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jeudi 6 mars 2008

Des cures contre la dépression

LE MONDE | 04.03.08 |  •  Divonne-les-Bains (Ain) envoyée spéciale

Dans son dossier d'inscription, à la rubrique "motif de la cure thermale", Martine a écrit : "Me soigner naturellement". Longtemps cette jeune retraitée a refusé de reconnaître qu'elle était au bord de la dépression. Elle n'est jamais parvenue à surmonter le décès brutal de son mari, survenu en février 2002. Un "immense choc" qui a entraîné "des insomnies terribles". "Dans mon travail, je n'ai jamais voulu montrer mes failles, j'ai tiré sur la corde", reconnaît-elle

Elle prenait, à contrecoeur, des médicaments pour tenir, mais elle était "très angoissée" et avait "mal partout". "Je ne voulais pas être dans la dépendance, me sentir vaseuse, je voulais m'en sortir par moi-même", raconte-t-elle. Lorsqu'en 2006 "l'heure de la retraite a sonné", ce fut un nouveau cap très difficile à franchir, renforçant sa solitude. "J'ai consulté à nouveau mon médecin et je lui ai demandé ce qu'il pensait de l'idée d'une cure thermale", se souvient Martine. "Pourquoi pas ?", lui a-t-il répondu. En avril 2007, Martine a fait sa première cure à Divonne-les-Bains (Ain). "Ils ne m'ont pas guérie mais ils m'ont apaisée, je me sens moins oppressée, j'ai redécouvert un peu de vitalité en moi."

Selon une étude rendue publique fin janvier par le Conseil national des exploitants thermaux (CNETh), le thermalisme serait bon pour le moral. Pour réaliser Stop-TAG (trouble anxieux généralisé), ses auteurs ont comparé sur 237 patients les vertus d'une cure thermale à visée psychosomatique au médicament de référence, la paroxétine (Deroxat). Résultat : la cure apparaît nettement plus efficace que l'antidépresseur. Le taux d'amélioration atteint 50 % dans le groupe des patients ayant bénéficié de soins crénothérapiques contre 35,6 % chez ceux recevant le traitement pharmacologique. "La cure thermale peut être proposée soit en première intention lors de troubles anxieux soit comme alternative en cas d'échec des thérapeutiques traditionnelles", considère le professeur Jean-Pierre Olié, chef de service à l'hôpital Sainte-Anne de Paris.

Les résultats de cette étude sont pain bénit pour le monde du thermalisme, confronté à une baisse régulière de fréquentation, et secoué au début des années 2000 par le spectre d'une remise en cause du remboursement des cures par la Sécurité sociale. "Il y a toujours eu des études mais aucune ne respectait - comme c'est le cas pour Stop-TAG - tous les critères scientifiques", explique Bernard Riac, président du groupe Valvital qui rassemblage neuf stations thermales, dont celle de Divonne.

Financée par le Conseil national des exploitants thermaux (CNETh) et soutenue "scientifiquement" par le professeur Olié et le professeur Roger Salamon, chef du service d'information médicale au Centre hospitalier de Bordeaux, Stop-TAG s'inscrit dans l'engagement des professionnels du thermalisme à mener des études en bonne et due forme afin de mesurer le service médical rendu par les cures.

MASSAGE SOUS L'EAU -
Chaque année en France, environ dix mille personnes suivent une cure thermale pour des problèmes psychosomatiques. Une "goutte d'eau" parmi les 500 000 curistes annuels qui se rendent dans l'un des 95 établissements français, essentiellement pour soigner leurs rhumatismes.

Seules cinq stations disposent de cette orientation psy. Parmi elles, celle de Divonne-les-Bains, la plus ancienne dans cette discipline, accueille 1 500 curistes par an, dont 70 % sont des femmes. Insomnie, troubles anxieux, état dépressif... "Le profil moyen, c'est la dame de 50 ans", résume Bernard Riac. Les curistes viennent essentiellement par le bouche-à-oreille et 50 % renouvellent leur cure d'une année sur l'autre. "Cette orientation psy est mal connue des médecins et l'obligation de suivre une cure de trois semaines reste difficile à organiser pour les patients", reconnaît M. Riac. Sans compter que le budget logement reste à la charge du curiste.

Trois semaines, quatre soins chaque matin (10 à 15 minutes de bain bouillonnant, 15 minutes de massage sous l'eau, une douche au jet, un parcours aquatique dans une eau thermale à 31o C), trois visites auprès du psychiatre, et beaucoup de repos, le programme est immuable. "Il faut faire abstraction de la courte durée des soins, reconnaît Martine. J'ai eu l'impression que l'on s'occupait de moi, que j'étais épaulée."

S'OCCUPER DE SOI - "Ce qui est thérapeutique, c'est le trait d'union entre le corps et l'esprit", résume le psychiatre James Constant, qui travaille aux thermes de Divonne depuis vingt ans. Les trois semaines incompressibles permettent aussi "que des choses très importantes soient dites, le patient peut se confier parce qu'il est loin de sa famille. Ce temps est l'occasion de prendre du recul", insiste le psychiatre.

Constatant que le recours au thermalisme est actuellement "totalement sous-utilisé" dans le domaine psychiatrique, il se dit "persuadé que l'avenir passe par des séjours plus courts, plus préventifs, lorsque survient un événement de vie tel qu'une rupture ou des difficultés professionnelles".

Martine a conservé "assez longtemps" les bienfaits de sa cure. "Je ne me levais plus avec les mêmes angoisses." Mais elle se sent encore fragile, et a dû, "sur l'injonction de mon médecin", reprendre un psychotrope. Elle a décidé de refaire une cure, pour se couper de son quotidien et s'occuper d'elle. 

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Bercy veut allonger les soldes pour faire baisser les prix

LIBERATION.FR : mercredi 5 mars 2008

Un rapport encore provisoire préconise deux semaines de soldes en plus et la création d'un comparateur des prix pour l'alimentaire.


Le rapport préconise que les deux périodes de soldes, seuls moments de l'année où les commerçants sont autorisés à revendre à perte, doivent être maintenues, avec une durée maximales de six semaines à chaque fois. Cependant, un assouplissement est proposé, le rapport proposant d'«autoriser chaque établissement à pratiquer deux semaines supplémentaires de soldes par an, aux dates de son choix». Seule dérogation en matière de revente à perte: les produits technologiques à «obsolescence rapide» pourraient être écoulés à perte toute l'année s'ils ne font pas l'objet d'un réapprovisionnement par le commerçant.

Un comparateur des prix «impartial et exhaustif»
Le rapport évoque la mise en place d'un comparateur de prix qui offrirait «au consommateur une information impartiale et la plus exhaustive possible sur les prix» des produits alimentaires. Une étude de faisabilité technique, économique et juridique est suggérée. Sur internet où foisonnent des comparateurs de prix, une concertation doit avoir lieu entre la Fédération du commerce en ligne et de la vente à distance (Fevad), la Direction de la consommation (DGCCRF) et les associations de consommateurs afin que les sites utilisent une méthodologie «garantissant une plus grande impartialité».
En mars 2007, la DGCCRF avait en effet rappelé à l'ordre 11 sites comparateurs de prix en raison notamment de l'«imprécision relative au prix» et d'un manque de «loyauté de l'information donnée au consommateur».

Diversifier les zones commerciales
Le groupe de travail touche également à la loi Raffarin sur l'implantation commerciale, qui devrait être «abrogée et remplacée par une régulation plus souple», pour favoriser le déploiement de nouveaux concepts commerciaux et une offre diversifiée sur chaque zone de chalandise. Des associations de consommateurs, UFC-Que Choisir en tête, jugent que la situation de quasi monopole des enseignes alimentaires dans certaines zones de chalandise explique en partie la flambée des prix.

Deux semaines de soldes en plus

Bercy a dévoilé mercredi ses pistes pour permettre aux consommateurs «d'accéder à des prix bas». Parmi les propositions, encore provisoires, avancées par le groupe de travail mis en place fin janvier par la ministre de l'Economie Christine Lagarde, figurent entre autres l'allongement de la durée des soldes et l'installation d'un comparateur des prix dans le commerce alimentaire. Les propositions retenues seront annoncées fin mars et insérées dans la loi de modernisation de l'économie, qui sera présentée au printemps.

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La hausse des prix surveillée avec attention par plusieurs ministres

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Une petite victoire pour les activistes antipub

Alexis Danjon (avec Source AFP) LIBERATION mercredi 5 mars 2008

Le cour d’appel de Paris a confirmé ce mercredi la condamnation de sept barbouilleurs à un euro symbolique. «Un message fort de la justice envoyé aux politiques», selon l'un des membres du collectif des Déboulonneurs.

jubile Nicolas, membre du collectif antipub des Déboulonneurs, après la décision de la cour d’appel de Paris. Condamnés en première instance à une amende d’un euro symbolique pour avoir barbouillé des panneaux publicitaires devant la gare d’Austerlitz le 28 octobre 2006, les sept militants du collectif antipub ont vu leur peine confirmée ce mercredi.

Lors de l'audience du 6 février, l'avocat général avait requis des peines de 45 à 300 euros contre chacun des prévenus, en fonction de leurs revenus déclarés à la barre. Les Déboulonneurs dénoncent l'agression que constitue l'affichage géant et réclament que la taille des affiches publicitaires soit limitée à 50 x 70 cm, comme l'affichage associatif depuis 2005.

Le membre du collectif, joint par Libération, nuance son enthousiasme: «On peut juste regretter que la cour d'appel n'ait pas rendu un jugement historique: la relaxe, comme on l'avait demandé.»

De son côté, Me François Roux, un des avocats du collectif, spécialiste de la désobéissance civile - un des avocats de José Bové -, relève que «c'est la première fois qu'on a une décision de la part d'une cour d'appel» en onze procès. Le cour a rendu un arrêt «très intéressant» selon l'avocat, car le juge reconnaît qu'«à une action symbolique répond une sanction symbolique.»

Pour Nicolas, activiste, «ce jugement est un message fort envoyé par la justice aux politiques. On a rencontré des personnalités issues de l'ensemble des partis politiques qui sont d'accord pour dire qu'il faut ouvrir un débat sur l'affichage publicitaire. Maintenant, la balle est dans leur camp.»

Lors de la première audience, un des barbouilleurs avait dit au procureur qu'il s'engageait à arrêter ses actions en 2008 si la relaxe était prononcée, le temps de voir ce que proposaient les pouvoirs publics. Mais comme ce n'est pas le cas, «les barbouillages vont continuer, mais on continue en même temps de discuter avec les hommes politiques», précise Nicolas.

«On est satisfaits, comme on l’était de la décision en première instance»,

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Nicolas Sarkozy prend la défense du capitalisme familial

REUTERS : mercredi 5 mars 2008 par Elizabeth Pineau

Le président Nicolas Sarkozy a entonné un hymne à la gloire du capitalisme familial et prôné des mesures visant à réduire le risque de vente à l'étranger de grands groupes français.

Le chef de l'Etat s'est tourné vers son électorat en vantant les mérites des riches entreprises familiales.

"Ça a été une grande erreur pour la société française que de tourner le dos au capitalisme familial", a déclaré le chef de l'Etat lors d'un discours au Sénat, où se tient la journée de l'entreprise patrimoniale.

"Lorsqu'on n'a pas la chance d'avoir une entrepreneur familial qui a engagé son propre argent, on sait que c'est bien moins commode de se retrouver avec comme propriétaire un fonds de pension (...) qui veut que ça rende et que ça rende tout de suite", a-t-il ajouté.

S'il n'a pas remis en cause l'Impôt de solidarité sur la fortune, le président a dit son souhait de favoriser la transmission du patrimoine en facilitant la vie du repreneur, celui "qui prend des risques".

Le président de la République a déploré le retard pris en France, où moins de 10% des transmissions d'entreprises sont des transmissions familiales, contre 58% en Allemagne, 55% aux Pays-Bas et 72% en Italie.

"Si on veut décourager les familles d'investir dans l'entreprise, continuons comme cela", a-t-il ajouté.

Nicolas Sarkozy a promis des mesures ad hoc dans la loi sur la modernisation de l'Economie préparée par la ministre des Finances, Christine Lagarde.

"Notre fiscalité concernant les entreprises doit être simple, lisible et stable pour préserver le potentiel de développement et encourager le repreneur", a-t-il dit devant un parterre de patrons membres l'Association des moyennes entreprises patrimoniales (Asmep), qui rassemble 600 sociétés.

Nicolas Sarkozy a proposé de permettre aux repreneurs de déduire de leur revenu les intérêts des emprunts consentis pour racheter leur entreprise.

ISF. Il a aussi suggéré de remettre en cause la taxe de 5% dont ils doivent s'acquitter sur la valeur de l'entreprise rachetée.

Autre piste avancée par le président : modifier le système actuel qui taxe plus fortement les cessions de petites entreprises et de SARL que de sociétés anonymes.

"Il ne sert à rien de taxer la transmission d'une entreprise qui meurt", a dit Nicolas Sarkozy, qui a par ailleurs accepté la proposition du président de l'Asmep, Yvon Gattaz, de classifier plus clairement les entreprises de taille moyenne.

De Seb à Bonduelle en passant par Bouygues, Pernod Rocard et Michelin, les entreprises familiales représentent environ la moitié de la capitalisation boursière de Paris.

Pour favoriser leur maintien sur le territoire français, le chef de l'Etat a vanté son système de bouclier fiscal à 50% contenu dans la loi Tepa (travail, emploi, pouvoir d'achat) adoptée l'été dernier.

Cette loi prévoit en outre une réduction de l'Impôt de solidarité sur la fortune en contrepartie d'un investissement dans les PME ou des dons à des organismes d'intérêt général.

Nombre des entrepreneurs présents au Sénat auraient souhaité voir le président aller plus loin sur ce point.

"Ce que je regrette, c'est qu'il n'ait pas parlé de l'ISF, mais je sais que c'est impossible parce que l'UMP n'y est pas favorable", a déclaré à Reuters Robert Pourchet, chef d'entreprise à la retraite.

"Aucun président n'a le courage de supprimer l'ISF, c'est dommage", a renchéri un autre patron, Jérôme Bataille, également partisan d'une "suppression pure et simple des 35 heures".

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Les Indégivrables : Ecolo ... 4 x 4 ...

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Municipales : la défaite en chantant !

Le Canard Enchaîné du mercredi 5 mars 2008-03-05

Au retour de son safari en Afrique du Sud, lundi, Nicolas Sarkozy n’a pas vraiment rassurés ses collaborateurs en leur livrant son analyse de la situation politique. Elle tient en une phrase :

« Nous allons à l’échec (aux municipales), mais je ne sais pas si ce sera un échec ou une grosse branlée ! »

Là-dessus, le chef de l’Etat s’est demandé à haute voix comment il allait « accuser réception » du vote des français : « remplacer simplement les ministres battus ou procéder à un  grand nettoyage ? Si c’est une catastrophe électorale, nous n’aurons pas beaucoup de temps pour agir mais beaucoup de marge de manœuvre. Car si on reconstruit sur un champ de ruines, on peut tout faire. »

Pour un peu, il prétendrait qu’il est plus avantageux de paumer les élections plutôt que de les gagner !

« Si la défaite est rude, à continué Sarko, les candidats de l’UMP vérifieront que leur sort, pour le meilleur et pour le pire, est lié au mien. Et que le Premier ministre qui triomphe dans les sondages, ne pèse pas grand-chose dans les urnes. » Bonjour l’ironie amère.

Justement, le Premier ministre en question s’est essayé lui aussi à l’humour vache : « Nous sommes au moins sûrs de remporter un succès aux municipales, s’est-il réjoui devant ses visiteurs, la semaine dernière. Rachida dati ne parviendra pas à nous faire perdre le VIIème arrondissement de Paris. Un peu plus et elle était candidate à Monaco. »

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Forfait(ure) - Le billet de Robert Solé

LE MONDE | édition du 04.03.08

Les fabricants de téléphones portables ne cessent d'innover. Pas une année, désormais, sans que nous soit proposée une fonction supplémentaire. On avance à la vitesse grand V.

De nouveaux modèles de portables sont équipés d'un GPS. Invention capitale, qui permet à l'utilisateur de se localiser. Il peut savoir s'il téléphone de chez lui, de son bureau ou de son camping des Baléares.

Après le "T'es où", voilà donc le "Où suis-je ?"

La prochaine étape va de soi. Les ingénieurs de plusieurs marques travaillent sans doute d'arrache-pied pour permettre à chacun de nous d'ajouter à la question un pronom adverbial de deux lettres : "Où en suis-je ?"

Vous, je ne sais pas. Mais, moi, j'en suis à me demander si je ne vais pas jeter dans la Seine cette petite boîte noire qui ne me quitte plus, qui m'envoie ses ondes maléfiques et a multiplié par cent le nombre de mes communications inutiles... A moins, bien sûr, qu'un nouveau modèle ne soit mis sur le marché, avec un forfait raisonnable et des appels illimités, qui me permette de répondre enfin à une question lancinante : "Qui suis-je ?"

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Fabius sûr qu'un tour de vis est prévu pour l'après-municipale

REUTERS : mercredi 5 mars 2008 - - Gérard Bon

PARIS - Le gouvernement prépare un tour de vis supplémentaire pour l'après-municipales avec de possibles hausses de la CSG, de la TVA ou des diminutions de crédits, maintient Laurent Fabius.

"Il y a bel et bien en préparation un tour de vis supplémentaire", a déclaré l'ancien Premier ministre socialiste mercredi sur Europe 1.

Laurent Fabius a estimé que ce tour de vis ne serait "pas annoncé comme un plan de rigueur et qu'il n'y aurait pas "une grande publicité avec marqué 'plan de rigueur'".

"Mais on risque demain d'avoir soit une augmentation de la CSG, soit de la CRDS, soit de la TVA et des amputations de crédits", a-t-il dit.

Mardi, François Fillon a démenti tout plan de rigueur, affirmant que le budget 2008 voté par le Parlement serait mis en oeuvre" avec éventuellement des ajustements sur les dépenses.

"Tout ça est faux. Ce n'est pas digne d'un homme d'Etat que de mentir avec cette constance-là", a-t-il dit à propos des augures alarmistes de Laurent Fabius.

Des responsables de la majorité ont démenti en particulier tout projet de hausse de la TVA.

Laurent Fabius, citant une dépêche d'agence de l'époque, a répliqué que le Premier ministre n'avait pas écarté le 12 juin 2007 une hausse de la TVA à compter de 2009 pour financer la protection sociale.

"On a oublié, tout ça, moi je n'ai pas oublié", a-t-il lancé, expliquant que le gouvernement n'avait pas pu mettre en application ce qu'il avait préparé en raison du second tour des élections législatives.

"La mesure était dans les cartons et monsieur Fillon lui-même l'avait évoquée. C'est grâce au vote qu'on l'a évitée."

Laurent Fabius a réaffirmé que le projet de budget de reposait pas sur la réalité, à commencer par le taux de croissance envisagé de 2,25% pour 2008. "Si on arrive à, péniblement, 1,7% !", a-t-il lancé.

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La mort de Paul Reyes "Absolument dégueulasse"

Le Nouvel Observateur - Jean-Marcel Bouguereau – 05/03/08

"JE TROUVE que c'est absolument dégueulasse, absolument ignoble" ce qu’a fait le Président colombien, "parce que si cela continue, il aura lui aussi la mort d'Ingrid et celle d'autres otages sur les bras", a déclaré Fabrice Delloye, le père des deux enfants d'Ingrid Betancourt, en apprenant que Raul Reyes, le numéro 2 des Farc avait été abattu lors d’un raid militaire colombien en territoire équatorien. D’autant que Reyes tentait d'organiser une réunion avec Nicolas Sarkozy visant à régler la situation d'Ingrid Betancourt au moment où il a été tué, si l’on en croit un communiqué des FARC.


Cela, le président colombien Uribe le savait. Car Raul Reyes n’était pas seulement le N°2 des FARC, il était l’intermédiaire pour les otages. "Ce n'est pas une bonne nouvelle", a déclaré Bernard Kouchner. Ces négociations passaient par le Venezuela de M. Chavez, la Colombie de M. Uribe et l'Équateur de M. Correa, trois pays qui, depuis hier, sont à couteaux tirés, l'Équateur et le Venezuela ayant tous deux annoncé le déploiement de troupes à la frontière colombienne.


Cette intervention en territoire étranger est en effet un précédent "très grave", selon le Président équatorien : "Ce n'est pas un problème bilatéral, c'est un problème régional, et si un tel précédent s'installe, nous aurons en Amérique latine un nouveau Moyen-Orient". Vu du côté colombien, si l’on en croit la presse d’opposition, la mort de Raul Reyes a été accueillie avec soulagement par la plupart des Colombiens, l'atmosphère dans les rues du pays n'étant pas sans rappeler la mort de Pablo Escobar, le grand parrain de la drogue. Et ce journal,
El Tiempo, estime qu’avec cette mort la donne a changé, au point d’affirmer que les FARC sont peut-être proches de leur fin.


C’est sans doute la pire nouvelle pour les proches des otages. On ne peut jamais prévoir les réactions d’une bête blessée. Selon le directeur de la police colombienne, d’après l'ordinateur de Raul Reyes, la guérilla avait acquis 50 kilos d'uranium, information à ne pas écarter, mais à prendre avec des pincettes. Si jamais les otages meurent, les responsabilités seront nombreuses, celle des FARC d’abord, mais aussi celle d’Uribe, pour qui la fin justifie tous les moyens. Et celle d’Hugo Chavez dont on savait les relations coupables avec les FARC et dont on a eu confirmation, l’ordinateur de Reyes ayant montré que le "Duce" vénézuélien avait apporté "un financement de 300 millions de dollars" aux rebelles colombiens.

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