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vendredi 7 mars 2008

A la veille des élections Le souhait d'un vote sanction progresse dans l'électorat

LE MONDE | 07.03.08 | 14h37

Selon un sondage IFOP, réalisé du lundi 3 au mercredi 5 mars auprès de 955 personnes, 66 % des électeurs envisagent de se prononcer "principalement en fonction de considérations locales" aux élections municipales. Ce chiffre est stable par rapport à une précédente enquête réalisée les 7 et 8 février (67 %). 

Parallèlement, le nombre de personnes souhaitant sanctionner la politique du président de la République et du gouvernement à l'occasion du scrutin est en hausse : il est passé de 16 % en janvier à 18 % en février et 21 % en mars. 10 % des personnes interrogées annoncent qu'elles voteront pour soutenir le président et le gouvernement ; 3 % ne se prononcent pas. En janvier, le nombre de personnes ayant l'intention de soutenir le chef de l'Etat à l'occasion des municipales s'élevait à 19 %.

"On assiste à une progression de la sanction et à un tassement du soutien, commente Jérôme Fourquet, directeur-adjoint du département opinion et stratégies d'entreprise de l'IFOP. L'élection risque d'être difficile pour la majorité, même si l'enjeu du vote sera d'abord local. Le vote sanction peut faire la différence dans un certain nombre de villes tangentes."

Parmi les électeurs qui ont voté pour Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle, 5 % envisagent de le sanctionner, 29 % de le soutenir et 65 % de se déterminer en fonction des enjeux locaux. Ce dernier chiffre est en hausse par rapport à début janvier : 57 % des électeurs de M. Sarkozy affirmaient alors qu'ils se détermineraient en fonction de considérations locales.

Les électeurs de François Bayrou sont ceux pour lesquels les enjeux locaux sont les plus importants : 81 % affirment qu'ils se détermineront en fonction de ces questions. "Il y a une convergence frappante entre la stratégie du MoDem et le comportement de ses électeurs", note M. Fourquet.

Le président Sarkozy affronte sa première épreuve électorale

LE MONDE | 07.03.08 | 13h18  EXTRAIT

Il est déjà ailleurs, dans l'au-delà des municipales dont le premier tour se déroulera dimanche 9 mars et le second le 16. Alors que tous les sondages prédisent une victoire de la gauche, Nicolas Sarkozy a soudain découvert les vertus de la posture présidentielle : "Je travaille à la modernisation de la France sans me laisser distraire par les péripéties", a-t-il déclaré dans son entretien au Figaro du 6 mars. Une phrase que n'auraient pas reniée ses prédécesseurs, qui ont, eux aussi, cherché à se prémunir des conséquences d'un échec lors des scrutins locaux.

Malgré les précautions du chef de l'Etat pour se prémunir des conséquences d'un mauvais résultat, il est probable qu'il soit rendu responsable d'une contre-performance de la droite. Qui d'autre ? Le premier ministre, François Fillon ? Plus populaire que le président de la République, il n'a fait qu'appliquer la politique de M. Sarkozy.

Les ministres ? Cornaqués par l'Elysée, ils font figure d'exécutants. Les conseillers ? Ils ne font que se servir de la liberté qui leur est donnée par le chef de l'Etat. Déjà, à l'UMP, on fourbit des contre-arguments : "Il n'y a pas d'explication univoque à une défaite."

Neuf mois après la présidentielle, cette élection sera pour le président de la République un test in vivo après plusieurs mois de baisse vertigineuse dans les sondages. Depuis le début de cette campagne, le chef de l'Etat, qui souhaitait s'y engager, s'est davantage employé à restaurer son image personnelle dégradée par la publicité de sa vie privée et ses déclarations intempestives, et à calmer l'impatience des Français sur le pouvoir d'achat.

"RAISONNABLEMENT PESSIMISTE" - Conséquence : au fil des jours, les candidats ont renoncé à faire appel à lui. Les réunions publiques prévues par l'Elysée (à Marseille et à Nice) ont été rayées de l'agenda du président, qui a laissé à M. Fillon le soin de se rendre sur le terrain.

M. Sarkozy n'a toutefois pas renoncé à s'immiscer dans les municipales. Expliquant qu'elles comportaient aussi "un enjeu national", il a invité au restaurant plusieurs "fournées" de candidats pour les enjoindre à "se battre". Mais c'est à Neuilly (Hauts-de-Seine), son fief, qu'il s'est montré le plus entreprenant en décidant - au vu de sondages défavorables - du retrait de son porte-parole, David Martinon, dont il avait imposé la candidature.

A l'UMP, on se veut "raisonnablement pessimiste". Des gains ou maintiens dans les grandes villes, au soir du 9 mars, permettraient d'entretenir l'idée d'un "match nul" avec la gauche.

Quant à la "responsabilité" de M. Sarkozy, elle est déjà minimisée. Ironique, Dominique Paillé, secrétaire adjoint de l'UMP, balaye une possible mise en cause d'un énigmatique "Tina" : "There is no alternative" ("Il n'y a pas d'alternative"). Une manière d'indiquer que le sort du président ne se jouera pas les 9 et 16 mars.

Posté par Kozett à 14:58 - Partis politiques - Rétroliens [0] - Permalien [#]

TF1 avait demandé à l'Elysée la suppression de la publicité sur les chaînes publiques fin 2007

LEMONDE | 07.03.08 | 14h04

F1 avait plaidé fin 2007 auprès des pouvoirs publics pour la suppression de la publicité sur les chaînes publiques, avant que le président Nicolas Sarkozy n'annonce cette mesure début janvier. Cette demande figurait dans un Livre blanc que le groupe a remis à l'Elysée quelques semaines avant l'annonce du président Sarkozy, rapporte, vendredi 7 mars, le quotidien Les Echos.

Le financement du service public "uniquement par des fonds publics" figure en quatrième position parmi les huit propositions du Livre blanc de TF1, rapporte le quotidien. Citant en exemple le modèle britannique, le groupe de Martin Bouygues fait valoir que cette mesure "aurait le mérite d'assainir le marché publicitaire, soumis enfin aux seules lois de l'offre et de la demande". Aux yeux de TF1, les chaînes publiques opèrent "une ponction très significative sur le marché publicitaire" et "mènent une véritable politique de dumping, entraînant une pression artificielle à la baisse du coût des écrans", tirant l'ensemble du marché publicitaire vers le bas.

Le 8 janvier, jour de l'annonce de Nicolas Sarkozy, l'action de TF1, qui devrait être le principal bénéficiaire de cette mesure au regard de sa part de marché prépondérante, avait bondi de 9,47 %. "Très vite, la chaîne a cherché à corriger l'image d'un 'cadeau' qui lui serait ainsi fait par le président de la République", expliquent Les Echos. Le 27 février, le principal actionnaire de la chaîne, Martin Bouygues, avait ainsi assuré avoir "découvert" l'annonce présidentielle lors de sa conférence de presse. 

Posté par Kozett à 14:45 - Médias - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Papier de verre

Le Monde check-list 07/03/08

papier de verre

Hervé Le Tellier

Comme il y en a

de plus en plus

qui travaillent

de moins en moins,

mais un peu moins qui ne travaillent plus, il y a de

moins en moins

de chômage

avec de moins en moins de travail.

Une arnaque ?

Plus ou moins

.

Posté par Kozett à 12:06 - Humour - Rétroliens [0] - Permalien [#]

TCHAD Arche de Zoé : Deby prévoit une grâce dans 1 mois ... si ... ?

NOUVELOBS | 07.03.2008 | 10:03 Extrait

Le président tchadien se dit prêt à accepter la demande de grâce des membres de l'association, mais veut auparavant régler la question de l'indemnisation des familles.

Le président tchadien, Idriss Déby, a estimé, jeudi 6 mars, que la procédure sur la demande de grâce des six membres de l'Arche de Zoé devrait aboutir d'ici un mois.  affirme-t-il dans une interview à France 24.

Idriss Déby se déclare "prêt à accepter la demande de grâce" pour les membres de l'association mais évoque un problème "qui n'a pas encore été évoqué", celui des indemnisations des familles, à savoir 8 millions d'euros. "Ces familles, qui va les indemniser ? Est-ce que c'est la France ? Est-ce que ce sont les membres de l'Arche de Zoé ? C'est une question qui est importante et pour laquelle il faut trouver une solution. Ce n'est pas lié mais il faut trouver une solution avant d'élargir", dit-il.
Le président tchadien souligne avoir évoqué ce sujet avec son homologue français Nicolas Sarkozy. "Il m'a dit qu'il allait nous assister."

Indemnisation des parents -
"Evidemment, on ne peut pas abandonner ces enfants comme cela. Si d'aventure les membres de l'Arche de Zoé n'ont pas de possibilités, l'Etat tchadien serait dans l'obligation d'indemniser les parents de ces enfants et ces enfants, ces 103 enfants", explique-t-il. "Nous ne refusons pas non plus une contribution qui nous viendrait de la France ou d'autres partenaires", ajoute le président tchadien.

Posté par Kozett à 12:00 - International - Diplomatie - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Respecter la République

Chronique de JP Dubois, Président de la Ligue des Droits de l’Homme, destinée au « Monde » qui ne l’a pas publiée et envoyée à l’AFP

Nicolas Sarkozy, élu il y a moins de dix mois, « veille au respect de la Constitution » et « assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ».

Comment lire aujourd’hui l’article 5 de la Constitution sans ressentir une impression de totale irréalité ?

Qui aurait pu imaginer la déliquescence dans lequel une « hyperprésidence » frénétique a plongé la République, ses valeurs et ses institutions ? Qui aurait pu prendre la mesure d’un « coup d’éclat permanent » dont les dégâts constitutionnels sont chaque jour moins collatéraux ?

Même le feuilleton « vie privée, vie publique », alternant amour et détestation des médias, témoigne d’une incapacité à situer la responsabilité présidentielle. Lorsqu’il met en avant un souci juvénile d’être « vrai », de supprimer toute distance entre l’homme privé et le personnage public, le plus grave n’est pas que Nicolas Sarkozy publicise la vie privée mais qu’il privatise la vie publique.

Dès les premières heures, là où était promise une retraite monacale, on vit comme sorti d’un roman de Balzac un tourbillon de Fouquet’s, de jets privés et de yachts, étalant la réussite d’une aventure personnelle. Et l’entourage de s’étonner : « et alors ? il a bien le droit, comme tout le monde, d’être heureux… » Ce « comme tout le monde », financièrement sidérant, désignait surtout l’homme privé jouissant de ses bonnes fortunes sans s’arrêter à la fonction qu’il exerçait.

« Jouir sans entraves », proclamait ce Mai 68 que le candidat Sarkozy disait exécrer. Et pourtant celui qui s’est dit « enfant de la télé » se révèle surtout enfant de l’individualisme, auquel institutions et contraintes du lien social sont insupportables une fois atteinte la plus haute marche du podium. Ni la politesse qu’il voulait faire enseigner aux « voyous » ni la conscience de la dignité de sa charge ne le retiennent d’écarts de langage répétés et affligeants. Et les voyages mêlant intimité et action diplomatique attestent, non des erreurs de communication, mais la régression à une époque où la distinction entre gouvernants et favoris n’avait pas encore de sens : le post-moderne rejoint l’archaïsme de l’Etat patrimonial.

Comme dans une PME dont le patron gère à sa guise les cadres de tous niveaux, les ministres peuvent être notés par des « chasseurs de têtes », le Premier Ministre traité de simple « collaborateur », de hauts magistrats raillés comme « petits pois dans un bocal » dépassés par la modernité, les parlementaires de la majorité « recadrés » tels des élèves indociles. Evoquer la séparation des pouvoirs ferait rire l’Elysée : dès septembre 2007 la Garde des Sceaux invitait les magistrats du parquet à requérir non plus l’application de la loi mais celle de la politique pour laquelle ont voté 53% des Français.

Même l’Ancien Régime distinguait les « deux corps du Roi », dont l’idée de représentation est la sublimation démocratique. Foin de ces complications : l’hyperprésident n’a qu’un « corps », mi-privé mi-public, sa volonté valant volonté générale jusqu’à la fin de son mandat. Son ex-épouse pouvait donc représenter la France en Libye sans avoir le moindre compte à rendre à la représentation parlementaire… avant son divorce. Et c’est aussi pourquoi les convictions religieuses personnelles contaminent les discours officiels : Nicolas Sarkozy se veut fidèle à ce qu’il est en proclamant sa foi post-moderne. L’idée qu’étant Président de la République il aurait à exprimer autre chose que ses préférences individuelles, qu’il ne parlerait pas en son seul nom, lui est étrangère ; du moins n’emporte-t-elle aucune conséquence sérieuse dans son comportement d’élu.

Ce n’est donc pas seulement de laïcité qu’il s’agit, même si la « révolution conservatrice » implique qu’une « religion civile » enrobe la compétition dérégulée entre les individus. C’est tout simplement la représentation politique qui est ignorée par le premier de nos représentants.

Un nouveau cap vient d’être franchi. Le « monarque élu », rompant cette fois avec les principes constitutionnels du droit pénal, ordonna que soit présenté un projet de loi prévoyant l’enfermement à vie, et rétroactif, à titre non plus punitif mais préventif. Le Conseil d’Etat ayant réfréné les envies présidentielles de rétroactivité, on trouva quelques parlementaires complaisants pour rétablir la volonté du prince. Mais comme le Conseil constitutionnel, pourtant peu avare en approximations compréhensives, prétendit lui aussi maintenir l’interdiction de la rétroactivité posée dès 1789, l’« hyperprésident » a chargé le plus haut magistrat de contourner la censure partielle de « sa » loi.

Le Président de la République ignore-t-il qu’« une disposition déclarée inconstitutionnelle ne peut être promulguée ni mise en application » et que « les décisions du Conseil constitutionnel […] s’imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles » ? Aurait-il pris le Premier Président de la Cour de Cassation pour un autre de ses « collaborateurs » subordonnés ? Le refus du haut magistrat rassure sur le compte du destinataire, mais pas sur celui de l’expéditeur.

Car le dogme élyséen est que rien ne doit s’opposer à l’accomplissement des volontés de l’oint du suffrage universel. Etat de droit, séparation des pouvoirs : ces grands mots, sentant le « droitsdel’hommiste », sont renvoyés au magasin des accessoires d’avant la « rupture ». Et invoquer les droits de tout justiciable autre qu’une « victime » vous range tout simplement dans « le camp des assassins ».

Chacun sent bien, moins d’un an après le début du quinquennat, que le crédit de la représentation politique ne sort pas grandi de la pratique présidentielle. Au-delà même des affrontements partisans, c’est le respect des règles, des valeurs et des principes démocratiques que compromettent ces égarements.

Nul ne peut désormais échapper à cette interrogation fondamentale : quand et comment retrouverons-nous, représenté au plus haut niveau de l’Etat, le sens commun du respect de la République ?

Jean-Pierre Dubois - Président de la Ligue des Droits de l’Homme 

Posté par OhM_ à 08:14 - ===> Tribune ouverte - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Grande distribution. De 500 millions à un milliard d’euros échapperaient au fisc !

LAUREEN ORTIZ - Libération vendredi 7 mars 2008

Petite devinette. Pour quelle(s) raison(s) Carrefour, Auchan, Intermarché, Système U et Casino ont installé des «supercentrales d’achat» en Suisse, et pour Leclerc en Belgique ?

a) pour profiter d’une situation géographique avantageuse, au cœur de l’Europe;

b) pour se rapprocher du siège de grands groupes;

c) pour échapper au fisc français.

Réponse des enseignes françaises concernées : a) et b). Faux ? Jean Arthuis, président de la commission des finances du Sénat, a lui lancé une bombe cette semaine, pourtant passée presque inaperçue, en répondant c).

Et il va plus loin : «Je fais l’hypothèse qu’il y a un détournement de la loi française pour déguiser une nouvelle forme de marges arrières.»

Tintamarre. Quelles sont ces marges arrières d’un nouveau type ? «Les fournisseurs versent aux enseignes une redevance, dans des entités juridiques basées à Zurich et à Genève, qui représentent plus de 1 % du montant des contrats, soit de 500 millions à un milliard d’euros au total», affirme-t-il. Des pratiques qui échapperaient à l’administration fiscale. Et qui, d’autre part, ont pour effet de gonfler les étiquettes, dénonce Arthuis, profitant du tintamarre sur les hausses de prix pour faire entendre sa cause. «C’est le consommateur français qui paie le développement international des enseignes.»

Le développement international ? C’est en tout cas la raison avancée par les distributeurs pour exiger de telles commissions. Carrefour, pionnier dans le genre, a créé sa supercentrale, Carrefour World Trade, à Genève, au début des années 90. Le groupe s’explique : «On propose aux plus grands industriels des services contre rémunération leur permettant d’élargir leurs ventes à l’international.» Concrètement, note un industriel français de l’agroalimentaire, «on vous demande un effort, un pourcentage de votre chiffre d’affaires pour obtenir des statistiques de marché dans tel pays par exemple».

«Mais ne croyez pas qu’on a le choix, dit un autre industriel qui réalise plus de la moitié de ses ventes à l’étranger. Cela fait partie des accords. Ce n’est pas du racket pur et simple, mais la réalité de la prestation offerte est très discutable. Carrefour est implanté partout dans le monde, sa centrale est crédible. Ça n’est pas le cas pour d’autres…»

Toute la question est là : y a-t-il une véritable contrepartie au service payé ? Ou, au contraire, les enseignes «usent-elles de leur puissance pour faire payer des services inexistants ?», s’interroge Olivier Desforges, président de l’Institut de liaisons et d’études des industries de consommation, lobby qui représente les industriels. Concerné, Bruno Luisetti, PDG de Kraft Foods France, est justement «en désaccord» avec une enseigne sur «la valeur de ces supposées prestations». Il évoque les menaces et les sanctions subies. «On est dans un rapport de force déséquilibré : le plus gros industriel ne pèse jamais qu’1 % du chiffre d’affaires d’un distributeur, alors qu’à l’inverse, pour un fournisseur, un distributeur représente de 5 à 25 % des ventes, parfois plus pour des PME.» D’où une omerta totale chez les industriels.

La question agite les plus hauts sommets de l’Etat. Déjà, en décembre, lors du vote au Sénat de la loi Chatel, Jean Arthuis avait évoqué le sujet, et Luc Chatel reconnu le problème. «Un problème à deux faces, explique un conseiller du secrétaire d’Etat à la Consommation, fiscale et commerciale. Pour l’aspect commercial, il y a des cas où les contreparties de ces "accords de coopération internationaux" sont faibles, voire fictives. Les distributeurs sont dans un jeu d’imagination ; on invente des services pour obtenir des ristournes de l’industriel.» Pour le côté fiscal, «il s’agit d’une problématique classique de transfert de bénéfices à l’étranger». Au ministère du Budget d’Eric Woerth, on reconnaît qu’«il y a eu des redressements pour ce motif sur ces sujets». Mais la discrétion est de règle, secret fiscal oblige.

Evasion. Les enseignes, elles, démentent toute fraude. Chez Auchan, dont la superstructure, Auchan International, est basée à Genève depuis 2001, comme chez les Mousquetaires, dont la centrale d’achat internationale, Agenor, se trouve aussi à Genève, on nie toute évasion fiscale. Quant à Leclerc, il défend sa centrale Coopernic. «Basée en Belgique et non en Suisse, mais [le secret bancaire existe aussi en Belgique, ndlr]. Non moins furax, Serge Papin, patron de Système U, estime qu’«Arthuis cherche juste à exister». Système U - qui ne commercialise qu’en France - s’est implanté en 2006 à quelques kilomètres de Zurich, adhérant à EMD (European Marketing Distribution). C’est justement face à cette montée en puissance de la distribution européenne que Jean Arthuis, comme Olivier Desforges, réclament une enquête des pouvoirs publics. Et aussi pour mettre fin à «la loi du silence autour de ces pratiques qui augmentent».

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L’entretien fleuve de Sarkozy, publié jeudi au Figaro qualifié de « surréaliste » par la gauche socialiste

Libération – 07/03/08 – David Revault d’Allonnes

Sarkozy : « Maintenir le cap et accélérer les réformes » 

L’interview fleuve de Nicolas Sarkozy par Etienne Mougeotte publié hier au Figaro, a déclenché un tir de barrage des socialistes.

Les français s’attendaient à un « je vous ai compris. ». Sarkozy leur dit « Je poursuis. », s’étonne Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris. « Son idée est désarmer la colère des électeurs en leur disant que ce n’est pas la peine de le sanctionner, var il va continuer. »

Même argumentation, après cet entretien qualifié de « surréaliste » chez le patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault, pour qui « monsieur Sarkozy dit : vous pouvez vous exprimer dans tous les sens, cela ne me gêne pas, je continuerai. »

D’où un appel à la mobilisation lancé par le chef du groupe socialiste : « Profondément, le Président est sourd, et c’est pour cela qu’il faut voter fort. J’espère qu’il finira par entendre. ». Pour Henri Emmanuelli, « cet entretien est de bout en bout en bout un entretien de campagne électorale », dans lequel Sarkozy « ignore complètement la réalité et l’esprit de responsabilité qui devraient être les siens ».

Et le député des Landes d’en revenir au pouvoir d’achat : « Les français apprécieront à leur juste mesure les propos du Président qui affirme avec cynisme qu’en matière de niveau de vie, jamais aucun gouvernement n’a fait autant ! »

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Le budget des jeunes ou l'art de la débrouille

Ouest-France – 07/03/08 - Julien BELAUD

Beaucoup de dépenses, peu d'argent... Les 15-30 ans sont devenus des redoutables gestionnaires. Ils n'hésitent pas à faire une croix sur les loisirs.

Des membres de la Jeunesse ouvrière chrétienne (Joc) des Pays de la Loire ont réalisé une grande consultation sur le pouvoir d'achat des 15-30 ans. 107 jeunes dans 27 départements ont été interrogés entre décembre 2006 et juin 2007. Les résultats de cette enquête sont éloquents. Les budgets des jeunes sont particulièrement serrés. Plus de la moitié a souligné une part très élevée du transport pour aller travailler (15 %), du loyer (40 %).

Pour éviter les fins de mois dans le rouge, les jeunes sont contraints à des choix drastiques. Les témoignages montrent que tout est affaire de renoncement. Des jeunes ont décidé de se passer de voiture, de téléphone portable. Certains se restreignent sur des loisirs qui font le sel de la vie, la musique, les concerts, le cinéma... « Cette enquête a aussi permis des rencontres enrichissantes, explique, une des responsables.

Tout le monde a échangé des petites astuces. Les discussions ont poussé ceux qui disaient « À quoi bon faire un budget puisque j'ai pas de sous » à reprendre leurs dépenses en main. »

Et vous … Votre pouvoir d'achat diminue, comment faites-vous ?

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Après-municipales : le président de la République sans « fusible »

Les Echos -[ 06/03/08  ] VALÉRIE DE SENNEVILLE

La pratique institutionnelle de Nicolas Sarkozy le contraint apparemment à assumer seul sa politique. Le Premier ministre ne pourra pas le protéger en assumant l'éventuelle défaite de la majorité aux élections municipales des 9 et 16 mars prochains.

La stratégie de l'après-municipales peine à se concevoir à la tête de l'exécutif tant la situation institutionnelle est inédite : largement plus populaire que le chef de l'Etat, le Premier ministre ne pourra pas le protéger en assumant seul l'éventuelle défaite de la majorité les 9 et 16 mars. D'autant plus qu'en choisissant de se mettre constamment sur le devant de la scène, Nicolas Sarkozy a rendu inopérante la règle du « fusible ».

Or, toute la logique de la Ve République est construite sur cet équilibre entre un président qui n'est juridiquement responsable devant personne durant la durée de son mandat - élu pour cinq ans, hormis circonstances très exceptionnelles, il ne peut être démis de ses fonctions - et un Premier ministre « le nez dans le guidon » pouvant être révoqué à tout moment et responsable devant le Parlement.

Bravant la vérité constitutionnelle, Nicolas Sarkozy s'est présenté comme « responsable » devant l'opinion publique, s'est imposé dans des actes qui relèvent de la gestion gouvernementale au quotidien, reléguant François Fillon au rôle de « collaborateur », ou tout au plus de chef d'état-major. Cette surexposition du président de la République, conséquence logique du quinquennat et de l'inversion du calendrier électoral, a été poussée à l'extrême par Nicolas Sarkozy.

Une équation difficile

Le président de la République a déjà annoncé qu'il ne souhaitait pas changer sa stratégie. Les rumeurs de départs de certains conseillers du président sont dans cette logique de lecture « présidentialiste » du régime. Après des premiers mois très difficiles, Bill Clinton avait relancé son mandat en renouvelant largement son équipe de conseillers.

Mais, si les Français identifient parfaitement les fonctions de chef de l'Etat, de chef de gouvernement et de ministres, ils ne connaissent pas ces objets politiques encore mal identifiés que sont les conseillers du président. En changer n'aurait guère de sens pour l'opinion publique. Reste donc la possibilité de remanier avec parcimonie sans changement de Premier ministre. Une équation difficile qui révèle en fait un relatif malaise institutionnel même si les institutions de la Ve République ont prouvé leur souplesse, et le prouvent encore aujourd'hui.

Elle place sous une lumière crue une des contradictions profondes de la Ve qui est en même temps la clef de sa stabilité : « Le lieu de décision (l'Elysée) n'est pas le lieu de responsabilité, le président est irresponsable sur le plan des institutions », constate le constitutionnaliste Bertrand Mathieu. La popularité de François Fillon ne permet plus à la responsabilité gouvernementale de cacher cette vérité première. Même si le chef de gouvernement s'est trouvé un nouveau rôle : plutôt qu'un « fusible », le Premier ministre par l'adhésion concentrée sur son nom est devenu un « paravent ».

mickey70

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Bernadette, elle est (toujours) très chouette

Le Canard Enchaîné du mercredi 6 mars

S’il n’en reste qu’une, ce sera elle !

A l’heure où les candidats UMP masquent leur étiquette et craignent de payer pour les frasques du Président, en voilà une qui dit du bien de lui. C’est si rare, en la période. « Nicolas Sarkozy est fantastique ! » a-t-elle confié le 1er mars au Figaro, qui l’a mise en vedette en une.

« Heureusement qu’on vous a ! » lui avait-elle déjà susurré en mars 2004. Alors ministre de l’économie, en pleine crise d’émancipation à l’encontre de Chirac, il était venu l’épauler à Tulle, chef-lieu de la Corrèze. Au soir des régionales, la gauche emportait 21 régions sur 22 ! Heureusement que la gauche avait Sarko..

Quatre années après, sera-ce au tour du Président de dire à Bernadette : « Heureusement qu’on vous a » ? En tout cas, si la rupture sarkozienne ne tient plus qu’à un fil, Bernadette ne sera pas celle qui le coupe. Son appui est d’autant plus remarquable qu’elle l’enrobe dans une belle vacherie : si Sarko est « fantastique », c’est qu’ « il a été formé à l’école de Jacques Chirac. C’est un excellent orateur. Il a un grand charisme ! »

Et elle, si elle mène campagne, c’est « pour offrir quelques succès électoraux au Président de la République ». Tout est dans le « quelques », qui laisse présager un océan de défaites. Elle est très chouette, Bernadette. En épaulant le Président, elle redore la légende son Chirac, « cet homme exceptionnel », qui « a trouvé un nouvel équilibre de vie ».

Tout le contraire de son successeur ?

bernadette_chirac

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