mardi 25 mars 2008
« Retourne faire du ski » : Nicolas Sarkozy n’a pas changé...
Politis Vendredi 21 mars 2008 à 10:04 :: Xavier Frison
« Retourne faire du ski » : Nicolas Sarkozy n’a pas changé...
Après « Casse-toi, alors,pauv’ con », voici « Retourne faire du ski ». Le 18 mars, le président de la République se rendait sur un lieu symbolique de la Résistance, au plateau des Glières (Haute-Savoie), pour un de ces hommages dont il raffole. Après son silence assourdissant pendant les municipales, c’était dit, l’homme avait changé (eh oui, encore une fois). Pas si sûr.
Présent sur les lieux, Vincent Corbaux, enseignant retraité (et abonné de longue date à Politis), souhaitait alerter le président sur la diminution drastique des postes dans l’Education nationale en Haute-Savoie à la rentrée prochaine. On le voit sur la photo qui illustre cet article, tirée du reportage diffusé par France 2 au 20 heures du 18 mars, disponible directement en cliquant ici :
http://jt.france2.fr/20h/index-fr.php ?jt=1&start=430#
Rien de bien scandaleux sur ces images, si ce n’est la volte-face présidentielle devant les sujets qui fâchent. Mais, selon le témoignage de l’ex-enseignant, Nicolas Sarkozy aurait fini par lâcher « très très bas » à l’inopportun gâcheur d’opération de com’ un élégant « Retourne faire du ski »...
Voici le récit de Vincent Corbaux sur cette journée mouvementée :
"Le 18 mars, journée commémorative, sur le plateau des Glières. J’y étais. De nombreux gendarmes aussi. Le « fan club » du président, une vingtaine de personnes, y était aussi. Le plateau est sous un brouillard épais. Deux jeunes filles sont assises dans la neige, juste derrière moi. Brusquement, un mouvement de gendarmes rompt le silence. Ils entourent les deux jeunes filles. L’une d’elles tient dans les bras une banderole pliée.
« Donnez-moi la banderole »
« - Non, c’est la mienne »
« Vous n’avez pas le droit ici ! »
« - Et la liberté d’expression ? »
« Qu’est-ce qui est marqué dessus ? »
« La liberté en danger »
Un gendarme lui arrache des mains.
Contrôle des papiers… Fouille… sac à dos… pique-nique, ouf, il n’y a pas de couteau !
« Vous n’avez pas le droit d’être ici, partez ! »
« - On veut voir le président »
« Non, vous devez partir »
Le fan club : « A ton âge je travaillais ! », « Qu’est ce que tu fous là ? », « Encore un soixante-huitarde »… J’en passe…
Trois à quatre gendarmes traînent les deux filles dans la neige… Je ne les ai pas revues, les « résistantes ». Je m’étais tu. Je voulais sortir, au bon moment, mon affichette cachée sous mon anorak. Un policier en civil vient me voir mais il ne trouve rien à redire.
Me voilà devant le président. Je lui parle des deux filles.
« Ce n’est pas gentil ce qu’ils ont fait », me répond-il, méprisant et ironique, sans me regarder.
« - Demandez aux gendarmes de leur rendre leur banderole »
Pas de réponse.
Après être parvenu à me présenter devant lui une deuxième fois, je lui parle des suppressions de postes dans l’Education nationale…
La réponse fuse, discrète, presque à voix basse mais bien réelle : « Retourne faire du ski ! »"
Vincent Corbaux, choqué par cette journée à l’ambiance « très particulière », ne s’est toujours pas remis du traitement réservé aux deux jeunes filles, et du comportement du président. « J’ai senti une tension, pas de la haine, mais une tension très forte, un mépris très fort du président qui ne m’a jamais regardé. Il a été d’un mépris absolu par rapport au message que j’essayais de faire passer, de façon calme et totalement pacifique. »
Dans l’assistance, seule une femme a le courage de prendre leur défense. es jeunes filles seront embarquées, malgré tout. Avec les compliments des supporters sarkozystes....
Plantu : La baisse des Impôts n'est plus à l'ordre du jour

Réforme des institutions : les choix de l'Elysée
LE MONDE | • Mis à jour le 19.03.08 | 18h10
Nicolas Sarkozy a fait son choix dans les pistes esquissées pour réformer les institutions de la Ve République. Limitation à deux du nombre de mandats successifs exercés par un même président ; renforcement de la proportionnelle au Sénat ou introduction partielle à l'Assemblée nationale ; intervention du chef de l'Etat devant le Parlement, suivie d'un débat : telles sont les principales mesures qui figurent dans la "lettre d'orientation" que le président de la République a adressée à François Fillon, lundi 12 novembre, et dont Le Monde a obtenu copie.
Ce courrier de cinq pages, qui reprend un certain nombre des propositions formulées par le comité Balladur (Le Monde du 27 octobre), constitue la première ébauche d'un projet de loi constitutionnelle dont le chef de l'Etat souhaiterait disposer avant le 15 décembre, "afin que le Parlement puisse en faire un premier examen d'ici le mois de février". Le premier ministre est prié d'engager dès à présent une consultation de "toutes les formations politiques de notre pays". Les partis qui ne sont pas représentés au Parlement auront donc leur mot à dire.
"Il me paraît souhaitable et possible de recueillir un accord large", écrit M. Sarkozy, en précisant aussitôt que "notre objectif doit être de rester cohérents sur les buts de la réforme". Alors que la question institutionnelle divise sa majorité, M. Sarkozy s'efforce de se montrer ouvert au dialogue, cette posture devant lui permettre, le cas échéant, de renvoyer à d'autres la responsabilité d'un échec de sa réforme.
Le président a pris soin d'arrondir les angles par rapport à la feuille de route qu'il avait tracée en installant le comité Balladur. Des points épineux ont disparu, les sujets qui fâchent sont abordés de manière ouverte.
Revue de détail.
Une répartition des rôles (quasi) inchangée dans le couple exécutif
L'"hyperprésident" Sarkozy voulait que la Constitution lui taille un rôle à sa mesure. Ainsi avait-il initialement plaidé pour une modification de l'article 20, qui prévoit que "le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation". Il y renonce, les formulations envisagées - "le président détermine", " le président définit" - n'étant pas venues à bout des critiques des constitutionnalistes, relayés par des politiques.
Le seul changement envisagé concerne la répartition des compétences en matière de défense. Le président maintient en revanche son souhait - auquel s'oppose le PS - de pouvoir s'exprimer directement devant les deux Assemblées. Ce serait, assure-t-il, "une manière de reconnaître et de revaloriser le rôle du Parlement". Ces interventions, précise-t-il, devraient "pouvoir donner lieu à débat", ce qui exclut implicitement tout vote.
Un pouvoir exécutif (un peu) mieux contrôlé. Le chef de l'Etat fait siennes plusieurs des propositions du comité Balladur visant à encadrer davantage ses pouvoirs : renforcement du contrôle exercé sur les pouvoirs exceptionnels (article 16, état de siège, état d'urgence) ; "droit de regard" du Parlement sur les nominations les plus importantes ; droit de grâce "réservé à des cas individuels" ; contrôle par la Cour des comptes des budgets des pouvoirs publics.
Afin de "ne pas porter atteinte à la souveraineté du suffrage", le comité Balladur avait jugé "inutile, voire inopportun", de limiter à deux le nombre de mandats successifs exercés par un même président, contrairement à ce que souhaitait M. Sarkozy. Ce dernier persiste et signe : "Je considère que le rôle de la Constitution est aussi d'aider les responsables politiques à agir plutôt qu'à chercher à se maintenir."
Un Parlement renforcé. Le président partage plusieurs recommandations du comité Balladur au sujet de l'organisation des travaux parlementaires, qui n'ont guère fait débat jusqu'à présent : encadrement de l'usage de l'article 49-3 de la Constitution (qui permet au gouvernement de faire adopter un projet de loi sans vote) ; nombre (plus élevé) et rôle des commissions ; encadrement du recours à la procédure d'urgence ; partage de l'ordre du jour, etc.
Prudence sur le cumul des mandats et la proportionnelle. Les deux sujets qui irritent au plus haut point les parlementaires UMP sont abordés du bout des lèvres par le chef de l'Etat. Concernant le cumul des mandats, que le comité Balladur souhaitait strictement limiter, M. Sarkozy se contente de demander à M. Fillon de "soumettre à la concertation l'ensemble des solutions possibles". Parmi celles-ci, le président mentionne "le renforcement des sanctions contre l'absentéisme parlementaire", ainsi qu'un "encadrement plus strict de la possibilité offerte aux parlementaires d'exercer certaines fonctions professionnelles". Le chef de l'Etat souhaite en revanche "interdire le cumul d'une fonction ministérielle avec tout mandat électif, à tout le moins avec tout mandat exécutif". Les ministres candidats aux municipales sont prévenus.
S'agissant de la proportionnelle, M. Sarkozy "incline plutôt" à ce que la proportionnelle soit renforcée au Sénat, mais il n'écarte pas la possibilité d'en instaurer "une part" à l'Assemblée nationale. "Je vous demande de soumettre au débat les deux options (...) ainsi que leurs différentes modalités", écrit-il à M. Fillon. A charge pour ce dernier de concilier, lors de ses consultations, des points de vue diamétralement opposés.
Réforme des institutions : le gouvernement présente son projet de loi, le PS le rejette
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 19.03.08 | 18h36 •
L'avant-projet de loi constitutionnelle sur la réforme des institutions sera soumis, jeudi 20 mars, au Conseil d'Etat et "dans les prochaines semaines" au Parlement, a annoncé, mercredi, le nouveau porte-parole du gouvernement, Luc Chatel. François Fillon venait de présenter en conseil des ministres une communication sur la réforme, qui vise notamment à renforcer les prérogatives du Parlement.
Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a déclaré quelques heures plus tard à la presse que les socialistes ne voteraient "pas en l'état" ce texte. Or, l'exécutif ayant exclu la voie référendaire pour faire adopter cette réforme, celle-ci devra obtenir une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés au Congrès. Une majorité impossible à atteindre sans le soutien des socialistes.
