vendredi 4 avril 2008
Des licenciés invités à se recaser au Brésil ou en Turquie
Ouest-France 04/04/08
La société STAF, une entreprise de textile d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), filiale du groupe italien Sinterama, a envoyé une lettre de licenciement à 7 de ses 34 employés. Elle leur propose de se reclasser au Brésil avec un salaire de 315 € par mois. Ou alors en Turquie… à 230 € par mois.

Les salariés ont une dizaine de jours pour donner leur réponse. Le directeur des ressources humaines de Sinterama a dit «comprendre que la méthode puisse choquer. Mais la loi nous oblige à donner des chances de reclassement aux ouvriers !» Le maire d’une commune voisine d’Hénin-Beaumont demande au conseil général de récupérer les aides publiques versées à Staf.
Enquête - La semaine qui ébranla le Tibet
LE MONDE | 03.04.08 | 14h38
Sylvie Kauffmann, Brice Pedroletti et Bruno Philip (avec Frédéric Bobin)
Tout commence le lundi 10 mars à Lhassa. Au Tibet, le 10 mars est toujours une date sensible : c'est l'anniversaire du soulèvement de Lhassa en 1959. Le 14e dalaï-lama, âgé de 23 ans, avait alors pris la fuite, franchi les cols glacés de l'Himalaya pour se réfugier dans la ville indienne de Dharamsala. Un deuil politique. L'échéance est sensible, pas forcément explosive. Mais ce 10 mars 2008 est très spécial. Les Jeux olympiques de Pékin auront lieu dans cinq mois, les projecteurs de la presse internationale sont braqués sur la Chine scintillante. Pour les Tibétains, c'est une aubaine. Ils entendent bien profiter de ce moment exceptionnel pour faire entendre leur voix.
Combien sont-ils à l'aube de ce lundi ? 200 ? 300 ? 400 ? Il est 6 heures du matin et ils sortent du grand monastère de Drepung, situé à 8 km à l'ouest de Lhassa. Dans un frémissement de robes grenat, les moines prennent le chemin du centre-ville. Aucun slogan politique n'est proféré.
Les bonzes n'exigent qu'une seule chose : la libération de ceux des leurs qui ont été emprisonnés en octobre 2007 pour avoir malicieusement célébré une victoire diplomatique du dalaï-lama. A Washington, le chef spirituel des Tibétains avait alors reçu - des mains de George Bush ! - la médaille d'or du Congrès américain. A Drepung, certains murs du monastère ont, comme par hasard, été repeints en blanc au lendemain de l'événement. Le défi silencieux n'avait pas échappé à la police chinoise. Les meneurs présumés avaient été arrêtés.
Les moines marchent, donc. La petite cohorte ne tarde pas à buter sur un barrage de forces de l'ordre. Face à la haie de boucliers, les religieux s'assoient sur le macadam. Le sit-in dure quelques heures avant que l'assemblée ne se disperse. A ce stade, la police est prudente. Elle a apparemment reçu des consignes de retenue. Au crépuscule, un nouvel attroupement se forme. Au centre-ville, cette fois-ci. Des moines et des étudiants se retrouvent au coeur de la place Barkhor. Ils se déploient en cercle, main dans la main. Policiers en uniforme ou en civil sont présents en masse. Six ou sept manifestants sont embarqués. Le fond de l'air est lourd à Lhassa.
Le lendemain, mardi 11 mars, le ciel au-dessus de Lhassa est toujours aussi bleu, ce bleu pur des altitudes himalayennes, mais le climat est orageux. Des moines de Drepung sortent à nouveau sur la chaussée, galvanisés par les arrestations de la veille. Ils sont aussitôt suivis par d'autres religieux du monastère de Sera, situé à 4 km au nord de la vieille ville. Ces derniers brandissent des drapeaux tibétains. Des incidents éclatent en fin de matinée quand la police chinoise, appuyée par des forces paramilitaires de la police armée du peuple (PAP), décide de disperser les manifestants manu militari. Des grenades lacrymogènes sont tirées, les moines sont frappés à coups de matraque.
Mercredi 12 mars, la tension monte encore d'un cran. Les rumeurs de tentatives de suicide de deux moines de Drepung, qui se seraient tranchés le poignet, enfièvrent les esprits. D'autres moines de Sera auraient entamé une grève de la faim. Dans ce même monastère de Sera, des moines sont battus par la police, rapporte un témoin à la BBC.
Un touriste européen, familier de la Chine et qui était alors en vacances à Lhassa, rapporte qu'à partir de ce moment le quartier tibétain est quadrillé par la police. "Tous les 10 à 15 mètres, en travers du circuit de pèlerinage autour du temple du Jokhang, dans la rue, une table avait été installée avec quatre chaises et des policiers", raconte-t-il au Monde.
Le Jokhang est le coeur du vieux Lhassa, le saint des saints devant lequel se prosternent des dizaines de pèlerins venus parfois des coins les plus reculés du Tibet. Mains jointes au-dessus de la tête, ils s'agenouillent, se jettent sur le sol, renouvellent leurs génuflexions après avoir complété, dans le sens sacré des aiguilles d'une montre, les deux cercles de la circumambulation autour du Johkang.
C'est autour de ce temple que se nouera la tragédie quelques jours plus tard. Au Jokhang, les religieux sont cantonnés au premier étage, où ils vivent. Le jeudi 13, l'un d'eux se penche à une fenêtre et parvient à laisser tomber à des touristes : "Not so good here", selon un visiteur européen.
Le vendredi 14 mars, la mécanique infernale est en place. Après les monastères de Drepung et de Sera, c'est le temple de Ramoche qui entre en action. En fin de matinée, à l'issue de la prière, une marche de moines s'esquisse mais la police la bloque aussitôt. Les religieux s'assoient par terre. Vers 14 heures, le touriste interrogé par Le Monde voit des dizaines de camions militaires filer vers le quartier tibétain. "Les moines ont refusé de bouger, lui explique son guide. La police les a attaqués et les gens ont réagi en mettant le feu à un véhicule militaire." Les "gens" ont donc "réagi".
La grande nouveauté, c'est que les badauds tibétains se jettent dans la mêlée. Des volées de pierres s'abattent sur les boucliers de la PAP qui cède sous l'assaut. C'est l'émeute. La foule en furie gagne la rue de Pékin, l'artère principale qui traverse Lhassa d'est en ouest, puis se répand dans les allées de la vieille ville.
La colère des Tibétains, laïques et moines confondus, se déchaîne contre tout ce qui symbolise des dizaines d'années de colonisation chinoise. Les émeutiers caillassent des camions de la police, s'en prennent aux bureaux de l'agence de presse Chine nouvelle, aux bâtiments de la sécurité publique, au complexe commercial Baiyi, à une mosquée dont la porte flambe. Ils frappent avec violence des Chinois han croisés en chemin, incendient toutes les échoppes appartenant à des non-Tibétains. Une nappe de fumée noire recouvre Lhassa.
Dans ce chaos général, les rancoeurs longuement accumulées entre Tibétains et migrants han ou hui (musulmans), qui détiennent l'essentiel du commerce à Lhassa, explosent en haine nue. L'émeute prend un caractère ouvertement racial. "C'était un déversement de violence ethnique de la nature la plus déplaisante qui soit", a raconté James Miles, correspondant à Pékin de The Economist et seul journaliste étranger présent à Lhassa ce jour-là.
Le correspondant de l'hebdomadaire allemand Die Zeit, George Blum, débarque, lui, le lendemain. Il découvre l'étendue des dégâts en se promenant dans la vieille ville quasi déserte. Il est frappé " par l'ampleur des destructions et les traces d'une violence telle qu'elle a choqué certains Tibétains, pourtant très anti-chinois". Des jeunes ayant participé aux émeutes crânent devant lui. Ils s'écrient : "On leur a montré, aux Chinois, ce dont on était capable !..."
Vendredi et samedi matin, des touristes ont vu des véhicules blindés de transport de troupes équipés de canons sillonner les grandes artères. Ils ont entendu des coups de feu, des rafales de mitraillettes. Mais s'agissait-il de tirs de semonce ? Ou des tirs à vue ? Nul ne sait, les témoignages des étrangers sont auditifs, pas visuels. Certains Tibétains affirment, eux, avoir vu tomber sous leurs yeux des victimes dès vendredi. "La police a tiré sur la foule à balles réelles", rapporte un témoin sur Radio Free Asia.
La répression s'est abattue à partir de samedi midi dans la vieille ville bouclée, fermée, à l'abri de tout regard. Les touristes étrangers ont été pressés de quitter les lieux. On sait que les raids policiers se sont multipliés, que des coups de filet massifs ont eu lieu. Mais on n'en connaît pas les circonstances précises, ni le nombre des éventuelles victimes. Lhassa est devenue une "boîte noire" où le pire est imaginable, mais pour l'instant rien ne peut être prouvé.
Dans cette folle histoire, un autre mystère, très troublant, méritera un jour d'être expliqué : les forces chinoises, pourtant massivement déployées, auront attendu vingt-quatre heures pour "nettoyer" le terrain en employant les grands moyens, laissant les émeutiers piller, brûler et détruire en toute liberté.
Etaient-elles débordées ?
Avaient-elles reçu des consignes de modération afin d'éviter un bain de sang en images, un "Tiananmen" tibétain qui eût été fatal aux JO de Pékin ?
Ou était-ce du machiavélisme consistant à laisser le chaos s'installer en ville - fût-ce au prix de vies "innocentes" - afin de justifier une répression à guichets fermés ?
L'histoire des émeutes de Lhassa reste à écrire.
Mais déjà les regards se portent ailleurs. Il n'y a pas qu'à Lhassa que le Tibet s'est soulevé. La révolte s'est propagée à l'extérieur de la Région autonome, c'est-à-dire hors du Tibet strictement administratif. Dans les régions de peuplement tibétain de l'Amdo et du Kham, rattachées aujourd'hui aux provinces chinoises du Qinghai, du Gansu, du Sichuan et du Yunnan, une trentaine de foyers de protestation ont été répertoriés.
L'univers tibétain, malgré son éclatement administratif et géographique, a réagi de manière solidaire. Dès le 15 mars, des centaines de moines du monastère de Labrang, à Xiahe (province du Gansu), organisent une marche demandant le retour du dalaï-lama, et se heurtent aux boucliers de la Police armée du peuple. Très vite, plusieurs localités de l'Amdo et du Kham connaissent à leur tour des troubles.
Il est difficile de déterminer avec certitude si des manifestants ont été tués par les forces de l'ordre lors de ces mouvements, et combien. Mais dans la préfecture tibétaine autonome d'Aba, dans le nord-ouest de la province du Sichuan, le 16 mars, la protestation dégénère : comme à Lhassa, des commerces chinois, des véhicules ainsi qu'un commissariat sont incendiés. Il n'est fait état d'aucune victime chinoise. Les moines du monastère de Kirti parviennent à récupérer les corps de près de 15 Tibétains tués par balles. Les photos de huit de ces cadavres ne tardent pas à circuler à l'étranger. Il s'agit quasiment des seuls clichés de la répression chinoise.
D'autres incidents graves éclatent le 24 mars à Luhuo (Drango en tibétain), dans la préfecture autonome de Ganzi dans le Sichuan. Le Monde a obtenu le témoignage d'un Tibétain originaire de la région. "Ce sont les nonnes qui sont descendues les premières dans la rue, le 24 mars vers 16 heures, raconte-t-il. Leur monastère, Ngyoe-go, est à une dizaine de kilomètres de la principale ville du district. Elles ont défilé en demandant le retour du dalaï-lama. La police armée les a bloquées et les a fait monter dans des camions pour les ramener au monastère. Les moines du monastère de Chokri, plus près, sont descendus à leur tour vers la ville. Ils ont été suivis par de nombreux villageois. Les policiers ont voulu leur interdire l'accès aux bâtiments officiels. Les gens chantaient, demandaient la liberté pour le Tibet et le retour du dalaï-lama. Puis des heurts auraient eu lieu. Des cailloux ont été lancés vers les policiers. Après, les Chinois ont dit qu'un policier avait été tué par une pierre, mais personne ne l'a vu. La police a tiré. Un jeune moine est mort. Un villageois aurait aussi été tué mais, là, ce n'est pas clair. Le soir même, les forces de police sont montées au monastère des nonnes, les ont fait mettre à genoux et les ont toutes arrêtées, sauf les plus âgées."
Ces incidents de Luhuo surviennent dans un climat déjà très lourd. Comme partout ailleurs dans les zones tibétaines, les nerfs y sont à vif depuis des mois. La perspective des Jeux olympiques a conduit les autorités à durcir leur contrôle. Dans les marches des régions tibétaines du Sichuan, l'envoyé spécial du Monde a pu constater combien la population était attachée au dalaï-lama. Et combien était profond le désarroi de le voir "errer si loin de son territoire" à un âge de plus en plus avancé. Bien avant le soulèvement de mars, les appels à un retour du dalaï-lama, émanant de moines ou de nomades, avaient nourri une tension récurrente.
Lors de la campagne d'"éducation patriotique" lancée en septembre 2007 dans toute la préfecture tibétaine de Ganzi, au Sichuan, les policiers et les officiels étaient passés de monastère en monastère pour obliger les moines à dénoncer le dalaï-lama.
Afin de s'y dérober, à Batang, raconte un témoin, les moines sont tous partis "en vacances", ne laissant sur place que le responsable du "comité de direction démocratique" qui, dans chaque monastère, est censé être aux ordres du parti. A leur arrivée, ce moine leur a montré le monastère vide et leur a déclaré : "Pourquoi n'essayez-vous pas de faire manger du porc à des hui (musulmans chinois) ? Si vous y parvenez, alors nous renoncerons au dalaï-lama."
La colère couvait. Il a suffi de l'étincelle de Lhassa pour embraser les esprits.
Opération «il a changé»
Par Daniel Schneidermann - Libération - vendredi 4 avril 2008
Comme ils aimeraient que ça marche ! Comme ils aimeraient, après le grand frisson du plongeon dans les montagnes russes sondagières, qu’il regagne le terrain perdu, qu’il rebondisse, qu’il remonte. La chute vertigineuse, le frisson, les angoisses, ça va bien un peu. Mais pas trop. Pourquoi aimeraient-ils qu’il remonte ? Pour renouveler l’intérêt du feuilleton, plus attrayant à tout prendre que les plans de rigueur ? Pour se retrouver en sécurité, en terrain connu ? Allez savoir. Mais comme ils aimeraient qu’elle marche, l’opération «il a changé».
Puisqu’on vous le dit, qu’il a changé ! Fini, le bling-bling. Comme l’Express, définitivement dopé au carlabrunisme, aimerait prolonger le rêve ! Après avoir battu ses records de vente avec la première interview de Bruni, l’hebdo tente de doubler la mise, et annonce, en couverture, une «enquête sur un couple au pouvoir», enquête dont les points forts sont aussitôt relayés par la zélée revue de presse d’Europe 1. Adoncques, «elle» lui a dit : «laisse dix secondes à tes interlocuteurs». Adoncques, «elle» a chassé le méchant Benamou de la Villa Médicis «en montrant à son conjoint la presse italienne relatant l’ampleur de l’émoi local». «Elle» a réussi le prodige de réunir pour son anniversaire les deux ennemis Martin Bouygues et Vincent Bolloré. «Elle» l’a emmené visiter le logement «précaire et exigu» d’une famille africaine qu’elle connaît, pour qu’il se rende compte de ses conditions de vie (Martin et Vincent en étaient ?) Et surtout, attention, elle «l’a alerté de quelques réflexions entendues sur le coût de la vie». Lesquelles ? Accrochez-vous, elle lui a cité une puissante réflexion de Gad Elmaleh : «comment s’appellent les gens qui ne mangent pas de viande ? Les pauvres». On croit lire un article comique. Mais non. C’est bien une enquête, fort sérieuse, de l’Express. Et qui ne risque même pas de décrocher la noix d’honneur du Canard, puisque, toujours selon l’Express, «elle» a même invité à déjeuner un rédacteur en chef… du Canard enchaîné. Elle «a préparé le repas, elle a servi à table». Elle l’a reçu «en pull-tunique et en collant». Et le journaliste est resté «absolument sous le charme». Puisque c’est l’Express qui vous le dit ! Comme on aimerait, donc, que tant d’efforts se traduisent dans les sondages.
Alléluia ! On sent un frémissement. C’est le duo le Figaro-Opinionway qui, dès la semaine dernière, porte le premier la bonne nouvelle. «58 % des Français trouvent que le style Sarkozy a changé en bien» , titre le journal de Serge Dassault sur une pleine page. Sauf que, en observant de plus près le sondage en question, on se rend compte que les mêmes Français ne sont que 49 % à trouver qu’il a changé, tout court. Tiens ! Comment 58 % peuvent-ils penser qu’il a changé en mieux, si seulement 49 % pensent qu’il a changé ? La réponse, cher lecteur du Figaro, est dans les petits chiffres. Ces 58 % de sarko-convertis se recrutent… à l’intérieur du groupe des 49 %. Et cela ne fait plus que 28 % d’approbation du nouveau style, calcule le blogueur Guy Birenbaum, qui soulève le lièvre. Pris sur le fait, le journal rectifiera le lendemain. Dans une brève de huit lignes, selon la meilleure tradition.
Comme ils aimeraient qu’il change ! Si elle pouvait marcher, l’opération Bruni. On misait tant sur la séquence Windsor. Comme on aimerait qu’elle soit réussie ! Match, comme prévu, dégaine seize pages de robes longues, et enquille bibi, révérence, dîner de gala, princes vampés, aucune gaffe. Les Anglais sont conquis, ils sont carlamaniaques, tympanisent les médias français. Si seulement Opinionway pouvait sonder les Anglais ! Séduits ? Ce que ne chante pas le concert français, c’est que plusieurs quotidiens anglais, sacrilège, ont fait des gorges chaudes des talonnettes présidentielles, opposées aux talons plats de la first lady, et qu’ils n’ont succombé au charme de Carla, que pour mieux moquer effrontément la petite taille de Nicolas. Quant aux scènes qui ne cadrent pas avec l’abandon du bling-bling, le plus simple est de ne pas les montrer aux Français. Ainsi de l’ébouriffante prestation du couple devant les Français de Londres. «Mesdames et Messieurs, vous avez chaud ?» demande en arrivant Sarkozy, hilare, aux expatriés rassemblés pour l’entendre. La salle : oui ! Sarkozy : «OK». Et Bruni, parfaitement synchronisée, de dévoiler ses bras nus, en enlevant son manteau, et en le tendant à un portemanteau nommé Kouchner. Rires gras et applaudissements dans la salle. On ne l’a pas vue, celle-là, hormis tard le soir, sur France 3, et sur I-Télé. Aucun des deux 20 heures ne l’a diffusée. Diable : elle ne cadrait pas. Elle risquait de faire capoter l’opération «il a changé». Si ça pouvait marcher !
On essaie toujours et encore une fois d’éblouir le bon peuple en cérémonies aussi coûteuses que royales. Il oublierait un peu la dette et les fins de mois difficiles….
Nicolas Sarkozy à Nantes : discours et Manifestations
Ouest-France – 04/04/08

En marge de la visite du Président de la République au 62e congrès de la FNSEA, à Nantes, le 2 avril, étudiants en carrières sociales et agriculteurs ont manifesté.
Dès 10 h, une soixantaine d'agriculteurs de l'Adeca* se sont rassemblés à Treillières, une des communes concernées par le projet du futur aéroport. Leur objectif : se rendre à Nantes en convoi pour tenter de rencontrer un membre du cabinet de Nicolas Sarkozy. Ils en ont été empêchés.
Les agriculteurs de l'Adeca (Association de Défense des Exploitants Concernés par l'Aéroport) sont fermement opposés au projet d'aéroport du Grand Ouest.

La loi de 2006 dite pour « l'égalité des chances » instaure une gratification des stages de plus de trois mois de 398,13 euros par mois ( !) , seulement pour les stagiaires du privé ne bénéficiant pas des assedics. Les étudiants en CIF (congé individuel de formation), n'ont pas droit à cette gratification. Ceci entraîne une discrimination entre les étudiants pour l'accès aux stages. Beaucoup d'entre eux ne pourront donc pas valider leur formation. Ainsi, sous couvert « d'égalité des chances », l'Etat oeuvre à diminuer drastiquement le nombre de travailleurs sociaux. Ceci fait partie intégrante de la politique actuelle d'économie sur la santé, le social, l'éducation, au profit du patronat (exonérations de charges, cadeaux fiscaux...) et de l'appareil répressif (police, armée, pénitentiaire...).
Englué dans le fioul, Paimboeuf broie du noir
Ouest-France – 04/04/08 - Christophe JAUNET

Les vieux quais et le port de Paimboeuf sont transformés en immense chantier de nettoyage. De la toile blanche a été tendue sur les quais pour les protéger d'un nouvel arrivage de fioul. : Photo hilippe Chérel
Le sort s'acharne sur ce port de l'estuaire de la Loire, souillé par la pollution. Cette nouvelle catastrophe brise une dynamique touristique naissante.
« À Paimboeuf, la Loire offre un spectacle de tous les instants. » La plaquette touristique vante une cité portuaire de 3 000 habitants, aux façades de maisons colorées. Mais, depuis trois semaines, le tableau a viré au noir, sali par des tonnes de mazout. Échappé de la raffinerie Total, à Donges, juste en face, rive droite, il s'est échoué dans ce qui était l'avant-port nantais au XVIIe siècle.
Sur les quais, les nettoyeurs n'ont pas chômé mais cette « catastrophe » laisse déjà des traces indélébiles. De la grogne aussi. « On est toujours dans les bons coups », ironise un pêcheur, bloqué à terre depuis vingt jours.
Promenades sur le fleuve et art contemporain
« On n'avait vraiment pas besoin de ça ! », soupire le maire, Michel Bahurel. Cette pollution n'est que le énième épisode d'une série noire. En 1998, la société Octel-Kuhlmann, qui employait 130 personnes, s'en va, laissant un site pollué au plomb, toujours en friche. Faute de fret, la gare ferme aussi. L'an dernier, la ministre de la Justice annonce la fin du tribunal d'instance.
« On a voulu gommer l'image de ces fermetures », plaide Michel Bahurel. La biennale d'art contemporain Estuaire 2007 a attiré, ici, 30 000 visiteurs. Le réaménagement des quais est planifié. Des promenades sur le fleuve sont organisées, de même que des visites théâtralisées de la ville ou la reconstruction d'une chaloupe. « Cette pollution est d'autant plus injuste que nous avions enclenché une nouvelle dynamique, tournée vers l'estuaire, autour du projet de port pêche et plaisance qui sera mis en service en 2011. » L'investissement s'élève à 20 millions d'euros.
« Mais, maintenant, quel propriétaire de bateau prendra le risque de s'amarrer à Paimboeuf, face au risque Total ? », se désole le maire, fatigué et abattu. « C'est comme un cycliste qui pédale et chute brutalement parce que sa chaîne se casse... On vient de nous casser la chaîne. » L'élan est brisé, la confiance aussi. « On a plus que mal au coeur. Pour réparer, ça sera long. Tout est à reconstruire. » Les dégâts matériels, bien sûr mais aussi l'image noircie.
Michel Bahurel a porté plainte contre le pollueur. « On sent du mépris de la part de Total. Pas ici, à la raffinerie mais plus haut... » Malgré l'exaspération et la colère, le maire est prêt à travailler « à l'amiable » avec le raffineur pour éviter une longue procédure. « Des habitants estiment que Total, pour se faire pardonner, devrait nous payer notre port de plaisance. C'est pas réaliste. En revanche, Total peut nous aider à relancer la machine. »
La question de la sécurité dans l'estuaire, où cohabitent industries et nature fragile, s'impose aussi. Paimboeuf exige d'être protégée.
Salaires à la traîne, grogne à la hausse
Ouest-France – 04/04/08 - Hervé BABONNEAU
Certes, on est loin du Grand Soir. Mais il n'y a pas de jour sans grèves pour décrocher de meilleures rémunérations. Et mieux passer les fins de mois.
Environ 15 % des 1 500 salariés de Mondial Assistance en étaient, hier, à leur quatrième jour de grève pour de meilleurs salaires. Les mobilisations pour la paye se multiplient dans le privé. Certaines durent, les résultats sont inégaux. Les grévistes des brioches Pasquier, près de Cholet, ont tenu huit jours avant d'empocher 3,2 % de plus. Ceux des bus d'Alençon dont dû se contenter de 2,4 %, etc.
Aucun secteur n'est épargné. La grande distribution s'est exceptionnellement mobilisée, le 1er février. Elle en retire, aujourd'hui, quelques bénéfices (plus 3,2 % chez Carrefour). Même L'Oréal a été touché. La grogne persiste dans l'informatique, dans la banque (Crédit du Nord, hier).
La baisse de pouvoir d'achat ressentie par les Français alimente les mécontentements. Sans que les syndicats ne les agglomèrent. Même si l'inquiétude et les récriminations sont diffuses et qu'elles nourrissent les conversations au bureau, au bistro, en famille.
La baisse du chômage, dont l'ampleur est contestée, n'a pas totalement éclairci l'horizon des Français. Au contraire, elle a dégagé la route des revendications salariales. Aujourd'hui, les sondages se suivent et se ressemblent : les salaires arrivent en tête des préoccupations, largement en tête devant l'emploi et le temps de travail.
Coût du logement, explosion des prix à la pompe, envolée des prix des produits de grande consommation... Les nuages s'accumulent. Nombre de salariés, pas seulement ceux qui naviguent autour du Smic, n'arrivent plus à joindre les deux bouts. Sans parler des petits retraités qui ont des pensions misérables, ils ont été simplement oubliés.
Maigrelette, pharaonique...
Alors, comment encaisser les cent milliards d'euros de bénéfices 2007 des entreprises du Cac 40 quand on rame pour une prime maigrelette ? Comment digérer les rémunérations (et primes de départ après un échec) pharaoniques de certains patrons quand la fin de mois se joue à quelques dizaines d'euros ?
Tout cela sans que le politique n'apporte de réelles réponses. Nicolas Sarkozy a martelé sa volonté d'être le président du pouvoir d'achat durant sa campagne électorale mais les caisses sont désespérément vides. Et la rigueur pointe le bout de son nez, déguisée en plan de « modernisation des politiques publiques », dévoilé ce vendredi.
Cela ne consolera pas les Français mais ils ne sont pas les seuls à souffrir du porte-monnaie et à pâtir d'un ralentissement économique venu des États-Unis. À la fin mars, la hausse des prix a grimpé jusqu'à 3,5 % sur douze mois dans la zone euro. De quoi inciter la Confédération européenne des syndicats à tenter de fédérer l'exaspération. Le rendez-vous est fixé, à Ljubljana, en Slovénie, samedi.

La " voie du milieu " du dalaï-lama
LE MONDE | 03.04.08 | 14h38
Le dalaï-lama pèse toujours ses mots. Il a donc dû les choisir avec soin, ce lundi 10 mars, quand il décoche de Dharamsla (Inde), où il vit en exil, une critique d'une rare virulence de la politique de Pékin au Tibet.
Il sait que son discours est très attendu en ce 49e anniversaire du soulèvement de Lhassa, la révolte matée qui a précipité sa fuite en Inde. Il sait aussi qu'en cette période préolympique, son verbe est guetté. Alors, il prononce cette phrase terrible : le régime chinois, dit-il, se rend coupable au Tibet de "violations des droits de l'homme énormes et inimaginables".
Inimaginables ! Est-ce le mot qui a soulevé les moines de Lhassa ? On peut en douter, tant la colère couvait depuis longtemps. En tout cas, le chef spirituel des Tibétains n'"imaginait" probablement pas que Lhassa s'embraserait, au propre comme au figuré, le vendredi 14 mars.
Au lendemain de la flambée de violences, il a l'air accablé. Lors d'une conférence de presse, lundi 17 mars, devant les médias internationaux qui affluent à Dharamsala, il s'avoue "très, très inquiet". Il admet son "impuissance" à enrayer ce qu'il appelle un "mouvement populaire". Le lendemain, il dit même envisager de "démissionner" si les violences persistent.
Le dalaï-lama est écartelé. Sa "voie du milieu", cette ligne modérée qui le conduit à réclamer l'autonomie et non l'indépendance du Tibet, est malaisée. Il est en butte à la radicalisation d'une frange militante de la jeunesse tibétaine en exil qui dénonce ses compromissions. Il s'efforce à grand-peine de calmer cette nouvelle génération de plus en plus remuante.
Simultanément, il cherche à maintenir ouverte la porte d'un éventuel dialogue avec Pékin. Son émissaire, Lodi Gyari, s'était rendu en Chine à six reprises de 2002 à 2007 pour de vaines discussions. Depuis, le contact est rompu. Pékin taxe le dalaï-lama d'"insincérité", estimant que son plan d'autonomie n'est que l'habillage d'une indépendance non déclarée.
Après les violences de Lhassa, le dalaï-lama réitère son appel au dialogue. En échange, il n'essuie que diatribes. Les plus hauts dirigeants chinois l'accusent d'avoir "fomenté" les troubles de Lhassa pour "saboter" les JO de Pékin. La palme de l'injure revient à Zhang Qingli, le patron du Parti communiste du Tibet, qui le dépeint comme "un chacal habillé d'une robe de moine, un monstre à visage humain".
Pour autant, il n'est pas exclu que Pékin rouvre discrètement certains canaux de communication pour apaiser la pression des Occidentaux avant les JO de Pékin. Après, il sera moins impératif de faire bonne figure.
Un de vos voisins a sûrement besoin de vous !
Aujourd'hui avec le soutien des Pouvoirs Publics Atanase Périfan lance l’Association "Voisins Solidaires" afin de prolonger tout au long de l’année l’esprit de convivialité de la "Fête des Voisins".
L'association Voisins Solidaires a pour objectif de développer les petits services et l'entraide de voisinage ainsi que renforcer les solidarités de proximité, en complément des solidarités familiales et institutionnelles.
UN OBJECTIF AMBITIEUX DANS 5 ANS : 1 million de Français "VOISINS SOLIDAIRES"
Les Indégivrables : Solidarité ...

Le gouvernement va transférer des cotisations chômage vers les retraites
03/04/08 - Les Echos
Le gouvernement va "baisser les cotisations chômage et augmenter à due concurrence les cotisations retraite", annonce le ministre du Travail Xavier Bertrand dans un entretien à paraître vendredi dans le quotidien La Croix.
"Nous constatons que les comptes de l'assurance-chômage reviennent à l'équilibre plus rapidement que prévu (...) Nous allons baisser les cotisations chômage et augmenter à due concurrence les cotisations retraite de façon à ne pas créer de prélèvement nouveau", indique Xavier Bertrand, interrogé sur de nouvelles sources de financement envisagées pour le système de retraites.
Le principe de ce transfert est évoqué dans l'exposé des motifs de la réforme des retraites de 2003, dite loi Fillon, et justifié notamment par la baisse du taux de chômage.
Le régime d'assurance chômage, auquel sont affiliés près de 17 millions de salariés, a terminé l'année 2007 avec un excédent de 3,519 milliards d'euros. Pour 2008, un nouvel excédent est prévu, à 4,602 milliards d'euros. Quant à la dette accumulée par le régime, elle pourrait être épongée en 2009. Les partenaires sociaux, qui doivent prochainement négocier sur la future convention d'assurance chômage, sont divisés sur ce principe du transfert de cotisation.
Alors que la CFDT y est favorable, d'autres syndicats comme la CGT et FO y sont hostiles, jugeant que la priorité est d'utiliser ces excédents pour améliorer l'indemnisation et le suivi des chômeurs. Le Medef n'y est pas favorable non plus.
Xavier Bertrand, évoquant les faibles résultats obtenus en matière d'emploi des seniors, affiche par ailleurs son intention de mettre en place des "mesures énergiques, pénalisantes financièrement pour les entreprises récalcitrantes". Il a aussi réaffirmé que le pays avait "besoin des 41 ans de cotisation" pour une retraite à taux plein "à l'échéance de 2020", un allongement auquel s'oppose actuellement l'ensemble des syndicats.
Interrogé sur un éventuel projet de supprimer le Fonds de réserve des retraites (FRR), mis en place en 1999 pour faire face à partir de 2020 aux besoins de financement des retraites de base du privé, le ministre n'a pas indiqué clairement son intention.
"Ce fonds n'a jamais été abondé suffisamment car dès l'origine on a détourné une partie de ses excédents pour financer les 35 heures", a-t-il estimé. "Le fonds de réserve est prévu pour l'après 2020 mais comment fait-on avant ?", s'est-il interrogé. M. Bertrand a par ailleurs assuré qu'il n'était "pas pensable de faire disparaître" le dispositif de départ en retraite anticipée pour les salariés ayant eu des carrières longues.
Pour les chômeurs les caisses seront vides ...

