jeudi 20 mars 2008
SANCTION - Jean-Marie-Bockel, secrétaire d'Etat à la Coopération, a bien été sanctionné par l'Elysée...
Jean-Marie-Bockel, secrétaire d'Etat à la Coopération, a bien été sanctionné par l'Elysée...
NOUVELOBS. | 11:56 JEUDI 20 MARS 2008
Remaniement. Jean-Marie-Bockel, secrétaire d’Etat à la Coopération, a bien été sanctionné par l’Elysée pour ses déclarations sur la "Françafrique" et évacué comme secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens combattants lors du remaniement du gouvernement.
En février, il avait demandé au président Sarkozy de concrétiser sa promesse de rupture et de signer "l’acte de décès de la Françafrique", ce qui avait suscité la colère de certains chefs d’Etat africains, dont le Gabonais Omar Bongo et le congolais Denis Sassou Nguesso.
Jean-Marie Bockel avait demandé à Nicolas Sarkozy de ne plus "céder à un certain nombre de caprices (...) de certains pays qui ont (...) une rente pétrolière qu'ils ne consacrent pas aux investissements qu'ils nous demandent de financer". Omar Bongo et Sassou N’Guesso se sont sentis directement visés et ont demandé la tête de Bockel à l’Elysée.
Bernard Kouchner, chef de la diplomatie et ministre de tutelle de Jean-Marie Bockel -et comme lui ministre "d’ouverture et de rupture" venu du PS - ne l’a pas soutenu. Un UMP bon teint, Alain Joyandet, a été nommé à la Coopération. "Pour nous, c'est un signe intéressant", s’est réjouit le porte-parole du gouvernement gabonais René Ndemezo Obiang. (Jean-Baptiste Naudet)
Jean-Marie Bockel était issu de l'ouverture .....
La Francophonie compte ses troupes jeudi pour célébrer le français
TV5MONDE PARIS, 19 mars 2008 (AFP) - 14h12
De Séoul à Québec, débats, concours de théâtre, de danse, concerts, récitals de poésie célèbrent jeudi sur les cinq continents la journée internationale de la Francophonie du 20 mars dédiée à la langue française.
La Francophonie revendique 200 millions de locuteurs dans le monde et fédère 803 millions de personnes au sein de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qui représente 68 Etats et gouvernements.
Le secrétaire général de l'OIF Abdou Diouf doit lancer jeudi les célébrations officielles de cette journée à la Cité internationale universitaire de Paris qui accueille plus de 10.000 résidents de 140 nationalités. Il sera accompagné du nouveau secrétaire d'Etat à la Francophonie Alain Joyandet, qui a remplacé cette semaine Jean-Marie Bockel, chargé désormais des Anciens combattants.
Les étudiants de la Cité ont été invités à participer à un concours en rédigeant un texte qui intègre les dix mots "apprivoiser, boussole, jubilatoire, palabre, passerelle, rhizome, s'attabler, tact, toi, visage".
En France comme dans de nombreux autres pays, la célébration de la francophonie a suscité des centaines d'initiatives enregistrées sur le site "http://www.20mars.francophonie.org" dédié à l'événement.
En 2007, plus d'un millier d'événements avaient été recensés de par le monde, selon l'OIF.
A Québec, qui accueillera le prochain sommet de la Francophonie à l'automne, comme dans le reste du Canada majoritairement anglophone, les célébrations ont débuté dès le 7 mars pour une "Francofête" qui dure un mois. Parmi les centaines d'activités prévues, on note le concours "J'ajoute un québécisme au dictionnaire" organisé par Radio-Canada et qui vise à faire entrer dans les dictionnaires des "québécismes" d'usage courant.
A Bucarest, ville qui a accueilli le dernier sommet en 2006, un message du président roumain doit être être lu jeudi lors d'une cérémonie et un forum "Innover en Français" devait réunir plus de 400 professeurs roumains à Bucarest durant le week-end.
En Syrie, un récital de poésie "L'Orient et l'Occident de l'amour" était donné mardi à Damas en français et en arabe par Marcel Bozonnet et Hala Omran.
Pour la première fois à Damas, une dictée de la Francophonie, inspirée de la célèbre dictée du journaliste littéraire Bernard Pivot, était prévue comme à Marrakech ou Vatomandry (Madagascar).
Un concours du "meilleur blog francophone de la Jeunesse" a été lancé à Beyrouth.
En Egypte, plusieurs manifestations culturelles étaient attendues au Caire et à Alexandrie (nord), notamment une exposition intitulée "Quand l'Afrique s'éveillera..." Ces célébrations interviennent alors que des employés égyptiens des institutions diplomatiques et des centres culturels français ont protesté par une grève de trois jours contre des suppressions de postes
Au Maroc, un spectacle artistique de slam (poésie urbaine) est prévu le 28 mars et une tournée dans les régions de ce pays de 16 écrivains francophones d'Afrique, du Canada et d'Europe devait débuter le 7 avril.
En Mauritanie, un spectacle pour la paix intitulé "La Francophonie une solution à la violence" devait être joué par des enfants de 10 à 12 ans, tandis que des dizaines de manifestations étaient aussi prévues dans les pays francophones du Cameroun et de la Côte d'Ivoire mais aussi dans l'Afrique anglophone comme en Ouganda.
La date du 20 mars a été retenue en commémoration de la signature, en 1970 à Niamey, du traité portant création de l'Agence de coopération culturelle et technique, l'ancêtre de l'OIF
Remaniement ministériel : Sarkozy joue l'ouverture à sa droite

Placide - http://www.leplacide.com/
Le patron des armées en conflit avec Sarko au sujet de la guerre en Afghanistan
Le Canard Enchaîné du mercredi 20 mars 2008 Le chef d'état-major des armées désapprouve l’envoi de renforts en Afghanistan, tandis que les députés, eux, continuent d’ignorer cette guerre. La semaine dernière, devant son cabinet, le général Jean-Louis Georgelin, chef d’état-major des armées ne s’est pas renié. « Comme je le répète depuis un moment, a-t-il lancé devant ses collègues étoilés, l’Afghanistan devient un merdier ingérable. Et nous n’avons aucun intérêt à nous y impliquer davantage. » C’est n’est pas en effet la première fois que le général Georgelin donne de voix. Cela devient presque une tradition. En 2003, Henri Bentegeat, alors chef d’état-major, avait en vain déconseillé à Chirac d’intervenir en Afghanistan. A l’époque, le prédécesseur de Sarkozy souhaitait renouer avec Bush et prouver sa volonté d’engager le combat contre le « terrorisme international ». C’est dire s’il est remarquable que deux patrons des armées successifs aient pris des positions aussi critiques sur la participation de la France à une guerre. Alors que, depuis 2003 et jusqu’à aujourd’hui, députés et dirigeants politiques n’ont pas ouvert la bouche sur le sujet. Que ce soit pour saluer avec ferveur ou désapprouver l’envoi de soldats français sur le front afghan… Généraux en retraite Dès l’élection présidentielle, puis en septembre 2007, « Le Canard » avait annoncé que Sarkozy comptait accroître l’engagement français dans ce conflit. Et il n’en démordra pas. A Bucarest, lors du sommet de l’OTAN, du 2 au 4 avril prochain, il révélera l’importance des renforts qui partiront vers Kaboul. Ceci malgré les réticences du Général Georgelin, qui craint de voir des unités française piégées « dans une logique d’escalade », semblable à celle que connaît l’Irak, et considérées comme une force d’occupation dans un narco-Etat, premier producteur mondial d’opium. Le patron des armées devra en rabattre. Faute d’avoir pu ramener Sarko à ses vues, il se dit favorable à un « déplacement géographique » d’une partie du contingent français vers une zone où opèrent les talibans, plutôt qu’à une augmentation de ses effectifs. De même, le général accepte l’envoi de 250 membres des « forces spéciales » et le déploiement de nouveaux avions de combat au côté des Rafale déjà sur place. Le patron de l’armée de terre, Bruno Cruche et d’autres généraux se montrent tout aussi prudents que Georgelin. Car, dit l’un deux, « on est aux limites de nos capacités en effectifs. » Sarkozy n’ignore pourtant pas dans quel guêpier il se fourvoie. Et s’il lit les documents qu’on lui transmet, il doit savoir ce qui suit. Depuis 2003, le nombre des militaires alliés présents en Afghanistan (aujourd’hui 50 000 hommes) a plus que quadruplé. Quand au secrétaire général de l’OTAN, Hoop Scheffer, il vient d’annoncer qu’il faudra y combattre les insurgés jusqu’en 2013, au minimum ! Autre excellente nouvelle transmise à l’OTAN par l’américain Michael McDonnel, directeur national du renseignement US : les talibans ainsi que les chefs de tribus qui leur sont favorables contrôlent 70% du territoire afghan. Et le même de proposer d’installer des bases de combat contre la rébellion le long des 2 500 kilomètres de frontières montagneuses entre l’Afghanistan et le Pakistan. Un doux rêve… Plus raisonnable paraît être le général US James Jones, ancien commandant en chef des forces de l’OTAN. Dans un document élaboré sous sa responsabilité et transmis au siège de l’Alliance Atlantique, il affirme péremptoire : « l’OTAN n’est pas en train de gagner la guerre en Afghanistan ! ». Mais rien de tout cela ne peut arrêter Sarkozy sur le sentier de la guerre auprès de l’ami américain. Aussi a-t-il décidé de créer une base française à Abou Dhabi, à 200 kilomètres des côtes iraniennes. Sans que cette initiative belliqueuse provoque, bien sûr, le moindre débat au Conseil des ministres ou à l’assemblée … ???
Consolation pour Arnaud Teullé le perdant de Neuilly : Sarkozy lui offre une retraite à vie à l'Education Nationale
Le Canard Enchaîné du mercredi 19 mars 2008
En dépit du soutien de Dadu (la maman du Président), de la précédente Mme Sarkozy et donc de l'ami Hortefeux, le dissident UMP Arnaud Teullé, lâché par son parti, s'est pris une tôle face à l'ex-dissident divers droite devenu candidat officiel, Jean-Christophe Fromentin.
Dans ces conditions, Arnaud Teullé ne pouvait décemment pas conserver sa fonction élyséenne de conseiller chargé des "affaires réservées" (comprenent Neuilly et les Hauts-de-Seine). Un poste va donc être prochainement créé pour lui à l'Education Nationale : il va être nommé, au tour extérieur, inspecteur d'académie. Avec salaire à vie (5 000 euros au minimum), bureau et pas forcément grand chose à faire.
Au moment où l'on annonce des suppressions de postes d'enseignants, ça va faire jaser. Mais si c'est pour ramener la paix civile à Neuilly....ça n'a pas de prix.
Des caisses de plus en plus vides
NouvelObs 20 Mars 2008 Jean-Gabriel Fredet
Il y avait la faute du paquet fiscal. Il y a maintenant la récession venue d'outre-Atlantique. Le président du pouvoir d'achat n'a plus aucune marge
Un malheur n'arrive jamais seul. La défaite de la droite et de son chef aux élections municipales intervient au moment où le monde connaît sa «plus grave crise financière depuis la Seconde Guerre mondiale» (Alan Greenspan, ex-président de la Réserve fédérale américaine) .
Traduisez : déjà battu par les urnes, Nicolas Sarkozy aura dans ce contexte le plus grand mal à remonter la pente et à tenir ses promesses économiques. Car le vent de panique, né des excès de l'endettement, qui souffle sur Wall Street, les banques américaines et les marchés financiers est mauvais non seulement pour l'Amérique mais aussi pour l'Europe et la France. De l'autre côté de l'Atlantique, la finance folle s'accompagne d'une récession. Or, «lorsque l'Amérique tousse, le reste du monde s'enrhume».
Première illustration de ce théorème : confrontées au choc de demandes de remboursement excédant parfois leurs fonds propres, les banques américaines ont eu pour première réaction de s'inscrire aux abonnés absents. Les établissements français ont beau jurer que, plus vertueux, ils se sont moins gavés de ces produits financiers atypiques, adossés à des créances douteuses, qui ne vaudront bientôt que le prix du papier, personne ne les croit. Devant le risque de sinistre, ils ont aussi brutalement fermé le robinet du crédit, condamnant les ménages et les entreprises au régime sec. Donc à la stagnation.
Ce vent mauvais venu d'ailleurs n'est pas le premier à porter un coup au «choc de confiance» promis par le chef de l'Etat. Dès la fin de l'été 2007, la hausse du pétrole et celle des matières premières ont sonné le glas de cette «relance psychologique». Pour son premier budget, la nouvelle équipe présidentielle tablait sur un euro à 1,37 dollar, un baril de pétrole à 78 dollars et une croissance spontanée de 2,5%. Avec un euro à 1,58, un baril à 110 dollars, fini la grande illusion : dans le meilleur des cas, la croissance devrait plafonner à 1,5%. Insuffisant pour améliorer un pouvoir d'achat déjà écorné par la flambée des prix alimentaires et la hausse des loyers. «Personne ne peut reprocher à un homme politique de ne pas prévoir des chocs par nature imprévisibles, explique le banquier Jean Peyrelevade. En revanche, un homme d'Etat ne doit jamais fonder son action sur des hypothèses exagérément optimistes.» En sousestimant les risques de retournement de la conjoncture, Sarkozy s'est privé de marge. Il en paie le prix aujourd'hui.
Mais, en amont, il y a une faute plus grave, celle du «paquet fiscal». Non que ces 14 milliards d'euros aient été exclusivement un «cadeau aux riches». La défiscalisation des heures supplémentaires - 4,7 milliards d'euros - et la déduction des intérêts d'emprunt pour les acquéreurs de logement - 2,8 milliards - profitent aux ménages modestes et aux classes moyennes. Mais, en choisissant de relancer la demande au lieu d'alléger la dette et de muscler l'offre, Nicolas Sarkozy a pris le risque de réduire encore sa marge de manoeuvre... et de doper les achats de produits importés, creusant encore le trou du commerce extérieur. Crise financière, flambée des matières premières, erreur de diagnostic : à politique inchangée, le grand projet présidentiel de redonner des couleurs au pouvoir d'achat est condamné à l'échec.
Pétition au Président Hu Jintao : 1 million de signatures à récolter
Pétition au Président Hu Jintao : 1 million de signatures à récolter
Source de ces informations (pétition accessible via le lien ci-dessous) : http://www.avaaz.org/fr/tibet_end_the_violence/97.php/?cl_tf_sign=1
Solidarité avec le peuple Tibétain
L'escalade de la violence au Tibet. Alors que les protestataires tibétains se battent avec la police, le gouvernement chinois a ordonné un blocage des médias et a juré que les émeutiers qui ne se rendent pas ne "seront pas traité avec clémence". Nous avons déjà vu ça avant en Birmanie.
Comme pour la Birmanie, les citoyens du monde peuvent aider. La Chine est une dictature mais elle est en train de se réformer et elle tient à sa réputation internationale. Pékin veut utiliser les Jeux Olympiques de cet été comme une célébration du nouveau statut de la Chine en tant que pouvoir mondial respecté. Mais le monde ne respecte pas la brutalité et il est temps de le montrer à la Chine.
Signez la pétition demandant à la Chine de mettre fin à la violence en engageant pacifiquement avec les protestataires et en réouvrant des discussions pertinentes avec le Dalai Lama. Si nous pouvons atteindre 1 million de signatures, nous remettrons cette pétition aux autorités chinoises. Ensemble, nous pouvons aider à arrêter la violence au Tibet. Signez la pétition maintenant!
En tant que citoyens du monde entier, nous vous demandons de montrer de la mesure et du respect pour les droits de l'homme dans votre réponse aux protestations au Tibet, et de prendre en consideration les préoccupations de tous les tibétains en ouvrant un dialogue pertinent avec le Dalai Lama. Seul le dialogue et la réforme apporteront une stabilité durable. Le futur le plus lumineux de la Chine et ses relations les plus positives avec le monde sont liés à un développement harmonieux, au dialogue et au respect.
Agissez dès maintenant en signant la pétition accessible ici :
http://www.avaaz.org/fr/tibet_end_the_violence/97.php/?cl_tf_sign=1
A 20 h 39 : 255,694 personnes ont appuyé le Tibet. Aidez-nous à atteindre 1,000,000
A 21 h 36 : 261,736 personnes
Photo : Laura FERRATO - voir l'album Tibet voyage 2002

Vie des régions

© YDEL
La marchandisation de l'eau s'accélère
Le Monde diplomatique 19 mars 2008)
La communauté internationale célèbre le 20 mars 2008, sous l'égide de l'ONU, la 15ème « Journée mondiale de l'eau ».
L'absence d'accès à l'eau affecte 1,1 milliard d'êtres humains ; l'absence de moyens sanitaires de base touche 2,6 milliards de personnes. Paradoxalement, alors que les premières étapes de la marchandisation de ce bien commun ont suscité de fortes mobilisations populaires sur les cinq continents, le mouvement mondial de libéralisation des marchés de l'eau, initié dans les années 1980, semble s'accélérer.
La « libéralisation » des marchés de l'eau s'est au départ fortement inspirée du « modèle français » : le partenariat-public-privé (PPP). Un dogme s'affirmait avec force : la puissance publique est défaillante ; le recours au secteur privé est indispensable ; la bonne gouvernance repose sur le trépied de fer -- dérégulation, décentralisation, privatisation ; les services de l'eau ont un coût, qui doit être payé intégralement par les usagers.
Dans ce cadre, les signatures de contrats avec des grandes métropoles du Sud se succèdent à un rythme impressionnant. Mais les conflits surgissent dès la moitié des années 1990, quand les opérateurs privés entendent faire payer des usagers fraîchement raccordés, qui n'ont ni la culture du paiement d'un bien jusqu'alors largement subsidié par la puissance publique, ni, le plus souvent, les moyens de payer. De nombreuses luttes se succèdent sur les cinq continents. La tenue des premiers grands forums altermondialistes publicise le thème du refus de la « marchandisation » de l'eau.
Lire la suite de cet article inédit de Marc LAIMÉ :
http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/
2008-03-19-La-marchandisation-de-l-eau
ainsi qu'une sélection d'articles de nos archives,et une collection de cartes.
TIBET - Il faut, maintenant, faire pression sur Pékin, par Wei Jingsheng
LE MONDE | 19.03.08 | 14h26
Tandis que se poursuit au Tibet ce que le dalaï-lama a qualifié de "génocide culturel", il est inacceptable que Jacques Rogge, président du Comité international olympique (CIO), refuse - en totale contradiction avec "l'esprit olympique" - de prendre position contre la répression actuelle menée par le gouvernement chinois à l'encontre des protestataires tibétains. Dans la mesure où il y a eu promesse d'amélioration de l'action de la Chine en matière de droits de l'homme en échange de l'obtention des Jeux par Pékin, comment le CIO peut-il faire comme si de rien n'était alors que le sang coule dans les rues de Lhassa ?
Si le Comité international olympique persiste à ne pas exercer sur Pékin les pressions qu'il se doit d'opérer dans le cadre de ses obligations, le risque est grand pour les JO 2008 de laisser dans l'histoire un souvenir semblable à celui des Jeux de Berlin en 1936. Si la communauté internationale ne fait pas pression dès maintenant sur Pékin pour qu'il stoppe la répression et respecte les droits humains fondamentaux, un boycottage sera considéré comme justifié.
Les Tibétains rongent depuis longtemps leur frein sous l'oppression du Parti communiste chinois. En 1959, lorsque le dalaï-lama dut prendre la fuite pour s'exiler en Inde, les protestations des Tibétains furent violemment écrasées au cours d'un massacre qui se poursuivit durant plus d'un an. Depuis, on évoque le chiffre de plus d'un million de morts tibétains. En 1989, c'est le chef actuel du Parti communiste chinois, Hu Jintao, qui n'était alors qu'un simple chef de province, qui réprima une nouvelle révolte à Lhassa en envoyant l'armée tuer des gens dans les rues. Et tout le monde sait, bien entendu, ce qui se passa cette même année sur la place Tiananmen.
Il est clair que, sans respect des droits de l'homme, les Tibétains pas plus que la majorité han chinoise ne sont à l'abri des persécutions perpétrées par les autorités communistes. Les vieux mensonges et la vieille propagande ne fonctionnent plus. Autrefois, beaucoup de Chinois han ne connaissaient rien des souffrances des Tibétains.
Aujourd'hui, grâce aux voyages, au tourisme, aux téléphones portables et à Internet, la majorité han comprend que la lutte des Tibétains contre la tyrannie est aussi la sienne. Bien entendu, soucieuses de montrer leur visage "pacifique", les autorités chinoises ont exprimé leur volonté de résoudre le problème tibétain par la négociation. Mais aucune sincérité n'accompagnera cette volonté tant que des pressions internationales ne s'exerceront pas. Mes années de militantisme en faveur de la démocratie en Chine m'ont enseigné une chose : seule une pression internationale associée à une pression interne est en mesure de produire des résultats concrets
.
Le refus de Jacques Rogge d'exercer en ce moment une pression sur Pékin est tragique, car ces JO constituent un tournant dans l'histoire de la Chine moderne. Ayant, en accueillant les Jeux, convié le monde entier à boire le thé, les dirigeants du Parti communiste ont transformé leur palais en une maison de verre globale. Ils ne peuvent plus présenter au monde le visage souriant d'une "émergence pacifique" et en même temps le visage grimaçant d'une répression brutale sur leur propre territoire. Les Jeux obligeront la Chine à montrer son vrai visage. Seule la pression internationale pourra faire en sorte que ce soit le visage que tout le monde a envie de voir.
Traduit de l'anglais par Gilles Berton.
© Global Viewpoint
le dalaï lama appelle à l'aide la communauté internationale NOUVELOBS.| 19.03.2008 | 21:38
"Je cherche l'appui de la communauté internationale à nos efforts pour résoudre les problèmes du Tibet par le dialogue et je la presse d'appeler les dirigeants chinois à la plus grande retenue face aux troubles actuels", déclare le leader spirituel. Le dalaï-lama, chef spirituel des Tibétains en exil, a appelé mercredi 19 mars les dirigeants du monde entier à l'aider à résoudre le conflit sur le Tibet par le "dialogue" avec la Chine et à exhorter Pékin à la "retenue" dans sa gestion des troubles. Menace de démission - "Il leur a expliqué quels étaient ses sentiments et leur a dit qu'il fallait peut-être aujourd'hui se pencher sur le long terme. Quant à savoir s'il a été entendu...", a déclaré à Reuters un porte-parole du dalaï-lama, Chhime Chhoekyapa, à la suite de cette rencontre avec les dirigeants des groupes d'exilés. A New Delhi, tous les membres du parlement tibétain en exil ont entamé un jeûne de vingt-quatre heures pour protester contre la répression dans leur patrie. La Chine prête au dialogue ? - Par ailleurs, le Premier ministre britannique a rapporté mercredi que le Premier ministre chinois Wen Jiabao s'est déclaré prêt à avoir des discussions avec le dalaï lama sur le Tibet.
"Nous restons engagés dans la poursuite du processus de dialogue afin de trouver une solution à la question tibétaine qui bénéficie aux deux parties", écrit le dalaï-lama dans un communiqué.
"Je cherche aussi l'appui de la communauté internationale à nos efforts pour résoudre les problèmes du Tibet par le dialogue et je la presse d'appeler les dirigeants chinois à la plus grande retenue face aux troubles actuels", poursuit-il, depuis Dharamsala, dans le nord de l'Inde, où il est réfugié depuis 1959.
Rencontre avec des dirigeants de groupes tibétains en exil - Le dalaï-lama avait reçu un peu plus tôt des dirigeants de groupes tibétains en exil.
Le chef spirituel de la communauté tibétaine, favorable à l'autonomie et non à l'indépendance de la région himalayenne, a appelé ces derniers jours ses compatriotes à mettre fin aux violences anti-chinoises.
Il a également exprimé ses réserves sur certaines initiatives, comme les marches de protestation organisées dans le nord de l'Inde en direction de la frontière chinoise.
Cette attitude lui a valu les critiques de jeunes militants révoltés par la répression chinoise des manifestations au Tibet, qui selon le gouvernement tibétain en exil aurait fait au moins 99 morts depuis le début de la semaine dernière.
La réunion a duré une vingtaine de minutes et les interlocuteurs du dalaï-lama ont ensuite quitté sa résidence pour s'entretenir entre eux.
Le dalaï lama avait assuré mardi à Dharamsala qu'il n'avait pas de prise sur les violences qui ont secoué le Tibet, menaçant de quitter sa charge de chef spirituel du bouddhisme tibétain si la situation se dégradait à Lhassa.
Gordon Brown a précisé qu'il s'était entretenu dans la matinée avec le chef du gouvernement chinois pour lancer un appel à la retenue après les manifestations d'une ampleur et d'une violence sans précédent contre le pouvoir de Pékin au Tibet depuis près de deux décennies.
Il a déclaré qu'il avait fait clairement comprendre à son interlocuteur qu'il "devait y avoir une fin des violences au Tibet".
Wen Jiabao s'est dit "prêt à entamer un dialogue avec le dalaï lama", a ajouté Gordon Brown.
Le Premier ministre britannique a précisé qu'il rencontrerait le chef spirituel des bouddhistes tibétains en exil lors d'une visite de ce dernier à Londres au mois de mai. (avec AP, AFP et Reuters)

