mardi 18 mars 2008
Saison 2
Libération - mardi 18 mars 2008 - Didier Pourquery
Lendemain d’élections sinistre : une opération de choc à Grigny qui joue sur la corde sécuritaire, un hommage au dernier poilu qui montre la majesté du chef de l’Etat et un remaniement de la communication de l’Elysée pour mieux vendre les réformes dont des discours convenus nous annoncent l’accélération.
Voici la saison 2 du Sarko-show. Elle sera plus sombre. Les nuages noirs s’accumulent. La crise financière s’étend et inquiète les plus hauts dirigeants du pays. L’Union européenne en ébullition attend la présidence française de pied ferme. Les problèmes du pouvoir d’achat et du logement s’accentuent… et la droite elle-même ne se sent pas très bien.
La grogne monte dans la majorité présidentielle, contre le gouvernement et l'Elysée. Jean-Pierre Raffarin, toujours prompt à faire entendre sa différence, a ouvert les hostilités en critiquant la communication, parfois provocatrice de son successeur : "On parle trop des réformes et pas assez des progrès. Une c'est un outil, ce n'est pas un résultat, il faut parler des résultats !"
Face à ces tensions, Nicolas Sarkozy a décidé d’enfiler le costume de président. Les institutions de la Ve, qu’on le veuille ou non, sont les plus fortes. Elles imposent au Président une attitude plus digne, moins échevelée. Les Français n’ont pas compris la rafale de réformes brouillonnes qu’il leur a servies. Ils voulaient une amélioration de leur vie quotidienne, pas une avalanche de déclarations dopées à la testostérone. Message reçu. Nicolas Sarkozy change de registre. Il sait faire.
Obsédé par sa crainte de ne pas se «chiraquiser», gageons qu’il saura quand même réserver quelques surprises. Mais l’essentiel est là : la droite, divisée, bousculée par son échec, va devoir faire une cure de sobriété. A Fillon de jouer. Fini de rigoler, place aux gestionnaires.
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