 15,7 % des suffrages, là où il se présentait, et non 3,5 % comme diffusé en boucle sur toutes les ondes. Or ces deux contre-informations étaient justement celles que l'Elysée avait demandées, par SMS, de mettre en relief.

On notera, d'ailleurs, que d'autres enseignements particulièrement importants de ce scrutin municipal - les scores, parfois spectaculaires, de l'extrême gauche là où elle a présenté des listes ouvertes, l'échec impressionnant, dans les grandes villes, des maires centristes ralliés à la droite sarkozyenne (Strasbourg, Amiens, Toulouse, Rouen, Caen, Saint-Etienne, etc.), les bons et parfois très bons résultats obtenus par les maires de droite non identifiables au pouvoir en place (Dupont-Aignan, 80 % dans une ex-ville communiste ou Jean-Christophe Lagarde, signataires de l'Appel à la vigilance républicaine, 70% à Drancy), et, surtout, le contraste entre l'ampleur du basculement des classes moyennes dans l'opposition et la réserve de l'électorat populaire qui a généralement préféré l'abstention à la gauche socialiste -, que ces utiles indicateurs-là, donc, ont été totalement occultés par la plupart des commentateurs.

Tant de signes parmi beaucoup d'autres. Mais on pourrait, aussi bien, relever que l'extravagant discours du chef de l'Etat devant la Chambre des communes (un rejet en creux des spécificités de son propre pays, dont aucun mérite ne fut évoqué, à travers un éloge si hyperbolique et dégoulinant du pays d'accueil et de son modèle que cela choqua la presse anglaise elle-même), ou que l'annonce, en rupture avec presque cinquante ans d'indépendantisme gaullien, d'un sur engagement militaire, lourd de conséquences, en Afghanistan, sans aucune concertation ni information parlementaire préalable, deux postures presque sans précédent dans un pays démocratique, n'ont, dans un premier temps, provoqué aucune réaction critique de la part des éditorialistes ou chroniqueurs des grands médias parlés, télévisés ou écrits, nationaux ou régionaux.

On sait quelle défiance il en résulte de la part d'une opinion, dont le fossé qui la sépare du pouvoir médiatique ne cesse de se creuser. Or, pour l'essentiel, la phase de complaisance lamentablement courtisane à l'égard de Nicolas Sarkozy paraît être dépassée, mais il se dessine une tendance de plus en plus affirmée d'éditorialistes et de commentateurs trop professionnalisés ainsi que de journalistes trop spécifiquement politiques, à s'aligner les uns sur les autres pour définir une manière de «ligne juste», d'autant plus juste qu'elle devient dominante, qui, vue de l'extérieur, ressemble fort à la ligne de leur parti.

Pourquoi ? Non pas, à quelques spectaculaires exceptions près, parce qu'un pouvoir quelconque, politique ou financier, donnerait des consignes, ni même (du moins dans la plupart des cas) parce qu'il y aurait intégration, voire même infusion d'une incontournable «pensée unique», mais parce que les mondes de l'éditorialiste ou du commentateur exclusif, comme celui du journaliste purement politique, tendent à devenir des mondes clos, prisonniers de leur propre cocon, ce qui induit l'unicité de leur sonorisation interne. L'entre-soi produit nécessairement sa propre musique, exactement comme les slogans s'uniformisent en s'alignant sur le slogan dominant en cours de manifestation.

D'où la nécessité - et même l'urgence -, particulièrement en cette période de commémoration soixante-huitarde, de sortir de la situation anachronique et néoféodale qui continue de caractériser toute organisation de type médiatique. Est-il sain qu'on puisse, pendant des décennies, être exclusivement éditorialiste ou commentateur, ou journaliste spécifiquement politique, immergé dans le seul bain «ministéroparlementaire», sans confrontation avec d'autres réalités sociales ou humaines ? Ou qu'on puisse mener toute une carrière comme «chef», c'est-à-dire journaliste de bureau, sans jamais se coltiner la réalité dite de terrain? Monsieur Nicolas Beytout, par exemple, a-t-il jamais été autre chose que décideur par transmission héréditaire, a-t-il jamais couvert une grève, un fait-divers, une guerre civile, un drame humanitaire ?

L’éditorialiste en vase clos

Je connais telle excellente et sympathique rédactrice d'un journal dominical qui, depuis trente ans, n'officie que dans cette fort étroite spécialité du journalisme politique, jusqu'à devenir l'émanation du milieu dans lequel elle baigne ; et, depuis plus de trois décennies, j'entends évoquer à la radio les opinions, forcément de plus en plus conformes, du même éditorialiste d'un quotidien nordiste qui ne s'adonne, à l'évidence, à aucun autre genre.

Est-ce raisonnable ? Et un rubricard financier, aussi expert soit-il, pourra-t-il prendre acte des différentes composantes d'une réalité, dût-elle in fine prendre une forme financière, si jamais il n'a l'occasion de vivre un conflit du travail ou une tragédie sociétale ? Pourquoi un analyste aussi intelligent, cultivé, expérimenté, informé qu'Alain Duhamel se trompe-t-il si souvent, sinon parce qu'il n'a pas l'occasion, ou pas assez, de sortir de la bulle qu'il explore pourtant et, depuis si longtemps, avec tant de lucidité?

Un principe devrait être établi selon lequel tout journaliste de bureau, grand chef ou sous-petit chef, devrait, au moins trois fois par an, retourner sur le terrain (et pourquoi pas à la base parfois) et tout journaliste politique, éditorialiste, commentateur et expert économique et financier s'investir trois fois par an dans un conflit social, un dossier d'investigation, une affaire glauque (parce que c'est la vie aussi), une crise extérieure ou un drame humain.

Aujourd'hui retiré de la profession, j'ai dirigé des journaux et des rédactions pendant vingt-cinq ans. J'ai tenté, le plus souvent sans succès, de faire avancer les quelques idées que j'exprime ici. Mais, compte tenu de la violence de la crise de confiance qui traverse la presse, je suis convaincu que, désormais, le temps est venu.

Cette tribune est initialement parue dans les colonnes de Libération.

Posté par werdna à 12:22 - Médias - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Silvio Berlusconi remet l'Italie à sa botte

Le milliardaire Silvio Berlusconi a largement remporté les élections législatives, en obtenant la majorité absolue au Sénat et à la Chambre des députés. La coalition de droite obtient 47,1% des voix au Sénat contre 38,1% à Walter Veltroni, l'ex-maire de Rome dont la coalition au centre-gauche a fait disparaître les élus d’extrême gauche et les communistes…

Ce sera la troisième fois que Berlusconi, 71 ans, accèdera au pouvoir. En avril 2006, après un mandat de cinq ans et un bilan controversé, le magnat des médias avait été battu par son vieil adversaire de gauche Romano Prodi.

La Ligue du nord (régionaliste, anti-immigrés et anti-européenne) devrait réaliser un score bien meilleur qu'en 2006 en recueillant 8,3% des voix au Sénat, selon les projections d'Ipsos, contre 4,5% aux dernières législatives. Le chef de la Ligue Umberto Bossi, qui avait récemment menacé de "prendre les fusils contre la canaille romaine", a cherché à rassurer lundi soir: "Berlusconi est un ami. Nous avons respecté notre parole, il ne sera jamais otage de la Ligue".

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Placide - http://www.leplacide.com/ 15/04/08

La presse UE doute de Berlusconi

Le Figaro – 15/04/08

La presse européenne ne croyait guère aujourd'hui dans la capacité du milliardaire de droite Silvio Berlusconi à réformer une Italie en panne économique, mais se réjouissait de la naissance d'un vrai bipartisme, terreau possible d'une rénovation politique.

"Le Berlusconi nouveau ressemble (...) à un mauvais lifting", ironise Libération.

Pour le Figaro , l'élection de Berlusconi est "un indice de la paralysie qui frappe le système politique italien", même si la confortable majorité obtenue "permettra de gouverner en ayant les coudées franches".

La presse belge souligne l'habileté de Berlusconi et salue l'émergence d'un bipartisme avec une opposition de gauche plus compacte sous la houlette de Walter Veltroni.

Le journal londonien Financial Times explique la large victoire de Berlusconi par sa capacité à "capitaliser sur l'anxiété d'une population qui a rendu le gouvernement de centre-gauche de Romano Prodi responsable de la montée de la fiscalité, des prix alimentaires et du pétrole".

En Espagne, le journal de centre-gauche El Pais constate l'immensité de la tâche qui attend Berlusconi: "les problèmes économiques et institutionnels sont énormes et il n'a pas contribué sérieusement à en solutionner aucun au cours de ses (deux) précédents mandats".

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Posté par werdna à 11:46 - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Deux refus ? Adieu l'allocation-chômage...

Ouest-France – 15/04/08 - Carine JANIN

Davantage de contraintes pour les demandeurs d'emploi au bout de six mois ? Des secrétaires contraintes de se réorienter vers les services à la personne ? Éventuellement payées 70 % de leur salaire précédent. Avec 1 h 50 de trajet chaque jour. Forcément, ça fait grincer les syndicats.

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Car c'est l'un des « scénarios » envisagés par le gouvernement, dans la réforme de l'assurance-chômage. « Un scénario parmi d'autres, et qui n'est pas figé », veut tempérer le ministère de l'Emploi.

Quelle assurance-chômage ? Le gouvernement et les partenaires sociaux doivent se retrouver le 6 mai pour plancher sur le sujet. En guise de préparatifs, des réunions se tiennent à partir de jeudi. On s'y penchera sur la notion « d'offre valable d'emploi ». Et notamment, sur un « scénario » de dispositif de contrôle de chômeurs. Plus contraignant au bout de six mois. Et qui imposerait, si nécessaire, au demandeur d'emploi, de se réorienter. L'information a été révélée hier, par le journal Les Échos.

Aujourd'hui. Un demandeur d'emploi peut être privé d'allocation s'il refuse un poste compatible avec sa spécialité ou sa formation. Ce poste doit être également compatible avec ses possibilités de mobilité géographique, et avec un niveau de salaire pratiqué dans la région. Normalement, un seul refus suffit pour radier le demandeur d'emploi. Mais c'est rare (1 500 cas par mois sur 2,1 millions de chômeurs), car les agents ANPE n'entendent pas pénaliser des publics déjà en situation de fragilité.

Une des pistes envisagées. Durant les six premiers mois de chômage, la situation resterait identique à celle d'aujourd'hui. Au-delà, tout changerait. Le demandeur d'emploi devrait accepter un emploi occasionnant moins de deux heures de transport par jour et rémunéré « par exemple au moins 70 % de son salaire antérieur ». Mais peu importe que cet emploi corresponde ou non à sa spécialité ou sa formation. Ces deux critères n'entreraient plus en ligne de compte. Et, au terme de deux refus, les allocations seraient suspendues (deux semaines ou plus) ou réduites.

« Qui paiera le gazole ? » Pour l'association de chômeurs, AC Réseau, ce projet « continue d'accréditer l'idée que les chômeurs sont des feignants », déplore Pierre Nicolazo, du réseau à Nantes. « Aujourd'hui, déjà « sept millions de travailleurs touchent moins que le Smic, avance-t-il. Et il faudrait, en cas de chômage, envisager de toucher 30 % de moins ? »

Quant au temps de trajet, « qui paiera le gazole ? », s'agace-t-il. « Perdre son emploi, c'est d'abord une souffrance, rappelle aussi Gaby Bonnant, secrétaire national de la CFDT, chargé de la négociation sur l'assurance-chômage. Et derrière chaque chômeur, il n'y a pas un fraudeur. Bien sûr que nous sommes dans un monde où la mobilité est une réalité dont il faut tenir compte. Mais elle ne doit pas s'imposer avec brutalité aux salariés. Et négliger leur compétence, leur qualification n'est certainement pas une solution ».

Et puis, note-il, « les demandeurs d'emplois ont des devoirs, certes. Mais on doit, en contrepartie, leur donner les moyens de rebondir. En les accompagnant, c'est le rôle du service public. Et en les formant, c'est le rôle des entreprises. Or aujourd'hui, ni le droit à l'accompagnement, ni le droit à la formation ne sont assurés ».

Posté par werdna à 11:25 - Economie - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Peine de mort : au moins 1.252 personnes exécutées en 2007, la Chine est en tête

Aujourd’hui la Chine - 15/4/2008

Au moins 1.252 personnes ont été exécutées dans le monde en 2007, la Chine arrivant en tête avec au moins 470 personnes exécutées dans l'année, selon un rapport de l'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty. Un chiffre minimum...

"Au cours de 2007, au moins 1.252 personnes ont été exécutées dans 24 pays. Au moins 3.347 personnes ont été condamnées à mort dans 51 pays. Ces chiffres ne sont que des minima; les chiffres réels sont certainement supérieurs", a indiqué l'organisation dans un communiqué.

Entre 18.311 et 27.562 personnes dans le monde attendraient leur exécution, a-t-elle indiqué.

En 2006, au moins 1.591 personnes avaient été exécutées dans 25 pays. De plus, au moins 3.861 avaient été condamnées à mort dans 55 pays.

Mais selon Amnesty, la véritable étendue de l'utilisation de la peine capitale dans le monde reste inconnue car dans de nombreux pays, les exécutions se font sous le sceau du secret.

"L'utilisation secrète de la peine capitale doit cesser: le voile du secret entourant la peine de mort doit être levé", a plaidé Amnesty, dont le siège est à Londres. "De nombreux gouvernements affirment que les exécutions se déroulent avec le soutien du public. Les gens ont par conséquent le droit de savoir ce qui est fait en leur nom", a ajouté l'organisation.

A l'instar des années précédentes, la grande majorité des exécutions répertoriées a été le fait d'une poignée de pays: 88% d'entre elles ont été mises en oeuvre dans cinq pays (Chine, Iran, Arabie saoudite, Pakistan et Etats-Unis).

En 2006, 91% des exécutions avaient été perpétrées dans six pays (Chine, Iran, Pakistan, Irak, Soudan, Etats-Unis).

Soulignant la baisse de 10% affichée par les autorités chinoises, Amnesty a néanmoins souligné que la Chine a été "le plus gros utilisateur de la peine de mort" en 2007 avec au moins 470 exécutions. "Mais ce chiffre s'appuie sur des informations publiques et n'est qu'un absolu minimum", a poursuivi l'organisation.

Sur ces 470 exécutions, environ 68 auraient été réalisées pour sanctionner des crimes non-violents (évasion fiscale, réseau de prostitution, contrebande).

Dans son communiqué, Amnesty cite des estimations de l'organisation américaine Fondation Dui Hua évoquant 6.000 exécutions en 2007. Ces données auraient été recueillies auprès de responsables locaux chinois.

"Alors que Pékin se prépare à accueillir les jeux Olympiques, nous mettons au défi le gouvernement chinois afin qu'il mette un terme à l'utilisation de la peine de mort et qu'il fournisse une information détaillée au sujet de l'utilisation de la peine capitale", a réclamé Amnesty.

En 2007, au moins 317 personnes ont été exécutées en Iran, au moins 143 en Arabie saoudite, au moins 135 au Pakistan et 42 aux Etats-Unis, a précisé l'organisation, se disant "inquiète" que des exécutions aient eu lieu en Mongolie et en Malaisie.

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Les biocarburants, "un crime contre l'humanité" d'après le rapporteur de l'Onu

http://terresacree.org SOS-Planete, le site de l'association Terre sacrée  - 2008-04-14

La production massive de biocarburants est aujourd'hui "un crime contre l'humanité" du fait de son impact sur l'envolée des prix alimentaires mondiaux, a estimé Jean Ziegler, rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l'alimentation à la radio allemande.

M. Ziegler a appelé le Fonds monétaire international (FMI) à changer sa politique de subventions agricoles et à cesser de soutenir exclusivement des projets visant la réduction des dettes. L'agriculture, estime-t-il, doit être subventionnée dans des secteurs où elle assure la survie des populations.

Il a également critiqué l'Union européenne pour sa politique de subventions, l'accusant de dumping agricole en Afrique. "L'UE finance l'exportation d'excédents alimentaires européens en Afrique (...) où ils sont proposés à la moitié ou un tiers du prix. Cela ruine totalement l'agriculture africaine", a-t-il déploré.
"En outre, la spéculation boursière internationale sur les matières premières alimentaires doit cesser", a-t-il dit.

Dans un entretien au journal français Libération, M. Ziegler a averti que le monde se dirigeait "vers une très longue période d'émeutes" et de conflits liés à la hausse des prix et à la pénurie des denrées alimentaires. De son côté, le patron de l'organisme allemand de protection des consommateurs Foodwatch, Thilo Bode, s'est aussi insurgé contre la "politique commerciale meurtrière des pays industriels".

"Nous avons besoin d'une autre politique énergétique. Il n'est pas possible que nous remplissions nos réservoirs aux dépends des affamés", a-t-il dit à la télévision publique allemande ZDF.

Réagissant aux appels de mobilisation actuelle contre la faim, le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück a affirmé à la radio publique allemande que "l'Allemagne ne se dérobera pas à une telle action".

L'envolée des prix des denrées alimentaires et de l'énergie a provoqué la semaine dernière des émeutes en Haïti et en Egypte ainsi qu'une grève générale au Burkina Faso.

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