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mardi 25 mars 2008

PS : l’appel des 5 000

Libération - mardi 25 mars 2008

Cronique de Pierre Larrouturou délégué national Europe du PS.

 

Comment la gauche peut-elle répondre aux attentes de tous ceux qui ne veulent pas de l’avenir que Nicolas Sarkozy leur prépare ?

Comment répondre aussi aux défis que pose la crise financière la «plus grave depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale» ?

Si la gauche a gagné les municipales, ce n’est pas seulement par rejet de la droite. C’est parce qu’au niveau local, les élus et les militants travaillent. Ils sont à l’écoute ; ils font des propositions concrètes. Pourquoi ce qui marche au niveau local n’est-il pas fait au niveau national ? D’après les statuts du PS, une grande convention doit être organisée tous les six mois pour approfondir un point du projet. Chômage, salaires, éducation, logement, climat et biodiversité… En cinq ans, nous aurions dû tenir dix conventions. Nous n’en avons tenu aucune ! Voilà pourquoi nous avons perdu en 2007 !

Avec dix-huit parlementaires, bon nombre d’élus locaux et plus de 5 000 militants issus de toutes les tendances du parti, nous demandons que le PS se mette au travail. «Pour de vrai.» Très concrètement ! Tel est le sens de la pétition que nous allons déposer ce soir au conseil national.

En 1982, à Wassenaar aux Pays-Bas, les partenaires sociaux ont pris trois mois pour négocier un nouveau contrat social qui a permis, en quelques années, de diviser par deux le chômage et la précarité. De même, nous demandons que le PS et l’ensemble des forces de gauche se mettent, sans tarder, à l’écoute des citoyens, des élus, des syndicats et des mouvements patronaux, des associations et des économistes pour définir très concrètement un nouveau contrat social. Il faut prendre le temps d’un débat approfondi (ce qu’un congrès ne permet jamais) et ensuite, il faudra faire des choix. Trancher.

Mais, vu la gravité des déséquilibres accumulés, une réponse nationale ne peut pas suffire : nous demandons aussi que le PS invite les forces de progrès des vingt-sept Etats membres de l’Union européenne à travailler ensemble pendant quelques semaines pour clarifier les régulations nécessaires au bon fonctionnement de l’Union et rédiger un traité social. Vu la gravité de la situation, n’est-il pas urgent que l’Union européenne convoque un nouveau Bretton Woods pour négocier avec la Chine et les Etats-Unis de nouvelles règles du jeu monétaires, sociales et écologiques ?

Non, le PS ne peut pas perdre trois mois à peaufiner ses statuts puis trois mois (ou plus) à se déchirer sur la place publique. Il doit, sans tarder, créer les conditions d’un sursaut intellectuel et politique de la gauche toute entière.

On peut signer l'appel sur: www.nouvellegauche.fr

Aujourd’hui, la direction du PS propose de consacrer les trois prochains mois à améliorer les statuts du parti (Libération, 17 mars). Sans doute, sur tel ou tel point, nos statuts peuvent-ils être toilettés. Mais est-ce vraiment la priorité ? Va-t-on dire aux Français «Fillon vous désole, Sarkozy vous désespère, l’économie américaine s’effondre ? Patientez, le PS s’occupe de ses statuts» ? C’est inimaginable !

Posté par werdna à 10:25 - Partis politiques - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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