dimanche 2 mars 2008
Un appel de ONG des Pays de Loire à manifester contre les Violences à Gaza
Le Monde AFP 02.03.08
Violences à Gaza et en Israël : condamnation de la présidence de l'UE
Les pays de Loire se mobilisent pour Gaza !
La présidence slovène de l'UE a condamné dimanche "l'usage disproportionné" de la force par l'armée israélienne contre la population civile de Gaza, en soulignant que de telles actions étaient "contraires à la loi internationale".
Dans le même temps, elle "réitère sa condamnation de la poursuite des tirs de roquettes dans le territoire israélien" par les forces palestiniennes, dans un communiqué où elle appelle les deux parties à cesser les hostilités.
"La présidence de l'Union européenne suit avec une profonde inquiétude la poursuite de l'escalade de la violence dans le sud d'Israël et dans la bande de Gaza. Cette confrontation a provoqué la mort tragique de nombreux civils, dont des enfants innocents", écrit-elle.
Elle "condamne le récent usage disproportionné de la force par l'armée israélienne contre la population civile de Gaza et appelle Israël à faire preuve de modération et à éviter toute action mettant en danger des civils. Ces activités sont contraire au droit international".
"La présidence réitère dans le même temps sa condamnation de la poursuite des tirs de roquettes dans le territorie israélien et appelle à leur arrêt immédiat", poursuit le communiqué.
Appelant les deux parties à négocier la paix, elle "rejette toute punition collective de la population de Gaza" et se dit "très inquiète de la souffrance de la population civile du côté israélien et palestinien".
Israël va poursuivre ses opérations "contre les organisations terroristes" dans la bande de Gaza, a affirmé dimanche le Premier ministre Ehud Olmert, en rejetant les critiques internationales contre un usage excessif de la force.
"Personne n'a le droit moral de critiquer Israël pour exercer son droit à l'auto-défense", a ajouté M. Olmert.
Soixante-six Palestiniens ont été tués depuis le lancement samedi de l'offensive israélienne la plus meurtrière depuis 2000 dans la bande de Gaza contre les tirs de roquettes qui continuent de s'abattre dans le sud d'Israël.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné dimanche les violences à Gaza et dans le sud d'Israël, lors d'une réunion d'urgence convoquée à la demande du dirigeant palestinien Mahmoud Abbas qui a décidé de "suspendre" les négociations de paix avec Israël.
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GAZA CESSEZ LE FEU, CESSEZ LE MASSACRE : Les pays de Loire se mobilisent pour Gaza !
Depuis le début de l'offensive mercredi, au moins 75 Palestiniens, dont des femmes et des enfants ont été tués.
Il y a tout lieu de penser qu’il ne s’agit que du début d’une offensive plus large comme l’indique un porte parole de l'armée israélienne qui a confirmé dans l'après-midi à l'AFP que "l'opération se poursuivait".
REAGISSONS à ce nouveau massacre ! La plate-forme nantaise des ONG pour la Palestine appelle à un
RASSEMBLEMENT LUNDI 3 MARS A 18 HEURES A NANTES (Croisement des lignes de tram 1 et 2 arrêt Commerce à l’extrémité du Cours des 50 Otages)
Venez nombreux avec des bougies pour exprimer votre indignation et EXIGER un cessez le feu. Protestons contre la passivité des gouvernements dont celui de la France.
Plate-forme nantaise des ONG pour la Palestine, 21 allée Baco 44000 Nantes : Association France Palestine Solidarité, CCFD, CIMADE, ERM, GASPROM, Génération Palestine, LDH, MRAP, Pays de Loire Gaza Jérusalem,UJFP
Medef : Parisot s'élève contre le clan conservateur du patronat français

Nantes : Contestation grandissante contre l’autorisation d'aéroport du Grand-Ouest sur Notre-Dame-des-Landes
Ouest-France – 02/03/08 - Jocelyne RAT
Près de 3 000 manifestants ont défilé hier, à Nantes, contre le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Les politiques ont aussi donné de la voix.
Tracteurs pétaradants, slogans joyeux et tonitruants, percussions et chansons à textes... L'opposition au projet d'aéroport est bien là, rassemblée comme promis dans la cité des Ducs de Bretagne, pour dire aux Nantais qu'on leur « ment ». Un cortège d'environ 3 000 participants serpente bientôt, ce samedi après-midi ensoleillé, le long du cours des 50-Otages et observe des stations. L'occasion d'évaluer les troupes et... les ralliements politiques à la cause, en ces temps électoraux.
Le grand consensus. Des drapeaux verts flottent sur la marmite, tout comme les drapeaux orange des centristes estampillés Modem à côté de la LCR, tandis que les mouvements alternatifs tiennent le haut du pavé. Les Verts nantais ont repris du poil de la bête au sortir de l'hiver. Ils forment une délégation, passant outre leur alliance avec le maire sortant socialiste Jean-Marc Ayrault, cible privilégiée des opposants à l'aéroport. Au micro, le député Vert François de Rugy tient un discours combatif : « Vous pouvez compter sur nous pour être fidèles à nos convictions écologistes, où que nous soyons... Rien n'est encore décidé ; si le financement n'est pas au rendez-vous, le projet ne se fera pas... »
Les maires de Treillières et de Grandchamp-des-Fontaines, reviennent à l'essentiel : « Cet aéroport n'est pas un progrès pour le développement de notre territoire, mais le perturbera gravement... Les 500 millions d'euros qu'il coûtera pourraient être affectés à des projets plus porteurs d'avenir, ce n'est pas raisonnable... Que vont devenir nos communes ? »
Enterrement de première classe. Entre discours galvanisateurs et intermèdes musicaux, le cortège s'arrête devant un immeuble annexe de l'hôtel de ville de Nantes, dont l'accès a été barré par les forces de l'ordre à la demande du maire. Avec solennité, un cercueil en bois noir contenant symboliquement le projet d'aéroport est débarqué devant l'entrée des locaux, tandis qu'un militant associatif entonne la marche funèbre au cor. Une salve d'applaudissement salue « l'enterrement » de l'aéroport.
Sans la caution de l'Europe. La députée Verte européenne Marie-Hélène Aubert a fait le déplacement à Nantes pour répéter publiquement que « l'Europe ne mettra pas un sou dans ce projet. Au contraire, elle encadre très strictement les fonds publics investis dans les plateformes ou les grands projets, afin d'éviter des distorsions de concurrence dans le transport aérien... ».
Pour Marie-Hélène Aubert, « il y a une bataille à mener, notamment par des recours, pour mettre à jour les contradictions invraisemblables entre ce projet et les objectifs du développement durable. Au-delà des couleurs politiques, les élus locaux doivent être capables de dire non... »
Qu'en est-il du problème de la sécurité généralement invoqué pour l'actuel survol de Nantes ? « L'aéroport de Nantes Atlantique doit être optimisé par de nouveaux aménagements, une meilleure desserte, etc. En ce qui concerne la dimension internationale d'un nouvel d'aéroport, on joue très largement en deuxième division. Au mieux, Notre-Dame-des-Landes sera un aéroport régional... C'est de la folie furieuse... »

Filles-garçons, « une lame de fond » vers plus d’égalité
Un dossier spécial élaboré par Anne-Flore HERVÉ- Ouest-France – 01/03/08
A quelques jours de la Journée de la femme, qu’en est-il dans l’éducation des filles ?
Entre permanences et avancées, Christian Baudelot, sociologue, analyse les acquis des filles et des mères depuis trente-cinq ans. Il est l’auteur avec Roger Establet de Quoi de neuf chez les filles ? paru chez Nathan.
« Les nouveaux pères attirent beaucoup les médias. C’est vrai qu’ils s’occupent plus de leurs enfants. Mais en ce qui concerne les tâches ménagères, le temps qu’ils leur consacrent a augmenté de seulement onze minutes en trente ans. Ce n’est quand même pas révolutionnaire. Chez les mères en revanche, la donne a radicalement changé. Plus de 85 % d’entre elles exercent désormais une profession. Dans le même temps, elles continuent à assurer le travail domestique et l’éducation des enfants à temps plein. Car si les pères passent plus de temps avec leurs enfants, celui-ci est surtout consacré au jeu… »
2 -Les comportements stéréotypés et la construction identitaire des enfants
« Les jouets des garçons sont orientés vers la construction, le transport, la guerre. Les jouets des filles sont orientés vers le pouponnage, la cuisine, les travaux de ménage… Aux garçons l’extérieur. Aux filles l’intérieur. Du côté des albums pour enfants, on retrouve ce clivage. Même quand les héros sont des animaux, les garçons sont représentés par des éléphants et les filles par des souris… A l’heure où l’activité professionnelle est devenue la norme chez les femmes, le sexe féminin est toujours représenté sous une forme stéréotypée : domestique et maternante. Ceci dit, les stéréotypes sexués permettent, aussi, à l’enfant de construire son identité. On peut néanmoins agir sur leurs contenus et ne pas persuader les enfants, dès leur plus jeune âge, que les filles sont des êtres faibles et les garçons des êtres forts. Une fille peut très bien se construire une identité de genre féminin sans s’assimiler à une ménagère et un garçon une identité de genre masculin sans s’identifier à Rambo… »
3 -La réussite des filles à l’école et les filières scientifiques sélectives majoritairement masculines
« L’école joue un rôle extraordinaire dans l’émancipation des filles. Et les nouvelles mères l’ont bien compris. Même dans des familles moins favorisées, elles poussent leur fille à aller le plus loin possible. Capables de mieux intérioriser les règles, les filles s’adaptent mieux que les garçons au système scolaire et ont de meilleurs résultats. Mais à partir du lycée, l’école exige d’être le meilleur. Les garçons, par leur éducation familiale et sociale traditionnelle, sont alors mieux préparés pour les concours, les prépas… En revanche, dès qu’arrive la compétition, les filles sont perdantes. Pourtant, elles devraient être un peu plus compétitives. Pas pour écraser mais pour gagner et changer les choses. C’est-à-dire travailler autrement (ordre, organisation, anticipation), sans rivalités et sans compétitions. L’expérience montre que, plus elles sont nombreuses dans un corps de métier, plus elles le changent en profondeur. Comme chez les femmes médecins. Aujourd’hui, elles s’installent ensemble, partagent leurs clientèles et n’hésitent pas à chômer un jour. Il n’y a pas si longtemps être soigné par une femme n’était même pas envisageable. Les avancées existent. »
4 -Un monde du travail encore dominé par les hommes
« Si les stéréotypes persistent, c’est qu’ils sont imposés par ce que l’on perçoit de la vie. Dans le noyau dur des entreprises (direction, ingénierie) la domination masculine demeure flagrante. Même si toutes les professions se féminisent, celles où les femmes sont majoritaires sont celles qui font appel à leur compétence de mère (soigner, éduquer, assister). Mais les choses évoluent doucement. »
5 -Les parents face à l’inégalité homme/femme
« Aujourd’hui, les différences renvoient encore à des inégalités. Mais il ne faut pas se tromper. Gommer les inégalités ne veut pas dire gommer les différences. Une étude sur les réussites exceptionnelles de filles dans des filières purement masculines a mis en évidence trois choses. Soit, elles étaient filles uniques, soit elles n’avaient pas de frère. Enfin, dans le troisième cas, les parents étaient très soucieux de l’égalité des sexes. En d’autres termes, ces filles n’avaient pas de contre-image. Elles étaient libérées de l’idée qu’en tant que femmes, elles étaient limitées.. »
6 -Les avancées des filles sont solides
« C’est une lame de fond qui existe sans loi. D’ailleurs, malgré toutes les difficultés rencontrées (salaires inférieurs, temps partiels subis, concilier boulot et enfant), les femmes restent attachées à leur travail. Elles ne veulent pas retourner à la maison. »

1 -Les nouveaux pères et les nouvelles mères
Espèces protégées en France : Bilan préoccupant
LE MONDE | 29.02.08
La France dispose, pour la première fois, d'une photographie de l'état du vivant sur son territoire. Non pas de toutes les espèces animales et végétales présentes sur son sol - un tel inventaire serait impossible -, mais de la part la plus remarquable et la plus rare de son riche patrimoine naturel. "Il y a plus d'espèces végétales dans le département des Alpes-Maritimes que dans tout le Royaume-Uni", relève Sébastien Moncorps, directeur du comité français de l'Union mondiale pour la nature (UICN).
Les résultats de cette étude, pilotée par le Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) pour le compte du ministère de l'écologie, ont été transmis à la Commission européenne, jeudi 28 février. Car c'est pour répondre à une obligation communautaire, fixée par la directive sur les habitats naturels de 1992, que la France s'est livrée à cet exercice.
Environ 200 espèces animales et 100 espèces végétales protégées ont été étudiées, ainsi que 132 habitats naturels (lagunes côtières, prés salés, dunes, etc.) qui sont le support de la vie des espèces. Les oiseaux, qui font l'objet d'une directive spécifique, n'étaient pas concernés. Les bilans ont été effectués par aire géographique : atlantique, continentale, alpine et méditerranéenne.
Une couleur a été attribuée à chaque espèce et habitat : verte quand l'état de conservation est favorable, orange quand il est "défavorable inadéquat" (situation inquiétante mais réversible), rouge quand il est "défavorable mauvais" (viabilité compromise), gris quand son état n'est pas connu. Quelque 200 experts ont été mobilisés, toutes les données disponibles rassemblées : un travail ardu, car les informations sont difficiles à collecter, éparses et hétérogènes.
A première vue, les résultats sont alarmants. En moyenne, 36 % des habitats et des espèces sont classés en rouge, 29 % en orange, le reste se répartissant entre le vert (20 %) et le gris.
Mais cette lecture doit être nuancée. "Ce n'est pas un inventaire exhaustif, mais une évaluation des espèces protégées dans le cadre de la directive habitats, qui sont par définition rares ou menacées, affirme Jacques Trouvilliez, directeur du service du patrimoine naturel au Muséum. Il est normal que les résultats ne soient pas très bons."
En outre, le mode de notation a tendance à "tirer les résultats vers le rouge", explique la direction de la nature et des paysages (DNP) du ministère de l'écologie. Pour chaque espèce, quatre critères sont pris en compte : l'évolution de l'aire de répartition ; l'état des effectifs ; l'état des habitats de l'espèce ; ses perspectives futures. Il suffit qu'un seul de ces critères soit classé en rouge pour que l'espèce le soit également. A l'inverse, il faut au moins trois verts pour que son état soit jugé favorable.Le résultat global est donc préoccupant, sans être catastrophique. "Il y a peu de cas désespérés", commente la DNP.
Ce sont les espèces et les habitats des régions montagneuses, les plus préservés des activités humaines, qui sont les moins fragilisés. Le loup, par exemple, réapparu dans les Alpes au début des années 1990, se porte bien. En revanche, la biodiversité des régions atlantique et continentale est en piètre état. Or ces régions couvrent la majeure partie du territoire. Plus de la moitié des habitats et des espèces y sont classés en rouge.
Globalement, les espèces liées à l'eau sont les plus mal en point. Les habitats côtiers et marins, les dunes, les tourbières et les habitats d'eau douce sont également dégradés.
Ce sont les activités agricoles et forestières qui contribuent le plus à la perte de biodiversité, par la transformation de prairies en cultures de céréales, la destruction des haies, le drainage des marais, la pollution par les fertilisants et les pesticides, l'appauvrissement des peuplements forestiers. L'urbanisation et la fragmentation des habitats par les grandes infrastructures, qui détruisent les écosystèmes ou empêchent leur bon fonctionnement, constituent la deuxième grande menace.
Cet inventaire doit guider la politique de protection de la nature. "Il nous aidera à déterminer les politiques prioritaires", précise la DNP. Il servira également d'étalon, car cet exercice d'évaluation sera renouvelé tous les six ans.
L'enjeu est de préserver un patrimoine pour sa valeur propre - comme l'est le patrimoine historique -, mais aussi pour les services rendus à l'humanité par les écosystèmes qui le composent : fourniture d'eau, d'alimentation, de vêtements, d'énergie, de matériaux, de plantes utilisées en médecine ou d'espaces de loisirs, épuration des pollutions ou protection contre les crues.
Ecrivain (e) paysans : Une plume au pays du canard
Sud-Ouest Gers 28/02/08
Claudine Mothe-Gauteron, de Sarragachies, est présente jusqu'à dimanche, au Salon de l'Agriculture Porte de Versailles, sur le stand des écrivains-paysans
Dans l'agriculture, Claudine Mothe-Gauteron a surtout retenu le mot « culture ». Cette habitante de Sarragachies est présente cette semaine au 45e Salon de l'agriculture, à Paris. L'événement est un rendez-vous incontournable pour le Gers, département le plus agricole de France (plus de 20 % de la population active).
Claudine Mothe-Gauteron n'est pas au Parc des expositions pour vendre du foie gras. Ni pour soumettre des volailles au concours général. Encore moins pour faire découvrir le floc et l'armagnac aux visiteurs parisiens. Rien de tout cela : la retraitée est montée à la capitale pour présenter ses livres.
Claudine Mothe-Gauteron fait partie de la très respectable Association des écrivains et artistes paysans, présente au Salon de l'agriculture depuis 1972. « C'est une structure qui a été fondée par Jean Robinet, aujourd'hui âgé de 94 ans, et le Gersois Jean-Louis Quereillahc », ancien maire de Plaisance, explique la retraitée.
Sauvegarder le patrimoine et la mémoire. - Là où d'autres stands présentent les innovations qui feront le futur de l'agriculture, Claudine Mothe-Gauteron et ses condisciples s'emploient à sauvegarder le patrimoine et la mémoire de ceux qui ont vécu dans les campagnes au cours des générations passées.
Elle n'a commencé à publier qu'à l'âge de 59 ans, en 2001. Mais depuis, sa plume s'est révélée particulièrement féconde, livrant quatre romans : « La Noce d'Albertine », « Le Boisseau », « Bal rétro » et « La Monnaie du diable » (Cheminements éditions).
« J'écoute, je recycle, je pompe. Et je n'utilise mon imagination que pour lier entre elles des histoires authentiques »
Être écrivain-paysan ne signifie pas juste produire des écrits à la campagne plutôt que sur une terrasse de Saint-Germain-des-Prés. Les sujets traités par la Gersoise s'enracinent tous profondément dans le terroir gascon. « J'ai emprunté aux histoires de mes amies. Ce qu'il me faut, ce sont des anecdotes fortes », explique l'artiste, qui veille à n'utiliser que des histoires authentiques.
« J'écoute, je recycle, je pompe. Et je n'utilise mon imagination que pour lier entre elles des histoires parfaitement authentiques », poursuit-elle. Si elle n'a commencé à publier que sur le tard, celle-ci a toujours été attirée par les arts et lettres. « J'ai toujours écrit et peint. »
Cet amour pour les activités « non productives » n'est pas allé sans poser de problèmes dans le milieu agricole.
Fille de paysan impossible. - « J'étais une fille de paysan impossible. À la vigne, je tombais dans les pommes », sourit-elle aujourd'hui. Le père de Claudine travaillait dans une exploitation fruitière du Lot-et-Garonne. « Je l'entends encore me dire : " Qu'est-ce que tu as besoin d'une machine à écrire ? " Et ma grand-mère qui lui glissait en patois : " Qu'est ce que tu vas faire de cette enfant ? ". »
« Moi, ce qui m'intéresse, c'est l'humanité de ces histoires vraies »
Finalement, Claudine épousera un Gersois, qui exploite des céréales et de la vigne du côté de Saint-Mont. - Mais jamais elle ne reniera son goût des mots. « J'ai toujours été une conteuse. Quand j'étais petite, les autres gamins s'asseyaient en cercle autour de moi, et je racontais. »
Ces histoires, elle les récolte patiemment, méticuleusement. Ce sont ses vendanges à elles. « J'ai décidé d'écrire ces histoires, car je trouvais dommage qu'elles s'oublient. » Pour bien faire, Claudine reste toujours aux aguets. Et capte des moments qui échappent aux autres. Voici un exemple. « Je me souviens de l'enterrement d'un oncle. Il était très fier d'être grand et fort. Les fossoyeurs chuchotaient entre eux : ''le trou est trop petit''. ''Mais c'est qu'il est lourd, ce con''. Je l'ai entendu rire dans sa tombe. C'était la dernière blague qu'il faisait. Cette histoire-là, je suis la seule à l'avoir entendue. Cela n'arrivent qu'à ceux qui ramassent des histoires. »
Voilà le genre de pépites que Claudine collectionne, puis trousse dans ses livres, qui connaissent un certain succès, notamment auprès du public féminin. « Un roman comme ''Bal rétro'', qui se passe dans le Gers, raconte une histoire très intime d'une femme de la campagne. » N'allez pas dire à Claudine Mothe-Gauteron qu'elle fait du « Bridget Jones » à la sauce gersoise. « Moi, ce qui m'intéresse, c'est l'humanité de ces histoires vraies. »

Aménager sa maison selon les règles du feng shui
LE MONDE | 28.02.08 | 16h36 par Florence Amalou et Véronique Cauhapé
Après une percée en grande pompe - avec engouement des médias et présence en force dans les salons -, le feng shui et ses rares maîtres véritables (une dizaine dans le monde) se sont installés, plus discrètement, mais de façon efficace. "Je dirais qu'après son arrivée en France, il y a une dizaine d'années, le feng shui s'impose véritablement depuis deux ans", souligne Samia Irid, décoratrice et consultante feng shui.
Originaire de Chine, où elle est appliquée depuis plus de deux millénaires, cette discipline consiste à harmoniser un espace de vie (maison, lieu de travail...) avec celui qui l'occupe. Le feng shui, littéralement "le vent et l'eau", s'inspire de la cosmologie taoïste au même titre que la médecine chinoise traditionnelle ou l'acupuncture, avec lesquelles il partage un tronc commun de connaissances.
Si les Chinois s'y réfèrent pour concevoir leurs cités, construire leurs maisons et inhumer leurs morts, l'application occidentale se limite à trouver la décoration et l'aménagement intérieur qui favorisent le bien-être et la prospérité des occupants. A chaque individu correspondent des couleurs, des formes et des symboles.
La mode zen de la fin des années 1990 en était comme le signe annonciateur de l'arrivée du feng shui dans nos contrées. Avec son mobilier épuré, sa décoration minimaliste et ses harmonies subtiles, elle débarrassait l'espace de l'inutile et du clinquant et préparait l'arrivée du feng shui.
Comment "être" feng shui ? Prendre une boussole, localiser les points cardinaux et les neuf secteurs de la maison (nord, sud, est, ouest, nord-est, nord-ouest, sud-est, sud-ouest et le centre) : à chaque partie correspondent un domaine de vie, une matière, une forme, des couleurs. "La maison est ainsi quadrillée et chaque zone dit nos projets inconscients, nos blocages", explique Jean-Claude Sachou, codirecteur de l'Ecole française de feng shui.
Cette discipline convainc de plus en plus de monde. "On vient nous consulter lorsque le couple est en crise ou que les parents ont des soucis avec les enfants", raconte Jean-Claude Sachou. Et Nicolas Hardy, autre "expert feng shui", de citer dans son livre le cas d'un locataire qui souhaitait "optimiser l'agencement de son appartement (...) afin d'être soutenu dans son activité professionnelle et d'améliorer ses relations sentimentales".
L'affectation des pièces, la disposition des meubles et le choix des objets tiendront compte de l'orientation de la maison, de la circulation des énergies, des cinq éléments naturels (eau, feu, terre, métal et bois) et des cycles du temps. Tout doit être conçu afin de libérer le souffle vital Qi (prononcer chi) et faciliter sa circulation, professent les experts.
Sorte de mouvement mystico-sectaire ou véritable art de vivre ? Surfant sur une mode qui ne passe pas, les livres sur le sujet se sont multipliés, les consultants aussi - avec dans le lot quelques charlatans -, des boutiques spécialisées se sont ouvertes (La Maison du feng shui, Paris-9e). Des rayons entiers (Résonances, Nature & Découvertes, Truffaut...) proposent aussi des objets censés contribuer au bien-être et au repos intérieur (fontaines, galets...). Les magasins The Body Shop ont même été aménagés selon les principes feng shui.
Pour se forger une opinion, les néophytes pourront se contenter d'appliquer deux ou trois principes trouvés dans les livres et s'en satisfaire. Ou pas. Les rudiments (orienter son lit, disposer un aquarium dans une pièce, équilibrer les éléments Yin et les éléments Yang ) paraissent, en effet, souvent relever du bon sens.
Si l'on veut en revanche sérieusement faire siens les principes complexes du feng shui, mieux vaut suivre une formation ou faire appel à un consultant diplômé... A condition d'accepter de se lancer dans une analyse permanente de son environnement et de pouvoir débourser 250 euros de consultation (une demi-journée environ) pour un studio, 650 euros pour un 3 pièces et 800 euros pour un 4 pièces.
Car l'affaire, pour être bien menée, est complexe, d'autant que l'école de pensée feng shui se divise en deux branches (astrologique ou cartésienne). L'aménagement de la maison reflète ce que nous sommes. Par exemple, le sud, qui correspond à l'image de soi, est un secteur de feu, matérialisé par des formes en triangle et la couleur rouge. L'ouest, qui correspond à l'univers des enfants, de la créativité et des projets, est un secteur de métal, de formes rondes et de teintes grises et blanches.
"On peut ainsi énergiser le domaine qui nous pose problème", confie Samia Irid. De quoi séduire les milieux urbains en mal d'authenticité et de nature.

"Le Feng shui pour les nuls", David Kennedy, First, 2002, 416 pages, 11,90 €.
"Le Feng shui des paresseuses", de Régine Saint-Arnauld, Marabout-Poche, 5,90 €.
"L'Art du feng shui, harmonie, sérénité et prospérité dans votre intérieur", de Mary Lambert (traduit de l'anglais), Solar, 2007, 64 pages, avec boussole et cartes, 25 €.
"Le Feng shui, science taoïste de l'habitat de Nicolas Hardy", Eyrolles "Pratique", 286 pages, 20 €.
La culture dans la rue
Edito du Monde | 01.03.08
Le 27 février, les gens de théâtre se sont réunis à l'Odéon, à Paris, et le lendemain se sont joints aux manifestants de la grande famille culturelle, massés devant le Palais-Royal, à deux pas de la rue de Valois, siège du ministère de la culture. Ils sont descendus dans la rue pour dénoncer une baisse globale de leur budget : 6 % de gel de crédits pour certaines compagnies, 4 % pour d'autres. Leurs budgets sont effectivement en baisse. Et la ministre de la culture, Christine Albanel, en dépit des quelques rattrapages obtenus à l'arraché, ne paraît pas la mieux placée pour défendre son pré carré : ses dossiers semblent lui échapper.
Faut-il que rien ne bouge dans le monde feutré de la culture ? Certainement pas. Et d'abord parce qu'il souffre d'un mal endémique : celui de ne pas savoir faire coïncider ses efforts d'investissement - toujours plus nombreux - avec les moyens de leur fonctionnement - trop souvent négligés. Cette fracture croissante contribue à diminuer automatiquement la part des subventions attribuées à chacun. A moins d'augmenter de façon notable le budget général de la Rue de Valois, ce qui n'est pas à l'ordre du jour, ou de remettre à plat le système d'attribution des subventions. Mais il faut là une vraie détermination et des idées claires pour l'entreprendre. Elles sont absentes aujourd'hui.
Pourtant, il serait absurde d'assimiler le domaine culturel mis en place à l'époque des ministères Malraux et Lang à quelques privilégiés, porteurs d'un discours élitiste et n'intéressant que les nantis du savoir. En deux générations, ce domaine s'est à la fois élargi et diversifié. Même s'il reste encore et toujours des améliorations à apporter, l'accès au théâtre, à la danse, à toutes les musiques et aux arts plastiques s'est ouvert à une population qui en était privée. Qui aurait imaginé dans les années 1980 implanter un musée à Vitry-sur-Seine ou à Lens ?
La culture est devenue un pan non négligeable de l'économie. Elle contribue à revivifier les villes et les régions, qui en ont souvent fait un argument électoral. C'est aussi, potentiellement, un puissant moteur social dans les banlieues. Il n'est aujourd'hui relayé par personne. Les messages envoyés par Nicolas Sarkozy et son entourage vont exactement dans le sens contraire. Plus qu'une revendication corporatiste, les récentes manifestations reflètent une inquiétude réelle et un profond malaise, qu'il serait imprudent de négliger.
Aux yeux de certains, la manifestation peut avoir des relents corporatistes. Mais son point de départ est ailleurs. Le "désengagement de l'Etat" en matière culturelle n'est pas qu'un slogan. Pour la première fois sous la Ve République, un président entend bousculer ce secteur, multipliant les instructions pour le "banaliser".600 ans : L'orme va mieux
Sud-Ouest Février 2008
L'orme va mieux : BISCARROSSE.-- L'orme lié à une vieille légende biscarrossaise lutte contre la graphiose
Dans les Landes à Biscarosse, un très bel arbre vigoureux près de l'église du village ; remarquable par son âge avec ses 600 ans ; remarquable aussi car c'est un survivant de la graphiose , terrible maladie fongique apparue au début du 20e siècle qui décima une grande partie de la population d'ormes.
À la demande du service environnement de la ville, une étude a été menée par le cabinet Pierre Aversenq, expert arboricole national, sur l'état sanitaire de l'orme légendaire de Biscarrosse avec, pour objectif, de maintenir l'orme sur son site actuel et définir un programme de soins adaptés aux dommages causés par la tempête de 2003 et aux traces de graphioses détectées.
La maladie fongique, la graphiose, dont il est atteint est à l'origine de la disparition de la quasi-totalité des ormes à l'échelle internationale.
Survivant. « L'orme de Biscarrosse s'impose comme un des survivants de cette maladie grâce à un entretien régulier et une attention particulière des services. L'examen mené au début du mois de janvier 2008 a montré que l'arbre a retrouvé la majeure partie de ses capacités de croissance et de développement, mais qui reste toutefois assez fragile ».
Taille de ravalement. Le cabinet de Pierre Aversenq a conclu certaines recommandations, dont une taille de ravalement complet consistant à supprimer toutes les branches infectées. Cette action permettra d'alléger la structure de l'orme, de diminuer sa prise au vent et d'éradiquer la maladie qui l'affaiblit.
Le cabinet insiste sur une intervention à effectuer avant la fin du mois de février. Ce ravalement sera réalisé par une entreprise privée sous le contrôle des techniciens de la ville de Biscarrosse, très rapidement dans les jours à venir. Une intervention plus tardive aurait pour effet d'appauvrir sensiblement l'arbre en réserves alimentaires, de retarder l'apparition de son feuillage et, par conséquent, de réduire sa capacité à produire de la sève La légende… Vers 1450, une jeune bergère, Adeline, fut injustement accusée d'avoir trompé son fiancé Pierre avec un officier anglais dont elle avait repoussé les avances. Pour ménager l'occupant, le conseil des anciens la condamna a être exposée nue, pendant une journée, sous l'arbre de la justice. Au coucher du soleil, elle mourut de honte et de chagrin.
Le lendemain, on vit fleurir, sur le tronc de l'orme, à l'endroit où la malheureuse avait la tête, une couronne de fleurs blanches semblable à celle des jeunes mariées.
Depuis, tous les ans au mois de mai, une couronne blanche fleurit au même endroit ….
Télévision, presse écrite, radio et Internet de plus en plus présents dans la vie des Français
LE MONDE | 29.02.08
Les médias sont de plus en plus présents dans la vie des Français. Selon les résultats de l'étude "Media in Life", rendue publique jeudi 28 février par Médiamétrie, chaque individu de 13 ans et plus a eu en moyenne 41,3 contacts par jour en 2007 avec "un support média ou multimédia". L'enquête, publiée pour la deuxième année consécutive par Médiamétrie, mesure la consommation moyenne de médias par habitant et par jour. Elle vient compléter les mesures, média par média, également effectuées par Médiamétrie.
L'an passé, les contacts des Français avec la télévision, la radio, la presse écrite ou encore Internet ont augmenté de 5,8 % par rapport à 2006. Cette hausse fait suite à une progression de 6,2 % déjà constatée en 2006. A en croire les relevés de Médiamétrie, les 15-24 ans sont encore plus "médiaphages" que leurs aînés. Cette tranche d'âge enregistre en moyenne 45,2 contacts quotidiens avec la presse, la télévision, la radio mais aussi l'Internet, les jeux vidéo et autres écrans.
Dans le détail, 9 Français sur 10 (89,4 %), en moyenne, regardent la télévision chaque jour. De même, 8 sur 10 écoutent quotidiennement la radio (82,5 %) et lisent la presse écrite (78,3 %).
L'enquête Médiamétrie pointe les nouvelles pratiques des Français. Ainsi, 35,7 % surfent chaque jour sur Internet, tandis que 10,3 % jouent à des jeux vidéo. L'accès à la Toile progresse rapidement. En 2005, ils n'étaient que 24,6 % à se connecter, puis 31,2 % l'an passé.
L'accroissement du nombre des médias, avec la montée en puissance du Web mais aussi des jeux vidéo ou encore du multimédia, ne porte pas trop préjudice aux supports traditionnels comme la presse écrite ou la télévision. Au contraire, Médiamétrie note une répartition de la consommation des médias suivant les moments de la journée. Les grands rendez-vous, comme le carrefour du 6 heures-9 heures, le déjeuner et le 20 heures restent l'apanage des "médias traditionnels".
NOUVELLES PRATIQUES - Malgré les multiples tentatives des chaînes de télévision, entre 6 heures et 9 heures la radio est inexpugnable. Plus de 55 % des Français l'écoutent chaque matin. De même, le début de matinée est aussi le moment privilégié pour la presse lue quotidiennement par 1 habitant sur 5.
Toutefois, de nouvelles pratiques se font jour, mais sur des tranches horaires moins disputées. D'année en année, Internet creuse son trou pendant la matinée. Entre 9 heures et midi, 14 % des Français surfent sur la Toile. Le lieu de travail n'échappe plus à l'intrusion des médias. Ainsi 7,3 % des Français écoutent la radio au bureau.
En revanche, l'enquête "Media in life" confirme les scores d'audience des télévisions et notamment la très forte domination du journal de 13 heures de TF1 présenté par Jean-Pierre Pernaut. Au moment du déjeuner, deux Français sur cinq sont devant leur télévision.
Le soir, en revanche, la télévision perd du terrain auprès des plus jeunes. Entre 21 heures et 22 h 30, au moment où la pression publicitaire est la plus forte, les chaînes n'attirent plus qu'un jeune sur deux. Seuls 52,4 % des 15-24 ans regardent la télévision le soir contre 70 % des 35-49 ans, a mesuré Médiamétrie. Chez les plus jeunes, le petit écran cède de plus en plus de terrain face au téléphone portable et à Internet.
