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samedi 29 mars 2008

MAYOTTE - Etat de siège

Malango actualités

Violences à Mayotte contre l'accueil de Bacar par la France  
Jeudi 27 Mars 2008

"Si la France joue à la crapule, nous aussi on va devenir violents ! Notre objectif, c'est que Mohamed Bacar soit expulsé vers la Grande Comore et soit jugé."

Ainsi protestaient les Anjouanais qui ont exprimé leur colère, tôt ce matin (jeudi 27 mars) à Mamoudzou, après avoir appris que le colonel délogé du pouvoir et activement recherché par les forces comoriennes et de l'Union africaine, s'était réfugié à Mayotte.

'Pourquoi la France protège un criminel?'

Le bilan officiel des émeutes de jeudi 27 mars à Mayotte – liées à la présence de Bacar à Mayotte aisait état à 19h30 de 18 blessés enregistrés au Centre hospitalier de Mamoudzou, dont 15 étaient rentrés chez eux, deux étaient en observation, et un, 'dans un état grave' selon le préfet, se trouvait en réanimation. Aucun mort n'est à déplorer selon la préfecture.

Au plus fort de la mobilisation jeudi en fin de matinée, plus de 1.000 personnes manifestaient à Mamoudzou, et près de 200 en Petite Terre. Certains ont exprimé leur déception quant à l'attitude de la France en saccageant des véhicules et des vitrines de commerce, et en violentant des personnes.

La tension est retombée après que les forces de l'ordre aient repris le contrôle à l'aide de grenades lacrymogènes, en début d'après-midi, mais les échauffourées se sont poursuivies jusqu'en début de soirée à Kaweni, banlieue de Mamoudzou où se trouve une très forte communauté anjouanaise.

Si la Petite Terre a été relativement épargnée par les violences, les incidents les plus graves se sont déroulés en Grande Terre. Pour éviter une trop forte affluence en Petite Terre, la préfecture a en effet décidé de suspendre les rotations de la barge, qui relie la Grande à la Petite Terre, en début de matinée –le trafic n'a repris qu'à 18 heures.

Après s'être rendus à la préfecture, où les attendaient quelques policiers, les protestataires sont repartis peu après 7 heures pour "chercher d'autres manifestants". Vers 8 heures, ils étaient plusieurs centaines d'hommes et de femmes rassemblés devant le rond-point de la barge, le centre névralgique de la ville.

Face à l'impossibilité de se rendre à l'aéroport, un petit nombre d'entre eux a commencé à jeter des poubelles sur les axes de circulation, à caillasser et brûler les véhicules garés près du rond-point et à prendre à partie les passants. Des témoins parlent de "passages à tabac" du côté de Kaweni.

Une femme qui transportait ses deux enfants en voiture s'est faite défoncer la voiture et les vitres et a pu s'en sortir in extremis. De nombreuses personnes se sont réfugiées dans les commissariats, magasins et postes de gendarmerie. Les magasins des environs ont alors fermé, tandis que les administrations ne recevaient plus le public. Les élèves de Mamoudzou ont eux été priés de rester dans leur établissement jusqu'à ce que le calme revienne.

Le préfet affirme en outre avoir enregistré des tentatives de racket et de prises d'otage. "Certains manifestants ont essayé de prendre des mzungus [métropolitains, ndlr] en otage pour les échanger contre Bacar, mais ils ont vite été relâchés", confirme un témoin.

Une journée en état de siège à Mayotte

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Avec la fin de la journée, le calme semble revenu sur les points les plus chauds de Mayotte : Mamoudzou et Kawéni. Le temps du bilan de cette triste journée est venu, même si l'inquiétude demeure quant à la façon dont vont se dérouler la soirée et la nuit, notamment à Kawéni.

80 garde mobiles, plusieurs tonnes de matériel et un blindé sont arrivés par Transall en fin d'après-midi afin de parer à toute éventualité de reprise des violences sur l'île de Mayotte en proie à de violentes manifestations depuis ce jeudi matin.

L'ex-président Bacar a été exfiltré vers l'île de la Réunion et les autorités espèrent que cette mesure va calmer les esprits. "Sa présence à Mayotte en faisait un élément de fixation" a dit le Préfet de Mayotte qui s'exprimait sur la chaîne locale Télé Mayotte.

Il a souligné que l'éloignement de Mayotte vers la Réunion n'excluait pas qu'il soit par la suite ramené vers les Comores si sa demande d'asile politique était rejetée. Il s'est ensuite longuement exprimé sur le "respect des principes de la Constitution Française" qui obligeaient à examiner cette demande d'asile. "La France soutient les Comores, elle a d'ailleurs participé à l'opération sur Anjouan".

Revenant aux événements de la matinée à Mamoudzou au cours desquels les anjouanais de Mayotte s'en sont pris de façon violente à la communauté blanche, il a jugé que "ce qu'on voit sur ces images est inacceptable" et qu'il "ne peut admettre qu'on s'en prenne à une communauté précise".

Vincent Bouvier a ensuite affirmé sa détermination à adopter "une attitude de fermeté" et à "faire respecter l'état français comme nous respectons la souveraineté de l'état comorien" : "je ferai tout pour que l'ordre soit rétabli" sans oublier de mettre l'accent sur la situation des étrangers à Mayotte, qu'ils soient en situation régulière ou non : "Je rappelle que les étrangers, même en situation régulière peuvent être frappés de mesures d'expulsion. Toute personne qui vit à Mayotte doit respecter les règle de la république".

Posté par Kozett à 13:00 - International - Diplomatie - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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