lundi 7 avril 2008
Ecologie : L'avenir de l'énergie solaire n'est pas sans nuage
Le Midi libre – 07/04/08 - Anthony JONES
Protection de l'environnement et développement durable mobilisent les collectivités. En 2008, la Région veut amplifier ses programmes d'action sur le solaire, en partenariat avec l'Ademe, notamment. Soutien aux installations, formation des formateurs, des professionnels, et des lycéens et équipement de plates-formes pédagogiques mobilisent de gros financements. Grâce à un tarif de rachat de l'énergie très intéressant et aux aides diverses, le marché du photovoltaïque explose littéralement. Et se révèle bien difficile à maîtriser.
La plupart des artisans en conviennent : les espoirs liés au soleil comportent de grosses zones d'ombre. L'appât du gain au coeur d'un marché dopé émousse les illusions...
Dans la famille des énergies renouvelables, le solaire fait l'objet d'une attention toute particulière de la part de la collectivité régionale, qui « accompagne et stimule la structuration d'une véritable filière du solaire thermique et du solaire photovoltaïque ».
Mardi, quelque 300 installateurs sont venus participer, à Montpellier, aux 8e journées régionales des professionnels du solaire.
Si le solaire thermique individuel (chauffage et / ou chauffe-eau solaire) observe une certaine stagnation il n'en va pas de même pour le solaire photovoltaïque, sujet à une véritable explosion.
Entre 2006 et 2007, le photovoltaïque individuel soutenu par la Région a progressé de 150 %. Les 1 368 installations soutenues depuis l'origine ont généré un chiffre d'affaires de 15 M€ et mobilisé 2,5 M€ d'aide régionale, essentiellement consacrée à des dispositifs intégrés au bâti.
En ce qui concerne le photovoltaïque collectif, la taille des installations augmente singulièrement. Elles sont aujourd'hui de taille industrielle. Et la puissance installée en Languedoc-Roussillon est, ramenée au nombre d'habitants, la plus importante de France. La collectivité a toutefois décidé de ne pas financer les projets d'entreprises ne visant qu'à produire de l'électricité. La ruée vers le photovoltaïque individuel devrait réjouir les artisans installateurs. Néanmoins, ils ne sont guère emballés par la flambée.
André Joffre, président de Qualit ENR, association pour la qualité d'installation des systèmes à énergies renouvelables, résume l'état d'esprit : « Ce qui m'inquiète, ce n'est pas cette marche en avant. Mais, ce sont certaines entreprises, dénuées de scrupules, attirées par le solaire comme les alouettes par les miroirs. Ces entreprises sont en dehors des circuits traditionnels du bâtiment, font de la vente forcée et ne respectent pas le client. La profession doit se mobiliser. La promotion des labels et l'exigence d'agrément assainiront la situation ».
C'est un fait, le photovoltaïque individuel, avec l'opportunité de revendre de l'énergie sur le réseau, est un marché dopé. Une vraie bulle. Le tarif de rachat de l'électricité (environ 0,55 centimes le kilowatt-heure), le crédit d'impôt et les aides consenties par la Région constituent de fort belles incitations à cette ruée vers l'équipement. Désormais, on s'équipe par souci écologique, mais aussi et surtout dans la perspective d'un complément de revenu. Cela permet de se donner bonne conscience en gagnant de l'argent.
Inutile de dire que certaines entreprises peu vertueuses ont flairé le bon coup et proposent des devis carrément scandaleux. Les installateurs dits traditionnels s'en émeuvent et parlent de « concurrence déloyale venant d'entreprises qui sous-traitent la pose »
Cette impressionnante montée en charge du photovoltaïque débouchera-t-elle sur une disparition progressive des aides ? Logique : les aides publiques amorcent la pompe. Lorsque la filière sera mature, elles s'estomperont. Reste alors à voir quelles en seront les conséquences...
PRESSE - Le projet de loi sur la protection des sources des journalistes provoque un débat
LE MONDE | 04.04.08
Le principe de la protection des sources des journalistes devrait bientôt être inscrit dans la loi sur la liberté de la presse de 1881. Le texte doit être présenté par la ministre de la justice, Rachida Dati, à l'Assemblée nationale, mardi 8 avril. Mais le projet de loi, tel qu'il a été rédigé, suscite la controverse.
En janvier 2008, Nicolas Sarkozy s'était engagé à légiférer sur la question. "Un journaliste digne de ce nom ne donne pas ses sources, chacun doit le comprendre, chacun doit l'accepter", avait-il déclaré. Une promesse qu'avait déjà faite, deux ans plus tôt, Pascal Clément, alors ministre de la justice, sans la concrétiser.
Cette fois, le gouvernement a décidé de répondre aux demandes pressantes de la profession, mais aussi aux injonctions de l'Union européenne. "Le secret des sources est la pierre angulaire de la liberté de la presse", a affirmé la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) dans l'arrêt Goodwin du 27 mars 1996. Un principe réaffirmé en particulier dans l'arrêt Roemen et Schmit du 25 février 2003.
"IMPRÉCISION" - Dans le projet de loi, le principe est énoncé ainsi en préambule : "Le secret des sources est protégé afin de permettre l'information du public sur des questions d'intérêt général." Mais ce n'est pas un principe absolu, ce qui rend le sujet très délicat. Quand peut-on porter atteinte au secret des sources ? Cette question a cristallisé l'essentiel des débats.
Après auditions, le rapporteur du texte, le député de l'Ain Etienne Blanc (UMP), a porté quelques amendements à cet alinéa-clé. Finalement il est dit : "Il ne peut être porté atteinte directement ou indirectement à ce secret qu'à titre exceptionnel et lorsqu'un impératif prépondérant d'intérêt public le justifie. Au cours d'une procédure pénale, il ne peut y être porté atteinte que si la nature et la particulière gravité du crime ou du délit sur lesquels elle porte ainsi que les nécessités des investigations rendent cette atteinte strictement nécessaire."
Le Syndicat national des journalistes (SNJ), dans un communiqué publié jeudi 3 avril, dit ne pas "se satisfaire de l'imprécision de cette formulation car toutes les interprétations sont possibles".
De même, le SNJ s'interroge : "La volonté des pouvoirs publics est-elle bien de protéger les sources qui informent les journalistes ou, sous le couvert d'un texte paraissant garantir un principe, d'organiser les modalités de contournement de celui-ci ?" Dominique Pradalié, du SNJ, se demande "pourquoi le texte définit ce qu'est un journaliste. Cette définition est du ressort du code du travail et de la commission de la carte".
Enfin, le Syndicat de la presse magazine (SPMI), très actif sur le sujet, souligne les avancées du texte, en particulier au sujet de l'encadrement des perquisitions dans les entreprises de presse, mais s'étonne "que le projet place hors du champ de la protection un pan entier de l'activité journalistique, les journalistes étant toujours susceptibles d'être poursuivis pour recel de violation du secret de l'instruction".
C'est d'ailleurs pour avoir condamné des journalistes pour recel de violation de secret que la France avait été montrée du doigt par la Cour européenne des droits de l'homme.
SANTE. - Oublier ses acouphènes, c'est possible par Alexandra Echkenazi
Le Parisien dimanche 06 avril 2008
Trois millions de personnes vivent avec des sifflements et des bruits gênants dans l'oreille. Si les médicaments existants sont peu opérants, une nouvelle médecine, axée sur la tolérance puis l'oubli des acouphènes, montre une bonne efficacité.
VOUS AVEZ tout essayé et aucun traitement n'a pu stopper vos acouphènes ? Ne désespérez pas, le docteur Philippe Peignard, un ORL de l'Hôpital européen Georges-Pompidou à Paris, vient de mettre au point dans « Bien vivre avec des acouphènes » (Odile Jacob, 19 €) une nouvelle méthode qui permet non pas de soigner ces bourdonnements incessants qui brouillent votre audition, mais de vivre avec eux sans gêne.
Appelée « médecine comportementale », cette technique applique la thérapie cognitive comportementale (TCC), habituellement utilisée dans les troubles psychologiques, à des maux bel et bien biologiques.
Une cause organique, une intolérance psychologique. Souffle, sifflements, bourdonnements... Les acouphènes se manifestent différemment selon les patients. « Ils peuvent être causés par un traumatisme sonore, mais aussi vasculaire, infectieux ou bactérien. Ce traumatisme provoque une lésion des récepteurs sensoriels de l'oreille. Résultat : un signal est produit, bien qu'il n'y ait pas de stimulation sonore », décrypte le spécialiste.
En France, près de 3 millions de personnes souffrent d'acouphènes. « La plupart du temps, ils sont de faible intensité et très bien supportés. Mais dans 10 à 15 % des cas, il y a une intolérance », poursuit le médecin. Pour ceux-là, il n'existe pas beaucoup de traitements. Des vasodilatateurs et des antidépresseurs sont prescrits, sans grande efficacité
« En fait, agir sur le signal acouphénique n'a aucun intérêt. La lésion étant définitive, il ne peut pas disparaître », selon l'ORL. En revanche, il est possible, grâce à des moyens « détournés » et non médicamenteux, de faire oublier leurs acouphènes aux patients.
Brouiller le signal avec des bruits d'eau. La première étape de la méthode du docteur Peignard est de masquer les acouphènes avec d'autres bruits. « Les patients qui viennent me voir sont souvent épuisés. Ils manquent de sommeil. Le plus urgent est de leur permettre de mieux dormir. Or on s'est rendu compte que les bruits d'eau qui coule ou de vagues couvrent les sifflements », poursuit le médecin.
Inutile de faire couler l'eau de votre robinet toute la nuit. Il existe des CD de bruits de la nature en vente dans les grands magasins. « On peut aussi s'acheter une petite fontaine d'appartement, que l'on trouve dans les magasins zen. C'est très efficace », affirme l'ORL. Chez les patients qui ont testé cette technique, l'effet est immédiat. Au point que certains transfèrent les bruits de ruissellements sur leur iPod pour les écouter durant la journée.
Apprendre au patient à se relaxer. Toutefois, difficile d'avoir une vie sociale normale avec un iPod dans les oreilles ! « La deuxième étape de la méthode consiste en des séances de relaxation durant lesquelles on apprendra au patient à ne plus être obsédé par ses acouphènes », explique Philippe Peignard.
En effet, la plupart des patients qui se plaignent de leurs acouphènes sont des personnes hypervigilantes, en état d'alerte permanent, qui surréagissent à tout ce qui est « anormal ». « En fait, si les acouphènes ont une origine organique, notre intolérance est d'origine psychologique », conclut Philippe Peignard.
François Bayrou: « L'UDF a trouvé son terme en 2002 »
20Minutes 07/04/08
L'UDF n'est pas morte, contrairement à ce que certains tentent de faire croire», déclarait Jean Arthuis au «Journal du Dimanche». La réponse de François Bayrou n’aura attendu que quelques heures.
«Parti unique de la droite»
«L'UDF s'est transformée (en MoDem) de par les volontés de ses militants et de ses responsables.» Le dirigeant du MoDem, interrogé au Grand rendez-vous Europe 1-TV5-Le Parisien, estime que l’UDF a politiquement « trouvé son terme en 2002, quand les neuf dixièmes de ses élus (sont partis) avec Jacques Chirac pour faire le parti unique de la droite ».
«Ce jour-là, on a vu que l'UDF n'était pas une famille politique de solidité, mais une famille politique de ralliement: ce jour-là, j'ai su qu'il faudrait une forme politique nouvelle», a-t-il dit.
Jean Arthuis a annoncé dimanche sa décision de quitter le MoDem, aujourd'hui «inaudible», tout en refusant de rejoindre un parti de la majorité présidentielle et en souhaitant la réactivation de l'UDF.
Le billet d’humour de Robert Solé : Eboueur en chef
LE MONDE | 05.04.08 |
C'est promis : s'il gagne les élections des 13 et 14 avril en Italie, Silvio Berlusconi installera son gouvernement à Naples jusqu'à ce que la crise des ordures dans cette ville soit complètement réglée. On respire, en se bouchant le nez.
Il faut dire que cette affaire de poubelles lui va comme un gant. Traînant plusieurs casseroles judiciaires, ayant été l'une des cibles principales des opérations "Mains propres", le milliardaire peut prendre le problème de Naples à bras-le-corps.
Il ne plane pas dans les hauteurs, comme ses adversaires de gauche, et a démontré une bonne connaissance des déchets recyclés. C'est quand même lui qui avait révélé que, "du temps de Mao, les Chinois ne mangeaient pas les enfants, mais les faisaient bouillir pour servir d'engrais dans les champs".
On imagine très bien le Cavaliere sur son grand cheval blanc, gominé, manucuré, ouvrant la voie aux bennes à ordures, dans le genre "Qui m'aime me suive".
A en croire les sondages, l'Italie risque, une fois de plus, de glisser sur une peau de banane. Elle l'aura choisi. L'élection a toujours été un tri sélectif
JO de Pékin : la flamme olympique à Paris, les politiques divisés sur le boycott
LEMONDE avec AFP et Reuters | 06.04.08 | 20h02
Alors que la flamme olympique sera lundi 7 avril à Paris, et que les autorités craignent que son parcours soit perturbé, comme dimanche à Londres, par des manifestations de soutien au peuple tibétain, la polémique enfle parmi les personnalités politiques sur l'attitude à adopter lors de la cérémonie d'ouverture des JO à Pékin et les discordances apparues au sein de l'exécutif menacent d'amplifier le trouble.
Nicolas Sarkozy, critiqué dans un premier temps pour son mutisme face à la répression chinoise au Tibet, avait déclaré le 25 mars que la France gardait toutes les options ouvertes, y compris le boycott de la cérémonie d'ouverture des Jeux, si la situation au Tibet ne s'améliorait pas dans les mois à venir. La secrétaire d'Etat aux droits de l'homme Rama Yade a semé la confusion en posant trois conditions "indispensables", dans un entretien publié samedi dans Le Monde, à la présence du président français le 8 août à Pékin avant de démentir avoir évoqué des "conditions". Le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, a tenté d'éteindre la controverse naissante en affirmant samedi soir sur France 2 qu'il n'y avait "pas de conditions à la position de la France".
Pour l'ancien premier ministre Dominique de Villepin, la position de Nicolas Sarkozy est "une position claire". "Nous avons un problème qui est de savoir quelle est la meilleure attitude à avoir lors de cette cérémonie d'ouverture, mais les Chinois ont aussi un problème. Il faut s'en sortir par le mouvement, par le dialogue", a-t-il jugé sur Canal+.
"SI ON SE MET À GENOUX À PARIS, ON FERA QUOI À PÉKIN ?"
François Bayrou considère que l'initiative d'un boycott "serait un geste extrêmement fort". "Je souhaite qu'il [Nicolas Sarkozy] en parle avec ses homologues européens", a-t-il expliqué dimanche. Le président du MoDem soutient le rassemblement prévu par Reporters sans frontières lundi à partir de 12 heures au pied de la tour Eiffel, point de départ de la flamme olympique à 12 h 30.
Pour la socialiste Ségolène Royal, la France, qui présidera l'Union européenne à compter du 1er juillet, doit montrer l'exemple en boycottant la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques. "Il est encore temps de menacer de boycotter les JO", a-t-elle déclaré dans Le Journal du dimanche. "Les brassards, les drapeaux, les banderoles, c'est mieux que rien, mais c'est se donner bonne conscience à peu de frais", a-t-elle estimé.
La sénatrice Verte Domique Voynet a jugé "tout à fait normal" de protester lors du passage de la flamme à Paris. "C'est avant [le début des Jeux] et chaque jour, qu'il faut se mobiliser et se faire entendre", a-t-elle expliqué dimanche. Elle s'est en revanche prononcée contre un boycott des Jeux, estimant qu'il "serait totalement hypocrite de faire payer aux athlètes une politique qui est 'commerçons tous les jours'".
Daniel Cohn-Bendit, député Vert européen, relève de son côté l'existence "de plusieurs lignes à l'intérieur du gouvernement" français. "Il y a visiblement une ligne Rama Yade-Bernard Kouchner et une autre qui est celle de Sarkozy. Compte tenu de la hiérarchie politique en France, si Sarkozy a décidé de rester fidèle aux Chinois, le gouvernement restera fidèle aux Chinois, quoi qu'il arrive", a-t-il expliqué dans le JDD. "Si on se met à genoux à Paris, on fera quoi à Pékin ?", lance-t-il.
JO: traversée de Londres mouvementée pour la flamme olympique
TV5 LONDRES (AFP) - 06/04/2008 20h58
La flamme olympique a effectué dimanche une traversée de Londres mouvementée, alors que plusieurs milliers de manifestants anti-chinois se sont employés à gâcher la fête en tentant de s'emparer du flambeau, voire de l'éteindre au moyen d'extincteurs.
Quelque 35 personnes avaient été arrêtées en milieu d'après-midi par la police, pour des atteintes à l'ordre public, selon Scotland Yard. Les manifestations, et les interpellations parfois musclées qu'elles ont entraînées, n'avaient pas fait de blessés en fin d'après-midi, selon la même source.
Moins d'une heure après le début du parcours, qui se sera déroulé en grande partie sous la neige, deux manifestants surgis de la foule ont tenté d'éteindre la flamme au moyen d'extincteurs lors d'un passage de relais dans le quartier de Ladbroke Grove. Ils ont déclenché un extincteur sur lequel était inscrit la mention "extincteur de propagande", provoquant un début de panique dans la foule. Ils ont été immédiatement arrêtés sans ménagement par les policiers.
Tout au long de la journée, des policiers se sont eux aussi relayés à pied, à vélo ou à moto, pour escorter la flamme et son porteur, eux-mêmes entourés d'un premier cercle de représentants du comité d'organisation chinois des JO. "Cette protestation ne visait pas le peuple chinois mais au contraire le régime brutal qui les dirige", avaient expliqué les deux manifestants dans un communiqué.
Dans un incident séparé montré par les télévisions, survenu dans le même quartier, un manifestant a été plaqué au sol et arrêté après avoir failli s'emparer de la flamme alors qu'elle était portée par une jeune présentatrice vedette de la BBC télévision, Konnie Huq.
Plusieurs manifestations plus ou moins pacifiques, notamment à l'appel des associations Free Tibet (Tibet libre), Free Burma (Birmanie) ou Reporters sans frontières (RSF), étaient organisées tout au long de la journée et du parcours.
Parmi les manifestants, Robert Vaughn, 35 ans, arbore un drapeau et un bonnet aux couleurs du Tibet. "J'aimerais que Gordon Brown apporte au peuple tibétain le même soutien qu'au peuple zimbabwéen", a-t-il déclaré à l'AFP.
Des huées ont d'ailleurs accompagné l'arrivée de la flamme devant la résidence officielle du Premier ministre Gordon Brown, où plus d'un millier de personnes s'étaient réunies. Quelques dizaines d'entre elles ont franchi les barrières de sécurité pour envahir Whitehall, l'artère située devant Downing street, avant d'être rapidement encadrées par des policiers à cheval, tandis qu'une poignée d'hommes portant pour certains des tee-shirts avec "Tibet libre" ou "Birmanie libre" ont été arrêtés.
A l'entrée de Fleet Street, artère qui mène à la cathédrale Saint-Paul, une centaine de manifestants ont encerclé le porteur de la flamme et son escorte, obligeant Scotland Yard à changer de plan: le relais suivant s'est déroulé à bord d'un bus, et non à pied comme initialement prévu.
Un premier incident était survenu quelques minutes après le départ de la flamme de Wembley, alors que le rameur Steve Redgrave, quintuple champion olympique d'aviron venait de transmettre le flambeau à une jeune fille de 16 ans, entourée de plusieurs jeunes sportifs et de policiers courant à ses côtés.
La flamme était attendue vers 17h30 GMT à son terminus londonien, la salle O2 Arena de Greenwich où une grande fête était prévue. Elle doit s'envoler dans la soirée vers Paris où une nouvelle journée de protestations est annoncée pour lundi.
Etats-Unis - Le marché de l'emploi
LE MONDE | 05.04.08 | NEW YORK CORRESPONDANT
Mercredi, le président de la Réserve fédérale (Fed), Ben Bernanke, avait pour la première fois utilisé le terme " récession". La cause semblait déjà entendue pour la plupart des économistes américains : leur pays est en récession et les chiffres de l'emploi, annoncés vendredi 4 avril, ont confirmé cette conviction.
Pour le troisième mois de suite, les Etats-Unis ont perdu des emplois en mars : 80 000, soit 232 000 depuis janvier. Le taux de chômage est passé dans le même temps de 4,8 % à 5,1 %. N'étaient les embauches dans la santé, l'éducation, la fonction publique, la poussée du chômage eut été beaucoup plus spectaculaire.
Divers secteurs sont aujourd'hui menacés de coupes claires. L'aviation civile américaine, qui connaît une année épouvantable avec l'augmentation du prix du kérosène, pourrait réduire jusqu'à 20 % de ses emplois. La pharmacie jusqu'à 10 %. Home Depot, numéro un mondial de l'aménagement intérieur, a annoncé vendredi 2 200 suppressions d'emplois ; Motorola, 2 600.
Les Etats-Unis ne sont "qu'au début de la contraction du marché de l'emploi", a estimé Jared Bernstein, de l'Institut de politique économique de Washington. A l'inverse, Steven Weiting, de Citigroup, estime la crise "heureusement asynchrone" : si l'emploi industriel "se rétracte", les exportations, en particulier agricoles, croissent très fortement.
Pour autant, la plupart des économistes restent circonspects devant le pronostic du gouvernement, qui envisage une sortie de crise dès le second semestre 2008. Directeur de l'Economic Outlook Group à l'université de Princeton, Bernard Baumohl pense que la récession sera cette fois "beaucoup plus durable" qu'en 2001.
L'administration Bush attend de son "plan fiscal" - plus de 100 millions de foyers devraient recevoir à partir de mai 600 à 1 200 dollars (381 à 763 euros) de remboursement d'impôts - qu'il relance la consommation. Secrétaire adjoint au trésor, Phillip Swagel a assuré vendredi que ce plan créera aussi 500 000 à 600 000 emplois. Mais pour le moment, l'opinion ne suit pas.
Un sondage effectué périodiquement depuis 1990 par le New York Times et la chaîne CBS montre que 81 % des Américains, privilégiant les questions économiques, jugent que leur pays "va dans le mauvais sens".

