mardi 18 mars 2008
Bilan mitigé pour Estrosi à l'Outre-mer
17 mars 19:37 - PARIS (AFP) – AOL actualités
Le secrétaire d'Etat Christian Estrosi, qui a démissionné lundi du gouvernement après son élection à la mairie de Nice, laisse un bilan mitigé à l'Outre-mer, son activisme n'ayant pas toujours donné les résultats escomptés.
L'ancien champion de France de motocyclisme a été dépêché chaque fois qu'il y a eu un sinistre outre-mer: accident d'un avion en Polynésie en juillet, ouragan Dean à la Martinique et en Guadeloupe en août, séisme aux Antilles en novembre.
Il s'est aussi rendu à Saint-Pierre-et-Miquelon pour apaiser la colère des pêcheurs et s'est investi pour l'environnement, lors du Grenelle ou en allant défendre le dossier de l'inscription du récif coralien de Nouvelle-Calédonie au patrimoine mondial de l'Unesco.
Certains de ses déplacements ont été controversés, comme celui de Nouvelle-Calédonie, qui s'était soldé par la démission du haut-commissaire Michel Mathieu, après des affrontements avec les forces de l'ordre.
Et surtout, après des effets d'annonce, par exemple pour faire baisser le prix des billets d'avion entre la métropole et l'outre-mer, promesse du candidat Nicolas Sarkozy, il n'est pas toujours entré dans le fond des dossiers, selon plusieurs personnes ayant travaillé avec lui.
Sauf sur un sujet, où il s'est personnellement impliqué, celui de la Polynésie, minée par une instabilité politique chronique et des dérives concernant l'utilisation des fonds publics. S'il a réussi à serrer les boulons financiers de Tahiti, il a échoué sur le plan politique, après avoir fait voter en urgence une énième loi organique pour la Polynésie, censée mettre fin aux renversements incessants de gouvernements.
Il a même essuyé un sévère camouflet lors des dernières élections territoriales polynésiennes puisque c'est le grand perdant des élections, Gaston Flosse, sénateur UMP lâché par le gouvernement à son instigation, qui se retrouve au pouvoir, après avoir fait alliance avec son ennemi de trente ans, l'indépendantiste Oscar Temaru.
M. Estrosi n'a pas non plus mené à bien la réforme des congés bonifiés dont bénéficient les fonctionnaires ultra-marins, pour subventionner une part de leurs billets d'avion. Le dossier a été repris par le délégué interministériel Patrick Karam, qu'il avait cherché à évincer.
M. Estrosi a du récemment se laisser voler la vedette par M. Sarkozy pour la présentation du projet de loi-programme sur l'outre-mer, en cours d'examen par le conseil économique et social. Plusieurs volets de ce projet, tout comme son chiffrage, sont d'ailleurs critiqués.
Et puis, il y a eu cette affaire: Le Canard Enchaîné avait révélé que les services du secrétaire d'Etat à l'outre-mer avaient loué le 23 janvier dernier un jet privé pour un déplacement éclair à Washington, qui aurait coûté en tout 138.000 euros. Devant le tollé provoqué, il s’en était publiquement excusé.
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