vendredi 14 mars 2008
CONSEIL EUROPEEN - L'Union pour la Méditerranée présentée à Bruxelles
NOUVELOBS| 13.03.2008 | 16:09 Angela Merkel et Nicolas Sarkozy doivent présenter jeudi soir à leurs partenaires de l'Union européenne le projet d'UPM issu d'un compromis entre Paris et Berlin. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy doivent présenter jeudi 13 mars au soir à leurs partenaires de l'Union européenne, réunis en Conseil à Bruxelles, le projet d'Union pour la Méditerranée (UPM) issu d'un compromis entre Paris et Berlin. Face aux réticences allemandes, la France a dû revoir sérieusement à la baisse ses ambitions, au point que certains diplomates européens ne voient plus guère ce qui différencie ce qu'ils ont ironiquement surnommé "Club Med" du "processus de Barcelone" lancé en 1995. Nicolas Sarkozy espère pouvoir porter son projet sur les fonts baptismaux dès le 13 juillet lors d'un sommet à Paris. Selon lui, le document présenté jeudi précisera aussi que l'UPM ne bénéficiera pas de fonds supplémentaires par rapport à ceux déjà prévus pour le processus de Barcelone. Côté français, on expliquait vouloir mettre à contribution des financements privés.
Conformément à l'accord conclu entre la chancelière allemande et le président français à Hanovre, le projet a été retouché pour faire en sorte que toute l'Union européenne -et pas seulement les Etats riverains de la Méditerranée- y soit associée, comme le demandait Angela Merkel.
La nouvelle mouture prévoit une co-présidence par un représentant d'un Etat-membre de l'UE -riverain de la Méditerranée, au moins dans un premier temps- et par un pays du Sud. Un secrétariat allégé d'une vingtaine de personnes associera à parité des pays du Sud et du Nord, y compris non riverains de la Méditerranée. Il sera dirigé par deux co-directeurs, la Commission européenne étant associée à la nomination de celui représentant le Nord.
Un sommet de l'UPM sera organisé tous les deux ans, comme c'est déjà le cas pour le "processus de Barcelone", dont elle se différencie de moins en moins. Depuis 1995, ce dispositif vise en effet déjà à favoriser une coopération accrue entre l'UE et 10 pays du Sud.
Il n'a jamais réussi à vraiment décoller, en raison du conflit israélo-palestinien notamment, et ce alors même que l'UE y consacrait quelque 20 milliards d'euros entre 1995 et 2005.
Question des financements - Pour le porte-parole du gouvernement allemand Ulrich Wilhelm, "le point essentiel, c'est que la politique méditerranéenne de l'UE va être relancée. Dans ce but, le processus de Barcelone (...) sera perfectionné au sein d'une 'Union de la Méditerranée', la totalité des 27 Etats-membres y participant sur un pied d'égalité".
"C'est un compromis qui permet d'avancer", plaidait jeudi un diplomate français. "L'objectif, c'est de créer des solidarités de fait", en suivant la même méthode que celle adoptée par Jean Monnet pour fonder la CEE, et d'amener ainsi à travailler ensemble, autour de projets concrets, des pays comme la Libye, Israël, la Jordanie ou l'Autorité palestinienne. Parmi ces "projets concrets" figure notamment la dépollution de la Mer Méditerranée.
Réticences européennes - Reste encore à convaincre les pays du Sud de travailler ensemble dans ce cadre, mais aussi à lever les réticences d'Etats tels que l'Autriche, l'Espagne, l'Italie ou la Grande-Bretagne. "J'attends des arguments convaincants de la part du président français pour savoir pourquoi nous avons besoin de faire quelque chose de complètement nouveau et différent", a lâché le ministre autrichien des Affaires étrangères Ursula Plassnik.
Les pays favorables à l'adhésion de la Turquie à l'UE, comme la Grande-Bretagne ou la Pologne, craignent par ailleurs que l'UPM soit surtout un moyen pour la France d'écarter Ankara du club européen.
Le Conseil européen de Bruxelles doit par ailleurs aborder jeudi et vendredi les questions économiques, le paquet climatique présenté par la Commission le 23 janvier et que la France voudrait voir adopté par les 27 d'ici la fin 2008, la stabilité des marchés financiers, et la question du marché intérieur du gaz et de l'électricité.
Sur ce dernier point, la France, l'Allemagne et six autres pays européens contestent la proposition de la Commission de séparer les activités de production et de distribution de l'énergie en Europe. (AP)
Co-présidence UE et pays du Sud
L'UPM vise à faire travailler ensemble 39 pays: les 27 pays-membres de l'UE et 12 Etats du sud de la Méditerranée (Mauritanie, Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Egypte, Israël, Autorité palestinienne, Jordanie, Turquie, Liban et Syrie).
Courrier International 13/03/08
L’idée française de créer un partenariat entre douze pays du pourtour de la Méditerranée suscite des réticences, au Nord comme au Sud. Car on la soupçonne de n’être qu’un instrument au service de Nicolas Sarkozy.
L’envoyé spécial du président français, Alain Le Roy, a achevé sa tournée marathon le 25 novembre dernier. Il s’est rendu dans les pays riverains de la Méditerranée pour sonder les esprits par rapport au projet de Nicolas Sarkozy d’établir une Union méditerranéenne.
L’originalité de cette tournée est qu’elle a inclus les pays situés sur l’Adriatique, qui ne participent pas au processus euroméditerrannéen – dit de Barcelone –, tels que la Slovénie, la Bosnie-Herzégovine et l’Albanie. Mais les deux étapes les plus cruciales ont sans doute été la Turquie et l’Algérie.
Si les Algériens ont simplement exprimé des réserves, les responsables turcs font preuve d’une ferme opposition. Ils expliquent que leur ambition est l’Europe – et non un strapontin dans une union de second ordre – et flairent un piège destiné à masquer le refus de leur adhésion à l’Union européenne.
Les membres de l’UE ont des intérêts divergents
Les gouvernements tunisien et marocain ont exprimé leur soutien, tandis que l’Algérie attend d’en savoir plus sur le contenu et les objectifs. L’Egypte et la Jordanie s’en sont félicitées, et Paris pense que les autres pays arabes du Moyen-Orient suivront leur exemple.
Le ministre des Affaires étrangères français, Bernard Kouchner, a d’ailleurs récemment rencontré son homologue syrien, Walid Al-Mouallem, pour l’informer des grandes lignes du projet. Ce projet est “comparable à l’Union européenne, sur un autre périmètre géographique et économique”, explique le chercheur tunisien Ahmad Wanis, qui a été ambassadeur à Madrid et à Moscou. Un point de vue partagé par l’ancien Premier ministre algérien Smaïl Hamdani, qui insiste sur trois points fondamentaux négligés par le processus de Barcelone :
trouver une définition commune du terrorisme et cesser de l’associer aux musulmans de la rive sud étant donné que toutes les religions ont leurs extrémistes ;
avoir une approche équilibrée des intérêts de tous ;
ancrer l’idée de la sécurité collective comme facteur de lutte contre les migrations illégales. Mais la présence européenne sera plus faible que dans le processus de Barcelone, auquel participent tous les Etats de l’UE.
La chancelière allemande Angela Merkel fait valoir le travail gigantesque qui reste à accomplir à l’Est et n’acceptera probablement pas que l’on disperse les efforts au profit d’un projet au succès incertain. Quant aux Européens de l’Est, ils craignent la concurrence dans la course aux investissements étrangers et aux aides financières communautaires. De leur côté, la Belgique et les Pays-Bas ont expliqué qu’ils pourraient se considérer comme directement concernés par le projet, en raison des liens étroits qu’ils ont avec la Méditerranée à travers leurs nombreux habitants originaires du Maghreb, d’Italie et de Turquie. Dans des pays comme la Suède, les Pays-Bas et la Belgique, l’accueil a été favorable, affirme Le Roy. Le ministre des Affaires étrangères suédois lui aurait exprimé ses encouragements, lui conseillant de s’inspirer des organisations de coopération régionale comme le Conseil des Etats de la mer Baltique.
Cela dit, des réticences s’expriment là où l’on ne s’y attendait pas. Les voisines de la France que sont l’Espagne et l’Italie voient d’un mauvais œil que Sarkozy joue la carte méditerranéenne pour prendre le leadership régional. Rome se contente d’exprimer son soutien de principe, mais ne semble pas très à l’aise face au cavalier seul de Paris.
Certes, le ministre des Affaires étrangères espagnol, Miguel Angel Moratinos, a récemment fait l’éloge du projet dans un journal algérien, mais, selon des sources bien informées, cela cache l’inquiétude de voir la France sarkozienne revenir dans la course pour les marchés maghrébins. Selon des hommes d’affaires marocains, la France et l’Espagne seraient en effet en concurrence pour d’énormes projets d’investissements, comme le nouveau port de Tanger.
Rachid Khashana Al Hayat
Entre le discours tenu par le candidat Sarkozy en février dernier à Toulon et les idées exposées par Le Roy dans les pays visités, les contours du projet se dessinent. On était parti de l’idée d’élargir le groupe 5 + 5 [Espagne, France, Italie, Malte et Portugal, côté européen ; Algérie, Libye, Maroc, Tunisie et Mauritanie, côté africain] en y ajoutant l’Egypte et la Grèce.
Or, la Turquie étant le pivot du projet, il fallait inclure tous les pays de la Méditerranée. Par ailleurs, le projet français vise à établir une union, et non un simple partenariat comme dans le processus de Barcelone, lancé il y a douze ans et qui englobe tous les pays de l’UE plus dix pays de la rive sud (huit pays arabes, plus la Turquie et Israël).
En proposant des relations comparables à celles qui existent entre les membres de l’UE, Sarkozy prend acte des critiques acerbes contre le processus de Barcelone, considéré comme boiteux aussi bien sur la rive sud que sur la rive nord.
3 millions de chômeurs allemands absents des statistiques
Dernières nouvelles d’Alsace – 13/03/08/
Plus de 3 millions de personnes en Allemagne sont au chômage et vivent de subsides de l'État sans pour autant figurer dans les statistiques du chômage, selon des chiffres diffusés par le ministère de l'Emploi. Ces chiffres doublent pratiquement le chiffre officiel du chômage.
En vertu d'un certain nombre de règles statistiques, par exemple la non-comptabilisation des chômeurs de plus de 58 ans, ils font apparaître que le chômage effectif est beaucoup plus élevé que les chiffres publiés par l'Agence pour l'emploi. Ceux-ci ont affiché une baisse impressionnante au cours des derniers mois, à la faveur d'une croissance économique solide. En 2007, le chômage touchait officiellement 3,78 millions de personnes en Allemagne, soit un taux brut de 9 %, contre 10,8 % encore l'année précédente.
Une porte-parole du ministère de l'Emploi a confirmé qu'il y avait « plus de chômeurs que ne figurent dans les statistiques », mais que « ce n'est pas nouveau, et dans tous les pays il y a des mécanismes de ce genre ! »
Strasbourg : le Parlement européen a célébré hier en toute solennité les cinquante ans de son existence
Dernières nouvelles d’Alsace – 13/03/08
Avec quelques jours d'avance sur le calendrier, le Parlement européen a célébré hier en toute solennité les cinquante ans de son existence, en souvenir de l'« Assemblée parlementaire européenne » constituée le 19 mars 1958 à Strasbourg.
L'orchestre des jeunes de l'Union européenne, des anciens présidents du Parlement, des représentants des parlements nationaux, le président Zeller de la région Alsace, celui du conseil général du Bas-Rhin Richert, la maire de Strasbourg Fabienne Keller, les représentants du Conseil de l'Europe et les corps constitués : les invités ne manquaient pas à cette séance solennelle, avec un public de visiteurs très nombreux sur les balcons de l'hémicycle. Même un gâteau d'anniversaire décoré de variations en sucre sur les symboles de l'UE a été servi... Et finalement, les députés, pourtant premiers concernés, étaient les moins nombreux.
Le « triangle institutionnel », (Conseil, Commission, Parlement) à la base de l'UE, un modèle unique au monde
Il est vrai que cette session strasbourgeoise a été écourtée dans les faits par le sommet européen qui se tient aujourd'hui à Bruxelles.
Les discours se sont succédé. Le président Pöttering s'est félicité des pouvoirs et des responsabilités obtenus au fil des ans, car être passé du statut d'assemblée consultative en 1958 à celui de colégislateur à part entière « n'est pas le résultat d'un processus qui allait de soi. Nous nous sommes battus pour cela ». Au nom du Conseil, le Premier ministre slovène Janez Jansa a rappelé les grandes étapes de la construction européenne. Le président de la Commission Barroso a fait l'éloge du « triangle institutionnel » (Conseil, Commission, Parlement) à la base de l'UE, « un modèle unique au monde » que le traité de Lisbonne va renforcer : « il élargira les pouvoirs du Parlement, il renforcera la double légitimité démocratique de la Commission par des liens accrus avec le Parlement et le Conseil... »
Élu au suffrage universel depuis 1979, le Parlement européen compte aujourd'hui 785 membres. A partir de 2009, le nombre des eurodéputés restera stable à 751.
Pas de répit sur le front de l'inflation en Chine
le 13/3/2008 à 23h07 par Joelle Garrus (AFP) – Aujourd’hui la Chine
La Chine ne connaît pas de répit en ce début d'année sur le front de l'inflation, qui a atteint ces deux derniers mois son plus haut niveau depuis plus de onze ans, laissant anticiper de nouvelles mesures pour tenter de l'endiguer. Et des craintes nouvelles pour les habitants.
Une semaine après que le chef du gouvernement Wen Jiabao eut souligné que la hausse des prix constituait "la plus grande des préoccupations de la population", les chiffres de février, publiés mardi, ont confirmé une accélération de la hausse des prix: de 8,7% sur un an en février, après 7,1% en janvier.
"En février, l'indice des prix à la consommation a atteint son plus fort niveau depuis mai 1996. L'inflation avait alors atteint 8,9% avant de redescendre à 8,6% le mois suivant", a relevé Cui Hongxiao, une analyste de Huatai Securities basée à Nankin.
Le Bureau national des statistiques a souligné mardi que des facteurs exceptionnels s'étaient conjugués, comme les tempêtes ayant paralysé une grande partie du pays en janvier-février, au moment même du Nouvel an chinois, et la poursuite de la hausse des cours internationaux, notamment du pétrole, des métaux et des produits agricoles. Mais il a aussi reconnu que cela "rendait plus difficile le contrôle de l'inflation sur l'ensemble de l'année" et appelé à un état des lieux pour prendre les mesures nécessaires.
Pour 2008, la Chine souhaite contenir l'inflation sous la barre des 4,8%, équivalant à son niveau de 2007.
"Si nous pensons qu'effectivement les tempêtes de neige ont contribué au fort résultat de février, nous estimons aussi que la croissance rapide de la masse monétaire a été un facteur primordial", ont commenté Yu Song et Hong Liang, de Goldman Sachs. "L'inflation devrait rester autour de 8% dans les quatre mois à venir", estime-t-il. Zhuang Jian, économiste à Pékin pour la Banque asiatique de développement, s'attend à une inflation autour de 6 ou 7% au premier semestre.
L'économiste insiste sur la nécessité "de stabiliser les anticipations d'inflation du public", qui "augmentent le rythme" des hausses de prix.Message du Dalaï-Lama à l’occasion du 49ème anniversaire du soulèvement national tibétain
Le 10 mars 2008 - : Bureau du Tibet, 84 bd Adolphe Pinard, 75014 PARIS ( France )
A l’occasion du 49ème anniversaire du soulèvement pacifique du peuple tibétain à Lhassa le 10 mars 1959, j’offre mes prières et je rends hommage à tous ces braves hommes et femmes du Tibet qui ont enduré d’incalculables épreuves et sacrifié leurs vies pour la cause du peuple tibétain. J’exprime ma solidarité avec les Tibétains qui subissent actuellement la répression et les mauvais traitements. Je salue également les Tibétains dans et en-dehors du Tibet, les supporters de la cause tibétaine et tous ceux qui défendent la justice.
Pendant six décennies, les Tibétains dans l’ensemble du Tibet connu sous le nom de Tcheulkha-Soum ( U-Tsang, Kham et Amdo ) ont dû vivre dans un état de peur constante, d’intimidation et de suspicion sous la répression chinoise. Néanmoins, en plus de maintenir sa foi religieuse, un certain nationalisme et sa culture unique, le peuple tibétain a été capable de garder vivante son aspiration première pour la liberté. J’ai une grande admiration pour toutes ces qualités du peuple tibétain et son indomptable courage. Je suis très fier et satisfait de lui.
Plusieurs gouvernements, organisations non-gouvernementales et individus autour du monde, fidèles à leur foi dans la paix et la justice, ont soutenu avec constance la cause du Tibet. Particulièrement durant cette dernière année, des gouvernements et des peuples de plusieurs pays ont accompli des gestes importants, gestes qui expriment clairement leur soutien. Je voudrais exprimer ma gratitude à chacun d’entre eux.
Le problème du Tibet est très compliqué. Il est intrinsèquement lié à d’autres : la politique, la nature de la société, la loi, les droits de l’homme, la religion, la culture, l’identité du peuple, l’économie et l’état de l’environnement naturel. En conséquence, une approche d’ensemble doit être adoptée pour résoudre ce problème en prenant en compte les intérêts de toutes les parties impliquées plutôt que ceux d’une seule. C’est pourquoi nous avons été fermes dans notre engagement pour une politique de bénéfice mutuel, l’approche de la Voie Médiane, et nous avons fait des efforts sincères et persistants pour la mettre en œuvre depuis plusieurs années. Depuis 2002, mes envoyés ont conduit six sessions de discussions avec les responsables concernés de la République Populaire de Chine pour aborder des problèmes importants. Ces discussions étendues ont aidé à apaiser certains de leurs doutes et nous a permis de leur expliquer nos aspirations. Cependant, sur le problème fondamental, il n’y a eu aucun résultat concret. Et durant ces dernières années, le Tibet a connu une augmentation de la répression et de la brutalité. Malgré ces événements malheureux, ma détermination et mon engagement à poursuivre la politique de la Voie Médiane et à continuer notre dialogue avec le gouvernement chinois demeurent inchangés.
Un souci majeur de la République Populaire de Chine est son manque de légitimité au Tibet. La meilleure méthode que pourrait employer le gouvernement chinois pour donner du poids à sa position est de poursuivre une politique qui satisfasse le peuple tibétain et gagne sa confiance. Si nous sommes capables de nous réconcilier en suivant une voie d’accord mutuel, alors, ainsi que je l’ai déclaré plusieurs fois, je ferai tous les efforts pour gagner le soutien du peuple tibétain.
Au Tibet actuellement, en raison des nombreuses actions conduites sans aucune prévoyance par le gouvernement chinois, l’environnement naturel a été sévèrement endommagé. D’autre part, en conséquence de leur politique de transfert de population, la population non-tibétaine a augmenté plusieurs fois, réduisant les Tibétains de souche à une insignifiante minorité dans leur propre pays. De plus, la langue, les coutumes et les traditions du Tibet, qui reflètent la vraie nature et l’identité du peuple tibétain, sont graduellement en train de disparaître. En conséquence, les Tibétains sont de plus en plus assimilés à une population chinoise plus nombreuse. Au Tibet, la répression continue à s’exercer avec des violations nombreuses, inimaginables et flagrantes des droits de l’homme, le déni de la liberté religieuse et la politisation des problèmes religieux. Tout cela est le résultat du manque de respect du gouvernement chinois pour le peuple tibétain. Ce sont des obstacles majeurs que le gouvernement chinois met délibérément en travers de sa politique d’union des nationalités. Ces obstacles séparent le peuple tibétain du peuple chinois. C’est pourquoi j’appelle le gouvernement chinois à mettre immédiatement un terme à une telle politique.
Bien que les zones habitées par une population tibétaine soient connues sous les noms de régions autonomes, préfectures autonomes et comtés autonomes, elles n’ont d’autonomes que le nom ; elles n’ont pas de réelle autonomie actuellement. Au lieu de cela, elles sont gouvernées par des gens ignorants de la situation régionale et conduits par ce que Mao Tsétoung appelait "le chauvinisme han". De ce fait, cette soi-disant autonomie n’a pas donné aux nationalités concernées de bénéfices tangibles. Ces politiques erronées, qui ne sont pas en accord avec la réalité, causent d’énormes dégâts non seulement aux différentes nationalités mais aussi à l’unité et à la stabilité de la nation chinoise. Il est important pour le gouvernement chinois, comme l’a conseillé Deng Xiaoping, de "rechercher la vérité à partir des faits" dans le sens réel du terme.
Le gouvernement chinois me critique sévèrement quand je soulève la question du bien-être du peuple tibétain devant la communauté internationale. Jusqu’à ce que nous réussissions à trouver une solution qui nous soit mutuellement bénéfique, j’ai la responsabilité morale et historique de continuer de parler librement au nom des Tibétains. Quoi qu’il en soit, tout le monde sait que je suis en semi-retraite depuis que la direction politique de la diaspora tibétaine a été directement élue par la population .
La Chine se développe et devient un puissant pays grâce à ses grands progrès économiques. Nous accueillons cela avec un esprit positif , d’autant que cela donne également à la Chine une occasion de jouer un rôle important sur le plan global. Le monde attend avec impatience de voir comment la direction chinoise actuelle va mettre en place les concepts de "société harmonieuse" et de "croissance pacifique" qu’elle avance. En ce domaine, le progrès économique seul ne suffira pas. Il doit y avoir des améliorations dans l’observation de l’état de droit, dans la transparence, dans le droit à l’information ainsi que dans la liberté d’expression. Comme la Chine est un pays composé de plusieurs nationalités, toutes doivent jouir de l’égalité et de la liberté afin de protéger leurs identités respectives. C’est une condition à la stabilité du pays.
Le 6 mars 2008, le Président Hu Jintao a déclaré : "La stabilité au Tibet concerne la stabilité du pays et la sécurité du Tibet concerne la sécurité du pays". Il a ajouté que le gouvernement chinois doit assurer le bien-être des Tibétains, améliorer son action en direction des groupes religieux et ethniques, et maintenir l’harmonie sociale et la stabilité. La déclaration du Président Hu est conforme à la réalité et nous attendons sa mise en œuvre.
Cette année, le peuple chinois attend avec fierté et impatience l’ouverture des Jeux Olympiques. J’ai, depuis le début, soutenu l’idée que la Chine devrait avoir l’occasion de recevoir les Jeux Olympiques. Comme de tels événements sportifs internationaux, et spécialement les Jeux, mettent en avant les principes de liberté d’expression, d’égalité et d’amitié, la Chine devrait prouver la qualité de son accueil en accordant ces libertés. C’est pourquoi, en envoyant ses athlètes, la communauté internationale devrait rappeler ces devoirs à la Chine. J’ai appris que plusieurs parlements, individus et organisations non-gouvernementales autour du monde ont pris de nombreuses initiatives en faisant valoir la chance que constituait pour la Chine cette occasion de changer de manière positive. J’admire leur sincérité. Je voudrais déclarer avec force qu’il sera très important d’observer la période suivant la fin des Jeux. Les Jeux Olympiques vont sans doute grandement impressionner les esprits au sein du peuple chinois. Le monde doit donc rechercher les moyens d’agir avec énergie en faveur de changements positifs en Chine, même après la fin des Jeux.
Je voudrais saisir cette occasion pour exprimer ma fierté et mon approbation pour la sincérité, le courage et la détermination dont fait preuve le peuple tibétain au Tibet. Je l’encourage vivement à continuer à travailler pacifiquement et en respectant la loi pour permettre à toutes les minorités nationales de la République Populaire de Chine, y compris le peuple tibétain, de jouir de leurs droits légitimes.
Je voudrais également remercier le gouvernement et le peuple de l’Inde, en particulier, pour son soutien continu et sans égal aux réfugiés tibétains et à la cause du Tibet, ainsi qu’exprimer ma gratitude à tous les gouvernements et les peuples pour leur soutien continu à la cause tibétaine.
Avec mes prières pour le bien-être de tous les êtres.
Traduction française : Bureau du Tibet, 84 bd Adolphe Pinard, 75014 PARIS ( France )
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Pologne : Les Kaczynski menacent de bloquer la ratification du Traité de Lisbonne
jeudi 13 mars 2008, 18h10 | AFP – Le Parisien
Eclipsés par leur défaite électorale de l'automne, les frères jumeaux polonais Kaczynski ont décidé de se rappeler au souvenir des dirigeants de l'UE en menaçant soudain de bloquer la ratification du traité de Lisbonne, qu'ils avaient pourtant eux-même négocié.
Le chef de l'opposition conservatrice, l'ex-Premier ministre polonais Jaroslaw Kaczynski, a profité du débat parlementaire sur la ratification pour revenir franchement à l'euroscepticisme qu'il avait mis un peu en veilleuse lorsqu'il était aux affaires.
Pour donner le feu vert de son parti à la ratification, il a réclamé l'adoption par le parlement polonais d'un préambule à la loi de ratification stipulant la primauté de la Constitution polonaise sur le Traité européen.
Le texte doit dire que "la République polonaise reste et restera un Etat souverain".
"Si on décide de faire passer en force la version de la ratification proposée par le gouvernement, nous serons obligés de voter contre ou au moins nous abstenir, ce qui revient au même", a déclaré jeudi Jaroslaw Kaczynski.
L'ancien Premier ministre a un atout en poche: la ratification du traité doit être votée à une majorité qualifiée des deux tiers.
Or, le parti Droit et Justice (PiS) de Jaroslaw Kaczynski et de son frère Lech, président de la République, dispose d'un peu plus d'un tiers des 460 sièges, avec 159 députés.
Mathématiquement, le PiS est donc en mesure de pouvoir bloquer la ratification du traité et de mettre à mal le savant édifice créé par les dirigeants européens pour sortir de l'impasse de la Constitution européenne, rejetée en 2005 par les Français et les Néerlandais.
Même si les jumeaux sont des adeptes du coup de théâtre, la sortie de Jaroslaw Kaczynski a surpris car il a lui-même négocié les termes du traité, en tandem avec son frère, avant sa défaite lors des législatives anticipées d'octobre 2007. Les deux frères avaient alors clamé avoir remporté un grand succès pour la Pologne.
Fort d'une popularité sans égal depuis la chute du communiste, le Premier ministre libéral Donald Tusk s'est emporté: "Les Kaczynski ont dépassé les bornes. Je ne les laisserai pas faire".
Il a reproché aux jumeaux d'avoir rompu un accord tacite passé en novembre. Donald Tusk avait accepté de ne pas revenir sur la décision des Kaczynski de ne pas faire adhérer la Pologne à la Charte européenne des droits fondamentaux en échange d'une ratification sans problème au parlement.
Mais, avant un sommet de l'UE à Bruxelles, Donald Tusk a tenu à rassurer ses pairs en minimisant le danger. "Je garde mon calme. Ni le traité lui-même ni sa ratification ne sont menacés", a-t-il dit. "Il n'y a pas de tragédie ni de catastrophe: il y a un petit problème mais il va pouvoir être résolu au parlement".
"Si le PiS était au pouvoir, il ratifierait le Traité rapidement et sans bruit", estimait jeudi l'éditorialiste Piotr Semka dans le quotidien Rzeczpospolita. "Mais, comme leader de l'opposition, Kaczynski préfère suggérer qu'il ne veut pas être responsable de ce traité."
Plusieurs analystes estiment que cette volte-face est inspirée par le souci de Jaroslaw Kaczynski de se concilier la puissante radio ultracatholique Radio Maryja.
"Le PiS est divisé, une fraction anti-européenne avec des députés du second ou troisième rang, inspirés par Radio Maryja menacent Kaczynski", estime ainsi le politologue Kazimierz Kik, interrogé par l'AFP.
"Face à un risque d'une décomposition du PiS, Jaroslaw Kaczynski cherche à durcir sa position. Il est l'otage de son propre parti, et le parti est l'otage de Radio Maryja", dit-il. "Au fond, Jaroslaw Kaczynski aimerait être d'accord avec le traité, mais il ne peut pas. Il aimerait d'autant plus qu'il met son frère le président Lech Kaczynski dans une position délicate".
Démission au sommet de l'armée américaine
Dernières nouvelles d’Alsace – 13/03/08
L'amiral William Fallon, le commandant en charge des deux guerres menées par les États-Unis en Irak et en Afghanistan, a démissionné mardi. Les démocrates laissent entendre que son franc-parler lui a coûté son poste.
La démission de l'amiral intervient quelques jours après la parution d'un article dans le magazine Esquire, affirmant qu'il était en désaccord avec les positions belligérantes de l'administration Bush sur l'Iran.
L'amiral Fallon justifie son départ dans un communiqué en soulignant que « de récents articles de presse suggérant une différence entre mes opinions et les objectifs de la politique menée par le président ont provoqué de la distraction à un moment critique, et ont freiné les efforts du commandement dans la région ».
Une guerre imminente contre l'Iran ? « Ridicule ! »
Interrogé sur l'affirmation d'Esquire selon laquelle un départ de Fallon signifierait que Washington se prépare à déclarer la guerre à l'Iran, le secrétaire à la Défense Robert Gates a rétorqué : « c'est tout simplement ridicule ». L'amiral Fallon, qui quitte les forces armées américaines après 42 ans de service, « sera difficile à remplacer, il est extrêmement talentueux et possède une vision stratégique rare », a-t-il jugé.
L'amiral Fallon sera remplacé à partir du 31 mars par le général Martin Dempsey, vice-commandant des opérations militaires au Moyen-Orient.
Le président George W. Bush et le candidat républicain à la Maison Blanche John McCain ont rendu hommage à l'amiral, mettant à son compte les « progrès » de la situation en Irak et en Afghanistan.
Côté démocrate, les hommages tout aussi vifs envers l'amiral Fallon ont été accompagnés d'une critique mordante de l'administration Bush.
« La voix de la raison »
Entre autres, la candidate démocrate Hillary Clinton a souligné que « l'amiral Fallon représentait la voix de la raison au sein d'une administration qui a utilisé une rhétorique provocatrice vis-à-vis de l'Iran », ajoutant espérer que son successeur partagera le point de vue de l'amiral « d'une politique équilibrée envers l'Iran ».
Le chef de la majorité démocrate au Sénat Harry Reid a estimé que ce départ constituait « un nouvel exemple du fait que l'indépendance des experts et l'expression franche et ouverte de leurs opinions ne sont pas bien vues par cette administration ».
