lundi 10 mars 2008
Et maintenant, l'ouverture vers les chiraquiens ?
Dimanche 09 Mars 2008 - Philippe Cohen
Le bon comportement électoral des soldats perdus du chiraquisme leur laisse espérer des offres de postes ministériels, qu'ils ont, pour le moment refusées.
Avec son scoop sur le déjeuner récent entre Sarkozy et Chirac, Backchich.info s'efforçait de deviner l'ordre du jour de cette rencontre : la gestion de l'adversité, les ennuis judiciaires du président, l'Afrique. Un autre sujet a sans doute été abordé : l'éventuelle entrée au gouvernement de quelques proches de Chirac.
Voilà quelques semaines déjà que la sarkozye bruissait du dernier projet d'ouverture en vogue : après l'ouverture vers la gauche, le centre, les écologistes, les chasseurs, les minorités visibles, l'ouverture se ferait à présent … chiraquienne. Pourquoi ? En 1995, Nicolas Sarkozy avait été frappé parce qu'il appelait la grande erreur de Jacques Chirac après sa victoire présidentielle : au lieu de pardonner aux balladuriens (dans les rangs desquels sévissait Sarkozy) et de leur donner toute leur place dans la majorité présidentielle, Chirac les avait maintenus dans le corner avant de dissoudre l'Assemblée nationale avec le « succès » que l'on sait.
Bref, le Président jugerait judicieux, aujourd'hui que le chiraquisme ne regroupe plus que quelques soldats perdus, de leur tendre la main. Il a même proposé un maroquin à Jean-Louis Debré, qui l'a poliment éconduit, la présidence du Conseil constitutionnel étant autrement plus prestigieuse et stratégique qu'un ministère, si peu considéré dans la sarkozye.
Apparemment pourtant, le comportement électoral des chiraquiens autorise pleinement cette nouvelle version, plus classique il faut le reconnaître, de l'ouverture. Avec son triomphal succès à Bordeaux (56% des voix), Alain Juppé ferait un excellent « ministre d'ouverture ». Mauvaise pioche : l'impétrant a décliné l'invitation avant même le premier tour des élections municipales. D'autres chiraquiens pourraient faire l'affaire, qui ont déjà occupé des maroquins, comme Christian Jacob, qui a recueilli 70% des suffrages dans sa bonne ville de Provins, ou encore François Baroin réélu dès le premier tour à Troyes.
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