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-:¦:- Information Non-Violence, Environnement TERRE -:¦:- "Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent" Lucie Aubrac

jeudi 3 avril 2008

Passage de la flamme - J-M Ayrault (PS) veut le drapeau tibétain sur le fronton de l'Assemblée lundi

TV5 PARIS (AFP) - 03/04/2008 11h36

Le président du groupe PS Jean-Marc Ayrault a demandé jeudi au président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer (UMP), que le drapeau tibétain soit déployé sur le fronton du Palais-Bourbon lundi à l'occasion du passage de la flamme olympique à Paris.

"J'ai écrit au président Bernard Accoyer afin qu'il fasse arborer les couleurs du Tibet au fronton de l'Assemblée nationale le jour du passage de la flamme", annonce M. Ayrault, au nom des députés PS, PRG et apparentés (205 élus), dans un communiqué.

"Nous souhaitons que la représentation nationale exprime son soutien" aux Tibétains, "ces hommes courageux qui luttent contre l'oppression" chinoise, souligne-t-il.

A quelques mois des jeux Olympiques de Pékin, la flamme olympique entamera lundi son périple parisien depuis le premier étage de la Tour Eiffel. Elle passera notamment le long de la Seine, devant l'Assemblée nationale.

"Malgré l'approche des jeux Olympiques de Pékin et les multiples pressions internationales, les autorités chinoises s'obstinent dans cette funeste voie. Elles viennent ainsi de condamner Hu Jia, figure emblématique du combat pacifique pour l'amélioration de la situation des droits de l'Homme dans le pays, à trois ans et demi de prison", écrit M. Ayrault dans sa lettre à M. Accoyer, communiquée à l'AFP.

"Le passage de la flamme étant un moment hautement symbolique, il nous paraît inconcevable que la représentation nationale française n'exprime pas, à cette occasion, son attachement aux valeurs universelles des droits de l'Homme et son soutien aux victimes du régime chinois", insiste-t-il.

Le député-maire de Nantes a déjà fait pavoiser, fin mars, sa mairie aux couleurs du Tibet. Le dalaï lama est attendu à Nantes du 15 au 20 août pour sa conférence pastorale, où il doit être accueilli par M. Ayrault.

Le groupe d'études sur la question du Tibet de l'Assemblée a plus que doublé ses effectifs après la répression chinoise à la mi-mars à Lhassa, passant de 62 à 130 membres, députés de gauche comme de droite, selon son président Lionnel Luca (UMP).

Ce groupe Tibet se prépare à participer aux manifestations de soutien au peuple tibétain lors du passage de la flamme olympique.

J_M_Ayrault

Jean-Marc Ayrault Maire de Nantes  Président du Groupe Socialiste à L'Assemblée

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Nicosie - Ouverture ?

Check-list : Le Monde 03/04/08

La clôture métallique fermant l'accès au no 
man's land côté chypriote-grec de Nicosie  a été
démantelée.

Nouveau passage à Nicosie


La clôture métallique fermant l'accès à la rue Ledra, principale artère traversant la capitale mais scindée en deux depuis 45 ans, a été déposée avant l'aube.

Ce passage entre secteurs grec et turc devait ouvrir à 6h GMT.

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J.O. La Chine appelle les Parisiens à "respecter "la flamme olympique

NOUVELOBS. | 03.04.2008 | 13:04

Le ministère des Affaires étrangères chinois espère que "rien ne perturbera ou portera atteinte à la flamme olympique" lors de son passage dans la capitale, le 7 avril. La mairie de Paris compte déployer une banderole avec le message "Paris défend les droits de l'Homme partout dans le monde". 

La Chine a appelé les Parisiens à respecter la flamme olympique lors de son passage dans la capitale lundi 7 avril. Pékin condamne ainsi implicitement la décision du maire Paris de déployer une banderole en faveur des droits de l'Homme.
"Le passage de la flamme à Paris est la gloire et l'honneur des Parisiens. C'est une opportunité pour eux de montrer leur amour pour l'esprit olympique", a déclaré la porte-parole du ministère des Affaires étrangères Jiang Yu, affirmant espérer que "rien ne perturbera ou portera atteinte à la flamme olympique"

"Vous avez bien compris" - Interrogée pour savoir si la décision du maire Bertrand Delanoë de déployer une banderole sur sa mairie avec le message "Paris défend les droits de l'Homme partout dans le monde" constituait une "perturbation ou quelque chose qui porte atteinte au passage de la flamme", elle a répondu: "Vous avez bien compris".
Auparavant, elle s'en était pris à ceux "qui perturbent et sabotent le passage de la flamme".
"C'est une provocation et un défi pour les peuples du monde entier", a affirmé Jiang Yu.

Valeurs -  "Il y aura une banderole "Paris défend les droits de l'homme partout dans le monde" sur l'Hôtel de Ville", avait indiqué Bertrand Delanoë, mercredi, lors d'une conférence de presse consacrée au passage de la flamme olympique.
Bertrand Delanoë a ajouté que les valeurs de Paris étaient "celles de l'humanité et des droits de l'homme", avant de lancer un
"salut à tous les peuples qui ont tous le même droit à la dignité, je pense notamment au peuple tibétain."

"N'oubliez pas la réalité du Tibet" - Reporters sans frontières (RSF) prévoit, de son côté, des actions de protestation lors du passage de la flamme olympique à Paris lundi, a annoncé son secrétaire général Robert Ménard, avant la tenue d'une conférence de presse de présentation du parcours, mercredi, à la mairie de Paris.
"On avait proposé qu'à côté du coureur de la flamme courre un deuxième coureur avec notre t-shirt [avec impression des anneaux olympiques remplacés par des menottes, NDLR], mais ils ont refusé. On va le faire quand même mais ce ne sera pas en bonne intelligence avec eux comme nous l'aurions souhaité", a précisé Ménard.


"Chaque fois que la flamme traversera une ville, on sera là pour dire "n'oubliez pas la réalité du Tibet, n'oubliez pas la réalité de la Chine", a-t-il ajouté sans donner de précisions sur les actions envisagées.
"On demande aux politiques de ne pas aller le 8 août à la cérémonie d'ouverture des Jeux, parce que ce sera la vitrine politique des Jeux", a-t-il encore répété. "Le mouvement olympique subit une pression terrible de la part des Chinois, mais c'est à eux de prendre leur responsabilité".

’  L’amour’’ des jeux olympiques : subitement résonne ce mot étrange ... ?

Tout comme la Chine ne veut pas que l’on s’occupe de ses Affaires intérieures

Qu’elle laisse  donc les citoyens français faire ce qu’ils jugent démocratique … !

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NANTES - La manif n'a pas vu « Sarko », lui non plus n'a pas vu les manifestants

Notre reportage photos

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« On restera là tant qu'il sera pas arrivé ! » « Il » c'est Nicolas Sarkozy. Et celle qui parle est une étudiante, future travailleuse sociale. Près de la Cité des congrès de Nantes, elle manifeste ce matin avec 250 autres copains et, surtout, copines, pour protester contre l'impossibilité de trouver des stages ayant une gratification à la clé, « puisque l'État n'assume pas ». « Le problème, tempête une autre, c'est que ces stages sont in-dis-pen-sa-bles pour valider nos diplômes ! »

Mais ces manifestants ne verront pas Nicolas Sarkozy. Alors qu'ils attendent patiemment son arrivée, le président est déjà furtivement passé. Il parle à la tribune du congrès de la FNSEA. Pas de bain de foule ni de séquence de serrages de mains avec les Nantais. Le déplacement présidentiel s'est déroulé dans une zone blanche, aussi neutre et internationale qu'une salle d'embarquement d'aéroport. Un périmètre de sécurité avait été dessiné au compas trois cents mètres à la ronde autour de la Cité des congrès. Policiers, CRS et gendarmes mobiles tenaient les postes frontières.


Banderoles interdites -
Si les manifestants en colère n'ont pas pu voir Nicolas Sarkozy, Nicolas Sarkozy n'a pas davantage aperçu les manifestants (auxquels se sont greffés des anti-OGM). L'oeil présidentiel a été tenu à l'écart de l'attroupement et de ses banderoles amères. Au moment où le convoi escorté par des motards approchait, les CRS ont déplacé vite fait, à la force du bras, les étudiants allongés à un carrefour proche de la Cité des congrès. Une jeune fille, qui ne voyait pas en quoi elle pouvait gêner, a reçu un jet de gaz lacrymogène. Un bref mouvement de foule a suivi. Le travailleur social n'est pas du genre à en découdre. Il a tourné les talons illico. « Ils pourraient prévenir quand même, on aurait reculé ! » pestait une jeune fille.

Las ! Tout ça, « c'est pas bon pour le commerce » disait, pliant des serviettes, la patronne d'un bistrot désert empêtré dans le périmètre protégé. Pas mieux pour les habitants. On en trouvait pour se plaindre de ne pas avoir pu rentrer chez eux tant que la visite présidentielle n'était pas achevée. Qu'on se rassure pour eux, le désagrément fut bref. À l'image du déplacement.

Thomas HENG (avec Yves AUMONT).

500 enseignants devant l'Inspection Académique, à Nantes

Suppression de postes, mais aussi nouveau programme, organisation du temps scolaire... 500 manifestants, enseignants et parents d'élèves, se sont rassemblés devant l'Inspection Académique ce mercredi . Ils ont remis une énorme boite contenant une centaine de lettres dans lesquels ils rejettent les propositions du ministre Darcos.

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Otan : fin de partie ?

Politis jeudi 27 Mars 2008

En prélude au prochain sommet de l’Otan de Bucarest, début avril, un millier d’activistes pour la paix venus de 17 pays ont tenté de pénétrer le quartier général de l’Otan à Bruxelles, le 22 mars. L’un d’eux, qui souhaite rester anonyme, revient sur l’action pour Politis.

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Le message du jour est clair : « Faisons disparaître les armes nucléaires. Prévenons les guerres, ou arrêtons-les. Cessons d’offrir en Europe des plates-formes logistiques à l’armée des Etats-Unis. Faisons entendre aux dirigeants de nos pays la voix de la majorité opposée à leurs accords, secrets ou non. Mettons en cause l’existence de l’Otan ! »

Malgré la présence de très nombreux policiers, 50 à 70 activistes ont réussi à pénétrer sur la base de l’Otan de Bruxelles. Alors qu’en aucun cas avéré, les activistes ne se sont montrés violents, la police s’est conduite de façon exceptionnellement brutale : trois hospitalisations, des morsures de chien, matraques, canons à eau, spray au poivre… et plus de 500 arrestations !

L’action : une désobéissance civile… sélective - Parmi ceux qui ont tenté d’escalader la clôture et les barbelés, une majorité s’essayait pour la première fois à la contestation active, sans formation ni expérience préalable. L’engagement à la non violence aura suffi pour leur donner une règle commune respectée. L’objectif immédiat, l’entrée des activistes sur la base de l’Otan, a pu être atteint au-delà de l’attente des organisateurs, grâce au nombre des participants qui a surpris et débordé la police.

Entrer sur un territoire international (c’est le statut de la base de l’Otan) ou sur celui de la base de l’armée belge —voisine de celle de l’Otan— constitue selon le droit belge un délit. C’est du point de vue des activistes non violents un cas de désobéissance civile : ceux qui s’y décident transgressent une loi nationale, en se référant au droit international et au droit humain.

Néanmoins, les organisateurs ont dit et répété que cet acte n’était aucunement un devoir. Tout participant est resté libre d’y renoncer à la dernière minute ou de préférer une promenade littéraire animée par des écrivains autour de la base.

NATO Game Over, du nom donné à l’action, a offert aux organisateurs et aux participants un franc succès, relayé par les médias belges et internationaux présents.

Ce n’est pas une victoire pour autant : l’Otan restera probablement « de la partie » après son grand sommet, organisé à Bucarest du 2 au 4 avril. En revanche, l’engagement pour la paix persiste, qu’elle obtienne ou non la victoire, au-delà de la réussite de la mobilisation. C’est une des plus belles promesses de cette action.

Les activistes non violents - Depuis plus de quarante ans, l’Otan est l’objet d’une opposition non violente. Évidemment, cette opposition évolue, elle aussi, compte tenu du changement du monde et de la signification de l’armement, notamment nucléaire.

Soulignons-le, parmi les seize groupes étrangers qui se sont joints aux Belges, on a vu des citoyens de Macédoine et d’Israël, comme des Finnois et des Espagnols. À première vue, l’intérêt national des participants n’est donc pas déterminant : les Allemands contribuent aux frais de fonctionnement de l’Otan ; pour les Français, ce n’est pas le cas.

Pourtant, ils sont présents en nombre comparable. Parmi les activistes non violents, on a pu observer une grande diversité d’orientations et de sensibilités. Nous avons rencontré des anti-militaristes, mais aussi des écologistes ou des altermondialistes. Il en était de même de la répartition de l’âge des participants : un tiers de moins de 30 ans, un tiers de moins de 55 et un dernier tiers de plus de 55 ans.

L’Otan - L’Organisation du traité de l’atlantique nord, créée en 1949 contre l’Union soviétique et ses alliés (membres dès 1955 du Pacte de Varsovie), est un héritage de la Guerre froide.

Alors qu’on aurait pu s’attendre à sa disparition après la fin de cette période, l’Otan compte désormais parmi ses membres des pays qui n’en faisaient pas partie en 1989. L’organisation considère désormais l’intervention militaire partout dans le monde comme l’une de ses tâches principales.

Ainsi, elle apporterait la liberté et la démocratie par les bombes en Afghanistan ! Sans elle, la guerre d’Irak, commencée il y a cinq ans pour des motifs qui se sont avérés inexistants, serait impossible.

Du point de vue du droit international et à plus forte raison selon les droits humains, l’existence de l’Otan et la présence de l’Otan en Belgique peuvent être tenues pour illégitimes.

A la veille du sommet de l’Otan, sa remise en cause est particulièrement importante.

Voir aussi  www.nonaumissileM51.org

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Afghanistan - Désinvolture

Edito du Monde | 02.04.08

La République est décidément fâchée avec le Parlement. Le général de Gaulle avait voulu le "rationaliser". Lui-même et ses successeurs à la tête de l'exécutif l'ont en réalité vassalisé depuis un demi-siècle. Le débat sur l'Afghanistan vient d'en apporter la regrettable confirmation : en une petite heure, les parlementaires français ont été informés par un premier ministre en service commandé que la France allait envoyer "quelques centaines de soldats supplémentaires" dans ce pays, pour renforcer les 1 600 militaires français - et les quelque 50 000 soldats de l'OTAN - présents sur ce théâtre d'opérations depuis plus de six ans.

Les parlementaires ont trois bonnes raisons, au moins, de s'être sentis traités par-dessus la jambe. Tout d'abord, ils ont été les derniers informés, puisque Nicolas Sarkozy avait donné la primeur de sa décision au Parlement britannique, lors de sa visite à Londres la semaine dernière. Le renforcement de l'entente franco-britannique ne justifiait certainement pas un camouflet aussi cinglant.

En second lieu, le chef de l'Etat et le premier ministre n'ont pas jugé nécessaire de demander un vote du Parlement. Etonnante désinvolture à l'égard de la représentation nationale. Sans même rappeler le précédent de 1991, où le Parlement avait été invité à se prononcer sur la participation française à la guerre du Golfe, chacun sait que le projet de révision constitutionnelle en préparation, sur la base des propositions de la Commission Balladur, envisage précisément l'obligation de consulter le Parlement sur tout engagement extérieur des forces françaises au-delà de six mois. Il eût été de bonne politique d'anticiper de quelques semaines cette disposition pertinente

.

Enfin, et surtout, une consultation sérieuse du Parlement se justifiait d'autant plus que les enjeux de l'engagement occidental en Afghanistan sont essentiels. Il y a un an, durant sa campagne, Nicolas Sarkozy avait estimé que la présence française dans ce pays n'avait pas vocation à se pérenniser. Il a évidemment le droit d'avoir changé d'avis ; à condition de s'en expliquer. Ne pas le faire l'expose au grief de se laisser entraîner dans une "dérive atlantique", à la remorque des Etats-Unis et en rupture avec la stratégie plus indépendante de la France définie par le général de Gaulle

.

L'attitude de l'exécutif est d'autant plus absurde que l'intervention en Afghanistan n'est pas sans fondement : approuvée par l'ONU pour chasser le régime des talibans qui protégeait Ben Laden et les organisateurs des attentats du 11 septembre 2001, elle reste indispensable pour empêcher que se reconstitue, dans ce pays, une redoutable base terroriste capable d'exporter à nouveau la violence dans le monde entier. Si on le leur expliquait, les parlementaires, comme les citoyens, seraient capables de le comprendre.

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Le Président a évité, hier à Nantes, tous les sujets qui fâchent au congrès de la FNSEA.

LAUREEN ORTIZ Envoyée spéciale à Nantes - Libération jeudi 3 avril 2008 

Sarkozy a esquivé les engagements agricoles pris au Grenelle de l'environnement

Peut-être avait-il besoin de redorer son blason auprès du monde rural, après l’épisode du salon de l’agriculture où il avait lancé son fameux «Casse-toi pauv’ con». C’est en tout cas la première fois qu’un président se rend au congrès annuel de la FNSEA, syndicat paysan majoritaire en France. Hier à Nantes, le scepticisme planait à l’arrivée de Nicolas Sarkozy, et du ministre de l’Agriculture, Michel Barnier. En pleine semaine du développement durable, il a pris soin d’esquiver tous les engagements agricoles du Grenelle.

note Angélique Delahaye, agricultrice. Alors que le projet de loi sur les organismes génétiquement modifiés passait le même jour à l’Assemblée nationale, Nicolas Sarkozy ne l’a pas évoqué, provoquant la surprise des agriculteurs. Quid des pesticides ? Egalement complètement passé sous silence l’agriculture biologique.

Encore une fois, pas un mot. Le chef de l’Etat a remercié les agriculteurs de leur présence au Grenelle de l’environnement, mais s’est gardé d’en rappeler les objectifs. De réduire de moitié d’ici dix ans l’usage de ces produits phytosanitaires, il n’a pas été question. «Ce n’est pas normal et pas réaliste d’avoir omis de parler de ces sujets», reconnaît Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA. «La liste est longue des sujets qui n’ont pas été abordés» , regrette également Philippe Meurs, à la tête des Jeunes agriculteurs. Egalement passé sous silence : le développement de l’agriculture biologique. Il a en revanche effleuré la question des agrocarburants, annonçant que l’«effort public de recherche sur les biocarburants de seconde génération sera doublé». «Au total, on reste un peu sur notre faim», conclut Philippe Meurs. Le silence est troublant.

Epineux. Le Président n’a-t-il rien dit pour autant ? Pas tout à fait. Sur le plan intérieur, il a assuré «le maintien du pouvoir d’achat des retraités agricoles», notamment en portant de 54 à 60 % le taux des pensions de réversion. Il a également tenté de calmer les agriculteurs au sujet de la refonte des négociations commerciales avec la grande distribution, prévue au printemps. Un sujet épineux à leurs yeux, alors qu’ils dénoncent régulièrement les marges abusives des distributeurs. Mais surtout, il a bel et bien annoncé le retour d’une «agriculture de production» en France, et est fermement décidé à aller se battre à Bruxelles, sur le dossier de la Politique agricole commune (PAC), et à Genève, dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Se déclarant «très offensif», il a privilégié les enjeux économiques, estimant que l’agriculture était à nouveau un «secteur stratégique». Avec la flambée des prix des matières premières agricoles, elle est en effet revenue sur le devant de la scène depuis l’année dernière. Par ailleurs, le bilan de santé de la PAC, qui doit permettre de réajuster les aides jusqu’à 2013, se fera sous présidence française de l’Union européenne au semestre prochain.

Accord. Sur le plan international, Sarkozy s’est fixé l’objectif de trouver un accord à Genève sur les produits agricoles dans les prochaines semaines… ou pas. «Je m’opposerai fermement à tout accord qui ne servira pas les intérêts de notre pays […] ; cela sera un bon accord, ou pas d’accord», a-t-il déclaré. Il est attendu sur ce sujet, explique le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, qui espère un veto en bonne et due forme.

«Sarkozy s’est longuement justifié d’être venu, mais il a évité les sujets qui fâchent : les OGM et le coût de l’énergie qui pèse sur les agriculteurs»,

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Sarko a changé...de décor.

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JO : des chaises vides à Pékin

LE MONDE | 02.04.08 | 13h27

Marie Holzman, présidente de Solidarité Chine ;
Wei Jingsheng,
président d'Overseas Chinese Democracy Coalition ;
Harry Wu,
directeur de la Laogai Research Foundation et président du China Information Center ;
Robert Ménard,
secrétaire général de RSF. ( Reporters sans Frontière)

Les hommes et les femmes politiques doivent maintenant prendre leurs responsabilités. Et agir. La répression sanglante au Tibet, l'absence de liberté politique, syndicale, religieuse et d'expression en Chine, les milliers de prisonniers d'opinion, dont une centaine de journalistes et internautes : tout cela devrait conduire les chefs d'Etat, de gouvernement et les membres des familles royales à dire haut et fort leur désapprobation, leur déception, voire leur colère, face aux méthodes déployées par les autorités chinoises. Pour ces raisons, nous leur demandons d'annoncer dès aujourd'hui qu'ils n'assisteront pas à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, le 8 août, à Pékin.

Le PC chinois tirera profit d'abord de la réussite de l'inauguration des JO. Menacer de pratiquer la politique de la chaise vide est donc le meilleur moyen de contraindre le gouvernement à mettre en place les changements que nous appelons de nos voeux depuis des années. Les dirigeants des pays démocratiques ne peuvent pas s'abriter derrière les sportifs. Ce n'est pas à eux de boycotter les JO, et nous ne le leur demandons pas. C'est un choix qui incombe aux leaders politiques. L'opinion l'appelle d'ailleurs de ses voeux, comme en témoigne le récent sondage selon lequel 53 % des Français souhaitent que Nicolas Sarkozy boycotte cette cérémonie.

Le Comité international olympique (CIO), par son choix d'accorder les Jeux à Pékin, a placé les sportifs dans une situation pour le moins inconfortable. Ils se retrouvent partagés entre leur vie d'athlètes et leur conscience de citoyens. Quand le CIO a élu Pékin, en 2001, certains de ses dirigeants s'étaient engagés à se faire l'écho des atteintes aux droits de l'homme auprès des autorités chinoises.

Jacques Rogge ne s'y est jamais réellement employé. Il ne peut plus se présenter comme un simple organisateur de spectacle, qui n'oublie pas de remercier ses sponsors au milieu des ruines antiques d'Olympie. Le président du CIO peut-il encore se laver les mains de la situation en Chine ? Il lui reste quatre mois, non pas pour exiger, mais au moins demander, c'est le moins qu'il puisse faire, des libérations de prisonniers d'opinion et l'ouverture d'un dialogue avec le dalaï-lama. En cela, la prochaine assemblée générale du CIO à Pékin, début avril, sera cruciale. Si celle-ci reste silencieuse, les sportifs et l'opinion publique se sentiront trahis. Le mouvement olympique pourrait bien y perdre son honneur.

Exiger des hommes politiques et des responsables du mouvement olympique qu'ils s'engagent sur le terrain des droits de l'homme n'est pas "politiser les JO", comme certains l'affirment. Alors que c'est Pékin qui le fait, jour après jour. Il s'agit au contraire de se montrer fidèle à l'esprit olympique et à sa Charte, qui promeut la "dignité humaine". Aux élus des pays démocratiques et aux dignitaires du monde sportif de raviver la flamme. S'il en est encore temps.

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L'Afghanistan, test crucial pour l'indépendance stratégique de l'Europe

Le 01/09/2007 – Jean-Paul Baquiast – Pan Europe France

En Afghanistan, les Etats Européens donnent actuellement le pire exemple de ce que l'Europe ne devrait pas faire. Loin de définir une politique indépendante de celle des Etats-Unis, capable de sauvegarder s'il était possible leur sécurité face à un monde en plein bouleversement, ils suivent en « caniches » la politique américaine. Or l'Amérique, depuis la décision irréfléchie d'armer les moudjahiddines afghans pour contrer la présence russe, n'a fait qu'accumuler les erreurs. L'Europe, considérée comme féale des Etats-Unis et comme telle ne méritant aucune considération spécifique, recueillera dans le monde arabo-musulman tout l'opprobre qui s'attache dorénavant à la politique américaine. Ceci est désastreux. Il en va non seulement de l'équilibre du monde mais de la sécurité européenne elle-même.

Les Etats Européens donnent actuellement le pire exemple de ce que l'Europe ne devrait pas faire au Moyen-Orient et en Asie occidentale. Loin de définir une politique indépendante de celle des Etats-Unis, capable de sauvegarder s'il était possible leur sécurité face à un monde en plein bouleversement, ils suivent en « caniches » la politique américaine en Afghanistan. Certes, ils renâclent et traînent les pieds mais ils ne s'en distinguent pas clairement. Or l'Amérique, depuis la décision catastrophique d'armer les moudjahiddines afghans pour contrer la présence russe, n'a fait qu'accumuler les erreurs et les crimes. L'Europe, considérée comme féale des Etats-Unis et comme telle ne méritant aucune considération spécifique,  recueillera dans le monde arabo-musulman tout l'opprobre qui s'attache dorénavant à la politique américaine. Ceci est désastreux. Il en va non seulement de l'équilibre du monde mais de la sécurité européenne elle-même. L'Europe étant plus près que ne l'est l'Amérique de la zone des conflits, c'est elle qui en supportera la première les effets collatéraux. Ceux-ci seront inévitablement violents et dévastateurs.

I.    La très bonne émission de France Culture du samedi 12h45, La Rumeur du monde,  a été consacrée le 1er septembre 2007 à l'Afghanistan. Des témoins avertis de la situation dans ce pays comme au Pakistan voisin s'y sont exprimés. On pouvait retenir de leurs témoignages que l'Amérique et la coalition hétéroclite qu'elle a rassemblée contre les prétendus terroristes, assimilés aux Talibans, ont perdu la guerre. Pas plus qu'en Irak un éventuel renforcement militaire ne changerait la situation. Les deux fautes stratégiques majeures, que l'on retrouve à bien plus grande échelle en Irak, tiennent, la première, à la volonté de faire la guerre en utilisant des armes sophistiquées pour éviter les pertes en hommes, la seconde en se désintéressant complètement du sort des populations civiles. Celles-ci,  premières victimes des bombardements, rejoignent inévitablement la rébellion. Il aurait fallu des milliards de dollars pour rendre Kaboul viable et vivable. Mais Washington a préféré laisser la ville pourrir et dépenser cet argent en armements. La coalition, comme avant eux les Soviétiques, découvre à ses dépends que la guerre du faible au fort est toujours gagnée, avec un peu de temps, par le faible.

2. Les Américains, pas plus en Afghanistan qu'en Irak, ne voient clairement comment se retirer. Ils sont donc conduits, en espérant peut-être  une perspective encore plus catastrophique (l'attaque de l'Iran), à accentuer leurs attaques. On trouve à la base de leur démarche la volonté persistante de prendre en mains les ressources pétrolières de la région comme de continuer à financer d'importants contrats destinés au complexe militaro-industriel Pour cela, ils entretiennent les conflits en attisant les contradictions entre Etats. Peut-être faut-il hélas aussi mentionner chez eux la volonté de mener des croisades religieuses ne voulant pas dire leur nom, comme l'a montré l'incroyable épisode de l'appui qu'ils avaient donné aux évangélistes sud-coréens.

Les gouvernements européens ayant engagé des contingents à leur côté cherchent manifestement à les rapatrier. Mais pour le moment, ils s'y prennent si mollement que rien ne manifeste clairement cette volonté aux yeux de l'opinion internationale. Observons qu'au contraire, à ce moment critique, le gouvernement français a cru devoir donner une sorte de consensus à la politique du  Pentagone en rapprochant de la zone des conflits le petit contingent aérien engagé en appui feu, au lieu de le ramener en Europe comme il l'avait fait précédemment des commandos terrestres. 

3. L'Europe en tant que telle, que ce soit au  niveau des institutions européennes ou de la réflexion stratégique de ses grands Etats, montre ainsi, aux yeux notamment des Etats arabo-musulmans, qu'elle est incapable d'avoir une politique autonome dans ses relations avec ces Etats. Certes, une telle politique ne serait pas facile, car elle devrait tenir compte d'éléments aussi différents que les intérêts pakistanais, ceux des Etats du Golfe et ceux des Etats frontaliers de la Russie – sans mentionner les intérêts de cette  dernière et ceux de la Turquie. Mais la pire des choses pour l'Europe serait de laisser penser à ces divers pays que l'Europe n'existe pas en tant que puissance autonome et qu'elle va continuer dans les prochains mois et années à relayer l'unilatéralisme américain, en allant prendre ses consignes à Washington. C'est alors là que le monde arabo-musulman pourrait à juste titre se défier d'elle et refuser toutes les coopérations.

De telles coopérations seraient pourtant les seules susceptibles de tarir les sources du terrorisme et d'assurer des relations plus détendues entre les sociétés européennes et des voisins qui se rappelleront certainement à la mémoire de l'Europe si celle-ci avait tendance à s'imaginer être séparée d'eux par toute la largeur de l'Atlantique.

Posté par werdna à 00:04 - Europe - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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