samedi 15 mars 2008
Nicolas Sarkozy ou comment tourner vite la page des municipales
REUTERS : samedi 15 mars 2008 - par Emmanuel Jarry
PARIS (Reuters) - Quelle que soit l'issue du second tour des municipales, dimanche, Nicolas Sarkozy voudra tourner rapidement cette page peu glorieuse de son début de quinquennat.
"Ça fait un moment qu'il est dans l'après-élection", estime un haut responsable de l'UMP, proche du chef de l'Etat. "Il est assez pressé d'aller vers une nouvelle étape."
"Pour lui, c'était l'échéance la plus difficile. Les européennes de 2009 n'auront pas de véritable signification politique et aux régionales de 2010, on peut difficilement faire pire qu'en 2004" - la droite avait perdu dans 20 régions sur 22.
L'agenda du chef de l'Etat, la semaine prochaine, illustre déjà cette volonté de changer de registre.
La mort du dernier combattant français de 1914-1918, Lazare Ponticelli, lui offre l'occasion d'un hommage aux "poilus" de la Grande Guerre, qui l'occupera une grande partie de lundi.
Le lendemain, il prendra physiquement et symboliquement de la hauteur en se rendant au plateau des Glières (Haute-Savoie), pour un hommage aux maquisards de la seconde guerre mondiale.
Il achèvera la semaine en assistant vendredi à Cherbourg au lancement du dernier né des sous-marins nucléaire lance-missiles français, fer de lance des forces de dissuasion de la France.
Une façon de renouer avec des thèmes fédérateurs et une défense et illustration de "l'identité nationale" dont il avait fait un de ses principaux arguments de sa campagne en 2007.
Les dirigeants de l'UMP veulent croire que les municipales se limiteront à un simple "rééquilibrage" par rapport à 2001 - la droite avait gagné une quarantaine de grandes villes.
L'UMP espère ne perdre que 20 à 30 communes de plus de 30.000 habitants et chefs-lieu de département et en prendre une petite dizaine, ce qui ramènerait le rapport gauche-droite à 50/50 dans les grandes villes, au lieu de 55/45 après 2001.
Une grosse colère gronde - chronique : '' Ecouter Voir '' par Jean-Claude Guillebaud
téléobs 21 Mars 2008
Jean-Claude Guillebaud est journaliste /écrivain /essayiste,ancien président de Reporters sans frontières
La pauvreté en France augmente plus vite encore que les prix. Les experts peuvent toujours prétendre la contraire, c’est une réalité.
La logique médiatique est parfois ironique. Ou amère. Il se trouve que l’autre Lundi ( le 3 mars ), les radios et les télévisions brodaient à l’infini sur deux sujets :
les délires financiers révélés par l’affaire Gautier-Sauvagnac au prix d’un fameux rififi au sein du Medef ;
les augmentations de prix ahurissantes stigmatisées par l’enquête de « 60 millions de consommateurs ».
A l’écoute des commentaires, on pataugeait comme jamais dans des histoires de <marges<, de salaires obscènes et de <profits< insensés. Or, ce même jour, Canal+ diffusait, en première heure de la soirée, un remarquable documentaire sur mes <travailleurs pauvres<, réalisé par Pascal Catuogno. On ne remerciera jamais assez cette chaîne privée d’avoir diffusé une enquête d’une radicalité aussi bien documentée et donc bouleversante.
Elle montrait comment ont été délibérément organisées, depuis vingt cinq ans, par le truchement du travail à temps partiel, la précarisation, l’humiliation, la progressive mises a l’écart de plusieurs millions d’hommes et de femmes de ce pays. Cette radiographie très inhabituelle de la France au travail nous inspirait une espèce de lassitude dégoûtée. Ecrivant cela, je pense à ces politiques et ce éditorialistes de droite ou de gauche qui vont partout répétant que les dislocations sociales liées a la mondialisation ne sont pas des dangers mais des <opportunités<, et que tous ces inconvénients disparaîtront vite. L’ennui, c’est qu’il y a une bonne quinzaine d’années qu’on mouline ces sornettes. Dans le même temps, les citoyens lambda – vous et moi- voient surtout disparaître des usines, des emplois, des services publics. Ils voient que les SDF se multiplient sur nos trottoirs et entendent les responsables des Restos du Cœur clamer leur effroi devant l’augmentation exponentielle des urgences sociales.
De la même façon, les prétendus spécialistes ou statisticiens consultés par les médias expliquent aux mêmes citoyens que les inégalités sociales n’ont pas – ou peu – augmenté au cours des dix dernières années . la multiplication pathétique de ces « travailleurs pauvres » évoqués par le documentaire de Canal+ relèverait-elle du fantasme ? Avons-nous la berlue quand nous écoutons les assistantes sociales, les inspecteurs du travail ou les magistrats évoquer à mots crus les nouvelles détresses qu’ils doivent gérer au quotidien ? Avons-nous tort d’observer que la situation des étudiants eux-mêmes s’est catastrophiquement dégradée ces vingt dernières années ?
La crise démocratique, c’est quand les citoyens ne se reconnaissent plus, et ne reconnaissent pas leur quotidien, dans le discours des politiques et des experts. Cette crise-là – gravissime -, voilà qu’elle apparaît en pleine lumière. L’affaire de l’augmentation des prix en est l’illustration emblématique. Depuis des années, on venait périodiquement expliquer aux Français que les prix n’avaient pas, ou très peu, augmenté, et qu’il était absurde d’incriminer l’euro. Or, n’importe quel citoyen ordinaire constatait qu’a la terrasse d’un café, il payait son expresso près du double de ce qu’il déboursait en francs, quatre ans auparavant. Quand il achetait sa baguette de pain, l’augmentation du prix convertit en franc lui semblait plus vertigineuse encore. Il repensait à ces experts ou a ces ministres et les soupçonnait de se payer sa tête.
Tout cela est-il bien raisonnable ? Et faut-il s’étonner, sur un ton sentencieux qu’Olivier Besancenot ait de si beaux jours devant lui ? Sauf à être sourd, on entend gronder une énorme colère dans les tréfonds du pays.
Abstention : des causes multiples, un choix contestable

Ouest-France – 15/03/08 – Didier EUGÈNE.
L'abstention du premier tour reste un mystère. Le ministère de l'Intérieur a livré tardivement une statistique globale pour les cantonales et les municipales en baisse par rapport à 2001 : 33,5 %. Le second tour avait vu, en 2001, 37,61 % des électeurs s'abstenir contre 32,7 % au premier tour. Pour le second, les évaluations des instituts de sondage laissaient prévoir une participation en hausse aux municipales.
Parmi les facteurs ayant pu concourir à l'abstention, on évoquera pour mémoire l'ouverture de la pêche à la truite, traditionnel motif d'abstention mais combattu par les pêcheurs eux-mêmes.
Plus sérieusement, on peut penser à une bouderie de l'électorat du Front national dont une bonne partie n'a pas trouvé de liste de son parti dans les villes et qui n'a pas jugé utile de voter pour d'autres partis.
À chaque élection sont aussi incriminés les sondages dont l'effet serait démobilisateur sur les électeurs là où les jeux paraissent faits. Mais cette explication ne convainc pas. La multiplication des listes dans certaines villes et donc de l'offre politique, confirmée en 2008 par rapport à 2001, n'entraîne pas non plus une participation plus forte.
Il faudrait donc en revenir à l'explication des années passées : une certaine désaffection pour le suffrage universel, pour le débat politique ou, plus généralement, une distance prise avec un pouvoir politique jugé distant et sans grand effet sur la réalité du monde.
Mais, justement, les maires ne sont-ils pas les opérateurs de politiques de proximité et la décentralisation n'a-t-elle pas redynamisé l'action publique locale ?
Dernière ligne droite à Périgueux

Placide - http://www.leplacide.com/
Les Européens placent l’environnement au centre de leurs préoccupations
14/03/2008 – Notre-planète-info
Selon une enquête Eurobaromètre publiée le 13 mars 2008, plus des deux tiers des Européens préfèrent que les décisions en matière d’environnement soient prises au niveau de l’Union européenne. Le rapport révèle par ailleurs que ces derniers sont de plus en plus conscients du rôle que joue l’environnement dans leur vie quotidienne. Ils sont plus de 95 % à penser qu’il est important de protéger l’environnement. Environ 80 % estiment en outre qu’il a une influence sur leur qualité de vie et qu’ils ont un rôle à jouer dans sa protection. Le changement climatique arrive en tête dans la liste des préoccupations environnementales des Européens, suivi de la pollution et des catastrophes d’origine humaine.
M. Stavros Dimas, membre de la Commission chargé de l’environnement, a déclaré à ce sujet: «La plupart des Européens pensent que l’Union européenne doit agir davantage en faveur de l’environnement et que, dans ce domaine, c’est à ce niveau que les meilleures décisions sont prises. Une majorité écrasante d’entre eux estiment qu’une législation européenne harmonisée est nécessaire en la matière et que l’Union doit aider les autres pays à améliorer leurs normes environnementales.»
Les OGM, un sujet de préoccupation pour les Européens
Si elle fait apparaître que les cinq grandes préoccupations des Européens dans le domaine de l’environnement sont le changement climatique, la pollution de l’eau, la pollution de l’air, les catastrophes d’origine humaine et l’emploi de produits chimiques dans les produits d’usage quotidien, l’enquête Eurobaromètre révèle également que, pour une majorité des citoyens européens, le recours aux organismes génétiquement modifiés (OGM) en agriculture est source d’inquiétude. Environ 58 % d’entre eux déclarent nourrir des appréhensions quant à l’utilisation des OGM, tandis que 21 % y sont favorables.
Les Européens prêts à acheter des produits verts
Le sondage Eurobaromètre fait ressortir une remarquable volonté de la part des citoyens européens d’acheter des produits respectueux de l’environnement. Près des trois quarts d’entre eux disent être disposés à le faire même s’ils doivent pour cela payer un peu plus cher. En moyenne, seuls 17 % des Européens ont déclaré avoir acheté des produits écologiques au cours du mois écoulé. Autrement dit, près de 60 % des Européens se disent prêts à adopter les produits verts, mais ne l’ont pas encore fait. La majorité d’entre eux (52 %) indiquent qu’ils seraient en mesure de reconnaître à leur étiquette les produits véritablement écologiques.
La protection de l’environnement n’est pas un obstacle à la performance économique
Quand on leur demande si la protection de l’environnement constitue un obstacle à la réussite économique ou une motivation à innover, près des deux tiers des Européens répondent qu’il s’agit plus d’un facteur encourageant l’innovation (63 %) que d’un frein à la performance économique (16 %). Les Européens pensent, à peu près dans la même proportion (64 %), que l’environnement doit passer avant la compétitivité économique, tandis que 18 % estiment que cette dernière est plus importante.
Plus des deux tiers des citoyens européens sont par ailleurs convaincus que le progrès doit être mesuré à l’aide d’indicateurs sociaux, environnementaux et économiques. Seule une minorité (15 %) est d’avis que son évaluation doit s’appuyer principalement sur l’utilisation d’indicateurs monétaires et économiques.
À problème mondial, approche mondiale
Environ les deux tiers des citoyens européens préfèrent que les décisions en matière d’environnement soient prises conjointement au niveau de l’Union européenne plutôt qu’au niveau national. Ils sont également très nombreux à penser qu’une législation européenne harmonisée est nécessaire dans le domaine de l’environnement (82 %), que l’UE doit aider les pays tiers à améliorer leurs normes en la matière (80 %) et qu’elle doit allouer plus de crédits à la protection de l’environnement (78 %).
Par ailleurs, environ 78 % des Européens estiment qu’il serait utile de créer une force européenne de protection civile qui pourrait intervenir en cas de catastrophe naturelle dans leur pays.
Etat de l'environnement dans les grandes villes européennes : la qualité de l'air reste préoccupante
Les entreprises européennes peinent à agir en faveur de l'environnement
Le top 10 des préoccupations des Français en matière d'environnement
Dans son Edito Le Monde salue le courage des Tibétains
Edito du Monde | 15.03.08 | 13h54
Etat de siège au Tibet
C 'était l'accident tant redouté par Pékin. Depuis des mois, le régime chinois était attentif au moindre dérapage susceptible d'obscurcir le climat avant la tenue des Jeux olympiques (JO) de Pékin, dont le Parti communiste (PCC) a fait une opération de relations publiques à sa gloire. Ses craintes se confirment avec les violences qui, depuis le début de la semaine, embrasent Lhassa, la capitale de la "région autonome du Tibet" sous tutelle chinoise. Marches de moines bouddhistes, arrestations musclées, fermeture des principaux monastères, incendie d'un marché, et même, selon des sources médicales, plusieurs victimes : ces incidents sont les plus graves ayant secoué le Tibet depuis la loi martiale décrétée en 1989 à la suite d'émeutes antichinoises.
La question tibétaine entache brutalement l'image avantageuse que voulait présenter le régime chinois, auréolé de ses spectaculaires performances économiques et courtisé dans les enceintes internationales. Les Etats-Unis ne viennent-ils pas de retirer la Chine de leur liste des dix Etats bafouant le plus les droits de l'homme ?
Les événements de Lhassa vont doper tous les opposants à la tenue des JO, qui dénoncent depuis des mois l'effet de légitimation que recherche le PCC à travers ce grand rendez-vous sportif. Un premier accroc s'était déjà produit en début d'année sur le dossier du Darfour avec la décision du cinéaste américain Steven Spielberg de boycotter ces Jeux - où il devait officier comme consultant artistique - en raison du soutien chinois au régime soudanais. Avec le Tibet en état de siège, les choses deviennent autrement plus sérieuses.
L'exaspération des Tibétains doit être grande pour qu'ils prennent le risque de défier Pékin au coeur du sanctuaire de Lhassa, la ville la plus contrôlée de Chine. Là est le principal enseignement de cette poussée de fièvre : malgré une implacable répression, que le dalaï-lama qualifie d'"inimaginable", malgré une politique de sinisation brutale qui pourrait un jour rendre les Tibétains minoritaires sur leur sol, des moines bravent la peur pour interpeller la communauté internationale. Ce courage mérite d'être salué.
La partie, hélas, s'annonce périlleuse. Pour le régime, le Tibet constitue un enjeu stratégique sur lequel il ne fléchira pas. Il y a fort à parier qu'au lendemain de ces troubles il jouera sur une corde nationaliste à laquelle la population chinoise est extrêmement sensible. Nombre de Chinois, et pas seulement ceux qui soutiennent le PCC, ont du mal à s'affranchir d'une vision paranoïaque de l'histoire. Ils sont convaincus que l'Occident conspire afin d'entraver l'essor de la Chine, jadis humiliée, aujourd'hui renaissante. Il faut qu'ils comprennent qu'une puissance n'est grande que si ses minorités souhaitent l'intégrer sur une base volontaire, et non forcée.
Pancho : Vivement Lundi

Bio : comment la France a perdu son avance
Ouest-France – 15/03/08 - Propos recueillis par Jean-Paul LOUÉDOC
La fédération des agriculteurs bio organise un colloque à Lorient sur les objectifs du Grenelle de l'environnement. Trois questions à son président Paul Hascoët.
L'objectif du Grenelle de l'environnement d'atteindre 20 % d'agriculture biologique en 2020 représente combien d'agriculteurs et quelle surface en Bretagne ?
A partir de la base actuelle qui est d'un peu moins d'un millier de producteurs pour 2 % de la surface agricole, il faudrait atteindre 10 000 paysans bio sur 320 000 hectares. On se pose beaucoup de questions sur les moyens à mettre en oeuvre pour atteindre cet objectif. D'où l'objet du colloque à Lorient avec des exemples en Italie, Autriche et au Pays de Galles.
La France, pionnière du bio, traîne désormais en queue de peloton. Grand pays agricole, elle a beaucoup misé sur son agriculture intensive branchée sur l'export. Les conseils techniques et économiques sont orientés vers une production à base d'intrants (engrais, pesticides). Pour développer le bio, il faut d'abord faire sauter des verrous dans les têtes.
Quel est votre propre itinéraire vers le bio ?
Je me suis installé en 1985 en production de céréales conventionnelles. J'ai pris le virage vers le bio au début des années 2000 en apprenant les techniques basées sur la rotation des cultures. Sur 75 hectares, je cultive du blé panifiable, des céréales pour l'alimentation animale, du sarrasin et des prairies temporaires avec des mélanges de légumineuses. J'ai loué quatre hectares à deux maraîchers pour qu'ils puissent s'installer. On vit un véritable paradoxe. La France manque de paysans car elle importe la moitié de ses aliments bio mais ceux qui veulent se lancer dans le métier ont de grosses difficultés pour accéder au foncier.
Quelles aides pour développer l'agriculture bio ?
Il faut un système de soutien qui prenne en compte plutôt les moyens humains que la taille des exploitations, c'est l'inverse du conventionnel où l'aide est accordée en fonction des volumes et les hectares. Pour les circuits longs, il faudra contractualiser sur les prix avec des partenariats où chacun sera gagnant de manière durable. La moitié des fermes travaillent en circuit court par le biais des marchés, des paniers, des Amap (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne), des magasins de producteurs. Dans ce domaine, aussi, on n'a pas encore exploré toutes les solutions. Avant de penser à l'avenir, il faut songer au présent.
On est confronté à un gel des crédits de l'État en 2008. Pour l'instant le décalage est énorme entre le discours du gouvernement et ses actes.
LOGEMENT EXPULSIONS LOCATIVES : Les associations appellent à manifester
NOUVELOBS. | 15.03.2008 | 09:57
Alors que la trêve hivernale des expulsions locatives touche à sa fin, elles dénoncent l'absurdité d'un système qui met à la rue des personnes que la loi Dalo oblige à reloger.
Quelque trente associations appellent à manifester à Paris samedi 14 mars à partir de 14h30, alors que la trêve hivernale des expulsions locatives est arrivée à son terme. Les associations dénoncent l'absurdité d'un système qui met à la rue des personnes que la loi sur le droit au logement opposable oblige à reloger. Les manifestants ont prévu de se retrouver place de la République à Paris, à l'appel d'associations comme le Dal (Droit au logement), le Cal (Comité action logement) ou Jeudi Noir, pour demander notamment "l'arrêt des expulsions sans relogement" et l'"application de la loi de réquisition sur les logements vacants".
Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du Dal, a mis en avant, lors d'une conférence de presse "l'absurdité" de mettre des gens à la rue, à partir du 16 mars, la fin de la trêve hivernale, alors que la loi Dalo (Droit au logement opposable) fait obligation de les reloger.
Les personnes expulsées de leur logement sont en effet parmi les publics prioritaires du Dalo qui, si aucun relogement ne leur est proposé au bout d'une période de six mois, seront en droit d'engager des poursuites judiciaires contre l'Etat.
Les associations, dans leur appel à manifester, affirment que "plus de 120.000 ménages seront mis à la porte cette année.... alors que les loyers et l'immobilier n'ont jamais été aussi chers (...) et qu'avec des revenus faibles, modestes et même moyens il n'est plus possible de se loger décemment".
En plus de leurs revendications habituelles demandant l'arrêt des expulsions, les associations font part, cette année, de leurs craintes au sujet du livret A dont la collecte - actuellement de quelque 19 milliards d'euros - finance le logement social.
Suivant des injonctions de l'Union européenne, le gouvernement envisage de "banaliser" le livret A, à savoir ouvrir sa distribution à tout le secteur bancaire.
Parmi les revendications qui seront mises en avant lors de la manifestation de samedi figureront "la défense du logement social" ou l'"arrêt des ventes de HLM".
Selon une des promesses électorales du candidat Nicolas Sarkozy, la ministre du Logement Christine Boutin s'est engagée à mettre en vente, chaque année, 40.000 logements HLM auprès de leurs occupants pour dégager des liquidités pour la construction de nouveaux logements sociaux Le Parisien 15/03/08 Les expulsions locatives à nouveau possibles Voir video
Des associations comme Jeudi Noir, qui se veut le défenseur des "jeunes galériens du logement", mettent aussi en avant des revendications sur le développement et la réhabilitation du logement des travailleurs migrants, des jeunes et des étudiants.
Sous les profits, l'angoisse
France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain – Marianne -Samedi 15 Mars 2008
Pendant que les entreprises du CAC frôlent les 100 milliards de profits, le ministre du travail cherche à combattre le stress... Vous connaissez la vieille théorie de Marx : le capital n'est que du travail accumulé, du travail «cristallisé» disait-il, un peu comme le miel est le travail cristallisé des abeilles... Reconnaissons que les entreprises du CAC 40 sont heureuses, elles affichent 97 milliards d'euros de profits, mais de quoi sont faits ces profits? De génie patronal? De talent de manager? De flair stratégique? De courage de condottiere, ou de sueur et de stress ?
Et bien pour Total, de rien de tout ça. Les profits sont largement faits de rente. Total est assis sur des puits de pétrole, comme des Bédouins dans le désert, et comme eux il profite de l'explosion de la demande pétrolière tirée par la Chine. Autrement dit, les profits de Total ne peuvent qu'aller en s'accroissant avec la rareté du pétrole, quel que soit le talent ou l'incompétence du patron Christophe de Margerie.
Bien sûr, il y a du stress dans Total, mais moins qu'ailleurs, et sans doute moins que sur le périphérique ou le malheureux automobiliste consomme le produit vendu par Total dans des bouchons, en se rongeant les sangs parce qu'il va être en retard à son travail. Quiconque s'efforce de pénétrer dans Paris vers 9 heures du matin peut mesurer les vapeurs de tristesse, de stress, de rage, de méchanceté qui s'évaporent au-dessus des automobiles.
On ne déteste plus son patron, mais soi-même
Les salariés français sont stressés, parce qu'ils ne travaillent à la fois ni trop, ni pas assez. La loi sur les 35 heures a fait flamber la productivité des cadres et des employés, et créé des conditions de travail terribles. Pas question de feignasser une seconde! Aux ordres ! Le doigt sur la couture du pantalon. On redécouvre une banalité de base, à savoir que l'entreprise est un lieu où l'autorité ne se discute pas. On y obéit et on y produit. Certes, direz-vous, ce n'est plus le travail à la chaîne ! Que nenni. L'ouvrier de Taylor avait un ennemi, le patron.
L'ouvrier ou le cadre d'aujourd'hui a deux ennemis: l'autre cadre, et surtout lui-même. Alors que la production reposait autrefois sur les petits chefs, la maîtrise, elle, repose aujourd'hui sur l'auto-contrôle, l'auto-exploitation, un marathon infini pour fournir tout seul comme un grand de la bonne sueur nerveuse à son entreprise. Au contrôle de la hiérarchie, s'ajoute, comme si ça ne suffisait pas, l'auto-contrôle, et l'offre perpétuelle de son labeur. Ce n'est plus le patron que l'on déteste, ça c'était le bon vieux temps, mais soi-même... Ce qui peut conduire aux pires extrémités.
Les deux phrases du jour :
«Trop de travail tue le travail» et «Ce n'est plus la fin du travail, mais le travail sans fin!»
