Résistance Inventerre

-:¦:- Information Non-Violence, Environnement TERRE -:¦:- "Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent" Lucie Aubrac

lundi 17 mars 2008

Banlieue - Large victoire de Jean-Christophe Fromantin à Neuilly

La Tribune - 16/03/08

Le candidat finalement soutenu par l'UMP a gagné avec plus de 60% des voix. Le secrétaire général de l'UMP, Patrick Devedjian, se félicite de son choix.

Candidat de droite sans parti à Neuilly-sur-Seine, Jean-Christophe Fromantin, finalement soutenu par l'UMP , l'a emporté avec 61,67% des voix contre seulement 38,33% à son rival, Arnaud Teullé, ex numéro deux UMP de la ville avant de faire dissidence face au choix du soutien de l'UMP.

Le secrétaire général de l'UMP Patrick Devedjian avait plus tôt annoncé dimanche sur France 3 que Jean-Christophe Fromantin, soutenu par le parti présidentiel, avait été "élu, et très largement" à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine).

Il a ainsi souligné avoir fait le bon choix face aux critiques qui l'avaient assailli après sa décision de soutenir Jean-Christophe Fromantin qui, au premier tour, avait recueilli 47,89% des voix, contre 32,12% à Arnaud Teullé.

C'est à Neuilly-sur-Seine que le porte-parole de l'Elysée, David Martinon, avait été parachuté avec le feu vert de Nicolas Sarkozy avant de devoir se retier face au mécontement des électeurs et au lâchage de ses co-listiers, Arnaud Teullé (!) et Jean Sarkozy (!!), le propre fils du Président de la République.

sarkozypoing

Posté par werdna à 00:03 - Démocratie - Institutions - Rétroliens [0] - Permalien [#]

La Sécu critique le coût de médicaments récents pas toujours plus efficaces

PARIS (AFP) - 13/03/2008 – TV5 Infos

La hausse de 4,8% en 2007 des dépenses de médicaments (hors hôpital) du régime général de la Sécurité sociale (salariés) est notamment due à des produits récents, plus chers que les anciens, et pas toujours plus efficaces, a indiqué jeudi l'Assurance maladie (Cnam).

"En 2007, les dépenses de médicaments délivrés en ville représentent 15,2 milliards d'euros pour le Régime général (plus de 20 milliards d'euros en tous régimes), elles ont progressé de 4,8%" par rapport à 2006, écrit la Cnam dans une étude.

Cette croissance "est deux fois moins élevée que celle observée au début des années 2000 (+8,8% en 2001). Depuis, la croissance des dépenses de médicaments a diminué grâce notamment aux actions entreprises par l'assurance maladie avec les professionnels de santé et au développement des génériques", ajoute-t-elle.

Sur le total, la Cnam explique que les "médicaments de moins de 3 ans représentent une dépense de près de 1,4 milliard d'euros, soit une croissance de 600 millions d'euros par rapport à 2006".

"Ils contribuent ainsi à l'équivalent de 85% de la hausse totale des dépenses (...) 45% de ces dépenses supplémentaires concernent des molécules qui ne présentent pas ou peu d'amélioration du service médical rendu par rapport à l'arsenal thérapeutique préexistant", écrit-elle encore.

"Ces nouveaux produits se substituent en partie aux produits existants mais induisent également de nouvelles prescriptions et donc des dépenses supplémentaires", ajoute-t-elle.

"Ils témoignent d'une tendance particulièrement marquée en France: le report des prescriptions vers les médicaments les plus récents au détriment des molécules les plus anciennes et souvent génériquées", poursuit-elle.

La Cnam cite les cas du Lyrica, un anti-épileptique "sans amélioration du service médical rendu, (qui) enregistre la plus forte croissance en 2007: +42 millions d'euros", et du Spiriva, traitant la BPCO (broncho pneumopathie chronique obstructive), 3ème hausse la plus forte (+38 millions d'euros en 2007) pour "une amélioration du service médical rendu mineure".

Posté par werdna à 00:03 - Santé - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Loin du hamburger-frites, la vogue des "fast-food" diététiques et biologiques

PARIS (AFP) - 14/03/2008 – TV5 Infos

Loin du traditionnel hamburger-frites, les soupes-salades des "fast-food" nouvelle génération envahissent de plus en plus les centre-villes en proposant des aliments frais, naturels ou biologiques à une clientèle active, urbaine et plutôt aisée.

Soupe au potiron, tiramisu maison, jus de fruits "bio": voilà le menu habituel de ces "fast-food alternatifs" plutôt haut de gamme (Cojean, Exki, Bert's...) comme les appelle Rémy Lucas, de l'agence Cate Marketing, spécialisée dans l'alimentation "hors-domicile".

"Natural, fresh, ready" (naturel, frais, tout prêt): la chaîne belge Exki, qui a ouvert à Paris en 2006 boulevard des Italiens en plein quartier de bureaux, étale sa devise sur ses sacs en papier.

Fondée en 2001, forte d'un chiffre d'affaires de 18 millions d'euros l'an dernier, elle compte ouvrir deux autres restaurants dans la capitale cette année, deux à l'aéroport de Roissy et un à Lille (Nord), indique Raphaël Hautier, son directeur des opérations en France. En 2008, Exki ouvrira 13 restaurants en Europe, avec leur mobilier en bois clair et leurs expressos "commerce équitable".

Avec des sandwiches au pain biologique ou des salades de graines de quinoa, l'objectif est clair: surfer sur le ras-le-bol des fast-food traditionnels, comme McDonald's ou Quick, et profiter de la demande croissante des clients pour une alimentation plus saine. La tendance vient des pays anglo-saxons, en particulier New York ou Londres, où ce nouveau type de restauration à commencé à fleurir il y a une quinzaine d'années, explique Rémy Lucas.

En France, "c'est devenu un phénomène de société il y a quelques années" lorsque le précurseur Cojean, arrivé en 2001, a commencé à être largement copié, par d'autres chaînes ou par des indépendants, poursuit-il. Alain Cojean, aujourd'hui à la tête de 10 restaurants parisiens, attribue son succès à une "tendance de fonds pour le bien-être".

Une tendance qui a même touché McDonald's. "Bien sûr, ils sont source d'inspiration", reconnaît Eric Gravier, vice-président des relations extérieures de McDonald's France, qui a modifié progressivement ses menus pour offrir yaourts et fruits à croquer.

13H00, le Cojean du boulevard Haussmann déborde de clients en costume-cravate ou en tailleur, qui font la queue devant les gondoles, plateau en main pour emporter leur repas au bureau ou manger sur place.

Le phénomène est "urbain" et "assez élitiste", s'adressant à une clientèle qui cherche "les facilités du fast-food --manger vite-- mais qui ne veut pas du gras, de la +malbouffe+", résume Rémy Lucas. Ce sont donc aussi des clients qui ont les moyens de manger pour 11 euros (ticket moyen chez Cojean ou Exki) quand un menu Big Mac vaut environ 6 euros.

"Cojean a inventé le fast-food cher", s'amuse cette internaute du blog La Parizienne, qui regrette d'avoir "versé 15 euros pour une salade light, un micro-sandwich et un cake à emporter", même si elle reconnaît que c'est "drôlement bon".

Dans ces restaurants, qui mélangent allègrement tous les thèmes à la mode: --alimentation biologique, développement durable, commerce équitable, lutte contre l'obésité--, "on achète de l'image, du décor, une philosophie de vie", explique Remy Lucas. "On est typiquement dans une bouffe +bobo+", lance-t-il.

Pour autant, dit-il, si pour le moment cela reste un marché "de niche", cette "réelle alternative" devrait se développer car elle comble un manque entre la brasserie et le hamburger.

Posté par werdna à 00:03 - Santé - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Les producteurs de sel perdent leur procès contre un chercheur de l'Inserm

PARIS (AFP) - 13/03/2008 – TV5 Infos

Les producteurs de sel, qui poursuivaient un chercheur de l'Inserm pour les avoir accusés de minimiser les risques de l'excès de sel sur la santé, ont perdu jeudi leur procès en diffamation devant le tribunal correctionnel de Paris.

Les propos incriminés par le Comité des salines de France (CSF), syndicat qui regroupe la majorité des producteurs français de sel, remontent à 2006.

Pierre Meneton, chercheur à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, avait alors déclaré, dans une interview au mensuel TOC, que "le lobby des producteurs de sel et du secteur agroalimentaire était très puissant" et "désinformait les professionnels de la santé et les médias".

L'article, intitulé "Scandale alimentaire : sel, le vice caché", était accompagné d'une boîte de sel où figurait la mention "le sel tue", comparable à celle figurant sur les paquets de cigarettes. Etaient également poursuivis le journaliste auteur de l'article, Pierre Cattan, et le directeur de la publication, Arnauld Champremier.

Avant même d'en venir au fond, la 17e chambre du TGI a annulé dans son jugement les poursuites contre M. Meneton, en raison d'une erreur de procédure. Considérant que le propos incriminé, "appréciation critique portée par un scientifique", n'était "pas diffamatoire", elle a également relaxé MM. Champremier et Cattan. Pour le tribunal, "il ne s'agit que de l'évocation d'une question d'ordre général sur l'utilisation excessive d'un produit naturel qui, quelle que soit sa pertinence, ne dépasse pas les limites autorisées de la liberté d'expression dans une société démocratique".

Par ailleurs, relèvent les juges, "le titre de l'article et la mention portée sur la boîte de sel (...) s'analysent comme la critique d'un produit", or "les appréciations, même excessives, touchant les produits, les services ou les prestations n'entrent pas dans les prévisions" des lois françaises sur la diffamation. En outre, soulignent-ils, si le chercheur critique le sel, "le produit n'est pas dénigré en lui-même, la qualité du sel français n'étant, en particulier, pas remise en cause".

Lors de l'audience du 31 janvier, M. Meneton avait rappelé qu'en France, l'excès de sel était responsable de 100 décès par jour, imputables à des maladies cardio-vasculaires favorisées notamment par l'hypertension.

Devant le tribunal, il s'était dit "pas étonné" des poursuites du CSF, les producteurs de sel "ayant poursuivi l'équivalent américain de l'Inserm" en 2003 et des poursuites similaires ayant eu lieu en Grande-Bretagne en 2005. Dans les deux cas, avait-il rappelé, "ils ont perdu".

Selon l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments, la communauté scientifique admet généralement que 4 g de sel sont suffisants pour combler les besoins quotidiens d'un adulte. Or, les Français en consomment deux à trois fois plus. Appelés à la barre en tant que témoins, l'ancien directeur général de la Santé Joël Ménard et le journaliste du Point Christophe Labbé avaient soutenu le chercheur, qui affirmait avoir lui-même "subi cette désinformation de plein fouet".

"Cela fait plus de 20 ans qu'un lobby du sel fait de la désinformation sur le lien entre l'excès de sel et les effets délétères sur la santé (...) alors que des dizaines de publications scientifiques disent le contraire", avait-il témoigné, accusant le lobby de produire "des chiffres minorés" notamment sur le sel caché, préincorporé dans les aliments.

"Des raccourcis" contre lesquels s'était élevé l'ancien délégué général du CSF, Bernard Moinier, sans toutefois pouvoir produire aucune étude à l'appui de ses thèses.

Posté par werdna à 00:03 - Santé - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le traité de Lisbonne pourrait être stoppé en Allemagne et au Parlement polonais

Solidarité et progrès 14 mars 2008 - 15:13

En Allemagne, le débat parlementaire sur le traité de Lisbonne a commencé hier et déjà la ratification a pris du plomb dans l’aile. Le Linkspartei (Parti de la Gauche), seul groupe parlementaire à s’opposer au traité, à cause notamment de la militarisation sans précédent de l’Europe et des déploiements hors zone, a annoncé qu’aussitôt le traité ratifié au Bundestag le 25 avril, il déposera un recours à la cour constitutionnelle, ce que le député de la CSU (Union sociale Chrétienne) Peter Gauweiler s’est également engagé à faire.

Le journal European Forum d’hier écrit qu’un tel « recours juridique lancé par le troisième parti d’Allemagne contre le traité pourrait bloquer la ratification, provocant la peur que le plus grand pays membre puisse ne pas signer le traité à temps pour qu’il puisse entrer en vigueur, comme prévu, le 1er janvier 2009 ». L’article explique, en citant le dirigeant de l’Independence Party britannique, Nigel Farage, qu’ « il n’est pas exagéré de dire que ceci peut stopper net le traité ».

Citant aussi une source diplomatique, European Forum souligne l’embarra dans lequel se trouve le président allemand Horst Koelher « Il serait très embarrassant pour le Président de signer et d’approuver le texte comme légal pour voir ensuite les juges de la plus haute autorité judiciaire, la cour constitutionnelle, dire l’inverse ».

Suivre la campagne "Non au Coup d’Etat de Lisbonne"

Le traité de Lisbonne bloqué au parlement polonais !
14 mars 2008 - 10:36

12 mars 2008 (Nouvelle Solidarité) – Bruxelles a été ébranlé hier par un revirement inattendu à Varsovie. Jaroslaw Kaczynski, dirigeant du parti de l’opposition PiS au parlement polonais, a annoncé que lui et son parti ne ratifieraient pas le traité de Lisbonne, parce qu’il « ne peut-être accepté, tant qu’il est interprété d’une manière qui menace la souveraineté de certains Etats. » Quant à la Pologne, elle ne rendra jamais sa souveraineté, a-t-il dit, appelant à une renégociation de la ratification, pour au moins y ajouter un préambule établissant la primauté de la Constitution polonaise sur le traité de Lisbonne. Le texte doit dire que « la République polonaise reste et restera un Etat souverain », a t-il dit.

Cette annonce aussi soudaine qu’inattendue, en a stupéfié plus d’un, car c’est le (ex-) gouvernement de Kaczynski qui avait négocié les concessions qui ont rendu le Traité « acceptable » pour la Pologne au sommet Européen de Lisbonne en décembre dernier. L’actuel Premier ministre Donald Tusk s’est dit « dupé », parce qu’il n’a fait que signer ce que Kaczynski, son prédécesseur, avait négocié, et que ce dernier raconte maintenant à tout le monde que ce qu’il a négocié n’était pas bon pour la Pologne. D’ailleurs, le parti de Kaczynski, le PiS a approuvé la loi de ratification débattue au parlement 10 jours plus tôt, et l’a passée avec une écrasante majorité.

Parlant pour la majorité gouvernementale, le Président du parlement Bronislaw Koromowski a exclu tout changement dans le texte du Traité, tout en se moquant de Kaczynski : « s’il n’aime plus le traité, il devrait aller voir son frère et lui dire de ne pas le signer », ce qui fait référence à son frère Lech Kaczynski, qui est toujours le Président de la Pologne, et dont beaucoup suspectent déjà qu’il ne signera finalement pas le Traité, même s’il est ratifié par le parlement. Pour le moment, la ratification est bloquée puisqu’il n’y a plus la majorité requise des 2/3 pour le vote parlementaire.

Suivre la campagne "Non au Coup d’Etat de Lisbonne"

Posté par Kozett à 00:02 - Europe - Rétroliens [0] - Permalien [#]

L'acteur Richard Gere appelle au boycott des JO si Pekin réagit mal au Tibet

HONG KONG (AFP) - 15/03/2008 – Tv5 Infos

L'acteur américain Richard Gere, défenseur depuis 25 ans de la cause tibétaine, a appelé samedi au boycott des Jeux olympiques de Pékin si la Chine ne réagissait pas "de manière convenable" aux manifestations violentes qui agitent le Tibet depuis plusieurs jours.

"Dans cette situation, si les Chinois ne réagissent pas de manière convenable, ne modifient pas leur comportement, ne reconnaissent pas ce qu'il se passe, ne permettent pas un accès libre à un moyen de communication, alors je pense que, absolument, nous devons boycotter" les JO, a déclaré l'acteur de 58 ans à la radio BBC.

"Il serait déraisonnable que nous continuions comme si tout allait bien et que tout le monde était heureux. C'est impossible", a-t-il ajouté.

Ces manifestations antichinoises à Lhassa, les plus sanglantes depuis 1989 au Tibet, coïncident avec le 49e anniversaire du soulèvement de Lhassa qui avait abouti à l'exil du dalaï lama.

Le gouvernement tibétain en exil a fait état d'informations non confirmées selon lesquelles les violentes émeutes de vendredi à Lhassa auraient fait jusqu'à cent morts.

Richard Gere a indiqué n'avoir jusqu'à présent pas appelé au boycott des JO, estimant que les Jeux allaient faciliter "un libre échange en matière de communication, de sport et de divertissement".

Au sujet des manifestations, il a déclaré: "Vous voyez cela à travers le monde lorsque des peuples ont été réprimés, qu'ils sont au bord de l'extinction, et qu'il ne leur reste plus rien d'autre à faire".

"Les Tibétains ont été très marginalisés ces dernières années, encore plus qu'avant. Et c'est pour cela que vous voyez l'effet cocotte-minute au Tibet où la religion est pour l'essentiel devenue illégale, où les images du dalaï lama, qui est leur Jesus Christ, ne sont pas permises", a-t-il relevé.

185_8543b

Posté par werdna à 00:01 - >>> Résistances <<< - Rétroliens [0] - Permalien [#]

TIBET - Le dalaï-lama dénonce un "génocide culturel" au Tibet

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 16.03.08 | 13h40

Les autorités chinoises veulent livrer une "guerre populaire" contre les "séparatistes" tibétains

Le gouvernement tibétain en exil a annoncé, dimanche 16 mars, à Dharamsala (nord de l'Inde) avoir reçu la confirmation d'un bilan de 80 morts dans les violences au Tibet. Thubten Samphel, porte-parole de l'administration tibétaine à Dharamsala, explique que ce bilan a été établi "à partir de coups de téléphone passés depuis le Tibet" par des témoins. Depuis au moins trois Tibétains auraient été tués par balles lors d'une manifestation réprimée par la police à Ngawa, un district tibétain de la province du Sichouan, où les manifestations anti-chinoises ont été sévèrement réprimées.

Lors d'une conférence, le dalaï lama a réclamé dimanche une enquête internationale sur les violences au Tibet et dénoncé un "génocide culturel" mené par "un régime de la terreur". Le précédent bilan confirmé du gouvernement en exil faisait état de 30 morts tandis que les autorités chinoises ont avancé un bilan d'au moins dix morts. L'agence officielle Chine nouvelle rapporte que 12 policiers ont aussi été grièvement blessés.

Dimanche, la capitale du Tibet, Lhassa, est toujours bouclée et quadrillée par les forces de l'ordre. Les autorités affirment que la situation est sous contrôle. Une réunion de crise s'est tenue samedi, sous la houlette du secrétaire régional du Parti communiste, Zhang Qingli. "La réunion a souligné qu'il fallait (...) livrer une guerre populaire contre la division et pour protéger la stabilité", , rapporte le Tibet Daily, un journal aux mains des autorités chinoises. "Les faits montrent clairement une orchestration minutieuse des forces séparatistes et réactionnaires de l'intérieur et de l'étranger", dont "le but est l'indépendance", indique le journal. "Il faut mettre en lumière la face hideuse du groupe du dalaï lama", est-il encore écrit.

Les autorités ont déjà donné un ultimatum aux émeutiers, les exhortant à se rendre à la police avant lundi minuit pour bénéficier de leur clémence, sans quoi ils s'exposeraient à des sanctions sévères. Le gouvernement a mobilisé en outre des moines bouddhistes jouissant de la faveur du pouvoir pour dénoncer les manifestations. Selon l'agence Chine Nouvelle, les autorités chinoises auraient même reçu dimanche le concours du panchen lama, officiellement numéro deux des dirigeants spirituels tibétains, nommé par les autorités de Pékin au détriment d'un jeune garçon choisi par le dalaï lama.

Etat de siège au Tibet

Edito du Monde | 15.03.08 | 13h54

C'était l'accident tant redouté par Pékin. Depuis des mois, le régime chinois était attentif au moindre dérapage susceptible d'obscurcir le climat avant la tenue des Jeux olympiques (JO) de Pékin, dont le Parti communiste (PCC) a fait une opération de relations publiques à sa gloire. Ses craintes se confirment avec les violences qui, depuis le début de la semaine, embrasent Lhassa, la capitale de la "région autonome du Tibet" sous tutelle chinoise. Marches de moines bouddhistes, arrestations musclées, fermeture des principaux monastères, incendie d'un marché, et même, selon des sources médicales, plusieurs victimes : ces incidents sont les plus graves ayant secoué le Tibet depuis la loi martiale décrétée en 1989 à la suite d'émeutes antichinoises.

La question tibétaine entache brutalement l'image avantageuse que voulait présenter le régime chinois, auréolé de ses spectaculaires performances économiques et courtisé dans les enceintes internationales. Les Etats-Unis ne viennent-ils pas de retirer la Chine de leur liste des dix Etats bafouant le plus les droits de l'homme ?

Les événements de Lhassa vont doper tous les opposants à la tenue des JO, qui dénoncent depuis des mois l'effet de légitimation que recherche le PCC à travers ce grand rendez-vous sportif. Un premier accroc s'était déjà produit en début d'année sur le dossier du Darfour avec la décision du cinéaste américain Steven Spielberg de boycotter ces Jeux - où il devait officier comme consultant artistique - en raison du soutien chinois au régime soudanais. Avec le Tibet en état de siège, les choses deviennent autrement plus sérieuses.

L'exaspération des Tibétains doit être grande pour qu'ils prennent le risque de défier Pékin au coeur du sanctuaire de Lhassa, la ville la plus contrôlée de Chine. Là est le principal enseignement de cette poussée de fièvre : malgré une implacable répression, que le dalaï-lama qualifie d'"inimaginable", malgré une politique de sinisation brutale qui pourrait un jour rendre les Tibétains minoritaires sur leur sol, des moines bravent la peur pour interpeller la communauté internationale. Ce courage mérite d'être salué.

La partie, hélas, s'annonce périlleuse. Pour le régime, le Tibet constitue un enjeu stratégique sur lequel il ne fléchira pas. Il y a fort à parier qu'au lendemain de ces troubles il jouera sur une corde nationaliste à laquelle la population chinoise est extrêmement sensible. Nombre de Chinois, et pas seulement ceux qui soutiennent le PCC, ont du mal à s'affranchir d'une vision paranoïaque de l'histoire. Ils sont convaincus que l'Occident conspire afin d'entraver l'essor de la Chine, jadis humiliée, aujourd'hui renaissante. Il faut qu'ils comprennent qu'une puissance n'est grande que si ses minorités souhaitent l'intégrer sur une base volontaire, et non forcée.

Posté par Kozett à 00:01 - >>> Résistances <<< - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Page précédente  1  2