Résistance Inventerre

-:¦:- Information Non-Violence, Environnement TERRE -:¦:- "Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent" Lucie Aubrac

lundi 14 avril 2008

Qui veut « partager » ?

Ouest-France – 14/04/08 - Alfred Grosser

Jean-Baptiste de Foucauld, fondateur de « Solidarités nouvelles contre le chômage », est l'un des meilleurs connaisseurs de la réalité sociale française.

Pour faire reculer les inégalités tout en protégeant l'environnement, dit-il, il ne faut pas abandonner l'idée d'abondance mais la contrebalancer par un souci de « sobriété et de mesure ». Il ne songe évidemment pas à ceux qui sont dans le besoin : on ne leur demande pas, comme l'Avare à son cuisinier, de « faire bonne chère avec peu d'argent ».

Mais deux obstacles de taille se dressent devant toute politique qui, soucieuse de l'environnement, voudrait canaliser la croissance.

Le premier obstacle est constitué par la publicité. Il est vrai qu'elle contribue à faire baisser les prix, en particulier pour les produits nouveaux. La multiplication des ventes permet une réduction des coûts. Mais la publicité vise principalement à créer des besoins. Elle appelle ses clients ou, plus exactement, ses cibles, à se sentir frustrés de ne pas posséder tel objet, alors qu'ils ont déjà acquis peu de temps auparavant un objet semblable.

Le mot « nouveau » fait fonction d'incitateur. Et les images doivent donner des envies, pousser à la réalisation de rêves, alors même que l'utilité de l'achat n'est pas évoquée, qu'il s'agisse de voitures aussi bien que de shampooings. Quand les cibles sont les jeunes, les meilleurs agents sont les copains, déjà possesseurs du produit devenu un « besoin ». La « sobriété » paraît alors hors d'atteinte.

L'autre obstacle, c'est la nature de l'économie française. Nos meilleures exportations, ce sont les produits de luxe et les spiritueux. S'il devait y avoir « sobriété et mesure », nos exportations chuteraient verticalement. Déjà, au-dedans, les acheteurs appartiennent à des catégories privilégiées qu'il faudrait convaincre de limiter à la fois leurs ressources et leurs appétits.

Il se trouve, hélas, qu'aucune gêne ne paraît exister chez ceux dont l'indemnité de départ peut équivaloir à trois ou quatre cents années de salaire d'un smicard. Leur proposer de rendre leur abondance frugale est possible. L'obtenir l'est moins.

Qui donc accepte d'être « partageux » pour que le développement ne soit pas destructeur d'avenir, sans pour autant figer des écarts terrifiants ? Pas seulement des catégories sociales, mais aussi les nations : la France ne vient-elle pas de réduire son aide au développement, passée, de 2006 à 2007, de 0,47 à 0,38 % du revenu national brut ?

Peut-être un langage clair et ferme contribuerait-il à réorienter l'évolution. Il faudrait qu'il soit tenu par le gouvernement et accepté, au nom de la vérité, par l'opposition. Nous entrons sans doute, ici, dans le domaine de l'utopie...

Posté par werdna à 15:57 - Réflexions - Citations - Rétroliens [0] - Permalien [#]

A LA RUE" SUR CANAL OBS La parole aux exclus

NOUVELOBS | 14.04.2008 | 13:04

Du lundi 14 avril au samedi 19 avril, des femmes et des hommes commentent l'actualité sur Canal Obs. Des sujets sérieux, mais aussi futiles...

Ils ne sont pas "du bon côté de la vie", puisqu'ils sont hébergés au Centre d'accueil et de soins hospitaliers (C.A.SH.) de Nanterre (tous ont vécu un temps plus ou moins long dans la rue).

Dans des conversations de 2 à 4 minutes, iIs nous livrent leurs réflexions dans l'humour ou la révolte. Ils racontent l'actualité de ce monde dont ils n'ont pas toujours l'impression de faire partie.

Posté par Kozett à 14:00 - Médias - Rétroliens [0] - Permalien [#]

SANTE - PROTECTION SOCIALE - Assurance maladie : de nouveaux transferts en vue vers les complémentaires

Les Echos [ 14/04/08  - 09H54

Roselyne Bachelot veut 3 milliards d'économies sur les dépenses maladie en 2009. Pour y parvenir, elle a reconnu que la question d'un transfert de certaines dépenses vers les organismes complémentaires "se pose". L'optique et le dentaire seraient visés.   

    

Roselyne Bachelot a estimé hier, lors du " Grand Jury RTL-LCI-"Le Figaro" ", que le gouvernement devrait faire " à peu près 3 milliards d'euros d'économies " sur les dépenses d'assurance-maladie en 2009, soit un gain de 2 points par rapport à une évolution tendancielle de + 5 % par an.

" Ce résultat est tout à fait à notre portée ", a affirmé la ministre de la Santé, qui entend résorber le déficit de l'assurance-maladie d'ici à " deux ou trois ans ". Pour y parvenir, Roselyne Bachelot a reconnu que la question d'un transfert de certaines dépenses vers les organismes complémentaires " se pose ".

" Des marges de manoeuvre " - Nicolas Sarkozy avait indiqué dès septembre qu'il entendait redéfinir la part relevant de la solidarité et donc de l'assurance-maladie, et celle relevant de la responsabilité individuelle, et donc des mutuelles et des assurances. " Il y a des marges de manoeuvre " du côté des organismes complémentaires, a souligné la ministre de la Santé, en affirmant que " leurs marges sont passées de 12 % à 23 % à périmètre de prise en charge [par la Sécurité sociale] égal ".

Refusant de préciser quelles dépenses pourraient être transférées (l'optique et le dentaire sont évoqués), elle a en revanche écarté l'idée de dérembourser partiellement la prise en charge des maladies graves (affections de longue durée, ALD), couvertes aujourd'hui à 100 %. " Il ne faut pas regarder le taux de remboursement des ALD (...), ce n'est pas la voie que je préconiserai ", a-t-elle défendu, alors que l'instauration d'un ticket modérateur fait partie des pistes d'économie.

La ministre de la Santé estime qu'il faut plutôt durcir l'entrée dans le dispositif des ALD, " qui peut donner lieu à un certain laxisme ".

Roselyne Bachelot pose aussi des conditions à des transferts vers les complémentaires : une meilleure mise en concurrence des acteurs, le fait que les mutuelles " fassent la preuve qu'elles ont une valeur ajoutée " par rapport au régime général, et, enfin, que " tous les Français aient accès à une couverture complémentaire ".

Les annonces seront faites en juillet, pour une mise en oeuvre dans le budget 2009 de la Sécurité sociale

Continuons de faire payer les pauvres : Ils sont les plus nombreux ....

Posté par Kozett à 13:00 - Santé - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Après l'UMP, l'Élysée veut contrôler le centre ...

OUEST-FRANCE lundi 14 avril 2008 Michel URVOY

Desin_Chanu_l__coute

La droite entend retenir la leçon des municipales pour préparer les européennes et les régionales. Elle rêve de faire du centre sa... périphérie. Bon courage.

Faisons simple.

1) Il existe en France, surtout dans l'Ouest, un fort électorat centriste sans lequel il est très difficile de gagner une élection.

2) À travers son échec aux municipales, l'UMP a compris que, faute de réserves suffisantes sur sa droite, il lui fallait maîtriser le centre pour éviter de se faire battre au gré des alliances imprévisibles du MoDem.

3) Il n'y a pas pire pétaudière que le centre. Les centres.

Petit inventaire. Prenez quand même un crayon et faites un dessin. L'ex-UDF, qui existe toujours juridiquement. Le groupe centriste du Sénat, qui compte neuf sénateurs MoDem (Jean Arthuis vient de claquer la porte), cinq Nouveau Centre et seize ex-UDF.

Le Nouveau Centre du ministre de la Défense, Hervé Morin, fort de quatre ministres, de 23 députés et de quelques succès aux municipales. Le MoDem de François Bayrou, qui fait chambre à part mais vit sur les moyens matériels et financiers de l'UDF. Les centristes de l'UMP... On pourrait y ajouter les Progressistes d'Éric Besson et la Gauche Moderne de Jean-Marie Bockel, tous deux imprégnés d'un socialisme rose très pâle.

Neutraliser François Bayrou

Voilà le paysage. Laisser chacun vivre sa vie ? On voit le résultat. Imaginer une confédération de la droite ? « À côté de l'UMP, dit François Sauvadet (NC), il faut d'autres partis pour occuper l'espace politique ». « Il faut des réserves pour les seconds tours », ajoute André Santini.

François Fillon a opté pour une formule « plus souple », un « comité de liaison ». Il sera piloté par Nicolas Sarkozy qui réunira chaque mois tout ce beau monde, sauf François Bayrou. Sa neutralisation politique devient la condition pour apaiser les tensions et organiser, d'une part, un centre gauche autour de Besson et Bockel (qui n'ont d'ailleurs rien rapporté aux municipales); d'autre part, un centre droit autour du Nouveau Centre et de l'ex-UDF.

L'opération anti-Bayrou se mène en trois temps. Un, la triangulaire de Pau, téléguidée par l'Élysée qui soutenait le maire PS sortant, l'a fait chuter.

Deux, jouer sur le nerf de la guerre, notamment la dotation de l'État à l'UDF (un million d'euros), pour qu'il ne soit pas capté par le seul MoDem. Michel Mercier, sénateur du Rhône et trésorier des deux conjoints séparés, a enfin obtenu de François Bayrou la réunion d'un comité directeur, mercredi, où l'on parlera patrimoine et gros sous.

3) Aux régionales, l'Élysée envisage un scrutin proportionnel à un tour, ce qui ferait de l'UMP un passage obligé pour toute négociation à droite. Réaction attendue aujourd'hui de François Bayrou qui tient une conférence de presse.

Reste à faire vivre un centre droit. Jean Arthuis refuse d'intégrer le Nouveau Centre et, plus encore, l'UMP. Lui ne jure que par la renaissance d'une UDF, quitte à changer de nom : fin juin, une convention « ouverte à tous les centristes » va tenter de rassembler le plus de monde possible.

Le Nouveau Centre, lui, se met déjà en ordre de marche. Hervé Morin se voit tête de liste d'une des huit circonscriptions aux européennes de 2009. « Un sujet qui est le nôtre », glisse André Santini. Les 16 et 17 mai, le NC réunira un conseil national à Nîmes, où devraient être annoncés de nouveaux ralliements. « Venez, on vous réserve quelques surprises... »

Voyez que c'est simple !

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Posté par Kozett à 12:30 - Partis politiques - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Infortune judiciaire pour le ministère dans l’affaire des casinos

La Chambre de l’instruction a autorisé vendredi l’ouverture d’une information judiciaire pour favoritisme, visant le ministère de l’Intérieur en général et l’un des anciens locataires en particulier : Nicolas Sarkozy. Une plainte avait été déposée en mars 2007 par le casino de Gujan-Mestras (Gironde), sa gérante, Frédérique Ruggieri, étant victime de l’ostracisme de la place Beauvau, délivrant à tout va les autorisations de machines à sous aux cadors du secteur (Partouche et Barrière), mégotant ses délivrances aux casinotiers indépendants.

Barde. En Gironde, la différence de traitement est caricaturale. Le casino de Bordeaux (Barrière), dont le patron, Dominique Desseigne, est partenaire de jogging de Nicolas Sarkozy, a obtenu peu à peu 300 machines à sous. Avec le casino d’Arcachon, présidé par le chanteur Enrico Macias, barde de la sarkozie, et celui d’Andernos, le groupe Partouche culmine à 200 bécanes. Pendant ce temps, celui de Gujan-Mestras plafonne à 50 machines, au nom d’une prétendue «offre excessive de jeux»… La plainte souligne que «ces faits du prince, fut-il républicain, ne peuvent s’expliquer que par la volonté de nuire à un casino indépendant pour le seul bénéfice de groupes puissants».

Longtemps, le parquet de Paris, le doigt sur la couture du pantalon, s’est opposé à l’ouverture d’une information judiciaire pour favoritisme, au motif que la délivrance de machines à sous ne relèverait pas d’un marché public. Le ministère de l’Intérieur a pourtant été censuré à trois reprises par le tribunal administratif (juge de la décision publique), saisi par Frédérique Ruggieri, en des termes de plus en plus sévères : «Décision prise en vue de protéger des casinos existants contre la concurrence», «atteinte à l’égalité de traitement des candidats à l’exploitation de jeux».

Suprême humiliation, le dernier jugement du TA, en mars 2008, faisait «injonction au ministre de procéder à un réexamen de la demande d’extension de machines à sous». Il visait les récentes décisions de la Commission supérieure des jeux (CSJ, dépendant de l’Intérieur, dont l’avis n’est que facultatif), dignes d’une république bananière : 50 machines de plus pour Barrière, 30 pour Partouche, rien pour Frédérique Ruggieri.

Immunité. L’obstruction du parquet n’a pu que retarder l’échéance d’un an : la juge d’instruction Françoise Desset va enfin pouvoir enquêter. Sauf qu’entre-temps Nicolas Sarkozy a été élu Président. Si les hauts fonctionnaires de la place Beauvau (le directeur des libertés publiques, le directeur des courses et jeux.) pourront être entendus sans entrave, le cas Sarkozy sera suspendu le temps de son mandat, immunité élyséenne oblige.

Le 7 mars 2007, en pleine campagne présidentielle, Sarkozy, retardant au maximum son départ du ministère de l’Intérieur, signifiait un ultime bras d’honneur au casino de Gujan-Mestras. Quatre ans plus tôt, il signait avec le lobby casinotier un «relevé de conclusion» accordant aux plus méritants d’entre eux un minimum garanti «en vue de répondre aux périodes de forte affluence».

© Libération.fr

Posté par Lung Ta à 07:44 - Justice - Rétroliens [0] - Permalien [#]

L'art d'annoncer les mauvaises nouvelles

SM

© Giemsi

Posté par Lung Ta à 07:38 - Humour - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Peut-on échapper à la surveillance ?

 

ATTENTION ARTICLE UN PEU LONG MAIS INTERESSANT

 

© LE MONDE 2 | 11.04.08 |
Nos téléphones portables sont des mouchards, nos ordinateurs des balances. Les libertés individuelles se réduisent au rythme du développement des nouvelles technologies. Pourtant, loin de nous en inquiéter, nous favorisons cette surveillance en dévoilant nos vies sur Internet ou en utilisant des passes électroniques. Sacrifier sa liberté pour le confort, le divertissement ou la sécurité : Thierry Rousselin, coauteur de "Sous surveillance", nous met en garde contre ce marché de dupes.

Satellites d'observation, caméras de vidéosurveillance, passeports biométriques, fichiers administratifs, policiers ou commerciaux, puces à radiofréquence, GPS, téléphones portables, Internet : le citoyen moderne est au centre d'un réseau de technologies de plus en plus perfectionnées, et de plus en plus indiscrètes. Chacun de ces outils, censé nous apporter sécurité et confort, nous en demande chaque jour un peu plus sur nous-même, nous classe, voire nous observe. A la fois complices et inconscients, nous avons basculé dans une société de surveillance.

Est-il encore possible d'échapper à ces multiples dispositifs qui nous environnent ? Nous l'avons demandé à Thierry Rousselin, consultant en observation spatiale, ancien directeur de programme d'armement à la Délégation générale pour l'armement, qui publie avec Françoise de Blomac, spécialiste des nouvelles technologies d'information, Sous surveillance (Les Carnets de l'Info), un très utile tour d'horizon de ces technologies, qui tente de faire la part entre fantasmes et vrais risques de dérives.

Quels sont aujourd'hui les grands domaines de la surveillance technologique?

On pourrait tracer des cercles concentriques. Le premier, ce sont les "morceaux" de nous-mêmes, tout ce qui concerne la biométrie. On donne progressivement un certain nombre d'éléments qui nous appartiennent, qui nous identifient. Cela a commencé avec nos empreintes digitales. C'est maintenant au tour de notre ADN, notre iris, la paume de notre main, bientôt notre manière de marcher ou nos tics. Notre identité est en train de se confondre avec notre biologie et nos comportements physiques. Le second cercle, ce sont tous les capteurs qui nous entourent : ceux qui nous regardent avec la vidéosurveillance, les webcams, les drones, les avions, les hélicoptères, les satellites.

Il y a aussi l'écoute, dans tous les sens du terme. Il ne faut jamais oublier que le premier moyen d'écoute, c'est une personne à côté de nous. On peut aussi utiliser nos propres outils, le téléphone notamment. On m'a vu, on m'a écouté, sait-on également où je suis ou qui je suis par le biais de mes propres objets ? Je me suis payé un GPS ou un téléphone portable. Est-ce qu'on est capable de me suivre à cause de ces appareils ? Les multiples cartes –de paiement, de fidélité, d'abonnement– que j'ai dans mon portefeuille racontent-elles des choses de moi en temps réel à chaque fois que je les emploie ? Les formulaires que j'ai remplis depuis trente ans dessinent-ils une image de moi plus précise que mes propres souvenirs ?

Le dernier point concerne l'ordinateur. Est-ce qu'en l'utilisant, je lui transmets des informations au-delà de ce que je suis en train de taper ? Depuis un certain nombre d'années, on voit bien que, dans chaque instruction judiciaire, les policiers embarquent l'ordinateur. C'est bien qu'il peut raconter des choses sur nos activités. Après, il y a Internet. Là, on s'inquiète que des gens soient capables de passer par le réseau pour nous subtiliser de l'information. Est-ce que ma soif de me faire des amis, de me faire connaître ne me conduit pas à raconter trop de choses qui pourraient être, un jour, utilisées contre moi ? Les domaines de surveillance touchent donc aujourd'hui quasiment toutes nos interactions avec le monde extérieur, presque tous nos sens.

Les inquiétudes sont d'autant plus vives que l'on voit bien que l'on aurait beaucoup de mal à se passer de nombre de ces technologies. Oui, nous sommes en grande partie complices de la progression de la surveillance. D'abord, cela nous simplifie la vie. Nous préférons avoir une carte qu'un ticket pour entrer dans le bus, cela nous évite de composter. Le passe Navigo, que la RATP est en train de substituer à la carte Orange, contient une puce RFID [à radiofréquence], sur laquelle sont chargées des données personnelles qui permettent de reconstituer tous vos déplacements sur deux jours. En l'utilisant, vous ne vous déplacez donc plus tout à fait anonymement. Mais la carte a permis de gagner du temps aux guichets et aux portillons, et de fluidifier les flux de voyageurs. La plupart des usagers la considèrent donc avant tout comme une amélioration du service.

Aux Etats-Unis, une société commercialise une carte spéciale pour éviter les longues files d'attente dues aux contrôles dans les aéroports. Pour l'obtenir, il faut répondre à un questionnaire très détaillé en ligne et fournir des éléments d'identification biométriques. Récemment, un des premiers abonnés commentait le service en ces termes : "En m'inscrivant, je me suis mis à penser : j'espère qu'ils ont un putain de système de sécurité vu la quantité d'informations que je leur fournis… Mais je n'y penserai plus quand je passerai en sifflotant dans ma voie réservée, en regardant la queue des cent couillons qui attendent." C'est tout à fait typique de notre ambivalence sur ces questions. Nous sentons bien que nous confions des éléments éminemment intimes, parfois à des sociétés qui n'existaient pas l'année précédente.

Mais elles fournissent des services tellement pratiques que nous préférons oublier les risques que cela fait courir. C'est aussi le cas des solutions RFID et GPS destinées aux enfants ou aux malades d'Alzheimer. Nous acceptons la surveillance parce qu'elle concerne nos proches les plus fragiles. Mais pour les industriels, ces techniques mettent aussi en place les conditions d'un marché. Nous avons commencé à les accepter pour les gens auxquels nous tenons le plus, et cela ouvre la voie à un usage de masse.

L'intérêt financier peut-il également jouer ?

Bien sûr! Si je prends une carte de fidélité, je vais avoir des cadeaux en échange de quelques données personnelles. En Grande-Bretagne, plusieurs compagnies proposent des assurances moins chères pour des automobilistes qui s'engagent à ne pas rouler certaines heures de jours "à risques". Pour vérifier, les sociétés ont le droit de récupérer toutes les informations sur les déplacements contenues dans le boîtier électronique du véhicule. Les clients ont échangé une économie substantielle contre la perte de la confidentialité de leurs allers et venues. A l'inverse, protéger son anonymat peut coûter plus cher. La CNIL a demandé à la RATP de proposer une carte sans informations personnelles. C'est le passe Navigo Découverte : il existe, mais il est plus onéreux que le passe classique.

Beaucoup de maires français se sont lancés dans la vidéosurveillance, sur le modèle de la Grande-Bretagne où est déjà déployé le total de 25 millions de caméras. A quoi est dû cet engouement ?

C'est très irrationnel. En novembre, Michèle Alliot-Marie, ministre de l'intérieur, a affirmé que "l'efficacité de la vidéosurveillance pour améliorer de façon significative la sécurité quotidienne n'est plus à démontrer". Pourtant, il n'existe pas de travail de recherche qui confirme l'efficacité des caméras. Très souvent derrière les systèmes technologiques de surveillance, il y a l'incapacité du pouvoir à apporter de vraies réponses aux problèmes posés. On installe des caméras parce que c'est très visible et que cela coûte moins cher que d'embaucher des gens et de conduire un véritable travail de terrain.

Tout le monde s'y met donc alors qu'au Royaume-Uni la plupart des bilans sont très mitigés. L'effet est très faible en matière de prévention, de dissuasion, surtout sur les atteintes aux personnes (bagarres, viols… souvent dues à des gens au comportement impulsif qui se fichent bien de savoir s'ils sont filmés. C'est pareil pour le terrorisme : les "fous de Dieu" ou d'une cause quelconque seraient même heureux de passer ainsi à la postérité.

Quant aux petits délits comme ceux pratiqués par les pickpockets dans le métro, ils sont trop rapides pour être repérés et leurs auteurs passent à l'acte dans des lieux souvent étendus aux multiples issues. La vidéosurveillance est surtout une aide précieuse dans la résolution d'enquêtes a posteriori.

Etant donné cette généralisation des moyens de surveillance, est-il encore possible de "disparaître" dans nos sociétés, d'échapper au contrôle de la technologie ?

Disparaître est encore possible : plusieurs milliers de personnes le font volontairement chaque année en France sans que les impôts ou l'Urssaf ne les retrouvent. Mais il faut savoir ce que cela représente comme efforts, surtout si vous restez dans la légalité, sans fausse identité ou chirurgie esthétique. L'option "île déserte" est en apparence la plus simple à réaliser.

Vous vous retirez dans une zone rurale dans laquelle vous pourrez pratiquer un mode de vie minimalisant les échanges commerciaux – sans ordinateur ni téléphone portable –, il en existe encore en France. Vous fermez votre compte en banque et payez tout en liquide. Il faudra vous astreindre à ne plus voyager à l'étranger, a fortiori aux Etats-Unis, pour éviter de vous faire établir des papiers faisant appel à la biométrie. Il faudra rester avec votre vieille carte d'identité qui est valable, en France, tant que vous êtes reconnaissable sur la photo.

Bien sûr, pas question de scolariser vos enfants dans le système officiel. Et la vraie limite concernera la santé, car à partir du moment où vous avez besoin du système de soins français, vous faites obligatoirement partie des fichiers. Le problème, c'est que cette mise en retrait de la société va surtout ressembler à un voyage vers le passé, à un retour vers des formes anciennes de contrôle social.

Dans votre petit hameau perdu, il n'y aura presque personne, mais tout le monde à dix kilomètres à la ronde saura tout de vos habitudes de vie courante, de vos particularités. Les siècles précédant la technologie moderne étaient loin d'être des époques sans surveillance. Pour éviter cela, vous pouvez préférer vous fondre dans la jungle urbaine. La foule des villes peut encore garantir l'anonymat. Mais dans ce cas, la marge entre sortie du système et exclusion est dangereusement étroite. Vous passerez inaperçu, mais avec un mode de vie de plus en plus proche de celui d'un sans-abri.

Sans aller aussi loin, peut-on encore au moins contrôler les informations qu'on laisse sur soi?

Si vous décidez de rester dans la société, des informations circulent nécessairement sur vous. Vous payez vos impôts au fisc qui par conséquent sait des choses sur vous, de même que votre employeur, etc. Vous n'en êtes pas mort jusqu'à présent et vous n'en mourrez pas. En revanche, vous pouvez éviter de donner sur vous-même des renseignements que personne ne vous oblige à révéler.

Vous pouvez éviter de remplir tous les questionnaires auxquels vous ne faites même pas attention, généralement sous prétexte de bénéficier de cadeaux de pacotille. On peut très bien survivre sans cartes de fidélité et sans avoir donné son état civil complet pour l'achat d'un grille-pain. Certes on y gagne, mais c'est surtout le droit à ce que l'ensemble de nos achats soient analysés, identifiés. Les cartes de fidélité alimentent consciencieusement des bases de données qui mémorisent toutes les transactions.

Progressivement, on laisse donc se constituer une mine d'informations sur soi-même. Certains de ces fichiers circulent librement, si vous avez oublié de cocher la petite case en bas à droite interdisant à votre interlocuteur de céder vos coordonnées à des "partenaires". Donc lorsque vous remplissez des questionnaires non obligatoires, vous n'êtes absolument pas forcé de donner des informations réelles. Rien ne vous empêche de vous tromper sur votre adresse ou votre numéro de téléphone.

Les téléphones portables sont de plus en plus souvent considérés comme des mouchards potentiels. Peut-on encore limiter ce risque ?

A partir du moment où votre appareil est allumé ou en veille, votre opérateur, sur demande d'un surveillant, peut effectivement mettre en route tout un tas de mécanismes d'espionnage. Pour la localisation, il existe différentes procédures qui permettent de vous situer à cinquante mètres près, en se servant, par triangulation, des trois antennes-relais les plus proches de votre téléphone. C'est ce qui a été utilisé pour repérer le commando qui avait assassiné le préfet Erignac.

Les téléphones de nouvelle génération, qui constituent aujourd'hui le haut de gamme, contiennent une puce GPS et seront localisables beaucoup plus facilement, et plus précisément. Pour l'écoute, cela ne se limite pas à la possibilité d'intercepter une conversation, ce qui est devenu très simple. Un opérateur a aussi la capacité de déclencher un portable comme micro d'ambiance.

Juridiquement, les services de police peuvent, sous certaines conditions, demander à l'opérateur de transformer le téléphone en micro et d'écouter tout ce qui se dit autour de la personne qui le porte. Mais dans tous ces cas, pour la localisation comme pour l'écoute, il faut que le portable en question ne soit pas éteint. S'il l'est, plus rien n'est possible, contrairement à ce qu'ont affirmé nombre d'articles qui ont confondu éteint et en veille.

Donc, si vous voulez éviter d'être repérables en permanence, faites comme les policiers ou les truands, coupez votre portable dès que vous ne vous en servez pas. Evidemment, au passage, vous perdrez l'un des grands intérêts de l'appareil, celui de pouvoir être joint en permanence.

La plus grosse brèche dans notre vie privée reste tout de même l'ordinateur connecté à Internet ?

C'est certain. La plupart des ordinateurs nous sont livrés avec des systèmes d'exploitation qui donnent juridiquement le droit à Microsoft ou Apple de placer des espions chez vous, censés être là pour de bonnes raisons. Dès le raccordement en ligne, et en dehors de toute décision autonome de notre part, tout un petit trafic va se dérouler pour proposer des mises à jour, vérifier que nous n'utilisons pas des éditions piratées et collecter des informations sur notre poste de travail.

Récemment, le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie a voté un texte de loi autorisant la police à mettre des virus d'écoute dans l'ordinateur de suspects. Cela a servi de révélateur en Allemagne. Les gens se sont rendu compte que techniquement c'était enfantin et que des tas d'entreprises savaient le faire. Dès que je surfe en ligne, cela s'aggrave encore.

A chaque fois que l'on visionne un site web, il enregistre le nombre de pages vues, leur temps de consultation, les liens suivis, l'intégralité du parcours du client avant la transaction ainsi que les sites consultés avant et après. Imaginez les mêmes méthodes appliquées au magazine que vos lecteurs ont entre les mains : sont-ils prêts à ce que vous connaissiez systématiquement le type de fauteuil dans lequel ils sont assis, le grossissement de leurs lunettes, leurs heures de lecture, le journal qu'ils ont lu avant celui-ci ? Assurément non, et pourtant c'est ce qui se passe, à notre insu, chaque fois que nous surfons.

Le New York Times a publié une enquête en décembre dernier qui explique que lorsqu'on va sur Yahoo!, on donne 811 informations personnelles simultanées. L'ordinateur est une vraie fenêtre sur le monde, mais elle est sans rideaux. Dès lors, si je veux être certain de passer inaperçu, je ne vais pas sur Internet. Mais cela équivaut de plus en plus à dire "je sors du jeu social".

Est-ce que cela sera possible dans quinze ou vingt ans, lorsque tout aura été dématérialisé, notamment les formalités administratives ?

Dans ce nouveau " jeu social ", pourquoi êtes-vous si critique avec les réseaux sociaux ou la pratique des blogs? Parce que, pour moi, le risque majeur se situe là, et notamment en ce qui concerne les adolescents. Ils ont été des millions à ouvrir des blogs ou à participer à des forums où ils vont lâcher énormément d'informations sans se rendre compte des conséquences. On a déjà vu de nombreuses affaires. Des jeunes qui massacrent sur leur blog les entreprises dans lesquelles ils ont fait des stages et qui sont surpris deux ans plus tard d'apprendre que les recruteurs lisent ce genre de choses. Faire des bêtises et vouloir se montrer, c'est propre à l'adolescence. Le problème est qu'on les diffuse sur des systèmes technologiques privés qui vont en garder la mémoire. 90% des gens qui s'inscrivent dans un réseau social n'y sont plus deux mois après. Ils ont fait tout le processus d'admission puis finissent par se lasser. Ils laissent derrière eux des tas de données personnelles.

Je viens de faire une expérience édifiante sur ce point, dans le cadre professionnel. J'étais dans un centre de renseignement militaire. Pour un audit, je visitais les unités de production. Au retour, en rédigeant mon rapport, je m'aperçois que je n'ai pas pris le nom du responsable. Je suis donc allé sur un outil qui permet de chercher qui est sur quel réseau social, l'équivalent d'un métamoteur de recherche pour les réseaux sociaux. J'ai entré les informations dont je disposais (son prénom, sa nationalité et son employeur actuel). J'ai retrouvé ce gars sur LinkedIn. Figurait sur ce site sa biographie qu'il avait lui-même tapée, ainsi que toutes ses affectations militaires jusqu'à son poste actuel. J'étais effaré.

Google et Yahoo! sont ainsi devenus les principaux détenteurs d'informations sur nos comportements, sur nos habitudes de consommation. Ce sont des sociétés qui n'existaient pas il y a encore dix ou quinze ans. Qui peut dire ce qu'elles seront dans vingt ans ? Nous venons de voir qu'il reste quelques marges de manœuvre si l'on veut échapper à la surveillance technologique.

Mais qu'en sera-t-il le jour où tous ces systèmes seront interconnectés, lorsque sera instaurée la "convergence" des fichiers, des ordinateurs, des moyens d'observation que certains auteurs annoncent comme inéluctable avant 2050? Je ne suis pas sûr que l'on puisse être si catégorique sur l'avènement d'un tel métasystème. Il y a plusieurs facteurs, difficiles à mesurer, qui peuvent retarder cette évolution, voire l'empêcher, en grippant le système. D'abord il y a l'incompétence, qu'il ne faut jamais sous-estimer. Le surveillant est, par définition, parano.

Par conséquent, il a plein d'ennemis parmi ceux qui sont censés être de son côté. Avant d'en arriver à un système qui pourra se passer des humains, il y aura encore des gens qui s'engueulent, des services qui ne se parlent pas, des responsables qui se dissimulent des informations. Le b. a.-ba de l'administration depuis cinq mille ans consiste, entre services, à se cacher mutuellement de l'information. Dans toutes les affaires liées au terrorisme, on s'aperçoit que la logique de base, c'est le FBI qui tape sur la CIA, qui elle-même tape sur la NSA, etc. C'est aussi pour cela que le mollah Omar et Ben Laden courent toujours.

C'est ce que je trouve parfois excessif dans les pamphlets sur la surveillance : il y a toujours une exagération de Goliath, cette tendance à penser que le surveillant ne commet pas d'erreurs, qu'il ne se barre pas au milieu de la vidéo pour boire un café, etc. On le rend inhumain. Alors que nombre d'imperfections nuisent au potentiel d'efficacité de la surveillance.

L'autre paramètre à prendre en compte, c'est que chacune des technologies crée ses propres contre-pouvoirs. Pour l'observation (vidéosurveillance ou satellites), on voit que la grande difficulté se situe dans la trop grande quantité d'images par rapport au nombre d'analystes existant et aux capacités techniques d'analyse disponibles. Des dizaines de milliers d'amateurs qui décryptent des images deviennent aussi puissants que des pouvoirs qui disposent de moyens limités. On l'a constaté au moment de l'ouragan Katrina, où en regardant les images à leur disposition, les internautes ont mis en lumière l'impuissance des autorités américaines.

Les citoyens peuvent aussi retourner certains moyens contre leurs concepteurs et surveiller les surveillants. L'un des aspects de notre enquête qui nous a rendus optimistes est l'effervescence créatrice qui est en train de monter autour de ce sujet. De multiples formes de résistances artistiques ou associatives se mettent en place. Elles peuvent retarder ou empêcher le pire, en sensibilisant le grand public.

Plutôt que chercher à passer inaperçu, la solution serait-elle de demeurer actif pour subvertir le système ?

Oui, il reste encore beaucoup de domaines de notre vie personnelle où tout n'est pas joué. Et c'est aussi à chacun de nous de faire en sorte que la surveillance ne s'amplifie pas. On assiste à l'émergence des activistes, on voit des artistes, des gens qui ont des comportements sains. Mais voilà, on tombe sur nos propres facilités, nos petits intérêts momentanés. C'est peut-être contre cela qu'il faut lutter. Contre nous-mêmes ? Oui ! Parce que nous aimons bien ce qui est moderne et simple. La force de Google ou d'Apple, c'est des interfaces incroyablement faciles et intuitives, qui nous séduisent.

On a tous des amis qui nous ont fait la démonstration de leur nouvel objet superhigh-tech, qui nous vantent à longueur de temps les vertus de leur nouveau téléphone, de leur nouveau PDA [assistant personnel]. Ils sont en train ni plus ni moins de promouvoir le nouvel instrument qui les surveille. Et ils en sont très fiers. Nous sommes tous un peu comme ça. Cela montre que nous sommes modernes. Par moments, il faut savoir se montrer un peu vieux jeu, et accepter que la vie nous soit un peu moins simplifiée.

Propos recueillis par Jérôme Fenoglio
Agir contre la surveillance

Privacy International (www.privacyinternational.org), qui milite depuis 1990 contre la surveillance et pour la défense de la vie privée, est sans doute l'ONG qui a la plus grande influence internationale dans ce domaine. Elle publie un classement annuel des pays où la vie privée est la plus menacée : dans le dernier, la France est classée parmi les "pays de surveillance développée". Les Big Brother Awards, émanations de Privacy International, sont décernés chaque année, dans une vingtaine de pays, pour "distinguer les prédateurs de la surveillance". En France, ils viennent notamment de sanctionner, le 21 mars, les sociétés fabriquant des drones de surveillance et Google (bigbrotherawards.eu.org).
Une équipe mixte de chercheurs juristes et informaticiens présente en ligne ses travaux sur le droit et la sécurité informatique (www.asphales.cnrs.fr).
La CNIL permet de visualiser sur son site les traces laissées par chaque internaute sur le web (www.cnil.fr, rubrique "découvrir" puis "vos traces").
Dans le domaine artistique, parmi de nombreuses initiatives, le cinéaste Adam Rifkin a réalisé un film entièrement tourné avec des caméras placées juste à côté d'authentiques caméras de surveillance ou dans des lieux où l'on peut en trouver. Look vient de sortir aux Etats-Unis.
En Grande-Bretagne le Manifesto for CCTV Filmakers (Manifeste de réalisateurs de films de vidéosurveillance) regroupe des artistes qui exploitent des vidéos tournées avec des caméras de surveillance. Ils récupèrent ces images en vertu de la loi qui permet aux personnes filmées de se faire remettre les enregistrements qui portent atteinte à leur vie privée.

Posté par Lung Ta à 07:18 - Sécurité - Police - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Témoignage d’un lecteur de Politis lors du passage de la flamme à PARIS

Politis  9 avril 2008

Stéphane Hamard, ex-éducateur spécialisé de 55 ans et soutien de longue date de la cause tibétaine, nous raconte sa journée sur le parcours de la flamme olympique, de passage à Paris lundi 7 avril.

Une version des événements bien différente de celle de Michèle Alliot-Marie, selon qui la police « n’avait pas de consignes ».

« Je fais partie d’un groupe qui a manifesté pour la cause tibétaine à Paris durant la journée du 7 avril, sans pour autant appartenir à une organisation particulière. Je vous fais part de mon indignation concernant des contrevérités circulant dans les médias aujourd’hui, et répétées par notre ministre de l’Intérieur.

Le rassemblement du Trocadéro s’est retrouvé enfermé par un cordon de force de l’ordre qui interdisait toute échappée vers l’extérieur dès lors que l’on portait des signes pro-tibétains. Après plusieurs échanges avec des officiers de police, il fut clair que la souricière avait pour but de nous empêcher d’essaimer notre message ailleurs…

Après avoir dissimulé nos drapeaux, nous sommes ensuite allés vers le rassemblement de l’hôtel de Ville. Nous nous sommes heurtés à un barrage policier filtrant interdisant l’entrée aux porteurs de drapeaux Tibétains, mais pas à ceux arborant les drapeaux chinois.

Nos sacs furent fouillés. Là encore, les officiers nous ont répondus qu’ils "avaient des ordres". Nous n’avons pas eu d’autre solution que de cacher encore nos drapeaux dans nos sous-vêtements. Même constat au stade Charlety, alors que huit porteurs de drapeaux chinois passaient sans entrave devant nos yeux ébahis… Après quelques propos échangés avec les force de l’ordre, la même réponse : "C’est comme ça, c’est la consigne".

Enfin, je peux donner les références d’une personne proche qui, postée sur les côtés autorisés du parcours de la flamme, s’est pourtant fait arracher son drapeau. Bref, ce fut réellement une ségrégation anti-tibétaine forcement organisée en haut lieu, pour refuser tout affichage défendant cette communauté : comme les Chinois font peur !

Dans les trois lieux où je fus, j’entendis beaucoup de cris de soutien, d’indignation et de désespoir et des huées au cortège : après la flamme, les sponsors, les officiels chinois, les sportifs aussi hélas : mais pas facile de trier dans les bus qui passent.

J’ai vu des Tibétains fondre en larmes (j’aimerais que ce soit de bonheur d’enfin recevoir un soutien si longtemps attendu). Il y eut bien au stade Charlety des insultes ou des cailloux à un moment, mais très vite auto-réprimés : il est faux de dire que les policiers eurent à intervenir.

Que l’on cesse de dire que des personnes qui se couchent devant un cortège ou que le peuple qui s’indigne parce qu’il veut encore croire à un peu de moralité dans ce monde de marchands font forcement preuve de violence ou d’excès honteux. "On a sali la flamme" dit-on. Mais c’est justement une flamme sale que les gens refusent , puique souillée par le choix bien peu éclairé du C.I.O. »

Stéphane Hamard lance une campagne de « boycott médiatique des émissions spécifiques aux JO ». Pour le contacter, cliquez ICI.

Posté par Kozett à 00:10 - >>> Résistances <<< - Rétroliens [0] - Permalien [#]

OGM - YANN ARTHUS-BERTRAND : « Seule l'opinion fera bouger les politiques »

SUD-OUEST 13/04/08

YANN ARTHUS-BERTRAND. --Vote de la loi pro-OGM : est-ce la mort du Grenelle de l'environnement ?

« Sud Ouest Dimanche ». Est-ce que les OGM vous inquiètent ?
Yann Arthus-Bertrand. Je ne suis pas un grand spécialiste mais, bien évidemment, en tant qu'écologiste, je me pose des questions.

Faut-il un moratoire ?
Bien sûr que sur les OGM il faut un moratoire, mais on a un peu perdu de vue que le vrai problème, c'est Monsanto. Et comme on l'a vu dans le récent documentaire sur Arte, ce sont des gens qui ont été mouillés dans des histoires pas très belles. Ils ont une façon de se défendre qui montre que, manifestement, on nous cache des choses. C'est ça qui crée un doute et qui fait le plus peur.

Quelle attitude adopter face aux OGM ?
Il ne faut pas être faux-cul. Les OGM sont déjà en France. Nos cochons, nos poulets sont élevés avec du soja OGM. Évidemment, ce n'est pas marqué sur l'étiquette.

Que vous ont inspiré les déboires de Nathalie Kosciusko-Morizet ?
C'est une ministre compétente car elle connaît ses dossiers. Il y a longtemps qu'on n'a pas eu une ministre de l'Écologie comme elle. Elle est courageuse. Et puis, quand on dit la vérité, on n'a pas à s'excuser. Je l'ai appelée pour lui dire que même si on ne se connaissait pas bien, je la soutenais. Quant à Jean-Louis Borloo, après son discours à Bali, j'ai eu l'impression qu'il était convaincu, qu'il y croyait.

Ne sont-ils pas un peu seuls à l'UMP ?
Il y a un vrai lobby pro-OGM à l'Assemblée nationale. Lors du discours final du Grenelle, à l'Élysée, quand j'ai vu qu'il y avait quelqu'un de Greenpeace au premier rang, je me suis dit qu'on avait fait un pas énorme. Mais j'étais assis à côté de la bande des vieux députés, des ténors de l'UMP. Et quand Sarkozy a parlé des OGM, j'ai bien vu qu'ils étaient catastrophés ! Je me suis rendu compte alors que la partie n'était pas gagnée.

L'Assemblée aurait-elle dû penser au principe de précaution ?
Je pense que rien n'est jamais complètement mauvais, pourvu qu'on prenne justement des précautions. Les OGM, on en aura besoin dans les médicaments, peut-être pour nourrir les gens, pour faire des agrocarburants, mais il ne faut pas faire n'importe quoi.

À propos d'agrocarburants, certains s'alarment des surfaces qu'ils occupent?
Pour remplacer le pétrole, il faudrait couvrir la terre de colza ! La solution n'est pas de fabriquer de plus en plus de carburant, elle est de se déplacer mieux en en consommant moins. La date de la fin du pétrole, on la connaît. Elle est dans dix, vingt, trente ans. Ce ne sont pas des échéances lointaines. Pendant ce temps, on construit des avions dont on dit qu'ils devraient être amortis sur vingt ans. Mais avec quoi voleront-ils ? Avec du kérosène à 500 dollars le baril ?

Que faut-il faire ? Ne plus prendre l'avion ?
Je comprends qu'on ait envie de passer un mois au Brésil. Mais on n'a pas besoin d'aller juste pour un week-end à Marrakech. Moi-même, j'ai fait des allers-retours en deux jours à New York, mais c'est débile. Le secret, c'est que chacun fasse attention.

Vous prônez la « compensation carbone ». Mais certains voient en ce concept une incitation à consommer?
J'assume à 100 %. Je suis le premier à en avoir parlé parce que mon problème, c'était mon hélicoptère. La compensation, ce n'est pas l'idéal, et ce n'est pas parce qu'on compense qu'on peut faire ce qu'on veut. Mais je suis fier que, l'an passé, notre fondation ait donné à des ONG 1 million d'euros pour des fours solaires ou pour produire de l'énergie à partir d'ordures ménagères. Grâce à la compensation, on peut donner de l'énergie à des gens qui en ont besoin.


Quel est le but du catalogue pour « consommer responsable » de votre fondation que vous venez de publier ?
Ce sont 1 000 objets et bons gestes qui sont répertoriés et référencés pour « consommer responsable » (1). Il rappelle qu'il ne s'agit pas d'aller vers une décroissance, mais de consommer mieux.

Quand et comment les choses bougeront-elles en matière environnementale ?
La façon dont nous vivons tous montre bien que l'écologie n'est pas encore au coeur des consciences. Les choses changeront quand l'opinion publique le voudra vraiment. C'est elle qui bougera les choses. Les politiques font les lois dont les gens ont envie. Si l'opinion publique n'est pas prête, ça ne se fera pas.

(1) « Catalogue GoodPlanet. org, 1 000 façons de consommer responsable », sous la direction de Yann Arthus-Bertrand, aux éditions la Martinière.

Sur Internet : www.cataloguegoodplanet.org. Le sixièmevolet de « Vu du ciel », d'Arthus-Bertrand, sera diffusé jeudi 1er mai, à 20 h 55, sur France 2.

Arthus_Ber

Posté par Kozett à 00:09 - Ecologie et Environnement - Rétroliens [0] - Permalien [#]

( Cruel) coup de rétroviseur sur les engagements d'un Président

Marianne 13 Avril 2008

Nouvelle chronique par Juan qui a exhumé certaines promeses présidentielles. Dur, dur le retour du réel.

C'était il y a un an,
C'était il y a une éternité.
Nicolas Sarkozy nous promettait d'oublier son clan
Nicolas Sarkozy nous promettait la solidarité.
Rappelez-vous, c'était le soir du 6 mai 2007, Salle Gaveau à Paris, à quelques encablures du siège national de l'UMP :

«Ma pensée va à tous les Français qui n'ont pas voté pour moi. Je veux leur dire que par-delà le combat politique, par-delà les divergences d'opinions, il n'y a pour moi qu'une seule France.

Je veux leur dire que je serai le Président de tous les Français, que je parlerai pour chacun d'entre eux. Je veux leur dire que ce soir, ce n'est pas la victoire d'une France contre une autre. Il n'y a pour moi ce soir qu'une seule victoire, celle de la démocratie, celle des valeurs qui nous unissent, celle de l'idéal qui nous rassemble. Ma priorité sera de tout mettre en œuvre pour que les Français aient toujours envie de se parler, de se comprendre, de travailler ensemble.»


Depuis cette date, Nicolas Sarkozy a servi prioritairement son camp politique - la droite, y compris la plus dure - et tout fait pour perturber durablement l'opposition : déstabilisation, vacarme, et politique de classe, voici les trois mamelles de la[ Sarkofrance]url:/http://sarkofrance.blogspot.com/search/label/sarkofrance.
Et les 7 jours écoulés en furent l'illustration.

Déstabilisation
Dès juin dernier, un journaliste de M6 rapportait ces propos du Président, au lendemain du scrutin législatif: «iJ['ai vidé l'extrême-droite, maintenant je vais m'occuper du centre- gauche.
Depuis, Nicolas Sarkozy a pratiqué le débauchage à grande échelle parmi les éléments pyschologiquement les plus faibles et/ou narcissiques de l'opposition (Besson, Jouyet, Bockel, Kouchner, Lang, [Attali]url:http:/sarkofrance.blogspot.com/2008/04/sarkozy-naime-pas-les-commissions.html/, etc).

Comme le rappelait encore cette semaine Marianne, l'état de fragilité permanente du Parti Socialiste aide beaucoup la démarche. L'effrondement de sa popularité et son échec aux élections municipales ont stoppé - momentanément - cette «ouverture politique;.

Mais Nicolas Sarkozy ne s'arrête pas là: il y a quelques jours, Le Monde publiait une note par Dominique Paillé pour Nicolas Sarkozy. Il y répertorie les trois pistes pour fragiliser François Bayrou : encourager les démissions du Modem (cf. le récent procès en «sectitude; de Jean Arthuis contre Bayrou), s'acheter les fidélités au sein de la famille centriste, et favoriser l'éparpillement centriste (Parti Radical, Nouveau Centre).
Ensemble, tout est possible. Comme le résume Marielle de Sarnez, la tête de liste Modem à Paris: «une officine de l'Elysée s'occupe de l'élimination de Bayrou.»

Vacarme

Nicolas Sarkozy a aussi lancé des Grenelle sur les thèmes qu'il jugeait secondaires dans son programme (Environnement, insertion, ...). Le Grenelle est rapidement apparu comme un moyen d'étouffer l'opposition en la noyant dans un débat médiatisé, organisé autour de trois règles simples: pas d'objectifs trop précis, inviter les contraires, et éviter les recommandations.

Cette dernière semaine a confirmé l'analyse : la première (et seule ?) loi d'application du Grenelle de l'environnement les OGM, a été discutée et trahie la douleur Parlement. Le Grenelle de l'Insertion n'est pas mieux loti. On a appris la même semaine, de la bouche présidentielle, que le déploiement du Revenu de Solidarité Active de Martin Hirsch sera subordonné au redressement des comptes publics (en 2012 ?).

Politique de classe

Enfin, Nicolas Sarkozy et son équipe gouvernementale ont servi prioritairement leur camp politique: les premières mesures de l'année 2007 furent le renforcement du bouclier fiscal et des exonérations de droits de succession, la loi anti-récidive et la justice des mineurs, l'incarcération médicale.
Le pouvoir d'achat est devenu une préoccupation présidentielle à l'automne, quand la gronde sociale prit de l'ampleur.

Ces derniers jours, le constat s'est aggravé. Les élections municipales passées, Nicolas Sarkozy affiche son mépris social: le plan d'économies annoncé il y a 8 jours frappe la politique sociale : attaque contre la carte Famille Nombreuse (avant un repli), réduction des moyens hospitaliers, relèvement des critères d'éligibilité au logement social, etc. La liste est longue (et consultable ici). Nous avons même appris que Nicolas Sarkozy nous préparait une loi contre les chômeurs refusant deux offres d'emplois.
Pire, la seule mesure populaire, la défiscalisation des heures supplémentaires, a été évaluée cette semaine : inefficace et coûteuse.
Merci Nicolas.

Posté par Kozett à 00:08 - Démocratie - Institutions - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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