vendredi 4 avril 2008
Un passage symbolique ouvert dans la liesse au coeur de Nicosie
NICOSIE (AFP) - 03/04/2008 16h51
Un nouveau point de passage à travers le no man's land symbolisant les décennies de division de Chypre a été ouvert jeudi dans la liesse à Nicosie, augurant d'un nouvel élan dans les efforts de réunification de l'île.
Des ballons ont été libérés pour marquer l'ouverture du passage dans la rue Ledra au coeur de Nicosie, la dernière capitale divisée au monde. Fermé depuis 1963, ce point de passage situé dans la zone tampon, administrée par l'ONU, relie le nord et le sud de la capitale.
Les maires chypriote-grec, Eleni Mavrou, et chypriote-turc, Cemal Bulutoglulari, assistaient ensemble à la cérémonie d'ouverture, entourés des représentants de l'Union européenne, de l'ONU et de diplomates. Mme Mavrou a qualifié cette ouverture de "première étape" en vue de la réunification de Chypre, divisée depuis l'occupation en 1974 de sa partie nord par l'armée turque.
"Aujourd'hui, nous assistons à la chute d'un des obstacles à la réunification de l'île", a estimé pour sa part Ozdil Nami, assistant du dirigeant chypriote-turc Mehmet Ali Talat. "La rue Ledra symbolise un demi-siècle de division".
Une foule de personnes attendait des deux côtés de la zone tampon pour pouvoir emprunter le point de passage, où de grandes bâches ont été tendues pour masquer les façades criblées de balles d'un quartier à l'abandon depuis 34 ans.
"J'ai vécu la guerre et les affrontements de 1963", a confié Demetris Costantinou, 73 ans. "Je suis venu pour voir exactement l'inverse: la réunion d'un peuple et d'une ville".
Dans la partie nord de la capitale, des dizaines de personnes ont chanté et scandé des slogans en faveur de la paix, brandissant des drapeaux du parti au pouvoir. Plus de 1.300 personnes avaient déjà emprunté le point de passage à midi, soit deux heures et demi après son ouverture, selon la chaîne chypriote Antenna TV.
Elizabeth Spehar, qui assure l'intérim à la tête de la mission de l'ONU à Chypre, a salué "un événement historique". "L'ouverture de la rue Ledra ne signifie pas la paix. Mais elle donne une idée de ce qui peut être obtenu".
La présidence slovène de l'UE, dont Chypre est membre depuis 2004, a qualifié l'ouverture du passage de "mesure pratique et symbolique, rapprochant les deux communautés et contribuant à construire la confiance mutuelle".
A Strasbourg, le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Terry Davis, a estimé que cette mesure "redonne à tous les Chypriotes l'espoir que leur pays sera bientôt réunifié et que Nicosie, comme Berlin, redeviendra une seule ville et une seule capitale".
Cet évènement fort de symboles illustre un changement de climat après quatre ans d'impasse dans le processus de paix à Chypre, une île divisée depuis l'invasion turque consécutive à un coup d'Etat de nationalistes chypriotes-grecs soutenus par Athènes. La République turque de Chypre du nord (RTCN), proclamée en 1983 dans le nord occupé, est uniquement reconnue par Ankara.
Après des années de blocage des pourparlers, l'élection en février du communiste Demetris Christofias à la présidence de la République de Chypre a relancé l'espoir d'une solution négociée.
A l'issue d'une première rencontre le 21 mars, MM. Christofias et Talat avaient annoncé qu'ils débuteraient fin juin des négociations en vue d'une réunification. Dans l'immédiat, ils s'étaient engagés à ouvrir rapidement le passage à Ledra.
Le porte-parole du gouvernement chypriote-grec, Stephanos Stephanou, a appelé la Turquie à "contribuer de façon positive" aux efforts de réunification.
C'est rue Ledra que les premières barricades avaient été dressées à Nicosie, fin 1963, durant les violences communautaires qui avaient entraîné l'intervention de l'ONU en 1964. Il s'agit du deuxième point de passage ouvert pour les piétons à Nicosie et le sixième dans l'île depuis que les Chypriotes-turcs ont levé les restrictions au passage des Chypriotes-grecs en avril 2003.

Boeing annonce le premier vol d'un avion propulsé par une pile à hydrogène
http://terresacree.org SOS-Planete, le site de l'association Terre sacrée - 2008-04-03
OCANA (Espagne) (Source vérifiée)
"Pour la première fois de l'histoire de l'aviation, Boeing a fait voler un un avion habité propulsé par une pile à hydrogène", a déclaré John Tracy, directeur de recherche de Boeing, lors d'une conférence de presse au centre de recherche du groupe américain à Ocaña (centre de l'Espagne).
Francisco Escarti, directeur du centre de recherche d'Ocaña, a déclaré que cette source d'énergie "pourrait être source d'énergie primaire pour un petit avion" et servir de système secondaire sur des appareils commerciaux.
Boeing "n'envisage pas que les piles à combustible puisse fournir l'énergie primaire pour de gros avions de transports de passagers, mais la compagnie va continuer à explorer leur potentiel, tout comme d'autres sources d'énergie durables qui augmentent la performance environnementale", a-t-il ajouté.
L'appareil à hélice expérimental, d'une envergure de 16,3 mètres, a réalisé un vol d'une vingtaine de minutes à une altitude d'environ 1.000 mètres avec un pilote à son bord, selon un communiqué diffusé lors de la conférence de presse. Le petit appareil de couleur blanche, qui "ne fait pas de bruit" selon M. Escarti, a décollé en se servant à la fois d'une batterie et d'une pile à hydrogène, jusqu'à atteindre l'altitude de 1.000 mètres.
Le pilote a ensuite coupé la batterie. "Il a volé tout droit à une vitesse de 100 km/h pendant environ 20 minutes en se servant uniquement de la pile à combustible", selon le communiqué de Boeing. Il s'agit "d'une réussite technologique historique de Boeing", a ajouté John Tracy, soulignant que cette avancée était "pleine de promesses pour un futur plus vert".
Dans moins de 20 ans, porté par la crise du pétrole et le réchauffement climatique, l'hydrogène pourrait devenir une source d'énergie presque ordinaire dans notre vie quotidienne, du téléphone portable au chauffage des bâtiments en passant par les transports, selon les experts. L'hydrogène peut être produit à partir d'une grande variété de sources dont le gaz naturel, le charbon, l'eau ou la biomasse. Il présente notamment l'avantage de ne pas produire de gaz à effet de serre.
Dans deux à trois ans, estiment les spécialistes, les téléphones portables commenceront à être équipés de piles à combustible, l'électricité produite grâce à l'hydrogène permettra de chauffer des bâtiments, et des flottes de voitures commenceront à rouler régulièrement avec cette source d'énergie. Les recherches sur l'hydrogène comme future source d'énergie sont largement avancées dans des pays comme le Japon, l'Allemagne, la France et les Etats-Unis.
General Motors prédit la production de véhicules compétitifs, performants et non-polluants fonctionnant avec des piles à combustible à l'horizon 2010-2012.
Ces progrès, notent les experts, ne doivent pas faire oublier que les obstacles à un développement industriel sont encore nombreux, aussi bien pour réduire les coûts de production que pour créer des infrastructures de transport, de stockage et de distribution.
La Fed aux banquiers: "Spéculez, de toute façon on vous sauvera"
Le monde de la finance, par Nicolas Cori, journaliste à Libération – 02/04/08
J'ai déjà parlé ici ou là de l’aide fournie par la Federal Reserve, la banque centrale américaine, aux banques. Et particulièrement à Bear Stearns, la cinquième banque d’affaires, sauvée de la faillite grâce à un prêt de la banque centrale, rachetée ensuite par JP Morgan. Et de la question posée en terme d’aléa moral.
Aujourd’hui, lors de son discours devant la commission économique du Congrès, Ben Bernanke, le président de la Fed, s’est justifié d’avoir aidé Bear Stearns. Son explication est plus qu’un aveu. En cas de crise financière, dit Bernanke, les règles de la libre concurrence ne s’appliquent plus pour les banques ! Elles ont ainsi pu faire n’importe quoi, pendant des années. Prendre des risques démesurés pour que ses patrons se gavent de stock-options. Elles survivront, de toute façon.
Voici le passage du discours où le patron de la Fed s’explique. A retenir, la prochaine fois qu’un partisan du libéralisme vous expliquera tous les bienfaits de ce système:
"Le rôle de prêteur en dernier ressort, via l’octroi d’une facilité de crédit a été mise en place à la suite de la quasi-faillite de Bear Stearns, une banque d’investissement importante. Le 13 mars, Bear Stearns a prévenu la Fed et d’autres agences gouvernementales que sa trésorerie s’était détériorée et qu’elle s’apprêtait, d’ici quelques jours, à se mettre sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites à moins de trouver d’autres sources de fonds. Cette information a soulevé de difficiles questions en terme de politique publique. Normalement, le marché décide quelles sociétés survivent et quelles sociétés meurent, et c'est ainsi que cela doit être (c’est moi qui souligne).
Cependant, les enjeux soulevés ici dépassaient de loin le sort d’une entreprise. Notre système financier est extrêmement complexe et interconnecté, et Bear Stearns était partie prenante à un nombre important de marchés en difficulté. Avec des conditions de marché difficiles, la faillite soudaine de Bear Stearns aurait conduit à un dénouement chaotique de positions sur ces marchés et aurait pu conduire à une crise sévère de confiance. La faillite de l’entreprise aurait pu entraîner des doutes sur la position financière de milliers de contreparties de Bear Stearns et peut-être de sociétés ayant une activité similaire. En raison de ces pressions exceptionnelles sur l’économie globale et le système financier, les dommages causés par une faillite de Bear Stearns auraient pu être sévères et extrêmement difficiles à contenir (c’est encore moi qui souligne).
En outre, les effets néfastes n’auraient pas été confinés au système financier mais auraient été largement ressentis dans l’économie réelle par le biais des effets sur les valeurs d’actifs et les disponibilités de crédit. Pour empêcher une faillite désordonnée de Bear Stearns, et ses conséquences imprévisibles mais probablement graves pour le fonctionnement du marché et l’économie en général, la Federal Reserve, en accord avec le secrétaire d’Etat au Trésor, a accepté de fournir un financement à Bear Stearns via JP Morgan Chase".
