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dimanche 30 mars 2008

Grand-messes - Lucet, Bern, et les mystérieux "signes importants" de Windsor

Chronique Arrêt sur images Le 27/03/2008 Par Judith Bernard 

Les commentateurs français s'épuisent à décrypter des "signes" mystérieux. La presse anglaise n'en a que pour Carla Bruni, nue et habillée. Et même les journaux allemands font la Une !

Lucet, Bern, et les mystérieux "signes importants" de Windsor

Boulimie de symboles en direct, au 13h de France2

Mercredi 26 mars, 12h56 : Elise Lucet annonce les titres du 13h, sommaire chargé comme toujours, varié comme il se doit, d’entente illicite entre banques en inquiétude face au gel dans les vergers de la Drôme, en passant par le décès du journaliste sportif Thierry Gilardi... « Mais d’abord priorité au direct » - eh oui, c’est tout de suite, quelle chance ! Sarkozy et sa femme vont arriver à Windsor où ils sont reçus par Ze Queen.

Et ça ne rigole pas si l’on en croit Lucet : « le chef de l’Etat veut jeter les bases d’une nouvelle fraternité entre Paris et Londres, vous voyez sur ces images l’épouse de Nicolas Sarkozy vêtue d’une robe et d’un bérêt gris clair  ». Le ton (gris clair, donc) est donné : ce n’est pas des enjeux politiques de cette rencontre qu’il sera question mais de son enjeu «symbolique ».

Une sémiotique sans signifié

Et symbolique, hélas, est à entendre dans son sens le plus trivial, en ce qu’il renvoie aux… signes, mais vidés de toute substance, et notamment de signifié. Signes vestimentaires, on l’a vu (et encore on n’a pas tout vu), mais surtout « signes symboliques ». Il faut au moins cette redondance grotesque pour qualifier le régime sémiotique que nous sommes invités à contempler, absurde fatras d’exigences protocolaires aux significations insondables. Insondables, parce que le commentaire auquel se livre Elise Lucet, qui s’est offert pour l’occasion les services du spécialiste des têtes couronnées Stéphane Bern, n’a de cesse de souligner la très haute « importance » des « signes » constitutifs de cette cérémonie, sans jamais dire ni pourquoi ils sont importants, ni ce qu’ils signifient.


En plein coeur de ce "moment important", ce fameux moment de la révérence, signe majeur du spectacle, nous sommes pratiquement rendus dans le commentaire de patinage artistique (a-t-elle fait son triple axel ? l'a-t-elle bien réussi ? Avec quelle grâce, quel sourire ?). Nelson Montfort eût pu faire l'affaire aussi bien que Stéphane Bern, s'il ne s'agissait que de qualifier l’exécution d’exigences formelles dénuées de sens - non que les impératifs du protocole royal britannique soient insignifiants  : ces signes ont une histoire, une justification, et donc, forcément, une signification. Mais le fait est que ni Elise, ni Stéphane ne nous la donnent, se contentant de décrire en gloussant ce que nos yeux voient déjà.

L'art du "small talk"

Leur rire sent l’ironie d’ailleurs, et l’on devine Elise Lucet pas dupe de « l’importance » qu’elle prétend reconnaître dans ce déroulé du protocole. La répétition même de cette « importance » - six occurrences dans les seuls petits extraits montés plus haut - a quelque chose d’antiphrastique (il faut beaucoup répéter quelque chose à quoi l’on ne croit guère pour espérer faire entendre qu’on y croit quand même).

Mais alors qu’Elise Lucet choisisse son camp : si elle se marre parce qu’elle trouve qu’au fond, on s’en fout, alors qu’elle passe à autre chose et lâche son direct totalement absurde. Au lieu de cela, elle poursuit inlassablement, s’adonnant avec une jubilation gamine au journalisme de gala, faisant parfois mine de vouloir rendre compte de la signification politique de l’événement sans vraiment nous en donner les clefs :

A nouveau la sur-affirmation "d’importance" (encore cinq occurrences dans ces petits bouts d’extraits), jointe cette fois à la qualification de « symbolique » ; oui, c'est vrai, cette visite d’Etat de Sarkozy à Windsor est hautement symbolique, elle organise le spectacle d’un projet de fraternité entre les deux nations qui peut avoir des conséquences politiques considérables, mais ce n’est pas cette symbolique-là que nos deux acolytes explorent, accaparés qu'ils sont par la description des tout petits symboles – ou comment « la reine invite Sarkozy à passer devant elle, ce qu’il n’osait faire ».

Et ça va continuer comme ça, pendant d’interminables minutes de ce que les anglais appellent si justement le « small talk », petite papote évoquant les six cents pièces du château, dont cinquante réservées à Sarkozy et la délégation française, la table de 55 mètres, la différence entre calèches et carrosses, le port du chapeau obligatoire, le menu du dîner de gala, le travail des femmes de chambre et la livraison des valises par la porte arrière. Les « journalistes » feront bien une dernière simili tentative pour nous informer sur de plus substantielles perspectives, mais à nouveau, un tout petit signe viendra perturber leur louable entreprise :

Trop dommage ! On aurait presque pu parler de la transformation du duo franco-allemand en un trio adjoignant la Grande-Bretagne, on y était, là, juste au bord de l’analyse politique, mais non : Nicolas n’a pas pu s’empêcher de rechercher les doigts de sa dulcinée, dans un attendrissant mouvement du buste pour cacher aux yeux de la Reine Mère cette entorse au protocole – pourquoi d’ailleurs il ne faut surtout pas se toucher devant la reine, on ne nous le dit pas non plus, encore un signe creux, vidé de son signifié, en tout état de cause c’est sans doute de la plus haute « importance symbolique », comme on nous dit à chaque fois qu’on veut nous fasciner sans nous informer.

Et donc le pulsionnel Sarkozy, ce grand enfant, n’a pas pu s’empêcher, et les « journalistes » dans la foulée n’ont pas pu s’empêcher de le commenter, tout aussi pulsionnels, tout aussi grands enfants. Comptant sans doute que nous le serions aussi : pulsionnels, grands enfants, gourmands de "signes importants" à manger comme des bonbons, dans leur emballage clinquant, écoeurants de sucre et ne nourrissant pas.

Il est 13h29 lorsque Elise Lucet  passe enfin à la suite du menu, à la valeur nutritionnelle plus conséquente : « Venons en maintenant aux autres titres de l’actualité ». Après 33 minutes de boulimie de « symboles » de la plus haute « importance », il n’y a plus guère de place pour dire le monde réel.

Pas un sujet, par exemple, et pour ne parler que de ce que je sais, sur le mouvement lycéen et enseignant qui paralyse depuis plus d'une semaine l’académie de Créteil, ses lycées bloqués jour après jour, ses manifestations protestant contre les 637 suppressions de postes (8000 dans toute la France) qui menacent très directement et très concrètement l’avenir d’une région déjà à la peine. Silence complet au 13h de France 2, malgré les nombreuses dépêches AFP explicites et chiffrées.

Sans doute cette mobilisation, durable, nombreuse, chargée de conséquences préoccupantes ne fait-elle pas une « information », parce qu’elle ne constitue pas, elle, un « signe important ». Mais alors dites, mesdames messieurs les journalistes, c'est quoi, les critères, pour accéder au statut de "signe important" ?

Posté par Kozett à 00:07 - Médias - Rétroliens [0] - Permalien [#]

RETRAITES - 56% des Français contre un allongement de la durée de cotisation

NOUVELOBS| 29.03.2008 | 20:05

C'est ce qu'indique un sondage Ifop pour le quotidien Ouest France. 56% des Français contre un allongement de la durée de cotisation. 62% contre l'idée de reculer l'âge légal du départ au-delà de 60 ans.

Près de six Français sur dix se disent contre l'allongement de la durée de cotisation pour réformer le système des retraites et plus de six sur dix sont opposés à un recul de l'âge légal de départ à la retraite, indique un sondage Ifop à paraître dimanche 30 mars dans le quotidien régional Ouest France.

Interrogés sur des "solutions envisagées pour réformer notre système de retraites", 56% des sondés se disent défavorables à l'idée d'allonger la durée de cotisation, contre 44% qui y sont favorables. Un clivage net apparaît entre les sympathisants de gauche, défavorables à 71%, et ceux de droite, favorables à 58%.
Selon un autre sondage, réalisé par CSA pour le Cercle des épargnants et publié jeudi, 62% des Français pensent que le passage de la durée de cotisation de 40 à 41 ans d'ici 2012 est "nécessaire".


Une majorité contre un recul de l'âge légal de la retraite

Le sondage Ifop indique par ailleurs que 62% des Français sont défavorables à l'idée de "reculer l'âge légal du départ à la retraite au-delà de 60 ans", contre 38% qui se déclarent favorables.
Et 57% des Français sont pour "compléter le système de retraites par répartition au moyen de fonds de pension", contre 40% défavorables et 3% sans opinion.
Une large majorité (67%) de Français se disent en faveur d'un prélèvement de cotisations sociales sur les stocks options (29% contre et 4% sans opinion).
Par ailleurs, 92% des sondés sont défavorables à l'idée d'une diminution du niveau des retraites (8% favorables) et 75% sont contre une augmentation des cotisations sociales (25% pour).

- Etude réalisée du 27 au 28 mars auprès d'un échantillon de 963 personnes, représentatif de la population de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas
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Posté par Kozett à 00:06 - Economie - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]

La première grande vague de centenaires

Ouest-France samedi 29 mars 2008

Ils sont 20 000 en France : du jamais vu dans notre Histoire. Un fait considérable, récent et qui va s'amplifier, souligne l'Institut d'études démographiques.

« Une femme à barbe et un centenaire sont deux choses aussi rares à voir », soulignait un dicton au XIXe siècle. Pour les femmes à barbe, on ne sait pas. Mais, pour le très grand âge, on dispose désormais de chiffres étonnants. L'Ined - Institut national d'études démographiques - révèle que 20 000 centenaires vivent actuellement en France. On n'en comptait qu'une centaine en 1900 et 3 760 en 1990.

Notre doyenne s'appelle Clémentine Solignac, 113 ans ;  Récemment sont décédés les deux derniers poilus, Louis de Cazenave et Lazare Ponticelli ; ils avaient 110 ans.

Ils ne font plus leur âge « Autant de centenaires, c'est une révolution dans l'histoire de l'humanité, un événement considérable », constate Thierrey Halay, auteur d'un ouvrage sur ce thème (1). Les êtres humains ont toujours cherché à prolonger la vie en se protégeant des bêtes sauvages, du feu, des catastrophes naturelles, des maladies... Pour faire patienter la mort, « ils ont misé sur le pouvoir des plantes, des potions magiques, de l'alchimie. » Il a fallu longtemps (le XIXe siècle) pour qu'ils fassent confiance aux médecins et à la science.

Vivre longtemps, certes. Mais, aussi, rester en bonne santé, alerte... Deux siècles avant J.-C., l'empereur chinois Wou-Ti avait financé des recherches pour mettre au point un élixir de jeunesse. Issu de l'Antiquité, le mythe de la fontaine de Jouvence a traversé les siècles.

Aujourd'hui, tout a basculé. Les vieux rajeunissent, ils ne font plus leur âge, comme on dit. Dans les pays riches, notamment la France, l'espérance de vie a notablement augmenté : elle a progressé de quatre mois, pour les femmes, depuis 2006.

Les changements décisifs sont dus aux progrès de la médecine, aux soins adaptés, à une prévention plus efficace, à une meilleure hygiène, à une alimentation diversifiée, à de nouveaux comportements (moins de tabac, davantage de sport...).

Cette longévité bouleverse l'imaginaire, notre vision du temps, les relations amoureuses et familiales. Elle a des répercussions socio-économiques importantes. En 2002, Roger-Gérard Schwartzenberg, ministre de la Recherche, mettait en place l'Institut de la longévité. Avancées médicales, formation des soignants, financement des retraites, il y a fort à faire. Selon l'Insee, la France comptera 16,6 % de citoyens âgés de plus de 75 ans en 2050 (contre 8 % aujourd'hui) et 60 300 centenaires.

Clémentine Solignac, 113 ans, doyenne des Français, vit en Haute-Loire.

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CHINE - Dans le Kham tibétain, les maladresses du pouvoir chinois ont exaspéré la population locale

LE MONDE | 29.03.08 | 15h08  •  KANGDING (Sichuan) ENVOYÉ SPÉCIAL

Tsewang sursaute chaque fois que la serveuse frappe à la porte de la pièce particulière où se tient notre conversation, dans un salon de thé tibétain de Kangding, chef-lieu de la préfecture autonome tibétaine de Ganzi (province du Sichuan). Agé d'une trentaine d'années, Tsewang - nom d'emprunt - travaille dans le milieu associatif. Son activité est entièrement dépendante du bon vouloir des autorités locales, et il se sait sur la liste des "suspects habituels". 

Il est aberrant de dire que les protestations au Kham (ancien nom de Ganzi) ont été instiguées par the "Big D" (ainsi qu'est désigné le dalaï-lama dans toute conversation en anglais avec un Tibétain). Tout Tibétain qui a appris l'histoire du Tibet et est confronté aux mesures imposées par les Chinois souhaite au fond de lui-même que ce genre de manifestations ait lieu. Je voudrais aussi y participer. Mais je ne veux pas être amené à tuer quelqu'un, ni à me battre contre les Chinois", confie-t-il.

Connu pour ses guerriers, qui ont souvent, dans l'Histoire, servi de rempart au Tibet contre les Han, l'ancien Kham tibétain est en ébullition : des mouvements de protestation ont à ce jour éclaté dans près de huit localités des districts de Daocheng, Ganzi, Dawu, Litang, Seda et Luhuo. "Les Chinois ont particulièrement peur du Kham, car les gens, ici, savent se battre", nous dit Tenzin - dissimulant lui aussi son identité sous un nom d'emprunt -, originaire de Tagong où, un matin, les habitants ont découvert un drapeau tibétain hissé sur un pylône de téléphonie mobile.

Le déploiement des forces paramilitaires et de police vers l'intérieur de la préfecture, interdite d'accès aux étrangers au-delà de Kangding, est massif. Dans nombre de ces localités, les tensions accumulées remontent à plusieurs mois, voire plusieurs années.

Seda est connu pour la mise au pas, en 2001, par les autorités, des 8 000 étudiants d'un célèbre institut bouddhiste. A Dawu, pendant l'été 2007, des habitants ont mis le feu à plusieurs voitures appartenant aux membres du gouvernement local, ainsi qu'aux employés d'une mine de zinc, des Han, car ceux-ci exploitaient le mont Yala, considéré comme sacré. Des personnes âgées qui avaient adressé des pétitions aux autorités locales ont été malmenées. "Après ces événements, la police armée est passée dans chaque maison pour exiger de l'argent en réparation, ou bien confisquer des choses", dit un témoin.

Le district de Litang a été, lui, le théâtre, en août 2007, d'un incident qui a eu un grand retentissement dans la région : Ronggye A'drak, un nomade tibétain de 52 ans, chef de clan, est monté sur l'estrade lors d'une cérémonie de la fête des chevaux, en pleine commémoration des 80 ans de l'Armée populaire de libération (APL), pour mettre au cou du lama présent une écharpe blanche. S'emparant du micro, il a alors déclaré ouvertes à tous les terres de son clan. "Il y a plusieurs années, le gouvernement a décidé que chaque clan se verrait attribuer des terres délimitées par une clôture. Cette politique a créé beaucoup de conflits parmi les Tibétains, et elle a été dénoncée plusieurs fois par le dalaï-lama comme inepte", explique D., issu lui aussi du milieu associatif tibétain.

Du haut de son estrade, alors que les officiels chinois présents, ne comprenant rien à ses discours, l'applaudissaient, Ronggye A'drak a dénoncé nommément deux Tibétains collaborateurs puis souhaité "mille ans de vie au dalaï-lama". Il a aussitôt été arrêté. Le soir même, une foule a encerclé le siège du gouvernement local pour réclamer sa libération. La police a tiré en l'air. Ronggye A'drak a été condamné en octobre 2007 à huit ans de prison. Selon D., "cet homme, tout seul, a fait paniquer les autorités".

Indice de ce climat très chargé, le gouvernement de la préfecture de Ganzi a lancé, en septembre 2007, une nouvelle "campagne d'éducation patriotique". Dans les monastères ou les administrations publiques, les autorités ont imposé des engagements écrits dénonçant le dalaï-lama. Dans les villages, les habitants ont été convoqués à des dizaines de sessions éducatives. On leur a fait conspuer le drapeau tibétain, et louer ce que la "libération" du Tibet leur avait apporté.

Toutes sortes de restrictions ont été mises en oeuvre dans le sillage de cette campagne : "Jusqu'alors, c'était toléré d'avoir chez soi une photo de "Big D." Plus maintenant", dit l'un de nos interlocuteurs. L'interdiction des monastères aux moines âgés de moins de 18 ans, qui était peu appliquée, est devenue stricte.

A plusieurs occasions, dans la région de Litang, des moines ou des nomades ont interrompu des sessions d'éducation patriotique, appelant à chaque fois au retour du dalaï-lama. Leur arrestation a mis la population en émoi. En 2007, tous les fusils des nomades ont été rachetés par les autorités ou confisqués. "Le (terme de) génocide culturel employé par le dalaï-lama est totalement correct", dit D. Il évoque la sédentarisation forcée des nomades et les multiples ingérences dans les pratiques traditionnelles, dont la religion.

Des paysans aux nomades en passant par les moines, les jeunes désoeuvrés, et même ceux qui sont plus éduqués, une partie croissante la population s'est ainsi raidie face au pouvoir chinois. Paradoxalement, la campagne d'"éducation patriotique" a contribué à éveiller la conscience des gens : "En réalité, beaucoup de Tibétains, ici, ne savaient même pas, avant, à quoi ressemblait le drapeau tibétain !" confie notre interlocuteur.

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Tibétains - La dernière chance

SUD-OUEST 28 03 08



ÉVÉNEMENTS DU TIBET. --à Bordeaux, une boutique des Himalayas commence à mobiliser les bonnes volontés. Son animatrice raconte l'exil obligé et la répression dont sont victimes les Tibétains

Le 14 mars, quand les trois principaux monastères de Lhassa ont été fermés par les autorités chinoises, et les moines privés de nourriture, Kolshang Dolma était en Inde, dans le camp de réfugiés de New-Delhi.

Normal. Cette Tibétaine, installée à Bordeaux depuis quinze ans, y va chaque année pour l'anniversaire du soulèvement de Lhassa, le 10 mars 1959, dont la sanglante répression s'était traduite par le départ du Dalaï Lama et de centaines de Tibétains pour Dharamsala, au nord de l'Inde. « Moi aussi, je suis née en Inde, dans l'Orissa, au sud-ouest du pays, où la communauté tibétaine est très importante. Mes parents y avaient fui au début des années 60, mais je n'ai jamais osé leur demander ce qu'ils avaient subi. Je n'ai su que plus tard que mon père avait été arrêté par les Chinois et que ma mère avait tenté de se suicider. »

Au Népal. Ayant grandi dans le respect de la langue, de la culture et du bouddhisme tibétain que seul permet le départ, Kolshang a également travaillé au bureau du Tibet au Népal, là où le gourvernement tibétain en exil accueille les réfugiés. « J'y ai entendu des horreurs. Des nonnes torturées avec un bâton frotté de piment enfoncé dans leur vagin ; un jeune garçon qui avait du manger la doublure de son blouson en prison et qui s'est cassé la jambe en s'enfuyant, réussissant malgré tout à traverser les montagnes? » C'est aussi au Népal que la jeune femme a rencontré celui qui allait devenir son mari, Roland Rangeard. Tous deux ont ouvert rue des Ayres la galerie Art céleste, spécialisée dans les arts asiatiques en général et les objets des cultures himalayennes en particulier.

Depuis les événements, la photo du Dalaï Lama affichée en vitrine depuis toujours s'accompagne de textes de pétitions envoyées à Bernard Kouchner et à Rama Yade, d'un extrait du blog d'Alain Juppé qui s'étonne que les pays occidentaux puissent demander à Pékin de « tuer avec retenue », et du drapeau tibétain? Du coup, de plus en plus de Bordelais poussent la porte pour proposer leurs services. Certains étaient d'ailleurs à la manif d'hier. « On organise donc une réunion-débat, ce 28 Mars avec des associations humanitaires, politiques ou bouddhistes. des voyageurs, aussi », annonce Roland Rangeard (1).

Le moment ou jamais. Rentrée d'Inde où sa communauté continue à manifester chaque jour, Kolshang Dolma suit les événements comme elle peut, sur les sites communautaires (www.phayul.com) ou par mail, même si, depuis quelques jours, plus aucun témoignage n'a l'air de filtrer. « Je suis évidemment révoltée par les morts qu'il y a eu. Mais je suis aussi soulagée par la révolte des jeunes Tibétains, qu'on croyait perdus à cause du mode de vie imposé par les Chinois, et de tout ce qu'ils ont confisqué. Depuis l'ouverture de la ligne ferroviaire Pékin-Lhassa, il en arrive 8 000 tous les jours et nous, nous sommes si peu nombreux ! Si peu nombreux, même, que, contrairement à ce que prétend la propagande chinoise, nous n'aurions aucun interêt à employer la violence. »

L'exilée parle comme le Dalaï Lama de non-violence (« au bureau du Tibet, quand je voyais des Chinois, sachant ce qu'ils avaient fait subir aux Tibétains qui avaient fui, je ne pouvais que fermer les yeux ») et du peu d'efficacité d'un boycott des Jeux Olympiques (« il faut y aller pour exiger des choses : c'est la seule chance du peuple tibétain aujourd'hui »).

Elle dit sa compassion pour le peuple chinois « qui souffre aussi » et regrette que les grandes puissances aient peur de la Chine (« je ne comprends pas quels interêts la France entretient en Chine puisque cela se traduit toujours ici par des fermetures d'usine »). Optimiste malgré tout « parce qu'il le faut et que notre culture nous sauve », elle rêve du drapeau tibétain flottant au fronton de la mairie de Bordeaux. « Juste un jour, par solidarité, ça serait bien. ».

(1) Réunion d'information ce 28, à 19 heures, à la galerie Art céleste, 53 rue des Ayres à Bordeaux.

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Dessin de Oliver - Chine

Courrier International 29/0308

Le lancer de marteau boomerang ! Tel est le nouveau sport olympique inventé par les autorités chinoises. La répression contre les manifestations au Tibet a en effet provoqué de très vives réactions au sein de la communauté internationale, et Pékin se retrouve aujourd'hui sous le feu de nombreuses critiques.

Dessin de Oliver  paru dans Der Standard Vienne

Tibet_lancer

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samedi 29 mars 2008

Paris - Les handicapés manifestent pour un revenu "décent"

NOUVELOBS.| 29.03.2008 | 14:54

Quelques 10.000 personnes venues de toute la France ont commencé à défiler à Paris pour une "marche vers l'Elysée" à l'appel du collectif d'associations "Ni pauvre, ni soumis".

Plusieurs milliers de personnes, malades, handicapés, invalides, venues de toute la France, ont commencé à défiler samedi à Paris pour une manifestation à l'appel du collectif "Ni pauvre, ni soumis", qui réclame un revenu d'existence "décent" au moins égal au Smic.
Environ 10.000 personnes sont parties de la place de la République, ont affirmé à l'AFP les organisateurs, qui tablent sur davantage de participants en cours de parcours.

Vendredi, le ministre du Travail Xavier Bertrand a déclaré que la manifestation était le "signe d'une attente légitime" et qu'il allait recevoir les associations mardi, avec Valérie Létard.
"Aujourd'hui, des centaines de milliers de personnes handicapées, atteintes de maladie invalidante ou victimes d'accident du travail, qui ne peuvent pas ou plus travailler, sont condamnées à vivre toute leur vie sous le seuil de pauvreté" (817 euros par mois pour une personne seule), affirme le collectif.


"Historique" -
Pour cette manifestation "historique", le collectif, qui regroupe une centaine d'associations, a affrété 13 trains et 5 avions, 700 autocars et minibus.

Rendez-vous était donné samedi à 11H00 place de la République, pour un départ de la manifestation à 13H00 vers la place de l'Opéra, d'où une délégation devrait alors rejoindre l'Elysée.
La question des ressources des personnes handicapées a été insuffisamment traitée par la loi handicap de février 2005, estiment les associations.
Elle a certes créé une "prestation de compensation" destinée aux aides matérielles et humaines, mais n'a pas amélioré les revenus d'existence, déplorent-elles.

Quelque 810.000 handicapés, qui ne peuvent pas ou plus travailler, vivent avec les 628,10 euros de leur allocation adulte handicapé (AAH).
La confirmation par Nicolas Sarkozy mardi, quatre jours avant la manifestation, de revaloriser l'AAH de 5% en 2008, conformément à sa promesse électorale, "n'a fait que mobiliser les gens", souligne le secrétaire général de la Fnath (accidentés de la vie) Arnaud de Broca. (avec AFP

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Dessin de Pancho - Manifestations Paris : Ni pauvres ni soumis

Manifestations_a_Paris_aujourd_hui

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MAYOTTE - Etat de siège

Malango actualités

Violences à Mayotte contre l'accueil de Bacar par la France  
Jeudi 27 Mars 2008

"Si la France joue à la crapule, nous aussi on va devenir violents ! Notre objectif, c'est que Mohamed Bacar soit expulsé vers la Grande Comore et soit jugé."

Ainsi protestaient les Anjouanais qui ont exprimé leur colère, tôt ce matin (jeudi 27 mars) à Mamoudzou, après avoir appris que le colonel délogé du pouvoir et activement recherché par les forces comoriennes et de l'Union africaine, s'était réfugié à Mayotte.

'Pourquoi la France protège un criminel?'

Le bilan officiel des émeutes de jeudi 27 mars à Mayotte – liées à la présence de Bacar à Mayotte aisait état à 19h30 de 18 blessés enregistrés au Centre hospitalier de Mamoudzou, dont 15 étaient rentrés chez eux, deux étaient en observation, et un, 'dans un état grave' selon le préfet, se trouvait en réanimation. Aucun mort n'est à déplorer selon la préfecture.

Au plus fort de la mobilisation jeudi en fin de matinée, plus de 1.000 personnes manifestaient à Mamoudzou, et près de 200 en Petite Terre. Certains ont exprimé leur déception quant à l'attitude de la France en saccageant des véhicules et des vitrines de commerce, et en violentant des personnes.

La tension est retombée après que les forces de l'ordre aient repris le contrôle à l'aide de grenades lacrymogènes, en début d'après-midi, mais les échauffourées se sont poursuivies jusqu'en début de soirée à Kaweni, banlieue de Mamoudzou où se trouve une très forte communauté anjouanaise.

Si la Petite Terre a été relativement épargnée par les violences, les incidents les plus graves se sont déroulés en Grande Terre. Pour éviter une trop forte affluence en Petite Terre, la préfecture a en effet décidé de suspendre les rotations de la barge, qui relie la Grande à la Petite Terre, en début de matinée –le trafic n'a repris qu'à 18 heures.

Après s'être rendus à la préfecture, où les attendaient quelques policiers, les protestataires sont repartis peu après 7 heures pour "chercher d'autres manifestants". Vers 8 heures, ils étaient plusieurs centaines d'hommes et de femmes rassemblés devant le rond-point de la barge, le centre névralgique de la ville.

Face à l'impossibilité de se rendre à l'aéroport, un petit nombre d'entre eux a commencé à jeter des poubelles sur les axes de circulation, à caillasser et brûler les véhicules garés près du rond-point et à prendre à partie les passants. Des témoins parlent de "passages à tabac" du côté de Kaweni.

Une femme qui transportait ses deux enfants en voiture s'est faite défoncer la voiture et les vitres et a pu s'en sortir in extremis. De nombreuses personnes se sont réfugiées dans les commissariats, magasins et postes de gendarmerie. Les magasins des environs ont alors fermé, tandis que les administrations ne recevaient plus le public. Les élèves de Mamoudzou ont eux été priés de rester dans leur établissement jusqu'à ce que le calme revienne.

Le préfet affirme en outre avoir enregistré des tentatives de racket et de prises d'otage. "Certains manifestants ont essayé de prendre des mzungus [métropolitains, ndlr] en otage pour les échanger contre Bacar, mais ils ont vite été relâchés", confirme un témoin.

Une journée en état de siège à Mayotte

Malango actualités

Avec la fin de la journée, le calme semble revenu sur les points les plus chauds de Mayotte : Mamoudzou et Kawéni. Le temps du bilan de cette triste journée est venu, même si l'inquiétude demeure quant à la façon dont vont se dérouler la soirée et la nuit, notamment à Kawéni.

80 garde mobiles, plusieurs tonnes de matériel et un blindé sont arrivés par Transall en fin d'après-midi afin de parer à toute éventualité de reprise des violences sur l'île de Mayotte en proie à de violentes manifestations depuis ce jeudi matin.

L'ex-président Bacar a été exfiltré vers l'île de la Réunion et les autorités espèrent que cette mesure va calmer les esprits. "Sa présence à Mayotte en faisait un élément de fixation" a dit le Préfet de Mayotte qui s'exprimait sur la chaîne locale Télé Mayotte.

Il a souligné que l'éloignement de Mayotte vers la Réunion n'excluait pas qu'il soit par la suite ramené vers les Comores si sa demande d'asile politique était rejetée. Il s'est ensuite longuement exprimé sur le "respect des principes de la Constitution Française" qui obligeaient à examiner cette demande d'asile. "La France soutient les Comores, elle a d'ailleurs participé à l'opération sur Anjouan".

Revenant aux événements de la matinée à Mamoudzou au cours desquels les anjouanais de Mayotte s'en sont pris de façon violente à la communauté blanche, il a jugé que "ce qu'on voit sur ces images est inacceptable" et qu'il "ne peut admettre qu'on s'en prenne à une communauté précise".

Vincent Bouvier a ensuite affirmé sa détermination à adopter "une attitude de fermeté" et à "faire respecter l'état français comme nous respectons la souveraineté de l'état comorien" : "je ferai tout pour que l'ordre soit rétabli" sans oublier de mettre l'accent sur la situation des étrangers à Mayotte, qu'ils soient en situation régulière ou non : "Je rappelle que les étrangers, même en situation régulière peuvent être frappés de mesures d'expulsion. Toute personne qui vit à Mayotte doit respecter les règle de la république".

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Dessin de Pessin - les Farcs

Farc_290308

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