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vendredi 28 mars 2008

Manifestations de chercheurs devant le CNRS et l'Inserm à Paris

PARIS (AFP) - 27/03/2008 – TV5 Infos

Deux manifestations de chercheurs, rassemblant en tout près de 200 personnes, se sont tenues jeudi à Paris devant les sièges du CNRS et de l'Inserm pour s'opposer à leur "découpage", au moment où se rassemblaient les conseils d'administration de ces deux organismes.

Une centaine de personnes au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) le matin, une cinquantaine à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) l'après-midi, s'étaient réunies à l'appel de leurs syndicats et des associations Sauvons l'université et Sauvons la recherche (SLR).

Les deux actions ont faiblement mobilisé, certains participants se retrouvant d'une manifestation à l'autre et on était loin des grands rassemblements de plusieurs milliers de chercheurs ces dernières années.

Une tendance déjà perceptible le 4 mars, avec seulement quelque 200 manifestants devant le ministère de la Recherche, même si 600 directeurs de laboratoires étaient réunis au même moment au Collège de France pour discuter des réformes en cours.

Jeudi, syndicats et associations souhaitaient marquer leur refus, au nom de la plurisdisciplinarité, "du découpage vertical qui cloisonne les organismes de recherche en instituts thématisés". Le projet en discussion à l'Inserm prévoit ainsi la création de 8 grands Instituts thématiques.

"On divise verticalement les organismes par disciplines, en créant des instituts thématisés dirigés par des gens nommés par le pouvoir", a déploré Henri Audier, directeur de recherche au CNRS et membre de SLR. "On crée une structure où les agences (Agence nationale de la recherche...) vont avoir la main sur l'orientation des organismes" tels que le CNRS ou l'Inserm, a-t-il dit à l'AFP.

"Les instituts vont cloisonner les recherches (cancer, Alzheimer...), ce qui risque d'appauvrir la recherche fondamentale, d'où sortent les avancées", en limitant les échanges entre spécialités, a regretté pour sa part Jean Kister, chercheur à l'Inserm et secrétaire général adjoint du SNTRS.

Le CA du CNRS, qui a entendu une délégation intersyndicale, a abordé entre autres "la modernisation du partenariat avec les universités (...), l'évolution de l'organisation interne du CNRS en instituts pour améliorer la visibilité et la cohérence de ses actions, ainsi que l'interdisciplinarité", a indiqué cet organisme dans un communiqué.

La réforme du gouvernement est une "politique de gribouille", s'est insurgé un chercheur CNRS/Inserm, directeur d'un réseau européen d'excellence, Gérard Chaouat. Pour lui, "le découpage en instituts permettra surtout un pilotage plus étroit" par les pouvoirs publics.

Pour Alain Trautmann, fondateur de SLR, la présidente du CNRS, Catherine Bréchignac, a accepté que cet organisme devienne "une holding d'instituts. Le mal est fait".

Il avait récemment dénoncé dans une lettre publique le projet de créer des Instituts thématiques à l'Inserm, et le futur "découpage" du CNRS, avant une "vente à la découpe" faisant la part belle aux investissements privés.

Posté par werdna à 00:03 - Recherche - Science - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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