jeudi 6 mars 2008
Spécial fête des maires
Le Canard Enchaîné du mercredi 5 mars 2008
Deux mois plus tard, le « concept » a un peu évolué. L’immense majorité des candidats de droite ont remisé le drapeau de l’UMP au placard et évitent de revendiquer leur Sarkozysme, toujours sincère, mais passé à la clandestinité. Quant au président, son engagement est, pour l’essentiel, tout intérieur. On ne l’a guère vu sur le front. Ses troupes sont pourtant en première ligne. Pas moins de 298 parlementaires UMP sont candidats soit à une mairie, soit à un fauteuil de conseiller général.
Peut-être les oracles des instituts de sondage, qui ont tous pris la voix de cassandre, ont-ils convaincu les candidats de droite qu’ils risquaient, selon le mot de Renaud Dutreil, en grande difficulté à Reims, de s’enrhumer « au vent mauvais venu de Paris ». Encore que le vent pourrait être plus tourbillonnant et capricieux qu’annoncé. Il faut se souvenir de quelques magnifiques ratages des instituts de sondage, il y a sept ans. Car les municipales sont des élections qui ne respectent pas toujours les prescriptions des docteurs en politologie. Et cette année, peut-être moins encore en raison de la danse de Saint-Guy qui a saisi les électeurs du centre.
Le centre aujourd’hui est partout, sauf au centre. Le MoDem de Bayrou penche pour Juppé (UMP) à Bordeaux, pour Dassault (UMP) à Corbeil, pour Rebsamen (PS) à Dijon, pour Darcos (UMP) à Périgueux , pour Delanoë (PS) à Paris. De quoi donner le tournis aux électeurs. « On saura si le MoDem existe ou non, au soir des municipales », pronostique Yves Jégo, porte-parole de l’UMP.
On saura surtout comment les citoyens se seront sortis de ce joyeux foutoir.

« Je m’engagerais » avait promis Sarko, le 8 janvier dernier, à propos des élections municipales. « Le concept même d’élections dépolitisées est absurde. »
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