vendredi 11 avril 2008
Dalaï lama
LEMONDE Check-list 11/04/08
![]() |
Visite "non politique" Le chef spirituel du bouddhisme tibétain est arrivé à Seattle, pour une visite de près de deux semaines aux Etats-Unis. |
La honte : Des prelevement d'ADN pour des faucheurs d'OGM
Diffusion : http://terresacree.org SOS-Planete, le site de l'association Terre sacrée 10/04/08
Bonjour à tous,
Des faucheurs volontaires d'OGM dont l'action non violente a été reconnue légitime lors du procès d'Orléans du 27 octobre 2005 ont été déclarés coupables lors des procès en appel et en cassation. Ils sont actuellement convoqués pour des prélèvement d'ADN aux fins d'inscription au fichier de la délinquance qui concerne maintenant tous les crimes. Ou presque, car, curieusement, la délinquance financière est dispensée de l'inscription à ce fichier.
Ceux qui refusent de se soumettre à ces prélèvements sont traduits devant les tribunaux correctionnels et encourent des peines de 15000 euros d'amende et 6 mois de prison.
C'est le cas d'Alain DORANGE convoqué le 6 mai 2008 au tribunal de Limoges, place d'Aine, pour refus de prélèvement d'ADN. Sur plainte de la société MONSANTO, il fait de plus l'objet de poursuites pour participation à une « association de malfaiteurs »
Les signataires de cette pétition dénoncent la tentative de criminalisation des actions militantes et syndicales qui se développe actuellement en mettant sur le même plan les crimes à caractère sexuel, les actes de terrorisme et les actions légitimes de contestation. Ils appellent à rejoindre le comité de soutien à Alain DORANGE à l'occasion de sa comparution devant le tribunal de Limoges pour refus de prélèvement d'ADN.
Comité de soutien (premières associations signataires) : ATTAC87, Les Amis de la Terre, La Confédération Paysanne, La Loutre87, Les Verts Limousin, Le GABLIM .
Source Benoit Brulin bbrulin@laposte.net
Signer cette pétition et relayez cette information si vous pensez que cette cause est juste. http://adn-dorange.net
Sites utiles :
http://www.defipourlaterre.org
http://www.artac.info/static.php?op=AppelFrancais.txt&npds=1
http://www.moratoireogm.fr/spip.php?article1 (Pétition pour un moratoire sur les OGM en plein champ)
http://adn-dorange.net (Pétition de soutien à Alain Dorange, faucheur volontaire, domicilié à Ladignac le Long (87) qui est convoqué au tribunal correctionnel de Limoges, le 6 mai 2008 pour refus de prélèvement d'ADN. Devant la criminalisation des actions militantes et face à une volonté d'un fichage génétique de masse, une réaction s'impose.)
La Chine cherche à tout prix à redorer son image... par la publicité
La Chine cherche à tout prix à redorer son image... par la publicité
jeudi 10 avril 2008 par Redaction Tibet Info (JMB) ©
A quatre mois des Jeux olympiques, la Chine doit s’engager dans
une course de fond pour améliorer son image après les protestations
internationales contre la répression au Tibet et son bilan en matière de Droits
de l’Homme, estiment des experts aux Etats-Unis.
L’image de Pékin a été
sévèrement écornée par des protestations très médiatisées à son encontre, en
particulier à Londres, Paris et San Francisco, perturbant le relais de la flamme
olympique.
Des ambassades et consulats chinois ont aussi été endommagés,
devenant une autre cible pour les manifestants pro-Tibet et d’autres
organisations. Toutes ces organisations misent sur les Jeux pour mettre en
lumière le bilan de Pékin en matière de Droits de l’Homme et son soutien
controversé à des pays comme le Soudan et la Birmanie.
Pour contrer cette
très mauvaise publicité avant les Jeux, qui devaient être l’occasion pour Pékin
de briller sur la scène internationale, les autorités
chinoises ont décidé de faire appel à une agence étrangère de relations
publiques.
Plusieurs agences britanniques et américaines ont été
approchées dans la perspective d’un contrat portant notamment sur une stratégie
de relations publiques avant les Jeux, des exercices de media training et des
études de marché portant sur la perception de la Chine à l’étranger, selon le
Financial Times.
Le rôle de l’agence qui sera choisie sera plus important
que celui joué actuellement par la société américaine Hill and Knowlton aux
termes de son contrat avec le Comité d’organisation de Pékin, selon le
quotidien.
Mais, avertissent des experts en communication, il s’agit
quasiment d’une mission impossible pour les agences de relations publiques,
surtout qu’il reste peu de temps pour agir et que le client risque de se montrer
rétif devant les remèdes proposés.
Par ailleurs, "c’est un
défi pour une agence de relations publiques : veut-elle d’un client qui a la
réputation de ce pays en matière de violations des Droits de l’Homme ? Est-ce
que cela nuira à la réputation de l’agence ?", s’interroge Gemma Puglisi,
experte en communication de crise à l’American University.
Pour cette
spécialiste, "le problème, et le défi, c’est que ce genre de pays
doit comprendre que s’il fait appel à quelqu’un, il va falloir l’écouter".
Mais, selon elle, les dirigeants chinois sont "très
intelligents" et "savent ce qui est en jeu" avec les JO,
en particulier une énorme publicité.
"Dans
l’esprit des idéaux olympiques, nous sommes prêts à aider la Chine, et ce
gratuitement", proposait le 9 avril le New York Times dans un éditorial.
"Voilà ce que vous faites : mettez fin aux arrestations de
dissidents. Arrêtez de répandre des mensonges sur le Dalaï Lama et commencez à
discuter avec lui en vue d’une plus grande liberté religieuse et culturelle pour
le Tibet. Arrêtez de permettre au Soudan de commettre un génocide au
Darfour".
"En d’autres termes, commencez à vous conformer
à votre promesse au Comité international olympique de respecter les Droits de
l’Homme, ce qui, à propos, inclut la liberté d’expression et de
rassemblement".
Pékin a qualifié le Dalaï Lama de "loup
portant l’habit de moine", et nié vigoureusement toute répression religieuse
ou culturelle au Tibet.
L’initiative consistant à faire appel aux services
d’une agence de relations publiques montre que les Chinois "se
rendent compte que les enjeux sont élevés et qu’ils sont dans une situation
critique", estime Gemma Puglisi. "C’est un défi, mais je crois
que tout est possible".
Source : AFP 10 avril 2008
Mouvement lycéen: entre 19.000 et 40.000 personnes ont défilé à Paris
TV5MONDE PARIS (AFP) - 10/04/2008 18h24
La mobilisation lycéenne s'amplifie, Darcos campe sur ses positions
Le mouvement lycéen contre les suppressions de postes a franchi un nouveau cap jeudi avec une mobilisation particulièrement importante à Paris tandis que le ministre Xavier Darcos restait ferme sur ses positions, à la veille d'une rencontre avec les syndicats.
Jeudi soir, le syndicat UNL a appelé à participer à une nouvelle journée de mobilisation lancée par le SNUipp (enseigannts du primaire) mardi en Ile-de-France.
Au cinquième jour de mobilisation en quinze jours, les manifestants étaient entre 19.000 (police) et 35.000 (UNL et Fidl, les deux syndicats lycéens) à défiler entre le jardin du Luxembourg et la station de métro Saint-François-Xavier.Mardi dernier, ils étaient entre 8.500 (police) et 25.000 personnes (syndicat Fidl) à Paris.
Les manifestants protestaient notamment contre les 11.200 suppressions de postes prévues à la rentrée prochaine, dont 8.830 dans l'enseignement public.
En province, les manifestants étaient au moins 14.130 (police).
Des enseignants du second degré ont aussi fait grève en Ile-de-France: ils étaient 12% à Paris, 10,78% dans l'académie de Créteil et 17,22% dans celle de Versailles selon les chiffres du ministère.
Le Snes-FSU, principal syndicat des collèges et lycées, a fait état de 40% de grévistes dans l'académie de Créteil et de "plus de 50%" dans les collèges des Hauts-de-Seine.
Ils étaient encore 600 à Bordeaux ou 300 à Dinan.
Selon l'UNL, au moins 200 lycées ont été bloqués ou mobilisés dans toute la France, dont au moins une vingtaine à Paris.
Des élus communistes, des parents d'élèves et des professeurs ont par ailleurs dénoncé à plusieurs reprises la brutalité des interventions policières envers les lycéens à Paris comme dans le Val-de-Marne lors de manifestations et de blocages.
Le mouvement a reçu le soutien de 16 organisations de l'Education (fédérations de l'Education, parents d'élèves des syndicats étudiants et lycéens), du PCF et du PS.

L'UMP, organisme médiatiquement modifié

Réforme des hôpitaux : «Avec le rapport Larcher, les dérives vers la privatisation restent ouvertes»
Recueilli par ÉRIC FAVEREAU - Libération - vendredi 11 avril 2008
François Aubart, chef de service de chirurgie orthopédique à l’hôpital d’Eaubonne (Val-d’Oise), préside la Coordination médicale hospitalière. Il réagit au rapport Larcher, remis, hier, au Président de la République.
J-7 pour la réforme de l’hôpital : Nicolas Sarkozy présentera le 17 avril, lors d’un déplacement en province, les «grandes orientations» de la réforme de l’hôpital inspirée du rapport qui lui a été remis hier par le sénateur UMP Gérard Larcher. Egrenant certaines de ces propositions, Nicolas Sarkozy a souhaité que les «communautés hospitalières de territoire […] jouent un rôle moteur». «J’en attends des améliorations tangibles du service pour le patient : moins d’attente aux urgences, une prise en charge plus rapide de l’accident vasculaire cérébral», a-t-il espéré.
Quoi de neuf, dans le rapport Larcher ?
Le rapport du sénateur Larcher a une apparence, c’est celle d’une liste de propositions à la Prévert, somme toute attendues. Mais il a aussi une réalité, qui est celle de la recomposition des hôpitaux et des cliniques privées. Le rapport considère que le système de santé français doit continuer de fonctionner avec un recours au secteur privé lucratif consolidé. En ce sens, c’est une proposition qui n’a aucun équivalent en Europe.
C’est-à-dire ? En France, nous vivons une situation unique. Le parc de cliniques privées à but lucratif est financé par des fonds de pension dont le but est de faire de l’argent. Ailleurs, dans les autres pays, c’est un secteur «non-profit» qui est la règle. Ce n’est pas rien, et cela peut poser des problèmes d’accès aux soins.
Le rapport prévoit de concéder des missions de service public aux cliniques privées… Certes, mais les dérives sont possibles. Ces délégations se feront sur contrats, mais on peut craindre que dans une logique de profit, leur respect ne soit pas toujours la règle.
Côté gouvernance, le rapport Larcher propose-t-il, maintenant, un vrai et unique patron pour chaque hôpital ?Un nouveau patron apparaît au niveau du territoire de la santé, avec la création d’une communauté d’établissements, dirigée par un seul homme. C’est bien, c’est logique et cela répond à une exigence de territoire. Mais que se passera-t-il si chaque établissement participant à cette communauté d’hôpitaux, a, lui aussi, un directeur également puissant ?
Quelles sont les bonnes mesures de ce rapport ? Il y en a plusieurs. Un grand nombre d’entre elles visent à améliorer l’efficacité du système. Et le rapport pointe à juste titre le défi actuel du système : répondre au vieillissement de la population et à la prise en charge des maladies chroniques. Mais pour cela, il faudrait donner plus de reconnaissance à l’acte médical qu’à l’acte technique.
L’hôpital public vous paraît-il sauvé alors ? Si la loi prochaine s’accompagne aussi d’actions fortes sur la démographie, sur l’efficacité et sur l’acte médical, il est possible de sauver l’hôpital public. Même si les dérives vers la privatisation restent ouvertes, avec cette consolidation formelle du secteur privé à but lucratif.
La révolte des ventres creux
Editorial Ouest-France jeudi 10 avril 2008
Et si les Jeux olympiques de Pékin s'ouvraient dans le contexte dramatique d'émeutes de la faim en Chine ? L'hypothèse est de Jacques Attali. Il la formule dans un récent numéro du Figaro-Magazine. L'auteur est trop bien informé de l'état du monde pour avoir tiré ce scénario catastrophe de sa seule imagination. Depuis quelques semaines, les manifestations contre la vie chère se multiplient sur la planète. Souvent violentes, elles sont parfois réprimées dans le sang.
Après l'Égypte, le Maroc, le Cameroun, la Côte d'Ivoire ou le Sénégal, Haïti est en ébullition. Plus de trente pays du Sud connaissent des troubles politiques et sociaux liés à l'augmentation des prix des produits de première nécessité.
Les deux tiers d'entre eux sont africains. Alors que l'inflation devient, chez nous, un sujet majeur d'inquiétude, elle menace directement la survie des populations dans ces zones - les plus pauvres du monde - où, selon un hebdomadaire burkinabé, « vie chère rime avec misère ».
Ces révoltes de la faim ne sont pas de même nature que celles qui embrasèrent l'Algérie, l'Indonésie, le Vénézuela au tournant des années 1980-1990. Trois éléments se mêlent pour donner à la crise actuelle une dimension originale.
D'abord un paradoxe : c'est parce que des dizaines de millions d'hommes sortent de la pauvreté que des dizaines de millions d'autres y plongent davantage. Le développement spectaculaire de la Chine, de l'Inde, du Brésil fait émerger des classes moyennes qui accèdent à la société de consommation et se nourrissent de mieux en mieux. L'accroissement de la demande est la première cause de la flambée des prix des matières premières, qu'il s'agisse du fer, du pétrole ou des produits alimentaires de base.
Ensuite, le réchauffement climatique est à l'origine d'inondations, sécheresse, tempêtes et autres désordres qui affectent la production agricole. La pénurie en est accrue, alors que les besoins augmentent à toute vitesse.
Enfin, la raréfaction des ressources en hydrocarbures fait bondir les prix de l'énergie. Cela se répercute sur le coût des engrais, donc sur les prix agricoles. À cela s'ajoute la vogue des carburants verts, qui pousse de plus en plus à mettre dans les moteurs les huiles ou céréales qui servaient à nourrir les gens. D'immenses surfaces agricoles sont ainsi détournées des besoins alimentaires.
Il aura fallu des révoltes populaires pour que le risque que fait courir au monde l'augmentation du prix des céréales soit pris au sérieux. Louis Michel, commissaire européen au développement, redoute, à juste titre, « un vrai tsunami économique et humanitaire » en Afrique.
Pour l'éviter, il ne suffira pas que l'Union européenne, comme elle l'annonce, double son aide aux pays les plus pauvres. Il faudrait déjà qu'elle remplisse ses engagements passés. Or, son aide publique a baissé l'an dernier. Et la France, qui s'apprête à prendre la présidence de l'Union, est l'une des principales fautives. Encore faut-il aussi revoir de fond en comble les politiques de développement.
Avant de pousser les Africains à produire des légumes de contre-saison pour les marchés européens, avant de leur vendre des céréales produites chez nous ou aux États-Unis, il ne serait pas si mal de veiller à ce qu'ils soient en mesure de se nourrir eux-mêmes. On s'étonne qu'il ait fallu attendre si longtemps pour préconiser, comme principale solution durable, l'autosuffisance alimentaire.
Joseph LIMAGNE.
« Bio et loi OGM : une énorme contradiction »
Recueilli par Xavier BONNARDEL Ouest-France – 11/04/08
Philippe Desbrosses juge incompatible le plan gouvernemental de relance de l'agriculture biologique avec la loi sur les OGM, en discussion à l'Assemblée nationale et au Sénat.
Philippe Desbrosses est chargé de mission auprès du gouvernement pour la mise en oeuvre du programme national agriculture biologique. Il est aussi directeur du centre pilote européen de formation et de recherche de la ferme de Sainte-Marthe en Sologne.
Le Grenelle fixe l'objectif de tripler les surfaces bio d'ici à 2012. Effet d'annonce ?
Il faut au moins rattraper le retard. Jadis leader en agriculture biologique, la France pointe seulement au 15e rang européen. Ce retard illustre le barrage des lobbies agro-industriels. Aujourd'hui, il y a un renversement de tendance. L'agriculture biologique répond le mieux aux critères du développement durable. Les consommateurs renouent avec les achats de proximité et de saison. Depuis le Grenelle, la consommation de produits bio connaît une croissance de 40 % ! La demande explose. En face, il faut que la production augmente. C'est là que le bât blesse. On importe la moitié de notre consommation bio.
Comment produire plus ?
Augmenter le nombre des producteurs bio passe par la conversion des agriculteurs conventionnels. Ces derniers doivent être conseillés, encadrés, parrainés, aidés moralement et financièrement, par des groupes d'agriculteurs bio. Faute de quoi, ils seront condamnés à l'échec. Il convient de faire avancer la recherche, l'animation, la formation, l'enseignement pour sensibiliser les jeunes. Et puis, les programmes actuels d'enseignement agricole sont obsolètes. Ils négligent l'agronomie, la microbiologie des sols. Pendant des décennies, on a substitué les fonctions naturelles et gratuites des écosystèmes par les artifices coûteux et polluants de la pétrochimie et de l'industrie lourde (engrais, pesticides, machines qui défoncent le sol).
D'autres mesures ?
Il y aura des aides pour structurer la filière bio, aujourd'hui trop dispersée, d'où des problèmes d'économie d'échelle. Une circulaire à paraître à la fin du mois préconise d'introduire 15 à 20 % d'ingrédients bio dans les menus de la restauration collective de l'Administration, y compris les armées et les prisons. Cela va créer un sacré appel d'air, mais aussi un risque de pénurie dans les rayons.
La loi sur les OGM menace-t-elle l'agriculture biologique ?
C'est une énorme contradiction. Les périmètres de protection des cultures ne tiennent pas la route scientifiquement : le pollen voyage sur des milliers de km ! Le danger est là : la mainmise des firmes, la politique du fait accompli par la contamination, la pollution volontaire. Lancer un grand plan de développement du bio n'a pas de sens si on détruit d'une main ce qu'on construit de l'autre. Mon histoire avec Michel Barnier, le ministre de l'Agriculture, n'est pas confortable. C'est un ami. Il connaît ma position. Mais je ne m'attendais pas à ce qu'il soit à ce point l'otage du lobby agro-industriel.
Après le Grenelle de l'environnement, le dur retour aux réalités
Ouest-France – 11/04/08 – Patrice Moyon
Nicolas Sarkozy parlait de « l'acte fondateur d'une nouvelle politique ». La traduction législative s'annonce difficile. Le Président lui-même semble aujourd'hui ne plus y croire.
Faut-il enterrer le Grenelle de l'environnement ? On peut se poser la question. La violence des propos, la dureté des échanges à l'Assemblée nationale, lors du vote de la loi sur les OGM, préfigure de nouvelles controverses. Nicolas Sarkozy, lui-même, semble douter. Lorsqu'il s'exprimé il y a quelques jours, à Nantes, devant les adhérents de la Fnsea, le Président s'est bien gardé de revenir sur les engagements pris au mois d'octobre : diminuer de 50 % les pesticides, multiplier par trois les surfaces consacrées au bio... Une vraie révolution s'annonçait. Séduit, Al Gore, Prix Nobel de la paix, avait même repris l'idée et suggéré « un Grenelle mondial ». On n'en est pas là.
« Il faut s'affranchir de la boulimie des pesticides », insiste pourtant Jean-Marie Lusson. « Pour l'environnement mais aussi pour la santé des paysans. » Membre du réseau agriculture durable, il siège dans l'une des commissions de suivi du Grenelle. « Diminuer les pesticides par deux, c'est se mettre au niveau de l'Allemagne », rappelle-t-il. Pas sûr qu'on y arrive.
La bataille se joue aujourd'hui en coulisses : sur les indicateurs de mesures notamment.
Les fabricants de produits phytosanitaires réunis au sein de l'UIPP mènent, par ailleurs, une contre-offensive : auprès des parlementaires français mais aussi à Bruxelles. Avec la volonté de jouer la montre. Le contexte agricole n'arrange rien. « Les prix sont au plus haut. Passer au bio, c'est accepter de produire moins et donc amputer ses revenus », souligne Jean-Luc Fossé. Élu à la chambre d'agriculture d'Ille-et-Vilaine, lui-même est passé au bio à la fin des années 1990. Un soutien financier accompagnait cette démarche. « Les consommateurs n'étaient pas au rendez-vous. Aujourd'hui, les producteurs ne veulent pas prendre le bouillon. À un moment, c'est le marché qui commande. »
Kosciusko-Morizet privée de Japon pour cause d' impertinence gouvernementale
Placide - http://www.leplacide.com/

La secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet n'accompagnera pas François Fillon en visite cette semaine au Japon, sa présence n'étant "pas souhaitable" après la polémique sur ses propos publiés dans Le Monde.
Confirmation donc : les nombreux voyages effectués par les ministres aux frais des contribuables et proposés par le Président et le Premier ministre sont donc une sorte de « prime de bonne obéissance ».


