vendredi 29 février 2008
Les Groupes d’Entraide Psychologique : Un lieu d’accueil où se poser
Deux psychologues-psychanalystes, Chantal et Jean-Marc Henriot les ont mis sur pied il y a plus de dix ans....
Ils avaient auparavant formé et supervisé des bénévoles d’associations dans l’accompagnement aux mourants ou pour les couples en difficulté. Ayant constaté que ces bénévoles accomplissaient un travail non seulement utile mais efficace, ils eurent l’idée d’étendre leur expérience à un niveau plus général, dans la société ordinaire.
La société actuelle laisse peu de place à l’écoute ou à la parole authentique. Nous sommes bien occupés par une vie agitée pour la plupart....Les médias, notamment la télévision, occupent pour beaucoup une part importante du temps libre. Internet est venu ajouter une dimension, bien souvent illusoire, à la véritable communication et au contact réel. Et lorsque la vie dérape et que les souffrances sont aiguës, on a recours aux tranquillisants ou à la médecine, qui ne traitent pas les maux de la psyché.
Les GEP :Groupe d’Entraide Psychologique furent créés en 1991, à Roanne -42-. Ils s’étendirent à d’autres villes de France dès 1995.
Les personnes suivent une formation, pour entrer dans un réseau d’écoute, elles se reçoivent mutuellement pour des entretiens d’entraide. On ne peut être seulement écouté ou écoutant, on est nécessairement les deux. Chacun apprend à ne pas intervenir ou interpréter à mauvais escient, il ne s’agit pas de devenir le sauveteur de l’autre, mais d’être présent et de l’accompagner de manière à ce qu’il mobilise ses propres capacités internes, et trouve un éclairage ou une solution aux problèmes qui le rongent.
Cette forme d’écoute a été mise sur pied pour que chacun s’autonomise et découvre ses capacités d’autogestion interne. L’écoutant joue le rôle de catalyseur des énergies internes de l’autre, et pour éviter la dépendance vis à vis d’une personne on ne peut faire ses entretiens avec la même personne chaque mois, puisqu’il est prévu un entretien par mois au minimum, mais on change d’écoutant. Cela évite les transferts massifs en positif ou en négatif. Comme chaque participant de ces groupes a appris à écouter avec la même méthode, on change sans difficulté d’écoutant....
Ce n’est pas une thérapie, même si certains témoignent d’effets thérapeutiques, lesquels sont issus de leur propre cheminement. Dans le cadre des GEP, le groupe et l’écoutant constituent une sorte d’accueil inconditionnel qui a un rapport avec l’aspect maternel primaire. Il arrive, assez fréquemment, que des participants mènent de front une thérapie individuelle et la formation à l’écoute des GEP. Le but des GEP est bien de proposer un lieu d’accueil à la souffrance quotidienne. Dans notre société on ne trouve pas grand-chose de très structuré pour cela. La souffrance est en général somatisée...Les Groupes d’Entraide Psychologique peuvent éviter les somatisations.
Les GEP offrent un espace sociétal pour recréer des liens soutenants qui existaient auparavant et qui se sont considérablement distendus.
Sur quoi s’appuie la formation ?
Pour une part importante sur la référence Rogérienne avec l’écoute non-directive. La formation comprend des séances techniques, pour apprendre vraiment la technique de ce type d’entretiens, et des journées au cours desquels sont proposés des exercices de type Gestalt ou analyse transactionnelle.
A qui s’adresse cette formation ?
A toutes les couches de la population désireuses d’avoir un lieu de parole ou d’offrir ses services pour recevoir la parole de l’autre.
Pour en savoir plus : Fédération des GEP, chez Annik Veillard 7 rue Jean-Baptiste Say, 69001 Lyon
Tél : 04 78 30 51 31
E-mail : fedegep@gep.asso.fr ou a.veillard@wanadoo.fr - www.gep.asso.fr
SÉCHERESSE 2005. - L'espoir fissuré
Sud Ouest Béarn 28/02/08
Dans le département, seules six communes basques ont droit à la reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle. La déception est immense
L'arrêté du ministère de l'Intérieur est daté du 20 février dernier. Il concerne « les mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols » en 2005. Sur les 30 communes qui avaient formulé une demande de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle, seules six, toutes situées sur la côte basque, l'ont obtenue. Toutes celles qui sont recalées, excepté Hasparren, sont béarnaises. L'obtention ou pas de cet état est déterminée par plusieurs critères, dont la teneur en eau dans le sol ou la présence d'argile.
Après le précédent de 2003, où les communes béarnaises avaient été majoritairement oubliées, la nouvelle a été très mal accueillie. Élus et propriétaires de bâtis endommagés (plus de 200) ne cachent ni leur déception, ni leur surprise. David Habib est le premier à être monté au créneau.
« Plusieurs éléments m'interpellent, souligne le maire de Mourenx, mais je ne peux cacher mon étonnement en constatant que seules des communes basques, dont Saint-Jean-de-Luz, la ville du ministre de l'intérieur, ont eu droit à cette reconnaissance ».
Du côté des sinistrés, le coup porté est difficile à encaisser, sachant que cette reconnaissance de catastrophe naturelle conditionne les indemnités des assurances. Chantal Barada-Rivera, l'une des responsables de l'Association départementale des sinistrés de la sécheresse sur les propriétés bâties : « Cela me laisse perplexe. Nous sommes en colère et très déçus, car on croyait vraiment avoir cette fois-ci gain de cause. Il y a comme un sentiment d'injustice. Que faut-il faire pour se faire entendre ? Certains propriétaires de maisons sinistrées sont dans une situation dramatique et de totale détresse. Il y a aujourd'hui des habitations qui menacent de s'écrouler et des gens qui n'ont pas les moyens de payer les travaux pour les consolider. Sans oublier tous les bâtiments professionnels touchés. C'est une lutte engagée depuis plusieurs années qu'il faut poursuivre, même si certains sinistrés peuvent céder à l'abattement ».
Des recours gracieux auprès du préfet ou du ministère sont possibles. Comme d'autres devant le tribunal administratif. Une solution envisagée par certains élus, dont David Habib ou encore Lucien Basse-Cathalinat, maire de Salie-de-Béarn.

Les syndicats refusent l'enterrement du chèque-transport
jeudi 28 février 2008 – Europe 1
Le ministre du Travail a affirmé jeudi dans Libération que le chèque transport, lancé en février 2007 pour permettre aux salariés de payer une partie de leurs frais de déplacement entre domicile et travail, avait "été mis en place", mais "n'intéresse personne".
"Il est inacceptable que le dossier du chèque-transport soit pour le moment enterré", a réagi le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly.
Le ministre du Travail a sérieusement critiqué jeudi, dans une interview à Libération, ce dispositif créé par Dominique de Villepin, laissant penser qu'il pourrait être abandonné rapidement. "L'idée du chèque-transport était intéressante, mais on s'aperçoit que sur le terrain cela ne marche pas. Les opérateurs ne s'intéressent pas au chèque transport, les entreprises non plus !"
"Il est inacceptable" que ce dossier "soit pour le moment enterré" a immédiatement réagi le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly.
Le chèque-transport, conçu sur le même modèle que le chèque-restaurant ou le chèque-vacances, devait permettre aux salariés de payer une partie de leurs frais de déplacement entre domicile et travail. "Que l'on dise le système est très compliqué, peut-être", mais "ce que nous demandons au gouvernement c'est qu'il nous dise clairement pourquoi et si c'est réellement compliqué, qu'il révise la procédure, ou qu'il fasse une prime (transport), mais qu'il aille vite", a expliqué Jean-Claude Mailly.
Dans Libération, Xavier Bertrand répondait en fait à une interpellation de François Hollande à l'occasion d'une interview croisée. Pour le premier secrétaire du Parti socialiste, face à la flambée des prix du carburant, "il serait possible d'attribuer un chèque transport à tous les salariés qui utilisent leur véhicule pour se rendre à leur travail". Depuis, le ministère du Travail précise qu'il "examine l'ensemble du dossier pour savoir pourquoi le dispositif ne fonctionne pas, et essayer de trouver une nouvelle solution".
Municipales : la carte de France qui fait trembler l'UMP
jeudi 28 février 2008 – Europe 1
A dix jours des municipales, chaque camp commence à faire le décompte des derniers sondages parus pour établir une première ébauche de carte de France des résultats. Du côté de l'UMP, les inquiétudes sont grandes pour plusieurs villes symboliques. La majorité présidentielle tente de sonner le rappel des troupes.
l y a d'un côté les villes qui sont ancrées à gauche et qui devraient le rester et de l'autre des villes acquises par la droite qui pourraient bien échapper à la majorité présidentielle. A dix jours des municipales, PS et UMP ont commencé à faire les comptes à partir des derniers sondages parus. Un exercice qui s'avère plus périlleux à droite où la perspective d'une marée rose est prise au sérieux.
Parmi les grandes villes symboliques, Paris, Nantes, Rennes, Lille et Lyon devraient rester dans l'escarcelle de la gauche. La situation est risquée pour l'UMP à Marseille, Strasbourg, Toulouse et Saint-Etienne par exemple où les candidats de la gauche semblent gagner du terrain au fil des semaines dans les sondages. Enfin, dans certaines villes, la droite pourrait être victime de ses propres divisions : c'est le cas à Nice avec le duel Estrosi-Peyrat ou à Reims avec l'affrontement Vautrin-Dutreil.
Certains ténors de l'UMP ont donc lancé publiquement un appel à leurs troupes pour faire cesser ces dissidences coûteuses en terme électoral. Une manière de remobiliser au passage les électeurs de droite qui pourraient se rendre aux urnes en nombre pour éviter une trop large victoire de la gauche à ces élections locales.
Secret bancaire : le Liechtenstein promet de faire des efforts
jeudi 28 février 2008 – Europe 1
La fraude au Liechtenstein, un secret de polichinelle ! Est-ce une "démocratisation" de la fraude au fisc ? Est-ce si facile d’ouvrir un compte à l’étranger ? Est-ce une pratique courante ? Et légale ou illégale ? L'an derniere syndicat unifié des impôts estime entre 40 et 50 milliards d'impôts la faude fiscale en France. Cela représente 2 à 3 % du PIB, 10 % de l'ensemble des recettes fiscales en France. Cela représente aussi 10 fois le montant de la fraude à la Société Générale.
chronique de France-infos : Ouvrir un compte au Liechtenstein : mode d'emploi
Commencée en Allemagne mi-février, la traque à la fraude fiscale, via le Liechtenstein, touche désormais plus de 10 pays. Le ministre français du Budget a précisé mercredi que la liste d'auteurs potentiels d'évasion fiscale comporte par exemple 200 noms. Jeudi, les autorités du Liechtenstein ont dit qu'elles étaient prêtes à faire des efforts pour plus de transparence.
Le Liechtenstein est au centre d'un scandale d'évasion fiscale qui touche toute l'Europe. Pressé de toutes parts, et notamment au sein de l'Union européenne, d'être plus transparent et à cesser d'inciter à l'évasion fiscale, le petit pays s'est dit prêt jeudi à faire des efforts.
Une dizaine de pays sont touchés par ce scandale, parti d'Allemagne à la mi-février. Il s'agit de la Grande-Bretagne, de l'Italie, de l'Espagne, du Canada, de l'Australie, de la Nouvelle Zélande mais aussi des Etats-Unis.
200, c'est le nombre de Français potentiellement impliqués dans le cadre du scandale de la fraude fiscale via le Liechtenstein. Le chiffre a été annoncé par le ministre du Budget mercredi après le Conseil des ministres. La liste, que la Direction générale des impôts étudie actuellement, a été transmise à la France gratuitement par les autorités britanniques "dans le cadre de la coopération quotidienne qui existe entre les administrations fiscales", a précisé Eric Woerth qui doit rencontrer "la semaine prochaine" un représentant du Liechtenstein.
"Il faut expertiser tout ça et après on procédera aux contrôles habituels", a indiqué Eric Woerth, refusant de répondre aux questions sur les noms inscrits sur cette liste. "Je n'ai pas à m'exprimer sur le contenu. Vous savez il y a une chose importante en France qui s'appelle le secret fiscal", a-t-il souligné. "Une personne peut avoir un compte à l'étranger à partir du moment où elle le déclare, où les choses sont claires vis-à-vis du Fisc", a-t-il rappelé. Le gouvernement français ira "jusqu'au bout" pour sanctionner les coupables, a promis Eric Woerth. Lors d'un déplacement à Caen, François Fillon, a précisé que cette liste était le fruit d'un long travail. "Bien sûr si (des personnes) ont commis des fautes au regard de la législation française, elles seront sanctionnées", a-t-il ajouté.
Didier Migaud (PS) et Gilles Carrez (UMP), respectivement président et rapporteur général de la commission des Finances de l'Assemblée, souhaitent «prendre connaissance de la liste nominative» détenue par Bercy.
Les hausses des prix du blé et du lait mettent en péril les finances des associations caritatives.
Jeudi 28 Février 2008 - Anna Borrel
Plus 20%, plus 30%...
Dans les associations caritatives françaises, on fait les comptes… et on s'inquiète. « On table sur une augmentation du coût des repas de 6%, mais on est peut-être un peu justes », confie Sébastien Brot, directeur de La Mie de pain, une association basée dans le XIIIème arrondissement de Paris, qui nourrit les plus démunis. Avec 130 000 repas distribués en 2007, la petite structure peine à accuser la hausse du prix des denrées alimentaires. « Nous ne payons que 1,5 euro par repas pour le moment, l'essentiel des vivres étant fourni par la Banque alimentaire. Si la hausse perdure un ou deux ans, on a des réserves, on a mis de côté les années précédentes, on tiendra. Mais si ça dure plus longtemps… » Le directeur d'une association qui survit depuis 120 ans se fait philosophe : « …eh bien, si ça dure, on trouvera un moyen. » Oui, mais lequel ?
Equation insoluble
Car du côté de la Banque alimentaire, fournisseur de plus de 4 000 associations partout en France, on voit à plus long terme. Si les dons de partenaires privés de la grande distribution ou de l'industrie agroalimentaire n'ont pas diminué, ceux de la « collecte grand public », qui se fait à la sortie des supermarchés, ont chuté de 3%. « La crise du pouvoir d'achat nous frappe de plein fouet : d'un côté, on a une hausse du nombre de personnes précaires, de l'autre, on a moins de dons, se désole Catherine Lasry-Belin, responsable de la communication. Et surtout, plus de 40% de de l'aide alimentaire que nous redistribuons nous vient de l'Union européenne. L'augmentation du prix des matières premières va forcément avoir un coût et se répercuter sur nous. » Quelles que soient leurs sources d'approvisionnement, les grandes structures en arrivent au même constat. « Tant que la direction des affaires sociales nous donne des subventions équivalentes, ça va », explique Xavier Vandromme, responsable pour Emmaüs des centres d'hébergement d'urgence en région parisienne.
Mais si la Ddass ne suit pas… A la Croix-Rouge, on jongle avec les chiffres : 6 millions de repas distribués par an, 7 millions d'euros de subventions françaises, 50 millions venus de l'Union européenne et « une hausse des prix que tout le monde semble découvrir aujourd'hui, mais que nous constatons depuis plusieurs mois ! » Didier Piard, directeur de l'action sociale, ne mâche pas ses mots : « Dès l'automne, l'enveloppe consacrée aux produits céréaliers a augmenté de 30% ! Pareil pour les produits laitiers ! Alors, d'un côté, on nous recommande de mieux équilibrer les repas, mais de l'autre, on se retrouve avec de plus en plus de gens à nourrir ! » L'équation semble insoluble. « J'étais récemment à Strasbourg derrière le camion du Samu social, poursuit Didier Piard : les gens qu'on voit bourrer leurs poches d'œufs durs et de morceaux de fromage ne sont pas des SDF. Ce sont des retraités, des gens qui ont un logement, ou même qui travaillent, mais dont les revenus les obligent à choisir entre se nourrir ou se loger. Le problème du pouvoir d'achat se pose à nous dans les deux sens ! »
« On ne pourra pas nourrir tout le monde »
Au chapitre des solutions, certains tentent, comme la Croix-Rouge, de jouer le bras de fer avec les fournisseurs ou d'élargir les partenariats avec les grandes surfaces. « A Strasbourg, par exemple, on diversifie nos modes de récupération des denrées alimentaires grâce à un partenariat avec Cora. Ca nous fait économiser 4 à 5000 euros de produits frais pour les maraudes et les centres d'hébergement d'urgence », poursuit Didier Piard. L'idée : faire vite, récupérer des produits proches de la date de péremption et les distribuer rapidement. « Et pour éviter que les fournisseurs augmentent trop leurs prix, on fait régulièrement des appels d'offres. » Mais ça ne marche pas toujours. Chez Emmaüs, où les repas sont achetés à deux grandes sociétés de restauration, RGC et Cogerest,, on vient d'apprendre de RGC une augmentation de 7% des prix unitaires des repas (achetés un peu plus de 3 euros) en invoquant la hausse des prix. Toutes les grandes associations, de la banque alimentaire aux restos du cœur, se tournent surtout vers les pouvoirs publics depuis plusieurs semaines. A force de tirer la sonnette d'alarme, elles ont obtenus la tenue d'une réunion avec les ministères du Logement et de l'agriculture et de la Pêche sous quinzaine. Objectif : que la Présidence française de l'Union européenne leur apporte de nouvelles subventions. Sans quoi, « on ne pourra pas nourrir tout le monde », constate amèrement Didier Piard.
Pour Le Figaro, l'école est un bain de sang !
Jeudi 28 Février 2008 - Anna Borel - Marianne
Le titre choc du Figaro sur la hausse de la violence à l'école est, heureusement, à prendre avec des pincettes. Non, il n'y a pas « 60 agressions chaque jour », tout au moins pas physiques ! Mais cela fait peur…
Le titre choc en une du Figaro a frappé les esprits : «Enseignants : soixante agressions chaque jour». L'information a été reprise sur de nombreux médias, du Jdd au Nouvelobs, et bien d'autres. Il est vrai que ce chiffre, jouxtant l'histoire atroce d'une enseignante d'Etampes poignardée sept fois par un de ses élèves, a de quoi faire trembler. Mais attention aux petites lignes ! Car, sans minimiser leur impact psychologique, sur les 24 329 « agressions » recensées par l'Observatoire national de la délinquance, 69,1% sont à ranger dans les « insultes ou menaces graves » (soient 17 000 cas). Seules 9,4% de ces agressions relèvent des « violences physiques sans arme » (2 275 cas). On dira, avec raison, que c'est déjà trop. Mais c'est quand même moins que 60 par jour !!
Et, fort heureusement, l'affaire qui concerne Karen Montet-Toutain, la professeur poignardée, reste exceptionnelle.

Ca dérape dur ... Rama Yade s'est "mal exprimée" en justifiant l'emploi du spray anti-SDF
NOUVELOBS | 28.02.2008 | 15:18
Rama Yade, qui avait estimé mardi au sujet du spray anti-sdf utilisé à Argenteuil, qu'il fallait "essayer de nouvelles choses", a indiqué jeudi 28 février qu'il y avait un "malentendu" et qu'elle s'était "mal exprimée".
"Il faut tout tenter dans une ville", a déclaré Rama Yade. "Il faut essayer des choses. Un maire ne fait pas ce qu'il veut, il répond aux préoccupations des gens", avait-elle déclaré mardi, selon Le Parisien. Lire
Soutien à Mothron - Elle était venue soutenir, mardi à Argenteuil, le maire UMP sortant Georges Mothron, Rama Yade, secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, et avait répondu à une question sur l'usage, par la municipalité UMP, d'un répulsif pour chasser les sans-abris.
En août dernier, le maire d'Argenteuil, Georges Mothron, avait suscité une vive polémique pour avoir autoriser l'usage d'un répulsif nauséabond, le Malodore, afin de chasser les SDF du centre-ville. Il avait finalement fait machine arrière face au tollé provoqué par cette mesure, y compris au sein de la majorité.
"Mal exprimée" - Interrogée ce jeudi par l'AFP, Rama Yade a estimé qu'il y avait "un malentendu". "Evidemment que c'était une idée condamnable, malheureuse, que je condamne totalement", a-t-elle dit.
"Le maire a essayé, il s'est trompé, il a retiré", a-t-elle expliqué, ajoutant: "l'idée n'a jamais été mise en oeuvre et c'était un débat d'il y a six mois qui a été condamné unanimement".
Rama Yade a reconnu qu'elle s'était sans doute "mal exprimée". "Dans la rapidité, dans un couloir, je me suis peut-être très mal exprimée", a-t-elle dit. "Quand je disais 'il faut tout tenter', je voulais dire qu'il fallait répondre aux préoccupations des gens. Ca ne veut pas dire que ce qu'on propose c'est bien". "Je ne justifie rien du tout", a-t-elle assuré.
Propos "inadmisssibles" - Mouloud Bousselat, conseiller municipal et secrétaire du PCF d'Argenteuil, et Valentin Texeira, "militant écologiste", ont "condamné avec fermeté" dans un communiqué les premiers propos de la secrétaire d'Etat qualifiés d'"inadmissibles". Lire
"Nous sommes scandalisés par les déclarations inappropriées et fâcheuses de Rama Yade. Il est intolérable de considérer que l'acte politique consistant à commander et à employer un tel produit chimique en plein centre-ville d'Argenteuil serait un événement bénin qui aurait vocation à être banalisé après coup!", ont-ils dénoncé.
"Les hommes ne se traitent pas comme des rats" - A la veille du déplacement de Rama Yade à Argenteuil, Philippe Doucet, candidat PS à la mairie, avait annoncé, dans un communiqué, que son équipe et lui-même espèraient vivement « qu'en tant que Secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères chargée des Droits de l'Homme, elle (Rama Yade) profitera de sa visite pour expliquer à Georges Mothron, Philippe Métezeau et à la droite locale que les hommes ne se traitent pas comme des rats, avec des produits toxiques. Les Droits de l'Homme, ce n'est pas qu'à l'étranger qu'il faut se battre pour, c'est aussi dans notre pays au quotidien qu'il faut dénoncer et traquer les actes et comportements d'un autre âge. » Avant de conclure, « Rama Yade (…) ne doit pas oublier les mauvais comportements de ses amis politiques. » (avec AFP)
Dessin de Pancho : Sur qui compter ?

Comment, selon l’OTAN, le nucléaire pourrait devenir une arme banale
Marianne - Jeudi 28 Février 2008 – par Claude Nicolet, secrétaire national du MRC aux relations internationales.
Par Claude Nicolet, qui résume un rapport stratégique effrayant signé par plusieurs sommités du monde militaire.
« Vers une grande stratégie pour un monde incertain ». C'est sous ce titre que cinq anciens responsables militaires occidentaux ont rédigé un rapport de 150 pages. Ses recommandations et perspectives devraient être examinées lors du prochain sommet de l'Otan en avril prochain à Bucarest.
Ce document doit être considéré avec sérieux et attention. Tout d'abord parce qu'il n'est pas rédigé par n'importe qui : le général américain John Shalikashvili, ancien commandant en chef de l'Otan en Europe, le maréchal britannique Lord Peter Inge, le général allemand Klaus Naumann, ancien président du comité militaire de l'Otan, le général néerlandais Henk van den Breemen, l'amiral français Jacques Lanxade, ancien chef d'état major de l'armée française. Autrement dit des militaires confirmés ayant exercé des responsabilités au plus haut niveau de la hiérarchie des forces armées de leur pays.
Mais ce document est passionnant, voire effrayant, en ce qu'il révèle de la vision et de la perception du monde de ces hommes.
Leurs analyses s'appuient sur quatre constats :
1- Des bouleversements sociaux gigantesques causés par le changement climatique et les transferts de populations qu'il induira;
2-Un développement du terrorisme international, du crime organisé et de la prolifération des armes de destruction massive.
3-Un affaiblissement des Etats nations et des organisations internationales comme l'ONU, l'Otan et l'Union européenne.
4-La montée des fanatismes religieux.
Afin de faire face à ces nouvelles menaces « asymétriques », ils proposent un « sursaut stratégique » qui envisage l'utilisation préventive de l'arme nucléaire « en premier », même s'il est dit qu'elle doit être un « instrument ultime ».
Face aux nouveaux risques, la réponse des militaires est : la bombe atomique !
Une pareille annonce, à un tel niveau est un évènement majeur. Pourquoi ? Parce qu'il veut affirmer la fin de la doctrine classique de la dissuasion nucléaire, même si la France y reste officiellement attachée (avec la notion d'ultime avertissement), ainsi que la Russie qui vient de la réaffirmer par une déclaration du chef d'état major général des forces armées russes, le général Iouri Balouïevski. Mais la Russie n'a pas été associée à cette réflexion (elle n'est pas membre de l'Otan, tandis que la France met tout en œuvre pour rejoindre le commandement intégré de l'Alliance)
L'arme nucléaire, de fait, n'est plus une arme à part. Elle est simplement la dernière d'une gamme d'armement allant de la baïonnette à la bombe atomique. Elle quitte ainsi son statut d'arme essentiellement politique. Il s'agit là d'une révolution copernicienne, rendue nécessaire selon les auteurs par la multiplication des nouvelles menaces. Menaces qui seraient d'un niveau de dangerosité supérieur à ce que furent les menaces de la guerre froide. Mais quel est donc, selon ces militaires, le nouveau bloc soviétique surarmé qui nous tient en joue et nous maintient dans la terreur ? Le Terrorisme international, la dissémination et la prolifération nucléaire, le fondamentalisme religieux.
Une OPA des USA sur l'Europe
Ce texte contient surtout un véritable projet d'organisation politique qui s'articule parfaitement avec l'idéologie dominante et les projets actuellement à l'œuvre pour nous imposer ce modèle et son fonctionnement politique.
L'Occident serait assiégé et affaibli de l'intérieur et de l'extérieur. De l'intérieur, par la disparition de la volonté de défendre ses valeurs et le règne du relativisme, par le manque de volonté politique de la part de certains pays européens (notamment l'Allemagne, encore gênée par son histoire du siècle dernier) de s'investir plus avant dans le fonctionnement de l'Otan, qui manquerait de relais et de volonté politiques. A ce titre l'Union Européenne doit cesser de jouer les empêcheurs de tourner en rond et accélérer son rapprochement avec l'Otan, pour en devenir en fait le bras politique qui manque si cruellement à l'Alliance Atlantique.
On voit bien le dessin qui se profile à plus ou moins long terme, d'une « fusion » institutionnelle de l'Union Européenne et de l'Otan. Les avantages politiques seraient énormes pour les tenants de cette vision du monde et de l'ordre dominant : une organisation politique multilatérale dotée d'une personnalité juridique et morale (par le Traité de Lisbonne) et d'une organisation militaire. Les choses peuvent aussi se lire en sens inverse : une organisation militaire sous domination des États-Unis organiquement reliée à un pouvoir politique européen, à la merci des volontés et intérêts américains. Nous serions là clairement face à un pouvoir politique complètement exempt d'une légitimité fondée sur la souveraineté des peuples. Ce qu'illustre parfaitement ce qui est prévu en termes de modalités pratiques de ce « directoire », composé des États Unis, de l'Union européenne et de l'Otan qui composeraient un « directoire » occidental.
Des propositions inquiétantes
Le rapport propose en effet deux règles de fonctionnement, pour plus d'efficacité, qui viendraient officialiser des pratiques en réalité déjà en cours :
1-La fin du vote majoritaire, et donc de la recherche permanente du consensus, ce qui entrainerait la fin du droit de véto. On remarquera ici encore que le même mécanisme sera mis en œuvre au sein des Institutions européennes avec le Traité de Lisbonne, qui prévoit par ailleurs que la défense des pays membres doit être compatible avec l'Otan.
2-L'usage de la force pourrait être requis sans autorisation de l'ONU « si un grand nombre de vie sont en danger », une notion très élastique (comment être sûr qu'à cette aune là, 50 citoyens d'Afghanistan valent 50 citoyens américains ?), d'ordre plutôt moral que politique et stratégique. L'Otan n'avait pas fait autre chose en Serbie en déclenchant une campagne de bombardements aériens. En reconnaissant l'indépendance du Kosovo, l'Union européenne fera un choix politique crucial, participant ainsi de manière totalement illégale au dépeçage d'un Etat aux frontières internationalement reconnues et membre de l'ONU. Par ailleurs on se souvient encore du déclenchement de la guerre en Irak par les États-Unis, sans l'aval de l'ONU, qui a fait des centaines de milliers de morts. A ce titre, pourrait-on envisager que l'Otan bombarde Washington étant donné qu'en Irak « un grand nombre de vie sont en danger » ?
