Résistance Inventerre

-:¦:- Information Non-Violence, Environnement TERRE -:¦:- "Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent" Lucie Aubrac

dimanche 2 mars 2008

Ecrivain (e) paysans : Une plume au pays du canard

Sud-Ouest Gers 28/02/08

Claudine Mothe-Gauteron, de Sarragachies, est présente jusqu'à dimanche, au Salon de l'Agriculture Porte de Versailles, sur le stand des écrivains-paysans

Dans l'agriculture, Claudine Mothe-Gauteron a surtout retenu le mot « culture ». Cette habitante de Sarragachies est présente cette semaine au 45e Salon de l'agriculture, à Paris. L'événement est un rendez-vous incontournable pour le Gers, département le plus agricole de France (plus de 20 % de la population active).

Claudine Mothe-Gauteron n'est pas au Parc des expositions pour vendre du foie gras. Ni pour soumettre des volailles au concours général. Encore moins pour faire découvrir le floc et l'armagnac aux visiteurs parisiens. Rien de tout cela : la retraitée est montée à la capitale pour présenter ses livres.

Claudine Mothe-Gauteron fait partie de la très respectable Association des écrivains et artistes paysans, présente au Salon de l'agriculture depuis 1972. « C'est une structure qui a été fondée par Jean Robinet, aujourd'hui âgé de 94 ans, et le Gersois Jean-Louis Quereillahc », ancien maire de Plaisance, explique la retraitée.

Sauvegarder le patrimoine et la mémoire. - Là où d'autres stands présentent les innovations qui feront le futur de l'agriculture, Claudine Mothe-Gauteron et ses condisciples s'emploient à sauvegarder le patrimoine et la mémoire de ceux qui ont vécu dans les campagnes au cours des générations passées.
Elle  n'a commencé à publier qu'à l'âge de 59 ans, en 2001. Mais depuis, sa plume s'est révélée particulièrement féconde, livrant quatre romans : « La Noce d'Albertine », « Le Boisseau », « Bal rétro » et « La Monnaie du diable » (Cheminements éditions).

« J'écoute, je recycle, je pompe. Et je n'utilise mon imagination que pour lier entre elles des histoires authentiques »

Être écrivain-paysan ne signifie pas juste produire des écrits à la campagne plutôt que sur une terrasse de Saint-Germain-des-Prés. Les sujets traités par la Gersoise s'enracinent tous profondément dans le terroir gascon. « J'ai emprunté aux histoires de mes amies. Ce qu'il me faut, ce sont des anecdotes fortes », explique l'artiste, qui veille à n'utiliser que des histoires authentiques.
« J'écoute, je recycle, je pompe. Et je n'utilise mon imagination que pour lier entre elles des histoires parfaitement authentiques », poursuit-elle. Si elle n'a commencé à publier que sur le tard, celle-ci a toujours été attirée par les arts et lettres. « J'ai toujours écrit et peint. »
Cet amour pour les activités « non productives » n'est pas allé sans poser de problèmes dans le milieu agricole.

Fille de paysan impossible. - « J'étais une fille de paysan impossible. À la vigne, je tombais dans les pommes », sourit-elle aujourd'hui. Le père de Claudine travaillait dans une exploitation fruitière du Lot-et-Garonne. « Je l'entends encore me dire : " Qu'est-ce que tu as besoin d'une machine à écrire ? " Et ma grand-mère qui lui glissait en patois : " Qu'est ce que tu vas faire de cette enfant ? ". »

« Moi, ce qui m'intéresse, c'est l'humanité de ces histoires vraies »

Finalement, Claudine épousera un Gersois, qui exploite des céréales et de la vigne du côté de Saint-Mont. - Mais jamais elle ne reniera son goût des mots. « J'ai toujours été une conteuse. Quand j'étais petite, les autres gamins s'asseyaient en cercle autour de moi, et je racontais. »
Ces histoires, elle les récolte patiemment, méticuleusement. Ce sont ses vendanges à elles. « J'ai décidé d'écrire ces histoires, car je trouvais dommage qu'elles s'oublient. » Pour bien faire, Claudine reste toujours aux aguets. Et capte des moments qui échappent aux autres. Voici un exemple. « Je me souviens de l'enterrement d'un oncle. Il était très fier d'être grand et fort. Les fossoyeurs chuchotaient entre eux : ''le trou est trop petit''. ''Mais c'est qu'il est lourd, ce con''. Je l'ai entendu rire dans sa tombe. C'était la dernière blague qu'il faisait. Cette histoire-là, je suis la seule à l'avoir entendue. Cela n'arrivent qu'à ceux qui ramassent des histoires. »

Voilà le genre de pépites que Claudine collectionne, puis trousse dans ses livres, qui connaissent un certain succès, notamment auprès du public féminin. « Un roman comme ''Bal rétro'', qui se passe dans le Gers, raconte une histoire très intime d'une femme de la campagne. » N'allez pas dire à Claudine Mothe-Gauteron qu'elle fait du « Bridget Jones » à la sauce gersoise. « Moi, ce qui m'intéresse, c'est l'humanité de ces histoires vraies. »

_crivains_paysans

Posté par Kozett à 00:05 - Culture - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=295434&pid=8154035

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :