mardi 25 mars 2008
Tension aux portes des lycées de Seine-Saint-Denis
VÉRONIQUE SOULÉ - Libération ars 2008
La suppression de nombreux postes d’enseignants à la rentrée et la réforme très contestée du bac pro suscitent de sérieux remous en Seine-Saint-Denis. Dans un communiqué, des enseignants des cinq lycées expérimentaux du «93», dont le ministre de l’Education est pourtant si fier, dénoncent «la politique suicidaire» du gouvernement. En fin de semaine, deux de ces établissements ont été le théâtre de descentes violentes de jeunes encapuchonnés, souvent venus de lycées pros en grève.
Toute cette semaine, une voiture de police stationnera en outre dans la rue du lycée. La concordance des deux mouvements - contre les suppressions de postes et contre la généralisation du bac pro en trois ans (contre quatre aujourd’hui) - rend la situation encore plus explosive dans le «93» qui compte un grand nombre d’établissements sensibles. Parmi les jeunes encapuchonnés, plusieurs avaient sur eux leur carnet de correspondance du lycée pro de Bobigny, fermé en raison de la mobilisation. Des jeunes désœuvrés des cités les auraient aussi rejoints. Dans les lycées pros, enseignants et élèves protestent contre la suppression de BEP du fait de la réforme : les BEP, qui se préparent en deux ans, permettaient à des élèves très faibles de décrocher un diplôme et de reprendre confiance, avant éventuellement de tenter le bac sur deux ans aussi.
Alors que de nombreux collèges et lycées de Seine-Saint-Denis sont bloqués ou touchés par des grèves, les cinq établissements «expérimentaux» auraient pu être épargnés. Les classes qui ont été mises en place avec des pédagogies innovantes - cours transversaux, conférences, etc. - en collaboration avec Sciences Po, étaient une réponse aux événements de 2005. Aujourd’hui, les enseignants ne veulent plus servir de «vitrine» au ministre. D’après eux, la «vision tristement comptable» du gouvernement risque de réduire ces efforts à néant. «En sciences économiques et sociales, en raison des suppressions de postes, nous aurons neuf heures supplémentaires à nous répartir à trois, or un enseignant ne veut en faire aucune et nous en faisons déjà beaucoup non payées, s’inquiète Philippe Destelle, ça rend l’expérimentation un peu amère.»
La scène qui s’est déroulée vendredi matin au lycée Jean-Renoir de Bondy s’était déjà produite la veille au lycée Louise-Michel de Bobigny. «Nous étions en assemblée générale durant la récréation pour discuter des cinq à six suppressions de postes annoncées, raconte Philippe Destelle, professeur de sciences économiques et sociales, lorsqu’environ 200 jeunes ont voulu pénétrer dans le lycée soi-disant pour rallier nos élèves à la grève. Une cinquantaine ont réussi à entrer avant qu’on ferme les portes. Armés de tournevis et de marteaux, ils ont attaqué les élèves, pris des i-Pods et des portables. Le tout n’a pas duré dix minutes.» En s’interposant, l’enseignant a été touché par une grenade lacrymogène près de l’œil. Il a dû être brièvement hospitalisé avec quatre lycéens, dont une jeune fille qui avait reçu des coups de marteau dans les côtes. L’après-midi, le recteur de Créteil s’est rendu sur place et a promis davantage de surveillants.
Tibet: Nicolas Sarkozy graduera sa réponse en fonction de Pékin
Le Monde Reuters 25.03.08 | 15h04
TARBES, Hautes-Pyrénées (Reuters) - Nicolas Sarkozy a invoqué mardi le sens des responsabilités des autorités chinoises à propos du Tibet et n'a écarté aucune éventualité quant à un boycottage de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin, le 8 août prochain. "Il faut que nos amis chinois comprennent la préoccupation mondiale qu'il y a à propos de la question du Tibet. J'adapterai ma réponse aux évolutions qui auront lieu, je l'espère le plus rapidement possible", a déclaré le chef de l'Etat français en marge d'une visite à Tarbes, au pied des Pyrénées.
Interrogé à propos d'un éventuel boycottage des JO d'été, il a répondu : "Je ne ferme la porte à aucune éventualité mais je pense qu'il est plus prudent de réserver mes réponses à l'évolution concrète de la situation".
L'entourage du chef de l'Etat a précisé qu'il évoquait la seule éventualité d'un boycottage de la cérémonie d'ouverture.
Nicolas Sarkozy a réitéré son appel à la "retenue" et son souhait de voir s'instaurer un dialogue entre les autorités chinoises et tibétaines. Des demandes contenues dans un message adressé lundi au président chinois Hu Hintao.
"J'ai dit au président Hu Jintao ma vive préoccupation. Je lui ai demandé de la retenue. Je lui ai demandé l'ouverture d'un dialogue. J'ai un émissaire qui s'est entretenu avec les autorités les plus proches du dalaï-lama. En fonction de cela, je veux que le dialogue commence et je graduerai ma réponse en fonction de la réponse qui sera donnée par les autorités chinoises. Je veux que ça s'améliore", a-t-il dit.
"TOUTES LES OPTIONS SONT OUVERTES" -"Toutes les options sont ouvertes, mais j'en appelle au sens de la responsabilité des dirigeants chinois. Je pense que c'est comme cela qu'il faut réagir si on veut obtenir des résultats".
"Cette stratégie que je propose, elle est ferme sur les droits de l'homme et elle peut aboutir à des résultats. Toutes les options sont sur la table. Donc, aux Chinois de dire ce qu'ils entendent faire des propositions que j'ai faites au nom de la France", a souligné le président français.
Plus tôt dans la journée, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, avait réclamé au micro d'Europe 1 la fin de la répression au Tibet, qui a fait, selon les autorités tibétaines en exil, au moins 140 morts.
"Il faut que les violences cessent, surtout que la répression cesse", a-t-il dit.
Nicolas Sarkozy a par ailleurs répondu à l'ancien Premier ministre Alain Juppé, qui ironise sur son blog sur le choix du mot "retenue" utilisé par les capitales occidentales pour s'adresser aux autorités chinoises. "En somme, nous demandons au pouvoir de Pékin de 'tuer avec retenue'", écrit-il.
"Alain Juppé a le droit d'avoir son opinion mais j'observe que quand il était en situation, il y avait déjà le problème du Tibet", a dit Nicolas Sarkozy.
"La réaction de mon prédécesseur (Jacques Chirac, NDLR), ça ne l'a pas empêché d'aller en Chine. Il a été ministre des Affaires étrangères, il a été Premier ministre, il connaît parfaitement la réalité chinoise. Lui-même a été souvent en Chine. Donc il ne s'agit pas de dire cela", a dit le président.
Nicolas Sarkozy a affirmé vouloir "agir au mieux", ajoutant : J'ai des convictions en matière de droits de l'homme, je n'ai jamais mis mon drapeau dans la poche".
Nicolas Princen, «l’œil de Sarkozy sur le web»
© Libération

Nicolas Princen a déjà travaillé pour le site de campagne de Nicolas Sarkozy (DR).
L’Elysée a chargé ce normalien de 24 ans de mettre en œuvre une veille du Web pour relever les critiques, buzz ou rumeurs sur le Président.
François Vignal
La vidéo du «Casse-toi pauv’con», l’affaire du SMS à Cécilia, et autres buzz ou rumeurs du Net ont certainement échaudé l’Elysée, habitué à contrôler sa communication. Mais à défaut de maîtriser, il est possible de surveiller. Pour mieux réagir.
C'est le rôle qui vient
d’être confié à Nicolas Princen, 24 ans, diplômé d’HEC et normalien. Ce
jeune homme au look de gendre idéal préfère la politique aux lettres ou
au business. Il s’était d’ailleurs mis en congé d’EuroRSCG pour
s’engager dans la campagne présidentielle de Sarkozy. Auprès de José
Frèches et François de la Brosse, il était chargé d’animer l’émission Libre cours pour la NSTV (pour Nicolas Sarkozy TV) sur le site de campagne. De lui, José Frèches dit alors sur son bloc notes qu’il est «jeune et brillant».
A l’Elysée, sous la responsabilité du chargé presse et communication
Franck Louvrier, et non de François de la Brosse (désormais responsable
du site de l’Elysée),
il sera chargé de la veille Internet : répertorier les informations,
buzz, rumeurs, attaques contre le Président, puis les transmettre pour
permettre de réagir au plus vite. Les sites d’information passeront
dans son tamis, mais aussi les forums de discussion ou autres blogs.
«Nadine Morano défonce Nicolas Princen»
Les blogueurs justement accueillent son arrivée avec sourire et moquerie. Et veulent même l’aider. «Cher
Nicolas Princen, je te souhaite bien du courage. Et je souhaite donc
savoir si tu mérites bien ta place. Je t’ai ajouté dans mes contacts
sur Facebook. Comme cela tu auras automatiquement les notifications de
mes nouveaux articles de mon blog, ce sera pratique pour toi», écrit Luc Mandret sur son blog politique. Sur le blog Mafacecachee, Princen est qualifié de «djeun's qui doit servir de mouchard sur le Net pour le compte du petit Nicolas». Pour «aider» Nicolas Princen, l’auteur ajoute «la liste non définitive des méchants». Comprendre les blogs ou site anti-Sarkozy. Quant au «blog politique de gauche» Intox2007, sous le titre Nadine Morano défonce Nicolas Princen,
il s’amuse à comparer le nombre d’occurrence des deux personnalités sur
les blogs, avec une victoire haut la main pour la députée de
Meurthe-et-Moselle.
«Pas un flicage»
L’initiative élyséenne fait moins rire d’autres blogueurs. Selon peuples.net, le geek de l’Elysée n’est là que pour «surveiller
afin de punir». «J'ai bien peur que la dérive juridique que nous venons
de connaître, durant ces élections municipales et cantonales, ne soit
que le prémisse de ce qui nous attend dans les mois à venir.»
Nicolas Princen, apprenti RG pour le compte de l’Elysée ? L’accusation
est fausse et injuste pour Eric Walter, ex-responsable Internet de
l’UMP, devenu conseiller auprès de Rama Yade, qui avait déjà instauré
une veille pour son parti . «Dire
cela serait un gros procès d’intention. La veille n’est pas un flicage,
ni même une surveillance, mais une observation. Le but n’est pas
d’empêcher.» Les blogueurs, eux, se sont déjà fait une idée. Et ont trouvé un surnom à Nicolas Princen : «L'oeil de Nicolas Sarkozy sur le Web».
Pour mieux faire connaissance, voilà Nicolas Princen dans une vidéo pour la NSTV, où il se présente :
Nicolas Princen
envoyé par sarkozyfr
Et une autre lors du meeting spécial djeun’s, au Zénith de Paris, lors de la campagne présidentielle :
les coulisses du Zénith de Sarko
envoyé par sarkozyfr
Et déjà une vidéo détournée par Torapamavoa :
Surveiller le Net "Mission Oeil de Sarkozy" Nicolas Princen
envoyé par torapamavoa
Taupola Princen : "la Taupe de Sarko sur le Web"

© « Le Blog des Ratons » de Ciel23
A Pâques 60.000 Allemands ont défilé pour la paix, dénonçant notamment l'engagement de l'armée allemande en Afghanistan.
A Pâques 60.000 Allemands ont défilé pour la paix, dénonçant notamment l'engagement de l'armée allemande en Afghanistan.
Le Figaro 23/03
Quelque 60.000 personnes, selon les organisateurs, ont participé en Allemagne tout au long du week-end de Pâques à des dizaines de rassemblements pacifistes, pour dénoncer entre autres l'engagement de l'armée allemande en Afghanistan.
Au total, environ 70 manifestations ont eu lieu depuis samedi a indiqué un porte-parole des organisateurs à Francfort (ouest). Outre l'Afghanistan, les défilés avaient notamment pour thème la situation au Tibet et en Irak.
Depuis les années 1950, le mouvement pacifiste allemand a pris l'habitude d'organiser des manifestations à travers tout le pays durant le week-end de Pâques. Les défilés de cette année, qui malgré une météo glaciale ont réuni 10.000 manifestants de plus que l'an dernier, ont montré que la tradition était toujours "extrêmement vivante et nécessaire", a ajouté ce porte-parole.
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La Croix – 23/03/08
BERLIN - Des milliers d'Allemands dans des manifestations pacifistes pour Pâques
Des milliers de personnes ont participé en Allemagne à des dizaines de rassemblements pacifistes organisés tout au long du week-end de Pâques, selon les polices et associations à travers le pays.
Au total, environ 90 manifestations étaient programmées samedi et dimanche.
L'une se tenait dimanche à proximité d'un ancien terrain de tir soviétique dans le Brandebourg (est) appelé le "bombodrome", pour protester contre sa réouverture prévue par l'armée allemande. Une autre près d'un ancien terrain d'exercices militaires à Ohrdruf en Thuringe.
Des centaines de personnes se sont aussi réunies à Francfort-sur-l'Oder, à la frontière germano-polonaise, tandis qu'une centaine ont participé dimanche à une manifestation à vélo, entre Essen et Bochum (ouest), placée sous le slogan "L'Allemagne hors d'Afghanistan!".
Comme un peu partout dans le monde, des responsables des communautés catholique et protestante ont lancé des appels à la paix.
L'évêque d'Eichstätt en Bavière (sud), Gregor Maria Hanke, a aussi appelé les chrétiens à faire entendre leur voix contre "l'oppression politique" subie par les Tibétains.
Moment crucial pour le RSA. Sarkozy et Fillon hésitent. Trop cher pour les caisses vides de l'État ? Faux ! plaide Martin Hirsch
Hirsch tremble pour le Revenu de solidarité active
Ouest-France – 25/03/08 -
Martin Hirsch. Haut-commissaire aux Solidarités actives. Recueilli par Bernard LE SOLLEU.
Vous êtes entré au gouvernement pour réaliser le RSA. Va-t-il passer la rampe auprès de l'Élysée et de Matignon ?
Nous sommes à un moment charnière. Je ne sais pas encore s'il passera ou non. Jusqu'à présent, nous avons avancé sans retard, alors que c'est un chantier très complexe. Nous devons transformer de nombreuses aides, empilées depuis des années et qui dépendent d'acteurs différents, au niveau national et local. Quand le président de la République m'a appelé, en mai 2007, je lui ai dit que ce n'était pas possible de le faire trop brusquement. J'ai demandé dix-huit mois, pour ne pas bâcler. J'ai trop vu échouer de plans de lutte contre la pauvreté, annoncés avec tambours et trompettes. Simplifier sans dégâts collatéraux, c'est le plus compliqué !
Vous attendez un arbitrage financier décisif de l'Élysée et de Matignon. Ils hésitent ?
C'est une décision lourde à prendre. Après neuf mois, à mi-chemin, il faut passer à l'acte. Déjà, dans trente-cinq départements, des gens touchent le RSA. Aujourd'hui, l'État doit décider s'il mettra ou non le paquet pour aller jusqu'au bout, en 2009. Le scénario central est compris entre deux et trois milliards d'euros. Je l'ai toujours dit. Depuis trois ans que je défends le RSA, je n'ai jamais prétendu que l'on pouvait faire une réforme de si grande ampleur avec des clopinettes.
Le RSA n'a pas été cité dans les priorités récemment affichées par Nicolas Sarkozy.
Effectivement. Cela montre qu'il y a débat. Je sens que nous sommes sur la ligne de crête : quand se font jour les tentations de refermer le couvercle sur les allocataires de minima sociaux et les travailleurs pauvres, il faut basculer sur le bon versant, là où la réalisation du RSA deviendrait certaine. Je mets toute mon énergie pour convaincre.
Les caisses de l'État sont vides. L'économie mondiale flageole. La récession menace. Où trouver les financements ?
J'ai mis sur la table tout un panier de financements possibles. On doit les trouver sans accroître les déficits. J'ai proposé un éventail très large de ressources à mobiliser, depuis une contribution des superprofits ou des rachats d'actions par les entreprises jusqu'à la réduction de certains avantages fiscaux sur des revenus moins taxés que les revenus du travail. On peut dire qu'on ne veut pas le faire, on ne peut pas, en revanche, nous opposer que c'est impossible.
Sur le plan strictement économique - sans parler de justice sociale - en quoi la lutte contre la pauvreté est-elle efficace ?
Si l'on veut que notre pays soit armé pour résister aux turbulences de l'économie, il faut être capable de réintégrer vers le travail ceux qui en ont été sortis. Et il faut soutenir les travailleurs pauvres et précaires. Quand des millions de personnes sont hors circuit, cela n'aide pas à retrouver de la croissance. Et puis, très vite, les entreprises vont être freinées, faute de main-d'oeuvre disponible. Si l'on ne fait rien, c'est écrit par avance : à la délocalisation pour surcoût de la main-d'oeuvre s'ajoutera la délocalisation pour absence de main-d'oeuvre mobilisable. Déjà, des bassins d'emploi nous appellent à l'aide. C'est le cas du pôle de compétitivité de Nantes-Saint-Nazaire. Il leur faut recruter 6 000 personnes en trois ans, sinon la sous-traitance locale va disparaître. Voilà pourquoi la France a besoin du RSA et d'une nouvelle politique d'insertion.
Martin Hirsch : le RSA, « on peut dire que l'on ne veut pas le faire ; on ne peut pas, en revanche, nous opposer que c'est impossible ».
À Lyon, un curé hors-la-loi pour les sans-papiers
– 25/03/08 - Christelle GUIBERT.
Ouest-France
Depuis trois ans, Michel Durand héberge des sans-papiers dans sa cure de la paroisse Saint-Polycarpe, située dans le 1er arrondissement de Lyon.Il a choisi la désobéissance civile. Portrait d'un prêtre opposé à une loi qu'il juge incompatible avec sa foi.
Les déracinés le savent, il arrive que votre lieu d'adoption vous corresponde davantage que votre lieu de naissance. A fortiori si vous l'avez fui. Michel Durand, par exemple, est né en 1942 dans la petite bourgeoisie de Paray-le-Monial, en Saône-et-Loire. Mais l'esprit qui règne sur les pentes de la Croix-Rousse, où est perché son presbytère, lui sied bien mieux.
Dans ce quartier populaire de Lyon chargé d'histoire, on se méfie instinctivement des ordres qui viennent d'en haut, on grouille d'idées pour les contester et « on ne laisse pas dans la rue une personne en pleine détresse. La révolte contre les injustices sociales, ça remonte au temps des canuts », explique le curé, citant ces forçats de la soie qui voulaient « Vivre en travaillant ou mourir en combattant ».
« Ici aussi, on continue à se parler davantage qu'ailleurs ». L'urbanisme, complexe pour épouser le dénivelé, oblige les habitants à se croiser, à pied, dans les escaliers, dans les « traboules », ces passages qui relient les hautes maisons à étages. Le dédale a rendu fous les nazis qui ne s'y risquaient que sur dénonciations ' sûres ' : Klaus Barbie y a fait rafler 80 juifs, dont le père de Robert Badinter. Allez donc chercher des sans-papiers là-dedans... Rien que pour explorer les couloirs tarabiscotés qui courent autour de l'église Saint-Polycarpe, il faudrait une journée avec un GPS performant.
Michel Durand est un bon voisin, que la police n'a jamais inquiété. Les anciens lui trouvent une tête de philosophe grec ; les jeunes, « de vieux soixante-huitard ». Les anarchistes, accros au quartier, se marrent avec ce curé qui juge, pour l'avoir expérimenté, le travail en usine avilissant, théorise sur l'utopie, les bienfaits de la contemplation... Dimanche dernier, il a encore dû refuser une invitation à déjeuner. « Je ne peux jamais, le dimanche midi, il y a un apéritif après la messe de 11h. »
Il y a trois ans, une Camerounaise a poussé la porte de la cure et exposé la menace de reconduite à la frontière qui pesait sur elle et son enfant. « J'ai fait ce que tout chrétien conscient de son baptême aurait dû faire ». Il l'a hébergée, risquant ainsi les trois ans de prison, rarement appliqués, qui punissent l'aide au séjour irrégulier. Depuis, il récidive régulièrement, en lien étroit avec des associations militantes comme Réseau éducation sans frontières ou la Cimade (service d'entraide pour l'accueil des étrangers).
« Ce n'est pas une grosse structure », dit Michel Durand en parlant de sa planque. « Il y a des douches chaudes, une cuisine mais peu d'intimité. Le mercredi, les bénévoles reçoivent les gamins du soutien scolaire. Il faut cohabiter ». Mais chacun trouve aisément sa place dans cette cure typiquement lyonnaise. Les pièces étroites s'égrainent comme un chapelet enroulé autour de l'église. Deux étages peuplés de recoins. Des ours en peluche traînent sous les crucifix.
À Lyon, toute la ville est au courant du sens de « l'hospitalité chrétienne » du père Durand. Il l'a expliqué dans le magazine Lyon Capitale. Il a choisi la désobéissance civile et « accepte les interviews comme un outil susceptible d'encourager les uns et les autres ». Il rêve de voir la communauté chrétienne se rassembler, battre le pavé « contre cette loi inique sur l'immigration. Les catholiques ont bien su le faire pour défendre l'enseignement privé. »
Sur son blog, le curé frondeur reçoit des mots d'encouragement, échange des mails avec un pasteur via le journal La Croix, essuie aussi de sévères critiques. Certains l'accusent de « déstabiliser la France. Un bien grand pouvoir que je n'ai pas. » Lui se dit en accord avec sa conscience, sa foi, ses paroissiens - « Ils n'ont pas encore viré leur curé ! » - et la position de l'Église catholique française qui rappelle en substance : « Les chrétiens refusent par principe de choisir entre bons et mauvais migrants... Ils sont nos frères et nos soeurs en humanité. »
Comment réagit sa hiérarchie ? Aucun mot, ni réprimande pour l'instant. Le cardinal-archevêque Barbarin s'abstient de tout commentaire. « Il ne veut pas d'un mouvement qui ferait tâche d'huile », analyse Christian Terras, le rédacteur en chef de la revue Golias. Pour ce catholique progressiste, « le père Durand ne fait que son job de chrétien. Le Smic évangélique. »
Le curé de Saint-Polycarpe se doute que l'opposition massive à la chasse aux sans-papiers, qu'il espère en prière et en acte, ne viendra pas d'en haut. Il observe dans son Église « un repli identitaire » qui l'inquiète. « Tous ces jeunes prêtres qui choisissent de porter l'habit noir... » lui paraissent loin de lui, du message du Christ qui l'attirait depuis son enfance : « J'ai grandi marqué par la différence entre les pauvres et les riches ». Après la théologie, chez les Jésuites, à Rome, il a repris des études en sociologie politique et se montre aussi doué en prêche qu'en « macroéconomie. Je suis en accord philosophique avec les Décroissants (1). Je lis leur journal, le siège est à deux rues de la cure. Si nous n'arrivons pas à retrouver une certaine simplicité, le drame de l'Afrique, le déséquilibre mondial se retournera contre nous. »
(1) Les adeptes de la décroissance prônent une diminution de la consommation et de la production, une simplicité qui respecterait le climat, l'écosystème et les êtres humains.
Le collectif est notre plus grande arme
Patti Smith née le 30 décembre 1946, légende du rock à la voix incroyable, passionnée de culture française et Commandeur des Arts et lettres, exposes ses photographies à Paris.
A propos de "People Have the Power" écrit dans les années 80 voici ce qu'elle dit :
"Cette chanson, que nous avons écrite Fred - mon mari - et moi, est un cadeau au public pour dire que nous sommes tous aussi importants en tant qu’individus, mais que collectivement, nous pouvons tout faire."
"Je le penserais toujours ! Parfois nous n'utilisons pas ce pouvoir par peur, par lassitude, ou parce que nous ne croyons pas à son efficacité. La voix des gens est la seule chose qui fait peur aux gouvernements et aux entreprises. Notre plus grande arme est notre voix collective."
PS : l’appel des 5 000
Libération - mardi 25 mars 2008
Cronique de Pierre Larrouturou délégué national Europe du PS.
Comment la gauche peut-elle répondre aux attentes de tous ceux qui ne veulent pas de l’avenir que Nicolas Sarkozy leur prépare ?
Comment répondre aussi aux défis que pose la crise financière la «plus grave depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale» ?
Si la gauche a gagné les municipales, ce n’est pas seulement par rejet de la droite. C’est parce qu’au niveau local, les élus et les militants travaillent. Ils sont à l’écoute ; ils font des propositions concrètes. Pourquoi ce qui marche au niveau local n’est-il pas fait au niveau national ? D’après les statuts du PS, une grande convention doit être organisée tous les six mois pour approfondir un point du projet. Chômage, salaires, éducation, logement, climat et biodiversité… En cinq ans, nous aurions dû tenir dix conventions. Nous n’en avons tenu aucune ! Voilà pourquoi nous avons perdu en 2007 !
Avec dix-huit parlementaires, bon nombre d’élus locaux et plus de 5 000 militants issus de toutes les tendances du parti, nous demandons que le PS se mette au travail. «Pour de vrai.» Très concrètement ! Tel est le sens de la pétition que nous allons déposer ce soir au conseil national.
En 1982, à Wassenaar aux Pays-Bas, les partenaires sociaux ont pris trois mois pour négocier un nouveau contrat social qui a permis, en quelques années, de diviser par deux le chômage et la précarité. De même, nous demandons que le PS et l’ensemble des forces de gauche se mettent, sans tarder, à l’écoute des citoyens, des élus, des syndicats et des mouvements patronaux, des associations et des économistes pour définir très concrètement un nouveau contrat social. Il faut prendre le temps d’un débat approfondi (ce qu’un congrès ne permet jamais) et ensuite, il faudra faire des choix. Trancher.
Mais, vu la gravité des déséquilibres accumulés, une réponse nationale ne peut pas suffire : nous demandons aussi que le PS invite les forces de progrès des vingt-sept Etats membres de l’Union européenne à travailler ensemble pendant quelques semaines pour clarifier les régulations nécessaires au bon fonctionnement de l’Union et rédiger un traité social. Vu la gravité de la situation, n’est-il pas urgent que l’Union européenne convoque un nouveau Bretton Woods pour négocier avec la Chine et les Etats-Unis de nouvelles règles du jeu monétaires, sociales et écologiques ?
Non, le PS ne peut pas perdre trois mois à peaufiner ses statuts puis trois mois (ou plus) à se déchirer sur la place publique. Il doit, sans tarder, créer les conditions d’un sursaut intellectuel et politique de la gauche toute entière.
On peut signer l'appel sur: www.nouvellegauche.fr
Aujourd’hui, la direction du PS propose de consacrer les trois prochains mois à améliorer les statuts du parti (Libération, 17 mars). Sans doute, sur tel ou tel point, nos statuts peuvent-ils être toilettés. Mais est-ce vraiment la priorité ? Va-t-on dire aux Français «Fillon vous désole, Sarkozy vous désespère, l’économie américaine s’effondre ? Patientez, le PS s’occupe de ses statuts» ? C’est inimaginable !
Message du Dalaï-Lama
Quelle que soit votre vénération pour les maîtres tibétains
et votre amour pour le peuple tibétain,
ne dites jamais de mal des Chinois.
Le feu de la haine ne s'éteint que par l'amour
et, si le feu de la haine ne s'éteint pas,
c'est que l'amour n'est pas encore assez fort."
Tenzin Gyatso moine bouddhiste - XIVème Dalai Lama
Centrale EPR : le porte-parole de "Sortir du nucléaire" convoqué par la DST
Le Réseau "Sortir du nucléaire", Fédération de 810 associations, proteste contre la nouvelle mise en cause de son porte-parole Stéphane Lhomme par la DST (Direction de la surveillance du territoire) qui le convoque dans ses locaux de Levallois-Perret mardi 25 mars à 14h.
Il s'agit des suites de l'affaire du document "confidentiel défense" qui reconnaît que, contrairement à ce que prétendent EDF, AREVA et les autorités françaises, le réacteur nucléaire EPR n'est pas conçu pour résister à un crash suicide réalisé avec un avion de ligne.
Le 16 mai 2006, sur ordre de la section antiterroriste du Parquet de Paris, la DST avait fait irruption à Bordeaux chez Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau "Sortir du nucléaire", l'avait placé en garde à vue, soumis à interrogatoire pendant 15 heures, avait perquisitionné son appartement et saisi du matériel informatique et des dizaines de documents, dont une copie du fameux document "confidentiel défense".
Depuis, l'affaire semblait avoir été oubliée par la police et la justice, mais il apparaît clairement qu'il n'en est rien. Pour la seule détention de ce document"Confidentiel défense", Stéphane Lhomme risque 5 ans de prisons et 75 000 euros d'amende.
En réaction à l'intervention liberticide de la DST, le Réseau "Sortir du nucléaire", de nombreuses autres associations, et plusieurs parlementaires avaient publié, dès le lendemain 17 mai 2006, une copie numérisée du document en question sur leurs sites web respectifs.
Le Réseau "Sortir du nucléaire" estime que c'est pour lui un devoir absolu de faire connaître aux citoyens la vérité - fût-elle classifiée "secret défense" - sur un sujet aussi crucial que l'énergie nucléaire et les risques extrêmes qu'elle fait courir.
La vulnérabilité du réacteur EPR en cas de crash suicide est une raison supplémentaire - en plus des tares bien connues du nucléaire : risques d'accident, production de déchets radioactifs, prolifération - pour ne pas construire ce réacteur : loin de céder devant les terroristes, il s'agit au contraire de ne pas leur offrir de cible pouvant convenir parfaitement à des gens aussi déterminés que mal intentionnés.
En conclusion, il est parfaitement injuste que Stéphane Lhomme et le Réseau "Sortir du nucléaire" soient inquiétés par les autorités françaises et la justice :ils devraient au contraire être félicités pour exercer courageusement leur mission citoyenne en faveur de l'environnement et de la démocratie.
Contact presse (Stéphane Lhomme) : 06 64 100 333
Rassemblement de soutien
mardi 25 mars à 12h30
devant les locaux nationaux de la DST
84 rue de Villiers à Levallois-Perret
Métro Anatole France (ligne 3)
José Bové sera présent ainsi que d¹autres personnalités.
Un second rassemblement de soutien aura lieu
devant les locaux régionaux de la DST
au 23 rue François de Sourdis à Bordeaux (ville où habite Stéphane Lhomme)




