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vendredi 7 mars 2008

A la veille des élections Le souhait d'un vote sanction progresse dans l'électorat

LE MONDE | 07.03.08 | 14h37

Selon un sondage IFOP, réalisé du lundi 3 au mercredi 5 mars auprès de 955 personnes, 66 % des électeurs envisagent de se prononcer "principalement en fonction de considérations locales" aux élections municipales. Ce chiffre est stable par rapport à une précédente enquête réalisée les 7 et 8 février (67 %). 

Parallèlement, le nombre de personnes souhaitant sanctionner la politique du président de la République et du gouvernement à l'occasion du scrutin est en hausse : il est passé de 16 % en janvier à 18 % en février et 21 % en mars. 10 % des personnes interrogées annoncent qu'elles voteront pour soutenir le président et le gouvernement ; 3 % ne se prononcent pas. En janvier, le nombre de personnes ayant l'intention de soutenir le chef de l'Etat à l'occasion des municipales s'élevait à 19 %.

"On assiste à une progression de la sanction et à un tassement du soutien, commente Jérôme Fourquet, directeur-adjoint du département opinion et stratégies d'entreprise de l'IFOP. L'élection risque d'être difficile pour la majorité, même si l'enjeu du vote sera d'abord local. Le vote sanction peut faire la différence dans un certain nombre de villes tangentes."

Parmi les électeurs qui ont voté pour Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle, 5 % envisagent de le sanctionner, 29 % de le soutenir et 65 % de se déterminer en fonction des enjeux locaux. Ce dernier chiffre est en hausse par rapport à début janvier : 57 % des électeurs de M. Sarkozy affirmaient alors qu'ils se détermineraient en fonction de considérations locales.

Les électeurs de François Bayrou sont ceux pour lesquels les enjeux locaux sont les plus importants : 81 % affirment qu'ils se détermineront en fonction de ces questions. "Il y a une convergence frappante entre la stratégie du MoDem et le comportement de ses électeurs", note M. Fourquet.

Le président Sarkozy affronte sa première épreuve électorale

LE MONDE | 07.03.08 | 13h18  EXTRAIT

Il est déjà ailleurs, dans l'au-delà des municipales dont le premier tour se déroulera dimanche 9 mars et le second le 16. Alors que tous les sondages prédisent une victoire de la gauche, Nicolas Sarkozy a soudain découvert les vertus de la posture présidentielle : "Je travaille à la modernisation de la France sans me laisser distraire par les péripéties", a-t-il déclaré dans son entretien au Figaro du 6 mars. Une phrase que n'auraient pas reniée ses prédécesseurs, qui ont, eux aussi, cherché à se prémunir des conséquences d'un échec lors des scrutins locaux.

Malgré les précautions du chef de l'Etat pour se prémunir des conséquences d'un mauvais résultat, il est probable qu'il soit rendu responsable d'une contre-performance de la droite. Qui d'autre ? Le premier ministre, François Fillon ? Plus populaire que le président de la République, il n'a fait qu'appliquer la politique de M. Sarkozy.

Les ministres ? Cornaqués par l'Elysée, ils font figure d'exécutants. Les conseillers ? Ils ne font que se servir de la liberté qui leur est donnée par le chef de l'Etat. Déjà, à l'UMP, on fourbit des contre-arguments : "Il n'y a pas d'explication univoque à une défaite."

Neuf mois après la présidentielle, cette élection sera pour le président de la République un test in vivo après plusieurs mois de baisse vertigineuse dans les sondages. Depuis le début de cette campagne, le chef de l'Etat, qui souhaitait s'y engager, s'est davantage employé à restaurer son image personnelle dégradée par la publicité de sa vie privée et ses déclarations intempestives, et à calmer l'impatience des Français sur le pouvoir d'achat.

"RAISONNABLEMENT PESSIMISTE" - Conséquence : au fil des jours, les candidats ont renoncé à faire appel à lui. Les réunions publiques prévues par l'Elysée (à Marseille et à Nice) ont été rayées de l'agenda du président, qui a laissé à M. Fillon le soin de se rendre sur le terrain.

M. Sarkozy n'a toutefois pas renoncé à s'immiscer dans les municipales. Expliquant qu'elles comportaient aussi "un enjeu national", il a invité au restaurant plusieurs "fournées" de candidats pour les enjoindre à "se battre". Mais c'est à Neuilly (Hauts-de-Seine), son fief, qu'il s'est montré le plus entreprenant en décidant - au vu de sondages défavorables - du retrait de son porte-parole, David Martinon, dont il avait imposé la candidature.

A l'UMP, on se veut "raisonnablement pessimiste". Des gains ou maintiens dans les grandes villes, au soir du 9 mars, permettraient d'entretenir l'idée d'un "match nul" avec la gauche.

Quant à la "responsabilité" de M. Sarkozy, elle est déjà minimisée. Ironique, Dominique Paillé, secrétaire adjoint de l'UMP, balaye une possible mise en cause d'un énigmatique "Tina" : "There is no alternative" ("Il n'y a pas d'alternative"). Une manière d'indiquer que le sort du président ne se jouera pas les 9 et 16 mars.

Posté par Kozett à 14:58 - Partis politiques - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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