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vendredi 11 avril 2008

Les Indégivrables et Papier de verre : OGM

LeMONDE Check-list 10/04/08

    papier de verre

Hervé Le Tellier
Erratum : la secrétaire d'Etat à l'écologie n'est pas face à une "armée de lâches". Finis les OGM, voici les PGM, propos grandement modifiés. Mieux vaut semer les OGM n'importe où que la discorde à l'UMP.

OGM_100408

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Justice, défense, hôpital: les villes modestes craignent des fermetures en série

AP | 10.04.2008 | Nouvel Observateur

La fermeture annoncée de plus de 250 tribunaux et de quelques dizaines de casernes ainsi que la réforme des hôpitaux doivent aider l'Etat à réduire ses déficits, mais provoquent de vives inquiétudes dans les petites villes concernées, en raison de leur impact sur l'économie locale et des conséquences en termes de service public.

Dans l'Yonne par exemple, la petite ville de Joigny (10.000 habitants) a dû faire son deuil du tribunal d'instance et du tribunal de commerce à l'automne. Elle craint désormais pour sa caserne et les 430 emplois directs depuis que la presse a cité le 28e groupe géographique parmi les garnisons qui pourraient faire les frais de la réforme des armées en cours de préparation.

A Toul (Meurthe-et-Moselle) en revanche, on souffle un peu. Le tribunal d'instance fermera, mais "il semblerait qu'on ne soit pas touchés par la fermeture du seul régiment qui nous reste", soupire Gérard Howald, 1er adjoint de la ville. L'élu reste toutefois vigilant sur un troisième front: celui de la réforme de l'hôpital. L'établissement est le plus gros employeur de la ville, souligne-t-il et "il y a déjà eu des tentatives pour le fermer dans le passé"

.

Cette même inquiétude se retrouve dans de nombreuses villes modestes, plus durement touchées que les grandes dont les tribunaux seront conservés et les hôpitaux, mieux équipés, renforcés.

Sur le principe, "les restructurations sont nécessaires", estime Jacques Pélissard, le président UMP de l'Association des maires de France, mais "un territoire qui serait frappé à la fois sur le plan de la carte judiciaire, par le départ d'un régiment et la fermeture d'un hôpital, ça serait effroyable".

Se faisant l'écho "de l'inquiétude de (s)es collègues maires", M. Pélissard a demandé au secrétaire d'Etat chargé de l'Aménagement du territoire Hubert Falco d'assurer une meilleure concertation avec les élus locaux et de prévoir des compensations -financières ou sous la forme de l'installation d'autres administrations- pour les villes concernées.

Une idée qui ne semble pas écartée, même si les services du secrétaire d'Etat faisaient savoir jeudi que les informations publiées en ce sens étaient prématurées.

Conscient de l'impact de ces réformes, qui s'ajoutent à toute une série d'économies dans les dépenses de l'Etat pas toujours bien accueillies, y compris à droite, le gouvernement a en tout cas abandonné la méthode Dati pour présenter les choses plus en douceur.

François Fillon a souhaité lundi que le redéploiement des services publics ne vienne pas "accabler les zones les plus fragiles, les plus éprouvées" et qu'il soit réalisé avec "les plus grandes précautions pour ne pas imposer à ces zones un cumul d'épreuves injuste". "Telle ville qui a un problème avec sa garnison, on doit lui garantir son tribunal, ou (celle) qui a un problème avec son hôpital, on doit lui garantir sa sous-préfecture", a complété Nicolas Sarkozy le lendemain.

Quant aux annonces douloureuses, elles ont été pour l'heure repoussées. Nicolas Sarkozy présentera le 17 avril "les grandes orientations de la réforme de l'hôpital" et son ministre de la Défense Hervé Morin a promis pour la fin juin la liste des casernes à fermer.

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LA RIGUEUR : "M. Le Président du pouvoir d'achat, je vous fais une lettre…"

Jean-Marcel Bouguereau – Nouvel Observateur – Edito du 10/04/08

Si l’on n’en était pas convaincu, plusieurs mesures montrent que non seulement le tournant de la rigueur a bien été pris mais que de surcroît le gouvernement de François Fillon ne sait plus très bien comment s’y prendre pour réaliser les 7 milliards d’économie annoncées par Nicolas Sarkozy.

Si l’on en croit le président de la commission des finances le dispositif des heures supplémentaires détaxées, cardinal dans la politique gouvernementale, et introduit par la fameuse loi Tepa, coûterait plus cher à l'Etat qu'il ne rapporte aux salariés ! Alors, on a le sentiment que ce gouvernement qui navigue à vue en matière de politique étrangère, navigue à l’aveuglette en ce qui concerne l’économie.

L’homme qui voulait être le Président du pouvoir d’achat vient de faire annoncer la fin de la prise en charge par l'Etat des tarifs sociaux de la SNCF, dont la carte famille nombreuse !

Une mesure qui suscite l'inquiétude des associations familiales et de consommateurs. Car ce sont plus de trois millions de personnes qui bénéficient de la carte famille nombreuse, qui permet surtout de profiter de réductions sur les billets de trains, comprises entre 30 et 75% selon le nombre d'enfants. On risque fort d’entendre parler de cette mesure qui va bouleverser le budget de millions de familles.

Mais n’est-ce pas Nicolas Sarkozy, l’inspirateur du paquet fiscal, dont il espérait un choc salutaire sur l’économie que l’on attend toujours, qui mardi soir à Cahors a mis en cause le coût des politiques sociales, les jugeant responsables de la dette ? N’est-ce pas le Premier ministre François Fillon qui, le même jour, avait assuré que le projet de RSA n'était pas "enterré", mais qu'il était pour l'instant "trop coûteux". Or, le revenu de solidarité active (RSA) était un des dispositifs clé de l’ouverture gouvernementale. Il devait permettre d’inciter à l’activité professionnelle des personnes qui, jusque là, ne voyaient pas l’avantage de travailler plutôt que de toucher les prestations sociales. Sentant sa réforme menacée, Martin Hirsch a tapé du poing sur la table, estimant que l’on ne pouvait pas remettre en cause "les principes du RSA et sa contribution à la réduction de la pauvreté" et qu’il ne le ferait "pas au rabais".

Cerise sur ce gâteau indigeste : Le gouvernement a proposé une hausse de 5,5% des tarifs du gaz pour les ménages, qui augmenterait ainsi de près de 10% en quelques mois, après une précédente majoration en janvier, concernant onze millions de Français.

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Les réductions SNCF, ou le génie des économies façon Morano

Marianne – 10/04/0/8 - Philippe Cohen

Nadine Morano est un ministre créatif : elle a inventé une mesure qui coutera à l'Etat exactement la même somme qu'elle lui fait économiser...

Les billets de train, bientôt un privilège pour célibataires et professions libérales... Le plan de modernisation commence bien mal. Prenez cette histoire de suppression du financement des cartes familles nombreuses et des billets de congés payés. On apprenait hier par Nadine Morano que l'Etat allait suspendre sa subvention de 70 millions d'euros à la SNCF pour les réductions destinées aux familles nombreuses et les billets de réductions de congés payés. Formidable idée ! Qui, en matière d'économie, déplace surtout de l'air :

1°) La mesure d'économie n'en est pas une : l'Etat étant actionnaire à 100% de la SNCF, il devra financer le manque à gagner. Si la réduction des dépenses publiques consiste à déplacer un trou d'un administration à une entreprise d'état, on peut trouver beaucoup d'économies de cet acabit !


2°) La mesure est politiquement choquante : ce qui justifie l'octroi de réductions aux familles nombreuses n'est pas la volonté de faire du social, mais celle, qui fonde également les allocations familiales sans conditions de ressources, de faire en sorte que les familles nombreuses ne soient pas pénalisée par rapport aux familles moins nombreuses disposant des mêmes revenus. Pourquoi ? Parce que les enfants contribuent au dynamisme du pays et à la croissance économique. Cette réflexion était au cœur du pacte social de la Libération. Il n'est pas étonnant que cela n'évoque rien à Nadine Morano. Mais il serait consternant que tout le gouvernement s'aligne sur cette pensée néolibérale basique.


3°) La suppression des réductions pour familles nombreuses aurait, enfin, une conséquence néfaste sur le plan écologique : si les familles nombreuses payent plein pot, elles seront encore plus tentées de se trimbaler en voiture. Et pan sur le Grenelle de l'environnement !

C'est peut-être ce qui a conduit Jean-Louis Borloo à déclarer ce matin sur RTL «qu'il n'y aura pas de modification pour les familles nombreuses. La carte sera maintenue d'une manière ou d'une autre».
On vous l'a dit : le plan modernisation brasse surtout de l'air….

Nadine Morano doit elle aussi faire des excuses publiques après ce nouveau couac ?

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Indignation - Lumière sur la Villa Médicis, par Richard Peduzzi

LE MONDE | 09.04.08

Richard Peduzzi est directeur de l'Académie de France à Rome.

N'est-il pas affligeant qu'à l'occasion de l'annonce d'une nomination contestée, certains en profitent pour mettre en cause l'Académie de France à Rome ? Quelle image cette polémique médiocre espère donner aujourd'hui à cette grande institution ?

Je suis indigné par tout ce bruit, par ces attaques et par la mauvaise foi suscitées surtout par la méconnaissance du rôle de l'Académie de France à Rome. Une lettre "courageuse", anonyme, signée par un haut fonctionnaire, a été récemment envoyée au Figaro n'hésitant pas à parler des artistes et des intellectuels comme de mendiants et d'usurpateurs. C'est aussi un rapport consternant de personnes sans doute mal informées, donnant le point de vue que l'on peut avoir de cette institution un week-end, durant une brève visite des jardins.

Où veut-on en venir ? Quelles sont les intentions cachées ? Quels sont les objectifs ? La récupération de l'institution ? Mais diable par qui, comment et surtout pour quelle fausse raison ? Cette polémique entretenue et jetée en pâture à tous les esprits et à tous les regards sur la place publique est avant tout néfaste pour la culture et l'image de la France. Elle attriste tous ceux qui savent le foisonnement, la qualité et la diversité des activités qui se développent à la Villa Médicis.

Après ces six années comme directeur de la Villa, avec l'aval du conseil d'administration et le soutien constant du ministère de la culture, avec les pensionnaires, avec les artistes, avec les intellectuels, avec la réponse que nous avons de la part du public et des mécènes, nous nous sentons tous blessés et choqués par ces attaques malveillantes et infondées.

Durant toutes ces années, un important travail de restauration et de réaménagement de la Villa a été entrepris : les espaces d'accueil, les salles d'exposition, la bibliothèque, la salle de cinéma, la cafétéria, l'ouverture d'une librairie. La Villa Médicis, c'est bien sûr aussi un lieu de patrimoine exceptionnel ouvert à tous. Mais elle n'est pas seulement un patrimoine et un lieu de mémoire, elle demeure un laboratoire de création incomparable, un lieu fort et unique, atypique.

PAS LE FAIT DU PRINCE - D'abord par l'accueil de ses pensionnaires. Leur présence ici n'est pas le fait du prince : sélectionnés par un concours public, ils l'ont méritée. Leur séjour romain, qui n'a en rien perdu de son actualité, leur permet d'approfondir et d'affirmer leur travail et leurs recherches et de participer à toute la programmation de l'institution. Où comment est repensé le prix de Rome. Puis par une programmation artistique et culturelle riche et singulière.

Et que l'on cesse de parler de dépenses injustifiées. C'est faux ! Avec un budget limité, la Villa parvient à organiser des expositions prestigieuses avec de grands artistes de renommée internationale tels Anselm Kiefer, Gilles Aillaud, George Grosz, Giuseppe Penone, et bientôt Bertrand Lavier. Mais aussi des expositions classiques avec le peintre Granet, les dessins de la Renaissance et, je l'espère prochainement, Claude Lorrain. Des concerts, des films, des colloques, des lectures avec de grands écrivains et intellectuels : Olivier Rolin, Pierre Michon, Jean Echenoz, Jean-Philippe Toussaint, Alain Finkielkraut, Patrice Chéreau, Denis Podalydès, pour ne citer que quelques noms.

Chaque exposition d'art contemporain donne lieu à l'édition d'un catalogue, de même que les colloques à des publications scientifiques d'histoire de l'art, publiées et diffusées notamment en France et en Italie. Tous les directeurs qui ont succédé à Balthus - Jean Leymarie, Jean-Marie Drot, Jean-Pierre Angremy, Bruno Racine et moi-même - ont apporté leur touche personnelle et à leur manière, y ont mis toute leur force de conviction et leur âme.

Attaquer la Villa Médicis, c'est aussi attaquer sa tutelle naturelle et légitime, le ministère de la culture et son travail extraordinaire de promotion de l'art et de la pensée dans le monde.

Depuis la nomination de Balthus par le général de Gaulle et la réforme de l'institution par André Malraux, dans la continuité de ce qu'elle est depuis sa création par Louis XIV et Colbert, la Villa Médicis n'a cessé d'être un haut lieu de l'art et de la culture française à Rome et à l'étranger. Des générations d'artistes et de chercheurs de toutes les nationalités et de toutes les disciplines y sont passées, s'y rencontrent et y travaillent quotidiennement.

Mon mandat se termine le 31 août. Je veux quitter la Villa en étant fier de ce que je transmets à mon successeur, fier pour tous les pensionnaires, tout le public, fier pour l'histoire de l'art et les artistes.

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CNIL - Big Brother

LEMONDE  Check-lit jeudi 10/04/08

Effacez ces données que vous ne sauriez voir
La CNIL l'a dit et répété, une adresse IP (qui identifie chaque ordinateur sur Internet) est une donnée personnelle. Dans ce cas, les moteurs de recherche qui conservent cette adresse et la lient aux recherches effectuées ne devraient-ils pas effacer ces traces tous les six mois ? Et ce, même si leurs sièges se trouvent hors d'Europe. C'est en tout cas la question que pose le groupe de travail article 29 sur la protection des données de la Commission européenne, rapporte l'IHT. La plupart des moteurs (Google et Live Search de Microsoft, notamment) gardent les données dix-huit mois. Elles sont essentielles pour leur "business model" et leur permettent par exemple de lier des publicités à des recherches spécifiques ou de valoriser leurs visiteurs auprès des annonceurs. Google, qui axe une partie de sa communication sur une approche qu'il veut "éthique" de l'utilisation des données de connexion, estime que ce problème est parfois exclu des discussions sur la protection de la vie privée. Reste que le moteur a obtenu cette année le prix Orwel "pour l'ensemble de son œuvre" des Big Brother Awards France.

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«Omar Bongo, le ministre français du pillage du Gabon»

François Meurisse - LIBERATION jeudi 10 avril 2008

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Ce jeudi, à Paris, devant l'immeuble appartenant à la famille d'Omar Bongo (DR).

Des activistes ont posé des scellés symboliques sur un immeuble parisien du président gabonais pour protester contre la Françafrique et la visite du secrétaire d'Etat français à Libreville.

C’est une rue étroite du huitième arrondissement de Paris, à quelques encablures de l’Elysée. Il y a une banque de gestion privée et l’ambassade d’Estonie. Mais au numéro 4 de la rue de la Baume, il y a aussi un bel hôtel particulier, actuellement en travaux. Ce jeudi midi, une dizaine de militants de l’association Cellule Françafrique étaient réunis devant sa porte pour dénoncer la visite au Gabon d’Alain Joyandet, secrétaire d’Etat français à la Coopération. Le bâtiment appartient à la famille du président Omar Bongo - ce sont ses enfants, mineurs, qui en sont propriétaires - qui l’a acheté près de 19 millions d’euros en 2007.

Un des manifestants explique le principe de l’action: «Nous allons poser des scellés symboliques sur cet hôtel et remettre l’acte de restitution de ce bien à un représentant de la société civile gabonaise.»

Une «amicale» pression sur Paris

Objectif de cette mise en scène bon enfant? Dénoncer l’attitude d’«Alain Joyandet et de Claude Guéant (secrétaire général de l'Elysée, ndlr), qui vont prêter allégeance à Omar Bongo, devenu un ministre du gouvernement français, le ministre du pillage du Gabon» selon eux. En cause, l’éviction lors du remaniement ministériel de Jean-Marie Bockel, coupable d’avoir annoncé l’acte de décès de la Françafrique… dont le plus vieux représentant est Omar Bongo. Un Bongo qui a chaudement applaudi le départ de l'impertinent et n’a pas fortement démenti avoir exercé à cette occasion une «amicale» pression sur Paris.

Un faux huissier, assisté de plusieurs autres membres déguisés de l'association, entre alors en scène. Un autocollant «Bien mal acquis» est apposé sur la porte, des bandes à rayures jaunes et noires empêchent l’accès au bâtiment. Une pancarte «Omar Bongo, dictateur durable» est agitée.

Le militant écologiste gabonais Marc Ona reçoit son «titre de propriété». Il n’a pas vraiment le cœur à rire. «Le niveau de vie baisse au Gabon, les produits de première nécessité manquent. Il y a une rupture entre la population et le pouvoir. Il y a un vrai problème de redistribution de la richesse. Il faudrait que la France pèse de tout son poids pour organiser un dialogue franc avec les autorités. Mais quand on voit qu’un ministre français se fait dégommer par Omar Bongo, ça ne rend pas très confiant.»

«Total-Bolloré-Bongo: la Sainte-Trinité gouverne au Gabon»

Odile Biyidi suit la pièce de théâtre de rue de la Cellule Françafrique de l’autre côté de la rue. Elle est présidente de l’association Survie et ne fonde aucun espoir dans la visite de Joyandet au Gabon. «On nous a parlé de rupture, mais tout le discours de Monsieur Joyandet c’est de dire qu’il aime l’Afrique! On se croirait revenu deux siècles en arrière. Et quand on regarde son agenda, on s’aperçoit qu’il a reçu hier, comme des politiques, Christophe de Margerie, le patron de Total, et Michel Roussin, vice-président de Bolloré. Eux deux et Bongo, c’est la Sainte-Trinité qui gouverne au Gabon.»

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"La position du gouvernement sur les JO révèle une absence totale de courage"

Nouvel Observateur – 10/08/04 - Interview de Marielle de Sarnez par Anne-Sophie Hojlo

Le fiasco de l'étape parisienne de la flamme, lundi, signe-t-il une première victoire des militants des droits de l'homme ?
- Oui, cela signe une victoire de ceux qui veulent manifester leur solidarité au Tibet et dire à la Chine combien nous sommes attentifs à la question des droits de l'homme.

Je suis allée manifester hier. Et le dispositif policier en place me laisse une impression étrange. Plus de 3.000 policiers, cela provoque forcément des tensions. Pourtant, les manifestants étaient dans leur droit le plus élémentaire. Le droit de manifester pacifiquement est la première des libertés dans un pays démocratique. C'est un drôle de pays que cette France que nous avons vue hier. Certes, ces manifestations ne sont pas agréables pour les organisateurs.
Mais je ne relâcherai pas la vigilance, en tant qu'élue de Paris, députée européenne et citoyenne. Je continuerai à suivre de près cette question des droits de l'homme en Chine.

Le gouvernement semble quelque peu hésitant vis-à-vis de la Chine. Quelle devrait être, selon vous, son attitude ?
- La stratégie du gouvernement, silencieux et cafouillant, est clairement une mauvaise stratégie. La position du gouvernement révèle une absence totale de courage.
Le gouvernement français a été parmi les derniers à évoquer le problème des droits de l'homme à propos des JO, et n'a aujourd'hui aucune position claire. Bernard Kouchner et Rama Yade sont complètement empêtrés dans cette affaire. Il s'agit d'une faute politique assez lourde.

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Pour les dirigeants chinois, on ne peut plus pragmatiques, les droits de l'homme sont une question complètement secondaire. La France est dans son rôle en protestant, tout comme l'UE, si elle avait porté une parole unique.
Angela Merkel n'a jamais mâché ses mots quand elle s'adressait à la Chine, elle a reçu le Dalaï-lama, et pourtant l'Allemagne vend plus aux Chinois que la France. On ne plaît pas nécessairement aux Chinois en voulant ne pas leur déplaire. Le courage est une vertu qui est respectée par les autres.
C'est quand même abominable que l'on ait à rappeler que c'est bien la voie à suivre pour la France. Mais, manifestement, elle n'en prend pas le chemin.

Quel serait l'impact selon vous de l'arrêt du parcours de la flamme autour du monde, envisagé par le CIO ? Ne signifie-t-il pas aussi l'arrêt des manifestations qui l'accompagnent ?
- Je pense que le CIO devrait assumer. Le choix de la Chine a été fait en connaissance de cause, pour des raisons économiques plutôt que pour la défense des droits de l'homme. Qu'ils assument ! Il serait préférable que la flamme continue à circuler dans le monde, pour que les gens puissent continuer à manifestes pacifiquement. Si elle fait effectivement les 60.000 km prévus, alors les citoyens du monde se lèveront de partout pour protester et porter ces valeurs des droits de l'homme.

REPRESSION AU TIBET : La Chine refuse la visite au Tibet d'une représentante des Nations unies

Après les violences de la mi-mars à Lhassa, Louise Arbour, le Haut commissaire des Nations Unies pour les droits de l'homme, avait demandé à pouvoir se rendre sur place. Impossible à l'heure actuelle, rétorque Pékin.

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Le supplice chinois va durer 130 jours

Jean-Marcel Bouguereau – Nouvel Observateur – Edito du 10/04/08 

D’ORES ET DEJA, la Chine a perdu. Elle voulait faire de ces Jeux le moyen d’étaler sa puissance, et faire une sorte de couronnement de sa nouvelle influence à l’ère de la mondialisation triomphante.

Alors que la flamme olympique en est à ses premières étapes avant les cérémonies d’ouverture, le calvaire, le supplice chinois, pourrait-on dire, n’en est qu’à ses débuts, puisque la flamme doit se balader pendant encore 130 jours sur cinq continents, avec chaque fois les mêmes manifestations. Or, après Olympie, Londres, Paris s’est transformée hier en un Festival de droits de l’homme et de soutien au Tibet.

Au-delà de l’action de l’émigration tibétaine et celle de RSF placardant ses célèbres anneaux olympiques en forme de menottes, d’autres groupes participent à cette mobilisation multiforme comme le collectif "de l'éthique sur l'étiquette" qui, derrière une banderole : "0% droits de l'Homme, 100% exploitation, produits certifiés CIO", dénonce les violations au droit du travail touchant les millions d'ouvriers qui fabriquent dans des conditions d’esclavage des produits sous licence olympique.

Cet impressionnant dispositif de sécurité - pas moins de 3.000 policiers, sur terre, dans les airs et même sur la Seine et cette "bulle étanche" d'environ 200 mètres de long autour du porteur de l'emblème des JO, composée de 65 motards, 100 policiers en rollers et autant de pompiers de Paris joggeurs, sont devenus le symbole de la "bunkerisation" de ce régime chinois qui, par cette bêtise propre à tous les régimes totalitaires, n’a pas su utiliser cette extraordinaire opportunité qu’étaient les Jeux Olympiques.

Plutôt que de provoquer les plus extrémistes et les plus obscurantistes des Tibétains, il fallait négocier avec le Dalaï-lama qui, lui, n’a jamais réclamé l’indépendance du Tibet mais son autonomie culturelle et religieuse. Les contacts noués à cinq reprises entre les autorités chinoises et le représentant du Dalaï-lama ont été interrompus, parce que, une fois de plus, les "durs" ont provisoirement gagnés.

Les Chinois feraient bien de méditer cette citation du Président Mao selon laquelle "en général, est juste ce qui réussit, est faux ce qui échoue".

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Arnaques sur le web

SUD-OUEST Pays Basque 09/04/08

PYRÉNÉES-ATLANTIQUES. --La brigade de recherches de la gendarmerie dispose d'un spécialiste en investigation numérique pour l'ensemble du département

Non, ça n'arrive pas qu'aux autres. La cybercriminalité se déploie partout et le département ne bénéficie d'aucune exception. Aussi, la brigade de recherches de la compagnie de Pau dispose d'un technicien en investigations numériques. Jean-Christophe Fedherbe, en spécialiste de l'exercice, joue ainsi le rôle de vigie. Et les exemples pullulent.
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Cette dame qui envoie plusieurs milliers d'euros en mandat cash pour l'acquisition d'une voiture, mais celle-ci n'arrivera jamais.

- Ou encore une cession de chien, où le donneur demande à l'internaute de menus émoluments pour les frais de vétérinaire. Résultat 800 euros disparus corps et biens.

Le chef Christophe Fedherbe prévient : « Les affaires alléchantes n'existent pas. Comme ces motos neuves cédées pour quelques milliers d'euros. Il faut être prudent, Internet peut constituer une véritable autoroute de l'escroquerie », prévient le gendarme. Les spécialistes de ce type (police et gendarmerie comprises) sont aujourd'hui 170 sur le territoire. Un plan gouvernemental prévoit le doublement de leur nombre, compte-tenu du contentieux en hausse croissante.

Échapper aux pièges. Pour déminer les pièges de la Toile, le militaire basé en Béarn fait une liste des mesures de précaution à prendre.

En premier lieu, il est primordial d'équiper son ordinateur d'antivirus et de réaliser les mises à jour des différents logiciels, souvent gratuits sur Internet. Pour le reste, vigilance absolue. Petit inventaire des arnaques courantes.

D'abord les escroqueries à l'achat. Vous vendez un bien sur Internet : « Il faut bien s'assurer que votre compte a été crédité. Il peut s'agir de chèques volés ou de faux chèques de banque, il faut quinze jours pour qu'il soit crédité. Il est alors trop tard. ».

Parmi les combines les plus réputées, le fishing (pêche en anglais) : « Une personne vous adresse des courriers contrefaits à l'en-tête de votre banque afin de vous demander des renseignements personnels. C'est un hameçon qui vous dirige vers un site illicite qui imite celui de la banque à quelques détails près, une manière d'obtenir vos codes secrets. La police, la gendarmerie ou la banque ne demandent jamais de mots de passe ou des codes bancaires. »

Autre stratagème, le scam 419. Derrière ce terme abrupt se cache une astuce vieille comme le monde : « Ne donner suite à aucun courriel où l'on dit que vous avez gagné de l'argent ou que l'on souhaite vous en transférer. C'est une arnaque, elle consiste à vous soutirer des frais de plus en plus importants ».

Les arnaques du web se déclinent par ailleurs sur téléphone mobile, il s'agit donc de se méfier des SMS, invitant à rappeler un numéro surtaxé.

Acheter sans risques. Internet terrain miné ? Il ne faut pas tomber dans la paranoïa, mais bien garder en tête le « B-a-ba » des précautions à prendre.

Pour faire un achat, il faut s'assurer d'être sur un site sécurisé. Comment faire ? C'est simple : en bas à droite de la page, apparaîtra un cadenas jaune correspondant à un certificat d'un organisme spécialisé.

Ensuite il faut bien observer la barre d'adresse. Quand on entre dans la page de paiement le « http » est remplacé par « https » qui atteste de la protection des informations données. Il faut évidemment conserver les pages de confirmation d'achat. Tous les agissements suspects sur la toile peuvent être signalés au chef Fedherbe via l'adresse ntech64@gmail.com.

Viligilance absolue pour les mineurs. L'utilisation de la toile, par les mineurs peut constituer un véritable danger. Priorité pour les parents : se montrer extrêmement vigilant sur les activités des enfants sur la toile (chat, blog, nature des sites visités).

L'un des dangers majeurs de la toile, c'est tomber sur un pédophile prédateur. « Des adultes se font passer pour des enfants, ils entrent en contact avec eux. Petit à petit, ils les amènent à des jeux pervers », explique le chef Feherbe. Et le militaire de conseiller : « Il est rigoureusement indispensable d'expliquer aux enfants et aux ados le danger que représente une conversation avec un étranger. Ses objectifs sont tout autres que ce qu'il peut laisser croire. Il faut prévenir son enfant qu'il ne doit communiquer via Internet qu'avec des gens qu'il connaît déjà. Le fait de ne pas converser avec des inconnus est déjà une première sécurité »

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Une récente étude démontre que 52 % des parents sont inquiets de l'utilisation d'Internet par leurs enfants de 6 à 17 ans, un chiffre qui grimpe à 65 % pour la tranche 15-17 ans.

Posté par Kozett à 00:03 - Médias - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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