lundi 7 avril 2008
Paris Flamme Olympique - Galerie photos
NOUVELOBS - Lundi 07 avril 2008 - 17h56
La FLAMME OLYMPIQUE à Paris
Une galerie photos du parcours parisien de la flamme > lire
Pas d'évocation des incidents à la télé chinoise
Pour la première fois, le journal de la nuit de la télévision centrale chinoise a brièvement évoqué les incidents parisiens, sans donner de détails. Auparavant, sur fond d'images du passage de la flamme à Paris, avec une présence importante de policiers, l'envoyé spécial de la principale chaîne de la télévision centrale, CCTV avait évoqué l'"accueil chaleureux des habitants de Paris, des Chinois d'outre-mer, des étudiants chinois". De nombreux Chinois ont effectivement salué la flamme en brandissant des drapeaux de leur pays tout au long du parcours.
Flamme Olympique - Une quarantaine de députés manifestent dans l'Assemblée en faveur du Tibet
TV5 PARIS (AFP) - 07/04/2008 16h38
Une quarantaine de députés de tous les groupes politiques ont manifesté dans l'Assemblée nationale lundi au moment du passage de la flamme olympique.
Ceints de leur écharpe tricolore, les députés étaient dans l'enceinte de l'Assemblée nationale, dans le jardin donnant sur le pont de la Concorde. Certains étaient debout sur un mur. Tous scandaient "Liberté pour le Tibet", avant d'entonner la Marseillaise.
Juste après le passage devant l'Assemblé nationale, peu avant 17H00, la flamme a été remise à l'abri dans un bus pour se rendre directement au stade Charléty, terme de son parcours.
Les députés avaient interrompu leurs travaux lundi à 16H30, peu après la reprise du débat sur le projet de loi OGM et avant le passage de la flamme olympique aux abords de l'Assemblée nationale, certains élus souhaitant aller manifester en faveur des droits de l'Homme au Tibet.
En déclarant ouvert à 16H00 le débat dans l'hémicycle, le président de séance, Marc Le Fur (UMP), a fait savoir que tous les groupes avaient demandé la suspension des travaux lors du passage de la flamme et qu'il y "ferait droit".
Le patron du groupe PS, Jean-Marc Ayrault, a fait part de sa "satisfaction" pour cette décision "modeste" en regrettant une nouvelle fois que le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer (UMP), n'ait pas accédé à sa demande de déployer le drapeau tibétain sur le fronton du Palais-Bourbon.
En décembre, "le portrait d'Ingrid Betancourt avait été érigé", a-t-il dit en saluant à nouveau cette initiative, alors que "le règlement ne le permettait certainement pas non plus".
"Nous sommes les héritiers de cette histoire" française en faveur des droits de l'homme, "nous ne faisons que notre devoir" et il ne s'agit pas de "stigmatiser un grand pays comme la Chine", a souligné M. Ayrault.
Le député Jean-Pierre Brard (apparenté communiste) s'est dit "fort heureux de cette décision".
"Les droits de l'homme ne sont pas partageables. Notre pays doit être exemplaire partout où les droits de l'Homme sont bafoués (...) Il ne peut y avoir d'indignation sélective", a-t-il insisté en citant la Tchétchénie, le Tibet et l'Irak.
Chantal Brunel (UMP) a déclaré, au nom de son groupe, que les députés étaient "tous très attachés aux droits de l'homme au Tibet".
Les derniers relais de la flamme olympique à Paris supprimés
NOUVELOBS| 07.04.2008 | 17:34
La torche rejoint en bus directement depuis l'Assemblée nationale son point d'arrivée, au stade Charléty.
- Pas de cérémonie à l'Hôtel de Ville, où RSF est parvenu à déployer un drapeau de l'association ainsi que l'étendard du Tibet.
- Huit interpellations, dont une élue Verte.
Les derniers relais de la flamme olympique dans les rues de Paris ont été supprimés peu avant 17h00, la torche gagnant en bus directement depuis l'Assemblée nationale son point d'arrivée, le stade Charléty, a-t-on appris de source policière.
Depuis son départ de la Tour Eiffel à 12h35, le parcours de la flamme a été extrêmement chaotique, compte tenu des nombreuses manifestations pro-tibétaines, et cela en dépit du déploiement d'un dispositif de protection extrêmement important.
A tel point que son itinéraire a été modifié, selon la préfecture de police de Paris, par les organisateurs et notamment l'ambassade de Chine en France, aux abords de l'Hôtel de Ville où les cérémonies prévues y ont été annulées.
Le cortège ne s'est pas arrêté à l'Hôtel de Ville. Au lieu de passer par l'île de la Cité, le convoi est allé directement sur le quai des Grands Augustins vers l'Assemblée nationale. Un relayeur se préparait quai Voltaire, un peu avant le musée d'Orsay.
Mais peu avant 17h00, après son passage devant l'Assemblée nationale, la flamme a été remise à l'abri dans un bus pour se rendre directement au stade Charléty, terme de son parcours.
(> Voir la carte du parcours)
"Ce sont les officiels chinois qui ont refusé que la flamme s'arrête place de l'Hôtel de ville. J'en prends acte", a déclaré Bertrand Delanoë.
"Je reste attaché aux droits de l'Homme et en même temps attaché aux valeurs de l'Olympisme", a ajouté le maire.
- Mise dans un bus - La flamme olympique a de nouveau été mise à l'abri dans un bus près du jardin des Tuileries, après sa descente de l'avenue des Champs-Elysées, sous les huées du public.
La torche était arrivée à 15h40 place de la Concorde après une descente des Champs-Elysées ponctuée de diverses manifestations en faveur du Tibet.
Peu avant 16h00, près du jardin des Tuileries, quai François Mitterrand, elle a été de nouveau mise à l'abri dans un bus, après qu'un homme eut tenté de l'éteindre avec un extincteur. C'est à bord de ce bus qu'elle a rejoint l'Hôtel de Ville.
Plusieurs interpellations ont eu lieu place de l'Hôtel de Ville.
Peu avant une personne s'était jetée devant l'escorte qui ouvre la marche du cortège. Elle a été dégagée par les forces de l'ordre et placée derrière les barrières.
- Trois drapeaux de RSF déployés - Un drapeau noir de l'organisation Reporters sans frontières (RSF) sur lequel des menottes figurent les anneaux olympiques et un drapeau du Tibet ont été déployés lundi 7 avril après-midi à l'intérieur de la mairie de Paris par des élus écologistes, peu avant le passage de la flamme olympique.
C'est le troisième drapeau de l'organisation à être mis en avant sur le parcours. Un étendard noir a en effet été déployé au troisième étage d'un immeuble de l'avenue des Champs-Elysées. Le drapeau a été déployé au milieu de l'avenue des Champs-Elysées.
Un premier drapeau avait été déployé en fin de matinée au premier étage de la tour Eiffel, par trois militants de RSF qui avaient grimpé sur la structure métallique du célèbre monument. Ils ont été délogés par les pompiers.
- La flamme éteinte puis rallumée - La flamme olympique, éteinte, peu après 13h30 "pour des raisons techniques", a été rallumée peu après et elle était à nouveau portée par un coureur vers 13h50 à l'approche du Pont d'Issy-les-Moulineaux.
La flamme avait été éteinte et remise dans un bus "pour des raisons techniques", selon la préfecture de police de Paris alors qu'elle approchait de l'immeuble de France Télévisions, près du pont du Garigliano.
- Huit interpellations - Huit personnes, dont la vice-présidente du Conseil régional d'Ile-de-France, Mireille Ferri (Verts), ont été interpellées par la police au cours de multiples incidents qui ont débuté avant même le départ de la flamme depuis la Tour Eiffel. Trois militants de Reporters sans frontières (RSF), qui avaient déployé un drapeau noir sur lequel des menottes figurent des anneaux olympiques sous la Tour Eiffel, font partie des personnes arrêtées.
Mireille Ferri, a été interpellée, peu avant midi, alors qu'elle se dirigeait vers le Champ-de-Mars munie d'un extincteur pour manifester sur le passage de la flamme olympique. Selon un communiqué des Verts, "peu avant midi Mireille Ferri, vice-présidente Verte du conseil régional, alors qu'elle se dirigeait vers le Champ-de-Mars pour manifester sur le passage de la flamme olympique munie d'un extincteur a été interpellée par les forces de l'ordre et conduite au poste de police".
Mireille Ferri a déclaré, indiquent les Verts, que "cette flamme olympique ne représente plus les valeurs olympiques, la vraie flamme olympique se trouve dans le cœur des Tibétains et des défenseurs des droits de l'Homme".
Par ailleurs, un élu écologiste parisien a été stoppé par le service de sécurité alors qu'il tentait de s'approcher de la flamme olympique.
Sylvain Garrel, élu écologiste dans le XVIIIe arrondissement, a tenté de s'approcher de la flamme en criant "Liberté pour le Tibet, troupes chinoises hors du Tibet. Liberté pour les Chinois. Boycott des jeux Olympiques", avant d'être ceinturé par deux personnes et écarté du chemin emprunté par Stéphane Diagana, premier porteur de la torche olympique dans son périple parisien.
Quatre hommes ont également été interpellés par la police, peu après 12h30, alors qu'ils tentaient de ralentir la progression de la torche. Deux hommes, pro-Tibétains, qui brandissaient un drapeau tibétain et tentaient de s'installer sur la chaussée avant le passage de la flamme, ont été aussitôt interpellés par la police.
Quelques minutes plus tard, deux militants de Reporters sans frontières (RSF) ont tenté de sauter par dessus les cordons de policiers pour atteindre la flamme qui était à quelque 3 mètres d'eux.
- Nombreuses bousculades - Tout le long du parcours, des hommes et des femmes tentent de s'allonger sur la chaussée, mais sont aussitôt délogés par la police avant l'arrivée du cortège.
Une demi-douzaine de personnes ont tenté peu après 14h00 d'éteindre la flamme olympique avant d'être écartées par les forces de l'ordre.
Ces personnes se sont précipitées sur la flamme avant d'être interceptées par la police sur la rive droite au niveau du quai Saint-Exupéry (XVIe arrondissement).
De nombreuses bousculades émaillent la progression du cortège qui doit s'arrêter parfois. Un handicapé en fauteuil roulant a été renversé, mais n'a pas été blessé.
- Les drapeaux tibétains indésirables - Peu avant le départ, des porteurs de drapeaux tibétains, qui manifestaient près de la Tour Eiffel ont été priés par la police de partir ou de ranger leurs drapeaux. En revanche, les drapeaux français et chinois ont été autorisés.
Quai Branly, un policier a arraché un fanion de Reporters sans frontières (RSF) des mains d'une Vietnamienne. Elle portait un tee shirt où l'on pouvait lire: "Chantons pour les droits de l'Homme", en français et en anglais, a constaté le photographe.
- Des fanions RSF brandis - Les policiers ont aussi arraché les fanions RSF brandis par un groupe de militants du Mouvement démocrate (MoDem), mais leur chef de file à Paris, Marielle de Sarnez, ne s'est pas laissée faire et a conservé son drapeau en mains. "Dans quel pays sommes nous pour qu'on confisque un drapeau dans une manifestation pacifique", a-t-elle demandé, affirmant que "la France s'honorerait à parler plus fermement du Tibet".
Un peu plus loin, des Tibétains ont été refoulés par la police tandis que des manifestants pro-chinois agitaient des drapeaux de la République populaire de Chine.
Des groupes scandaient "Libérez le Tibet !" ou "Sarkozy boycott".
- La sécurité renforcée - Un impressionnant dispositif de sécurité, digne de la protection d'un chef d'Etat, a été déployé, avec pas moins de 3.000 policiers, sur terre, dans les airs et même sur la Seine.
Une "bulle étanche" d'environ 200 mètres de long a été constituée autour du porteur de l'emblème des JO, composée de 65 motards, 100 policiers en rollers et autant de pompiers de Paris joggeurs.Le porteur de la flamme est suivi de 32 véhicules de CRS, soit 160 hommes, un groupe de motards fermant la marche. 1.600 policiers devaient être répartis sur le trajet pour parer à toute éventualité. (avec AFP)
Le parcours de la flamme olympique à Paris interrompu par des incidents
LEMONDE | 07.04.08 | 12h53
Malgré un important dispositif de sécurité, le parcours de flamme olympique à Paris, qui avait commencé lundi 7 avril en début d'après-midi, a été interrompu par une série d'incidents impliquant notamment des militants pro-Tibétains et des membres de Reporters sans frontières (RSF). La torche a finalement été montée dans un bus de la sécurité lors du deuxième relais, aux alentours d'Issy-les-Moulineaux, pour poursuivre son étape parisienne.
Des incidents se sont produits sur l'ensemble du parcours prévu par les organisateurs, avant même le passage de la flamme. Des hommes et des femmes tentaient de s'allonger sur la chaussée mais étaient aussitôt délogés par la police avant l'arrivée du cortège. Autour de la tour Eiffel, point de départ du parcours, les forces de l'ordre étaient très présentes, bloquant tous les accès depuis la Seine jusqu'aux avenues bordant le Champ-de-Mars.
La foule des manifestants pro-Tibétains, très encadrée par la police sur la place du Trocadéro selon une journaliste du Monde présente sur place, a accueilli le passage de la flamme par des huées ou en jetant des drapeaux fabriqués par Reporters sans frontière représentant les anneaux olympiques transformés en menottes.
Les organisateurs ont décidé de mettre un terme au relais à pied après que des nombreuses bousculades et des altercations aient ralenti la progression du cortège. Dès le départ, au moins quatre personnes, deux militants pro-Tibétains et deux membres de RSF, ont été interpellés pour avoir voulu se rapprocher de l'athlète Stéphane Diagana, premier des 80 relayeurs à transporter le symbole olympique. Le président des élus Verts au conseil de Paris, Sylvain Garel, avait lui aussi essayé d'arracher la flamme à Stéphane Diagana, mais n'a pas été interpellé.Incohérence et injustice
Edito du Monde | 07.04.08 | 13h45
Baba Traoré avait 29 ans. Vendredi 4 avril, ce Malien sans papiers s'est jeté dans la Marne pour échapper à un contrôle de police, et est décédé. Baba Traoré était venu en France, il y a quatre ans, pour donner un rein à sa soeur. Depuis, il travaillait clandestinement. Elisabeth Guerin a 38 ans. Entrée légalement en France pour épouser un Français, cette Béninoise n'avait qu'une carte de séjour temporaire en attendant d'avoir trois ans de mariage. Lorsque son mari est décédé, le préfet d'Indre-et-Loire a refusé de renouveller son titre de séjour - jusqu'à ce que la révélation du scandale par Le Monde l'oblige à changer de position.
Nicolas Sarkozy a fait adopter, pour la quatrième fois en quatre ans, une nouvelle loi sur l'immigration, qui définit les bases d'une immigration choisie. Le président de la République, qui s'était fait le chantre au soir de son élection des "valeurs de tolérance, de liberté, de démocratie et d'humanisme", prétend marier fermeté et justice : on perçoit bien la première, mais on cherche en vain la seconde. Indépendamment des aspects toujours contestables de cette loi, sur les tests ADN en particulier, la maîtrise de l'immigration n'a pas mis fin aux situations kafkaïennes d'immigrés - combien sont-ils ? - qui, aujourd'hui, ne sont ni régularisables ni expulsables.
Les témoignages que nous publions en page trois sur les parcours d'un Malien, d'un Mexicain et d'un Cambodgien qui remplissent les critères de l'immigration choisie, mais se heurtent à la surdité de l'administration, soulignent la nécessité de venir à bout des ratés et des incohérences de la politique du gouvernement. Plusieurs pays européens - l'Espagne, l'Italie, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas - ont trouvé des solutions pour régulariser des sans-papiers. Pour que la nouvelle immigration choisie soit crédible, encore faut-il que la lutte contre l'immigration clandestine soit menée avec discernement et humanité. Au pays des droits de l'homme, il est révoltant de voir un homme se jeter à l'eau simplement pour échapper à la police.
Chaque jour apporte son lot d'exemples des incohérences de la politique de l'immigration. Certes, la lutte contre l'immigration clandestine et illégale est nécessaire, surtout si elle s'accompagne d'une action résolue contre les trafiquants de main-d'oeuvre, qui sont de véritables marchands d'esclaves. Mais elle ne saurait justifier tous les moyens, comme cette aberrante politique du chiffre qui entretient un climat de peur chez les sans-papiers et n'a même pas l'alibi de l'efficacité. En 2007, avec près de 23 000 "éloignements" d'étrangers, Brice Hortefeux, ministre de l'immigration et de l'identité nationale, n'a pas atteint l'objectif assigné, de 25 000. Or, dans le même temps, selon l'Insee, la France a accueilli 70 000 immigrés de plus.
Les talibans accusent Sarkozy d'avoir trahi sa parole.
Libération 07/04/08
Réagissant à l'annonce de l'envoi de renforts français, le Conseil du commandement des talibans a rappelé samedi : "Durant sa campagne électorale, il a promis de se concentrer sur le retrait des troupes d'Afghanistan. Maintenant, il semble avoir oublié sa promesse".
En effet, le mouvement fondamentaliste avait relâché deux humanitaires français, Céline Cordelier et Eric Damfreville après avoir entendu les déclarations de Sarkozy où il expliquait, le 26 avril 2007 que "la présence française ne lui semblait pas décisive".
Ecouter l'extrait : La position du candidat Sarkozy entre les deux tours des présidentielles sur les troupes francaises en Afghanistan.
Le renforcement de la présence militaire française en Afghanistan suscite la défiance au sein de l'opinion publique
Ouest-France 07/04/08 - Philippe CHAPLEAU.
55 % des Français contre des renforts en Afghanistan
Le Président Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi l'envoi de 700 soldats supplémentaires dans l'est de l'Afghanistan. Qu'en pensent les Français ? 55 % des personnes sondées par l'Ifop pour dimanche Ouest-France désapprouvent l'envoi de soldats supplémentaires, alors qu'en octobre 2001, lors des premières opérations alliées contre les talibans, 55 % se disaient favorables à un engagement français.
Ce revirement s'explique. D'une part, 84 % des sondés sont conscients de la gravité de la situation en Afghanistan où les troupes françaises ne mènent pas des missions d'interposition (comme c'est le cas au Liban, dans les Balkans ou en Côte d'Ivoire) mais évoluent dans un environnement éminemment hostile et doivent se préparer, une fois déployées dans l'Est du pays, à des affrontements meurtriers avec les talibans. D'autre part, les trois quarts des personnes sondées redoutent un maintien prolongé du contingent français dans un pays où la victoire militaire est plus qu'incertaine. En fait, cette crainte de l'enlisement semble traduire un sentiment qui n'est pas suscité par la seule Opex (opération extérieure) afghane. Nombreux sont les Français qui constatent que les déploiements militaires traînent en longueur. C'est le cas dans les Balkans, en Côte d'Ivoire et au Liban où rien n'indique une résolution de la crise et le retour des troupes. Ce pourrait aussi être le cas au Tchad.
Pas de débat
Le scepticisme des sondés s'exprime aussi dans les réponses aux deux premières questions. Certes, les Français qui ont répondu au sondage estiment majoritairement que l'intervention en Afghanistan est « nécessaire » pour contrer les terroristes (66 %) et pour contribuer à l'instauration de la démocratie (62 %) mais seulement une moitié d'entre eux (51 %) juge « légitime » la présence des forces internationales.
Pourquoi, aux yeux des Français, cette opération « nécessaire » ne serait-elle pas « légitime » ? Parce que rien n'a été fait pour la légitimer ! Comme il le fait depuis 1995 en matière de Défense, le pouvoir français a décidé sans lancer de véritable débat républicain.
Ce n'est donc pas l'intervention en Afghanistan que les Français jugent inacceptable mais bien le fameux « domaine réservé » que les présidents français se sont arrogé depuis cinquante ans.
L’après marée noire de TOTAL - Estuaire de la Loire
Ma ville 07/04/08
Pollution et grande marée : inquiétude des agriculteurs pour leurs pâturages
Les agriculteurs de Frossay en Loire-Atlantique dont les vaches doivent prochainement regagner leur prairie en bordure d'estuaire ne cachent pas leurs inquiétudes. La grande marée d'aujourd'hui pourrait s'avérer catastrophique pour eux.
Si Paimboeuf a été particulièrement touchée par la pollution due à une rupture d'une canalisation à la raffinerie Total à Donges, Frossay, commune voisine, n'a pas été épargnée non plus. Là, ce ne sont pas les pêcheurs qui font les frais de ce nouvel accident mais les agriculteurs qui, s'ils n'ont pas encore subi, aujourd'hui, les conséquences de cette marée noire, pourraient en être les prochaines victimes.
Angoisse - De nombreux agriculteurs emmènent leurs troupeaux pâturer au printemps sur des prés situés en bordure d'estuaire. Avec la marée noire, la zone du Maréchal par exemple a déjà été touchée et la grande marée de ce lundi pourrait repousser plus dans les terres, la pollution. « Nous sommes dans l'incertitude et l'angoisse avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête » résume Jean-Pierre Merlet, agriculteur et adjoint au maire de Frossay. La grande marée, si elle repoussait la pollution dans les terres, pourrait remettre en cause le pâturage.
Mesures à prendre - Pour l'instant, les vaches sont encore à l'abri, elles doivent sortir prochainement dans les marais. Certains agriculteurs possèdent jusqu'à 70 hectares en bordure de Loire et « doivent réfléchir à d'éventuelles mesures à prendre en fonction des dégâts causés par la pollution » et, précise Jean-Pierre Merlet, « elles ne seront pas les mêmes suivant que l'on soit un jeune agriculteur ou un ancien. Pour certains, habitués depuis des années à emmener leurs bêtes au même endroit c'est très difficile psychologiquement d'envisager des mesures de repli ».
Et puis il y a le pire, la décision qui angoisse sans aucun doute le plus ces agriculteurs, celle de devoir vendre l'ensemble du cheptel à un confrère dans une autre zone de pâturage. En attendant, ils croisent tous les doigts pour que la grande marée n'amène pas son lot de boulettes de pétrole et laisse ces hectares de verdure propre au pâturage.

Les agriculteurs craignent que la grande marée de ce lundi ne repousse la pollution dans les terres.
AFRIQUE - La situation s'aggrave : Flambée des prix des aliments
LE MONDE 04/04/08
L'Afrique piégée par la flambée des prix des aliments
La rue africaine ne parle que de cela : les prix des denrées quotidiennes sont devenus fous. En quelques mois, la conjonction des hausses du blé, du riz, de l'huile sur les marchés mondiaux, de médiocres récoltes locales et l'absence de contrôle des prix, a accru les tensions sociales et compromis la stabilité politique.
De Douala (Cameroun) à Abidjan (Côte d'Ivoire) et du Caire (Egypte) à Dakar (Sénégal), les manifestations de rues secouent les capitales africaines et contraignent les gouvernants à prendre des mesures pour contrôler les prix.
"Gbagbo, marché est cher", "Gbagbo, on a faim", clamaient lundi 31 mars des femmes d'Abdidjan à l'adresse du président ivoirien. Des affrontements avec la police ont causé la mort d'au moins deux personnes.
De fait, le prix du kilogramme de riz est passé de 250 à 650 francs CFA (de 0,22 à 0,97 euro) au cours de l'année ; celui de l'huile a augmenté de plus de 40 %. Le savon, le lait, la viande ont suivi, ce dont ne rendent pas compte les chiffres officiels (8 % d'inflation en 2007 pour l'ensemble du continent noir).
"Dans les pays de la zone CFA, la hausse serait encore plus importante si le franc CFA n'était pas accroché à l'euro, une devise forte. Le coût des importations en est diminué d'autant. Les pays dont la monnaie est accrochée au dollar souffrent davantage", assure un économiste de l'Agence française de développement (AFD).
Suppression des droits de douane et baisse de la TVA : le chef de l'Etat ivoirien, comme ses homologues camerounais, sénégalais ou égyptien confrontés eux aussi à la rue, s'est engagé à faire baisser les prix en jouant sur les rares leviers que l'Etat maîtrise encore. La recette n'est pas de celles que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale préconisent car elle pèse sur les finances publiques.
Seule la gravité de la situation a amené les institutions financières à se montrer plus accommodantes vis-à-vis des pays en développement. Le gouvernement égyptien a ajouté une mesure plus radicale : l'interdiction temporaire d'exporter le riz produit localement.
Aucun pays n'est à l'abri de troubles. A Dakar, une manifestation interdite "contre la vie chère" a dérapé dimanche 30 mars, trois mois après l'annonce de mesures pour contenir l'inflation : suppression de taxes sur le riz, création de "magasins témoin" exemplaires par la modération de leurs prix, diminution du traitement des ministres et même du chef de l'Etat. Les mesures n'ont pas produit l'effet escompté. "Les commerçants n'ont pas joué le jeu et l'Etat n'a plus les moyens de contrôler", constate Mamadou Barry, de l'ONG sénégalaise Enda.
Au Maroc, secoué lui aussi par des manifestations "contre la vie chère", des rassemblements sont prévus en avril. La marge de manoeuvre du gouvernement est réduite. Cas rare en Afrique, une "caisse de compensation", prend partiellement en charge, au Maroc, la hausse des produits de première nécessité mais son enveloppe, augmentée dans le budget 2008, sera épuisée cet été.
En Mauritanie où l'autosuffisance alimentaire ne dépasse pas 30 %, la situation est encore plus dramatique. Incapable de financer l'importation de denrées agricoles, le pays va connaître "une crise alimentaire sérieuse en 2008", a prévenu le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies.
Au Burkina Faso, une commission parlementaire "contre la vie chère" a été installée après les manifestations de la mi-mars dans plusieurs villes . Les syndicats appellent à une "grève générale" les 8 et 9 avril pour réclamer des augmentations de salaires, le contrôle des prix et la réduction des taxes sur les carburants.
Conseiller pour l'Afrique au Fonds monétaire international (FMI), Eugène Nyambal estime que la situation est le résultat des politiques prônées par les institutions financières internationales. Depuis des décennies elles ont encouragé les cultures d'exportation comme le coton, au détriment des cultures vivrières qu'il était plus avantageux d'acquérir, à bas prix, sur le marché international. Elles ont aussi poussé au démantèlement des structures de contrôle des prix. "La plupart de ces pays attendent des solutions de la Banque mondiale ou du FMI qui sont eux-mêmes dépassés par les évolutions récentes", ajoute-t-il, insistant sur les conséquences des troubles actuels sur les régimes en place qui n'ont pas développé de politique de soutien à l'agriculture locale. Jeudi soir, à l'occasion de la fête de l'indépendance, le président sénégalais Abdoulaye Wade a ainsi annoncé la relance d'un "programme national d'autosuffisance" agricole.
La Banque mondiale a fait amende honorable dans son dernier rapport annuel et mis l'accent sur la renaissance des cultures vivrières. Il faudra des années pour modifier le modèle de développement.
Spectaculaire dans les villes africaines mais prégnante aussi en Asie, la flambée des prix a confirmé les propos de Jacques Diouf, le directeur général de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) prophétisant, dès octobre 2007, des "émeutes de la faim" alors que le prix moyen d'un repas de base a augmenté de 40 % en une année."Beaucoup de gens ne mangent plus qu'un plat par jour", entend-on à Dakar. "Avec 1 500 francs CFA (2,25 euros) pour nourrir ma famille, je ne sais plus quoi faire", dit une ménagère sur un marché de Bamako, au Mali.
Les Indégivrables : Flamme olympique
Le Monde Check-list 07/04/08

Chaos olympique à Londres, Paris sous la neige
La flamme olympique a fait un passage mouvementé à Londres hier. Les militants des droits de l'homme se sont fait voir et entendre. Certains ont même tenté de l'éteindre à grands souffles d'extincteurs. Trente-sept personnes ont été arrêtées, indique The Guardian. Selon le journal britannique, la protection de la flamme sur le parcours londonien a coûté la bagatelle de 1 million de livres (1,27 million d'€) et mobilisé quelque 2 000 hommes.Des manifestants arborant des T-shirts pro-Tibet ont dû les enlever. Le Times, tout comme le Financial Times, fournit un portfolio de photos de la journée montrant la violence des arrestations sur le parcours chaotique de la flamme.
En Espagne, Juan Antonio Samaranch - ancien président du Comité international olympique - explique sans rire à El Pais que "la Chine sera beaucoup plus ouverte après les Jeux".
A Paris, aujourd'hui, la flamme olympique sera sous très haute surveillance avec mille hommes de plus qu'à Londres et devra composer avec une météo peu clémente, la ville s'étant réveillée sous la neige... Faudra-t-il mille policiers de plus à chaque étape ?
La pensée du jour « Tout homme libre doit s’activer à rendre libre la vie des autres. »
Spinoza

