vendredi 28 mars 2008
Médias - Diplomatie française en Chine ...
Marianne 27/03/08 EXTRAIT
L'ambassade de France en Chine, partisane de la censure ?
Un communiqué envoyé par le service de presse de l'ambassadeur de France en Chine, Hervé Ladsous, explique que «le traitement par les médias chinois des événements survenus depuis le 10 mars sur les marches méridionales de la République Populaire est par certains aspects très innovant.»
La diplomatie française semble ainsi justifier la politique de la Chine envers le Tibet. Cette complaisance est surprenante de la part d'un membre du corps diplomatique, spécialiste du pays, qui ne peut ignorer la censure générale des médias chinois. Pourtant, on peut lire dans le communiqué: «Quelle que soit l'interprétation que l'on a des évènements, il faut donc constater que l'opinion publique chinoise a, depuis le 20 mars, librement accès à la plupart de l'information visuelle que l'on peut voir par ailleurs dans le reste du monde.»
Étrange interprétation de la liberté dans un pays où tous les sites étrangers sont censurés et où ne subsistent que les partisans du pouvoir et de sa propagande. «Un tel niveau de transparence était en tout cas inédit» écrit l'ambassade qui dit assister à «une normalisation de l'information».
Où est la transparence lorsque la télévision chinoise dissimule les images de la répression et qu'elle dénonce les actes du Dalaï Lama et «de sa clique» ? Comment parler de normalisation quand des journalistes se font emprisonner pour oser critiquer le gouvernement ? À ce train-là, on peut imaginer que l'ambassade dénoncera bientôt les actes dangereux de Robert Ménard et de sa "clique"…
Dessin de Pessin : Boycott ...

Renforts en Afghanistan: Sarkozy critiqué crée la polémique au Parlement
PARIS (AFP) - 27/03/2008 – Tv5 infos
En faisant à Londres l'annonce d'un renforcement de la présence militaire française en Afghanistan, Nicolas Sarkozy a créé la polémique au Parlement, encore tenu à l'écart des opérations militaires à l'étranger, et relancé les accusations d'"atlantisme".
Les alliés de Paris au sein de l'Otan faisaient pression pour l'envoi de renforts en Afghanistan, où sont déjà déployés environ 1.600 militaires français. La décision semblait acquise, restait l'annonce. C'est à Londres que M. Sarkozy a décidé de l'officialiser mercredi, au premier jour de sa visite d'Etat, devant le Premier ministre Gordon Brown et les deux chambres du parlement réunies à Westminster.
Son annonce a soulevé un tollé, que le président français a tenté de calmer jeudi en se prononçant pour un débat "sans aucune réserve", avant le sommet de l'Otan qui s'ouvre mercredi à Bucarest. Il n'a pas précisé de modalités, mais le ministre de la Défense Hervé Morin devait être auditionné mardi par la commission de la défense de l'Assemblée nationale.
Sur le fond, le chef de l'Etat, déjà soupçonné d'"atlantisme", a été accusé d'engager plus avant la France dans un conflit en danger d'enlisement pour se rapprocher d'un axe Washington-Londres déjà embourbé en Irak. D'autant que le président américain George Bush s'est rapidement félicité de cette annonce et de l'amélioration des relations franco-américaines.
Sur la forme, le Parlement français --qui n'a aucun droit de regard constitutionnel sur l'engagement des forces françaises à l'étranger, même si la réforme institutionnelle annoncée doit partiellement changer cette situation-- s'est élevé contre une annonce faite devant des parlementaires... étrangers.
L'avant-projet de réforme prévoit que si la durée d'une intervention extérieure des forces armées excède six mois, "sa prolongation est autorisée par le Parlement", sous forme "d'une motion votée par les deux assemblées". Nicolas Sarkozy avait promis une telle évolution pendant la campagne présidentielle.
La grogne a gagné jusqu'aux rangs de l'UMP. Le président de l'Assemblée nationale lui-même, Bernard Accoyer, a annoncé jeudi avoir demandé au Premier ministre François Fillon "que le Parlement soit saisi" pour un "débat indispensable".
Les députés souverainistes Jacques Myard (UMP) et Nicolas Dupont-Aignan (non-inscrit) ont tous deux fustigé "l'atlantisme" du président.
A gauche, le patron du PS François Hollande a dénoncé "la méthode où on annonce en Angleterre ce qui devrait être annoncé en France", jugeant que face à "l'enlisement (...), toute présence supplémentaire de forces françaises en Afghanistan est une erreur".
Ségolène Royal s'est déclarée "choquée" par l'annonce "devant les parlementaires britanniques alors qu'il n'y a pas eu le moindre débat devant les parlementaires français". Elle aussi refuse l'envoi de renforts alors que l'on ne "connaît ni les risques d'enlisement ni les garanties qui sont prises pour protéger nos soldats".
Mercredi, le député PS Henri Emmanuelli avait interpellé le gouvernement pour s'indigner que la France soit "la seule démocratie occidentale où une situation de guerre peut perdurer sans que le Parlement ne l'autorise ou n'en soit informé".
"Le gouvernement se soumet une fois de plus à la volonté du gouvernement nord-américain et s'aligne sur sa politique guerrière", s'est indigné le député communiste Jean-Paul Lecoq.
A l'extrême-droite, le président du FN Jean-Marie Le Pen a fustigé une "offense à la nation" et estimé que "nos soldats n'ont pas à risquer leur vie pour les manèges géopolitiques de l'Oncle Sam".
JO : Ce à quoi nous devrions consentir
Par Pierre Marcelle – Libération - jeudi 27 mars 2008
Qu’on ne se leurre pas : pour l’Etat chinois - ses flics et ses soudards, ses juges et ses mouchards -, dix-huit semaines, ce sera bien plus qu’il n’en faut pour écraser tout ce qui proteste dans les frontières, et dissuader, avec la complicité explicite de la «communauté internationale», tout ce qui sera tenté de protester hors les murs des cités interdites.
Dès lundi, Olympie était chinoise, et Jacques Rogge, l’homme du CIO et de la bande à Nike, Adidas et Puma, promu ambassadeur des droits de l’homme à la sauce sueur-sang. Deux semaines d’émeutes tibétaines auront permis à Pékin d’échauffer ses matraques et aux bureaucrates olympiques de roder le discours de leur «diplomatie silencieuse», en attendant le pire (lequel reste évidemment à venir). Ce serait donc entendu : le boycottage des Jeux de Pékin est irréaliste et inconcevable, car contre-productif.
D’ailleurs, les Chinois (dont le nationalisme est chauffé à blanc) s’y opposent, «Sa Sainteté» le dalaï-lama itou, et de même les athlètes. C’est dire… Des sportifs professionnels favorables au boycott des JO, il doit s’en trouver à peu près autant que des chauffeurs de taxi favorables au rapport Attali, mais pour les autres, on croit rêver à découvrir leur parole soudain sanctifiée. Conséquemment, on se pince.
Ainsi s’élabore un mol consensus aux termes duquel un très vague et très hypothétique projet de très symbolique protestation entérinera les massacres en même temps que leur censure. Des éminences nous font l’honneur de faire semblant d’envisager d’étudier l’hypothèse du boycottage d’une cérémonie d’ouverture, à quoi l’opinion aspirerait, paraît-il, afin de s’acheter une conscience en faisant l’économie d’un boycottage des Jeux eux-mêmes. Le good cop de Reporters sans frontières Robert Ménard et le bad cop de l’Elysée Nicolas Sarkozy pourraient s’entendre là-dessus aussi bien que dimanche dernier, lors de la remise au premier par le second d’une Légion d’honneur, non ?
C’est une foutaise à quoi personne ne croit - et surtout pas, hélas, ses promoteurs - mais qui s’énonce cependant en notre nom. A partir de combien de morts, s’il vous plaît, envisagera-t-on sur Pékin une pression autre que timidement symbolique ? Mais Munich, par ces temps, évoque moins le souvenir d’une Olympiade tragique, en 1972, que d’une diplomatie indigne, en 1938.
Les Indégivrables - Modernisation ...

Sarko aura tout tenté pour séduire l'Angleterre

Placide - http://www.leplacide.com/
Les lycéens appellent à manifester mardi dans toute la France
jeudi 27 mars 2008, 18h10 | AFP - Le Parisien
Les lycéens de la Fidl et de l'UNL ont annoncé à l'AFP avoir appelé à manifester à nouveau mardi, dans toute la France, contre les milliers de suppressions de postes dans les collèges et lycées, à l'issue d'un défilé parisien qu'ils ont qualifié de «succès» jeudi.
«On appelle à une manifestation de lycéens dans toute la France mardi contre les suppressions de postes», a assuré à l'AFP une porte-parole de la Fidl.
«Avec le succès d'aujourd'hui, on a franchi un cran dans l'ampleur de la mobilisation», a affirmé de son côté Léo Moreau, vice-président de l'UNL.
Jeudi, l'appel des deux organisations lycéennes à manifester était greffé sur un appel à la mobilisation lancé par une intersyndicale du secondaire dans l'académie de Créteil.
A Paris, entre 4.600 personnes, en majorité des lycéens, selon la police, et 6.000 selon l'UNL et la Fidl, ont manifesté, en délégation de dizaines de lycées d'Ile-de-France.
La revendication principale est le rétablissement des 8.830 postes supprimés à la rentrée dans les collèges et lycées mais aussi la contestation de la généralisation du bac professionnel en trois ans.
Les lycéens ont annoncé leur intention de proposer aux syndicats enseignants et organisations de parents d'élèves de rejoindre leur mot d'ordre de manifestation mardi.
Dessin de Pancho - Manifestations dans l'Education

Manifestations de chercheurs devant le CNRS et l'Inserm à Paris
PARIS (AFP) - 27/03/2008 – TV5 Infos
Deux manifestations de chercheurs, rassemblant en tout près de 200 personnes, se sont tenues jeudi à Paris devant les sièges du CNRS et de l'Inserm pour s'opposer à leur "découpage", au moment où se rassemblaient les conseils d'administration de ces deux organismes.
Une centaine de personnes au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) le matin, une cinquantaine à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) l'après-midi, s'étaient réunies à l'appel de leurs syndicats et des associations Sauvons l'université et Sauvons la recherche (SLR).
Les deux actions ont faiblement mobilisé, certains participants se retrouvant d'une manifestation à l'autre et on était loin des grands rassemblements de plusieurs milliers de chercheurs ces dernières années.
Une tendance déjà perceptible le 4 mars, avec seulement quelque 200 manifestants devant le ministère de la Recherche, même si 600 directeurs de laboratoires étaient réunis au même moment au Collège de France pour discuter des réformes en cours.
Jeudi, syndicats et associations souhaitaient marquer leur refus, au nom de la plurisdisciplinarité, "du découpage vertical qui cloisonne les organismes de recherche en instituts thématisés". Le projet en discussion à l'Inserm prévoit ainsi la création de 8 grands Instituts thématiques.
"On divise verticalement les organismes par disciplines, en créant des instituts thématisés dirigés par des gens nommés par le pouvoir", a déploré Henri Audier, directeur de recherche au CNRS et membre de SLR. "On crée une structure où les agences (Agence nationale de la recherche...) vont avoir la main sur l'orientation des organismes" tels que le CNRS ou l'Inserm, a-t-il dit à l'AFP.
"Les instituts vont cloisonner les recherches (cancer, Alzheimer...), ce qui risque d'appauvrir la recherche fondamentale, d'où sortent les avancées", en limitant les échanges entre spécialités, a regretté pour sa part Jean Kister, chercheur à l'Inserm et secrétaire général adjoint du SNTRS.
Le CA du CNRS, qui a entendu une délégation intersyndicale, a abordé entre autres "la modernisation du partenariat avec les universités (...), l'évolution de l'organisation interne du CNRS en instituts pour améliorer la visibilité et la cohérence de ses actions, ainsi que l'interdisciplinarité", a indiqué cet organisme dans un communiqué.
La réforme du gouvernement est une "politique de gribouille", s'est insurgé un chercheur CNRS/Inserm, directeur d'un réseau européen d'excellence, Gérard Chaouat. Pour lui, "le découpage en instituts permettra surtout un pilotage plus étroit" par les pouvoirs publics.
Pour Alain Trautmann, fondateur de SLR, la présidente du CNRS, Catherine Bréchignac, a accepté que cet organisme devienne "une holding d'instituts. Le mal est fait".
Il avait récemment dénoncé dans une lettre publique le projet de créer des Instituts thématiques à l'Inserm, et le futur "découpage" du CNRS, avant une "vente à la découpe" faisant la part belle aux investissements privés.
Economie: le gouvernement impassible face à la crise et au PS
PARIS (AFP) - 27/03/2008 – TV5 Infos
Les socialistes ont poursuivi jeudi à l'Assemblée nationale leur stratégie de pilonnage de la politique économique et financière du gouvernement, sans ébranler l'optimisme de la majorité confrontée à la dégradation des grands indicateurs économiques.
Le premier secrétaire du PS François Hollande, déjà monté au créneau la veille, et le patron des députés socialistes, Jean-Marc Ayrault, ont accusé de "délit de fuite" le Premier ministre François Fillon, absent au débat organisé dans l'hémicycle par le PS dans le cadre d'une "niche parlementaire".
"Où est le choc de confiance ? Je vois le choc, pas la confiance", a lancé M. Hollande aux deux ministres présents, Eric Woerth (Budget) et Hervé Novelli (Entreprises), alors que le gouvernement révise à la baisse ses prévisions de croissance pour 2008 et prévoit des déficits plus élevés que prévu.
Leur reprochant de ne pas avoir de stratégie économique, M. Hollande a de nouveau jugé qu'un "plan de rigueur est inéluctable" car "vous n'avez aucune marge de manoeuvre tant que vous ne serez pas revenus sur le paquet fiscal".
Pour M. Ayrault, "la question n'est plus de se demander s'il y aura un plan d'austérité" car "nous sommes en plein dedans".
"Ce qui ne marche pas, ce sont vos réformes qui taillent dans tous les sens, à l'aveugle et au mauvais endroit", a-t-il déclaré.
"Le navire prend l'eau et tout ce que dit le Premier ministre, c'est qu'il prend l'eau moins vite que les autres et il fait jouer l'orchestre", a ironisé Henri Emmanuelli, accusant le gouvernement de sous-estimer les conséquences de la crise internationale.
Martine Billard (Verts) a elle aussi critiqué un optimisme affiché qui n'est autre que "la version économique (du nuage) de Tchernobyl", mais "il n'y a pas de mur qui protège la France".
Impassible face au feu roulant des critiques de l'opposition, Eric Woerth a estimé que le gouvernement pouvait "revoir à la baisse le niveau de croissance sans que cela pose des problèmes de dramaturgie".
Le budget 2008 a été bâti sur des hypothèses qui ne sont plus d'actualité, a-t-il reconnu en substance, citant notamment le prix du baril de pétrole.
"Nous reverrons les prévisions de 2008. Nous le ferons aux alentours du 15 avril. Nous reverrons les prévisions de croissance. Nous réadapterons les différents équilibres", a déclaré M. Woerth.
"Les recettes fiscales se tiennent. Nous verrons si cela se poursuit", a-t-il ajouté. "Nous n'avons pas l'intention d'augmenter les impôts".
"L'ensemble de votre politique économique consiste à taper TEPA", a-t-il lancé aux socialistes, en allusion à leurs critiques répétées de la loi travail emploi pouvoir d'achat (TEPA ou paquet fiscal), dont M. Hollande a encore demandé le retrait.
En écho, la majorité s'est elle aussi voulue optimiste. "Les finances publiques se sont améliorées", a fait valoir le rapporteur général du Budget Gilles Carrez (UMP), pour lequel "brandir la menace d'un plan de rigueur ou d'une hausse d'impôt relève du fantasme ou d'une manoeuvre de politique politicienne".
"L'économie française a bien résisté aux chocs externes. La croissance est bien réelle", s'est félicité Jérôme Chartier.
Apportant le soutien du Nouveau centre aux réformes gouvernementales, Philippe Vigier a souhaité "une stratégie compétitive" et une "augmentation du pouvoir d'achat des Français".

