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mardi 18 mars 2008

Les appels au boycott politique des JO de Pékin se font plus pressants

LEMONDE  avec AFP | 18.03.08 | •  Mis à jour le 18.03.08 | 13h50

Les ONG demandent aux politiques de "boycotter la cérémonie d'ouverture"

Rares sont les responsables politiques ou sportifs qui ont évoqué publiquement la possibilité de boycotter les Jeux olympiques de Pékin depuis les manifestations qui ont dégénéré en violence au Tibet. Les appels à ne pas participer au rassemblement sportif ont le plus souvent émané d'associations de droits humains et de soutien au Tibet, et datent d'avant le début des incidents. Mais depuis le commencement de la crise, la participation sportive et la présence politique aux JO comme moyen de pression sur le régime communiste sont devenues un sujet que les responsables mondiaux se doivent de commenter.

Reporters sans frontières, qui rappelle avoir été opposé "dès le début à l'attribution des JO à Pékin", demande un boycott politique plutôt que sportif, estimant qu'un boycott total "n'est plus à l'ordre du jour" car il est impossible de demander "à quatre mois des JO aux sportifs de ne pas aller à Pékin". En revanche, son président, Robert Ménard, estime que "Nicolas Sarkozy, comme tous les chefs d'Etat et de gouvernement", doit "boycotter la cérémonie d'ouverture" pour envoyer un signal fort.

Human Rights Watch a adopté la même position. L'organisation écarte tout boycott sportif et demande au gouvernements "d'exiger une amélioration [des autorités chinoises] avant de s'engager à venir aux Jeux". "Ils ne doivent pas par leur présence cautionner la répression chinoise", a maintenu son chef, Kenneth Roth.

En France, quelques responsables politiques, comme Jack Lang et le secrétaire général du PS, François Hollande, ont pris le contrepied du gouvernement en déclarant qu'il ne fallait pas écarter cette éventualité de ne pas participer aux Jeux. Des intellectuels comme Bernard-Henri Lévy ont également défendu le recours au boycottage. Le sénateur Robert Badinter a, lui, imaginé que les athlètes arborent des badges de soutien au Tibet, estimant que "cela aurait un impact considérable".

Seul haut responsable européen à avoir évoqué clairement l'hypothèse d'une non-présence aux JO, le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, a affirmé que Bruxelles "ne [pouvait] pas accepter ce qui se passe au Tibet. Les Chinois doivent comprendre cela". "Nous devons adresser un signal à Pékin (...), il faut continuer à envisager toutes les options."

A l'étranger, outre l'acteur Richard Gere, défenseur de longue date des droits des Tibétains, une des rares voix discordantes vient de Ma Yong-Jeou, le favori à l'élection présidentielle à Taïwan. Il a laissé entendre que s'il était élu, il pourrait appeler au boycottage. "Si les autorités chinoises poursuivent leur répression contre les Tibétains et si la situation se dégrade, et si je suis élu au poste de président, je n'écarte pas la possibilité de ne pas envoyer d'athlètes aux Jeux olympiques", a-t-il déclaré.

Et dans le monde sportif, unanimement opposé à une telle idée, seul le Comité olympique suisse a élevé le ton. "Nous ne pouvons pas nous contenter d'observer et de ne rien dire", a-t-il fait savoir.

Même au sein des Tibétains, la question du boycott fait débat. Le dalaï-lama a publiquement appelé à participer au JO, alors que certains responsables de communautés tibétaines exilées proposent de les organiser dans un autre pays. "Le mieux serait que les Jeux soient transférés dans un pays où les droits humains sont respectés", a ainsi estimé Lhanzom Everding, président de l'association des Tibétains exilés en Allemagne.

suivant : "Absolument aucun appel au boycottage" des dirigeants, selon le CIO

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Bilan mitigé pour Estrosi à l'Outre-mer

17 mars 19:37 - PARIS (AFP) – AOL actualités

Le secrétaire d'Etat Christian Estrosi, qui a démissionné lundi du gouvernement après son élection à la mairie de Nice, laisse un bilan mitigé à l'Outre-mer, son activisme n'ayant pas toujours donné les résultats escomptés.

L'ancien champion de France de motocyclisme a été dépêché chaque fois qu'il y a eu un sinistre outre-mer: accident d'un avion en Polynésie en juillet, ouragan Dean à la Martinique et en Guadeloupe en août, séisme aux Antilles en novembre. 

Il s'est aussi rendu à Saint-Pierre-et-Miquelon pour apaiser la colère des pêcheurs et s'est investi pour l'environnement, lors du Grenelle ou en allant défendre le dossier de l'inscription du récif coralien de Nouvelle-Calédonie au patrimoine mondial de l'Unesco.

Certains de ses déplacements ont été controversés, comme celui de Nouvelle-Calédonie, qui s'était soldé par la démission du haut-commissaire Michel Mathieu, après des affrontements avec les forces de l'ordre. 

Et surtout, après des effets d'annonce, par exemple pour faire baisser le prix des billets d'avion entre la métropole et l'outre-mer, promesse du candidat Nicolas Sarkozy, il n'est pas toujours entré dans le fond des dossiers, selon plusieurs personnes ayant travaillé avec lui.

Sauf sur un sujet, où il s'est personnellement impliqué, celui de la Polynésie, minée par une instabilité politique chronique et des dérives concernant l'utilisation des fonds publics. S'il a réussi à serrer les boulons financiers de Tahiti, il a échoué sur le plan politique, après avoir fait voter en urgence une énième loi organique pour la Polynésie, censée mettre fin aux renversements incessants de gouvernements. 

Il a même essuyé un sévère camouflet lors des dernières élections territoriales polynésiennes puisque c'est le grand perdant des élections, Gaston Flosse, sénateur UMP lâché par le gouvernement à son instigation, qui se retrouve au pouvoir, après avoir fait alliance avec son ennemi de trente ans, l'indépendantiste Oscar Temaru.

M. Estrosi n'a pas non plus mené à bien la réforme des congés bonifiés dont bénéficient les fonctionnaires ultra-marins, pour subventionner une part de leurs billets d'avion. Le dossier a été repris par le délégué interministériel Patrick Karam, qu'il avait cherché à évincer. 

M. Estrosi a du récemment se laisser voler la vedette par M. Sarkozy pour la présentation du projet de loi-programme sur l'outre-mer, en cours d'examen par le conseil économique et social. Plusieurs volets de ce projet, tout comme son chiffrage, sont d'ailleurs critiqués.

Et puis, il y a eu cette affaire: Le Canard Enchaîné avait révélé que les services du secrétaire d'Etat à l'outre-mer avaient loué le 23 janvier dernier un jet privé pour un déplacement éclair à Washington, qui aurait coûté en tout 138.000 euros. Devant le tollé provoqué, il s’en était publiquement excusé.

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EDUCATION NATIONALE - 55% de grévistes dans l'Education selon le Snes-FSU

NOUVELOBS.| 18.03.2008 | 11:48

Les personnels de l'Education sont en grève dans les collèges et lycées pour protester contre les milliers de suppressions de postes.

Une moyenne de 55% des personnels de l'Education, essentiellement des enseignants, étaient en grève mardi 18 mars dans les collèges et lycées pour protester contre les milliers de suppressions de postes, a annoncé à l'AFP le Snes-FSU, à partir de remontées encore partielles.

Selon Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU, majoritaire dans le secondaire, on a observé mardi des pointes à 80% ou 90% de grévistes dans certains établissements, notamment en région parisienne.
Dans l'académie de Créteil, "c'est la grève la plus suivie depuis le début de l'année, avec plus de 60% de grévistes et des pointes jamais vues en Seine-et-Marne", a précisé le syndicat qui appelait à cette journée de mobilisation aux côtés de la CGT, FO et Sud, des fédérations minoritaires dans l'Education.


"Déclencheur" -
Ce taux de grévistes est comparable à celui du mouvement du 24 janvier, mais "le contexte est différent", a expliqué Frédérique Rolet, car la grève n'est pas unitaire (le Sgen-CFDT, le Snalc-CSEN et l'Unsa-Education ne se sont pas joints à l'appel) et ne s'inscrit pas dans le cadre d'une journée d'action de la Fonction publique.
La mobilisation du 20 novembre, unitaire et dans le cadre d'une journée Fonction publique, avait réuni, selon le Snes-FSU, 58% de grévistes.
"Les suppressions de postes sont le déclencheur pour les enseignants, elles sont devenues très visibles, très concrètes", a estimé Frédérique Rolet.
Ce nouveau mot d'ordre intervient alors que les manifestations locales et occupations d'établissements par des enseignants et des parents d'élèves se sont multipliées ces derniers jours, selon les syndicats, contre ces suppressions de postes.
Les établissements scolaires prennent en effet connaissance actuellement de leur Dotation horaire globale (DHG), c'est-à-dire ce qui correspond à l'affectation du nombre de postes pour la rentrée prochaine.

Manifestations -
Des manifestations sont prévues dans toute la France mardi. A Paris, les enseignants de la capitale et de l'Ile-de-France défileront dans l'après-midi entre la place de la République et celle de la Bastille.

Les syndicats, parmi lesquels plusieurs organisations de la Fédération syndicale unitaire (FSU) dont le Syndicat national des enseignements de second degré (SNES), la CGT ou Sud-Education dénoncent des suppressions qui mettent "en péril l'organisation des enseignements, dégradant les conditions de travail des personnels et des élèves", et portent "atteinte à la qualité du service public d'enseignement".
"Ce constat s'inscrit dans un contexte très général d'attaque contre les salaires, les retraites et les statuts de tous les fonctionnaires", estiment les syndicats dans un communiqué commun.
Ils appellent aussi les enseignants à manifester "leur refus de la généralisation des baccalauréats professionnels en trois ans que veut imposer le ministère et qui conduirait en particulier à la disparition des sections de BEP".

"La revalorisation du métier" -
Enfin, les syndicats affirment qu'"aucune réponse n'a été apportée à leur exigence de discussions sur la revalorisation du métier enseignant" et que "le ministre de l'Education Nationale n'a pris aucune distance vis-à-vis du rapport Pochard, porteur de dangers pour les statuts et les missions des enseignants".
La commission Pochard, constituée en septembre 2007, a remis son rapport le 4 février au ministre de l'Education nationale Xavier Darcos. Elle évoque diverses pistes et solutions pour "repenser" le métier d'enseignant, "améliorer" leur situation "matérielle et la carrière".

Sans évoquer directement la rémunération au mérite, le rapport aborde le "thème de la rémunération à la performance", un "sujet quasi tabou" que la commission "n'a pas voulu esquiver", tout en se montrant très prudente.

Le rapport Pochard se place "d'emblée dans le cadre d'une logique budgétaire contrainte, d'une aggravation des conditions de travail (...) d'une individualisation des rémunérations et carrières, d'une mise en concurrence des personnels et des établissements", et "d'une déréglementation des obligations de service refusée massivement par la profession", avaient alors réagi les syndicats dans un communiqué commun. (avec AFP, AP)

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Un train pour l'emploi

Le Monde 18/03/08

Il s'arrêtera dans 12 gares françaises pour proposer 15 000 postes, jusqu'au 4/04.

10 grandes entreprises, partageant les mêmes valeurs sur la diversité et l'égalité des chances, mettent en commun leurs moyens pour offrir plus de 15 000 offres d'emploi, de stages et de contrats en alternance, de « sans diplôme » à Bac + 5.

Du 18 mars au 4 avril, le Train pour l’Emploi et l’Egalité des Chances s’arrêtera dans 12 grandes gares françaises pour recevoir en entretiens individuels des candidats de tous horizons.

Pour découvrir les offres et vous inscrire, cliquez sur votre ville.

Pour mieux connaître les entreprises partenaires, vous pouvez cliquer sur les logos en bas de la page du site.

Rendez-vous dans le Train

FRANCE_train

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TIBET -Le dalaï lama se dit prêt à démissionner

NOUVELOBS | 18.03.2008 | 11:36

Alors que la Chine accuse le leader spirituel et "sa clique" d'être derrière les violences qui secouent le Tibet, le dalaï lama affirme qu'il n'a pas de prise sur la situation. Il appelle Chinois et Tibétains à vivre "côte à côte" et est prêt à démissionner si la situation se dégrade.

Le dalaï lama soumettra sa démission de sa fonction de chef spirituel des Tibétains si la situation se dégrade au Tibet, a-t-il indiqué mardi 18 mars lors d'une entrevue avec des journalistes à Dharamsala (nord de l'Inde).

Indiquant qu'il n'avait pas de prise sur la situation au Tibet, il a également appelé Tibétains et Chinois à vivre "côte à côte".

"Nous devons bâtir de bonnes relations avec les Chinois", a-t-il déclaré.
"Pour ce qui est de la violence, c'est mal. Nous ne devrions pas développer des sentiments antichinois. Nous devons vivre côte à côte", a-t-il dit.
"La question de l'indépendance n'est pas à l'ordre du jour", a-t-il encore indiqué à des journalistes.

Les déclarations du dalaï lama interviennent alors que les autorités chinoises ont insisté mardi sur sa responsabilité dans les récentes violences en Chine.

"Le dalaï lama et sa clique" -
Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a ainsi estimé que les violences qui agitent le Tibet depuis quatre jours ont causé de lourdes pertes humaines et économiques, pointant du doigt la responsabilité des partisans du dalaï lama.
"Il est un fait de notoriété publique -avec des dizaines de preuves à l'appui- prouvant que ces incidents ont été organisés, prémédités, dirigés et incités par le dalaï lama et sa clique", a souligné au cours d'une conférence de presse Wen Jiabao sans fournir davantage de précisions.
"Tout ceci démontre encore plus que les affirmations formulées par la clique du dalaï selon lesquelles elle ne recherche pas l'indépendance mais un dialogue pacifique ne sont rien d'autres que des mensonges".


Renoncer à l'indépendance -
Wen a souligné que la Chine ne consentira au dialogue avec le dalaï lama que lorsque le chef spirituel en exil "sera disposé à abandonner sa proposition de soi-disant indépendance tibétaine".
Le soulèvement des Tibétains dans leur capitale de Lhassa, le plus dur contre le pouvoir de Pékin depuis près de deux décennies, a été réprimé durement par la police chinoise qui a fourni un bilan officiel de 16 morts et des dizaines de blessés. Le gouvernement tibétain en exil évoque de son côté plus de 80 morts.
Wen Jiabao a indiqué à l'occasion de cette conférence de presse que les autorités chinoises avaient agi avec la plus grande retenue vis à vis des manifestants, soucieux de rassurer la communauté internationale à seulement cinq mois des Jeux olympiques de Pékin sur lesquelles planent des menaces de boycott.
Sur ce sujet, le Premier ministre chinois a accusé les Tibétains de vouloir saper les efforts mis en place par Pékin pour l'organisation de cet événement sportif planétaire. (avec AFP, AP)

Tibet : Pékin perd ses nerfs

La ligne dure de Pékin contre les manifestants tibétains ne porte pas les fruits  attendus (IHT)

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Saison 2

Libération - mardi 18 mars 2008 - Didier Pourquery 

Lendemain d’élections sinistre : une opération de choc à Grigny qui joue sur la corde sécuritaire, un hommage au dernier poilu qui montre la majesté du chef de l’Etat et un remaniement de la communication de l’Elysée pour mieux vendre les réformes dont des discours convenus nous annoncent l’accélération.

Voici la saison 2 du Sarko-show. Elle sera plus sombre. Les nuages noirs s’accumulent. La crise financière s’étend et inquiète les plus hauts dirigeants du pays. L’Union européenne en ébullition attend la présidence française de pied ferme. Les problèmes du pouvoir d’achat et du logement s’accentuent… et la droite elle-même ne se sent pas très bien.

La grogne monte dans la majorité présidentielle, contre le gouvernement et l'Elysée. Jean-Pierre Raffarin, toujours prompt à faire entendre sa différence, a ouvert les hostilités en critiquant la communication, parfois provocatrice de son successeur : "On parle trop des réformes et pas assez des progrès. Une c'est un outil, ce n'est pas un résultat, il faut parler des résultats !"

Face à ces tensions, Nicolas Sarkozy a décidé d’enfiler le costume de président. Les institutions de la Ve, qu’on le veuille ou non, sont les plus fortes. Elles imposent au Président une attitude plus digne, moins échevelée. Les Français n’ont pas compris la rafale de réformes brouillonnes qu’il leur a servies. Ils voulaient une amélioration de leur vie quotidienne, pas une avalanche de déclarations dopées à la testostérone. Message reçu. Nicolas Sarkozy change de registre. Il sait faire.

Obsédé par sa crainte de ne pas se «chiraquiser», gageons qu’il saura quand même réserver quelques surprises. Mais l’essentiel est là : la droite, divisée, bousculée par son échec, va devoir faire une cure de sobriété. A Fillon de jouer. Fini de rigoler, place aux gestionnaires.

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La Chine bloque YouTube dans le volet électronique de sa "guerre populaire" au Tibet

LEMONDE. | 17.03.08 | 15h54

La Chine a beau être le pays comptant le plus grand nombre d'internautes – plus de 220 millions –, les autorités maintiennent un contrôle strict sur l'accès au Réseau. Une nouvelle preuve de ce quadrillage numérique a pu être constatée lors des manifestations réprimées au Tibet depuis le 14 mars.

Sur le portail YouTube, des dizaines de vidéos montrant des affrontements, parfois très sanglants, à Lhassa, ont été retirées ou bloquées deux jours plus tard. Les internautes situés en Chine qui tentent d'accéder à ce portail sont accueillis par de simples pages blanches. D'autres importants portails vidéo locaux, comme 56.com, youku.com ou tudou.com, ne gardent plus trace des scènes qui se sont déroulées au Tibet.

Le gouvernement chinois, qui oblige les sites hébergés sur son territoire à surveiller leur contenu et a déjà bloqué par le passé l'accès aux sources diffusant des informations considérées comme délicates, n'a pas officiellement réagi. Si Pékin sait amoindrir la portée du Web, il sait également le laisser évoluer quand cela l'arrange. Au début des affrontements au Tibet, des messages d'internautes chinois, condamnant "les séparatistes" tibétains, se sont multipliés, notamment sur le principal portail chinois, Sina.com. Certains commentaires, rapportés par l'AFP, donnent une idée de l'ambiance sur la Toile chinoise : "Il n'y a qu'un seul mot pour ces séparatistes qui veulent nous empêcher de couler des jours heureux : tuer !", écrit un internaute chinois. "Qu'on tue les séparatistes !", lance un autre. Le blog Tenement Palm propose également des traductions en anglais de certains messages chinois glanés au gré de ses conversations sur Internet.

"NOUS COMPTONS SUR LES TOURISTES" - Seuls les médias officiels sont actuellement habilités à informer le public chinois sur la situation à Lhassa. Les télévisions ont diffusé au cours de ces deux derniers jours des images de manifestants tibétains attaquant des boutiques tenues par des Chinois et brûlant des voitures de police. Aucune image ne témoigne d'une quelconque présence policière, pourtant déployée en force. Sur le site de l'agence officielle de presse Chine nouvelle, Xinhua.net, les articles sur la situation au Tibet évoquent tour à tour "un complot fomenté par des séparatistes" et la réouverture des écoles à Lhassa.

Un dernier bilan officiel chinois datant de lundi fait état de "treize morts brûlés ou poignardés à Lhassa", ce qui viendrait appuyer les affirmations des autorités chinoises, qui assurent ne pas avoir fait usage d'armes à feu alors que de nombreux témoignages recueillis sur place l'évoquent. Le gouvernement tibétain en exil estime qu'au moins quatre-vingts personnes sont mortes.

LES JOURNALISTES ÉTRANGERS EMPÊCHÉS - Interrogé par la chaîne qatarie Al-Jazira, Ying Chan, directeur du département de médias et journalisme à l'université de Hongkong, estime qu'il est "indéniable que le gouvernement chinois a verrouillé l'accès à ce qu'il considère être des informations ou des vidéos sensibles". "Nous comptons sur des touristes pour nous envoyer des informations", explique-t-il.

Le quotidien britannique The Guardian a fait partie des premiers sites d'informations à publier des photographies et des vidéos des affrontements à Lhassa. Le site de la BBC a mis en ligne des témoignages et des photographies de touristes présents dans la capitale tibétaine. Le site du Guardian serait également inaccessible actuellement en Chine, alors que la BBC est périodiquement censurée. Un discours du dalaï-lama y a notamment été bloqué.

Comme ce fut le cas en septembre 2007 lors des manifestations des bonzes en Birmanie, les médias occidentaux étaient absents lorsque les troubles ont commencé. Plus encore qu'à Rangoun, les journalistes étrangers ont eu du mal à se rendre au Tibet pour constater l'étendue des dégâts et le degré réel de violence. L'accès est en effet interdit aux médias étrangers, et seuls les journalistes ayant obtenu un permis spécial – qui n'est pas nécessaire pour visiter d'autres régions chinoises – ont pu s'y rendre avant lundi. Quant à ceux qui sont sur place, ils courent le risque d'être expulsés ; l'Association des journalistes de Hongkong a notamment fait état, lundi, de l'expulsion de six de ses journalistes présents à Lhassa.

Luc Vinogradoff

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TIBET • Dans Lhassa en état de siège

Courrier International 17/03/08

Le correspondant de The Economist est le seul journaliste occidental officiellement présent dans la capitale tibétaine. Il raconte ce qu'il a vu depuis le début des émeutes, vendredi 14 mars.

Dimanche 16 mars, après deux jours d'émeutes, les autorités chinoises ont repris le contrôle du vieux quartier tibétain de Lhassa. Des soldats armés et casqués patrouillent dans les ruelles étroites, tirant quelques coups de feu occasionnels. Effrayés, les habitants restent cloîtrés chez eux, certains n'osant même pas s'aventurer sur les toits de peur d'être pris pour cible.

Jusqu'à présent, les forces de sécurité semblent avoir fait preuve d'une certaine retenue dans ce quartier de la ville. Des rumeurs persistantes mais non confirmées circulent toujours sur le nombre de Tibétains tués par des soldats lors des opérations de répression de vendredi et samedi derniers. Le dalaï-lama, chef spirituel des Tibétains en exil, a avancé le chiffre d'une centaine de morts. Mais nous ne disposons d'aucune information fiable permettant de comparer cette opération au massacre de la place Tian'anmen en 1989 ou à la répression de la dernière révolte antichinoise qui avait éclaté au Tibet au début de la même année. Toutefois, le délai imposé aux dissidents par Pékin pour qu'ils se rendent expirant lundi, certains habitants craignent une vague d'arrestations massive.

Le 14 mars, après des heures de violences, les soldats se sont déployés dans la nuit autour du quartier tibétain. Le lendemain, certains résidents ont continué d'attaquer les derniers commerces chinois restés intacts. J'ai vu un groupe de personnes saccager le rideau de fer d'un magasin, pendant que dans une autre ruelle, des insurgés jetaient dans un grand feu ce qu'ils avaient pillé. Un nuage de fumée s'élevait au-dessus de la principale mosquée de la ville. Dans ce quartier de Lhassa, de nombreux Chinois appartiennent à la communauté Hui, une minorité musulmane qui contrôle l'essentiel du commerce de viande dans la ville.

Les émeutiers ont commencé à se disperser à mesure que les forces de sécurité progressaient dans la ville (la plupart apparemment membres de la police du peuple, une brigade antiémeute). Au début, certains résidents ont jeté des pierres sur ces troupes non armées, avant d'être repoussés par des jets de gaz lacrymogène. Plus tard, dans la journée de samedi, des soldats armés ont pénétré dans le quartier, tirant quelques coups de feu isolés. Certains sont passés par les toits des maisons accolées les unes aux autres. Un soldat est même apparu sur le toit de l'hôtel de votre correspondant, effrayant un Tibétain et deux Occidentaux cachés derrière un balcon.

Pendant la nuit, de nombreux Tibétains sont montés sur les toits, alertés par des rumeurs annonçant des représailles de la communauté Hui en relation avec les incendies du quartier de la mosquée (on ignore encore si le bâtiment lui-même a été endommagé). Certains avaient préparé des stocks de pierres à lancer sur les assaillants. La tension n'est retombée qu'avec l'annonce du bouclage du quartier hui par les forces armées.

Dimanche, les autorités ont semblé avoir repris le contrôle des rues, même si de rares coups de feu (tirés dans un but dissuasif ou punitif) se faisaient encore entendre dans quelques ruelles. De rares habitants osaient encore sortir dans ce quartier habituellement bondé. Preuve de la confiance de Pékin dans l'efficacité de ses mesures de sécurité, deux représentants du bureau des Affaires étrangères de l'administration tibétaine se sont rendus dans l'hôtel où réside votre correspondant et qui se trouvait au centre des combats. Les deux hommes ont proposé d'affréter un vol spécial pour ceux qui le désiraient mais n'ont donné aucune instruction de départ. The Economist reste le seul média étranger dont la présence est officiellement autorisée au Tibet – une autorisation demandée et accordée bien avant que ces troubles n'éclatent.

Pour éviter que les habitants ne meurent de faim ou épuisent leurs réserves de beurre de yak (une denrée de base pour les Tibétains qui s'en servent pour faire du thé), les autorités vont devoir rapidement annoncer qu'ils peuvent circuler en toute sécurité pour acheter des produits de première nécessité. Même dans ce cas, l'armée voudra tout de même maintenir une présence visible, et la tension ne devrait pas retomber avant un certain temps. De nombreuses manifestations hostiles à l'occupation chinoise ont éclaté dans ce que Pékin appelle la région autonome du Tibet, ainsi que dans certaines provinces avoisinantes à forte dominante tibétaine. Les incidents les plus graves se sont produits dans la province du Gansu, à Labrang, où se trouve l'un des plus grands monastères tibétains. Pour de nombreux Tibétains, la tenue des Jeux olympiques à Pékin en août prochain représente une occasion rêvée pour attirer l'attention du monde.

A Lhassa, les autorités craignent que des Tibétains ne viennent troubler une cérémonie prévue en mai pour le passage de la flamme olympique. Il serait fâcheux pour les autorités chinoises de devoir annuler cet événement ou de l'organiser sous contrôle de l'armée. Pékin aura pourtant du mal à se tirer d'embarras et espère surtout que les gouvernements occidentaux ne répondront pas à l'appel au boycott des Jeux lancés par les sympathisants de la cause tibétaine. Mais la Chine n'a guère d'inquiétude sur ce point.
 

Editorial
The Economist

Des JO d'ores et déjà entachés : Dessin de Hachfeld paru dans Neues Deutschland(Berlin)

   

Tibet_Dessin_de_Hachfeld

Veuillez trouver ci-dessous ce message qui nous a été transmis par le Bureau du Tibet :

APPEL URGENT

Le 17 mars 2008.

Depuis le 10 mars 2008, plusieurs manifestations ont lieu successivement dans différentes régions du Tibet ( aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur de la Région autonome du Tibet), et ont été brutalement réprimandées.

La situation actuelle du Tibet est très grave. Le gouvernement chinois a lancé un ultimatum qui expire ce soir à minuit. Nous sommes donc extrêmement préoccupés car il est à craindre qu’il y aura des massacres en grand nombre de Tibétains après l’expiration de cet ultimatum.

L’administration centrale tibétaine lance un appel urgent à la communauté internationale dont les Nations-unies, les gouvernements, les Parlements, les associations de défense des droits de l’Homme et les groupes de soutien au Tibet afin de demander les dirigeants chinois pour que cesse immédiatement la répression d’une part, et que soient libérés tous les Tibétains détenus d’autre part, mais également afin d’offrir des soins médicaux aux blessés.

Nous lançons un appel tout particulièrement au Conseil des Droits de l’Homme des Nations-unis afin de dépêcher dans les plus brefs délais une délégation d’enquête dans toutes les régions concernées du Tibet pour empêcher la dégradation éventuelle de cette situation déjà très critique.

(signé)

Professeur Samdhong Rinpoché

KASHAG

Cabinet de l’administration centrale tibétaine

DHARAMSALA - Inde

www.tibet.net

Traduction en français : Bureau du Tibet, Paris

E mail :tibetoffice@orange.fr

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Le PS en apesanteur

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Ciao Benamou : Un coup de pied aux fesses doré.

Libération mardi 18 mars 2008

Pour le plus grand bonheur de tous ceux qu’il excédait (collaborateurs, ministre de la Culture, pontes de la télévision), Georges-Marc Benamou, conseiller « Culture et Communication » de Nicolas Sarkozy, va quitter l’Elysée pour prendre la direction de la Villa Médicis à Rome.

En 1997, son livre Le Dernier Mitterrand fait scandale en décrivant Mitterrand, lors de son dernier réveillon à Latche, dégustant des ortolans, - une espèce protégée -, avec ses proches. Selon Pierre Bergé, l'anecdote est « Un mensonge honteux » car « Mitterrand était si mal qu'il n'a pas pu se mettre à table. » Il est nommé conseiller responsable de la Culture auprès du président Nicolas Sarkozy après l'élection présidentielle de mai 2007.

Officiellement, il part de son plein gré pour se consacrer «à l’écriture et au cinéma». Il avait surtout réussi à se mettre à dos tout le cabinet Sarkozy.

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