Résistance Inventerre

-:¦:- Information Non-Violence, Environnement TERRE -:¦:- "Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent" Lucie Aubrac

lundi 24 mars 2008

À peine élu, le conseil municipal de Fleury (Manche), démissionne. La raison : personne ne se sent la capacité d'être maire.

Ouest-France – 24/03/08

ouestfrance2403

« Après une longue réflexion collective et de longs échanges, nous n'avons pas trouvé de candidat aux fonctions de maire », a déclaré au public Claude, doyen d'âge des conseillers. Vendredi soir, à Fleury, dans la Manche, les habitants s'étaient déplacés nombreux, 70 personnes environ, pour découvrir leur nouvelle équipe municipale et leur nouveau maire.

Mais, rapidement, ils sont tombés des nues avec l'annonce de la démission de l'ensemble des quinze conseillers élus. La raison : « Être maire demande une disponibilité et des compétences qu'aucun d'entre nous ne peut assumer. C'est pourquoi nous présentons notre démission. »

Nouvelles élections dans deux mois

Aussitôt, l'assistance a réagi : « Vous nous prenez pour des... » Mais cette réaction épidermique a été vite éteinte par Daniel Vesval, l'un des quatre conseillers sortants réélus : « Sommes-nous les seuls responsables ? Il y avait une personne potentiellement intéressée par la fonction de maire. Mais vous en avez décidé autrement... » En effet, Alain Fontaine, retraité, seul candidat aux municipales postulant à la mairie, n'a pas été élu, ni au premier ni au deuxième tour.

Parmi les quinze conseillers, onze sont nouveaux, sans expérience d'une municipalité et ne se sentent pas capables d'assurer les fonctions de premier magistrat. Et les quatre anciens ne se trouvent pas plus l'âme d'être maire. Alors, « plutôt que de mettre la commune en difficulté ou d'avoir un maire fantôme, mieux vaut s'arrêter là. Car vous nous l'auriez reproché rapidement », ont-ils insisté auprès des électeurs.

Les Fleurions devront trouver un nouveau leader. Le conseil a envoyé sa lettre de démission, samedi matin, au préfet de la Manche. Ce dernier désignera ce qu'on appelle un triumvirat : trois personnes chargées de gérer les affaires courantes de la commune. En attendant de nouvelles élections municipales, sous un délai de soixante jours.

Posté par werdna à 11:01 - Démocratie - Institutions - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Quand la France prive l'Afrique de médecins

Ouest-France - Michel ROUGER – 24/03/08

Ils sont des milliers à exercer dans l'Hexagone, alors que leurs pays manquent de docteurs. L'ONG Oxfam France-Agir ici s'attaque à ce non-sens.

Fière des « french doctors » de Médecins sans frontières ou de Médecins du Monde, la France oublie que les « african doctors » sont bien plus nombreux aujourd'hui à venir soigner les Français ! À cause de la pénurie - bien relative - qui frappe nos hôpitaux et nos campagnes et du désir de ces médecins de mieux vivre, selon la double justification habituelle. En réalité, le phénomène, observé dans les pays riches depuis vingt-cinq ans, est organisé. En témoigne l'ONG Oxfam France - Agir ici, qui en a fait un cheval de bataille.

Une saignée organisée :

La France est le 3e pays au monde à attirer ainsi - en les sous-payant - des médecins des pays pauvres, derrière les États-Unis et la Grande-Bretagne. Selon l'OCDE, l'organisation des pays industrialisés, « 18 000 médecins exerçant en France, soit 6 % des effectifs totaux, ont été formés hors de l'Union européenne », indique Jean-Denis Crola, qui pilote l'action d'Oxfam France - Agir ici. En vingt-cinq ans, la part des professionnels de santé (médecins, infirmières, etc.) formés à l'étranger a été multipliée par six. C'est ainsi que l'Île-de-France compte aujourd'hui plus de médecins béninois que le Bénin...

Les pays d'Europe de l'Est sont aussi saignés. « L'année dernière, 450 médecins roumains, soit trois promotions annuelles d'une fac de médecine, ont été recrutés pour s'installer en France ! », ajoute Jean-Denis Crola. Des recruteurs, comme Medical Agency ou Arime (Association pour la recherche et l'installation de médecins européens), démarchent à Bucarest, Varsovie, Budapest...

Mais c'est bien sûr en Afrique, dont la moitié des médecins s'expatrient dans les cinq ans qui suivent leurs études, que cet exode médical tue le plus. Il explique en partie pourquoi, depuis quinze ans, au sud du Sahara, l'espérance de vie a chuté de 50 ans à 46 ans. Si l'accès aux médicaments contre le sida a bien progressé, sous la pression de l'opinion, on manque cruellement de personnels pour les administrer...

Ces médecins qui s'exilent, les pays africains les ont pourtant formés. « Ils font sur place leurs cinq premières années d'études, les plus coûteuses, poursuit Jean-Denis Crola ; s'ils passent les trois dernières en France, ils travaillent en même temps à l'hôpital. » L'Afrique forme donc des médecins pour la France. Un pillage pour résorber une pénurie clairement programmée : jusqu'en 2002, la France a limité à moins de 5 000 par an le nombre de nouveaux médecins. Ce « numerus clausus » (lire ci-dessous) doit repasser au-dessus de 8 000, l'an prochain, mais le mal va durer longtemps, amplifié par la masse des départs en retraite.

Rembourser le pays d'origine

La principale proposition d'Oxfam France - Agir ici est donc de compenser le coût supporté indûment par les pays africains. « L'Afrique perd ainsi quelque 500 millions d'euros par an sans compter les coûts indirects : ces cerveaux qui s'en vont pourraient développer leur pays ». La France doit aussi augmenter le secteur santé de son aide au développement : elle est en dessous de la moyenne (7 %, contre 11 % dans les autres pays riches). Pour l'ONG, il n'est donc pas question, bien sûr, de fermer les frontières aux médecins africains. Elle ne table guère, par ailleurs, sur les chartes ou codes « éthiques » non contraignants, qui ont montré leur inefficacité en Grande-Bretagne. Simplement, la France doit d'abord payer son dû puis aider à la hauteur des autres.

Pour faire quoi ? « Il faut investir massivement dans les systèmes de santé (en Afrique), dans le fonctionnement, les coûts salariaux ; la France refuse aujourd'hui de le faire, elle préfère construire un hôpital que d'aider à le faire fonctionner... » C'est pourtant la seule façon de retenir des médecins aujourd'hui mal payés, mal équipés, soumis aux risques sanitaires : « À cause du sida, l'Afrique va sans doute perdre 20 % de ses personnels soignants au cours des prochaines années. »

Posté par werdna à 10:57 - Immigrations - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Notre impatience a des limites

- Libération samedi 22 mars 2008

Mathieu Lindon

A défaut des Jeux olympiques, l’UMP semble avoir eu la tentation de boycotter les résultats des élections municipales et cantonales.

Puis elle a eu l’idée qu’il fallait les interpréter comme le souhait de davantage de réformes, l’impatience, plus loin, plus vite. On dirait un père de famille traînant ses enfants en larmes dans la rue et expliquant aux passants alarmés : «Ils sont impatients de retourner chez le dentiste.» Il y a quelque chose d’obscène dans les déclarations gouvernementales, comme si le pouvoir s’adressait à la France en disant : «Tu la sens, ma grosse réforme ? Tu la kiffes, hein, tu en veux encore ? Tu ne peux pas t’en passer. Plus vite ? Plus fort ? On ira jusqu’au bout.» On va en bouffer, de la réforme.

La démocratie devient très sophistiquée quand l’opposition triomphe et que le pouvoir n’a pas perdu. Tout serait donc la faute de l’impatience. Mais, à examiner les chiffres, notre impatience a des limites, elle est minoritaire. Et si le rythme était trop lent cette année, Nicolas Sarkozy lui-même aura du mal à assurer l’année prochaine à bloc.

On sent en outre qu’une bonne grosse crise financière permettra de faire passer toutes les mesures qui s’annoncent. Il n’y aura peut-être pas les grands maux mais on n’échappera pas aux grands remèdes. Avec les suites des subprimes, en plus de la médicale, on aura une franchise gouvernementale («On ne peut pas faire autrement», dira le pouvoir). Cependant, fiscal ou électoral, la droite l’a reçu, son paquet.

Parmi les étranges leçons à tirer du scrutin, on remarque que la lutte pour les minorités visibles part du VIIe arrondissement de Paris, à en juger par Rachida Dati. Ce n’est pas en banlieue mais dans un quartier chic que la cause a fait son meilleur score : est-ce un bon signe ? Et quand Françoise de Panafieu dit en gros : «Paris a résisté, donc je démissionne», sa déclaration n’aurait-elle pas plus de sens si ce à quoi Paris a résisté n’est pas tant la vague socialiste que la politique gouvernementale ?

Il y a aussi quelque chose d’exemplaire dans la victoire de Jean Tibéri, s’il représente la meilleure part de la résistance de la droite et de sa moralité. On a l’impression qu’il est élu depuis mille ans mais, aussi, que la pauvre Lyne Cohen-Solal, son adversaire éternellement malheureuse, est battue depuis le même laps de temps. C’est quand même moins extraordinaire de présenter tout le temps le même candidat quand il gagne que quand il perd. Au demeurant, n’aurait-il pas été judicieux, dans le mini-remaniement, de nommer Jean Tibéri secrétaire d’Etat chargé des électeurs ? Il a l’air de savoir faire ça très bien.

Même si le Président prend la défaite pour lui, il sera difficile de savoir exactement quelle leçon en tirer pour sa vie privée : il ne faut plus qu’il divorce ou il ne faut plus qu’il se marie ? Et si c’est vraiment à cause de ça que les choses ont capoté, ça veut dire que le gouvernement n’a pas de quoi être fier de ses résultats, ni la gauche de sa victoire. Les électeurs ont beau ne pas forcément être prix Nobel, il y a quand même des limites à être pris pour des cons. Ce n’étaient peut-être pas des élections nationales mais ce n’étaient pas des élections privées, non plus. Si c’est comme ça, on va finir par le faire céder, Sarkozy. Le pied que ça va être quand il ne portera plus de Rolex. Car on ne peut pas dire que c’est du combat contre la loi sur la rétention de sûreté que la gauche a fait son cheval de bataille.

Posté par werdna à 10:33 - Partis politiques - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Pour une politique qui nous aide à vieillir à domicile

Libération - lundi 24 mars 2008 

Véronique Fournier médecin, directrice du Centre d’éthique clinique de l’hôpital Cochin, ex-Médecin du monde.  

Solange, 94 ans, vit seule, chez elle. Elle n’a le droit qu’à deux heures d’aide par jour au titre de l’APA, l’aide aux personnes dépendantes, créée par la loi de février 2002. Il y a dix-huit mois, on lui a coupé la jambe, elle souffrait d’artérite. Elle craint par-dessus tout que la maladie gagne l’autre jambe. Si cela arrive, elle n’aura plus le choix, il lui faudra partir à la maison de retraite. Mais, elle l’a dit, elle n’ira pas, d’ailleurs elle a ce qu’il faut, caché là sous l’oreiller, pour alors en terminer. Plutôt mourir que de partir.

Maurice, 93 ans, attend des journées entières devant une télévision assourdissante dont il est l’otage abruti et résigné. Que fait-il à l’hôpital ? Depuis que sa femme est morte, il est resté aussi longtemps qu’il a pu dans son HLM. Mais là, il semble qu’on a décidé que cela ne pouvait plus durer. Alors, il voudrait mourir, un matin ne plus se réveiller. Car c’était sa vie, il l’aimait, il n’en veut pas d’autre.

Denise, 78 ans, souffre depuis onze ans de la maladie de Parkinson, la forme paralysante, explique sa fille. «Elle habite au-dessus de chez moi, j’y suis matin, midi et soir, je voudrais tellement pouvoir la garder chez elle jusqu’au bout, mais je ne sais pas si j’y arriverais, je suis menue et c’est si dur toute seule. Elle en mourra de partir, et moi de ne pas avoir pu tenir…»

Ces histoires sont quotidiennes, avec les angoisses que chacune charrie. Aujourd’hui, aux situations d’isolement et de dépendance engendrées par la vieillesse, la principale réponse de la collectivité est l’hébergement collectif. Pourtant, à entendre ceux qui sont concernés, ce n’est vraiment pas ce qu’ils veulent, ou si rarement ! Pourquoi l’autre branche de l’alternative reste-t-elle si peu développée : l’aide massive au maintien à domicile, jusqu’au bout, de toutes les personnes qui le souhaitent ? Certes, l’idée n’est pas récente et plusieurs plans successifs ont eu pour objectif de développer des services à la personne, mais les efforts restent trop lents et trop timides.

Pourtant, les arguments ne manquent pas.

Le premier est une conception du vieillissement vu comme une continuation de soi-même, devant s’inscrire en cohérence avec une histoire de vie, et non dans la rupture.

Le deuxième est la place montante d’une certaine revendication autonomiste et individualiste. Ne faut-il pas l’admettre et reconnaître qu’à ce titre il y a une grande violence à imposer une vie en collectivité à des hommes et des femmes dont l’un des principaux combats a été de tenter d’acquérir, au fil des ans, toujours plus de moyens financiers, affectifs et culturels pour leur autonomie ?

Le troisième envoie à une relecture de la notion de dépendance. «Il y a deux visions de la dépendance liée à la vieillesse, dit Bernard Ennuyer, sociologue et directeur d’un service d’aide à domicile. Celle qui renvoie à la dépendance fonctionnelle et celle qui renvoie à la perte d’autonomie, au sens d’une personne n’ayant plus la capacité de se fixer à elle-même ses propres lois. La confusion des genres est fréquente et elle amène trop souvent à considérer ceux qui ne peuvent plus accomplir seuls les principaux actes de la vie quotidienne comme n’ayant plus le droit de décider pour eux-mêmes de la façon dont ils veulent vivre.»

Il est urgent de refonder la notion de solidarité sur celle de lien social plutôt que de protection sociale. En effet, il est trop facile de s’estimer quitte d’un devoir citoyen de solidarité, au prétexte de l’importance des cotisations sociales que l’on paie. Et on peut s’interroger sur le sens d’un système national de protection sociale qui, en contrepartie d’une grande solidarité financière, aboutit à amoindrir le lien social.

Les services à la personne sont depuis longtemps reconnus comme une réserve encore abondante de création d’emplois. Reste à mettre en œuvre la politique qui convient pour véritablement favoriser leur développement, autrement que de façon marginale. Pour cela, il faut imaginer au plan financier des mécanismes d’incitation plus puissants qu’aujourd’hui et qui ne profitent pas qu’aux riches, mais aussi un réel accompagnement en termes de formation, d’encadrement et d’évaluation.

Les personnes âgées qui souhaitent rester chez elles jusqu’au bout de leur vie sont souvent propriétaires de leur logement. En ces temps de difficultés, pour beaucoup, d’accès au logement, n’y aurait-il pas quelque chose à inventer de l’ordre du troc de solidarité : en contrepartie d’une aide publique au maintien à domicile, quelques années de mise à disposition de ces logements au profit de mal logés connus de la municipalité, comme une sorte de viager social ?

Enfin, l’une des conséquences fréquentes de l’hébergement collectif est souvent une médicalisation sans frein dont on peut se demander si les intéressés eux-mêmes ne la ressentent pas comme excessive et si le maintien à domicile ne permettrait pas de mieux la contrôler.

Pour conclure, une suggestion : pour qu’enfin ils prennent un sens, si l’on fondait nos choix politiques sur la réalité du terrain et sur les souhaits des premiers concernés ? Ils sont si rares, ceux pour qui le «placement» n’a pas détérioré le lien social et n’a pas creusé la rupture avec le passé. Ils sont si nombreux, ceux qui le vivent comme une petite mort et qui auraient préféré rester chez eux, au risque d’en finir plus tôt !

Posté par werdna à 10:28 - Solidarités - Social - Rétroliens [0] - Permalien [#]

TRAVAIL ILLEGAL. La servitude des bonnes des beaux quartiers

Pascale Égré - lundi 24 mars 2008 | Le Parisien

Elles sont domestiques corvéables à merci, sans papiers, sous-payées, pour la plupart originaires des Philippines, et vivent dans des conditions souvent indécentes au service de familles aisées. Rares sont celles qui se rebellent.

LA PLUPART, convaincues de ne « pas avoir le choix », se taisent et acceptent leur sort. Elles décrivent des « patrons gentils », qui offrent « une chance » au regard de la situation dans leur pays d'origine et dont les enfants deviennent « comme les nôtres ». Quelques-unes, après des années d'exploitation et d'espoirs déçus, ou parce que la servitude s'est mue en esclavage, entament une démarche judiciaire pour faire valoir leurs droits.

« Ils m'avaient promis plein de merveilles. Quand j'ai demandé s'ils pouvaient m'aider pour les papiers, c'est devenu un cauchemar », raconte Fanny, une Cap-Verdienne de 39 ans qui a passé dix ans au service d'un riche couple des Hauts-de-Seine et dix autres à batailler devant les tribunaux. Domestique, garde d'enfants, cuisinière, couturière, femme de ménage... Etrangères, sans papiers, sous-payées, elles sont - parfois des hommes aussi - les « petites bonnes » de familles aisées de Paris ou de la Côte d'Azur.

« N'est pas notre employée », s'est d'abord entendu répondre Angela, qui a porté son dossier devant le conseil de prud'hommes de Paris après neuf ans de service. « Un léger travail d'entretien » en échange d'une chambre de bonne, assure désormais la défense du couple qui l'utilisait, dirigeants d'une célèbre marque de vêtements branchés. « Ces gens établissent une relation quasi coloniale, où règne une totale hypocrisie », tempête Me Slim Ben Achour, avocat de Fanny et aujourd'hui d'Angela, qui se dit convaincu du « caractère discriminatoire » de ces situations. « C'est parce qu'elles sont femmes, venant d'Afrique ou d'Asie, et de couleur que ces conditions de travail leur sont faites », affirme-t-il.

Fuir au Canada
Le cas des domestiques philippin(e)s, très apprécié(e)s de l'élite de l'Ouest parisien, n'est un secret pour personne, ministère de l'Immigration y compris. Depuis l'automne, ce dernier négocie un « accord de gestion concertée des flux migratoires » entre la France et les Philippines qui « vise uniquement les emplois qualifiés et les étudiants ». Quid des employées de maison déjà présentes en France ? « Elles ne sont pas du tout concernées par l'accord. Cela en fausserait l'esprit », insiste un porte-parole de la Rue de Grenelle. Dans la communauté, pourtant rodée à une solidarité mêlant action des associations et des Eglises, la crainte de l'expulsion est devenue telle que beaucoup s'organisent pour tenter l'émigration au Canada. « Trente sont partis en décembre », assure Rafaelito Gomez, qui bataille par ailleurs pour « l'intégration » de ses compatriotes via une petite association qui donne des cours de français.

A 8 de l'heure, 12 maxi, « pas de paye » quand les patrons sont en vacances, il faudrait au minimum deux ans à Maria et Ruben, logés dans un 5 m2 du XVIe, pour réunir la somme nécessaire à un nouveau départ. Eux ne porteront jamais plainte. « Par peur et par ignorance de leurs droits », analyse Denis Mana-ay, qui travaille à l'église américaine du VIIIe arrondissement. « La révélation de ces affaires se heurte au principe de l'inviolabilité du domicile privé, où elles sont en général confinées », souligne en outre le commandant de gendarmerie François Chambre, chef adjoint de l'Office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI). Quant aux très rares personnes qui osent briser le huis clos de ce phénomène caché - dont le Comité contre l'esclavage moderne (CCEM) rappelle qu'il ne se réduit pas aux beaux quartiers -, un autre combat fait de « très longues procédures » les attend. Avec, à la clef, déplore Sophia Lakhdar, présidente du CCEM, « des peines très peu dissuasives ».

Posté par werdna à 10:23 - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Prière de ne pas péter les plombs

Le Contre-journal – Karl Laske – 23/03/08

«Le sang coule dans les prisons du travail, dénonce Bernadette, une lectrice, celui des individus martyrisés par une violence sans coups, ni cris». « Si vous ne criez pas, on ne vous entendra pas» conclut-elle, dans un témoignage sur le harcèlement au travail. Une semaine après la divulgation du rapport sur le stress au travail remis à Xavier Bertrand, ministre du travail, le débat reste entier.

Bernadette. « Si je dois mourir, je ne vais pas partir sans avoir crié  : « ca suffit ! ». 2007  : de janvier à juin, ils se sont acharnés. De juin à décembre:  mon arrêt de travail, non pour maladie, mais pour coups et blessures invisibles. A ce jour, je suis encore en arrêt. Ma restructuration  a commencé fin janvier. Il reste le retour au travail. Là , ils continuent leur sape, mais cela je le verrai lorsque j'y serai.

Personne ne veut écouter les personnes qui parlent de l'horreur tant qu'elles sont vivantes . Mais mortes, quels succès. A la mémoire de, en souvenir de, plus jamais ca, etc. Je dis que le harcèlement moral au travail est assimilable à la violence faite à l'intérieur de la famille.Je dis donc que le harcèlement au travail est une tentative d'assassinat. "4 murs cachent ma peur de mourir et mon corps cache ma souffrance", ai- je écrit dans un mail a mes bourreaux. Le harcèlement, c'est une cuisine trés raffinée, spécialement pour vous. Les ingrédients sont bien choisis. Ils sont variés car la perversité humaine est subtile. Ils s'abritent de votre ignorance de vos droits, et de vos possibilités de réactions qu'ils savent avec adresse rendre inexistantes.

Harceler est un art, nuire sans en avoir l'air, car il y a les autres. Prendre sans se faire prendre. Mais voilà: le harcelé se suicide, dans un geste qui a été induit par ce qu'il vit. Sachez aussi, que je me suis dit  alors que j'étais dans le placard ou ils m'avait mise: "tu peux mourir, seule la femme de ménage te verra le lendemain matin". Dans mon entreprise, il y a beaucoup de suicides, effacés comme on efface un tableau noir . Alors j'écris à la peinture sur le tableau. Ma vie est menacée.

Pour l'instant , j'ai encore assez de forces, mais un jour peut être n'en n'aurai-je plus.

La haine gratuite, c'est celle que vivent  les opprimés je l'ai compris, et si le harcelé se tue, ce peut être aussi parce qu'il est seul à vivre ce qu'il vit. Il n'y a pas d'échange, et sans échange, il n'y a pas de vie. Chaque être humain est guidé par la peur, il faut bien le savoir, il n'y a pas de héros. Ce que l'on m'a fait n'est qu'une affaire de peur, ils m'ont bouffée parce qu'ils avaient peur. Pas de moi, - je suis calme, philosophe, heureuse de vivre - , mais de leur carrière, et leurs petites cervelles ont oublié l'âme humaine, leur petite cervelle est devenue animale, tuer pour survivre...

Ce sont les personnes qui donnent le plus à l'entreprise qui sont harcelées. Mais la roue tourne, et les copains truffés de peur qui ont collaboré ne sont pas à l'abri. Il n'y a que des faux amis, des faux copains. L'intérêt personnel: c'est celui de la survie. La promotion, c'est une sécurité illusoire.

Ce qui m'intéresse, c'est que les philosophes, les objecteurs de conscience, les professionnels de la parole, de la pensée, de la politique interviennent. Car dans les prisons du travail, il y a  le nouveau sang qui coule, celui des individus martyrisés par une violence sans coups, ni cris. Il y a beaucoup de chair à canon. Si vous ne criez pas, on ne vous entendra pas. »

_______________________________

Le ministre du travail Xavier Bertrand a-t-il fait diversion en déclarant que le stress au travail était un « problème de santé publique » lors de la présentation du rapport sur le sujet. C'est l'avis des internautes qui accusent la pression managériale et l'organisation du travail dans l'entreprise. 

Pêteaucasque. « Dans les entreprises on apprend maintenant à gérer le stress (avec la complicité de la médecine du travail)... Le stress fait donc maintenant intégralement partie du travail, il est normalisé.... il est donc vital pour les salariés d'en exprimer les symptômes sur le lieu de travail quelles qu'en soient les conséquences... Si vous avez envie d'hurler : hurlez... Envie de délirer : délirez... Ne vous enfermez pas dans le silence et la solitude... Sinon vous êtes morts ».

Choucroute « L'entreprise française est rentrée dans le temps du mépris pour les salariés interchangeables. Un terme existe qui reflète bien ce mépris : variable d'ajustement. Voilà ce que sont devenus les salariés au nom de la "veille concurrentielle".»

8poolpitola. « Le choix du ministère est fait, et l'orientation du traitement de la souffrance au travail se fera sur la base des thérapies comportementalistes... Bien, nous aurons tous des formations en techniques de communication (PNL, analyse transactionnelle) utilisées dans les métiers de l'accompagnement des personnes (psy etc) et par les commerciaux. Ces techniques donnent de véritables outils de manipulation aux personnes mal intentionnées. Patrick Legeron (ndlr, l'un des auteurs du rapport) est un psychiatre comportementaliste qui a une entreprise de formation (Stimulus, cabinet de conseil en changement comportemental). Bref, ce qu'on nous prépare c'est de bonnes séances de dressage pour aider le soldat de la guerre économique a ne pas péter les plombs.

D'autres approches auraient été préférables. Celle qui permettent aux salariés de réfléchir aux différentes manières de faire leur travail, de se réapproprier l'organisation de travail. Des chercheurs y travaillent depuis des années ».

la_reforme_eco

Posté par werdna à 10:20 - Santé - Rétroliens [0] - Permalien [#]

TIBET - Dix-neuf manifestants tibétains auraient été tués par balles dans le Gansu

NOUVELOBS | 24.03.2008 | 09:12

Le gouvernement tibétain en exil avance également un bilan "confirmé" de 99 morts lors des récentes violences au Tibet. A Lhassa, la capitale, la situation semblait calme mais "tendue" ce mardi. Un groupe pro-tibétain a diffusé des photos de personnes tuées dans le sud-ouest de la Chine.

Dix-neuf manifestants tibétains ont été tués par balles mardi 18 mars dans la province chinoise du Gansu (nord-ouest), a annoncé le gouvernement tibétain en exil, avançant également un bilan "confirmé" de 99 morts lors des récentes violences au Tibet.
"Cela s'est passé à l'extérieur de Lhassa. Dix-neuf personnes ont été tuées à Machu, dans la province du Gansu. Il y a eu une manifestation ce matin à Machu et la police a tiré sur eux", a déclaré Thubten Samphel, porte-parole de l'administration tibétaine en exil.

Au total, "le chiffre de 80 tués à Lhassa au cours des derniers jours a été confirmé auquel s'ajoutent les 19 morts d'aujourd'hui", a-t-il ajouté.
Le gouvernement tibétain en exil avait précédemment fait état de 100 morts, voire des centaines tandis que le bilan des autorités chinoises s'établit à 13 morts
.

Diffusion de photos de cadavres
Par ailleurs, un groupe pro-tibétain a diffusé mardi sur son site internet des photos de corps (attention, images choquantes)  qu'il affirme être de victimes de la répression d'une manifestation survenue dimanche dans le sud-ouest de la Chine.
Pour la première fois, Free Tibet a publié des photos montrant des cadavres, certains avec des impacts de balles, affirmant qu'elles sont la preuve de la répression d'une manifestation dans la ville de Ngawa, dans un district tibétain de la province du Sichuan (sud-ouest).

Selon l'organisation, citant un témoin, elle aurait fait 13 morts.
Dimanche soir, plusieurs associations évoquaient au moins huit morts dans cette ville.

Posté par Kozett à 09:30 - >>> Résistances <<< - Rétroliens [0] - Permalien [#]

La discrétion française face au Tibet vue par un journaliste blogueur

Vincent Jauvert, grand reporter au Nouvel Observateur donne, sur son blog,quelques raisons qui, à son avis, expliquent le "mutisme français" face à la répression chinoise au Tibet, ce que le député PS Pierre Moscovici appelle le "silence assourdissant" de Nicolas Sarkozy face aux événements du Tibet.


La France, si attachée à son statut de membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies, a besoin de la Chine dans cette enceinte sur plusieurs sujets:

- le Darfour, d'abord, dont l'équipe Sarkozy s'est faite la championne et qui ne peut pas entreprendre grand-chose sur le sujet sans le soutien de Pékin.

- le Liban, "protectorat" français, où la Chine a accepté, à la demande de Paris, d'envoyer quelques casques bleus.

- l'Iran, contre lequel la France et les Etats-Unis ont réussi, il y a quelques semaines, à faire voter une nouvelle vague de sanctions avec l'appui de Pékin et qui ne veulent absolument pas que ce fragile consensus se disloque. 

- l'élargissement de ce Conseil, autre cheval de bataille de la diplomatie française, qui ne peut se faire si la Chine oppose son véto.

Outre la diplomatie, il y a aussi - et peut-être surtout- des histoires de gros sous et notamment le nucléaire, encore et toujours le nucléaire.

© http://www.lemondedublog.com/

Posté par Lung Ta à 07:37 - Droits de l'Humain - Rétroliens [0] - Permalien [#]

La Chine "changera" grâce aux JO, estime le président du Comité olympique

© Le Monde

Le président du Comité international olympique (CIO), Jacques Rogge, a balayé, dimanche 23 mars, les appels au boycottage des Jeux olympiques de Pékin émis ces derniers jours par les organisations de défense des droits de l'homme, en assurant que la Chine "changerait" grâce l'organisation de l'événement.

"Les Jeux olympiques sont une force au service du bien. Ils sont un catalyseur de changement, non un remède à tous les maux", affirme un communiqué du CIO distribué à la presse à Olympie, en Grèce, où la flamme olympique doit être allumée lundi. "Le CIO est respectueux des droits de l'homme. Nous respectons les ONG et les groupes militants, ainsi que les causes qu'ils soutiennent – nous dialoguons du reste régulièrement avec eux – mais nous ne sommes ni une organisation politique, ni un organisme militant", explique encore Jacques Rogge.

(Comme les jeux olympiques de 1936 à Berlin avaient sans doute permis d'éviter l'Holocauste futur programmé par les Nazis ? -Lung Ta-)


"BOYCOTTER LA CÉRÉMONIE D'OUVERTURE"

Après le perchiste Romain Mesnil, qui avait fait part de son intention de porter un ruban vert durant les épreuves, pour montrer son attachement "au respect des droits de l'homme", un autre athlète a indiqué dimanche vouloir montrer son opposition à la répression chinoise au Tibet. Dans un entretien au Journal du Dimanche, le champion d'Europe et vice-champion du monde du 50 km marche Yohann Diniz envisage de "boycotter la cérémonie d'ouverture ou de clôture" des JO, pour "faire passer un message à la Chine et à l'opinion publique" concernant le respect des droits de l'homme.

"Je ne pense pas que l'on doive appeler au boycott des Jeux, déclare-t-il. Rester chez soi serait une grosse erreur. Il faut qu'on essaie de mener des actions fortes, là-bas, avec les athlètes qui se sentent engagés."  Ces initiatives pourraient toutefois se heurter à l'intransigeance du CIO, qui  les juge en infraction avec la charte olympique. "Il faut savoir comment on peut contourner le problème", a expliqué Mesnil samedi.

ACTION PRÉVUE POUR L'ALLUMAGE DE LA FLAMME

La cérémonie d'allumage de la flamme olympique, lundi en Grèce, pourrait elle aussi donner lieu à des protestations. Diverses organisations de défense des droits de l'homme favorables à la cause tibétaine se sont réunies pour planifier une action concertée de grande ampleur.

Les autorités grecques, qui ont annoncé qu'elles prendraient "toutes les mesures nécessaires" pour éviter des manifestations ou incidents, ont interdit "panneaux et banderoles" et tout ce qui pourrait servir de projectiles : bouteilles, cannettes ou parapluies, alors que la pluie était annoncée lundi sur Olympie.

Posté par Lung Ta à 07:23 - Droits de l'Humain - Rétroliens [0] - Permalien [#]

l'agneau pascal revisité

agneaupascal

© Emelire

Posté par Lung Ta à 07:10 - Droits de l'Humain - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3   Page suivante »