vendredi 7 mars 2008
De l’épi au verre, la production de la bière engloutit eau, céréales et énergie.
Le 30/10/2007, par Louise Allavoine - TERRA ECONOMICA
Un abus de matières premières dangereux pour l’environnement. A brasser avec modération.
Peut-on lever le coude sans noyer sa conscience écologique ? Terra Economica s’est plongé sous la mousse pour savoir si le demi pèche question environnement. Passage en revue des quatre grandes étapes de fabrication de la bière : le maltage, le brassage, la fermentation et la garde.
Le cycle de vie d’un demi commence à la récolte des céréales. Dans l’industrie brassicole française, le bio se brasse au compte-gouttes. L’orge provient donc essentiellement de l’agriculture classique, celle utilisant engrais et pesticides. Selon l’association des Brasseurs de France, 3,4 millions de tonnes de ces produits chimiques ont été livrées aux malteries en 2006. Dans ces usines, on fait germer les grains de céréales. Puis, ils passent au « coup de feu », une cuisson jusqu’à une température comprise entre 85° C et 105° C durant une à quatre heures. Ainsi, l’orge germée-grillée devient malt. Et là, s’achève la première transformation.
Gourmand en eau
Au revoir malteries, bonjour brasseries. Comme leur nom l’indique, les brasseries brassent... mais surtout de l’eau ! Entre la recette et le nettoyage des cuves, les brasseurs utilisent 5 à 7 litres pour produire un litre du fameux breuvage. Consciente de ses impacts sur l’environnement, l’industrie brassicole joue la modération. La chasse au gaspi et l’optimisation du processus ont ainsi permis de réduire de moitié la consommation d’eau en dix ans. Dans les très grosses brasseries industrielles, les eaux usagées sont retraitées. A Obernai (Bas-Rhin) par exemple, les brasseries Kronenbourg (8 millions d’hectolitres par an) ont intégré une station d’épuration à leur site de production. « Ce procédé nous permet aussi de produire du méthane, commente Valentine Héliot, responsable communication.
Ce biogaz récupéré couvre près de 7 % des besoins énergétiques du site. » Retraitement de l’eau et énergie propre, voilà comment on fait d’une bière deux coups. Au chapitre énergie, le demi de bière est d’ailleurs un gros gourmand. Régulation de température des cuves, fermenteur ou encore chambres froides, les procédés énergivores ne manquent pas. Chez Kronenbourg, on se serre la ceinture. Depuis que l’usine est passée à la norme ISO 14 001, l’amélioration continue et la prévention de la pollution sont une obligation. Ainsi, « l’énergie nécessaire pour produire 1 hectolitre de bière sur le site d’Obernai a été réduite de 25 % en cinq ans », vante la marque.
Une levure très secrète
Après brassage, le mélange de farine de malt et d’eau est filtré. Les résidus secs appelés « drêches » représentent les principaux déchets liés au procédé. Comme rien ne se perd dans l’industrie de la bière, les agriculteurs rachètent ces déchets organiques pour nourrir le bétail. Le jus obtenu à ce stade, le « moût » dans le jargon, est parfumé avec du houblon. Reste l’essentiel : le transformer en bière.
C’est le rôle de la levure de bière, Saccha- romyces cerevisiae de son petit nom latin. Mais motus et bouche cousue sur la souche exacte, les brasseurs veillent sur ce secret de fabrication. On saura juste que « les gros » de la bière utilisent de la levure chimique alors que les brasseurs traditionnels brassent au naturel.
Bio confidentiel
Après fermentation, ce « moût » devenu bière est conservé plusieurs semaines dans des cuves de garde. Une dernière filtration et le précieux liquide est mis en fûts ou en bouteilles après un cycle de fabrication de six à huit semaines. Il rejoint enfin sa destination finale : les gosiers de consommateurs plus ou moins déshydratés. Au total, 20 millions d’hectolitres se sont vendus en France en 2006, en grande distribution en majorité et dans les cafés et restaurants. Le Français est le plus petit buveur de bière d’Europe. Il n’ingurgite que 35 litres par an. Une broutille face aux 157 litres du Tchèque.
Des brasseries qui font du bio ? « On les compte sur les doigts d’une main, peut-être 3 ou 4 sur nos 64 adhérents et encore, que des petites brasseries (moins de 25 000 hl par an) », confie un responsable des Brasseurs de France. Autant dire que dans l’industrie de la bière, le bio brasse de l’air. La faute à un processus contraignant et à des matières premières difficiles à trouver. En France, Castelain fait figure d’exception. Cette brasserie de taille moyenne (40 000 hl annuels), connue pour sortir la fameuse Ch’ti de ses cuves, produit les plus gros volumes de bière bio. Sa Jade, certifiée AB, est tirée à 2 000 hl par an.
Pour aller plus loin :
Grand Corps Malade : « Le slam, c'est du lien social »
Propos recueillis par Emmanuel Marolle - jeudi 06 mars 2008 | Le Parisien
Le jeune poète de Saint-Denis sortira le 31 mars son deuxième album, « Enfant de la ville », deux ans après le triomphe du premier. En avant-première, il se confie sur des sujets qui lui tiennent à coeur : la vie en banlieue, l'éducation, le handicap...
Fabien Marsaud, alias Grand Corps Malade, sortira le 31 mars « Enfant de la ville », deuxième enregistrement très attendu. Il y a deux ans, le slameur de 30 ans triomphait avec « Midi 20 ».
Un disque qui a touché près de 500 000 acheteurs et fait découvrir au grand public le slam, cette prise de parole a cappella en plein développement.
Avez-vous compris le succès de votre premier album ?
Grand Corps Malade. Oui, je crois. Je raconte des histoires qui touchent les gens. On m'a souvent dit : « Ce texte-là a été fait pour moi », ou « J'aurais pu l'écrire », « Cela me donne envie d'écrire, je me sens capable de le faire. » Tant mieux, c'est ce que j'ai toujours défendu.
Dans « J'écris à l'oral », vous parlez même d'« humains à égalité » dans les soirées slam...
Oui, le slam, c'est du lien social. Un rappeur va écouter un sexagénaire, un gamin de 10 ans va être attentif face à une mamie de 85 ans, un professeur devant un chômeur. On est tous dans un café, a cappella, dans la même nudité, sans musique, sans décor.
Certains de vos textes sont désormais étudiés en classe...
Oui, et inscrits au bac français. Je suis super fier de cela. Cela entre dans une démarche de modernisation de la poésie. Les gamins étudient un mec qu'ils peuvent voir à la télé, c'est tout de suite plus concret pour eux. Je regrette que, plus jeune, aucun prof ne m'ait demandé d'écrire un poème, un petit quatrain tout simple. Ça peut être ludique. Partout où je joue, je suis contacté pour intervenir dans un collège, un lycée, une association, une prison.
Avez-vous été sollicité pour les municipales à Saint-Denis, votre ville ?
Oui, et dans d'autres villes de banlieue. On m'a demandé de soutenir un candidat, voire d'être présent sur une liste. Mais ce n'est pas mon boulot. Je pourrais éventuellement apporter mon soutien à la liste sortante divers gauche à Saint-Denis, qui fait du bon boulot. Mais ce n'est pas mon truc. A la base, je n'ai pas eu envie d'écrire pour cela.
« La priorité pour moi, c'est l'éducation »
Attendez-vous quelque chose du plan Banlieues de Fadela Amara ?
Oui, même si le terme m'effraie un peu car je défends l'idée que la banlieue n'est pas un monde à part. La priorité pour moi, c'est l'éducation, la disparité qui existe entre les établissements scolaires de banlieue et d'ailleurs. Tout se joue très tôt, dès le primaire, pour éviter que les gamins soient à la dérive en 6e. Il ne faut pas hésiter à faire des classes de quinze élèves, arrêter de mettre des profs inexpérimentés en banlieue sous prétexte que personne ne veut y aller.
Votre succès est-il important aussi pour la reconnaissance du handicap (il a été victime d'un grave accident en 1997) ?
Sincèrement, je pense que oui. Il existe peu de personnes qui soient handicapées et très médiatisées. J'ai eu tellement de témoignages de gens qui m'ont dit que cela leur redonnait une dignité, que derrière leurs difficultés, il y a une envie de vivre... Certains viennent même aux concerts ou aux soirées slam. Le mois dernier, une douzaine de personnes d'un centre spécialisé étaient au café culturel de Saint-Denis. Certains avaient écrit des textes et les ont lus. D'autres handicapés plus lourds avaient préparé quelque chose façon « le Scaphandre et le Papillon », simplement en clignant une paupière, et c'est un accompagnateur qui l'a lu.
Qu'est-ce qui a changé dans votre vie aujourd'hui ?
J'ai gagné beaucoup d'argent, mais j'habite toujours à Saint-Denis, je fais toujours des ateliers slam le mercredi dans une maison de retraite. Je fréquente les mêmes restos et je vais fumer la chicha, boire un thé à la menthe le soir. Et j'ai toujours ma Clio, non pas pour avoir l'image du mec cool mais parce que, dans Paris, c'est plus pratique qu'un 4 x 4 !
Le rapport Bauer remis à M. Sarkozy organise la veille sécuritaire
LE MONDE | 06.03.08 | 14h44
Le bras armé du futur conseil national de sécurité intérieure et de défense souhaité par Nicolas Sarkozy pourrait prendre la forme d'un "conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégique" (CSFRS). Ce nouvel établissement public dépendrait de l'Elysée et de Matignon. Il serait chargé d'anticiper les menaces et les risques de demain : bioterrorisme, accidents technologiques, crises sanitaires ou climatiques.
Sans attendre les conclusions du Livre blanc sur la sécurité et la défense, reporté au mois de mai, le criminologue Alain Bauer, qui avait reçu une lettre de mission cosignée de Nicolas Sarkozy et de François Fillon en août 2007, a rendu son rapport, mardi 4 mars, au président de la République. La commission qu'il a pilotée, composée de treize membres dont deux représentants d'Areva et d'EDF, propose de réunir sous une même autorité tous ceux qui réfléchissent à la sécurité, en développant les partenariats public-privé. Pour Alain Bauer, l'enjeu se résume à une formule choc : il faut, écrit-il en introduction, "choisir de rester à la table des grands - donc déceler, diagnostiquer, puis prévenir ou riposter -, ou devenir une simple force supplétive".
Résultat : l'actuel Observatoire national de la délinquance (OND) - que M. Bauer préside -, sortirait du giron du ministère de l'intérieur pour intégrer ce nouveau pôle. Les quatre instituts de formation, liés à l'intérieur ou à la défense, seraient remaniés et réduits au nombre de deux d'ici à deux ans. L'Institut national des hautes études de sécurité (Inhes) serait ainsi regroupé avec l'Institut d'études et de recherche pour la sécurité des entreprises (Ierse) ; et l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) fusionnerait avec le Centre des hautes études de l'armement (CHEAr). Les deux nouveaux instituts seraient physiquement réunis sur un même site, celui de l'Ecole militaire à Paris, qui deviendrait "le centre intellectuel et névralgique de la pensée stratégique de sécurité". Le CSFRS fixerait toutes leurs orientations et chapeauterait aussi le centre interministériel de traduction, un centre de "décèlement précoce" des menaces, ou bien encore un bureau d'aide aux appels d'offres.
L'université trouverait sa place dans cet ensemble et les recherches communes privées-publiques seraient encouragées pour la "conduite de travaux d'intérêts communs". Un fonds d'investissement mixte serait mis en place, abondé notamment par des industriels qui, en contrepartie, bénéficieraient d'une défiscalisation sur le modèle du crédit d'impôt recherche.
Le rapport Bauer fustige "la culture administrative", "l'arrogance intellectuelle des chefs d'administration" et cite Tocqueville : "Ce qui caractérise l'administration en France, c'est la haine violente que lui inspirent indistinctement (...) tous ceux qui veulent s'occuper d'affaires publiques en dehors d'elle (...) En un mot elle préfère la stérilité à la concurrence". La mission Bauer, elle, entend ouvrir les bras au secteur privé au nom de la "sécurité globale".
Un concept avec lequel Pierre Tournier, directeur de recherches au CNRS et membre de la mission, prend ses distances dans les volumineuses annexes. "Une telle approche, écrit-il, n'est pas nécessairement neutre idéologiquement. Elle peut être révélatrice d'une pensée "catastrophiste", voire "apocalyptique" qui consiste à dramatiser l'insécurité (...) pour en arriver à militariser l'ensemble des questions de sécurité."

TIBET - 49ème anniversaire du Soulèvement de Lhassa

Le 49ème anniversaire du Soulèvement de Lhassa en France sera commémoré
entre entre le 4 mars et le 10 mars 2008...
Nous vous invitons à rejoindre dans les différentes villes mentionnées ci dessous, les Tibétains et leurs supporters, défenseurs des droits de l'homme, avec vos drapeaux du Tibet et vos banderoles.
Liste récapitulative des manifestations commémoratives en France,
suivant les communiqués de différentes associations :
PARIS, le 4 mars, Faculté de Droit, Panthéon, 19h30 " Conférence "JO 2008, Espoirs et désespoirs" avec Jean Philippe Béja directeur CNRS, Catherine Braun, Responsable Asie d'Amnesty et Marcelle Roux de France-Tibet.
LE MANS du 3 mars au 9 mars : "Maison de la Culture et Médiathèque des Saulnières" engagée pour la Semaine pour le Tibet avec l'Ecole de Jazz du Conservatoire de Musique de la ville du Mans invite le chanteur tibétain Loten Namling. Programme détaillée dans la rubrique le Mans
http://www.tibet.fr/site/nucleus/index.php?action=itemedit&itemid=1786
ANGERS : 8 mars table d'informations et discussions avec France-Tibet /Maine Anjou à la librairie
films et débat, à la librairie " Carte d'embarquement"
http://www.tibet.fr/site/evenements.php?blogid=2&archive=2008-02
CREST : Informations, Drapeau du Tibet Place du Marché avec Philippe et France-Tibet;
Contact Philippe Eyraud, France-Tibet, Plan de Baix; filero@vallee-drome.com
CHARTRES Dimanche 9 mars à 14h30, Marche de soutien au peuple tibétain de 10 km
Départ au parking des 3 ponts à Chartres. Contacts :
ASPTT Chartres : 02 37 21 50 58 - asptt.chartres@wanadoo.fr et Comité de Soutien au Peuple Tibétain : 02 37 31 66 95 chartrestibet@orange.fr
DIJON : Samedi 8 mars, à 10 heures : place François Rude à Dijon
avec l'association "Urgence Tibet" Maison Millière, 10 rue de la Chouette,21 000 Dijon
LILLE : samedi 8 mars 2008, à 14H30, Place des Buisses , entre Euralille et la gare Lille Flandres.
- Marche :mairie de Lille puis Grand’place zt parvis des Droits de l’Homme, place de la République.
Contact : Tibet 59/62 (Lille) Frédéric 03 20 97 73 64 et Martin 06 22 13 32 33.
LYON Lundi 10 mars 2008 à partir de 18h00, Place de la Comédie :
MARSEILLE : le samedi 8 Mars 2008 à 14h00,devant le Palais de Justice Place Monthyon ( 1er Arrondisement )
Pour une MANIFESTATION jusqu'au Consulat de Chine
A l'appel de : Destination Rangzen & Alternative Tibetaine
pour plus d'information consultez le site http://www.alternative-tibetaine.org/marseille.htm
et http://www.tibet.fr/site/nucleus/index.php?action=itemedit&itemid=1816
Un co-voiturage est organisé au départ de Valence jusqu'à Marseille.
Pour les personnes intéressées appellez Emanuelle Corbeau au: 04 75 71 54 58
et au départ de Lyon envoyez un e mail à Dominique Lhopital : action.tibet@yahoo.fr
ORLEANS : Le drapeau dusera hissé dès vendredi 7 mars sur le parvis de l'Hôtel de Ville d'Orléans, comme il l'est depuis 15 ans maintenant. Le rassemblement commératif aura lieu en présence de personnalités dont Monsieur Sueur, sénateur et ancien maire d'Orléans, à 17h30 le lundi 10mars autour du drapeau.
France Bleue Orléans donnera en direct les dernières nouvelles de la situatin au avec les responsables France-Tibet d'Orléans le lundi 10 mars en direct de 14h à14h30.
PARIS, Dimanche 9 mars 2008 à 15h
Dalle des Droits de l'Homme
Place du Trocadéro (métro Trocadéro)
mobilisation à l’appel de la Communauté Tibétaine de France et du Bureau du Tibet à Paris.
http://www.tibet.fr/site/nucleus/index.php?action=itemedit&itemid=1757
STRASBOURG : le samedi 8 mars 2008, rassemblement :14h45 place Gutenberg et Commémoration: 15h15 place Broglie
organisé par les Association LIBERTE AU TIBET liberteautibet@gmail.com et ETUDIANTS POUR UN TIBET LIBRE :etl.strasbourg@gmail.com
TOULOUSE: le samedi 8 mars 2008
Rassemblement Place du Capitole tracts et pétitions de 14h à 18 h puis Cercle Tibet Vérité : de 18 h à 19 h
Et à l'étranger... Charlottesville, Chicago : http://www.tibet.fr/site/evenements.php?itemid=1838

La Russie va vendre des centrales nucléaires flottantes
http://terresacree.org - SOS-Planete - association Terre sacrée – 05/03/08
A l'heure où les besoins électriques de l'humanité battent record sur record, les industriels du secteur signent des contrats pour construire des centrales thermiques ou nucléaires un peu partout sur la planète. Néanmoins, à côté des pôles traditionnels de consommation (villes, industries, etc.), depuis quelques années des besoins importants apparaissent dans des régions isolées, loin des sites de production d'électricité (exploitations minières, villes nouvelles, etc.).
Dans ce contexte énergétique très tendu, la Russie travaille depuis le début des années 2000 sur le concept de centrale nucléaire flottante, pour une implantation à proximité des pôles de consommation déficitaires en énergie. Validé en novembre 2002, par le ministre russe de l'énergie atomique et de l'industrie, le projet est entré dans une phase active en 2007, pour devenir une réalité dès 2010 avec la construction d'une première unité.
Grâce à 2 réacteurs KLT-40S, la première centrale nucléaire flottante, installée sur une barge de 175 mètres de long, devrait délivrer une puissance de 70 MW (à comparer aux 1 600 MW de l'EPR français, non flottant) et jusqu'à 150 G Kg cal/h. Alors que le coût de ce prototype, auquel participe la Chine, doit atteindre environ 270 millions d'euros, les versions de série pourraient être proposées à un tarif très concurrentiel : entre 135 et 170 millions d'euros. Outre l'électricité directement injectée sur le réseau local, la chaleur que produira la centrale servira à produire de l'eau douce à partir de la désalinisation de l'eau de mer par évaporation.
A côté de ce modèle, destiné uniquement à des implantations en bord de mer et ouvert à l'exportation (plusieurs pays d'Asie, du Maghreb et du Golfe Persique se sont déjà déclarés intéressés), un 2e prototype est également en cours de finalisation.
Faisant appel à 2 réacteurs moins puissants, les ABV-6M, cet autre type de centrale nucléaire flottante pourra être déplacé jusqu'à l'intérieur des terres via le réseau fluvial. D'une puissance unitaire de 18 MW, ces centrales sont destinées à assurer l'approvisionnement en électricité et en chaleur des localités non connectées au réseau global (les 2/3 du territoire russe ne sont pas couverts par un réseau électrique centralisé). Ces centrales devraient être mises en service entre 2013 et 2015, principalement en Russie où 30 de ces usines sont prévues dans un avenir proche, selon le ministère de l'énergie atomique et de l'industrie.
Malgré une puissance réduite, la dissémination de ces réacteurs nucléaires sur la planète n'est pas sans soulever de questions. Alors que pour Moscou, "Il s'agit d'un moyen sûr et sans risque de prolifération de répondre aux besoins énergétiques des zones les plus isolées, ou à l'énorme appétit des économies en pleine croissance", Evgueni Simonov, un ex-inspecteur de la sécurité nucléaire à l'époque soviétique, considère que "Les réacteurs de ces centrales sont beaucoup plus dangereux que ceux de l'industrie atomique traditionnelle". En effet, correspondant aux modèles utilisés sur certains brise-glace et sous-marins à propulsion nucléaire de l'ex URSS, de par leur conception ces "petits" réacteurs sont considérés par plusieurs experts comme beaucoup plus difficiles à contrôler qu'un réacteur commercial classique, notamment en cas d'emballement de la réaction en chaîne. Alexandre Iablokov, le président du centre de politique écologique, note d'ailleurs que leur constructeur a lui-même remarqué qu'il fallait les modifier dans la perspective d'une utilisation non militaire, car "ils ne sont pas assez sûrs pour être utilisés à proximité d'une zone peuplée".

Libreville riposte à l'expulsion de deux Gabonais et appliquera la réciprocité à l’égard des français en situation irrégulière
LE MONDE | 06.03.08 | Laetitia Van Eeckhout
"Réciprocité". Jugeant "abusive" l'expulsion récente par la France de deux de ses ressortissants, le gouvernement gabonais a décidé d'appliquer la même règle en matière de politique migratoire à l'égard des Français en situation irrégulière sur son territoire, aussi bien ceux qui arrivent que ceux qui y résident déjà. Mardi 4 mars, un cadre français du secteur pétrolier venant travailler au Gabon a été refoulé à son arrivée à l'aéroport Léon Mba de Libreville. Il a été empêché de pénétrer sur le territoire gabonais et a dû repartir.
La veille, Libreville avait fait part de sa "stupeur et (de son) indignation", estimant que la France avait "violé" de manière "flagrante" les accords entre les deux pays avec des "reconduites abusives". Les autorités gabonaises ne digèrent pas la reconduite à la frontière en février de deux de ses ressortissants étudiants en France.
Le 19 février, Raïssa Menge Ondo, 29 ans, qui préparait une licence en droit à Toulouse, a été expulsée par les autorités préfectorales de Haute-Garonne au motif qu'elle "n'est pas menacée dans son pays" et qu'elle "manque de sérieux dans ses études".
Léguy Mbira, 32 ans, a été mis le 29 février de force dans un avion à destination de Libreville. Père d'une fille de 4 ans restée en France, M. Mbira avait obtenu un master en ressources humaines à l'université de Reims en 2004. Il avait entrepris des démarches pour changer de statut et pouvoir honorer un contrat de travail à durée indéterminée. Contrat qui lui aurait permis de financer le doctorat qu'il projetait de suivre dans une école privée.
"Normalement il y a une concertation entre les services gabonais et français, mais depuis quelque temps les services français arrêtent des Gabonais sans nous consulter et ils les mettent dans l'avion", relevait, mercredi, le ministre de l'intérieur gabonais André Mba Obame. Il a annoncé que désormais son pays n'aviserait plus les services français et reconduirait les Français à la frontière : "Ce sont les services français qui ont commencé les premiers." "Il y a beaucoup de Français en situation irrégulière au Gabon. Ils pourront être reconduits à la frontière, si au cours d'un contrôle de police, ils ne justifient pas de carte de séjour", a insisté M. Mba Obame. Selon lui, "5 à 10 %" des quelque 10 000 Français installés au Gabon ne seraient pas en règle et pourraient donc être expulsés.
Le Gabon entend aussi appliquer la règle de la réciprocité à tout Français qui débarquerait sans visa à Libreville. Bien que soumis à une obligation de visa, les ressortissants français arrivaient jusqu'alors fréquemment sans visa. Il leur était cependant possible d'en obtenir un à l'arrivée à l'aéroport de Libreville : cela ne devrait plus être le cas.
Les autorités gabonaises ne comprennent pas pourquoi la France n'a toujours pas ratifié l'accord signé à l'été 2007 entre les deux pays. Le 4 juillet, le ministre français de l'immigration, Brice Hortefeux, s'était rendu à Libreville pour signer un accord de "gestion concertée des flux migratoires". Accord qui prévoit notamment d'alléger et faciliter la délivrance de visas à des Gabonais souhaitant venir étudier ou travailler en France. En contrepartie, le Gabon s'est engagé à faciliter le rapatriement de ses ressortissants qui résideraient en France en situation irrégulière.
Au ministère français de l'immigration, on précise que cet accord est en cours de ratification. "Le projet de loi de ratification a été adopté le 20 février en conseil des ministres et doit être soumis au Parlement au printemps", explique-t-on, tout en ajoutant que "cet accord n'a pas pour finalité d'accorder des visas à des étudiants qui ne le justifient pas".
L'OCDE sonne l'alarme sur l'état de la planète à l'horizon 2030
Urgence ! Le secrétaire général de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), Angel Gurria, a, à son tour, mercredi 5 mars, tiré la sonnette d'alarme en appelant la communauté internationale à prendre de véritables mesures pour lutter contre le réchauffement climatique et la dégradation généralisée des ressources planétaires.
Arguments à l'appui avec la publication des Perspectives de l'environnement à l'horizon 2030, un pavé de plus de 500 pages qui examine dans le détail les effets combinés de la démographie mondiale et de la croissance économique sur l'état de la planète. Et ce à une échéance beaucoup plus proche que ne s'y était, par exemple, essayé l'économiste britannique Nicolas Stern en 2006, dans le premier travail ayant fait date sur le sujet.
"Je vous préviens, si nous ne faisons rien, le tableau de notre planète en 2030 ne sera pas agréable à regarder", a averti M. Gurria en pointant le risque de modifier de façon irréversible les conditions environnementales sur lesquelles repose le maintien de la prospérité économique.
En 2030, la population de la Terre atteindra 8,2 milliards de personnes contre 6,5 milliards aujourd'hui. Si l'économie mondiale continue de croître à un rythme comparable à celui de ces dernières années, sa taille aura doublé en trente ans. La demande de matières premières (produits agricoles, minerais, énergie fossile, bois, eau) progressera de 60 % dans les pays industrialisés mais de 160 % chez les nouveaux grands acteurs de la scène internationale – Brésil, Russie, Inde, Chine.
Au prix de quels déséquilibres ? L'OCDE a identifié quatre domaines dans lesquels il est urgent d'agir : le changement climatique, la perte de la biodiversité, le manque d'eau et l'impact sur la santé humaine de la pollution. Les deux derniers ont, jusqu'à présent, été les moins médiatisés.
Les chiffres livrés par l'organisation décrivent l'ampleur des enjeux : le nombre de personnes vivant dans des régions touchées par un fort stress hydrique devrait augmenter d'un milliard et concerner ainsi près de la moitié de l'humanité. La pollution de l'air aura des effets croissants sur la santé avec une explosion du nombre de décès prématurés liés à l'ozone troposphérique (dans la basse atmosphère) et aux particules. L'Asie serait la première touchée.
"L'ENNEMI EST CONNU. IL S'APPELLE CARBONE" - Il existe tout de même une bonne nouvelle : pour l'OCDE, ce constat accablant est cependant loin d'être insurmontable. Le rapport évalue à 1 % de la richesse mondiale en 2030 le montant qu'il faudrait consacrer pour relâcher sensiblement la pression sur la planète et trouver un mode de développement plus soutenable. "Je ne dis pas que cela est bon marché ou facile, mais c'est à notre portée, surtout si on compare cet effort aux conséquences et aux coûts de l'inaction", a affirmé Angel Gurria.
Afin de lutter contre le changement climatique, le secrétaire général de l'OCDE juge nécessaire l'introduction d'une taxe carbone. Ce qui à ce jour est loin de faire consensus. "L'ennemi est connu. Il s'appelle carbone. Nous devons combattre cet ennemi en lui imposant un prix élevé", a-t-il expliqué.
Ce n'est pas la seule suggestion qui risque de prendre à rebrousse-poil les pays industrialisés comme les pays en développement. L'OCDE défend ainsi la suppression des subventions aux énergies fossiles et se montre tout aussi prudente à l'égard des soutiens accordés aux agrocarburants, dont le bilan environnemental est aujourd'hui de plus en plus mis en cause.
La fiscalité ne devrait plus être incitative – récompenser les bons comportements – mais punitive, en taxant les activités qui polluent ou exploitent sans modération les réserves planétaires.
Pour l'OCDE, c'est à cette condition qu'il sera financièrement possible d'organiser le sauvetage de la planète, d'investir dans la recherche technologique et d'évoluer vers une économie "verte". Reste une question sans réponse, et sur laquelle achoppent les négociations internationales : qui paiera la facture ?
