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vendredi 11 avril 2008

Après le Grenelle de l'environnement, le dur retour aux réalités

Ouest-France – 11/04/08 – Patrice Moyon

Nicolas Sarkozy parlait de « l'acte fondateur d'une nouvelle politique ». La traduction législative s'annonce difficile. Le Président lui-même semble aujourd'hui ne plus y croire.

Faut-il enterrer le Grenelle de l'environnement ? On peut se poser la question. La violence des propos, la dureté des échanges à l'Assemblée nationale, lors du vote de la loi sur les OGM, préfigure de nouvelles controverses. Nicolas Sarkozy, lui-même, semble douter. Lorsqu'il s'exprimé il y a quelques jours, à Nantes, devant les adhérents de la Fnsea, le Président s'est bien gardé de revenir sur les engagements pris au mois d'octobre : diminuer de 50 % les pesticides, multiplier par trois les surfaces consacrées au bio... Une vraie révolution s'annonçait. Séduit, Al Gore, Prix Nobel de la paix, avait même repris l'idée et suggéré « un Grenelle mondial ». On n'en est pas là.

« Il faut s'affranchir de la boulimie des pesticides », insiste pourtant Jean-Marie Lusson. « Pour l'environnement mais aussi pour la santé des paysans. » Membre du réseau agriculture durable, il siège dans l'une des commissions de suivi du Grenelle. « Diminuer les pesticides par deux, c'est se mettre au niveau de l'Allemagne », rappelle-t-il. Pas sûr qu'on y arrive.

La bataille se joue aujourd'hui en coulisses : sur les indicateurs de mesures notamment.

Les fabricants de produits phytosanitaires réunis au sein de l'UIPP mènent, par ailleurs, une contre-offensive : auprès des parlementaires français mais aussi à Bruxelles. Avec la volonté de jouer la montre. Le contexte agricole n'arrange rien. « Les prix sont au plus haut. Passer au bio, c'est accepter de produire moins et donc amputer ses revenus », souligne Jean-Luc Fossé. Élu à la chambre d'agriculture d'Ille-et-Vilaine, lui-même est passé au bio à la fin des années 1990. Un soutien financier accompagnait cette démarche. « Les consommateurs n'étaient pas au rendez-vous. Aujourd'hui, les producteurs ne veulent pas prendre le bouillon. À un moment, c'est le marché qui commande. »

Posté par werdna à 00:05 - Ecologie et Environnement - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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