lundi 10 mars 2008
L'UMP résiste malgré Sarkozy
Marianne – 10/03/08 - Philippe Cohen
Le scrutin a été marqué par une progression de la gauche, et non un raz-de-marée comme attendu ou espéré. Mais cette performance honorable s'est réalisée en tournant le dos au Président.
A première vue, l'UMP a évité le pire. D'abord la perte de Marseille, qui n'est pas survenue. Jean-Claude Gaudin respire. Pour autant, cette résistance à la gauche n'est pas une victoire du Président. D'abord parce que ce résultat honorable a été obtenu en tournant le dos à la stratégie que Sarkozy avait, dans un premier temps, recommandée dans son camp.
Bien sûr, lorsqu'il évoquera les résultats de ce premier tour des municipales, mardi 11 mars, le Président ne manquera pas de revendiquer pour son propre compte la – relative - bonne tenue de la majorité. Il ne fera pas illusion dans son camp : pour les élus de base de l'UMP, Sarkozy a été élu grâce à eux, tandis que ceux qui ont sauvé leur mairie, l'auront fait malgré lui. En politique, ce genre de sentiment compte.
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Le Top Ten de l'argumentaire sarkozyste
Marianne – 10/03/08 - Régis Soubrouillard
Se succédant sur les plateaux télés, les émissaires gouvernementaux ont fait preuve d'une rare imagination pour relativiser les résultats du scrutin. Top ten des arguments assénés de façon parfois répétitive par les différents obligés de Sarkozy. Très présente dans ce classement, Rachida Dati.
1- « C'est une élection locale », « un contrat local », « les enjeux locaux vont prédominer » (François Fillon, Roselyne Bachelot, Christine Lagarde, Rama Yade, Eric Woerth, Christine Albanel).
2- « Les ministres ont limité la casse » ; « les scores des ministres sont bons » ; « sur 20 ministres, une dizaine d'entre eux ont fait de bons scores », « les ministres sont en ballotage favorable » (Valérie Pécresse, Eric Woerth, Christine Albanel).
3- « Ce n'est pas un troisième tour de la présidentielle » (François Fillon, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse).
4- « Les élections intermédiaires sont toujours plus dures pour la majorité » ; « les élections
intermédiaires sont toujours celles où se manifestent des impatiences » (Patrick Devedjian, Xavier Bertrand, Christine Albanel).
5- « Les résultats ne sont pas définitifs, la victoire n'est pas encore acquise » ; « le scrutin peut basculer » (Rachida Dati, Roselyne Bachelot)
6- « Rééquilibrage par rapport aux élections municipales de 2001 » ; « il n'y a pas de vague rose» (Roselyne Bachelot, Eric Woerth, Christine Albanel)
7- « Il y a beaucoup d'impatience mais les réformes ont été engagées et ne tarderont pas à produire des résultats » (Rachida Dati)
8- « Il y a toujours une forme d'exacerbation des clivages politiques pour des élections locales » (François Fillon)
9- « Les changements mis en œuvre ne sont pas encore palpables » (Christine Lagarde)
10- « Il ne faut pas donner de chèque en blanc au PS » (Rachida Dati)
Et l'argument bonus d'Eric Woerth: « il est 21h30, c'est un peu tôt pour tirer des conclusions sur ce scrutin, nous attendrons dimanche prochain ».

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